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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la couleuvre mince au Canada

Résumé du rapport de situation

 

Étant donné le peu d’information dont on dispose sur les populations canadiennes de couleuvre mince du Nord, il serait sage d’opter pour une gestion prudente de l’espèce. Étant donné la forte ressemblance entre la couleuvre rayée et la couleuvre mince, certaines observations de cette dernière espèce peuvent ne pas être fiables. Il y a un fort risque de sous‑estimation ou de surestimation de la répartition et de l’abondance de la couleuvre mince en Ontario. On aurait particulièrement besoin d’une étude de grande envergure portant spécifiquement sur la répartition de cette espèce et la taille de ses populations.

Les données dont on dispose actuellement permettent de penser que la couleuvre mince a disparu de certaines parties de son aire de répartition originelle en Ontario. Sur les 38 districts où le OHS mentionne au moins un individu de cette espèce, 6 ne sont le lieu que d’une seule observation et 20 sont le lieu de moins de 10 observations. De plus, au cours des 10 dernières années, on n’a signalé aucune observation de couleuvre mince dans presque la moitié de ces districts. Il faut noter cependant qu’après la période officielle de collecte du OHS (1984-1990), le nombre d’observations de toutes les espèces a connu une diminution importante indépendamment des tendances des populations (M. Oldham, comm. pers.).

Le déclin des populations d’amphibiens pourrait devenir un indicateur de la précarité du statut de la couleuvre mince. On peut reconnaître deux types d’effets : premièrement, le déclin des amphibiens signifie une réduction du nombre de proies accessibles à la couleuvre mince. Deuxièmement, les pertes d’habitat constituent l’une des principales causes du déclin des amphibiens (Bishop et Pettit, 1992); comme les couleuvres minces occupent les mêmes milieux que leurs proies, il est vraisemblable qu’elles subissent comme celles‑ci les effets de la perte d’habitats et en particulier de la diminution du nombre de milieux humides et de l’apparition de nouvelles constructions sur les rivages.

En Nouvelle‑Écosse, la population de couleuvres minces est particulièrement exposée étant donné sa taille réduite, son isolement des autres populations ainsi que la construction de chalets et d’installations récréatives sur des habitats riverains essentiels (M. Elderkin, comm. pers.). La combinaison de ces deux facteurs pourrait avoir des répercussions génétiques néfastes telles que la dépression de consanguinité. La population est estimée à moins de 3000 individus et le nombre d’observations pour la province est inférieur à 100. Les petites populations sont sensibles aux événements stochastiques, qui peuvent mener à leur disparition. Après un événement de cette nature, le potentiel de recolonisation naturelle serait négligeable étant donné la distance qui sépare cet endroit des autres populations de cette espèce. Récemment, les autorités provinciales de la Nouvelle‑Écosse ont attribué à la couleuvre mince le statut « jaune » parce qu’elle pourrait être écologiquement sensible.

La couleuvre mince du Nord a également reçu un statut dans d’autres parties de son aire de répartition : dans le Maine, elle est considérée comme une espèce (Special Concern) (S3), dans le Vermont, elle est (Threatened) (S2), et elle est répertoriée comme (Endangered) (S1) dans l’Illinois et dans le Wisconsin.

La couleuvre mince du Nord est une espèce en péril au Canada. Elle est peu commune et extrêmement localisée dans toute son aire de répartition; plusieurs facteurs contribuent à la mettre en péril, notamment la perte d’habitats et le déclin du nombre de proies. Par conséquent, en Ontario, la couleuvre mince du Nord devrait recevoir le statut d’espèce préoccupante. De plus, étant donné la petite taille de la population de la Nouvelle‑Écosse, son fort degré d’isolement, le peu de probabilité de recolonisation et la perte d’habitats due à la présence de nouvelles constructions sur les rivages, cette population disjointe devrait recevoir le statut d’espèce menacée.