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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline azurée au Canada – Mise à jour

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COSEPAC
Résumé

Paruline azurée
Dendroica cerulea

Information sur l’espèce

La Paruline azurée est un oiseau de petite taille (de 8 à 10 g) qui appartient à la famille des Parulidés.

 

Répartition

Cette espèce se reproduit dans des forêts caducifoliées de l’Est du continent nord-américain, mais sa répartition est très éparse. Elle passe l’hiver dans les Andes, depuis le Venezuela jusqu’en Bolivie, en Amérique du Sud. L’aire de répartition au Canada comporte deux noyaux géographiques principaux en Ontario, et on retrouve un petit nombre de nicheurs dans le Sud-Ouest du Québec.

 

Habitat

Dans son aire de reproduction, la Paruline azurée est associée à des forêts de feuillus matures caractérisées par la présence d’arbres de grande taille et d’un sous-étage ouvert. On la retrouve dans des forêts de terres basses humides aussi bien qu’en terrain élevé sur des crêtes sèches. En Ontario, l’espèce occupe également de vieilles forêts de feuillus de seconde venue. À une plus petite échelle spatiale, cette paruline montre des préférences marquées pour certains micro-habitats. La configuration du couvert forestier (p. ex. stratification du feuillage et répartition des essences et des ouvertures dans le couvert) pourrait être le plus important prédicteur de la qualité de l’habitat de reproduction pour l’espèce.

Dans l’Est de l’Ontario, de 70 à 80 p. 100 de la forêt de feuillus initiale a été défrichée avant les années 1880. Toutefois, au cours du dernier siècle, il s’est produit dans cette région une importante régénérescence des forêts, parallèle à celle observée dans le Nord-Est des États-Unis au cours des dernières décennies. La Paruline azurée hiverne dans des forêts sempervirentes humides d’Amérique du Sud qui, par ailleurs, se prêtent très bien à la colonisation humaine et à l’agriculture, en particulier la culture du café. En conséquence, de vastes pans d’habitat d’hivernage ont été considérablement altérés. Heureusement, l’espèce peut habiter dans des forêts modifiées (p. ex. où l’on cultive le café) durant l’hiver.

 

Biologie

Même si la Paruline azurée suscite un grand intérêt, la biologie de base de cette espèce demeure peu étudiée et peu comprise. En général, les couples ne produisent qu’une nichée par année, bien qu’on ait observé des doubles nichées. Dans l’Est de l’Ontario, sur une période de huit ans, la fécondité moyenne était de 1,9 jeune prenant son envol par couple nicheur, mais il existait de grandes variations d’une année à l’autre à cet égard. Dans une étude génétique de cinq noyaux géographiques de l’espèce dans l’ensemble de l’aire de reproduction (dont deux en Ontario), les estimations tirées de données obtenues par microsatellite ont permis de constater des niveaux de flux génique suffisants pour prévenir une différenciation génétique par dérive. Dès lors, il est indéniable que la dispersion entre noyaux géographiques, présumément opérée par de jeunes individus, prend une part importante dans la dynamique de la population.

La Paruline azurée semble être strictement insectivore durant la saison de nidification, mais elle est nectarivore en dehors de celle-ci. Quant aux oiseaux encore au nid ou aux jeunes aptes à voler, ils sont nourris presque exclusivement de larves de lépidoptères.

L’espèce semble être relativement résistante aux perturbations, tant naturelles qu’anthropiques, de son habitat. Dans l’Est de l’Ontario, elle niche avec succès dans des forêts où l’on pratique l’acériculture et la sylviculture de régénération par coupes progressives. De plus, elle a résisté aux dommages causés à l’habitat par la tempête de verglas de janvier 1998.

La Paruline azurée présente deux comportements qui la rendent particulièrement vulnérable. Premièrement, malgré l’apparente résistance de l’espèce à certaines perturbations, la grande fidélité au site que manifestent les adultes peut faire en sorte que ceux-ci demeurent dans des habitats non propices, parce qu’ils semblent incapables de « se rendre compte » de la dégradation des lieux. Deuxièmement, la longue durée des périodes de migration de cette paruline (deux mois au printemps et quatre à l’automne) pourrait exposer certains individus à des stress physiologiques élevés et à un grand risque de prédation, ainsi qu’à des perturbations des habitats le long des voies de migration.

 

Taille et tendances de la population

De toutes les espèces de Parulidés, c’est la Paruline azurée qui a subi la plus forte baisse d’effectifs pendant la période de 1966 à 2000. Néanmoins, l’aire de cette espèce serait en expansion dans le Nord-Est des États-Unis et dans le Sud de l’Ontario et du Québec. On ne peut établir avec certitude si l’accroissement apparent des populations au Canada au cours des 50 dernières années représente une expansion véritable de l’aire, s’il résulte d’une recolonisation ou encore s’il s’agit simplement d’une conséquence du fait que le public et les scientifiques s’intéressent davantage à l’espèce.

Il y aurait entre 500 et 1 000 couples nicheurs de Parulines azurées au Canada. Or, étant donné le caractère épars de l’habitat de cette paruline, par ailleurs difficile à étudier, il est malaisé de déterminer quel serait l’effectif maximum. Actuellement, les meilleures estimations de la taille de la population en Amérique du Nord oscillent entre 85 000 et 287 000 couples.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Les trois principaux facteurs limitatifs qui touchent la Paruline azurée sont la destruction de l’habitat dans les aires de reproduction et d’hivernage et le long des voies de migration, la fragmentation de l’habitat existant et la dégradation de l’environnement (p. ex. sous l’effet des pluies acides).

 

Importance de l’espèce

La Paruline azurée a suscité un intérêt considérable dans le public et chez les scientifiques et les personnes qui se préoccupent de la conservation de la nature. En effet, la perception positive dont elle bénéficie fait en sorte que les gens s’intéressent énormément à sa conservation. Bien qu’elle ne semble pas remplir de rôle essentiel sur le plan écologique, cette paruline est devenue un indicateur de l’état des forêts de feuillus matures de l’Est du continent nord-américain. En Ontario, la gestion des habitats forestiers en fonction de cette espèce aura vraisemblablement un effet positif sur d’autres espèces des forêts de l’intérieur présentant un intérêt.

 

Protection actuelle ou autres désignations

Aux États-Unis, la Paruline azurée ne figure pas sur la liste fédérale des espèces en péril et, au Canada, elle est considérée par le COSEPAC comme une espèce préoccupante. La Migratory Bird Treaty Act (1918) la protège puisqu’elle en interdit la capture directe. L’organisme NatureServe lui attribue le rang mondial G4 (espèce commune).

 

Résumé du rapport de situation

Depuis la publication du premier rapport sur la situation de la Paruline azurée au Canada, il semble que la présence de l’espèce au pays soit demeurée stable ou qu’elle ait peut-être diminué, tant sur le plan des effectifs que sur celui de la répartition. Compte tenu des besoins connus de cette paruline en matière d’habitat, les principaux facteurs limitatifs continueront d’exercer une influence, quelle que soit la taille de la population. Toutefois, la plus grande menace qui peut peser à longue échéance sur la situation de l’espèce est le fait que sa biologie de base demeure peu documentée et peu comprise, tout particulièrement en ce qui touche la formation des couples et les systèmes sociaux, le choix de l’habitat à l’échelle du paysage ainsi que l’écologie des haltes migratoires, ce qui influe directement sur notre capacité de gérer et de maintenir les populations.