Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Plan d’action pour l’haliotide pie (Haliotis kamtschatkana) au Canada - proposition

2. Mesures de rétablissement


2.1 Portée du plan d’action

Le présent plan d’action couvre l’ensemble des buts et des objectifs du Programme de rétablissement de l’haliotide pie au Canada (2007) (voir la section 1.8 du présent plan d’action).

2.2 Habitat essentiel

2.2.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’haliotide pie

Selon le paragraphe 2(1), l’habitat d’une espèce aquatique en péril est définit comme suit :

« les frayères, aires d’alevinage, de croissance et d’alimentation et routes migratoires dont sa survie dépend, directement ou indirectement, ou aires où elle s’est déjà trouvée et où il est possible de la réintroduire. »

Selon le paragraphe 2(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP), l’habitat essentiel est défini comme suit :

« L’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce. »

L’habitat essentiel de l’haliotide pie a été désigné, dans la mesure du possible, en fonction des meilleurs renseignements disponibles. L’habitat essentiel désigné dans le présent plan d’action correspond aux zones géographiques qui présentent des habitats nécessaires à la survie ou au rétablissement de l’espèce. La zone actuellement relevée semble être suffisante pour que les objectifs en matière de population et de répartition soient atteints pour l’espèce. La pêche illégale étant considérée comme la plus importante menace pesant sur le rétablissement de l’haliotide pie, aucune information géospatiale détaillée ne sera divulguée dans le registre public de la LEP, comme l’exige l’article 124 de la LEP.


2.2.2 Information et méthodes utilisées pour désigner l’habitat essentiel

On a relevé les emplacements géographiques, les fonctions biophysiques, les caractéristiques et les attributs de l’habitat essentiel selon la meilleure information disponible, y compris Northern Abalone, Haliotis kamtschatkana, in British Columbia: fisheries and synopsis of life history information (Sloan et Breen, 1988); Northern Abalone Case Study for the Determination of SARA Critical Habitat (Jamieson et al., 2004); Describing Northern Abalone, Haliotis kamtschatkana, habitat: focusing rebuilding efforts in British Columbia, Canada (Lessard et al., 2007).

L’haliotide pie est présente dans une grande variété d’habitats. On la rencontre aussi bien dans des eaux côtières exposées ou semi-exposées que dans l’étage inférieur de la zone intertidale ou la zone infralittorale peu profonde (Pêches et Océans Canada [MPO], 2007). La population d’haliotides pies a décliné, mais l’habitat disponible de l’espèce n’a connu aucune réduction importante. La perte de l’habitat ne semble donc pas une menace majeure pour le rétablissement de l’haliotide pie (Lessard et al., 2007; MPO, 2007; Comité sur la situation des espèces en péril au Canada [COSEPAC], 2009). L’habitat essentiel de l’haliotide pie n’est pas limité. Qui plus est, la superficie nécessaire au rétablissement de l’espèce est inférieure à celle qu’occupe actuellement la population (COSEPAC, 2009).

L’habitat essentiel de l’haliotide pie se situe dans quatre zones géospatiales distinctes (figure 3). L’Équipe de rétablissement de l’haliotide et le Groupe de mise en œuvre du rétablissement de l’haliotide estiment que ces quatre zones sont nécessaires à la survie et au rétablissement de l’espèce : 1) les secteurs nord et centre de la côte de la Colombie-Britannique; 2) la côte est de Haida Gwaii (îles de la Reine-Charlotte); 3) la baie Barkley; 4) la côte ouest de Haida Gwaii.

 


Figure 3. Quatre zones géospatiales distinctes représentant l’habitat essentiel de l’haliotide pie dans les eaux canadiennes du Pacifique.

Carte de la Colombie-Britannique (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 3

Carte de la Colombie-Britannique indiquant les quatre zones géospatiales distinctes de l’habitat essentiel de l’haliotide pie. Les quatre zones sont : la côte ouest de Haida Gwaii; la moitié sud de la côte est de Haida Gwaii; la côte nord et la côte centrale, qui s’étendent du côté nord-ouest de l’île Banks jusqu’au côté nord-ouest de l’île Calvert, vers le sud; la baie Barclay du côté sud-ouest de l’île de Vancouver.


Les deux premières zones correspondent aux endroits où le gros de la pêche commerciale a été pratiqué dans le passé (Farlinger, 1990; Harbo et Hobbs, 1997). Depuis 1978, on effectue tous les trois à cinq ans des relevés sur des sites repères pour établir une série chronologique des densités et des fréquences de taille pour la population d’haliotides pies présente dans le secteur centre de la côte de la Colombie-Britannique et sur les côtes de Haida Gwaii (Adkins et Stefanson, 1979; Breen et Adkins, 1979; Hankewich et al., 2008; Hankewich et Lessard, 2008). Le choix des sites étudiés est basé sur leur abondance en stocks d’haliotides pies exploitables commercialement. Ces deux zones ont servi de fondement pour l’évaluation de l’état de la population d’haliotides pies. La troisième zone a été désignée en tant qu’importante zone de reconstitution des stocks et comporte plusieurs sites établis depuis 2002 (Agence Parcs Canada, données non publiées; MPO, données non publiées). La quatrième zone présente des caractéristiques semblables à celles de la côte est de Haida Gwaii, selon l’information tirée de sites établis en 2008 (MPO, données non publiées).


2.2.3 Zones géospatiales d’habitat essentiel

À l’intérieur des quatre zones décrites ci-devant, l’habitat essentiel n’est pas présent sur toute la superficie comprise dans les limites établies, mais plutôt aux endroits où se trouvent les attributs biophysiques qui suivent. L’habitat essentiel de l’haliotide pie est désigné sur des sites d’une superficie minimale de 20 m2 avec ≥ 0,1 haliotide/m2 et qui présentent l’ensemble des caractéristiques et attributs énumérés au tableau 2 (Sloan et Breen, 1988; Lessard et al., 2007; Lessard et Campbell, 2007). La densité sert à délimiter l’habitat essentiel, mais elle n’est pas considérée comme une caractéristique proprement dite de l’habitat essentiel. Les faibles densités peuvent exacerber le déclin de l’espèce en réduisant le succès de la fécondation de ce reproducteur qui disperse ses gamètes (effet d’Allee).


