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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Brosme Brosme brosme au Canada – 2012

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Brosme Brosme brosme au Canada – 2012

Illustration d’un brosme (Brosme brosme) vu de profil.

Description longue pour la figure du titre

En voie de disparition
2012

Table des matières

Information sur le document

Liste des figures

Liste des tableaux

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COSEPAC – Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Information sur le document

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2012. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le brosme (Brosme brosme) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 91 p. (Registre public des espèces en péril).

Rapport(s) précédent(s) :

COSEWIC. 2003. COSEWIC assessment and status report on the cusk Brosme Brosme in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. vi + 30 pp.

Note de production :
Le COSEPAC remercie Robert O’Boyle d’avoir rédigé le rapport sur la situation du brosme (Brosme brosme) au Canada, aux termes d’un contrat conclu avec Environnement Canada. Ce rapport a été supervisé et révisé par Alan Sinclair, coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons marins du COSEPAC.

Renseignements supplémentaires pouvant être obtenus sur demande (en anglais seulement) :

  • Collections examinées (relevés au chalut)
  • Annexe 1. Analyse des données sur la maturité, la longueur et le sexe
  • Annexe 2. Analyse des tendances de l’indice de la biomasse selon le relevé de l’industrie sur le flétan atlantique
  • Annexe 3. Modèle bayésien d’espace d’états sur la dynamique des populations de brosmes, mis en œuvre à l’aide de R2Winbugs (adapté de Davies et Jonsen, 2011)

Pour obtenir ces renseignements, s’adresser au Secrétariat à l’adresse Courriel COSEPAC

Note : Le tableau 20 et le tableau 21 ne figurent pas dans le présent rapport car ils étaient encore considérés comme PRÉLIMINAIRES à la date de publication. Prière de communiquer avec le Secrétariat à l’adresse Courriel COSEPAC pour obtenir la version finale des tableaux.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel COSEPAC
Site Web COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Cusk Brosme brosme in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Brosme -- Cette illustration de Brosme brosme provient d’une illustration originale de H.L. Todd (numéro de contrôle P02360), fournie par la Division des poissons du Musée national d’histoire naturelle de la Smithsonian Institution.

ÓSa Majesté la Reine du chef du Canada, 2013.
No de catalogue CW69-14/332-2013F-PDF
ISBN 978-0-660-20757-5

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – novembre 2012

Nom commun
Brosme

Nom scientifique
Brosme brosme

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Cette espèce est un grand poisson de fond à croissance lente qui réside dans le golfe du Maine et le plateau néo–écossais, et qui fait l’objet d’un déclin continu depuis 1970. La partie de la population correspondant aux individus matures a chuté d'environ 85 % au cours de trois générations. Il existe également de solides indications que sa zone d'occupation a connu un déclin considérable. La taille moyenne des poissons a également connu un déclin, ce qui correspond à un déclin de l'abondance. Les efforts de gestion limités n'ont pas été efficaces pour mettre un frein au déclin.

Répartition
Océan Atlantique

Historique du statut
Espèce désignée « menacée » en mai 2003. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en novembre 2012.

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COSEPAC
Résumé

Brosme
Brosme brosme

Description et importance de l’espèce sauvage

Le brosme est le seul membre de son genre et fait partie de la vingtaine d’espèces apparentées aux morues (Gadiformes) recensées sur la côte Est du Canada. Ce poisson possède un seul barbillon et une seule nageoire dorsale. Cette caractéristique permet de l’identifier.

Une étude génétique récente de la structure de la population laisse penser que la migration des adultes est limitée dans les zones d’eau profonde. Ce fait, combiné à l’échange restreint d’œufs et de larves pélagiques entre les sites, dû à des caractéristiques de la circulation océanique qui les retiennent à l’échelle locale, et au faible taux de survie durant les phases de dérive à travers les bassins profonds, pourrait entraîner une réduction du flux génétique. Les fonds génétiques de l’espèce dans le nord-est et le nord-ouest de l’Atlantique sont différents, les brosmes présents dans la partie sud du nord-ouest de l’Atlantique étant génétiquement distincts des brosmes du nord-est de l’Atlantique. On observe une discontinuité dans la répartition de l’espèce entre le Canada et l’ouest du Groenland, qui contribue sans doute à limiter les échanges génétiques. Ces observations appuient l’existence d’une seule unité désignable pour le Canada.

Répartition

Le brosme est une espèce du Nord qui vit dans les eaux de la plate-forme continentale de la zone subarctique et boréale de l’Atlantique Nord. Son centre d’abondance se trouve dans l’ouest de l’Atlantique, entre les 41e et 44e degrés de latitude nord (golfe du Maine et sud du plateau néo-écossais), où son aire de répartition chevauche la frontière canado-américaine dans le golfe du Maine. L’espèce vit aussi en eau profonde le long de la plate-forme continentale, au large de Terre-Neuve-et-Labrador, où elle est toutefois rare. Elle n’a pas été observée dans le sud du golfe Saint-Laurent, et seulement quatre poissons ont été capturés dans le nord du golfe Saint-Laurent depuis la fin des années 1970.

Habitat

Couramment observé sur les substrats durs, accidentés et rocheux, le brosme est rarement capturé sur les fonds de sable lisse. Il préfère les eaux relativement chaudes des profondeurs intermédiaires du plateau néo-écossais et du golfe du Maine. On le trouve à des températures variant entre 0 et 14 °C sur le plateau néo-écossais. La plage de température privilégiée est de 6 à 10 °C. L’espèce se trouve rarement près des côtes ou à des profondeurs de moins de 20 à 30 m; elle fréquente plutôt des profondeurs de 150 à 450mdans l’ensemble de son aire de répartition. Des relevés récents ont cependant révélé la présence de brosmes jusqu’à 1 185mde profondeur en bordure de la plate-forme continentale, au large de la Nouvelle-Écosse.

Biologie

Dans les eaux canadiennes, la longueur totale (LT) à laquelle 50 % des brosmes deviennent matures est de 42 cm, taille qui est atteinte vers l’âge de 4 à 5 ans. Une étude de détermination de l’âge est en cours; selon les estimations préliminaires, cet âge pourrait être sous-estimé de 100 % (l’âge auquel 50 % des brosmes sont matures serait de 10 ans). Le plus long brosme de l’ensemble de données sur l’échantillonnage de la pêche commerciale mesurait 115 cm, tandis que le plus long brosme capturé lors d’un relevé sur le flétan mesurait 118 cm. Selon les estimations liées à la longévité (L∞), la LT varie de 111,4 à 126,6 cm. La durée d’une génération est estimée à 12,1 ans, mais les résultats préliminaires d’une étude récente de détermination de l’âge laissent penser que la durée d’une génération pourrait aller jusqu’à 21 ans.

La fraye sur le plateau néo-écossais se produit de mai à août, son apogée ayant lieu à la fin de juin. L’emplacement de sites de fraye distincts n’a pas encore été déterminé; ces sites pourraient se trouver à plus de 200mde profondeur. Les œufs sont pélagiques et éclosent pour donner des larves de 4 mm. Les larves restent dans la partie supérieure de la colonne d’eau et s’établissent sur le fond lorsqu’elles atteignent environ de 50 à 60 mm de longueur. L’emplacement des aires de croissance de l’espèce est inconnu, mais pourrait se situer en eau profonde, sur des fonds accidentés. Les juvéniles et les adultes ont un mode de vie démersal : ils demeurent fortement associés au substrat et ne nagent pas vers la partie supérieure de la colonne d’eau. Ils sont lents, sédentaires et solitaires, et ne se rassemblent pas en grands bancs.

Les prédateurs du brosme sont notamment l’aiguillat commun, la raie tachetée, la morue franche, le flétan atlantique, la merluche blanche, la baudroie d’Amérique et peut-être aussi le phoque gris. Le brosme se nourrit de crustacés, plus particulièrement de crabes, de crevettes et d’euphausiacés, de poissons et d’ophiures. Le taux de mortalité naturelle du brosme est probablement de l’ordre de 0,14, ce qui est comparable à celui des autres Gadidés.

Taille et tendances des populations

Selon les indices tirés des relevés au chalut de fond réalisés par le ministère des Pêches et des Océans (MPO) du Canada et par le National Marine Fisheries Service (NMFS) des États-Unis, l’abondance des brosmes adultes au cours des trois dernières générations est en baisse constante. Ces relevés pourraient toutefois signaler un hyperappauvrissement, phénomène qui se produit lorsque les taux de capture diminuent plus rapidement que la biomasse en raison d’une contraction de l’aire de répartition de l’espèce entraînant le retrait des individus dans des zones qui ne sont pas entièrement couvertes par les relevés. Le taux de déclin peut alors être surestimé. Une série chronologique sur les taux de capture de la pêche commerciale à la palangre couvrant les deux dernières générations montre également un déclin continu de l’espèce. En revanche, selon les résultats d’un relevé sur le flétan, l’abondance du brosme serait stable depuis 1999. On a utilisé un modèle de production excédentaire sur la dynamique des populations, intégrant tous les indices d’abondance canadiens et tenant compte de l’hyperappauvrissement lié à l’indice du relevé au chalut, pour estimer la tendance de la biomasse mature au cours des trois dernières générations. Le déclin a été estimé à 85 %, et rien n’indique qu’il a cessé.

Menaces et facteurs limitatifs

La surpêche constitue la menace la plus importante pour le brosme. La pêche dirigée au brosme a pratiquement cessé, mais l’espèce est toujours capturée de façon accessoire dans les pêches à la morue franche, à l’aiglefin, à la goberge et au flétan atlantique. Selon des données récentes, les débarquements de brosmes provenant de ces pêches seraient de l’ordre de 500 t par année. Le brosme constitue également une prise accessoire de la pêche au homard, où les débarquements de brosmes sont interdits et où toutes les prises doivent être remises à l’eau. D’après des données récentes, les poissons rejetés ont représenté de 250 à 300 t par année. Les brosmes remis à l’eau ne survivent probablement pas compte tenu de la propension de leur estomac à se retourner lorsqu’ils sont remontés à la surface.

Protection, statuts et classements

En 2003, le COSEPAC a désigné le brosme comme espèce menacée. Le gouverneur en conseil a décidé de ne pas inscrire l’espèce à la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (Gazette du Canada, 7 juillet 2012).

Au Canada, les plans de pêche axés sur la conservation du MPO constituent le principal outil de réglementation permettant de protéger le brosme. Depuis 1999, la pêche dirigée au brosme est interdite et un système de plafonnement des débarquements de brosmes a été mis en place. En 2010-2011, les plafonds imposés aux flottilles de la Région des Maritimes du MPO ont totalisé 656 t. Une fois les plafonds atteints, tous les bromes capturés doivent être remis à l’eau, mais la plupart ne survivent pas.

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Résumé Technique

Brosme brosme

Brosme      Cusk

Zone d’occurrence au Canada : océan Atlantique (plateau néo-écossais – golfe du Maine, nord-ouest de l’océan Atlantique)

Données démographiques

Durée d'une génération (% âge de la maturité + 1/taux de mortalité naturelle)12,1 ans (pourrait aller jusqu’à 21 ans)
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre total d’individus matures?Oui
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d'individus matures pendant deux générations (24 ans)Déclin de 72 %
Pourcentage estimé de réduction du nombre total d'individus matures au cours des trois dernières générations (36 dernières années)Déclin de 85 %
Pourcentage soupçonné de réduction du nombre total d'individus matures au cours des trois prochaines générationsDes projections prospectives n’ont pas été effectuées
Pourcentage estimé de réduction du nombre total d'individus matures au cours de toute période de trois générations commençant dans le passé et se terminant dans le futur.Des projections prospectives n’ont pas été effectuées
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé?Non. La surpêche est la principale cause du déclin, mais cette pratique n'a pas cessé et n'est pas clairement réversible.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence302 311 km2
Indice de la zone d’occupation (IZO)3 616 km2
La population totale est­elle très fragmentée?Non
Nombre de localités. Ne s’applique pas.s.o.
Y a-t-il un déclin continu observé de la zone d’occurrence?Oui
Y a-t-il un déclin continu observé de l’indice de la zone d’occupation?Oui
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de populations?Inconnu
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de localités?s.o.
Y a-t-il un déclin continu observé de la superficie, de l'étendue et de la qualité de l'habitat?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d’occupation?Non

Nombre d’individus matures (dans chaque population)

Nombre d’individus matures (dans chaque population)
PopulationNbre d’individus matures
(moyenne 2002-2010); voir la note ci-dessous
Population canadienne217 000

Note : Ces chiffres proviennent des relevés au chalut de fond réalisés l'été par le MPO. Pour les raisons exposées dans le présent rapport, on considère que ces relevés présentent un biais vers le bas et constituent une estimation minimale. La valeur réelle est considérablement plus élevée.

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % d’ici 20 ans ou cinq générations, ou 10 % d’ici 100 ans].Analyse non réalisée

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

Surpêche due aux prises accessoires de la pêche à la morue, à l'aiglefin, à la goberge, au flétan et au homard.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Statut des populations de l’extérieur
L’état de la population américaine est semblable à celui de la population canadienne.

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Immigration probablement limitée en raison à la fois de la mobilité restreinte et du mauvais état de la population américaine

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui

La possibilité d'une immigration de populations externes existe-t-elle?

Non

Historique du statut

COSEPAC : espèce désignée « menacée » en mai 2003. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en novembre 2012.

Statut et justification de la désignation

Statut :
En voie de disparition

Code alphanumérique :
A2b

Justification de la désignation:
Cette espèce est un grand poisson de fond à croissance lente qui réside dans le golfe du Maine et le plateau néo-écossais, et qui fait l’objet d’un déclin continu depuis 1970. La partie de la population correspondant aux individus matures a chuté d'environ 85 % au cours de trois générations. Il existe également de solides indications que sa zone d'occupation a connu un déclin considérable. La taille moyenne des poissons a également connu un déclin, ce qui correspond à un déclin de l'abondance. Les efforts de gestion limités n'ont pas été efficaces pour mettre un frein au déclin.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d'individus matures) : Satisfait au critère A2b. Les indices d'abondance pertinents à l'espèce indiquent un déclin des individus matures de 85 % au cours des trois dernières générations, et ce déclin n'a pas cessé.

Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) : Ne s'applique pas. La répartition de la population est supérieure aux critères établis.

Critère C (nombre d'individus matures peu élevé et en déclin) : Ne s'applique pas. Le nombre d'individus matures dépasse les critères établis.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Ne s'applique pas.

Critère E (analyse quantitative) : Analyse non réalisée.

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Préface

La dernière évaluation du brosme par le COSEPAC remonte à 2003, alors que l’espèce avait été désignée « menacée ». En 2006, à la suite d’une évaluation des dommages admissibles réalisée en 2004 par le MPO et de consultations subséquentes avec les administrations provinciales, les peuples autochtones, les intervenants et le public, le gouverneur en conseil a demandé au COSEPAC de réexaminer la désignation du brosme comme espèce menacée. L’explication fournie portait sur la grande importance accordée aux données issues des relevés au chalut de fond effectués par le MPO, qui pourraient avoir entraîné une surestimation du déclin du brosme. En décembre 2006, le COSEPAC a confirmé l’évaluation initiale sans procéder à une réévaluation de l’espèce, compte tenu de l’absence de nouvelles données pouvant justifier une modification du statut de l’espèce. En conséquence, on a une fois de plus envisagé d’inscrire l’espèce à la liste de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). En 2007, le MPO a entrepris une évaluation du potentiel de rétablissement (EPR) du brosme en vue du processus d’inscription à la liste de la LEP. Le gouverneur en conseil a décidé de ne pas inscrire l’espèce à la liste de la LEP (Gazette du Canada, 7 juillet 2012).

Depuis l’évaluation réalisée par le COSEPAC en 2003, des progrès ont été accomplis en ce qui concerne la compréhension de la biologie du brosme, de la dynamique des populations et des menaces qui pèsent sur l’espèce. Sur le plan de la biologie de l’espèce, une étude génétique réalisée en 2009 appuie l’existence d’une seule unité désignable au Canada. Les données issues des relevés canadiens et américains ont permis d’approfondir les discussions sur les processus liés à la maturité et à la détermination de l’âge. Par ailleurs, les résultats d’une nouvelle étude canadienne de détermination de l’âge n’ont pas encore été publiés, ce qui a limité la portée de l’analyse des populations. Au chapitre de la dynamique des populations, les séries chronologiques sur l’abondance de l’espèce, issues de la pêche commerciale et des relevés et analysées dans le cadre de l’évaluation de 2003 du COSEPAC, ont été mises à jour jusqu’à 2010. Des relevés MPO–industrie entrepris entre le milieu et la fin des années 1990 ont également été pris en considération. Les données sur la composition selon la taille issues de la pêche commerciale et des relevés constituent un autre apport à la présente évaluation. L’EPR réalisée en 2007 présentait un modèle préliminaire de la dynamique des populations de brosmes. Ce modèle a été mis à jour dans le présent rapport de situation. Au chapitre des menaces, deux études sur les prises accessoires réalisées depuis l’évaluation de 2003 ont contribué de manière significative à améliorer notre compréhension des causes de mortalité chez le brosme.

Dans l’ensemble, le présent rapport constitue une mise à jour importante de l’évaluation réalisée par le COSEPAC en 2003.

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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2012)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Description et Importance de L’espèce Sauvage

Nom et classification

Le brosme (Brosme brosme) appartient à l’ordre des Gadiformes, pour lequel la classification des espèces ne fait pas l’unanimité (Van Guelpen, 2011). Cohen (1984) a élevé les Gadinés, les Lotinés et les Phycinés au rang de familles, ce que Markle (1989) a accepté, mais pas Nelson et al. (2004), qui ont continué de les considérer comme des sous-familles. Ces derniers classent le brosme dans la sous-famille des Gadinés, tandis que Eschmeyer (2011) classe l’espèce dans la famille des Lotidés.

Le brosme constitue un genre monotypique. Parmi ses noms communs dans les autres langues figurent « cusk » (anglais), « cusk », « tusk », « torsk » (norvégien) et « menek » (russe) (Scott et Scott, 1988).

Description morphologique

Le brosme est une espèce démersale relativement robuste, à nage lente. Sa tête est trapue, et son corps, allongé, atteint une longueur totale (LT) maximale d’une centaine de centimètres (Cohen et al., 1990). Le plus long brosme signalé dans la base de données d’échantillonnage au port du Secteur des sciences de la Région des Maritimes du MPO mesurait 115 cm, tandis que le plus long spécimen capturé lors d’un relevé de l’industrie sur le flétan mesurait 118 cm. Le brosme possède une nageoire dorsale et une nageoire anale. Toutes deux allongées, ces nageoires s’étendent vers l’arrière pour rejoindre la nageoire caudale arrondie (Scott et Scott, 1988; Collette et Klein-MacPhee, 2002) (figure 1).

Figure 1. Brosme (Brosme brosme) (illustration provenant de l’évaluation du COSEPAC de 2003).

Illustration d’un brosme (Brosme brosme) vu de profil.

