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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Paruline azurée au Canada – Mise à jour

Habitat

Besoins en matière d’habitat

a. Lieux de reproduction – On associe depuis longtemps la Paruline azurée aux régions boisées et surtout aux forêts de feuillus matures caractérisées par des arbres de grande taille et un sous-étage ouvert (Hamel, 2000a). On retrouve l’espèce dans les forêts de terres basses humides aussi bien qu’en terrain élevé sur les pentes mésiques. En Ontario, celle-ci occupe également de vieilles forêts de feuillus de seconde venue (Peck et James, 1987; Jones et Robertson, 2001). Généralement, on considère que la Paruline azurée est une espèce sensible à la superficie de l’habitat (Robbins et al., 1992; Hamel, 2000a). Selon la documentation, la superficie minimale nécessaire oscille entre 20 et 30 hectares en Ohio et est de 1 600 hectares au Tennessee (Robbins et al., 1992; Hamel, 2000a). Dans l’Est de l’Ontario, la Paruline azurée s’est reproduite dans des parties de forêts de seulement 10 hectares (Jones et Robertson, données inédites). La distribution spatiale des îlots forestiers (particulièrement la distance entre les îlots propices) joue sans aucun doute un rôle important dans la détermination des choix de lieux de nidification et dans la sensibilité à la superficie de l’habitat de la Paruline azurée; il faudrait étudier davantage cet aspect.

À plus petite échelle, la Paruline azurée montre des préférences marquées pour certains micro-habitats. On reconnaît habituellement les territoires par la présence de grands arbres bien espacés, avec de hauts couverts forestiers et un feuillage dense dans le haut de l’étage médian et le couvert, parce que les oiseaux ont tendance à éviter les endroits où le sous-étage est dense (Hamel, 2000a; Jones et Robertson, 2001). Les individus passent la majeure partie de leur temps dans le haut du couvert forestier. Il ne semble pas y avoir de préférence systématique quant au choix de l’essence forestière pour l’établissement des nids (Oliarnyk et Robertson, 1996; Hamel, 2000a; Jones et Robertson, 2001). Plusieurs chercheurs ont signalé l’importance apparente d’ouvertures à l’intérieur du couvert forestier pour l’établissement de territoires propices à la reproduction de l’espèce (Bent, 1953; Harrison, 1984; Oliarnyk et Robertson, 1996).

Dans l’Est de l’Ontario, les Parulines azurées n’utilisent pas toutes les parties de leur territoire de la même façon (Barg, 2002). Les mâles utilisent davantage certains secteurs (secteurs centraux), où se concentre la majeure partie de l’activité vocale. Dans chaque territoire, le secteur central se distingue par la végétation et la structure. Certains secteurs centraux en particulier sont dominés par le caryer cordiforme (Carya cordiformis), une des essences de l’Est de l’Ontario dont la feuillaison complète est la plus tardive. Comme le chant de la Paruline azurée ne semble pas particulièrement adapté pour assurer une portée efficace dans les forêts denses (Woodward, 1995), on suppose que les mâles choisissent ces secteurs centraux pour en maximiser la propagation (Barg, 2002). Il semble que la configuration du couvert forestier (p. ex. la stratification du feuillage et la répartition des essences et des ouvertures) puisse être une caractéristique importante de l’habitat de reproduction propice à l’espèce.

b. Migration– On possède peu de renseignements de fond sur les besoins en matière d’habitat de la Paruline azurée pendant les migrations. Des individus ont été observés dans des forêts alpestres humides à faible élévation au Belize (Parker, 1994), ainsi que dans des forêts primaires et secondaires du Guatemala (Land, 1970), du Costa Rica (Stiles et Skutch, 1989) et du Panama (Ridgely et Gwynne, 1989).

c. Aire d’hivernage – La Paruline azurée passe l’hiver sur le versant est des Andes, en Amérique du Sud, dans de vieilles forêts sempervirentes humides. Elle établit aussi ses quartiers dans des forêts modifiées, comme des plantations de caféiers sous couvert forestier (Jones et al., 2000b, 2002).


Tendances

Dans l’Est de l’Ontario, entre 70 et 80 p. 100 de la forêt caducifoliée originale a été défrichée avant les années 1880, en grande partie à cause de l’établissement de colons et de l’industrie forestière (Keddy, 1994; MRNO, 1997). Cependant, les sols minces ont rendu la plupart des terrains déboisés non cultivables, de sorte qu’au cours du dernier siècle, l’agriculture a graduellement perdu son statut de secteur économique dominant dans la région. Par conséquent, il y a eu une importante régénérescence des forêts; on s’attend à ce que le couvert forestier global moyen se stabilise à environ 40 p. 100 dans l’Est de l’Ontario (MRNO, 1997). Cette régénérescence correspond à ce qui a été observé dans certaines parties de l’Est des États-Unis au cours des dernières décennies (Askins, 1993). Toutefois, sans études détaillées de la fidélité au site et du succès de reproduction de la Paruline azurée, il est difficile de déterminer si cet accroissement apparent de la disponibilité de l’habitat est accompagné d’une hausse simultanée de la qualité de l’habitat. De plus, ce phénomène reste particulier à certaines régions. Dans le Sud-Ouest de l’Ontario, les peuplements matures sont devenus de plus en plus rares, en partie à cause du manque d’engagement du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario dans la gestion des boisés privés (Friesen, comm. pers., 2002).

Dans l’aire d’hivernage d’Amérique du Sud, la Paruline azurée préfère des habitats qui sont aussi prisés par les humains pour la colonisation et l’agriculture, entre autres, pour la production de café, de cacao, de thé, de riz d’altitude et de coca (Robbins et al., 1992; Stotz et al., 1996). À l’exception des forêts de la côte atlantique du Brésil, les forêts alpestres humides d’Amérique du Sud ont été altérées plus fortement que n’importe quel autre type de forêt sud-américaine (Robbins et al., 1992; Stotz et al., 1996).


Protection de l’habitat et propriété des terrains

En Ontario, même si un nombre relativement élevé de Parulines azurées occupe des terres publiques protégées, la majeure partie de l’habitat de l’espèce appartient à des particuliers (Jones, obs. pers.). En ce moment, on ne possède pas d’estimation précise du nombre de Parulines azurées qui se reproduisent sur des terres publiques. En s’appuyant sur des données préliminaires (Jones, données inéd.), on estime qu’entre 10 et 20 p. 100 de la population du Canada se trouve sur des terres publiques protégées, mais il faudra mener d’autres études pour préciser cette estimation.