2.2.4 Fonctions, caractéristiques et attributs de l’habitat essentiel de l’haliotide pie

On observe généralement l’haliotide pie fixée aux rochers, aux blocs rocheux, au substrat rocheux ou à d’autres substrats stables à des profondeurs < 10 m ainsi que dans une colonne d’eau affichant un échange d’eau de mer de modéré à élevé. La présence d’un substrat primaire approprié permet à l’haliotide pie et aux macroalgues de se fixer, ces dernières représentant une caractéristique de l’habitat essentiel fournissant nourriture et abri aux adultes. L’haliotide pie a besoin d’une colonne d’eau dont la salinité est >30 ppt; on ne l’observe donc pas près des zones d’arrivée d’eau douce ou dans des habitats estuariens.

Les algues coralliennes représentent une caractéristique de l’habitat essentiel qui remplit plusieurs fonctions. La présence d’algues coralliennes est le principal facteur déclenchant l’établissement des larves d’haliotide pie, car ces algues fournissent de la nourriture aux juvéniles avant la transition vers un régime alimentaire composé de macroalgues. Ces algues fournissent également un abri et un camouflage aux adultes, tant par l’incorporation de pigments algaux pendant le développement de la coquille que par la croissance d’algues sur la surface de la coquille.

Les fonctions, les caractéristiques et les attributs de l’habitat essentiel sont résumés au tableau 2.

Tableau 2. Fonctions, caractéristiques et attributs de l’habitat essentiel de l’haliotide pie
FonctionCaractéristiqueAttribut

Fixation

Abri

Substrat primaire

Un substrat rocheux ou des blocs rocheux dont la rugosité est adéquate sont nécessaires pour la fixation. Substrat secondaire : quelques galets peuvent être présents, mais peu ou aucun gravier, sédiment, sable, boue ou coquillage.

Profondeur <10 m (niveau de référence)

Fixation

Nourriture

Établissement des larves

Colonne d’eau

Salinité normale (>30 ppt; pas une faible salinité comme celle observée près de zones d’arrivée d’eau douce)

Échange d’eau de modéré à élevé (courant de marée ou action des vagues)

Nourriture

Établissement des larves

Abri

Algues coralliennesPrésence d’algues coralliennes encroûtantes (p. ex. Lithothamnium spp.)

Nourriture

Abri

MacroalguesPrésence de Nereocystis, Macrocystis, Pterygophora ou Laminaria spp.

Ces caractéristiques et attributs fournissent un habitat de grande qualité à l’haliotide pie, qui n’est toutefois pas nécessairement présente dans un habitat affichant certaines ou l’ensemble de ces caractéristiques.

2.3 Exemples d’activités qui peuvent entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La définition de travail actuelle de ce que constitue la destruction de l’habitat est donnée dans l’ébauche des « Politiques de la Loi sur les espèces en péril : cadre général de politiques » (2009), qui est affichée sur le site Web du Registre public des espèces en péril. Voici cette définition.

« La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’une partie de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps. Le programme de rétablissement ou le plan d’action fournira des exemples d’activités susceptibles de causer la destruction de l’habitat essentiel. »

Comme l’haliotide pie est généralement présente dans des habitats côtiers exposés et semi-exposés peu propices à la majorité des aménagements côtiers, les types d’activités, de travaux ou d’aménagements susceptibles de détruire l’habitat essentiel de l’espèce sont relativement peu nombreux. La dégradation temporaire de l’une ou l’autre des caractéristiques de l’habitat essentiel n’entraînera pas nécessairement la destruction de l’habitat essentiel.

L’aquaculture, l’exploitation d’aires de flottage et de décharge de billes ainsi que le dragage peuvent altérer les caractéristiques et les attributs de l’habitat essentiel décrit ci-devant et peuvent entraîner la perte de fonctions. La construction de canalisations immergées, l’installation de câbles, l’enfoncement de pieux ou d’autres activités d’aménagement peuvent avoir des impacts semblables à ceux causés par le dragage (c.-à-d. perte du substrat primaire et possibilité d’augmentation de la sédimentation), et des mesures d’atténuation sont nécessaires si ces activités ont lieu dans des zones situées au sein de l’habitat essentiel désigné (Lessard et al., 2007). Ces activités sont préoccupantes dans la mesure où elles pourraient entraîner une perte directe de l’habitat en enlevant ou en modifiant sensiblement le substrat primaire ou à cause de leurs effets sur la qualité de l’eau.

Lessard et al. (2007) considèrent que l’impact relatif de ces travaux ou aménagements est faible quand le protocole d’évaluation des impacts est respecté (annexe 4). En outre, les secteurs potentiellement touchés sont relativement petits dans les zones exposées aux vagues dans le secteur nord de la côte de la Colombie-Britannique et sur la côte ouest de l’île de Vancouver (COSEPAC, 2009), là où l’on a désigné l’habitat essentiel de l’haliotide pie (figure 3). Des exemples d’activités qui peuvent entraîner la destruction de l’habitat essentiel sont présentés au tableau 3.

Tableau 3. Exemples d’activités qui peuvent entraîner la destruction de l’habitat essentiel
ActivitéSéquence des effetsNiveau de préoccupationFonction touchéeCaractéristique touchéeAttribut touché

Dragage

Construction de canalisations immergées

Installation de câbles

Enfoncement de pieux

Perte directe de l’habitat découlant de l’enlèvement ou d’une modification importante du substrat primaire

Effets de la sédimentation

FaibleFixationSubstrat primaireUn substrat rocheux ou des blocs rocheux dont la rugosité est adéquate sont nécessaires pour la fixation. Substrat secondaire : quelques galets peuvent être présents, mais peu ou aucun gravier, sédiment, sable, boue ou coquillage.
AquacultureAugmentation de la sédimentation et changements physiques dans le substratFaibleFixationSubstrat primaireUn substrat rocheux ou des blocs rocheux dont la rugosité est adéquate sont nécessaires pour la fixation. Substrat secondaire : quelques galets peuvent être présents, mais peu ou aucun gravier, sédiment, sable, boue ou coquillage.

Exploitation d’aires de flottage

Exploitation de décharge de billes

L’ombrage peut modifier la structure de la communauté et la croissance des alguesFaible

Alimentation

Établissement des larves

Abri

Algues coralliennes

Macroalgues

Présence d’algues coralliennes encroûtantes (p. ex. Lithothamnium spp.)

Présence de Nereocystis, Macrocystis, Pterygophora ou Laminaria spp.

2.4 Mesures proposées pour protéger l’habitat essentiel

Conformément au paragraphe 58 (4) de la Loi sur les espèces en péril, le MPO compte prendre un arrêté de protection pour protéger l’habitat essentiel de l’haliotide pie.