Description longue pour la figure 1

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La présence d’un seul barbillon sous le menton et d’une seule nageoire dorsale est un caractère qui permet d’identifier le Brosme brosme. La manière dont les nageoires anale et dorsale sont reliées à la nageoire caudale est également distinctive : elles sont attachées à la nageoire caudale à la base, mais séparées d’elle par des encoches nettes (Scott et Scott, 1988; Collette et Klein-MacPhee, 2002). Les petites nageoires pelviennes, situées sous les nageoires pectorales arrondies et en forme de brosse, présentent 4 ou 5 rayons. Toutes les nageoires sont épaisses et charnues à la base (Collette et Klein-MacPhee, 2002). Les rayons ne sont visibles qu’à la marge. Le corps est recouvert d’écailles minuscules profondément enfoncées (Wheeler, 1969). La couleur est variable : dans le nord-est de l’Atlantique, le brosme peut être gris pâle avec une teinte brunâtre, les flancs sont plus pâles, et le ventre devient blanc grisâtre. Dans le nord-ouest de l’Atlantique, le brosme peut être rougeâtre foncé ou brun verdâtre, parfois brun pâle; le ventre est crème ou blanc (Bigelow et Schroeder, 1953; Scott et Scott, 1988, Collette et Klein-MacPhee, 2002).

Structure spatiale et variabilité de la population

Le brosme est une espèce démersale largement répartie dans l’ensemble de l’Atlantique Nord. Selon les observations issues de relevés d’œufs et de larves, la reproduction a lieu sur une vaste étendue, et il ne semble pas y avoir de rassemblement de géniteurs. Comme les brosmes provenant de différents sites de fraye présentent des variations en termes de couleurs, de taux de croissance, de nombre de vertèbres et de rayons, de distribution des longueurs et de relation longueur-poids (Hareide, 1988 in Knutsen et al., 2009), il est probable que la fraye, bien qu’elle se déroule à l’échelle de l’aire de répartition, soit également localisée. On sait peu de choses actuellement sur la capacité de migration et de dispersion de l’espèce. Celle-ci semble cependant assez sédentaire, ce qui laisse croire que les déplacements saisonniers seraient limités (Halliday, 2006).

Knutsen et al. (2009) ont entrepris l’analyse de la structure génétique du brosme dans l’Atlantique Nord. Au moyen de navires scientifiques et commerciaux, ils ont obtenu des échantillons de tissus à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce (figure 2) et ont effectué l’analyse de l’ADNmicrosatellite au niveau de sept loci. L’ampleur générale de la différentiation génétique était assez faible, la valeur globale de Fst s’établissant à 0,0014. Les valeurs estimatives de Fst par paire entre la seule localité canadienne étudiée et les localités du reste de l’aire de répartition transatlantique se sont établies en moyenne à seulement 0,0042. La variabilité génétique spatiale n’était que faiblement liée à la distance géographique séparant les sites étudiés ou à la séparation des sites le long des grands courants océaniques. L’étude a plutôt mis en lumière un effet bathymétrique significatif. La migration limitée des adultes attribuable aux obstacles bathymétriques, combinée à l’échange restreint d’œufs et de larves pélagiques entre les sites, dû à des caractéristiques de la circulation océanique qui les retiennent à l’échelle locale, et au faible taux de survie durant les phases de dérive à travers les bassins profonds, pourrait entraîner une réduction du flux génétique. De plus, la rareté des prises capturées dans les eaux très froides au large du Labrador pourrait indiquer une discontinuité de la répartition de l’espèce dans le nord-ouest de l’Atlantique, qui limiterait sans doute considérablement les échanges génétiques entre les populations de brosmes au large de la côte Ouest du Groenland et les populations des bancs de Terre-Neuve et des secteurs plus au sud (Halliday, 2006).

Figure 2. Sites d’échantillonnage de l’étude de Knutsen et al. (2009), topographie de l’océan et masses d’eau dans l’Atlantique Nord; Rockall (RA) et la dorsale médio-atlantique (MAR) sont situés sur des chaînes de montagnes sous-marines entourées de zones profondes (zones blanches >1 000mde profondeur, au-delà des profondeurs maximales fréquentées par le brosme); le Groenland (GR), l’Islande (IS), les îles Féroé (FI), Storegga (SE) et Tromsøflaket (TF) sont reliés par des passages d’une profondeur inférieure à 1 000m(zones grises), ce qui correspond à la plage de profondeur connue du brosme (tiré de Knutsen et al., 2009).

Carte montrant les sites d’échantillonnage de l’étude de Knutsen et al.

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Unités désignables

Dans le présent rapport, nous considérons que le brosme qui fréquente les eaux de l’Amérique du Nord constitue une seule unité désignable. Cette conclusion s’appuie sur la distribution spatiale restreinte de l’espèce – le gros de la population se trouvant entre les 41e et 44e degrés de latitude nord, dans le golfe du Maine et le sud du plateau néo-écossais (figure 3) –, de même que sur les études portant sur les obstacles au flux génétique, mentionnées précédemment.

Figure 3. Répartition du brosme dans le nord-ouet de l’Atlantique (Brown et al., 1996).

Carte de la répartition du brosme dans le nord-ouest de l’Atlantique, selon les données sur les captures par trait de chalut de Pêches et Océans Canada et de la National Oceanic and Atmospheric Administration des États Unis.

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Le brosme est transfrontalier : on le trouve aussi aux États-Unis, dans la région du golfe du Maine. Toutefois, comme l’espèce semble peu mobile, nous nous sommes concentrés sur l’analyse des données canadiennes dans le cadre du présent rapport, les sources de données américaines ayant été utilisées pour corroborer les observations.

Compte tenu de la discontinuité potentielle de la répartition du brosme entre l’ouest du Groenland et les zones plus au sud (Halliday, 2006), des analyses du flux génétique et des obstacles au flux génétique chez le brosme (Knutsen et al., 2009), les brosmes de l’ouest du Groenland pourraient faire partie d’une population différente.

Importance

Le brosme appartient à un genre monotype. Dans les eaux de la côte Est du Canada, il ne revêt pas d’importance particulière en tant qu’espèce ciblée, mais il constitue une prise accessoire de diverses pêches (p. ex., morue franche (Gadus morhua), aiglefin (Melanogrammus aeglefinus), goberge (Pollachius virens), flétan atlantique (Hippoglossus hippoglossus) et homard de l’Atlantique (Homarus americanus)). Le brosme ne semble avoir aucune importance sur le plan socio-économique, pour des usages commerciaux ou cérémoniels.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le brosme est une espèce démersale qui vit à des profondeurs variables dans son aire de répartition de l’Atlantique Nord, la plage de profondeur privilégiée allant généralement des eaux côtières à 1 000mde profondeur dans la partie supérieure du talus continental, sur les dorsales médio-océaniques et dans les fjords profonds (Knutsen et al., 2009) (figure 4.).

Figure 4. Répartition du brosme dans le monde; la probabilité relative d’occurrence est fondée sur une combinaison de prévisions de modèle et d’avis d’experts selon diverses sources de données (tiré de Harris et Hanke, 2010; voir AquaMaps [en anglais seulement] pour plus de détails).

Carte de la répartition du brosme dans le monde, illustrant la probabilité relative d’occurrence de l’espèce. au moyen de couleurs allant du rouge foncé (0,8 à 1) au jaune pâle (0,01 à 0,19).

Description longue pour la figure 4

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Dans le nord-ouest de l’Atlantique, on trouve l’espèce le long de la plate-forme continentale, du New Jersey au détroit de Belle-Isle, sur les bancs de Terre-Neuve et au large de la côte ouest du Groenland. Dans le nord-est de l’Atlantique, le brosme est présent au large de la côte est du Groenland, autour de l’Islande et des îles Féroé et le long de la plate-forme européenne, du sud de l’Irlande à la presqu’île de Kola et au Spitzberg, y compris dans les profondeurs de la mer du Nord et de la mer de Barents. Le long de la dorsale médio-atlantique, le brosme est présent au sud jusqu’à la zone de fracture Charlie-Gibbs (Knutsen et al., 2009).

Aire de répartition canadienne

L’analyse des données sur les relevés au chalut réalisés sur la côte Est de l’Amérique du Nord (Canada et États-Unis) durant la période 1975 – 1995 indique que le brosme appartient à l’assemblage de poissons vivant sur les bancs et les talus des eaux tempérées du sud; leur aire de répartition s’étend généralement du golfe médio-atlantique aux bancs de Terre-Neuve. Le centre de l’aire de répartition du brosme se situe dans les eaux relativement profondes du golfe du Maine (figure 3; Brown et al.,1996; Mahon et al.,1998). Cette zone couvre environ trois degrés de latitude (entre les 41e et 44e degrés de latitude nord) et correspond aux divisions 4V, 4W, 4X, 5Y et 5Z de l’OPANO(figure 5). Au nord et au sud du centre de l’aire de répartition, l’occurrence du brosme est essentiellement limitée au rebord et au talus de la plate-forme continentale, en eau relativement profonde. Comme nous le verrons dans la section sur les activités de recherche, le brosme n’a pas été observé dans l’Arctique, et l’espèce est rare dans le golfe du Saint-Laurent et au large de Terre-Neuve. Il est clair que comparativement aux autres Gadidés (p. ex., morues, merlus) du nord-ouest de l’Atlantique, le brosme possède une aire de répartition dont le centre est très restreint.

Figure 5. Divisions statistiques de l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest (OPANO).

Carte montrant les divisions statistiques de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord Ouest (OPANO). Le brosme se trouve essentiellement dans les divisions 4V, 4W, 4X, 5Y et 5Z de l’OPANO.

Description longue pour la figure 5

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La plus longue série chronologique de données sur la répartition au Canada est fournie par le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO sur le plateau néo-écossais et dans la baie de Fundy. Ces relevés sont menés tous les ans en juillet-août depuis 1970. Or, on s’est demandé si les résultats issus de ce relevé étaient représentatifs de la population de brosmes (MPO, 2004). D’autres relevés (dont le relevé de l’industrie sur le flétan) pourraient être plus appropriés (MPO, 2008). Cependant, ce dernier fournit une série chronologique relativement courte et offre une courverture spatiale restreinte. On considère que le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO peut fournir une indication générale des changements qui se produisent dans l’aire de répartition à long terme. Les résultats pourraient toutefois entraîner une surestimation de l’ampleur de ces changements.

Durant la période 1970 – 1985, le brosme était présent à l’échelle du plateau néo-écossais, sur une superficie d’environ 172 500 km2, mais se trouvait principalement au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (figure 6). L’espèce a également été observée le long de la plate-forme continentale. Au cours de la période 1995 – 2010, les captures de brosmes ont été plus rares et davantage concentrées au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et dans le golfe du Maine. Les relevés au chalut de fond réalisés l’automne par le NMFS des États-Unis indiquent des tendances similaires. Durant les années 1960 et 1970, le brosme était abondant dans tout le golfe du Maine. Par contre, durant les années 1990 et 2000, il est devenu plus rare aux mêmes endroits environ (figure 7). Le brosme est absent du banc Georges; on le trouve plutôt dans le golfe du Maine. Étant donné que l’espèce préfère les fonds rocheux, il n’est pas étonnant qu’on en observe si peu sur le banc Georges, dont le fond est essentiellement sablonneux.

Figure 6. Comparaison de la répartition du brosme durant la période 1970 – 1985 (carte du haut) et la période 1995 – 2010 (carte du bas), d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO; échelle : milliers d’individus.

Deux cartes montrant la répartition du brosme durant la période de 1970 à 1985 et la période de 1995 à 2010, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’été par Pêches et Océans Canada.

Description longue pour la figure 6

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Figure 7. Comparaison de la répartition du brosme durant la période 1963 – 1979 (carte du haut) et la période 1990 – 2010 (carte du bas), d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le NMFS; échelle : kg par trait de chalut.

Deux cartes montrant la répartition du brosme durant la période de 1963 à 1979 et la période de 1990 à 2010, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le National Marine Fisheries Service des États Unis.

Description longue pour la figure 7

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Selon les données récentes du relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO, la zone d’occurrence (ZO) du COSEPAC est estimée à 302 311 km2. L’indice de la zone d’occupation (IZO) du COSEPAC, selon le relevé au chalut de fond mené l’été par le MPO et le relevé au chalut de fond mené l’automne par le NMFS, est estimé à 3 616 km2(compte tenu de tous les stades du cycle vital) (Wu, 2011). La ZO et l’IZO ont tous deux diminué au cours des 40 dernières années.

Le Secteur des sciences du MPO estime régulièrement la superficie occupée pondérée en fonction du plan d’échantillonnage (SOP), qui correspond à la superficie occupée par une espèce donnée (Smedbol et al., 2002). Cette valeur est également exprimée en termes de proportion de la superficie recensée (div. 4VWX de l’OPANO). Dans le cas du brosme, la superficie proportionnelle et la superficie totale occupée ont diminué de façon considérable, cette dernière étant passée d’environ 40 000 km2 au milieu des années 1970 à environ 5 000 km2 plus récemment (figure 8).

Figure 8. Tendance concernant la superficie du relevé estival au chalut de fond du MPO occupée par le brosme; la superficie totale (km2) et la superficie proportionnelle sont indiquées.

Diagramme illustrant la tendance de la superficie occupée par le brosme, d’après les données du relevé estival au chalut de fond de Pêches et Océans Canada.

Description longue pour la figure 8

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Comme il était indiqué précédemment, on considère que les relevés au chalut de fond ne fournissent pas un échantillonnage représentatif de la population de brosmes (MPO, 2008). Les tendances décrites par la SOP ont été remises en question (p. ex., étude sur la morue dans la division 4X, Worcester et al., 2008). De plus, le MPO (2008) a indiqué que depuis 1998, on n’avait observé aucune tendance concernant le pourcentage de stations ayant capturé des brosmes lors du relevé de l’industrie sur le flétan. Depuis 1991, l’aire de répartition du brosme n’a pas changé d’après les données recueillies sur la pêche du poisson de fond à la palangre dans la division 4X (figure 9). Le MPO (2008) considère qu’il n’y a pas eu de réduction de l’aire de répartition du brosme dans les eaux canadiennes.

Figure 9. Pourcentage de sorties de pêche du poisson de fond dans 4Xnopq dans lesquelles du brosme a été capturé (fréquence – pêche commerciale), pourcentage de stations échantillonnées chaque année dans le relevé de l’industrie sur le flétan dans lesquelles du brosme a été capturé (fréquence – relevé de l’industrie sur le flétan) et pourcentage de cellules de quadrillage géographique de 5 minutes ´ 5 minutes dans lesquelles un effort de pêche à la palangre a été exercé et du brosme a été capturé (répartition – pêche commerciale (tiré de MPO, 2008).

Diagramme montrant l’évolution de trois indicateurs de l’abondance du brosme de 1986 à 2006

Description longue pour la figure 9

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Le déclin de la SOP pourrait surestimer le changement réel survenu dans la répartition du brosme. En effet, le relevé au chalut est réalisé dans les zones où le fond est relativement lisse et sablonneux. Par contre, il est possible que la pêche commerciale et le relevé de l’industrie sur le flétan ciblent davantage l’habitat de prédilection du brosme, qui est resté occupé malgré la réduction de l’abondance globale de l’espèce.

Activités de recherche

Un certain nombre de relevés ont été effectués dans le centre de l’aire de répartition du brosme (plateau néo-écossais – golfe du Maine). Il s’agit des relevés menés au printemps, en été, en automne et en hiver par le Secteur des sciences de la Région des Maritimes du MPO, des relevés menés au printemps, en été, en automne et en hiver par le NMFS, et d’une série de relevés réalisés par l’industrie. Ailleurs dans la zone canadienne, divers relevés au chalut de fond ont été menés selon des plans d’échantillonnage similaires à ceux utilisés pour les relevés menés sur le plateau néo-écossais et aux États-Unis (Doubleday, 1981). De plus, le MPO et l’industrie ont mené conjointement des relevés en dehors du centre de l’aire de répartition du brosme (Gillis, 2002).

Très peu de brosmes ont été capturés lors de tous ces relevés. Dans le sud du golfe du Saint-Laurent, aucun brosme n’a été capturé lors de quarante relevés au chalut de fond menés en septembre (1971-2010), de six relevés saisonniers (1987-1991) et de quatre relevés menés en janvier (détroit de Cabot, 1994-1997) (Morin, 2011). Dans le nord du golfe, aucun brosme n’a été signalé lors du relevé multidisciplinaire sur les poissons de fond et la crevette, réalisé chaque année en août depuis 1984, et seulement deux spécimens ont été signalés lors du relevé sur la morue effectué par navire scientifique en janvier au cours de la période 1978 – 1994, et lors du relevé de pêche sentinelle mené en octobre depuis 1995 (Bourdages et al., 2010; Bourdages, 2011). Le nombre de spécimens observés a été plus important au large de Terre-Neuve, mais là encore, les captures étaient rares. Parmi les 95 681 traits de chalut consignés dans la base de données du Secteur des sciences de Terre-Neuve-et-Labrador du MPO, qui comprend tous les relevés effectués à toutes les saisons et dans le cadre de tous les programmes depuis 1947, 254 traits au total ont donné lieu à la capture de brosmes, 1 ou 2 individus ont été pris dans la plupart des cas (Power, 2011). Aucun brosme n’a été signalé lors des relevés réalisés dans la région du Centre et de l’Arctique du MPO(Martin, 2011; Ratynski, 2011; Treble, 2011).

La plus longue série chronologique d’observations systématiques sur le brosme est fournie par le relevé au chalut de fond mené l’été sur le plateau néo-écossais et dans la baie de Fundy. Ce relevé est réalisé chaque année en juillet-août depuis 1970, selon un échantillonnage aléatoire stratifié et des protocoles de collecte et de traitement de données normalisés (Halliday et Kohler, 1971; Doubleday, 1981). Le relevé permet d’échantillonner environ 50 strates sur le plateau néo-écossais au moyen de 173 traits de chalut en moyenne. Des relevés au chalut de fond couvrant les divisions 4VWX5Z de l’OPANOont été menés par échantillonnage aléatoire stratifié au printemps et à l’automne durant la période 1978-1979 – 1984. Un relevé au chalut de fond est réalisé sur le banc Georges en février chaque année depuis 1986. Il couvre uniquement la sous-zone 5 de l’OPANOet se concentre sur 5Z. Le nombre de brosmes observés a été limité (tableau 1).

Tableau 1. Nombre de brosmes observés (individus) lors des relevés menés par le Secteur des sciences de la Région des Maritimes du MPO
 PrintempsÉtéAutomneBanc Georges
1970 47  
1971 59  
1972 90  
1973 79  
1974 104  
1975 89  
1976 76  
1977 105  
1978 718 
1979448149 
1980413063 
1981546574 
19821489278 
1983915053 
1984696943 
1985 41  
1986 33 11
1987 89 8
1988 70 7
1989 47 9
1990 44 5
1991 64 0
1992 33 3
1993 12 1
1994 15 0
1995 12 1
1996 14 1
1997 22 1
1998 15 2
1999 10 3
2000 17 2
2001 18 3
2002 14 1
2003 8 1
2004 9 2
2005 38 11
2006 22 3
2007 14 2
2008 9 1
2009 1 0
2010 12 0

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Les relevés au chalut de fond du NMFS menés au printemps et à l’automne sont réalisés par échantillonnage aléatoire stratifié suivant un protocole normalisé (Grosslein, 1974). Environ 76 strates de la région du golfe du Maine sont échantillonnées (tableau 2). La proportion de traits de chalut ayant permis de capturer des brosmes à l’automne a diminué au fil de la série chronologique (figure 10).

