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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline azurée au Canada – Mise à jour

Répartition

Répartition mondiale

La Paruline azurée se reproduit principalement entre le Centre-Nord du Minnesota, le Nord du Wisconsin, le centre de la basse péninsule du Michigan, le Sud de l’Ontario, l’État de New York et l’Ouest du Vermont, au nord, et le Massachusetts, le Connecticut, le New Jersey, la Pennsylvanie, le Nord du Delaware, la Virginie-Occidentale, la Caroline du Nord et le Nord de la Géorgie, au sud, ainsi que le centre de l’Arkansas, le Missouri et l’Iowa, à l’ouest. On a également rapporté des activités de reproduction par endroits dans le Nord (Sud-Est du Québec), dans le Sud (Nord du Mississippi) et dans l’Ouest (est de l’Oklahoma, Kansas et Nebraska) (figure 2; Dunn et Garret, 1997; Hamel, 2000a; Rosenberg et al., 2000). La répartition de l’espèce dans cette aire n’est pas uniforme. En effet, on observe d’importantes concentrations d’individus dans les monts Cumberland au Tennessee, le complexe de milieux humides de Montezuma dans l’État de New York, le Sud de l’Illinois, le Sud-Est de l’Ontario et la Virginie-Occidentale. Des mentions sont enregistrées à l’occasion en Amérique du Nord, tant au Canada (Manitoba, Nord de l’Ontario, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse) qu’aux États-Unis (Arizona, Californie, Colorado, Nevada, New Hampshire, Nouveau-Mexique, Dakota du Nord).


Figure 2 : Répartition de la Paruline azurée dans l’aire de reproduction en Amérique du Nord

Figure 2 : Répartition de la Paruline azurée dans l’aire de reproduction en Amérique du Nord

Modifiée d’après Hamel, 2000a.

La Paruline azurée passe l’hiver dans la cordillère des Andes, en Amérique du Sud (figure 3). L’aire d’hivernage englobe le Nord et l’Ouest du Venezuela, les deux versants des Andes en Colombie, et le versant est de la cordillère en Équateur, au Pérou et en Bolivie (Ridgley et Tudor, 1989; Robbins et al., 1992). L’espèce a été observée en dehors de ces limites, entre autres deux fois dans le Sud-Est du Brésil (Ridgely et Tudor, 1989), à quelques reprises dans l’Est du Venezuela et sur le versant Ouest des Andes en Équateur (Dunn et Garrett, 1997), de même qu’en hiver, aux îles Caïmans, au Costa Rica et au Panama (Bent, 1953; Hamel, 2000a). L’espèce a tendance à se confiner à des zones dont l’élévation varie entre 500 et 1 500 mètres (Robbins et al., 1992).

Lors de la migration, au printemps et à l’automne, la masse des individus longe les vallées du Mississippi et de l’Ohio (Hamel, 2000a). Les Parulines azurées survolent en général le golfe du Mexique et, dans une moindre mesure, suit les côtes des Caraïbes, en Amérique centrale (Parker, 1994; Howell et Webb, 1995; Hamel, 2000a). Des mentions rapportées des Bermudes et des Antilles à l’automne révèlent qu’une partie de la population migre en passant par les Grandes Antilles (Dunn et Garrett, 1997).


Figure 3 : Répartition de la Paruline azurée dans l’aire d’hivernage en Amérique du Sud

Figure 3 :  Répartition de la Paruline azurée dans l’aire d’hivernage en Amérique du Sud (modifiée d’après Ridgley et Tudor, 1989).

Modifiée d’après Ridgley et Tudor, 1989). L’étoile indique une observation à l’extérieur de l’aire, dans le Sud-Est du Brésil.


Répartition canadienne

L’aire de reproduction de la Paruline azurée n’a pas beaucoup changé depuis la rédaction du premier rapport de situation du CSEMDC (Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) par McCracken en 1993. L’Ontario abrite toujours deux grands noyaux géographiques, l’un dans le Sud de la province, dans les forêts caroliniennes qui séparent le secteur inférieur du lac Huron et le lac Ontario, et l’autre plus au nord, dans le corridor qui s’étend vers l’est entre la péninsule Bruce et la rivière des Outaouais, où les nicheurs se concentrent sur l’axe de Frontenac à la pointe est du lac Ontario. Un petit nombre d’individus se reproduit également dans le Sud-Est du Québec (figure 4). Bien qu’incomplète, la version courante de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario (www.birdsontario.org/atlas/atlasmain.html) confirme bien l’existence de ces deux noyaux géographiques en Ontario, même si la disparition de quelques foyers locaux et la colonisation de sites les ont redessinés. La Banque de données sur les oiseaux menacés du Québec (BDOMQ; Shaffer, comm. pers., 2002) fait état de mentions de mâles chanteurs en 14 endroits dans cette province depuis 1965. Cependant, seuls huit de ces sites ont accueilli plus d’un individu, et l’on n’a confirmé des activités de reproduction qu’à six de ces huit endroits (figure 4).


Figure 4 : Répartition actuelle de la Paruline azurée dans l’aire de reproduction au Canada

Figure 4 : Répartition actuelle de la Paruline azurée dans l’aire de reproduction au Canada

Modifiée d’après Ouellet, 1967.

Eagles, 1987, McCracken, 1993, Cyr et Larivée, 1995, et les données de 2001-2002 de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario).
Les cercles indiquent les observations effectuées durant la première ou la seconde (2001-2002 seulement) période de collecte de données de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario, ou les deux périodes
(cercles pleins = observations durant les deux périodes;
cercles vides = observations durant la première période, mais pas encore durant la seconde;
cercles divisés = observations durant la seconde période seulement).
Les carrés indiquent les observations effectuées au Québec
(carrés vides = une seule observation;
carré divisé = observations plus d’une année;
carrés pleins = preuve de nidification).

Les sites de baguage interceptent très rarement des Parulines azurées (par exemple, on compte 35 mentions émanant de l’observatoire d’oiseaux de Long Point, 1967-2002; Francis, comm. pers., 2002). Au printemps, les dates d’arrivée les plus précoces jamais documentées sont le 18 avril en Ontario (Hamel, 2000a) et le 6 mai au Québec (David, 1996). Le site de biologie de la Queen’s University constate une tendance à des retours plus précoces dans l’Est de l’Ontario depuis les huit dernières années (13 mai en 1994; 2 mai en 2001; Jones et al., données inéd.). La plupart des adultes quittent les sites de nidification du Canada avant la fin d’août.

La présence de Parulines azurées est considérée comme accidentelle en Nouvelle-Écosse (17 mentions; Currie, comm. pers., 2002) et au Nouveau-Brunswick (6 mentions; Christie, comm. pers., 2002), et rare à Terre-Neuve-et-Labrador (7 mentions; Montevecchi, comm. pers., 2002). La découverte, le 2 juin 1924, d’une femelle près du lac Whitewater, au Manitoba, demeure l’unique mention confirmée au pays de la présence de l’espèce à l’ouest de la frontière Manitoba–Ontario (Taylor, comm. pers., 2002).