Outre l’arrêté de protection, différents mécanismes concourent à protéger l’habitat essentiel. Les critères à respecter pour éviter la détérioration, la destruction ou la perturbation de l’habitat de l’haliotide pie sont appliqués dans le cadre d’un protocole spécialement conçu pour évaluer l’état de l’haliotide pie et assurer sa protection contre les ouvrages ou les entreprises sur l’eau, dans l’eau ou sous l’eau que l’on propose de réaliser dans des zones qu’occupe l’haliotide pie (Lessard et al., 2007, annexe 4). Ce protocole s’applique même aux situations où l’on a déjà mis en place des mesures additionnelles (atténuation des impacts sur l’habitat d’autres espèces) prévoyant l’interdiction de certaines activités (p. ex. dragage). Le protocole s’applique également aux travaux ou aménagements réalisés sur l’eau, dans l’eau ou sous l’eau devant faire l’objet d’une évaluation en vertu de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale. L’application cohérente de ce protocole permet d’atténuer les impacts sur l’habitat et l’habitat essentiel de l’haliotide pie.

Une partie importante de l’ensemble de l’habitat essentiel désigné de l’haliotide pie se trouve à l’intérieur des limites d’aires marines nationales de conservation (AMNC) et de réserves d’aire marine nationale de conservation (RAMNC). Le site de la RAMNC de Gwaii Haanas s’étend sur 10 km au large de la réserve de parc national et du site du patrimoine haïda Gwaii Haanas. Établie en vertu de la Loi sur les aires marines nationales de conservation du Canada, cette zone est gérée pour permettre l’utilisation durable des ressources marines et est protégée des activités industrielles telles que l’immersion en mer ainsi que l’exploration et l’exploitation minières, pétrolières et gazières.

La Réserve de parc national du Canada Pacific Rim assure la protection de l’habitat essentiel de l’haliotide pie compris dans la baie Barkley, conformément à la Loi sur les parcs nationaux. La protection de la Réserve de parc national s’étend jusqu’à une profondeur de 20 mètres. Les aires patrimoniales protégées de Parcs Canada sont gérées pour promouvoir la protection de l’intégrité de l’écosystème et assurer la pérennité des populations naturelles par le truchement de mesures de maintien ou de rétablissement de la diversité génétique, de l’espèce ou de communautés indigènes locales. Des aires marines protégées (AMP) pourront aussi être établies dans l’avenir en vertu de la Loi sur les océans.

Le Programme d’intendance de l’habitat (PIH) d’Environnement Canada fournit du soutien à Coast Watch, un programme de surveillance communautaire qui s’occupe de l’éducation et de la sensibilisation du public ainsi que d’organiser des patrouilles de surveillance des haliotides afin de réduire la pêche illégale. Les communautés des Premières nations prennent une part active à ce programme.

L’habitat et l’habitat essentiel de l’haliotide pie sont protégés en vertu de la Loi sur les pêches. Selon le paragraphe 35(1), il est interdit d’exploiter des ouvrages ou entreprises entraînant la détérioration, la destruction ou la perturbation de l’habitat du poisson, sauf si une autorisation a été obtenue en vertu du paragraphe 35(2).

2.5 Mesures de rétablissement et de rendement

2.5.1 Mesures à prendre et calendrier de mise en œuvre

Les activités de rétablissement de l’haliotide pie sont résumées au tableau 4. Certaines mesures de rétablissement de la population d’haliotides pies au Canada ont été mises en œuvre avant la fermeture de la pêche en 1990 et l’inscription légale de l’espèce en vertu de la LEP. Nombre des mesures présentées ci-après sont actuellement en cours et sont peaufinées depuis plusieurs années. Elles avaient été décrites au cours de l’atelier pour le rétablissement de l’haliotide pie de la C.-B. tenu en 1999 (Dovetail, 1999), dans le programme de rétablissement national adopté en 2002 en vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (MPO, 2002), dans l’ébauche de plan d’action national pour l’haliotide pie de 2004 et, enfin, dans le programme de rétablissement de l’haliotide pie de 2007. À ce jour, les mesures énoncées dans ces documents sont encore les moyens les plus complets et exhaustifs d’assurer le rétablissement de l’haliotide pie. Au besoin, de nouvelles mesures ou des approches mises à jour ont été ajoutées à la section 2.4.1. L’ajout d’autres mesures ou l’adaptation/la révision des activités actuelles sera possible à mesure que de nouvelles données seront recueillies.

1. Gestion

Maintien de la fermeture des pêches à l’haliotide pie.

Les fermetures de la pêche à l’haliotide pie ont été mises en œuvre en 1990 pour permettre le rétablissement naturel de la population de l’espèce. Il a été démontré cependant que l’abondance réduite et la fragmentation de la population qui en découle (c.-à-d. animaux trop dispersés) empêchent le rétablissement. D’après leurs simulations modélisées, Lessard et al. (2007) prévoient que des taux de mortalité > 0,20 provoqueront un déclin encore plus marqué de la population d’haliotides pies et recommandent une mortalité maximale induite par l’homme se rapprochant de zéro. Toute pêche additionnelle d’haliotides pies limitera considérablement le rétablissement. À cet effet, les initiatives de gestion suivantes seront mises en œuvre.

1.1 Maintenir, en vertu de la Loi sur les pêches et de son règlement d’application (1993), la fermeture des pêches pratiquées à des fins commerciales et sportives ou celles pratiquées à des fins alimentaires, sociales et cérémonielles par les Premières nations, avec l’objectif de limiter les mortalités et les déclins de l’abondance.

1.2 Limiter la divulgation de renseignements détaillés sur la répartition et l’occurrence de l’haliotide pie obtenus dans le cadre de relevés de surveillance ou d’examens de propositions réalisés en vertu de la Loi sur les pêches, de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale ou de la LEP, avec l’objectif d’atténuer les menaces pesant sur l’haliotide pie (pêche illégale) et la destruction délibérée de l’habitat essentiel de l’espèce.

1.3 Continuer à appliquer les exigences de surveillance prévues dans le protocole d’évaluation des impacts (Lessard et al.,2007; annexe II) pour les travaux et les aménagements réalisés dans l’habitat et l’habitat essentiel de l’haliotide pie.

2. Protection

Mise en œuvre d’un plan (proactif et réactif) de promotion de la conformité et d’application de la réglementation aux fins du rétablissement de l’haliotide pie.