Tableau 2. Nombre de brosmes observés (individus) lors des relevés menés par la section scientifique du NMFS
 PrintempsÉtéAutomneHiver
1963 3855 
1964  2156
1965 615051
1966  7849
1967  22 
196840 42 
1969495738 
197060 60 
197150 47 
197260 8010
197375 69 
197483 33 
197542 328 
197677 15 
1977592981 
197866261157
1979741877 
1980523567 
1981102638 
198246 10 
198330 23 
198415 33 
198545 48 
198659 45 
198735 21 
198835 34 
198932 17 
199023 14 
199125218 
199226 8 
1993312113 
199413712 
19958310 
19968 15 
19979 17 
199812 52
19996 151
20008 6 
20015 196
200219 12 
200327 10 
200412 14 
200515 12 
200611 7 
20079 2 
20082 13 
200927 7 
201022 22 
201119   

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Figure 10. Pourcentage de traits de chalut ayant permis de capturer des brosmes lors du relevé réalisé l’automne par le NMFS.

Diagramme montrant le pourcentage de traits de chalut ayant permis de capturer des brosmes lors du relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le National Marine Fisheries Service des États Unis.

Description longue pour la figure 10

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Le MPO a également effectué des relevés dans les eaux profondes du talus néo-écossais. Les observations de brosmes y ont été rares. Dix individus ont été capturés lors d’un relevé en eau profonde effectué en 1984 entre 360 et 600mde profondeur au large du plateau néo-écossais (Markle et al., 1988). Aucun individu n’a été capturé lors d’un relevé au chalut mené en 1994 entre 900 et 1 800mde profondeur, lors d’un relevé à engins fixes mené en 1991 entre 500 et 2 800mde profondeur, et lors de relevés mésopélagiques menés dans les années 1980 (Halliday, 2011).

Depuis 1994, un certain nombre de relevés ont été réalisés conjointement par le MPO et l’industrie de la pêche dans la région du plateau néo-écossais et du golfe du Maine (tableau 3). Les seuls relevés ayant permis de capturer des brosmes sont le relevé de pêche sentinelle dans 4VsW et le relevé sur le flétan atlantique. Ces deux relevés, pour lesquels des palangres sont utilisées, ont permis de capturer plus de brosmes que les relevés au chalut de fond du MPO et du NMFS. Trzcinski et al. (2011) analysent le protocole utilisé pour le relevé sur le flétan; O’Boyle et al. (1995) font de même pour le protocole du relevé de pêche sentinelle dans 4VsW. L’intensité de l’échantillonnage dans le cadre de ces relevés a cependant été limitée comparativement aux relevés du MPO, tant en ce qui concerne le nombre de stations (tableau 4) que l’étendue spatiale (figure 11). Ainsi, le relevé de pêche sentinelle dans 4VsW couvrait une grande partie de l’est du plateau néo-écossais avant 2004 (selon le même plan d’échantillonnage aléatoire stratifié que celui utilisé pour le relevé au chalut de fond mené l’été par le MPO), mais le nombre de stations a été réduit en 2004, passant d’environ 200 à 53. L’échantillonnage est maintenant concentré dans la zone des bancs Émeraude et Occidental et le long de la côte de la Nouvelle-Écosse, deux zones marginales par rapport à l’aire de répartition globale du brosme. Dans le cadre du relevé sur le flétan, la couverture des stations a été plus constante et l’échantillonnage s’est concentré sur certaines stations fixes (figure 11b). Il est à noter que seuls les résultats des stations fixes échantillonnées de façon très constante (soit celles de la zone 4VWX) sont indiqués, car ils ont été utilisés pour établir l’indice d’abondance. Harris et Hanke (2010) considèrent comme une caractéristique importante le fait que le relevé sur le flétan se déroule en eau profonde le long du rebord de la plateforme continentale, zone qui est mal échantillonnée par le relevé au chalut réalisé l’été par le MPO(voir la comparaison de l’emplacement des stations des deux relevés, à la figure 11b). Harris et Hanke (2010) précisent que la majorité des captures de brosmes effectuées lors du relevé sur le flétan ont eu lieu en eau profonde, en bordure du plateau néo-écossais.

Tableau 3. Sommaire des principales caractéristiques des relevés menés par l’industrie dans la région du plateau néo-écossais et du golfe du Maine.
 Pêche sentinelle
4Vn
Pêche sentinelle
4VsW
RaieBaudroie
Zone4Vn4VsW4VsW4X
ÉchantillonnageAléatoire
stratifié
Aléatoire
stratifié
Aléatoire
stratifié
Fixe
Durée1994 – présent1995 – présent1994 – 20051995 – 1999
MoisJuin – septembreMars – octobreAvril – octobreSeptembre
EnginHameçon
circulaire
no 12
Hameçon
circulaire
no 12
Chalut ballonChalut à plie
Nombre
de calées
6053 – 23848141
Bromes
pesés
OuiOuiOuiOui
Bromes
mesurés
OuiOuiOuiOui
 QITPoisson de fond
Banc Georges
Flétan atlantique 
Zone4X5Zc3NOPs4VWX5Zc 
ÉchantillonnageFixeFixeFixe 
Durée1995 – présent19951998 – présent 
MoisJuilletAoûtFin mai – fin juillet 
EnginChalut ballonHameçon
circulaire
no 12
Hameçon
circulaire
no 14
ou plus
 
Nombre
de calées
1393152 – 62 stations principales 
Bromes
pesés
OuiOuiOui 
Bromes
mesurés
OuiNonPas toujours 

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Tableau 4. Nombre de stations fixes échantillonnées durant le relevé de pêche sentinelle dans 4VsW et le relevé sur le flétan altantique.
AnnéesPêche sentinelle – 4VsWFlétan
1995221 
1996237 
1997233 
199823760
199923857
200023652
200118753
200217652
200318754
20045352
20055354
20065361
20075362
20085354
20095352
20106453
2011 47

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Figure 11. Répartition des stations du relevé de pêche sentinelle à la palangre dans 4VsW (carte du haut : les symboles + indiquent l’emplacement des stations avant 2004 et les cercles indiquent l’emplacement des stations après 2003) et répartition des stations du relevé de pêche à la palangre sur le flétan atlantique réalisé par l’industrie (carte du bas : les cercles indiquent l’emplacement des calées du relevé sur le flétan, et les symboles + indiquent l’emplacement des traits de chalut du relevé réalisé l’été par le MPO durant la période 2000 − 2010).

Deux cartes montrant la répartition des stations du relevé de pêche sentinelle à la palangre dans 4VsW et la répartition des stations du relevé de pêche à la palangre sur le flétan atlantique réalisé par l’industrie.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le brosme est généralement pêché sur des substrats durs, accidentés et rocheux. D’après Bigelow et Schroeder (1953) ainsi que Collette et Klein-MacPhee (2002), il choisit très méticuleusement son habitat. Le brosme préfère les fonds océaniques durs (surtout ceux parsemés de roches et de pierres), les fonds à gravier ou à galets, parfois les fonds vaseux où il cohabite avec les merluches (Urophycis), mais rarement les fonds de sable lisse et propres. On a observé des individus se cachant dans des crevasses (Hovland et Judd, 1988; Freiwald et al., 2002, Jones et al., 2009). Au large du sud-ouest de la Norvège, on a pêché des brosmes à la palangre et au filet maillant dans des habitats coralliens (Lophelia pertusa), à des profondeurs de 150mà 300m(Husebø et al., 2002). On a noté que les poissons des habitats coralliens (Svedevidov, 1948) étaient souvent plus gros que ceux des autres habitats. Des brosmes ont également été observés sur des encroûtements carbonatés, parfois cachés en dessous, dans des « pockmarks » et des zones de suintement du centre de la mer du Nord (Hovland et Judd, 1988).

Le brosme préfère les profondeurs intermédiaires où l’eau est relativement chaude dans l’ouest de l’Atlantique. On trouve l’espèce à des températures variant entre 2 °C et 12 °C sur le plateau néo-écossais et entre 1 °C et 10 °C environ dans le golfe du Maine (Scott, 1982; Scott et Scott, 1988). La plage de température privilégiée est de 6 à 10 °C environ sur le plateau néo-écossais (Scott, 1982; Scott et Scott, 1988). On rapporte que les principaux secteurs de pêche correspondent aux régions où le fond présente une température minimale d’environ 4 °C (Oldham, 1972; Scott, 1982; Scott et Scott, 1988). Lors du relevé au chalut de fond réalisé l’été, 91 % des traits ayant permis de capturer des brosmes avaient été effectués dans des zones où la température de fond était supérieure à 4 °C (tableau 5). Parmi les traits effectués dans cette plage de température, 13 % ont permis de capturer des brosmes, comparativement à 2 % des traits effectués à des températures plus basses.

Tableau 5. Association entre les captures de brosmes, la profondeur et la température de fond sur le plateau néo-écossais, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO durant la période 1970 – 2010; la partie du haut indique le nombre total de traits, alors que la partie du bas indique seulement les traits ayant permis de capturer des bromes.
Version accessible du Tableau 5
 Température, °C 
Profondeur, m0-22-44-66-88-1010-1212-1414-1616-1818+Total
< 10073186564857639379131003 306
100-20040444440771860512780002 713
200-300100922072643044320001 012
300-400135133834330000280
400-5008026720000043
500-6001126410000033
> 60022017200000041
Total1 2791 4071 4641 6541 348252231007 428
%17,2 %18,9 %19,7 %22,3 %18,1 %3,4 %0,3 %0,0 %0,0 %0,0 % 
Profondeur, m0-22-44-66-88-1010-1212-1414-1616-1818+Total
< 100414211070000056
100-20016840136128291000358
200-300827808761000191
300-40010725160000049
400-50000110000002
500-60000200000002
> 60000000000000
Total292478252238352000658
%4,4 %3,6 %11,9 %38,3 %36,2 %5,3 %0,3 %0,0 %0,0 %0,0 % 

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Le brosme n’est que rarement observé, sinon jamais, près des côtes ou à des profondeurs de moins de 20 à 30m(Svedevidov, 1948). Selon Cohen et al. (1990) ainsi que Hareide et Garnes (2001), la plage de profondeur de l’espèce est de 20 à 1 100 m, et Andriyashev (1954) signale qu’on trouve rarement le brosme au-dessous de 400 m. Scott (1982) de même que Scott et Scott (1988) rapportent que la plage de profondeur sur le plateau néo-écossais est de 73 à 363 m, d’après l’échantillonnage du relevé au chalut de fond réalisé par le MPO. Quatre-vingt-dix pour cent des traits de chalut ayant permis de capturer des brosmes ont été effectués à des profondeurs de 100 à 400m(tableau 5). Parmi les traits de chalut effectués dans cette plage de profondeur, 15 % ont permis de capturer des brosmes, comparativement à 2 % dans la page de profondeur de 0 à 100met à 3 % à plus de 400 m. Aucun des 41 traits de chalut réalisés à des profondeurs de plus de 600mn’a donné lieu à la capture de brosmes. En ce qui concerne les relevés de l’industrie sur le flétan, Harris et Hanke (2010) indiquent que les plus hauts taux de capture ont été enregistrés entre 400 à 600 m, et que des bromes ont été capturés à des profondeurs allant jusqu’à 1 185m(aucune calée n’a été effectuée plus en profondeur).

Tendances en matière d’habitat

Bien que les caractéristiques à grande échelle de l’habitat de fond sur le plateau néo-écossais et dans le golfe du Maine aient été décrites (Kostylev et Hannah, 2007), sauf pour une petite zone au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse (Todd et Kostylev, 2011), ce type d’échelle ne fournit pas d’information pertinente aux fins de la présente évaluation.

À titre de comparaison, des données significatives sur les tendances temporelles des conditions océanographiques physiques ont été résumées par Worcester et Parker (2010). Dans la région du plateau néo-écossais et du golfe du Maine, les températures de l’eau d’une année à l’autre comptent parmi les plus variables de tout l’Atlantique Nord. L’ouest du plateau néo-écossais est généralement plus chaud que la partie est du plateau. En effet, le courant chaud du Gulf Stream entre dans la portion ouest du plateau en passant au-dessus du talus sud-ouest, entre les bancs Browns et Occidental, alors que la portion est du plateau néo-écossais se trouve davantage sous l’influence des eaux froides à faible salinité provenant du nord, qui arrivent au-dessus du banc de Misaine, près du Cap Breton.

La température de l’eau durant les périodes 1987 − 1993 et 2003 − 2004 a été globalement plus froide que la normale, alors qu’elle a été plus chaude que la normale durant les périodes 1973 − 1985 et 1999 − 2000. La variabilité de la température de l’eau a augmenté au cours de la dernière décennie.

La salinité de l’eau est mesurée depuis 1924 à une station fixe située près de Saint Andrews, au Nouveau-Brunswick, près de l’entrée de la baie de Fundy. On a observé une diminution de la salinité des années 1940 au début des années 1970. Cette diminution a été suivie d’une augmentation au milieu des années 1970, et d’une nouvelle baisse prolongée, la valeur minimale de la série chronologique ayant été atteinte en 1996. La salinité a subséquemment augmenté jusqu’en 2002, puis a diminué de nouveau (figure 12). Ces données sur la salinité concordent avec celles qui sont mesurées par le Northeast Fisheries Science Center des États-Unis sur la plate-forme continentale (golfe du Maine) depuis les années 1970.

Figure 12. Série chronologique des anomalies annuelles de la salinité à la surface de l'eau (lignes tiretées avec points gris) et moyennes mobiles sur 5 ans (ligne noire et épaisse) (tiré de Worcester et al., 2010).

Diagramme montrant les anomalies annuelles de la salinité à la surface de l'eau et les moyennes mobiles sur 5 ans, de 1925 à environ 2006.

Description longue pour la figure 12

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Dans les années 1990, l'indice de stratification dans la couche de 0 à 50ma augmenté notablement sur le plateau néo-écossais. Du milieu à la fin des années 1990, il équivalait au maximum en 50 ans ou le frôlait (figure 13). En 2008, l’indice de stratification a été supérieur à la normale d’un écart-type, et a représenté la quatrième valeur la plus élevée en 49 ans. D’importants changements touchant la stratification ont également été notés au fil du temps dans l’est du golfe du Maine et sur le banc Georges, avec l’augmentation de la température et la variation de la salinité. La stratification a augmenté de façon soutenue à compter du milieu des années 1980 sur le banc Georges et dans l’est du golfe du Maine, de façon similaire à ce qui s’est produit sur le plateau néo-écossais. Une forte stratification entraîne parfois une diminution du brassage vertical suffisante pour réduire les concentrations d’oxygène dissous dans les couches profondes. Toutefois, bien que les eaux de cette écozone soient stratifiées, on n’y a pas observé de faibles concentrations d’oxygène dissous, à l’exception de quelques zones côtières et peut-être de certains des bassins les plus profonds.

Figure 13. Moyenne annuelle (ligne tiretée) et moyenne mobile sur cinq ans (ligne pleine) de l’indice de stratification sur le plateau néo-écossais; anomalies fondées sur les observations pour la période 1971 − 2000; les erreurs-types estimatives sont indiquées pour chaque valeur annuelle (tiré de Worcester et al., 2010).

Diagramme montrant la moyenne annuelle et la moyenne mobile sur cinq ans de l’indice de stratification sur le plateau néo-écossais. Du milieu à la fin des années 1990, l’indice équivalait au maximum en 50 ans ou le frôlait.

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Il est difficile de déterminer, d’après les tendances établies en matière de température, de salinité et de stratification, si l’habitat du brosme a changé de manière significative au fil du temps. Le MPO (2008) a conclu que l’habitat ne semblait pas constituer un facteur limitatif pour la survie et le rétablissement de l’espèce, et n’était pas susceptible de le devenir. Le Ministère a ajouté qu’aucune menace connue n’avait réduit la quantité et la qualité de l’habitat du brosme.

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Biologie

Cycle vital et reproduction

Croissance et maturité

Halliday (2006) a indiqué que les seules données disponibles sur la croissance du brosme dans le nord-ouest de l’Atlantique étaient celles fournies par Oldham (1972). Selon ces données, les brosmes mesurent environ 45 cm et 70 cm de longueur à l’âge de 5 et de 11 ans, respectivement. Oldham (1972) a calculé que dans la division 4X de l’OPANO, 50 % des mâles atteignaient la maturité à 4,7 ans, lorsqu’ils mesuraient 43,5 cm, alors que 50 % des femelles atteignaient la maturité à 6,5 ans, lorsqu’elles mesuraient 50,7 cm. Oldham (1972) a aussi constaté que les mâles ne croissaient pas plus vite que les femelles, même s’ils atteignaient la maturité plus rapidement. Le plus vieux poisson était âgé de 14 ans.

Les données sur la maturité selon la longueur, recueillies lors du relevé effectué l’été par le MPO et du relevé effectué au printemps et à l’été par le NMFS, ont été analysées au moyen d’un modèle logistique permettant de mettre à jour les estimations de la taille à la maturité. Les données sur la longueur et le sexe ont été utilisées pour explorer la relation avec la proportion d’individus matures. Les données du MPO ont indiqué que l’interaction entre le sexe et la longueur était significative, mais les coefficients étaient similaires (annexe 1*). Selon les données du NMFS, l’interaction entre le sexe et la longueur serait plus importante. Les données du MPO et du NMFS indiquent que la longueur à laquelle 50 % des individus sont matures (sexes combinés) est d’environ 39 cm et 42 cm, respectivement (figure 14).

Figure 14. Relation entre la proportion de bromes matures (sexes combinés) et la longueur (cm), selon une analyse des relevés du MPO et du NMFS réalisés au printemps et à l’été.

Diagramme montrant la relation entre la proportion de brosmes matures (sexes combinés) et la longueur (en centimètres), selon une analyse des relevés réalisés par Pêches et Océans Canada et par le National Marine Fisheries Service des États-Unis au printemps et à l’été.

Description longue pour la figure 14

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Les travaux sur la détermination de l’âge menés au Northeast Fisheries Science Center (NEFSC) du NMFS à Woods Hole durant la période 1991 – 1995 ont été rendus accessibles par O’Brien (2011). Le relevé et les échantillons commerciaux ont fourni 820 otolithes qui ont été utilisés pour estimer des règles âge-longueur pour le printemps et l’automne. Le modèle de croissance de von Bertalanffy a été ajusté en fonction des données, ce qui a permis d’obtenir des valeurs estimatives de L∞, de K et de T0 de 126,56, 0,110 et 0,673, respectivement [1]. Cette courbe de croissance présente une assez bonne concordance avec le modèle linéaire employé par Oldham (1972) (figure 15). O’Brien (2011) a souligné que ces données sur l’âge n’avaient pas été validées ni publiées. Elles n’ont donc pas été utilisées plus avant aux fins de l’analyse de la dynamique des populations de brosmes dans le cadre de la présente évaluation. Cette courbe de croissance et la relation entre la proportion de bromes matures et la longueur décrite précédemment portent à croire que 50 % des individus atteignent la maturité entre l’âge de 4 et 5 ans, ce qui est un peu plus jeune que l’âge estimé par Oldham (1972).

Figure 15. Modèles de croissance établis pour le plateau néo-écossais et le golfe du Maine, selon les estimations de Oldham (1972) et de O’Brien (2011).

