Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation de la couleuvre mince au Canada

Facteurs limitatifs et menaces

 

Au Canada, il est possible que la principale menace pour la couleuvre mince du Nord découle du manque d’information sur cette espèce; la tendance à la baisse des populations et la perte des habitats peuvent alors passer inaperçues. Étant donné que presque tous les gros serpents du Canada ont connu un déclin récent, il est raisonnable de penser que c’est également le cas de la couleuvre mince, notamment à la suite de la dégradation importante de qualité des habitats et de leur diminution en quantité. Les résultats des études effectuées aux États‑Unis ne s’appliquent pas nécessairement aux populations canadiennes (Gregory, 1977). En particulier, les populations de serpents que l’on trouve habituellement au Canada sont plus petites et plus locales et ont peut‑être une dynamique totalement différente de ce que l’on observe aux États‑Unis. Par exemple, les taux de recrutement pourraient être beaucoup plus faibles au Canada où le taux de survie hivernale et le taux de reproduction sont réduits. La couleuvre mince du Nord a moins de petits par portée que les autres espèces de Thamnophis (F. Cook, comm. pers.), et on ignore la fréquence de reproduction des populations canadiennes. Les facteurs qui déterminent la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce constituent un vaste domaine qui pourra faire l’objet de recherches futures (Cook, 1970).

Harding (1977) énumère les facteurs suivants comme étant des menaces possibles pour les populations de couleuvre mince du Nord dans la région des Grands Lacs :

1.    Menaces relatives à l’existence et à la qualité des milieux humides et
des habitats riverains.

2.    Diminution du nombre d’amphibiens servant de proies.

3.    Activités humaines entraînant la dégradation de la végétation riveraine.

4.    Persécution directe.

5.    Mortalité due aux routes.

D’autres sources citent la destruction de l’habitat, la collecte et la mortalité due aux routes (Palmero, 1988; Stewart, 1974; Weller, 1983; Ernst et Barbour, 1989) comme étant des facteurs qui contribuent au déclin de nombreuses espèces d’amphibiens et de reptiles, y compris de la couleuvre mince. En ce qui concerne la couleuvre mince du Nord en Nouvelle‑Écosse, la principale menace est l’accroissement du nombre de chalets au bord des lacs, auquel s’ajoute d’augmentation de la prédation par les chats domestiques qui vivent à ces endroits (John Gilhen, comm. pers.). En Ontario, des études récentes sur les populations de serpents du parc provincial Rondeau ont permis de montrer que la couleuvre mince du Nord était particulièrement exposée à la mortalité due aux véhicules routiers, plus de 200 serpents ayant été tués au cours de l’automne 2001 (S. Gillingwater, comm. pers.).


Outre les animaux domestiques, les prédateurs de la couleuvre mince du Nord sont les hérons, les rapaces diurnes, le vison, les ratons‑laveurs et les autres serpents; les juvéniles peuvent également être la proie d’écrevisses et de poissons de grande taille, de grenouilles et de tortues (Ernst et Barbour, 1989; Harding, 1997). Les musaraignes sont peut‑être des prédateurs importants des jeunes ainsi que des adultes en hibernation (Swanson, 1952; Harding, 1997).

Au Canada, il est de plus en plus reconnu que de nombreuses espèces d’amphibiens sont en déclin (Bishop et Pettit, 1992). Certaines études effectuées aux États‑Unis montrent que ces animaux constituent au moins 90 p. 100 du régime de la couleuvre mince (Carpenter, 1952a; Brown, 1979); par conséquent les populations de cette espèce pourraient être extrêmement sensibles au déclin des amphibiens. Cependant il n’existe aucune preuve empirique montrant que ce phénomène a touché la couleuvre mince.