La Direction de la conservation et de la protection de Pêches et Océans Canada assure la promotion de la conformité et l’application de la législation protégeant l’haliotide pie. Les efforts déployés sont aussi bien proactifs que réactifs. Les activités de conservation et de protection pour l’haliotide pie sont axées sur : l’éducation et l’intendance partagée (p. ex. l’éducation du public, les communiqués de presse, les ententes de surveillance, les présentations faites devant les membres de l’industrie, les écoles et les communautés des Premières nations); le suivi, le contrôle et la surveillance (p. ex. patrouilles terrestres, marines et aériennes, inspection du poisson, activités d’application de la réglementation, partenariat interorganismes et mesures d’intervention en cas de non-conformité); la gestion de cas graves et les enquêtes spéciales menées sur des questions de conformité de grande complexité (p. ex. enquêtes à long terme fondées sur le renseignement et nécessitant un haut degré d’aptitudes spécialisées en techniques d’enquête).

Les activités de promotion de la conformité et d’application de la réglementation sont nécessaires pour réduire la mortalité de l’haliotide pie attribuable à la pêche illégale (braconnage) et pour inciter le public à communiquer avec la Direction de la conservation et de la protection pour signaler les activités suspectes. La protection des groupes d’haliotides pies et des habitats qu’ils occupent empêchera la perte d’individus et d’habitats importants. La détection d’haliotides pies en transit freine le commerce illégal entre acheteurs et vendeurs et permet aux agents de recueillir de l’information sur des personnes ou des groupes participant au commerce illégal de l’espèce. Les activités de promotion de la conformité et d’application de la réglementation suivantes seront mises en œuvre :

2.1 Mettre en œuvre des activités d’éducation et d’intendance partagée

  • Faire participer les clients, les intervenants et les Premières nations à la prise de décisions en matière de conformité, à l’établissement d’ententes de surveillance et aux activités connexes.
  • Discuter de la protection de l’haliotide pie avec des personnes présentes sur les quais, dans le cadre de patrouilles générales, au cours d’activités communautaires et dans les écoles.
  • Sensibiliser les clients et les groupes d’intervenants, les Premières nations, l’industrie et les parties intéressées à l’importance de la protection de l’haliotide pie.
  • Promouvoir la protection de l’haliotide pie ainsi que le numéro de téléphone sans frais « Observez, notez et signalez » (1-800-465-4336).

2.2 Mettre en œuvre des activités de surveillance, de détection et d’intervention en cas de non-conformitép

  • Surveiller les ports et les aires de déchargement.
  • Effectuer des patrouilles sur l’eau, en plongée et dans les airs (incluant les opérations secrètes) pour assurer la surveillance de zones, de navires et de personnes d’intérêt.
  • Former des partenariats avec d’autres organismes canadiens et internationaux (p. ex. ministère de la Justice, Gendarmerie royale du Canada, Environnement Canada et Agence canadienne d’inspection des aliments).
  • Intervenir en cas de non-conformité (p. ex. avertissements, mesures de rechange, décrets, poursuites, processus de justice communautaire).

2.3 Mener des enquêtes sur des cas graves et des enquêtes spéciales (fondées sur les renseignements recueillis) concernant le commerce illégal de l’haliotide pie.

  • Mettre à profit les renseignements recueillis pour perturber la chaîne de l’offre et de la demande du commerce illégal.
  • Suivre les pistes reçues du public, d’informateurs et de partenaires.
  • Travailler avec les organismes d’application de la réglementation nationaux et internationaux aux fins du partage de renseignements et de la perturbation du commerce illicite de l’haliotide pie.

2.4 Poursuivre l’examen des propositions d’aménagement en vertu de la Loi sur les pêches selon le protocole d’évaluation des impacts (annexe 4), avec l’objectif d’atténuer la détérioration, la destruction ou la perturbation de l’habitat et de l’habitat essentiel de l’haliotide pie.

3. Éducation et sensibilisation

Mise en œuvre d’une campagne de communications visant à éliminer la pêche illégale et à accroître la sensibilisation du public à l’égard de l’haliotide pie.

Les campagnes de communications visent à accroître le soutien et la sensibilisation à l’égard des efforts d’application de la réglementation ainsi qu’à encourager la participation du public et l’intendance communautaire de l’haliotide pie. L’approche des communications sera utilisée pour soutenir le message anti-braconnage.

3.1 Continuer à accroître la sensibilisation à l’égard de l’état de l’haliotide pie et des menaces qui pèsent sur sa survie, y compris, sans s’y limiter :

  • Continuer à fournir un soutien aux communications liées aux activités d’intendance de manière à accroître la participation des Premières nations et des communautés à la mise en œuvre du plan d’action concernant l’haliotide pie.
  • Promouvoir l’utilisation de la trousse pédagogique en la distribuant dans le système d’éducation publique.
  • Continuer à utiliser les présentations sur l’haliotide pie lors d’activités publiques et dans les aires publiques; identifier de nouvelles activités au cours desquelles l’on pourrait présenter de l’information sur l’haliotide pie dans l’avenir.
  • Amorcer une campagne de relations avec les médias pour mettre en relief les questions entourant le rétablissement de l’haliotide pie, la situation de l’espèce et les progrès accomplis en matière d’intendance.

3.2 Stopper ou empêcher les activités de pêche illégale, y compris, sans s’y limiter :

  • Continuer à promouvoir le programme de surveillance côtière de l’haliotide pie et le numéro de téléphone du programme « Observez, notez et signalez » (p. ex. autocollant/fiche présentant les renseignements requis et numéro de téléphone à composer pour faire un signalement).
  • Continuer à faire participer les communautés des Premières nations et d’autres communautés côtières aux activités de surveillance et de signalement du braconnage.
  • Amorcer une campagne de relations avec les médias pour freiner la pêche illégale et accroître la sensibilisation aux mesures d’application de la réglementation et à leurs résultats (p. ex. arrestations, condamnations, amendes).
  • Lorsque cela est possible, favoriser le soutien du public à l’imposition de sentences judiciaires adaptées à l’état de l’haliotide pie. On peut atteindre cet objectif en informant le grand public à l’aide de publications et d’autres moyens de communication et en fournissant des énoncés d’incidences aux tribunaux.