Diagramme de l’âge des individus selon la longueur, selon les estimations de O’Brien (2011) pour le golfe du Maine, et les estimations de Oldham (1972) pour le plateau néo-écossais.

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Plus récemment, on a eu recours à des méthodes de datation au radiocarbone pour obtenir une estimation préliminaire de l’âge du brosme sur le plateau néo-écossais (Harris et Hanke, 2010). Cette technique a produit des estimations de l’âge plus élevées que celles d’études antérieures menées dans le nord-ouest de l’Atlantique, notamment une estimation de 39 ans pour un poisson de 82 cm. Les nouvelles données portent à croire que le brosme peut atteindre la maturité à 10 ans, comparativement à 5 à 6 ans selon les estimations antérieures. Ces données font actuellement l’objet d’une analyse approfondie en vue de leur publication, et n’étaient pas disponibles lors de la rédaction du présent rapport.

Dans le nord-est de l’Atlantique, Bergstad et Hareide (1996) rapportent des longueurs de 35 à 40 cm et de 50 à 55 cm à l’âge de 5 et 11 ans, respectivement. Magnússon et al. (1997) établissent une courbe de « croissance moyenne » indiquant une longueur d’environ 27 cm à l’âge de 5 ans et une longueur d’environ 47 cm à l’âge de 11 ans, soit des valeurs considérablement plus faibles que celles établies par Bergstad et Hareide (1996), même si les estimations sont en grande partie fondées sur leurs données (Halliday, 2006). Les bromes du nord-est de l’Atlantique atteignent la maturité lorsqu’ils mesurent de 40 à 45 cm, à l’âge de 8 à 10 ans. Aucune différence significative n’a été observée entre le taux de croissance des deux sexes (Magnusson et al., 1997). Ces taux correspondent davantage aux valeurs de la nouvelle étude préliminaire sur le nord-ouest de l’Atlantique qu’à celles de Oldham (1972) et de O’Brien (2011). Halliday (2006) note qu’il est difficile de déterminer l’âge du brosme (Bergstad et al., 1998) et qu’il se pourrait que la croissance apparemment plus rapide signalée dans le nord-ouest de l’Atlantique soit due, au moins en partie, à des différences d’interprétation des anneaux de croissance des otolithes. Les estimations de l’âge pour le nord-est de l’Atlantique sont fondées sur l’étalonnage corrélatif des valeurs fournies par des spécialistes en détermination de l’âge provenant de plusieurs laboratoires, et sont considérées comme plus fiables (Halliday, 2006). Dans le nord-est de l’Atlantique, des âges allant jusqu’à 20 ans ont été attribués à des brosmes mesurant de 70 à 80 cm. Comme les brosmes atteignent des longueurs de plus de 100 cm, la longévité de l’espèce pourrait être considérablement plus élevée. Les relevés au chalut de fond effectués en Islande donnent lieu à la capture de nombreux brosmes de moins de 40 cm; la taille modale de 15 cm correspond à l’âge de 2 ans et la taille modale de 7 à 8 cm correspond à l’âge de 1 an (Bergstad et al., 1998).

Après avoir examiné les données du site FishBase sur le cycle vital de plus de 1 200 espèces de poisson, Froese et Binohlan (2000) ont établi une relation entre L∞ et l’âge maximum observé, LMAX (équation 1), qui correspond à 115 cm chez le brosme. On obtient ainsi une estimation de 111,4 cm pour L∞.

Ln(L∞) = 0,044 + 0,9841 * Ln(LMAX) (1)

Selon une version modifiée de l’équation de croissance de von Bertalanffy (équation 2) et selon des valeurs estimatives de L∞, LM (longueur de 42 cm à la maturité) et TM (âge de la maturité de 5 ou de 10 ans), et en supposant que T0 est d’environ 0,7 (selon le modèle de croissance et les données sur l’âge du NMFS), les valeurs estimatives de K, qui correspond au coefficient de croissance de Brody, se sont établies soit à 0,11 (en supposant que TM = 5), soit à 0,05 (en supposant que TM = 10).

K = -(Ln(1 – Lm / L)) / (TM – T0) (2)

Compte tenu de l’incertitude entourant les estimations de l’âge, d’autres recherches devront être menées afin de mieux comprendre la dynamique de croissance du brosme.

Reproduction

Oldham (1972) a signalé une plage de fécondité allant de 100 000 œufs pour un poisson de 56 cm à 3 927 000 œufs pour un poisson de 90 cm.

D’après les données sur la présence de poissons pleins et de poissons frayants dans les débarquements commerciaux effectués en 1964, la plus grande partie de la fraye de l’espèce a lieu durant la dernière moitié du mois de juin, mais la période de fraye s’étend de mai à août (Oldham, 1972). Les relevés menés dans le cadre du Programme d’étude de l'ichthyoplancton du plateau néo-écossais (Scotia Shelf Ichtyoplankton Program, ou SSIP) entre la fin des années 1970 et le début des années 1980 confirment les résultats de Oldham : les œufs de brosmes étaient abondants dans les prélèvements de plancton au filet effectués en juin et en juillet, ils étaient présents en plus faible quantité en mai et en août, et certaines prises ont été réalisées à l’occasion jusqu’en septembre (figure 16). De plus, les échantillonneurs dans les ports, examinant les prises provenant de l’ouest du plateau néo-écossais et du golfe du Maine, ont observé des brosmes en état de frayer dès le mois de mars (Harris et Hanke, 2010). Des relevés d’ichtyoplancton semblables, menés aux États-Unis dans la région du golfe du Maine et du banc Georges environ au même moment (Berrien et Sibunka, 1999) ont révélé la présence d’œufs de mars à novembre, mais la plupart ont été trouvés en mai et juin, soit un peu plus tôt que dans les eaux canadiennes. Les œufs de brosmes ont été principalement observés dans l’ouest du plateau néo-écossais et dans le golfe du Maine, dans les zones où des adultes avaient été capturés lors du relevé au chalut de fond réalisé l’été.

Figure 16. Répartition des œufs de brosmes sur le plateau néo-écossais, selon l’échantillonnage effectué dans le cadre du Programme SSIP durant la période 1978 – 1982 (tiré de Harris et al., 2002); échelle : œufs/m3; les symboles + signalent l’emplacement des endroits où aucun œuf n’a été prélevé.

Six cartes (une carte par mois d’avril à septembre) montrant la répartition des œufs de brosmes sur le plateau néo-écossais, selon l’échantillonnage effectué dans le cadre du Programme SSIP (acronyme anglais du Programme d’étude de l'ichthyoplancton du plateau néo-écossais), durant la période 1978 – 1982.

Description longue pour la figure 16

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Les brosmes ont été capturés aux environs du banc Émeraude lors des relevés au chalut de fond effectués au cours de la même période que les relevés du programme SSIP (figure 6). Les relevés au chalut de fond réalisés plus récemment n’ont permis de capturer que très peu d’individus. Cette situation porte à croire qu’une composante de reproducteurs pourrait avoir été perdue.

Les données des relevés d’ichtyoplancton réalisés par les États-Unis confirment la présence d’œufs dans tout le golfe du Maine, soitdans 5Y et 4X, et sur les flancs du banc Georges, y compris sur le rebord sud du banc (Berrien et Sibunka, 1999). Ces données indiquent également la présence d’une aire de fraye apparemment disjointe aux environs de 36 à 38 degrés de latitude nord, des œufs ayant été trouvés de façon régulière pendant plusieurs mois dans cette zone située plus au sud. En outre, des relevés d’ichtyoplancton réalisés par l’URSS sur le Bonnet Flamand durant la période 1978 − 1983 ont permis de prélever des œufs de brosmes à la fin d’avril et en mai (et dans un cas, en mars) et une larve (Serebryakov et al., 1987). En conséquence, les œufs sont répartis dans toute l’aire de répartition principale des adultes, ce qui corrobore la conclusion de Oldham selon laquelle il n’existerait pas de frayères distinctes et bien définies. Les cartes de répartition des œufs montrent néanmoins que les œufs sont particulièrement abondants dans le nord-est du golfe du Maine. Il semblerait que des populations reproductrices distinctes soient également présentes sur le Bonnet Flamand et dans le golfe médioatlantique, au large de la Virginie (Halliday, 2006).

Les œufs de brosmes, qui mesurent entre 1,1 et 1,5 mm de diamètre environ, sont pélagiques. Les larves mesurent environ 4 mm de longueur au moment de l’éclosion et demeurent dans la partie supérieure de la colonne d’eau jusqu’à ce qu’elles aient atteint environ 50 à 60 mm. Elles deviennent alors benthiques (Collette et Klein-MacPhee, 2002). Des larves ont été capturées sur le banc Émeraude, au sud de Long Island, lors de relevés d’ichtyoplancton réalisés par le MPO et les États-Unis. Les larves sont réparties largement à l’échelle des bancs (Colton et St. Onge, 1974; Halliday, 2006), généralement dans la même zone que les œufs; on les a observées en association avec la méduse Cyanea (Colton et Temple, 1961).

On ne connaît pas la durée du stade pélagique, mais cette durée dépend probablement de la température de l’eau et correspond sans doute à ce qu’on observe chez les autres Gadidés, soit de 1 à 4 mois (COSEPAC, 2003). L’emplacement des aires de croissance benthiques n’est pas connu. Peu de brosmes de moins de 30 cm ont été capturés lors des relevés effectués par des navires scientifiques canadiens durant l’été (Halliday, 2006) ou lors des relevés à la palangre.

Les juvéniles et les adultes ont un mode de vie démersal : ils demeurent fortement associés au substrat et ne nagent pas vers la partie supérieure de la colonne d’eau (Bigelow et Schroeder, 1953; Collette et Klein-MacPhee, 2002). Les adultes sont lents, sédentaires et solitaires, et ne se rassemblent pas en grands bancs (Svetevidov, 1948; Wheeler, 1969; Cohen et al., 1990).

Associations prédateurs-proies, état des poissons et mortalité naturelle

Halliday (2006) signale que l’aiguillat commun (Squalus acanthias) est le prédateur le plus souvent cité du brosme. La prédation par la raie tachetée (Leucoraja ocellata), la morue franche, la merluche blanche (Urophycis tenuis), la baudroie d’Amérique (Lophius americanus), la donzelle fauve (Lepophidium cervinum), l’hémitriptère atlantique (Hemitripterus americanus), le cardeau d’été (Paralichthys dentatus) et le turbot de sable (Scophthalmus aquosus) a aussi été observée dans les eaux américaines (Collette et Klein-MacPhee, 2002). Des cas de prédation par la morue et le flétan atlantique sont signalés à l’occasion sur le plateau néo-écossais (Harris et Hanke, 2010; Harris et al., 2002). Le brosme ne représente qu’une petite partie du régime alimentaire du phoque gris (Halichoerus grypus) (Bowen et al., 1993; Bowen, 2011). On possède cependant peu d’information sur l’alimentation du phoque gris dans la division 4X de l’OPANO, où est concentrée cette espèce de phoque. Il pourrait donc y avoir un problème d’échantillonnage sur le plan géographique (Bowen, 2011), et le phoque gris pourrait être un prédateur du brosme dans ce secteur.

On connaît mal le régime alimentaire du brosme dans le nord-ouest de l’Atlantique, compte tenu de la propension de son estomac à se retourner lorsqu’il est remonté à la surface (Scott et Scott, 1988; Bergstad, 1991). Selon les données disponibles, son alimentation se compose principalement de crustacés, plus particulièrement de crabes, de crevettes et d’euphausiacés (krill), de poisson (espèces non consignées) et d’échinodermes (ophiures) (Langton et Bowman, 1980; Bowman et al.,2000; Harris et Hanke, 2010; Harris et al., 2002). Au large de la Norvège, le régime alimentaire est similaire, se composant de crustacés (crevettes et homard de Norvège), de petits poissons (tacaud norvégien (Trisopterus esmarkii), flétan atlantique et sébastes (Sebastes sp.)) et de vers polychètes (Magnússon et al., 1997).

L’état des poissons peut notamment donner une indication du succès d’alimentation du brosme. Cependant, les données sur le poids selon la longueur ont été recueillies de façon irrégulière dans le cadre des relevés au chalut de fond menés l’été par le MPO; aucune donnée n’a été recueillie durant la période 1986 − 1998, et très peu d’observations ont été effectuées récemment. La figure 17 montre le poids d’un brosme de 65 cm en fonction de l’année. Vers la fin des années 1970 et dans les années 1980, les poids étaient généralement supérieurs à 2,8 kg. Plus récemment, les poids ont varié entre 2,6 et 2,8 kg. Il est difficile de déterminer avec certitude s’il s’agit là d’une tendance importante de l’état des poissons.

Figure 17. Variation du poids (kg) d’un brosme de 65 cm de longueur durant la période 1970 − 2010.

Diagramme de dispersion montrant la variation du poids d’un brosme de 65 centimètres durant la période 1970 – 2010.

Description longue pour la figure 17

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Il n’existe aucune donnée sur le taux de mortalité naturelle (M) du brosme. Toutefois, il s’agit probablement d’une espèce qui vit assez longtemps (voir ci-dessus); son taux de mortalité naturelle pourrait donc être comparable à celui des autres grands Gadiformes, comme la morue et l’aiglefin, et se situerautour de 20 % par année dans des conditions normales. Pauly (1980) a établi une relation (équation 4) entre la mortalité naturelle (M), K (le coefficient de croissance de Brody) et la température annuelle moyenne des eaux où se trouve le poisson (T).

Ln(M) = −0,0152 – 0,279 Ln L + 0,6543 Ln K + 0,4634 Ln T (4)

La température de fond moyenne pour la période 1970 – 2010 dans la division 4X de l’OPANO, selon les relevés estivaux du MPO, est de 7,2 °C. Bien que les températures aient été mesurées l’été, la moyenne annuelle ne devrait pas être beaucoup plus basse et devrait se situer aux alentours de 6 oC. On obtient donc une valeur estimative de M de 0,14 ou de 0,09, selon que K équivaut à 0,11 (maturité à 5 ans) ou à 0,05 (maturité à 10 ans). Ces valeurs sont comparables aux estimations obtenues au moyen de la formule (M = 1,5 x K) de Jensen (1996), soit 0,17 et 0,08 pour des âges de maturation de 5 ans et de 10 ans, respectivement. Il est important de noter que les morues et les aiglefins adultes dans l’est et l’ouest du plateau néo-écossais ont connu des taux de mortalité naturelle relativement élevés (de l’ordre de 0,5 à 0,8) à la fin des années 1980 et durant les années 1990 (Worcester et al., 2009). On ne sait pas dans quelle mesure ces espèces et d’autres espèces comme le brosme qui sont présentes dans l’ouest du plateau néo-écossais et le golfe du Maine ont connu une hausse concomitante de leur taux de mortalité naturelle.

Durée d’une génération

Selon les données de détermination de l’âge dont on dispose actuellement pour le brosme du nord-ouest de l’Atlantique, l’âge auquel 50 % des bromes sont matures est de 5 ans. Si le taux de mortalité naturelle est d’environ 0,14, la durée d’une génération est égale à TM +1/M = 12,1 ans. Par contre, si l’âge auquel 50 % des bromes sont matures est d’environ 10 ans et que M est d’environ 0,09, la durée d’une génération est de 21,1 ans. Pour cette évaluation, nous utiliserons la durée la plus courte, soit 12,1 ans, car les nouvelles données de détermination de l’âge n’ont pas été corroborées par d’autres analyses.

Dispersion et migration

Le brosme semble être un poisson relativement lent et sessile qui se déplace peu, que ce soit à l’échelle locale, de façon saisonnière ou pour la reproduction. Dans le nord-ouest de l’Atlantique, la fraye se déroule sur des bancs, comme pour d’autres espèces de Gadidés; les œufs et les larves qui dérivent passivement sont probablement retenus par des tourbillons. Les larves s’établissent ensuite localement, puis les individus se déplacent vers les habitats rocheux privilégiés par l’espèce. La fragmentation de populations isolées ne semble pas constituer un problème au Canada, compte tenu de la répartition fortement localisée de l’espèce dans la région du golfe du Maine.

Relations interspécifiques

On a peu étudié le rôle du brosme dans les réseaux trophiques aquatiques au large de la côte Est du Canada. Le modèle Ecopath (Bundy, 2004, 2005) appliqué au plateau néo-écossais a pris en compte le rôle du brosme et d’autres espèces démersales piscivores, telles que la merluche blanche et l’hémitriptère atlantique. Selon les résultats de la modélisation, les niveaux trophiques des juvéniles et des adultes s’établissent à 3,95 et à 4,2 – 4,4, respectivement. Aucune relation spéciale concernant l’alimentation n’a été notée. Comme il était indiqué précédemment, la morue franche et le flétan atlantique sont des prédateurs probables.

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Taille et tendances des populations

Activités et méthodes d’échantillonnage

Bien qu’un certain nombre de relevés de pêche indépendants aient été réalisés dans l’aire de répartition du brosme, relativement peu de relevés peuvent être utilisés pour estimer les tendances en matière d’abondance et de biomasse. Ces relevés sont les suivants :

  • relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO;
  • relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le NMFS;
  • relevé de l’industrie sur le flétan atlantique.

Le relevé au chalut de fond réalisé au printemps par le NMFSest également utile, mais fournit une série chronologique plus courte que le relevé automnal. Comme les deux séries montrent des tendances similaires, nous nous sommes concentrés sur le relevé automnal aux fins de la présente évaluation. En plus de ces deux relevés, les taux de captures (CPUE) de la flottille de pêche commerciale à la palangre des divisions 4X et 5Z de l’OPANOont été utilisés pour l’estimation des tendances de la biomasse (Harris et Hanke, 2010).

Le relevé au chalut de fond du MPO est réalisé chaque année en juillet-août depuis 1970. Dans le cadre de ce relevé, qui repose sur un plan d’échantillonnage aléatoire stratifié et un protocole d’échantillonnage normalisé (Halliday et Kohler, 1971), on effectue environ 200 traits de chalut de fond chaque année sur le plateau néo-écossais. Durant la période couverte par la série chronologique, les activités d’échantillonnage ont augmenté. La répartition spatiale des strates a été décrite précédemment. Harris et Hanke (2010) considèrent que ce relevé ne fournit par un échantillonnage représentatif de la population, car les échantillons ne sont pas prélevés sur les fonds rocheux, qui constituent l’habitat de prédilection de l’espèce. Certains ont fait valoir qu’avec les fluctuations de l’abondance du brosme, l’espèce pourrait soit se disperser en dehors de cet habitat (forte abondance), soit s’y confiner (faible abondance). Cette situation pourrait entraîner un hyperappauvrissement, phénomène qui se produit lorsque l’indice du relevé diminue plus rapidement que la biomasse de la population, ce qui suppose que la capturabilité liée au relevé, q, est fonction de l’abondance du brosme. Davies et Jonsen (2011) ont vérifié cette hypothèse à l’aide d’un modèle de population et ont constaté qu’elle était appuyée par les données disponibles. Cette question est examinée plus à fond ci-après.

Le relevé au chalut de fond automnal du NMFS est effectué chaque année d’octobre à décembre depuis 1963. Faisant également appel à un échantillonnage aléatoire stratifié et à un protocole d’échantillonnage normalisé (Grosslein, 1974), le relevé permet de réaliser annuellement environ 350 traits de chalut de fond dans la région du golfe du Maine. Selon Harris et Hanke (2010), ce relevé présente les mêmes problèmes concernant la capturabilité que le relevé du MPO.

