Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du Guillemot à cou blanc au Canada – Mise à jour

logo du COSEPAC

COSEPAC
Résumé

Guillemot à cou blanc
Synthliboramphus antiquus

Information sur l’espèce

Le Guillemot à cou blanc (Synthliboramphus antiquus) est un oiseau de mer de la famille des Alcidés. Le Guillemot du Japon (S.wumizusume) est l’espèce qui lui est la plus étroitement apparentée, mais deux autres oiseaux présents en Amérique du Nord lui sont également apparentés : le Guillemot de Xantus (S. hypoleucus) et le Guillemot de Craveri (S. craveri). Le Guillemot à cou blanc mesure environ 25 cm. Son corps est gris, sa gorge et ses joues sont blanches, son menton et le sommet de sa tête sont noirs et l’extrémité de son bec est jaune. Son plumage nuptial se caractérise par une ligne de plumes blanches qui s’étend vers l’arrière à partir de l’œil et par des lignes noires et blanches de chaque côté de la nuque.

 

Répartition

Le Guillemot à cou blanc niche de la mer du Japon aux îles de la Reine‑Charlotte (Colombie-Britannique). Il se peut que des individus soient encore présents en Chine, en Corée et au Japon, mais on en ignore le nombre, les colonies n’étant pas recensées régulièrement. Deux grandes colonies se trouvent dans le nord de la mer d’Okhotsk en Russie. En Alaska, le Guillemot à cou blanc se reproduit sur les îles Aléoutiennes, la péninsule de l’Alaska et le golfe d’Alaska. Au Canada, il se reproduit exclusivement sur de petites îles de l’archipel de la Reine-Charlotte. 

 

Habitat

Le Guillemot à cou blanc niche sur des îles, à au moins 300 ou 400 mètres du rivage. Il préfère nicher sur une île boisée, mais s’il ne peut en trouver une qui lui convienne, il se contentera d’une île sans arbres. Il creuse son terrier là où la profondeur du sol le permet, habituellement à proximité d’arbres ou d’autres objets pouvant offrir une protection.

 

Biologie

Le Guillemot à cou blanc est un oiseau marin plongeur qui se nourrit de zooplanctons et de poissons. Il se reproduit à l’âge de trois ou quatre ans et la femelle pond deux œufs en avril à la colonie. Les oisillons âgés de quelques jours quittent le nid avec leurs parents sans jamais avoir été nourris. Ils passent le mois suivant en mer, où leurs parents les nourrissent jusqu’à ce qu’ils parviennent à maturité. Les oiseaux passent la majeure partie de l’année loin des îles de la Reine-Charlotte. Ils ne reviennent pas toujours à leur colonie de naissance.

 

Taille et tendances des populations

Quelque 256 000 couples de Guillemots à cou blanc (environ la moitié de la population mondiale) nichent dans 31 colonies des îles de la Reine-Charlotte. Seules onze colonies ont fait l’objet de recensements entre 1993 et 2004. Le nombre d’oiseaux a augmenté sur les îles Reef, Frederick et George, est demeuré stable sur celles de Lihou et Saunders et a diminué sur celles de Limestone, Helgesen et Kunghit; de cette dernière, l’espèce serait aujourd’hui disparue. Aucune tendance statistique n’a été dégagée concernant les populations des îles Langara et Rankine, celle de Langara ne présentant aucun signe de rétablissement depuis l’extermination des rats. Les populations des îles exemptes de prédateurs augmentent de 0,2 p. 100 à 9,5 p. 100 par année; les populations des îles où des mammifères prédateurs ont été introduits diminuent de manière considérable (jusqu’à 23 p. 100 par année). Dans l’ensemble, il est probable que la population totale soit en baisse; les données provenant des colonies recensées tant dans les années 1980 que dans les années 1990 montrent un déclin d’environ 18 p. 100 pendant cette période.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur menaçant les populations de Guillemots à cou blanc à travers le monde est les mammifères introduits : les rats en Asie, les renards en Alaska et les rats et les ratons laveurs en Colombie-Britannique. Parmi les autres menaces qui pèsent sur le Guillemot à cou blanc, on compte les perturbations humaines, l’exploration pétrolière, les changements océanographiques et la pêche commerciale.

 

Importance de l’espèce

Cinquante pour cent de la population mondiale de Guillemots à cou blanc a élu domicile sur les îles de la Reine-Charlotte. L’espèce est la plus nombreuse du genre Synthliboramphus. Son plus proche parent, le Guillemot du Japon, est gravement en péril.

 

Protection actuelle ou autres désignations

Le Guillemot à cou blanc, ses œufs et son nid sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, de la Loi sur les aires marines nationales de conservation du Canada (2002) et de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique. À l’échelle mondiale, on considère que l’espèce n’est pas en péril. Aux États-Unis, elle est considérée comme apparemment non en péril. Au Canada, elle figure sur la liste bleue (espèce préoccupante) du gouvernement de la Colombie-Britannique et est désignée « espèce préoccupante » par le COSEPAC.