3.3 Réduire de manière significative la demande (commerce illégal) pour l’haliotide pie en ciblant la vente et la consommation de l’espèce, y compris, sans s’y limiter :

  • Amorcer une campagne de relations avec les médias et le public pour expliquer ce qui distingue la vente illégale et la vente légale de l’haliotide pie sur le marché.
  • Encourager la mise sur pied de programmes de sensibilisation destinés aux restaurants (p. ex. autocollant « Nous n’achetons que de l’haliotide pie légalement vendue ») et aux consommateurs (p. ex. programme de certification MSC [Marine Stewardship Certification], Seafood Watch).
4. Recherche et éducation sur la reconstitution des stocks

La recherche qui permet de mieux comprendre les menaces, le cycle biologique, le recrutement et les interactions prédateur-proie avec les loutres de mer nous aidera à élaborer des objectifs à long terme en matière de population et de répartition aux fins du rétablissement de l’haliotide pie. La contribution du savoir traditionnel des Premières nations à l’amélioration de la connaissance des habitats de l’haliotide pie est reconnue et appuyée par une approche écosystémique. L’évaluation de projets pilotes est essentielle, car elle permet non seulement de prioriser les activités à mettre en œuvre, mais aussi d’établir des méthodes de reconstitution conçues pour corriger le faible recrutement et combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’habitat et l’écologie de l’haliotide pie. Les critères d’évaluation de la faisabilité des projets pilotes devraient inclure la capacité de la méthode à accroître l’abondance de l’haliotide pie dans les zones à l’étude, son efficience, son application pratique ainsi que son rapport coût-efficacité. Les études et les conclusions d’études concernant des populations d’haliotides pies présentes dans d’autres provinces et territoires peuvent aussi être intégrées aux activités mises en œuvre en Colombie-Britannique, le cas échéant. Certaines conclusions de recherche, y compris celles issues du savoir traditionnel, peuvent se chevaucher ou se compléter.

a) Recherches sur l’haliotide pie visant à améliorer la connaissance sur le recrutement de l’haliotide pie et ses interactions avec d’autres espèces

  • 4.1 Si une maladie est décelée, faire des examens pour en identifier la cause. Si on détermine que la maladie est infectieuse, faire enquête pour déterminer quel en est l’agent étiologique (ou l’agent pathogène) et étudier la biologie de l’agent pathogène pour trouver des méthodes de prévention et de lutte contre la maladie.
  • 4.2 Mener des simulations informatiques pour déterminer les mécanismes possibles de dispersion larvaire.
  • 4.3 Effectuer des analyses de parenté entre des adultes et leur progéniture de manière à établir un lien entre la source de concentrations d’adultes et la proportion de leur progéniture recrutée dans une zone selon des études sur (i) le regroupement d’individus adultes sauvages et (ii) l’ensemencement d’haliotides pies élevées en écloserie.
  • 4.4 Étudier les interactions écologiques avec les loutres de mer et leur rôle dans le rétablissement de l’haliotide pie en mettant en place des projets pilotes de recherche dans des zones fréquentées par les loutres de mer; dans ces zones, déterminer les paramètres de la population d’haliotides pies soumise aux effets des loutres de mer ainsi que les objectifs en matière de population et de répartition à atteindre en présence de loutres de mer.
  • 4.5 Évaluer la faisabilité et l’efficacité de projets pilotes de regroupement et de transfert. Le regroupement d’haliotides pies adultes reproductrices vise à augmenter la densité et à améliorer le succès de la reproduction, tandis que le transfert d’haliotides pies « surfeuses » dans des habitats plus calmes et plus riches en varech vise à améliorer les taux de croissance et le succès de la reproductionNote de bas de page 10.
  • 4.6 Évaluer la faisabilité et l’efficacité de l’ensemencementNote de bas de page 11, en utilisant les données du projet pilote mis en œuvre entre 2000 et 2010. Les projets pilotes amorcés dans le cadre du programme de reconstitution des stocks ont été menés à terme.
  • 4.7 Promouvoir la recherche sur le savoir traditionnel en utilisant des méthodes appropriées et respectueuses (p. ex. Étude Haida Marine Traditional Knowledge [HMTK], participants et al., 2008). Les observations concernant les besoins en matière d’habitat et les parcelles d’habitat essentiel sont des renseignements utiles à la reconstitution des stocks que peut fournir le savoir traditionnel des Premières nations (voir l’annexe III pour des exemples de questions d’entrevue).

b) Poursuite de la promotion des initiatives de reconstitution de la population d’haliotides pies en collaboration avec les communautés des Premières nations et d’autres communautés côtières

Les communautés des Premières nations et d’autres communautés côtières ont pris la tête de projets de reconstitution de la population. Sans leur participation, leur contribution et leur intérêt, bon nombre des efforts de reconstitution de la population et des activités de recherche connexes n’auraient pas été possibles (p. ex. coût inabordable, manque de temps et effort prohibitif). La collaboration avec les communautés côtières des Premières nations à la mise en œuvre de projets à l’intérieur de zones locales des Premières nations et avec d’autres communautés côtières, voire d’autres provinces ou territoires, contribuera aux efforts de reconstitution de la population d’haliotides pies.

Le transfert d’individus sauvages, le regroupement d’adultes et l’ensemencement de sujets élevés en écloserie peuvent être fructueux dans certains cas, mais leurs résultats ont souvent été limités et incertains (Tegner, 2000). En outre, leurs effets sont susceptibles d’être localisés et peuvent ne pas s’harmoniser avec les efforts de rétablissement de l’espèce dans son ensemble. Une évaluation est nécessaire (voir les mesures 4.5 et 4.6 ci-devant) pour déterminer l’utilisation appropriée qui peut être faite de ces méthodes.

  • 4.8 Mener des expériences de mise en valeur de l’habitat à petite échelle, avec l’objectif de surveiller et d’accroître la survie de l’haliotide pie aux premiers stades benthiques. Les haliotides pies, surtout les juvéniles, sont cryptiques et se cachent dans les crevasses des rochers, ce qui rend difficile la surveillance de la survie des juvéniles en particulier. À l’heure actuelle, on utilise des unités fermées (blocs de béton placés à l’intérieur de petites enceintes [p. ex. casiers à crabes]) : pour accroître la rugosité (p. ex. crevasses où les haliotides peuvent se cacher); pour surveiller la survie des juvéniles et des individus aux premiers stades de leur cycle biologique ainsi que les interactions entre espèces (p. ex. avec les loutres de mer); pour permettre un échantillonnage efficace sans entraîner une perturbation de l’environnement naturel.
  • 4.9 Examiner la croissance, la survie et la répartition des individus aux premiers stades benthiques par rapport à l’habitat local, aux espèces d’algues, de prédateurs et de compétiteurs, afin de déterminer les paramètres qui contribuent à augmenter les densités de juvéniles (recrutement). Promouvoir la participation des Premières nations à l’identification des besoins en matière d’habitat à inclure au programme de reconstitution des stocks. Des années d’observations peuvent fournir de l’information sur les caractéristiques de l’habitat, la répartition antérieure de l’espèce, les zones particulièrement productives, les zones occupées en prédominance par des juvéniles ou des haliotides de tailles supérieures à la normale ainsi que les zones de reproduction.
5. Surveillance de la population

Surveillance de l’état de la population d’haliotides pies.