Le relevé de l’industrie sur le flétan atlantique est réalisé de la fin mai à la fin juillet chaque année depuis 1998, au moyen de navires de pêche commerciale et de stations fixes. Aux fins de la présente évaluation, seules les données des stations fixes ayant constamment été occupées (dans 4VWX) ont été prises en compte. Trzcinski et al. (2011) ont analysé le protocole utilisé pour le relevé sur le flétan. Comme le protocole était en voie d’élaboration au cours de la première année du relevé (1998), les données correspondantes sont exclues de notre évaluation. De plus, bien qu’on ait adopté une norme de 1 000 hameçons pour les prises, le temps d’immersion n’a pas été normalisé, ce qui est conforme au traitement des données effectué par Harris et Hanke (2010). En moyenne, 55 stations ont été échantillonnées chaque année, et ce nombre a peu varié.

Comme dans le cadre de l’évaluation du COSEPAC (2003), les données sur les débarquements commerciaux et les efforts de pêche des palangriers ont servi à estimer l’indice des CPUE annuel (tonnes par sortie de pêche) de la biomasse mature. Les palangriers déploient leurs engins de pêche dans divers habitats, notamment en eau profonde le long de la plate-forme continentale et sur les fonds rocheux qui ne sont pas nécessairement bien échantillonnés par les relevés au chalut de fond.

L’établissement d’un indice des captures par unité d’effort (CPUE) exige une sélection rigoureuse des données, le but étant d’éviter l’introduction de biais liés à la pêche. Dans la présente évaluation, l’indice est établi selon les travaux de Harris et al. (2002) et de Harris et Hanke (2010), avec l’apport de quelques modifications mineures. Dans leur analyse, Harris et Hanke (2010) ont restreint les données de l’indice des CPUE à la division 4X de l’OPANOet ont exclu les données de la division 5Z. Le nombre de sorties de pêche dans chaque secteur est similaire depuis 1986, à l’exception du milieu des années 1990, où les efforts de pêche dans la division 5Z ont été considérablement moindres. Compte tenu de l’aire de répartition du brosme, il a été décidé d’utiliser à la fois les données de 4X et de 5Z dans le cadre de la présente évaluation.

Les palangriers de ce secteur visent différents poissons de fond, dont la morue, l’aiglefin et la goberge. Le brosme constitue habituellement une prise accessoire. Avant 1999, il existait une pêche à la palangre secondaire qui visait à la fois le brosme et la merluche blanche. Conformément aux travaux de Harris et Hanke (2010), toutes les sorties de pêche ayant permis de capturer l’une de ces cinq espèces, peu importe l’espèce ciblée, ont été prises en compte dans l’établissement de l’indice des CPUE.

Harris et Hanke (2010) indiquent que la fiabilité des données avant 1986 a été remise en question de manière anecdotique, vraisemblablement par des pêcheurs, lorsqu’un plafond de 1 000 tonnes a été imposé aux débarquements de brosmes. Auparavant, ces débarquements ne faisaient l’objet d’aucune limite. Certains ont avancé que d’autres espèces, comme la morue franche, étaient déclarées comme des brosmes en cas de dépassement des quotas imposés à l’espèce ciblée. De plus, les fausses déclarations et les rejets étaient considérés comme courants. Pour cette raison, les chercheurs n’ont pas utilisé les données sur les CPUE avant 1986. En 2003, le plafond des débarquements a été abaissé à 750 tonnes et a été maintenu à ce niveau par la suite. Dans le cas présent, les données sur les CPUE pour la période 1986 – 2010 sont utilisées aux fins de l’établissement de l’indice des CPUE.

Harris et Hanke (2010) ont fondé leur indice des CPUE sur les données des navires de catégories de tonnage 2 et 3. Ces navires ont régulièrement fourni de 50 à 60 % environ des débarquements de la flottille de palangriers jusqu’au milieu des années 1990, après quoi leur contribution a diminué jusqu’à atteindre 20 % plus récemment (figure 18). Par contre, la contribution des navires de faible tonnage (catégories 0 et 1) a augmenté. Il n’existe toutefois pas de données fiables sur l’effort de pêche de ces petits bateaux. Les données sur les navires de catégories 2 et 3 ont été jugées adéquates aux fins de l’estimation de l’indice des CPUE.

Figure 18. Contribution aux débarquements de la flottille de palangriers dans toutes les zones de l’OPANO, par catégorie de tonnage.

Diagramme montrant la contribution aux débarquements de la flottille de palangriers de 1960 à 2010 dans toutes les zones de l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, par catégorie de tonnage des navires.

Description longue pour la figure 18

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Harris et Hanke (2010) ont obtenu leur indice des CPUE en calculant la moyenne des taux de capture mensuels des palangriers de catégories de tonnage 2 et 3 de la division 4X de l’OPANOde juillet à septembre. Des changements significatifs se sont produits au cours de la série chronologique en ce qui concerne les mois où les pêches avaient lieu, ces pêches étant concentrées dans la période de juillet à septembre depuis la fin des années 1990. Pour assurer la cohérence de la série chronologique, comme dans les travaux de Harris et Hanke (2010), l’analyse des données sur les CPUE a été limitée à ces mois.

Pour le sous-ensemble de données sélectionnées après 1986, on a noté une baisse significative du nombre de sorties de pêche (figure 19), leur nombre actuel (278) étant bien inférieur aux valeurs maximales (1 500 – 2 500) enregistrées au début des années 1990.

Figure 19. Tendance concernant le nombre de sorties de pêche par année effectuées par des palangriers de catégories de tonnage 2 et 3 dans les divisions 4X et 5 de l’OPANO.

Diagramme illustrant la tendance concernant le nombre de sorties de pêche par année effectuées par des palangriers de catégories de tonnage 2 et 3 dans les divisions 4X et 5 de l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest.

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On possède très peu de données d’observateurs pour cette flottille (tableau 6). Depuis 1985, seulement 314 des 24 516 sorties possibles ont fait l’objet d’observations. De plus, le nombre de sorties de pêche au cours desquelles la longueur des brosmes a été mesurée est encore plus faible. En conséquence, on a utilisé les données d’échantillonnage au port du Secteur des sciences de la Région des Maritimes du MPOpour caractériser la composition selon la taille des débarquements de palangriers. Le tableau 7donne un aperçu de l’intensité de l’échantillonnage au port. Depuis 1960, 459 échantillons ont été prélevés, dont la majorité depuis le milieu des années 1990. L’échantillonnage a surtout porté sur la flottille de palangriers; peu d’échantillons ont été prélevés dans les débarquements de pêche au chalut et au filet maillant. Les casiers et les autres engins de pêche n’ont fait l’objet d’aucun échantillonnage.

Tableau 6. Nombre de sorties de palangriers et de chalutiers avec observateurs durant la période 1977 – 2011 dans les divisions 4X et 5 de l’OPANO.
AnnéePalangriersChalutiersTotal
1977 11
1978 1616
1979 55
1980 4747
1981 4242
1982 2626
1983 1717
1984 2020
1985279
1986 1111
1987 2525
1988 3131
1989 6060
199025557
199116465
199265258
1993 5757
1994333164
1995214263
1996152540
1997279
199871017
199971017
2000583189
2001241842
200262329
200381220
2004172037
2005161430
20063912
200761420
200810818
20097512
2010552176
201181523
Total3148511 165

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Tableau 7. Nombre d’échantillons de brosmes prélevés au port par le Secteur des sciences de la Région des Maritimes du MPO, par type d’engin de pêche commerciale (chalut à panneaux, palangre et filet maillant) et par trimestre, durant la période 1960 − 2010.
Version accessible du Tableau 7
 Chalut à panneauxPalangreFilet maillant
 Q 1Q 2Q 3Q 4Q 1Q 2Q 3Q 4Q 1Q 2Q 3Q 4
1960            
1961       2    
1962    11 1    
1963            
19641           
1965            
1966            
1967            
1968            
1969            
1970            
1971            
1972      1     
1973            
1974            
1975     2      
1976     2      
1977            
1978    12      
1979     2      
1980     1 3    
1981    3111    
1982            
1983      3     
1984      2     
1985      22    
1986      1     
1987     3      
1988     1    1 
1989       1    
1990            
1991     11     
1992            
1993     111    
1994     22     
1995    1478 1  
1996     272    
1997     673    
1998    1784    
19992   1272    
2000 2112269    
2001  2 65151122  
2002 21152179    
20032211372124    
2004  1 11895    
2005 1   6113    
200621   3114    
2007 11 1714  1  
2008 1   517     
200911   3137    
201012  2492 11 

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Abondance

Le tableau 8 résume les indices d’abondance tirés du relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO. Ces indices ont été estimés pour l’ensemble de la zone des relevés (4VWX) plutôt que pour la seule division 4X, comme l’ont fait Harris et Hanke (2010). Même si les deux séries chronologiques sont très similaires, on a considéré que l’indice établi pour l’ensemble de la zone était plus représentatif des tendances de l’abondance pour toute l’unité désignable. Ce relevé indique un déclin significatif des effectifs de brosmes matures (42 cm et plus) depuis le début de la série chronologique (figure 20). Les indices moyens issus du relevé depuis la dernière évaluation du COSEPAC (2002-2010) sont inférieurs aux indices établis pour les neuf années précédant cette évaluation (1993-2001). Le nombre moyen d’individus matures a diminué, passant de 341 000 à 218 000, tandis que la biomasse mature est passée de 695 t à 407 t. Ces valeurs sous-estiment l’abondance et la biomasse réelles, car les débarquements canadiens se sont établis en moyenne à 865 t par année au cours de la période 2002-2010, et on estime qu’entre 250 et 300 t ont été rejetées annuellement dans le secteur de la pêche au homard (voir la section Menaces et facteurs limitatifs). Les prises actuelles dépassent donc largement les estimations minimales de la biomasse mature selon le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO. Par conséquent, on considère qu’il s’agit d’estimations minimales de l’abondance et de la biomasse, qui constituent un indice de l’abondance relative.

Tableau 8. Indices de l’abondance (en milliers) et de la biomasse (en tonnes) du brosme, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO.
Version accessible du Tableau 8
 AbondanceBiomasse
AnnéeMatureTotalMatureTotalCV
19701 829,5032 044,7416 441,2226 557,50820,3 %
19712 843,8852 957,6247 437,1007 495,56546,2 %
19722 870,3282 870,32810 039,18610 039,18637,0 %
19733 160,9453 203,8698 720,5778 722,33224,8 %
19743 702,4743 782,5559 783,8069 809,54624,2 %
19753 459,5783 530,61111 093,10811 113,47125,0 %
19762 961,4213 126,9538 623,2288 713,71312,4 %
19773 587,5453 844,56110 149,48910 257,06619,8 %
19782 644,5502 748,5657 847,6737 901,06732,2 %
19793 001,8523 118,3848 178,3038 230,48122,9 %
19801 233,7971 233,7973 350,7093 350,70934,7 %
19812 481,6292 575,6127 526,5687 560,65832,7 %
19822 441,0373 147,2857 623,8917 865,67126,7 %
19831 374,1811 544,2024 079,5464 146,06226,3 %
19842 732,2053 166,3247 340,2937 491,84713,9 %
19851 267,4871 459,8623 644,8923 705,84632,3 %
19861 106,4841 147,0623 368,0563 381,82532,0 %
19872 699,2412 766,7377 190,7187 226,21131,2 %
19882 100,3832 325,1015 900,8046 000,56828,5 %
19891 387,0251 393,4514 305,0564 307,10332,9 %
19901 270,9691 270,9692 717,9082 717,90823,1 %
19913 064,6723 126,8476 376,2516 416,96643,9 %
1992655,735728,7581 815,5131 856,89944,9 %
1993382,190382,190703,751703,75135,6 %
1994181,059353,370446,576525,00942,7 %
1995248,028361,283776,692784,77360,5 %
1996263,061354,009628,338653,30242,6 %
1997467,040676,326901,447932,91540,1 %
1998250,518344,892481,910518,70026,7 %
1999295,578354,110668,428695,50148,7 %
2000458,276546,294824,371879,13380,4 %
2001525,613584,818827,085850,00337,5 %
2002273,982318,393668,819670,76774,0 %
200391,065158,468114,577146,84741,9 %
2004249,024268,884474,030481,12038,7 %
2005252,497252,497355,557355,55739,4 %
2006223,364338,303502,566561,87350,5 %
2007341,014539,651537,400655,99070,1 %
200841,889119,995106,299119,94162,4 %
200929,43429,43447,97747,977100,0 %
2010458,260526,501856,124898,74020,8 %

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Figure 20. Tendance de l’abondance des bromes immatures (&lt; 42 cm) et matures (42 cm et plus) dans les divisions 4VWX de l’OPANO, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO.

Diagramme montrant la tendance de l’abondance des brosmes immatures (de moins de 42 centimètres) et matures (de 42 centimètres et plus) dans les divisions 4VWX de l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’été par Pêches et Océans Canada de 1970 à 2010.

Description longue pour la figure 20

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La composition selon la longueur des bromes capturés lors des relevés au chalut s’est contractée au cours de la série chronologique de 40 ans (figure 21). Dans les années 1970 et 1980, la population du plateau néo-écossais était principalement composée d’individus de 55 cm et plus. Depuis, l’abondance des individus faisant partie de ces catégories de longueur a diminué considérablement par rapport à celle des individus plus petits.

Figure 21. Variation décennale de la fréquence des différentes longueurs des bromes capturés dans les divisions 4VWX de l’OPANO, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO.

Diagramme montrant la variation décennale de la fréquence des différentes longueurs des brosmes capturés dans les divisions 4VWX de l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’été par Pêches et Océans Canada.

Description longue pour la figure 21

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Le tableau 9 résume les indices tirés du relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le NMFS. Les tendances et les CV sont similaires à ceux du relevé estival du MPO (figure 22). Le relevé automnal fournit une estimation minimale de l’abondance actuelle de l’ordre de 450 000 individus et une estimation minimale de la biomasse mature de l’ordre de 580. Il convient de noter encore une fois que ces données constituent des estimations relatives et non absolues de l’abondance et de la biomasse.

Tableau 9. Indices de l’abondance (en milliers) et de la biomasse (en tonnes) du brosme, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le NMFS.
Version accessible du Tableau 9
 Abondance (milliers)Biomasse (tonnes)
AnnéeMatureTotalCVMatureTotalCV
19631 580,01 622,219,35 138,25 164,27023,9
1964670,2752,9430,02 811,32 813,95035,9
19651 047,61 222,424,63 302,03 312,67025,5
19661 966,12 336,325,98 555,48 583,95030,4
1967607,8732,4834,22 308,22 342,55044,2
1968990,31 282,419,74 448,14 553,63029,8
1969956,01 268,131,23 299,53 419,18025,7
19701 475,71 630,420,44 985,35 048,06020,3
19711 118,31 118,322,13 987,33 987,25028,3
19721 905,72 04725,15 559,85 627,99028,1
19731 405,81 606,821,94 560,54 645,97022,6
1974360,2378,2133,31 091,11 092,50045,2
19751 314,11 38225,64 423,14 465,74025,5
1976517,0567,8943,41 458,21 470,13037,4
19771 169,31 258,119,05 390,05 447,10019,6
1978931,3997,216,64 930,14 973,80017,7
1979687,0704,318,73 784,13 787,85019,5
19801 067,71 196,229,65 233,95 298,56029,9
1981619,1813,8325,52 995,93 076,68031,6
1982278,3296,3233,31 068,01 070,95041,4
1983761,3863,0629,22 354,42 394,59025,4
19841 046,11 152,631,44 308,34 357,80034,3
19851 682,11 857,430,55 693,45 792,07028,1
19861 410,11 439,629,73 957,03 966,38029,0
1987680,4680,3928,72 455,32 455,27030,1
19881 163,01 16326,63 445,43 445,42028,0
1989326,2388,6955,71 273,21 287,96053,0
1990329,2371,6139,51 080,51 102,80040,2
1991369,4460,1735,91 593,11 621,47032,4
1992201,1353,6951,3480,7489,41548,9
1993305,6332,3839,71 323,41 327,90042,5
199494,7470,0728,3289,0359,01665,3
199580,3247,5547,8328,2360,72968,9
1996352,8662,7524,81 095,11 161,31040,6
1997530,0733,0832,61 808,61 871,51037,9
199854,8130,6548,8132,5169,85776,8
1999368,5481,1231,6481,8523,89037,4
2000142,5268,6445,6195,1228,27363,4
2001384,5633,9132,1529,9588,81532,7
2002331,1412,2334,51 139,61 159,97057,5
2003284,4428,331,0994,11 050,87056,6
2004339,4339,3640,0557,1557,07239,2
2005317,8368,7144,9530,3554,94532,3
2006214,9255,4936,8337,5364,24948,0
200742,242,1699,929,529,51299,9
2008225,7318,6941,9276,9299,00144,1
2009201,1201,0636,7366,7366,65542,1
2010444,9537,6154,4576,8602,08751,9

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Figure 22. Tendance de l’abondance des bromes immatures et matures (53 cm et plus) dans les divisions 5Z-6 de l’OPANO, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le NMFS.

Diagramme montrant la tendance de l’abondance des brosmes immatures et matures (53 centimètres et plus) dans les divisions 5Z-6 de l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le National Marine Fisheries Service des États-Unis de 1963 à 2010.

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Des variations décennales similaires de la fréquence des différentes longueurs ont été observées dans le cadre du relevé automnal du NMFS et du relevé estival du MPO(figure 23), mais le déclin des individus matures depuis 1988 ressort plus clairement dans les résultats du relevé du NMFS.

Figure 23. Variation décennale de la fréquence des différentes longueurs des bromes capturés dans les divisions 5Z-6 de l’OPANO, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le NMFS.

Figure illustrant la variation décennale de la fréquence des différentes longueurs des brosmes capturés dans les divisions 5Z 6 de l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, d’après le relevé au chalut de fond réalisé l’automne par le National Marine Fisheries Service des États Unis.

Description longue pour la figure 23

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Harris et Hanke (2010), dans leur analyse des taux de capture de brosmes lors du relevé visant le flétan atlantique, ont établi une moyenne des valeurs exprimées en kg/1 000 hameçons pour les 53 stations principales afin de produire des estimations annuelles de l’indice de la biomasse. Cette analyse est répétée ici. De plus, on a utilisé deux analyses fondées sur les résultats des stations principales et les modèles linéaires généraux (GLM, selon l’acronyme anglais). La première analyse supposait une distribution d’erreur log-normale, alors que la deuxième supposait une distribution d’erreur binomiale négative, comme cela a été fait pour le flétan atlantique (Trzcinski et al., 2011). Le code R et les diagnostics, pour les modèles linéaires et GLM, sont fournis à l’annexe 2*. Les indices issus des trois modèles sont indiqués dans le tableau 10, tandis que les tendances sont montrées à la figure 24. Les résultats du modèle binomial négatif ont été utilisés pour l’analyse des tendances.

Tableau 10. Indices de la biomasse de brosme, estimés d’après le relevé de l’industrie sur le flétan atlantique. Les unités ne sont pas définies.
 MoyenneLMGLM BN
199913,5111,3713,79
200017,4210,9717,54
200112,288,309,86
200211,248,1010,53
200311,528,089,96
200413,228,7011,37
200511,958,7610,58
20067,927,879,65
200716,4512,4615,94
200816,5114,6017,08
200915,0310,2915,51
201016,2511,5814,57
201126,949,0414,21

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Figure 24. Tendances des indices de la biomasse de brosme (kg/1 000 hameçons), d’après le relevé de l’industrie sur le flétan atlantique. La légende est la suivante : LM correspond à l’estimation du modèle GLM selon une distribution d’erreur log-normale, GLM BNcorrespond à l’estimation du modèle GLM selon une distribution d’erreur binomiale négative (indice utilisé pour l’analyse des tendances), et la moyenne correspond à la moyenne simple des taux de capture des stations fixes.

Diagramme montrant les tendances des indices de la biomasse de brosme (en kilogrammes par 1 000 hameçons), d’après le relevé de l’industrie sur le flétan atlantique, de 1999 à 2011. La légende est la suivante

Description longue pour la figure 24

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Les tendances des trois indices sont similaires, sauf pour ce qui est de l’augmentation de la biomasse en kg/1 000 hameçons observée en 2011 relativement à l’indice moyen. L’ajustement des modèles était médiocre (R2 de 34 % pour le modèle linéaire), la présence d’observations influentes étant manifeste. Tous les modèles indiquent un faible déclin au début de la série chronologique du relevé et une augmentation modeste depuis 2006. Certaines données montrent une tendance à la baisse récente. Dans l’ensemble, cependant, ces effets sont limités et la tendance générale demeure relativement stable.

La longueur des brosmes n’a pas été mesurée de façon systématique dans le cadre du relevé, bien qu’on dispose d’une quantité raisonnable de données. Selon ces données, le relevé sur le flétan a donné lieu à la capture de brosmes presque exclusivement matures (42 cm et plus) durant toute la série chronologique (figure 25). Une comparaison des fréquences des différentes tailles selon le relevé estival du MPO et le relevé de l’industrie sur le flétan pour la période 2000 – 2010 indique que ce dernier relevé permet actuellement de capturer une proportion significativement plus élevée de bromes mesurant plus de 60 cm (figure 26). Cette taille correspond à celles observées dans le cadre du relevé du MPO durant les années 1970 et 1980 (figure 21). Ce relevé a donné lieu à la capture de brosmes encore plus gros à l’époque. Le relevé au chalut de fond mené par le MPO permet donc la capture de brosmes de cette taille, mais il ne semble pas avoir donné lieu à de telles captures durant les années 1990 et 2000.

Figure 25. Variation temporelle de la proportion de brosmes selon la longueur, d’après le relevé de l’industrie sur le flétan atlantique.

Diagramme montrant la variation temporelle de la proportion de brosmes selon la longueur, d’après le relevé de l’industrie sur le flétan atlantique, au cours de trois périodes

Description longue pour la figure 25

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Figure 26. Comparaison de la proportion moyenne de brosmes selon la longueur, observée lors du relevé sur le flétan et du relevé au chalut réalisé l’été par le MPOdurant la période 2000 – 2010.

Diagramme comparant la proportion moyenne de brosmes selon la longueur, observée lors du relevé sur le flétan et du relevé au chalut réalisé l’été par Pêches et Océans Canada, durant la période 2000 – 2010.

Description longue pour la figure 26

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Un certain nombre d’analyses des taux de capture de la pêche commerciale à la palangre ont été effectuées; les mois et les zones ont été utilisés comme facteurs tant dans les modèles linéaires que dans les modèles GLM binomiaux négatifs. Comme l’ont observé Harris et Hanke (2010), les explorations des modèles n’ont pas permis d’obtenir d’ajustement statistique satisfaisant (information disponible sur demande à l’auteur du rapport d’évaluation). La moyenne établie pour les divisions 4X et 5Z de l’OPANOa donc été privilégiée comme indice CPUE de la biomasse (tableau 11). La figure 27 compare cette série à celle de Harris et Hanke (2010), rapportée par Davies et Jonsen (2008). Les deux séries traduisent la même tendance générale.

Tableau 11. Indices des taux de capture de brosmes, fondés sur l’analyse des taux de capture des palangriers de catégories de tonnage 2 et 3 (tonnes/sortie) dans les divisions 4X et 5 de l’OPANOdurant la période de juillet à septembre.
AnsIndice des CPUE – div.4X et 5
19861,100
19871,699
19881,152
19891,954
19900,846
19911,460
19921,669
19931,126
19940,377
19950,815
19960,594
19970,778
19980,794
19990,488
20000,669
20010,973
20020,888
20030,652
20040,571
20050,588
20060,371
20070,577
20080,426
20090,337
20100,335

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Figure 27. Tendances des indices des CPUE pour les palangriers de catégories de tonnage 2 et 3 dans les divisions 4X et 5 de l’OPANOdurant la période de juillet à septembre; il est à noter que l’indice établi par Harris et Hanke (2010) ne portait que sur la division 4X de l’OPANO.

Diagramme illustrant les tendances des indices de captures par unité d’effort pour les palangriers de catégories de tonnage 2 et 3 dans les divisions 4X et 5 de l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest (OPANO) durant la période de juillet à septembre.

Description longue pour la figure 27

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Selon les données d’échantillonnage au port des pêches commerciales, les débarquements effectués durant les deuxième et troisième trimestres par les palangriers de catégories de tonnage 2 et 3 sont presque exclusivement constitués de brosmes matures (&gt; 42 cm). Les variations décennales de la composition des débarquements selon la taille sont manifestes (figure 28). La taille modale a diminué, suivant la tendance qui se dégage des relevés du MPO et du NMFS. Certains échantillons ont été prélevés en 1961-1962. Étonnamment, ces échantillons indiquent une fourchette de taille exploitée plus petite que dans les années 1970. Ces résultats pourraient être le fait d’un échantillonnage inadéquat ou de variations de la composition selon la taille qui ne seraient pas associées à des variations de la population (p. ex., modifications sur le plan réglementaire).

Figure 28. Variation décennale des débarquements des palangriers de catégories de tonnage 2 et 3 pêchant dans les divisions 4X et 5 de l’OPANOdurant les deuxième et troisième trimestres de l’année.

Diagramme montrant la variation décennale des débarquements des palangriers de catégories de tonnage 2 et 3 pêchant dans les divisions 4X et 5 de l’Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest durant les deuxième et troisième trimestres de l’année.

Description longue pour la figure 28

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Comme il était indiqué précédemment, les déclins déterminés d’après les résultats des relevés au chalut de fond ont été considérés comme surestimés (Harris et Hanke, 2010) en raison du lien possible entre le taux de capturabilité associé à ce type de relevé et l’abondance du brosme (hyperappauvrissement) : à mesure que l’abondance diminue, il est possible que le brosme se retire dans l’habitat rocheux qui constitue son habitat de prédilection; or, celui-ci est relativement inaccessible pour le chalut de fond. Davies et Jonsen (2008, 2011) ont exploré la variation possible de la capturabilité du brosme au chalut de fond en fonction de la biomasse de brosme, en utilisant un modèle bayésien de production excédentaire (équation 6) :

Bt = (Bt-1 + rBt-1 (1 –Bt-1/ K) – Ct-1) ηt  (6)

Bt-1 et Ct-1 représentent la biomasse et les débarquements au cours de l’année t – 1, respectivement, r est le taux intrinsèque de croissance de la population, K est la capacité de charge (biomasse de la population à l’équilibre avant l’exploitation) et ηt est une variable aléatoire log-normale avec une moyenne de zéro et une variance σ2 rendant compte de la stochasticité de la dynamique des populations. On a intégré un paramètre de forme au modèle d’observation (équation 7) afin d’explorer l’hyperappauvrissement lié aux indices des relevés :

Ii,t = qiBtβεi,t (7)

Ii,t représente le relevé i au cours de l’année t, qi est la capturabilité associée au relevé i, et est le paramètre de forme. Si est inférieur à 1, on est en présence d’hyperstabilité (l’indice diminue plus lentement que la biomasse de la population, ce qui se produit couramment dans plusieurs pêches). Si est supérieur à 1, on est en présence d’hyperappauvrissement (le taux de capture diminue plus rapidement que la biomasse). Les versions initiales du modèle (Davies et Jonsen, 2008) ont permis d’explorer plusieurs données d’entrée et configurations. En bout de ligne, les chercheurs ont décidé d’utiliser les débarquements de la division 4X de l’OPANO, de même que l’indice (moyen) des CPUE dans 4X et le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO, afin de caractériser la dynamique des populations de brosmes (Davies et Jonsen, 2011). Le relevé de l’industrie sur le flétan et le relevé de pêche sentinelle dans 4VsW ont été mis de côté, car ils ne fournissaient pas suffisamment d’information sur la dynamique des stocks compte tenu de la courte durée de leur série chronologique. Malgré le degré élevé d’incertitude lié aux paramètres estimatifs de ces modèles, il a été démontré que l’hyperappauvrissement associé aux relevés au chalut de fond assurait un meilleur ajustement des modèles. Le déclin de la biomasse de brosme a été estimé à 59 % durant la période 1970 – 2001 et à 64 % durant la période 1970 – 2007. Ces valeurs sont considérablement plus faibles que les valeurs estimées lorsqu’on suppose que la capturabilité est indépendante de la biomasse de brosme.

Ce modèle (annexe 3* – correspondant au modèle 3 de Davies et Jonsen, 2011) a été mis à jour. Premièrement, on a utilisé les captures canadiennes totales provenant de toutes les sources pour la période 1970 – 2010, plutôt que les débarquements des divisions 4X et 5 de l’OPANO, y compris les données sur les rejets dont il est question à la section Facteurs limitatifs et menaces ci-après. Deuxièmement, on s’est servi de l’indice des CPUE (moyen) de la période 1986 – 2010 pour les divisions 4X et 5 de l’OPANO, plutôt que pour la seule division 4X (tableau 11). Enfin, on a utilisé l’indice de la biomasse mature tiré du relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO durant la période 1970 – 2010 dans les divisions 4VWX de l’OPANO, plutôt que la moyenne stratifiée des captures en kg/trait pour la division 4X de l’OPANO(tableau 8). Comme l’ont fait Davies et Jonsen (2011), la convergence du modèle a été vérifiée à l’aide de deux chaînes (300 000 itérations au total avec 260 000 itérations de chauffe et un taux d’amincissement de 20), avec pour résultat un diagnostic de Gelman–Rubin de Rhat = 1, qui démontre clairement la convergence (Ntzoufras, 2009). Le modèle s’ajustait aux deux indices de la biomasse, sans tendances apparentes des résidus (figure 29). Les distributions a posteriori des paramètres du modèle sont indiquées à la figure 30, tandis que la tendance de la proportion de la biomasse annuelle par rapport à la capacité de charge (K) est montrée à la figure 31. Le tableau 12 présente un résumé des quantiles a posteriori des principaux paramètres du modèle.

Figure 29. Logarithme naturel des indices de la biomasse de brosme selon les observations (cercles) et les projections du modèle (lignes); CPUE de la pêche à la palangre dans les divisions 4X et 5 (graphique du haut) et relevé estival effectué par les navires scientifiques du MPO (graphique du bas).

Deux diagrammes montrant le logarithme naturel des indices de la biomasse de brosme selon les observations et les projections du modèle.

Description longue pour la figure 29

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Figure 30. Diagrammes de densité a posteriori des paramètres du modèle; tau.com et tau.ns représentent l’erreur d’observation liée à l’indice des CPUE et à l’indice du relevé effectué par les navires scientifiques du MPO, s est l’erreur de traitement, et Q – pêche commerciale et Q – relevé représentent la capturabilité associée aux CPUE et au relevé du MPO; les autres termes se passent d’explications.

Huit diagrammes de densité a posteriori des paramètres du modèle. Les diagrammes représentent l’erreur d’observation liée à l’indice de captures par unité d’effort (CPUE de la pêche commerciale)

Description longue pour la figure 30

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Figure 31. Tendance de la proportion de la biomasse annuelle de brosme par rapport à la capacité de charge (K), selon un modèle d’espace d’états; indication des 25e, 5e (médiane) et 75e centiles.

Diagramme montrant la tendance de la proportion de la biomasse annuelle de brosme par rapport à la capacité de charge, selon un modèle d’espace d’états; le 25e centile, le 5e centile et le 75e centile sont indiqués.

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Tableau 12. Sommaire des quantiles a posteriori des paramètres pour le modèle bayésien d’espace d’états; Traitement, Obs. – CPUE et Obs. – NS correspondent à l’erreur de traitement et à l’erreur d’observation pour les deux indices de la biomasse; P1970 et P2010 représentent le rapport biomasse/K pour les années indiquées. Les valeurs RMS et BRMS sont exprimées en tonnes.
 0,0 %25,0 %Médiane75,0 %100,0 %
r0,0000440,0437550,0894350,1538750,674700
K20 39452 05268 87290 219474 492
Q – CPUE0,0000050,0000290,0000420,0000620,000229
Q – NS0,01620,13330,19900,30111,9790
Forme1,19301,86502,10902,42304,6960
Traitement0,00560,07600,12000,16370,3864
Obs. – CPUE0,15910,27150,30420,34180,5821
Obs. – NS0,06280,50610,56660,63051,0300
P19700,420,890,971,031,76
P20100,040,100,140,200,82
RMS19241 5752 18012 000
BRMS10 19026 05834 39545 253236 300

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Ces résultats sont très similaires à ceux de Davies et Jonsen (2011), compte tenu de l’incertitude des paramètres. Le taux intrinsèque de croissance de la population, r, est de 0,09, ce qui est proche de la valeur de 0,12 estimée précédemment. La capacité de charge, K, établie à près de 69 kt, est légèrement supérieure à l’estimation antérieure de 52 kt. Les valeurs RMS et BRMS sont estimées à 1,6 kt et 34 kt respectivement, compativement aux estimations antérieures de 1,5 kt et 26 kt. Mais surtout, le paramètre de forme lié au relevé estival du MPO est largement supérieur à 1, l’estimation médiane s’établissant à 2,1 (estimation antérieure : 2,5). Ces données appuient clairement l’hypothèse de l’hyperappauvrissement.

Davies et Jonsen (2011) ont indiqué que les estimations des paramètres du modèle présentaient un degré élevé d’incertitude. Ainsi, on a estimé que la biomasse se situait près des niveaux correspondant à la biomasse vierge en 1970. Or, le brosme est pêché depuis le début des années 1900. Les débarquements déclarés pour le Canada dans les années 1960 s’établissaient en moyenne à environ 4 000 t par année. En conséquence, il est très peu probable que les stocks aient correspondu à la capacité de charge. Les tendances relatives de la biomasse ont plus de poids que les tendances absolues du modèle. Étant donné les incertitudes liées aux paramètres, Davies et Jonsen (2011) ont montré que le modèle ne pouvait pas être utilisé pour prédire de manière fiable les états futurs selon différents scénarios de capture. Des captures annuelles de 750 t (proches des valeurs récentes) devraient permettre une augmentation de la biomasse; cela ne s’est cependant pas produit. Davies et Jonsen (2011) croient que cela pourrait être causé par : 1) le taux de mortalité élevé associé aux prises accessoires, 2) le manque de données récentes sur le recrutement, 3) le faible recrutement durant la période 2000 – 2007 ou 4) une réduction de la productivité et une augmentation de la mortalité naturelle. Le modèle peut expliquer les tendances historiques, mais ne semble pas utile pour prédire les états futurs. Compte tenu de cette incertitude, il a été décidé de ne pas effectuer d’analyses des possibilités de rétablissement.

Fluctuations et tendances

La plupart des indices de l’abondance des individus matures et de la biomasse traduisent une tendance globale à la baisse à long terme. La figure 32 présente les séries chronologiques sur l’abondance du brosme selon le relevé estival du MPO rajusté compte tenu de l’hyperappauvrissement, les CPUE de la pêche commerciale à la palangre et le relevé à la palangre sur le flétan, normalisés en fonction des moyennes pour la période 2000 – 2010. Le relevé estival du MPO indique un déclin continu du milieu des années 1970 jusqu’à présent. L’indice des CPUE de la pêche commerciale a diminué constamment depuis son établissement en 1986, à un taux comparable à celui de l’indice rajusté du relevé au chalut du MPO. La série chronologique du relevé sur le flétan est trop courte pour permettre de déterminer les variations à long terme. Elle montre cependant que l’abondance est stable depuis le début de la série, en 1999.

Figure 32. Indices de l’abondance du brosme selon le relevé au chalut du MPO rajusté compte tenu de l’hyperappauvrissement, les CPUE de la pêche commerciale à la palangre et le relevé à la palangre sur le flétan, normalisés en fonction des moyennes pour la période 2000 – 2010.

Diagramme montrant les indices de l’abondance du brosme selon le relevé au chalut de Pêches et Océans Canada rajusté compte tenu de l’hyperappauvrissement, les captures par unité d’effort (CPUE) de la pêche commerciale à la palangre et le relevé à la palangre sur le flétan, normalisés en fonction des moyennes pour la période 2000 – 2010.

Description longue pour la figure 32

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Le taux de variation instantané annuel (α) des différents indices correspond à la pente du log naturel de l’indice en fonction de l’année (régression log-linéaire). Des données sur le nombre d’individus matures étaient disponibles pour les relevés au chalut du MPO, et des données sur la biomasse mature étaient disponibles pour l’indice des CPUE de la pêche commerciale et l’indice du relevé sur le flétan.

La variation en pourcentage (%Δ) au cours d’une période donnée t a été estimée à l’aide de l’équation 5. Les régressions sont représentées à la figure 33.

%Δ = 100 * (exp(α * t) – 1) (5)

Figure 33. Régressions log-linéaires de l’abondance du brosme d’après l’indice du relevé au chalut du MPO (1974-2010), le même indice rajusté compte tenu de l’hyperappauvrissement, l’indice des CPUE de la pêche commerciale (1986-2010) et l’indice du relevé à la palangre sur le flétan (1999-2011). La fourchette de valeurs de l’axe des y de chaque diagramme est la même, ce qui permet de comparer visuellement les pentes estimatives.

Quatre diagrammes montrant les régressions log-linéaires de l’abondance du brosme d’après l’indice du relevé au chalut de Pêches et Océans Canada (1974 à 2010), le même indice rajusté compte tenu de l’hyperappauvrissement, l’indice des captures par effort de pêche de la pêche commerciale (1986 à 2010) et l’indice du relevé à la palangre sur le flétan (1999 à 2011).

Description longue pour la figure 33

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La variation estimative des effectifs d’individus matures d’après le relevé estival du MPO sur une période de trois générations (1974-2010) a été de -98 %, selon une pente estimative statistiquement significative de -0,103 (tableau 13). Une régression effectuée pour les deux dernières générations (1986-2010) a donné une pente estimative statistiquement significative de -0,117, qui correspond à une variation estimative de -94 % au cours de cette période. La pente estimative établie pour la dernière génération (1998-2010) n’était pas significative, mais la variation estimative s’établissait à -70 %. Pour la série chronologique sur les CPUE, la pente estimative des deux dernières générations (1986-2010) était statistiquement significative et indiquait un changement de -73 %. La variation estimative pour la dernière génération était de -55 %, d’après une pente estimative significative de -0,067. La régression des résultats du relevé sur le flétan a produit une pente positive mais non statistiquement significative de 0,018, ce qui correspond à une variation de +24 % au cours de la période. Les résultats du relevé automnal du NMFS indiquent une variation des effectifs d’individus matures de -83 % au cours des trois dernières générations.