Une série chronologique des estimations de l’abondance doit être établie pour les cinq zones biogéographiquesNote de bas de page 12 pour déterminer les progrès accomplis (déclin ou hausse) relativement au rétablissement de la population d’haliotides pies, et ce, en fonction des objectifs en matière de population et de répartition. Une surveillance permanente de la population d’haliotides pies est requise pour évaluer son rétablissement et sa viabilité à long terme ainsi que l’efficacité des mesures d’atténuation des menaces. Il faudra poursuivre la série chronologique actuelle si l’on veut être en mesure de modéliser et d’étudier la variation du recrutement et la dynamique de la population dans le cadre des efforts de reconstitution des stocks. Les données tirées de relevés seront nécessaires pour évaluer l’ensemble des mesures de rendement en fonction des objectifs.

5.1 Poursuivre les relevés aux sites repères tous les 4 ou 5 ans (commencés en 1978) dans les secteurs nord et centre de la côte de la C.-B. et sur les côtes de Haida Gwaii, ce qui inclut la collecte d’information sur l’habitat.

5.2 Poursuivre les relevés aux sites repères établis plus récemment (commencés en 2003) tous les 4 à 5 ans sur la côte ouest de l’île de Vancouver, dans le bassin de Georgia et dans le détroit de la Reine-Charlotte, ce qui inclut la collecte d’information sur l’habitat.

5.3 Mettre à l’essai de nouvelles méthodes de relevés, ou modifier les méthodes actuelles, pour estimer l’abondance de l’haliotide pie à différentes étapes de son cycle biologique, la taille des groupes (dispersion) et l’habitat approprié, de même que pour établir des cartes de l’habitat.


2.5.2 Mesures de rendement

Les mesures de rendement décrites dans la section 2.5 du Programme de rétablissement de l’haliotide pie (2007) s’appliquent également au présent plan d’action. Certaines questions du Programme de rétablissement ont été reformulées (en italique) pour mettre en évidence et soutenir de futures analyses du rendement et les progrès réalisés dans l’atteinte des objectifs énoncés. On décrit les progrès accomplis par rapport à chacune des mesures de rendement en fonction de l’approche utilisée décrites dans le programme de rétablissement (annexe 2).

Mesures de rendement en fonction des objectifs

  • Les densités moyennes d’haliotides pies adultes de grande taille (LC > 100 mm) ont-elles diminué en deçà de 0,1/m2 aux sites repères étudiés à Haida Gwaii et dans les secteurs nord et centre de la côte? Ont-elles augmenté?
  • Le pourcentage des sites repères étudiés où l’on trouve des haliotides pies adultes de grande taille (LC ≥ 100 mm) a-t-il diminué (< 40 %)? Ou a-t-il augmenté (> 40 %)?
  • Le taux de mortalité annuelle estimée pour les haliotides adultes (LC ≥ 70 mm) a-t-il chuté (< 0,20), et les densités moyennes d’haliotides adultes (LC ≥ 70 mm) ont-elles augmenté (> 0,32/m2)?
  • La proportion des quadrats (m2) occupés par des haliotides a-t-elle dépassé 40 %?
Mesures de rendement en fonction de l’approche utilisée
Gestion
  • La fermeture de la pêche à l’haliotide pie a-t-elle été maintenue et mise en application sur l’ensemble de la côte? Y a-t-il des preuves de succès des mesures de détection des activités de pêche illégale et d’arrestation de pêcheurs illégauxNote de bas de page 13?
Protection
  • A-t-on mis en œuvre un plan proactif de mise en application de la réglementation pour protéger l’espèce? Combien de signalements d’activités de pêche à l’haliotide ont été portés à l’attention des agents responsables de l’application de la réglementation et combien de fois la ligne sans frais « Observez, notez et signalez » a-t-elle été utilisée? Jusqu’à quel point ces signalements se sont-ils traduits par des enquêtes, par le dépôt d’accusations et par l’imposition de condamnations? Combien d’heures a-t-on consacrées à l’application de la réglementation sur la fermeture de la pêche à l’haliotide? Quelles sont les tendances concernant les heures consacrées à l’application de la réglementation (et aux accusations et condamnations en résultant) au cours de la période précédant la mise en œuvre du programme de rétablissement et pendant sa mise en œuvre? L’impact de la pêche illégale est-il mieux compris?
Éducation et sensibilisation
  • A-t-on mis en œuvre une stratégie de communication à long terme? Combien de documents et/ou activités de communication a-t-on produits et/ou utilisés? De quelle nature étaient-ils? Combien de personnes les activités de communication ont-elles permis de joindre et où a-t-on pu les joindre? Quels indices montrent qu’une augmentation de la sensibilisation (p. ex. les visites au site Web sur l’haliotide se sont-elles accrues?; quel a été le niveau de participation aux ateliers?) et/ou qu’une réduction de la pêche illégale ont résulté de ces efforts de communication?
Recherche et reconstitution de la population
  • Quelles nouvelles connaissances importantes a-t-on acquises par la recherche? Ces connaissances pourraient-elles contribuer directement à la reconstitution de la population d’haliotides pies? Combien d’initiatives de reconstitution de la population a-t-on entreprises? A-t-on observé une augmentation de l’abondance des juvéniles et/ou du recrutement à la suite des expériences de reconstitution des stocks? La reconstitution des stocks semble-t-elle être une stratégie viable ou prometteuse pour le rétablissement de la population d’haliotides sauvages? Quels rapports (publications techniques ou primaires) a-t-on préparés pour fournir les résultats des relevés et des études biologiques?
Surveillance de la population

2.6 Calendrier de mise en œuvre proposé

Les activités de  rétablissement de l’haliotide pie sont résumées au tableau 4. La majorité des activités sont déjà en cours, et leur date de mise en œuvreNote de bas de page 15 est indiquée. Le cas échéant, on a identifié des partenariats avec des organisations et des secteurs en particulier. Ces partenariats et ces organisations apporteront l’expertise et la capacité requises pour mener à bien les mesures énumérées. Pour limiter les coûts, les activités seront combinées au besoin. Pêches et Océans Canada encourage les groupes et les particuliers autres que ceux énumérés au tableau 4 à participer au programme de rétablissement de l’haliotide pie en C.-B. La liste des organisations ci-après sera modifiée au besoin.