Tableau 13. Sommaire des résultats de la régression log-linéaire pour les différents indices de l’abondance du brosme. Les pentes estimatives sont présentées pour trois périodes (12, 24 et 36 ans). La dernière colonne indique la variation estimative en pourcentage de l’abondance pour chaque période.
Version accessible du Tableau 13
SourceAnnéesDurée de la période (années)NPenteSEVal. PVariation en % durant la période
Relevé estival du MPO1974-20103637-0,1030,010&lt; 0,0001-98 %
1986-20102425-0,1170,021&lt; 0,0001-94 %
1998-20101213-0,1000,0630,141-70 %
Relevé estival du MPO rajusté compte tenu de l’hyperappauvrissement1974-20103637-0,0490,005&lt; 0,0001-83 %
1986-20102425-0,0560,010&lt; 0,0001-74 %
1998-20101213-0,0480,0300,141-43 %
CPUE1986-20102425-0,0550,009&lt; 0,0001-73 %
1998-20101213-0,0670,0180,0034-55 %
Relevé sur le flétan1999-201112130,0180,0160,29424 %
Relevé du NMFS1974-20103637-0,0490,011&lt; 0,0001-83 %
Modèle de production excédentaire1974-20103637-0,0530,001&lt; 0,0001-85 %

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Selon les résultats du modèle de production excédentaire, la biomasse, qui se situait près des niveaux correspondant à la biomasse vierge en 1970, avait diminué à 14 % de ce niveau en 2010. Il s’agit d’une baisse de 85 % de la biomasse (équation 5 appliquée aux données sur la proportion de la figure 31) sur trois générations (figure 34). Le paramètre de forme estimatif β a été utilisé pour rajuster les résultats du relevé du MPO à l’aide de l’équation ÎtIt1/β , et une régression log-linéaire de l’indice rajusté a produit un déclin estimatif de 83 % sur trois générations et un déclin de 73 % sur deux générations, ce qui correspond à la période couverte par l’indice des CPUE. En d’autres termes, les tendances de l’indice du relevé rajusté du MPO et de l’indice des CPUE sont similaires.

Figure 34. Tendance du logarithme naturel de la proportion de la biomasse annuelle par rapport à la capacité de charge, selon un modèle bayésien de production excédentaire.

Diagramme montrant la tendance du logarithme naturel de la proportion de la biomasse annuelle par rapport à la capacité de charge, selon un modèle bayésien de production excédentaire, durant la période 1970 – 2010.

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Le déclin global estimé à 85 % est plus important que le déclin de 63 % estimé par Davies et Jonsen (2011). Il est à noter qu’une partie de l’écart est liée au mode d’estimation du déclin. Comme il est indiqué précédemment, Davies et Jonsen (2011) estiment le déclin de la biomasse de brosme à 59 % entre 1970 et 2001, et à 64 % entre 1970 et 2007. Cette dernière estimation est fondée sur le rapport entre la proportion de la biomasse de 1970 à 2007 (par rapport à la capacité de charge), ou 1 – 0,34/0,91 = 63 %. L’estimation selon l’équation 5 est de 75 %. Pour explorer la source du changement de perception entre les travaux de Davies et Jonsen (2011) et la présente évaluation, on a fourni au modèle original, séparément et de façon combinée, des données à jour sur les captures, les CPUE et le relevé estival au chalut du MPOpour la période 1970 – 2007. Les données à jour ont produit des déclins de la biomasse similaires à ceux de Davies et Jonsen (2011) pour la période 1970 – 2007, ce qui porte à croire que c’est l’ajout des données de la période 2008 – 2011 qui cause la perception d’un déclin supplémentaire (tableau 14).

Tableau 14. Déclin en pourcentage de la proportion de la biomasse par rapport à la capacité de charge pour la période 1970 – 2007 selon différentes mises à jour sur les captures, les CPUE et le relevé estival du MPO apportées au modèle bayésien de production excédentaire de Davies et Jonsen (2011)
ModèleDéclin en pourcentage sur trois générationsR2
Données de Davies et Jonsen (2011)75,2 %0,86
1970-2006 – mise à jour des prises78,9 %0,88
1970-2007 – mise à jour des CPUE73,2 %0,87
1970-2007 – mise à jour du relevé estival du MPO78,2 %0,89
1970-2007 – mise à jour des prises, des CPUE et du relevé76,9 %0,89

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Une tendance dont le modèle ne rend toutefois pas compte est la stabilité (ou la légère augmentation) de la biomasse mature depuis 1999, observée dans le relevé sur le flétan atlantique (figure 24). La pente du relevé sur le flétan ne diffère pas significativement de zéro, alors que celle des autres indices (sauf le relevé estival du MPO pour la période 1998 – 2010) diffère significativement de zéro (tableau 13). Le modèle indique un déclin continu durant cette période. Davies et Jonsen (2011) n’ont pas inclus cet indice dans leur modèle, comme nous l’avons fait ici, à cause de la courte durée de la série chronologique.

Voici un résumé des principales conclusions de l’analyse des tendances. Le relevé au chalut de fond réalisé l’été par le MPO montre un déclin à long terme de l’abondance et de la biomasse, même lorsqu’on tient compte de l’hyperappauvrissement. Ce déclin s’est accompagné d’une diminution des tailles et d’une réduction de l’IZO. Les CPUE à la palangre ont également diminué à un taux semblable, et les données sur la composition selon la taille indiquent que les individus capturés sont plus petits. Il est à noter que les pêches et les relevés se déroulent généralement dans la même zone : la concordance des tendances montre que le même processus est mesuré. Le modèle de population indique aussi un déclin continu de la biomasse de brosme au cours des trois dernières générations. Selon le relevé sur le flétan, on trouve encore de grands brosmes sur le plateau néo-écossais, et la biomasse est stable depuis 1999. Le relevé sur le flétan échantillonne des zones plus profondes au large du plateau, qui ne sont pas couvertes par le relevé au chalut. Il est possible que ces eaux contiennent encore de grands brosmes, alors qu’il n’en resterait plus sur le plateau.

Immigration de source externe

La principale source d’immigration pour l’espèce dans les eaux canadiennes pourrait être le brosme présent dans le golfe du Maine, aux États-Unis. Toutefois, comme l’indiquaient les tendances de la population mentionnées précédemment, le brosme de cette région a subi un déclin similaire à celui du brosme des eaux canadiennes. D’ailleurs, le NMFS a tenu un atelier en novembre 2009 pour décrire le statut du brosme du point de vue des espèces en voie de disparition, et bon nombre des problèmes notés pour le brosme des eaux canadiennes ont été mentionnés à cette occasion. Compte tenu de ce fait et du taux de déplacement sans doute faible de l’espèce, une immigration d’individus provenant du golfe du Maine est peu probable. On croit que les déplacements de brosmes entre l’ouest du Groenland et les eaux canadiennes sont peu nombreux.

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Menaces et Facteurs Limitatifs

La surpêche constitue la menace la plus importante qui pèse sur l’espèce. Il existe deux sources d’information sur les répercussions de la pêche sur la population de brosmes : les débarquements déclarés annuellement pour chaque zone statistique de l’OPANO et les rejets des diverses pêches, déclarés dans le cadre de différents programmes d’observation. En ce qui concerne les débarquements, la plupart des brosmes sont capturés comme prises accessoires lors de pêches ciblant d’autres espèces, notamment la morue, l’aiglefin et la goberge. On a reconnu l’existence d’une pêche à la palangre secondaire, ciblant à la fois le brosme et la merluche blanche. Cette pêche dirigée au brosme et à la merluche blanche combinés) représentait 50 % des captures de brosmes avant 1999; ce pourcentage est passé à 33 % par la suite (COSEPAC, 2003).

Les prises nominales [2] F de brosmes dans les zones statistiques de la Northwest Atlantic Fisheries Organization (NAFO) (figure 35, tableau 15) ont varié entre 3 000 t et 8 000 t environ de 1960, lorsque les données ont commencé à être recueillies, jusqu’au début des années 1990; les débarquements ont alors chuté sous la barre des 2 000 t. Presque tous les débarquements provenaient de la région du plateau néo-écossais et du golfe du Maine. Des brosmes ont également été capturés en petite quantité sur les bancs de Terre-Neuve (SA3) et, dans les années 1960 et 1970, au large de la côte ouest du Groenland (SA1). Presque aucun débarquement n’a été déclaré pour la zone au large du Labrador (SA2) ou pour la région du golfe du Saint-Laurent et du Sydney Bight (4RSTVn).

Figure 35. Total annuel des débarquements de brosmes déclarés pour le nord-ouest de l’Atlantique.

Diagramme montrant le total annuel des débarquements de brosmes déclarés pour le nord-ouest de l’Atlantique, de 1960 à 2010.

Description longue pour la figure 35

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Tableau 15. Débarquements de brosmes (tonnes) déclarés pour tous les pays, par zone statistique de l’OPANO.
AnsSA1SA2SA34RSTVn4VsW4XSA 5+6 + NKTotalCanadaÉ.-U.
196031 3251932 5327683 5612 643871
1961259 88152353 0907264 4133 247856
1962393 1544903 1607934 8553 625836
1963225 24102651 6347822 9401 828865
196441344272634 0989455 7724 2681 037
196523041526883 9451 1125 9964 778974
196620411116444 3521 9737 1865 973995
1967158 20 5284 1022 3627 1706 244757
196861 34 5342 6201 6634 9124 213606
196911927208 3592 3761 1684 2573 429479
19705748753932 8221 3655 0843 995600
19711 76133214 2631 8236 4975 642811
19724 22172994 9991 6857 0266 053932
197380 5915195 1301 8037 5926 2111 255
197457 147256274 6061 7317 1935 6831 236
197513434321246684 4991 8277 5075 5261 407
1976136638316042 3901 4914 7683 1891 285
1977282 1592892 8721 4074 8743 3521 238
1978258 3384574 4591 9077 1225 3071 537
1979  19144383 9752 1866 7944 9081 696
1980  119112493 6762 4346 4894 5511 807
1981  9574223 5293 9287 9815 9651 924
1982  2126904 5382 9878 2296 2901 937
1983  745363 3222 4396 3084 3641 941
1984  812492 4712 1854 9143 1261 788
1985 13512461 8432 6404 7662 3752 363
1986  2253231 6751 8173 8422 1071 729
19873 4234963 1821 6345 3603 9541 391
1988  1242822 3081 4714 0772 9381 131
1989  9 4362 3121 5804 3373 402935
1990  1626082 4881 6514 7653 5411 224
1991  986563 1052 1055 8834 3811 498
1992  20 5073 6932 4326 6525 0531 581
1993  21 3122 0432 0094 3852 9451 431
1994  932921 2131 2602 7771 6931 084
1995  612891 5349622 7922 010782
1996  3 1641 0456611 8731 405468
1997  3 1731 4765912 2431 800443
1998  7 1861 3064951 9941 640354
1999  911517883471 2961 066230
2000  611167853771 2851 097188
2001  9 1091 0415231 6821 502180
20020 2 1028674651 4361 286150
2003  11 757504141 2501 141104
20041 306757534098690679
20051 404772322299790096
20069 703066323394286865
20070 5 508382271 1201 03288
200830 604750910469661254
200928 403945312965357648
2010  403036410550346934

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Bien que les débarquements déclarés par les États-Unis aient été importants dans les années 1980, la majorité des débarquements ont été déclarés par le Canada. Ces débarquements provenaient de navires de la Région des Maritimes du MPO. La part canadienne des débarquements de 1960 à nos jours s’élève à 78 %, tandis que la part américaine est de 20 %. La part restante est déclarée par divers pays qui pêchent principalement dans les zones nordiques (SA1-3).

Les débarquements canadiens proviennent essentiellement de la région de l’ouest du plateau néo-écossais et de la baie de Fundy (4X). Le banc Georges (5Z[3]) arrive au deuxième rang (tableau 16). Les prises canadiennes ont totalisé jusqu’à 6 000 t certaines années, mais sont demeurées inférieures à 2 000 t à compter de 1995. La pêche aux États-Unis a été restreinte à la sous-zone 5 de l’OPANO après l’établissement de la frontière internationale, en 1984. Avant 1984, moins de 5 % des prises américaines provenaient de SA4. Dans SA5, les deux tiers environ des prises américaines déclarées provenaient du golfe du Maine (5Y), le tiers restant provenant du banc Georges. Les prises américaines ont totalisé jusqu’à 2 000 t certaines années, mais sont demeurées inférieures à 500 t à compter de 1995 (tableau 17).

Depuis les années 1970, l’industrie de la pêche au Canada est dominée par les palangriers (tableau 18); ils sont à l’œuvre durant les deuxième et troisième trimestres de l’année (figure 36).

Tableau 16. Débarquements canadiens de brosmes (tonnes) par zone statistique de l’OPANO.
AnsSA34RST4Vn4VS4W4X5Y5ZTotal
1960165 181692 435  2 643
1961379692232 959 43 247
196214 4124733 097 253 625
196329182481 517 431 828
1964 1682483 933 724 268
1965511196693 880 2034 778
1966  1436004 281101 0385 973
19679  314974 00231 7026 244
19682  295052 57781 0924 213
19695  243352 33917253 429
19701031153712 78218123 995
197133111232924 24281 0325 642
19722215 282314 989 7686 053
197313 1374745 10515806 211
197423 1345224 58825135 683
197528 1495264 47394405 526
1976101 765082 342 2523 189
19771563332552 834 2063 352
19781462544014 414 4165 307
1979422473913 95215094 908
1980283671813 627 6634 551
1981552623603 460881 9835 965
1982293826074 42541 1586 290
19837 4894443 219 6014 364
19848 1681812 391 4773 126
198533 1551671 821 2982 375
19862114822351 639 1252 107
198742121623223 165 2603 954
198811 4881862 302 3472 938
19899  983382 307 6503 402
199016 2745342 449 4663 541
19916 81075483 097 6154 381
199220  244793 674 8565 053
199321  492622 035 5782 945
19949 31021901 213 1761 693
19956 1692201 534 1802 010
19963  341301 045 1931 405
19973  281451 476 1481 800
19987  321541 306 1411 640
19999 123128788 1171 066
20006 11799785 1891 097
20019  24851 041 3431 502
20022  2379867 3151 286
20036  1956750 3101 141
20043001354575 261906
20054001037723 126900
200670 822663 168868
20075  1139838 1391 032
20086001532507 52612
20094001623453179576
20104 0723364071469

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Tableau 17. Débarquements américains de brosmes (tonnes) par zone statistique de l’OPANO.
AnsSA34RST4W4X5Y5Z+NKSA6+NKTotal
1960  697460308 871
1961  3131486236 856
1962  563518250 836
1963  9117420319 865
1964  7165471394 1 037
1965   65378531 974
1966  171345578 995
1967   100236421 757
1968   432183432606
1969   37201241 479
1970 1740363189 600
1971 1621532251 811
1972  610668248 932
1973  82597224911 255
1974  218977239 1 236
1975  3261 052326 1 407
1976  14794828811 285
1977  13688931111 238
1978  1451 056435 1 537
1979   201 035641 1 696
1980   371 16360521 807
1981   671 27058431 924
1982   1121 256569 1 937
1983   1031 314524 1 941
1984   801 129579 1 788
1985   211 748594 2 363
19861  361 279413 1 729
1987   17957417 1 391
19881  6688436 1 131
1989   5599331 935
1990   3984134221 224
1991   81 040450 1 498
1992   51 023553 1 581
1993    679752 1 431
1994      1 0841 084
1995      782782
1996      468468
1997      443443
1998      354354
1999      230230
2000      188188
2001      180180
2002      150150
2003       104
2004      7979
2005      9696
2006      6565
2007   06816488
2008   23612454
2009       48
2010       34

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Tableau 18. Débarquements canadiens de brosmes (tonnes) dans le nord-ouest de l’Atlantique, par engin de pêche.
AnsChalut à panneauxPalangreFilet maillantCasierAutresTotal
19607171 514204102 643
19611 0821 8374802803 247
19621 6261 92240733 625
19631 182562120721 828
19641 648537002 0834 268
19653723 865005414 778
19663835 0411605335 973
19675265 4643202226 244
19683513 751901024 213
19693812 8394201673 429
19701773 659451503 995
19713155 1961541125 642
19722505 6349421146 049
19732155 819261696 211
19741055 4361165555 672
19751715 09541138695 514
19761093 0024518143 188
1977863 0666458773 351
19782054 89514213525 307
19791344 714413164 908
19801534 2129353404 551
19811215 7106436305 961
1982546 139504616 290
1983404 212832814 364
1984293 06921703 126
1985312 2112610702 375
1986291 7584627302 106
1987883 6991125023 951
1988762 810321732 938
1989363 232716123 402
1990343 355827003 541
1991274 217315414 330
1992164 8278611605 045
1993352 789564102 921
1994431 572482901 692
1995341 928192902 010
199681 341231501 387
1997171 742212001 800
1998491 55013201 614
1999221 0358011 066
2000171 0499001 075
2001271 4669001 502
2002261 2280001 254
2003311 0980001 130
200423876502906
200520875500900
200619846300868
2007111 0165001 032
200816588500610
200927542600575
201012378700398

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Figure 36. Débarquements de brosmes de la pêche à la palangre, par trimestre.

Diagramme montrant la tendance des débarquements de brosmes de la pêche à la palangre au Canada, par trimestre.

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En ce qui concerne la deuxième source de mortalité (les rejets), il n’existe pas de données de surveillance continue sur les pêches. Des études récentes permettent toutefois d’évaluer les taux de rejet de brosmes. Harris et Hanke (2010) ont ainsi estimé que dans la pêche au homard effectuée dans les zones de pêche au homard (ZPH) 34 et 41, les taux de mortalité consécutive à la capture étaient de 49 % et de 86 %, respectivement. Ces taux sont sans doute sous-estimés. En effet, les brosmes rejetés ne survivent pas compte tenu de la propension de leur estomac à se retourner lors du retrait de l’engin de pêche (Harris et Hanke, 2010). Nous présumons donc ici que le taux de mortalité consécutive à la capture est de 100 %.

Gavaris et al. (2010) ont entrepris une analyse détaillée des données d’observateurs recueilles durant la période 2002 – 2006 pour les divisions 4V à 5Z de l’OPANO. Tout en notant que le taux de présence d’observateurs était généralement trop faible pour permettre l’établissement d’estimations fiables des taux de rejet, ces chercheurs ont pu établir que la pêche à la palangre, la pêche au chalut et la pêche du homard au casier étaient les plus susceptibles d’entraîner le rejet de brosmes. Les taux de rejet des palangriers et des chalutiers pêchant dans les divisions 4VW – 5Z de l’OPANO étaient généralement faibles (tableau 19), s’établissant en moyenne à moins de 1 %. On ne les a donc pas pris en compte. Les taux de rejet de la pêche du homard au casier s’établissaient cependant à 2 à 5 %, ce qui pourrait être significatif compte tenu de la grande quantité d’engins de pêche au homard utilisés au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Tableau 19. Taux de rejet de brosmes (kg de brosmes rejetés par kg de toutes les espèces débarquées; données fournies par K. Clark (tirées d’une étude de Gavaris et al., 2010).
Version accessible du Tableau 19
  Taux de rejet (rejets, kg/toutes les espèces débarquées, kg) 
ZonePêche20022003200420052006Moyenne
4VW 00,00012500,00442200,09 %
4X5YPalangre00,0000930000,00 %
5Z 00,0040660,00242300,0000090,13 %
4VW 000000,00 %
4X5YChalut000,0002550,00001200,01 %
5Z 0,0000020,000035000,0000020,00 %
4VW 0    0,00 %
4X5YCasier à homards0,0129110,0153300,0353830,0240780,0149462,05 %
5Z 0,0216110,03368300,1102750,0525994,36 %

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Deux études ont été entreprises par la suite sur la pêche au homard au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Les activités d’échantillonnage de la première étude, réalisée en 2005 – 2007, ont principalement porté sur la ZPH 34, mais certains échantillons ont été prélevés dans la ZPH 41. Le plan d’échantillonnage et les résultats de cette étude sont présentés dans l’étude de Harris et Hanke (2010).

Les activités d’échantillonnage de la deuxième étude, réalisée en 2009-2010, étaient également concentrées sur la pêche au homard au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Les résultats de cette étude ont été examinés par des pairs lors d’une réunion du Secteur des sciences du MPO tenue au mois d’août 2010, mais n’ont pas encore été publiés. Les résultats présentés ici sont préliminaires et ont été fournis par Peza (2011), qui a noté qu’aucun échantillon n’était disponible pour les ZPH 35 – 38, et qu’aucun brosme n’avait été observé dans les ZPH 27 – 32. Le tableau 20* présente une comparaison des études de 2005-2006 et de 2009-2010, tandis que le tableau 21* présente une comparaison des taux de prises accessoires de la pêche au homard selon l’étude de Gavaris et al. (2010), l’étude de 2005 – 2007 et l’étude de 2009-2010. Dans les ZPH 33 – 34, on estime à 200 à 400 t le poids des brosmes rejetés, alors que ce chiffre est de l’ordre de 22 à 25 t dans la ZPH 41. Pezzack (2011) a estimé que près de trois brosmes (13 kg) étaient rejetés pour chaque tonne de homards capturés dans les ZPH 33 et 34, respectivement. Les rejets sont plus importants dans la ZPH 41 : ils s’élèvent à environ 37 kg de brosmes par tonne de homards capturés. Ces taux de rejet sont très faibles.

*Note : Le tableau 20 et le tableau 21 ne figurent pas dans le présent rapport car ils étaient encore considérés comme PRÉLIMINAIRES à la date de publication. Prière de communiquer avec le Secrétariat à l’adresse Courriel COSEPAC pour obtenir la version finale des tableaux.

Tableau 20[*]. Comparaison des études de 2005-2006 et de 2009-2010 sur les prises accessoires de brosmes (données tirées de Pezzack, 2011).

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Tableau 21[*]. Comparaison des rejets de brosmes dans la pêche au homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, d’après l’étude de Gavaris et al. (2010), l’étude de 2005 – 2007 de Harris et Hanke (2010) et l’étude de 2009-2010 de Pezzack (données tirées de Pezzack, 2011).

*Note : Le tableau 20 et le tableau 21 ne figurent pas dans le présent rapport car ils étaient encore considérés comme PRÉLIMINAIRES à la date de publication. Prière de communiquer avec le Secrétariat à l’adresse Courriel COSEPAC pour obtenir la version finale des tableaux.

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Les débarquements de homard dans les ZPH 33, 34 et 41 depuis la saison de pêche 1999-2000 sont de l’ordre de 20 000 t par année. Selon les taux de rejet indiqués ci-dessus, les rejets de brosmes seraient de l’ordre de 250 à 300 t par année depuis 1999-2000 (tableau 22). Par comparaison, les débarquements moyens déclarés pour le Canada s’établissent à 500 – 1 500 t durant cette période (tableau 16). Bien que les taux de rejet de brosmes dans la pêche au homard soient très faibles et présentent un degré d’incertitude élevé, ces rejets représentent probablement une proportion significative des prises totales récentes de brosmes.

Tableau 22. Rejets de brosmes (tonnes) dans la pêche au homard du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, estimés d’après des études récentes réalisées par le MPO sur les rejets.
Version accessible du Tableau 22
 ZPH 33ZPH 34ZPH 41 
SaisonDébarquementsRejetsDébarquementsRejetsDébarquementsRejetsRejets – total
1960-611 32942 305300034
1961-621 08232 548330036
1962-631 08532 896380041
1963-641 02333 221420045
1964-6596032 851370040
1965-6671122 708350037
1966-6754922 710350037
1967-6880322 844370039
1968-691 05633 888510054
1969-7083634 580600062
1970-7198634 06653100460
1971-7261624 037523341267
1972-7348514 457584931878
1973-7459523 771494161566
1974-7553123 973525452073
1975-7638213 914516782577
1976-7735213 463456352370
1977-7821312 813376842563
1978-7941613 037396092363
1979-8024813 229425492063
1980-8136313 060405732162
1981-8244813 663484681766
1982-8346114 546594781878
1983-841 04435 138674401686
1984-851 65855 9387777829111
1985-862 38576 8919080730127
1986-872 79487 67310060722131
1987-882 58988 47911052719137
1988-891 88868 20110745117129
1989-902 03769 44912356521150
1990-912 420711 07114466425176
1991-921 84968 87611558622143
1992-931 73158 91611665724145
1993-941 968610 32613477729169
1994-951 39549 69212667725155
1995-961 825510 30713465024164
1996-971 867610 59313867825168
1997-982 104611 88615553820181
1998-992 162612 99316972927202
1999-002 297713 51417671126209
2000-012 521816 50321571727249
2001-022 753819 05424872627283
2002-032 344717 61322971827263
2003-042 006617 80123171727264
2004-052 524817 2502241 01337269
2005-062 596816 99122178029258
2006-073 040916 79621869126253
2007-082 574816 64121669226250
2008-093 4781017 73323154120261
2009-103 4291019 62025586932298

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Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

Au chapitre des lois et règlements internationaux, le brosme ne figure dans aucune des annexes de la CITES.

Au Canada, le MPO, en vertu de la Loi sur les pêches, a établi le Plan de pêche axé sur la conservation (PPAC) qui vise les navires à engins fixes des divisions 4VWX de l’OPANO (MPO, 2011). Les autres flottilles (p. ex., navires à engins mobiles, navires hauturiers) ont leur propre PPAC. De plus, un PPAC distinct a été établi pour la division 5Z de l’OPANO. Les débarquements de brosmes sont assujettis à un système de plafond par flottille visant les navires de moins de 45 pieds. Un premier plafond de 1 000 t, instauré en 1999, a par la suite été abaissé à 750 t en 2003. Ce système tient compte du fait que la pêche dirigée au brosme est interdite, mais que ce poisson constitue une prise accessoire autorisée des pêches ciblant d’autres espèces de poisson de fond, comme la morue, l’aiglefin et la merluche blanche. Une fois le plafond atteint, les brosmes capturés ne peuvent être débarqués et doivent être rejetés. Comme il était indiqué précédemment, on croit que le taux de mortalité consécutive à la capture est de 100 %; il est donc peu probable que cette mesure de gestion permette de protéger le brosme. Les permis des flottilles hauturières (plus de 100 pieds) et des flottilles semi-hauturières (65 à 100 pieds) ne prévoient aucun plafond. Ces flottilles doivent plutôt respecter une limite de poids de 10 % par sortie, et le MPO surveille les débarquements pour s’assurer que les niveaux historiques ne sont pas dépassés. Tout dépassement entraînerait l’imposition d’un plafond (Docherty, 2011). En 2010-2011, les quotas visant les flottilles de la Région des Maritimes du MPO ont totalisé 656 t.

Dans les divisions 4VWX de l’OPANO, les débarquements de brosmes par sortie ne peuvent dépasser 25 % du poids brut des espèces ciblées, et les débarquements ne peuvent en aucun temps excéder un poids brut de 4 000 livres (1 818 kg). Dans la division 5Z de l’OPANO, la quantité de brosmes par sortie de navire à engins fixes ne peut dépasser la moindre des valeurs suivantes : 15 % de la quantité combinée de morue, d’aiglefin et de goberge à bord du navire, ou 3 000 livres (1 364 kg) (poids brut). De plus, tout détenteur de permis qui dépasse délibérément ou régulièrement cette limite doit défrayer le coût lié à la présence accrue d’observateurs. Le MPO se réserve le droit de fermer la pêche pour la flottille, le cas échéant.

Tous les débarquements des navires à engins fixes de plus de 45 pieds sont assujettis à une vérification à quai (PVQ). Les navires à engins fixes de moins de 45 pieds sont assujettis à une vérification à quai minimale de 25 % des débarquements, mais le niveau de vérification réel se rapproche davantage de 50 % (Docherty, 2011).

En ce qui concerne les engins fixes, l’hameçon doit avoir une ouverture minimale de 12 mm (hameçons circulaires nos 10/0 à 12/0) (Halliday, 2002).

Aucune fermeture de période ou de zone de pêche n’est imposée pour le brosme, outre les fermetures visant les autres poissons de fond (p. ex., morue et aiglefin) et le homard. Mentionnons la fermeture de la pêche à l’aiglefin sur les bancs Browns et Émeraude ainsi que la fermeture de la pêche au homard dans la ZPH 40. Les fermetures imposées sur les bancs Browns et Émeraude limitent la pêche des poissons de fond, mais non la pêche au homard qui, comme il est indiqué précédemment, pourrait entraîner la capture d’un nombre significatif de brosmes. Depuis 1999, les exploitants qui sont titulaires de permis de pêche au homard ne sont pas autorisés à débarquer des brosmes et ont l’obligation de rejeter tous les individus capturés.

La Loi sur les espèces en péril ne contient aucune disposition spéciale sur le brosme. En 2003, le COSEPAC a désigné le brosme comme espèce menacée. Le gouverneur en conseil a décidé de ne pas inscrire l’espèce à la liste de la LEP, suivant la recommandation du ministre des Pêches et des Océans. Le paragraphe suivant, qui résume les raisons pour lesquelles l’espèce n’a pas été inscrite à la liste de la LEP, est tiré de la Gazette du Canada (7 juillet 2012).

« À la lumière des nouvelles mesures de gestion appliquées, de l’absence de certitude scientifique concernant le déclin de l’espèce, de la probabilité potentiellement élevée d’augmentation de la biomasse de brosme, des répercussions socioéconomiques et des préoccupations des parties intéressées mentionnées ci-dessus, Pêches et Océans Canada propose de ne pas inscrire l’espèce en vertu de la LEP et de continuer la gestion du brosme selon l’actuel Plan de gestion intégrée de la pêche du poisson de fond. »

L’espèce est classée S3S4 au Québec.

Aux États-Unis, l’Endangered Species Act ne contient aucune disposition spéciale sur la protection du brosme. Toute la réglementation a trait à la Magnuson – Stevens Fishery Conservation and Management Act (MSRA). Aucun TAC (total autorisé des captures) ni aucune limite de prises ne sont établis. Comme le brosme est capturé de façon accessoire dans les pêches ciblant d’autres espèces réglementées, il n’est visé par aucun règlement sur les engins, les périodes et les zones de pêche autorisés, outre les règlements (p. ex., fermetures de zones) pouvant s’appliquer aux pêches dirigées ciblant ces autres espèces (p. ex., pêche au chalut à panneaux dans le golfe du Maine ou sur le banc Georges).

Statuts et classements non juridiques

Le brosme ne figure pas sur la Liste rouge de l’UICN.

Protection et propriété de l’habitat

Les fermetures existantes de zones de pêche et de conservation pourraient contribuer à la protection de l’habitat du brosme (O’Boyle, 2011). Il s’agit des fermetures suivantes :

  • fermetures de la pêche au poisson de fond, région du golfe du Maine, États-Unis (17 131 km2)
  • fermeture des frayères de l’aiglefin, banc Browns (12 332 km2)
  • fermeture des aires de croissance de l’aiglefin, bancs Émeraude et Occidental (12 776 km2)
  • fermeture de la pêche au homard, banc Browns (6 554 km2)
  • zone de protection marine du goulet, plateau néo-écossais (2 364 km2)
  • zones de conservation des coraux, plateau néo-écossais (439 km2)

Dans le cadre de la fermeture des frayères de l’aiglefin sur le banc Browns, la pêche de tous les poissons de fond est interdite de mars à juin chaque année. La fermeture des aires de croissance de l’aiglefin sur les bancs Émeraude et Occidental entraîne l’interdiction de la pêche de tous les poissons de fond durant toute l’année. On trouve cependant peu de brosmes dans ces secteurs. Aux États-Unis, les fermetures imposées toute l’année s’appliquent à la pêche de tous les poissons de fond. Ces fermetures ne visent cependant pas des zones où les brosmes sont communs.

La zone de protection marine du goulet offre un moyen efficace, prévu par la Loi sur les océans du Canada,de limiter les répercussions de la pêche, notamment sur le milieu benthique et l’écosystème. Mais là encore, les avantages pour le brosme pourraient être limités. Enfin, on trouve deux zones de conservation des coraux sur le plateau néo-écossais : celle du chenal Nord-Est et celle de Lophelia. Cette dernière zone devrait présenter peu d’avantages pour le brosme, contrairement à la zone du chenal Nord-Est. Toute pêche au poisson de fond à l’aide d’engins mobiles est interdite dans le secteur; la pêche à la palangre est autorisée, mais seulement dans certaines zones et en présence d’un observateur.

De façon globale, il existe au Canada et aux États-Unis des mesures réglementaires qui, tout en ne ciblant pas spécifiquement le brosme, contribueront probablement dans une certaine mesure à la protection de l’espèce.

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Remerciements et Experts Contactés

Le rédacteur du présent rapport de situation remercie les personnes et les organismes suivants, qui ont offert leur aide et fourni de l’information et des données :

Centre Référence Atlantique, Saint Andrews (Nouveau-Brunswick)
L. Van Guelpen

COSEPAC
M. Goit, J. Wu

Dalhousie University, Halifax (Nouvelle-Écosse)
T. Davies, I. Jonsen

MPO, Région de Terre-Neuve-et-Labrador, St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador)
B. Davis, M. Koen-Alonso, B. McCallum, D. Power, A. Russell

MPO, Région des Maritimes, Dartmouth (Nouvelle-Écosse) et Saint Andrews (Nouveau-Brunswick)
C. Annand, J. Black, A. Bundy, J. Choi, D. Clark, K. Clark, R. Claytor, D. Bowen, S. Campana, P. Comeau, A. Cook, C. Den Heyer, V. Docherty, R. Halliday, L. Harris, J. Gale, R. Grandy, E. Kenchington, V. Kostylev, T. McIntyre, J. Neilson, G. Parsons, D. Pezzack, J. Porter, A. Serdynska, J. Simon, S. Smith, K. Smedbol, J. Tremblay, T. Worcester

MPO, Région du Golfe, Moncton (Nouveau-Brunswick)
G. Chouinard, R. Morin, D. Swain

MPO, Région du Québec, Mont-Joli (Québec)
D. Bernier, H. Bourdages, D. Duplisea, D. Gascon

MPO, Région du Centre et de l’Arctique, Winnipeg (Manitoba)
K. Martin, M. Treble

Institute of Marine Research, Bergen, Norvège
O. Bergstad, K. Helle

North East Fisheries Science Center, NMFS, Woods Hole (MA)
L. O’Brien, P. Rago

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Sources d’Information

Andriyashev, A.P. 1954. Fishes of the northern seas of the USSR, Israel Program for Scientific Translation, Jérusalem, 1964, 53:146-147.

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Sommaire Biographique du Rédacteur du Rapport

M. O'Boyle a obtenu un baccalauréat et une maîtrise ès sciences des universités McGill et Guelph en 1972 et en 1975, respectivement. Il a joint les rangs du ministère des Pêches et des Océans (MPO) en 1977 en entrant au service de l’Institut océanographique de Bedford (IOB), situé à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, à titre de scientifique spécialisé en évaluation des stocks. Il a travaillé au MPO pendant plus de 30 ans et a pris sa retraite en octobre 2007. Au cours de ses dix premières années au MPO, il a participé activement à l’élaboration de méthodes d’évaluation des stocks et a réalisé des évaluations portant sur la plupart des stocks de poissons de la Région des Maritimes (harang, capelan, morue, aiglefin, goberge, poissons plats et plus récemment, les grands requins pélagiques). Il a entrepris la gestion de programmes scientifiques environ à la même époque en dirigeant le Programme d’étude de l'ichthyoplancton du plateau néo-écossais ainsi que les sections Biomathématiques et informatique et Dynamique des populations. En 1987, il a été promu gestionnaire de division et a pris en charge les programmes de recherche sur les poissons ainsi que les activités d’évaluation d’une équipe composée de plus de 70 scientifiques et membres du personnel de soutien. M. O'Boyle est resté en poste jusqu’en 1996. Il est alors devenu responsable des examens par les pairs et des avis scientifiques concernant les ressources en poissons, en invertébrés et en mammifères marins de la Région des Maritimes, ainsi que de la gestion de l’habitat et des pratiques et méthodes en matière de gestion des océans. En 2000, il a été nommé directeur associé des Sciences, poste qu’il a occupé jusqu’à sa retraite en 2007. À titre de directeur associé, il a pris une part active à la gestion du programme scientifique du MPO à l’échelle régionale et nationale. Il a participé à plusieurs examens nationaux et internationaux, allant de la conception de programmes scientifiques à l’évaluation de ressources. Il est président de la société Beta Scientific Consulting Inc., qui fournit divers services dans le domaine de la gestion des océans, dont l’organisation et l’animation de rencontres et d’ateliers, les analyses techniques, les examens et les activités de sensibilisation. Il est également un chercheur scientifique émérite de l’Institut océanographique de Bedford, où il réalise des projets de recherche sur la gestion et l’évaluation des ressources et des océans.

1 L, K et T0 représentent la longueur maximale, le coefficient de croissance et l’âge correspondant à une longueur nulle selon le modèle de croissance de von Bertalanffy.

2Les prises nominales correspondent au poids vif estimé des prises conservées qui sont déclarées comme débarquements au titre des systèmes statistiques nationaux et sont communiquées à l’OPANO.

3L’établissement d’une frontière maritime entre les eaux canadiennes et américaines en 1984 a restreint la pêche aux eaux nationales, soit aux secteurs 5Zc pour les pêcheurs canadiens et 5Zu pour les pêcheurs américains. Les pêcheurs des deux pays avaient auparavant accès à l’ensemble du banc Georges (5Ze), de même qu’à des secteurs situés plus à l’ouest (5Zw+SA6), mais presque aucune prise n’a été déclarée pour ces secteurs par l’un ou l’autre pays.

* Pour obtenir l’annexe 1, s’adresser au Secrétariat à l’adresse Courriel COSEPAC.

* Pour obtenir l’annexe 2, s’adresser au Secrétariat à l’adresse Courriel COSEPAC.

* Pour obtenir l’annexe 3, s’adresser au Secrétariat à l’adresse Courriel COSEPAC.

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