Nombre de mesures présentées au tableau 4 ont été priorisées par l’Équipe de rétablissement de l’haliotide (ERH) et le Groupe de mise en œuvre du rétablissement de l’haliotide (GMRH) durant le processus de planification du plan d’action de 2004. Les cotes et la participation ont été confirmées à la réunion du Groupe de mise en œuvre du rétablissement de l’haliotide de 2009. Les cotes de priorité utilisées en 2004 et en 2009 ont été adaptées en fonction de critères établis par le programme national de rétablissement RESCAPÉ (Rétablissement des espèces canadiennes en péril) dans l’ébauche du Recovery Operations Manual (manuel des opérations de rétablissement) (20 novembre 2001) :

Urgent – Activité visant les principales menaces découlant de la pêche illégale et du faible recrutement, avec une forte prévisibilité de succès; ou activité prescrite par la LEP.

Nécessaire – Activité visant les lacunes à combler dans les connaissances et/ou les menaces, et dont le succès peut être mesuré à long terme.

Facultatif – Activité non incluse dans les activités associées au rétablissement de l’haliotide pie, mais qui peut avoir un impact sur son rétablissement.

Signification des abréviations utilisées dans le tableau 4

BMSC
Bamfield Marine Sciences Centre, programme d’éducation publique

CC
Communautés côtières de la C.-B.

GCC
Garde côtière canadienne, Pêches et Océans Canada

ACIA
Agence canadienne d’inspection des aliments

MPO
Pêches et Océans Canada

MDN
Ministère de la Défense nationale

EC
Environnement Canada - Programme d'intendance de l'habitat pour les espèces en péril (PIH) et Fonds autochtones pour les espèces en péril (FAEP)

PN
Premières nations

HASP
Heiltsuk Abalone Stewarship Project/projet d’intendance de l’haliotide pie des Heiltsuk (Heiltsuk Fisheries Program/programme des pêches des Heiltsuk)

HGAbS
Haida Gwaii Abalone Stewards/projet d’intendance de l’haliotide pie de Haida Gwaii, partenariat regroupant les organisations suivantes : programme des pêches de la nation haïda, conseil de bande de Skidegate, conseil de bande du village Old Massett, Société de conservation de Laskeek Bay, réserve de parc national et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas, Fonds mondial pour la nature (Canada), Centre for Wildlife Ecology de l’Université Simon Fraser, School of Resource and Environmental Management de l’Université Simon Fraser, Environnement Canada et Pêches et Océans Canada

KASP
Kitasoo Abalone Stewardship Program/projet d’intendance de l’haliotide pie de Kitasoo (Kitasoo Fisheries Program/programme des pêches de Kitasoo)

MFP
Metlakatla Fisheries Program/programme des pêches de la bande de Metlakatla

NFD
Nisga’a Fisheries Department/ministère des pêches du gouvernement Nisga’a

ONG
Organisation non gouvernementale (p. ex. écocertification du Marine Stewardship Council, programmes Seafood Watch)

APC
Agences Parcs Canada

Promoteur
Promoteur de travaux ou d’aménagements effectués sur l’eau, dans l’eau ou sous l’eau

PROV
Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique (C.-B.), ministère des Actifs et des Terres de la C.-B. (gouvernement provincial), Services d’agents de conservation de la C.-B.

GRC
Gendarmerie royale du Canada

TRAFFIC
Réseau de surveillance du commerce de la faune et de la flore sauvages

Univ
Universités (p. ex. Université Simon Fraser, Université Victoria et Université Thompson)

 

Tableau 4 (1. Gestion). Calendrier de mise en œuvre proposé. La majorité des activités énumérées dans ce tableau sont déjà en cours; de nombreuses mesures de rétablissement avaient été prises avant l’adoption de la LEP et la mise en œuvre du programme de rétablissement de l’espèce en vertu de la LEP (MPO, 2007).
Activités de rétablissementObj.PrioritéMenaces ou préoccupations viséesResponsabilitésDate de début
ResponsablePartenairesNote de bas de page a
1.1 Maintenir la fermeture des pêches pratiquées à des fins commerciales, récréatives et cérémoniellesTousUPêche, faible recrutementMPOGarde côtière canadienne (GCC)Depuis 1990
1.2. Limiter la divulgation de renseignements détaillés sur la répartition et l’emplacement de l’haliotide pie, avec l’objectif de freiner le braconnage et la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce1, 2, 3UPêche, faible recrutement, dégradation/ perte de l’habitatMPOTousDepuis 1990
1.3 Continuer à appliquer les exigences de surveillance prévues dans le protocole (Lessard et al., 2007) pour les travaux et les aménagements réalisés dans l’habitat et l’habitat essentiel de l’haliotide pieTousUDégradation/ perte de l’habitat, destruction de l’habitat essentiel, surveillanceMPO, PromoteurAPCDepuis 2007

 

Tableau 4 (2. Protection). Calendrier de mise en œuvre proposé. La majorité des activités énumérées dans ce tableau sont déjà en cours; de nombreuses mesures de rétablissement avaient été prises avant l’adoption de la LEP et la mise en œuvre du programme de rétablissement de l’espèce en vertu de la LEP (MPO, 2007).
Activités de rétablissementObj.PrioritéMenaces ou préoccupations viséesResponsabilitésDate de début
ResponsablePartenairesNote de bas de page a
2.1 Promouvoir la conformité grâce à l’éducationTousUPêche, faible recrutementMPOGCC, PN, APCDepuis 1990
2.2 Surveiller et intervenir en cas de non-conformitéTousUPêche, faible recrutementMPOGRC, MDN, APCDepuis 1990
2.3 Mener des enquêtes sur des cas graves et des enquêtes spéciales sur le commerce illégal de l’haliotide pieTousUPêche, faible recrutementMPOGRC, MDN, EC, APC, PROV, TRAFFICDepuis 1990, nouveaux efforts en 2010 en cours
2.4 Poursuivre l’examen de propositions d’aménagement dans l’habitat et l’habitat essentiel de l’haliotide pie1, 2, 3UFaible recrutement, Dégradation/ perte de l’habitatMPOPROV, PromoteurEn cours, selon les besoins

 

Tableau 4 (3. Éducation et sensibilisation). Calendrier de mise en œuvre proposé. La majorité des activités énumérées dans ce tableau sont déjà en cours; de nombreuses mesures de rétablissement avaient été prises avant l’adoption de la LEP et la mise en œuvre du programme de rétablissement de l’espèce en vertu de la LEP (MPO, 2007).
Activités de rétablissementObj.PrioritéMenaces ou préoccupations viséesResponsabilitésDate de début
ResponsablePartenairesNote de bas de page a
3.1 Accroître la sensibilisationTousNPêche, Faible recrutement, statut en vertu de la LEPHGAbS, KASP, G-N, HASP, MFP, NFP, BMSC, CC et PN, APC, ECMPODepuis 2000
3.2 Empêcher la pêche illégaleTousUPêche, faible recrutementMPOEC, HGAbS, KASP, NFP, MFP, G-N, HASP, BMSC, CC et PN, APCMPO depuis 1990, efforts d’intendance depuis 2000
3.3 Réduire la demande commerciale pour des produits illégaux et cibler des marchésTousNPêche, faible recrutementMPORestaurants, ONGEDepuis 2003

 

Tableau 4 (4. Recherche et reconstitution des stocks). Calendrier de mise en œuvre proposé. La majorité des activités énumérées dans ce tableau sont déjà en cours; de nombreuses mesures de rétablissement avaient été prises avant l’adoption de la LEP et la mise en œuvre du programme de rétablissement de l’espèce en vertu de la LEP (MPO, 2007).
Activités de rétablissementObj.PrioritéMenaces ou préoccupations viséesResponsabilitésDate de début
ResponsablePartenairesNote de bas de page a
4.1 MaladieTousNFaible recrutement MPODepuis 2003
4.2 Dispersion des larvesTousNFaible recrutement APC, MPODepuis 2002, aussi en 2009
4.3 Analyse de parentéTousNFaible recrutementUnivMPO, APC, BHCAPDepuis 2002
4.4 Interactions entre les espèces3, 4NEffets sur l’habitat de la loutre de merKASP, HASP, HGAbS, UnivAPC, MPODepuis 2002, nouveaux efforts en 2010 en cours
4.5 Évaluer la faisabilité et l’efficacité de projets pilotes de regroupement et de transfertTousUFaible recrutementKASPHGAbS, MFP, Gitga’at, MPO, EC, APCDepuis 2001, données analysées en 2010-2011
4.6 Évaluer la faisabilité et l’efficacité du projet pilote d’ensemencementTousUFaible recrutement, reconstitution de la populationUnivBHCAP, Univ, MPOEnsemencement depuis 2003, relevés dans certains sites en 2000, 2002, 2003, Rapport attendu en 2011-2012
4.7 Savoir traditionnelTousNSavoir traditionnel, biologie, écologie, menaces, habitatPNGroupe de mise en œuvre du rétablissement de l’haliotide (GMRH), MPO2009
4.8 Mettre en valeur l’habitat pour protéger l’haliotide pie au début de son cycle biologiqueTousNFaible recrutement, survie des juvénilesHGAbS, KASPMPO, ECDepuis 2001
4.9 Mener des recherches sur les premiers stades benthiques, identifier les exigences en matière d’habitatTousUFaible recrutement, reconstitution de la populationGMRH, HGAbS, UnivMPO, APCDepuis 2002, nouveaux efforts en 2010 en cours

 

Tableau 4 (5. Surveillance). Calendrier de mise en œuvre proposé. La majorité des activités énumérées dans ce tableau sont déjà en cours; de nombreuses mesures de rétablissement avaient été prises avant l’adoption de la LEP et la mise en œuvre du programme de rétablissement de l’espèce en vertu de la LEP (MPO, 2007).
Activités de rétablissementObj.PrioritéMenaces ou préoccupations viséesResponsabilitésDate de début
ResponsablePartenairesNote de bas de page a
5.1 Relevés aux sites repères1, 3, 4UTous (surveillance)MPOHGAbS, MFPDepuis 1978
5.1 Relevés aux sites repères (Secteurs nord et centre de la côte de la C.-B.)1, 3, 4UTous (surveillance)MPOHGAbS, MFP2011
5.1 Relevés aux sites repères (Haida Gwaii)1, 3, 4UTous (surveillance)MPOHGAbS, MFP2012
5.2 Relevés de l’abondance dans le sud de la C.-B.3, 4UTous (surveillance)MPOAPCDepuis 2003
5.2 Relevés de l’abondance dans le sud de la C.-B. (Côte ouest de l’Île de Vancouver)3, 4UTous (surveillance)MPOAPC2013
5.2 Relevés de l’abondance dans le sud de la C.-B. (Détroit de Reine-Charlotte)3, 4UTous (surveillance)MPOAPC2014
5.3 Méthodes de relevés pour les juvénilesTousNFaible recrutementHGAbS, KASP, UnivMPO, APCDepuis 2002

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Les mesures particulières ou auxiliaires mises en oeuvre par les partenaires pour compléter l’activité de rétablissement ne sont pas nécessairement décrites.

Retour à la référence de la note de bas de page a


Notes de bas de page

Note de bas de page 10

Mesure autorisée sous réserve d’un examen et de la délivrance d’un permis en vertu de la LEP (art. 73).

Retour à la référence de la note de bas de page 10

Note de bas de page 11

Mesure autorisée sous réserve d’un examen et de la délivrance d’un permis en vertu de la LEP (art. 73).

Retour à la référence de la note de bas de page 11

Note de bas de page 12

Cinq zones biogéographiques ont été cernées pour l’haliotide pie présente en C.-B. en fonction de considérations liées à l’environnement, à la gestion et à la biologie de l’espèce. Ces zones comprennent les eaux de la zone intertidale et la zone infralittorale entourant les zones terrestres suivantes : Haida Gwaii; les secteurs nord et centre de la côte de la C.-B. (de Cape Caution vers le nord jusqu’à Prince Rupert inclusivement); les détroits de la Reine-Charlotte et de Johnstone (île Quadra [passe Seymour] au nord de Cape Caution); le bassin de Georgia (San Juan Point jusqu’à la passe Seymour, près de l’île Quadra); la côte ouest de l’île de Vancouver (de San Juan Point vers le nord jusqu’à Scott Islands).

Retour à la référence de la note de bas de page 12

Note de bas de page 13

Au lieu de « La fermeture de la pêche sur l’ensemble de la côte a-t-elle contribué efficacement à l’arrêt du déclin de la population? »

Retour à la référence de la note de bas de page 13

Note de bas de page 14

Remplace « A-t-on établi des données de base sur l’abondance dans chacune des zones biogéographiques? ». Cette mesure a pris fin.

Retour à la référence de la note de bas de page 14

Note de bas de page 15

Les dates de mise en œuvre peuvent se rapporter à la mise en œuvre d’un programme amélioré plutôt qu’à la date à laquelle des activités semblables ont commencé.

Retour à la référence de la note de bas de page 15

Introduction