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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le rorqual commun (Balaenoptera physalus) au Canada – Mise à jour

COSEPAC Résumé

Rorqual commu
Balaenoptera physalus

Information sur l’espèce

Les rorquals communs de l’hémisphère sud et de l’hémisphère nord sont considérés comme des sous-espèces, en raison de légères différences morphologiques et de leur isolement reproductif soupçonné : le B. p. physalus vit dans l’hémisphère nord, et le B. p. quoyi, dans l’hémisphère sud. En français, ce cétacé est également appelé baleine à nageoires et baleinoptère commun. Les noms anglais les plus souvent employés sont fin whale, finback et finner.

Le rorqual commun est le plus gros membre de la famille des Balénoptéridés après le rorqual bleu (B. musculus). Il se reconnaît à la vitesse de ses déplacements et à son corps élancé, mais sa caractéristique la plus distinctive est sans doute la pigmentation asymétrique de sa mâchoire inférieure – foncée du côté gauche et pâle du côté droit. Cette asymétrie se prolonge sur une partie des fanons.

Dans les eaux canadiennes, le rorqual commun est le plus souvent confondu avec le rorqual bleu ou le rorqual boréal. Il existe de fortes similitudes entre le rorqual commun et le rorqual boréal en ce qui a trait à la taille du corps, à la coloration et à la forme de la nageoire dorsale.  

Répartition

Le rorqual commun vit dans tous les océans du monde et effectue généralement des migrations saisonnières entre ses lieux d’hivernage, sous de basses latitudes, et ses lieux d’alimentation, sous des latitudes plus élevées. En hiver, les populations semblent se disperser davantage. Les lieux d’hivernage de l’espèce sont encore mal connus. En été, les rorquals communs de l’ouest de l’Atlantique Nord se rassemblent dans le golfe du Saint-Laurent, sur la plateforme néo-écossaise, dans la baie de Fundy, dans les eaux littorales et extracôtières de l’île de Terre-Neuve et au large du Labrador. Dans l’est du Pacifique Nord, les rorquals communs traversent vraisemblablement les eaux canadiennes pendant leurs migrations, même s’il est possible d’en observer un grand nombre qui passent l’été à se nourrir dans les eaux de la Colombie-Britannique.

Habitat

L’habitat estival du rorqual commun est caractérisé par de faibles températures de surface et par des fronts océaniques. Dans l’ouest de l’Atlantique Nord, la population est disséminée un peu partout depuis la zone littorale jusqu’en haute mer, bien au-delà du rebord de la plateforme continentale. Dans le Pacifique, seuls 17 p.100 des rorquals communs dépecés par les sites baleinières avaient été capturés sur la plateforme continentale. Les lieux d’alimentation du rorqual commun se distinguent surtout par leurs fortes concentrations de proies, en particulier les euphausiacés et les bancs de petits poissons. Les caractéristiques des lieux de reproduction demeurent pour l’instant inconnues.

Biologie

Le rorqual commun atteint la maturité sexuelle à l’âge de 5 à 15 ans et la maturité physique vers l’âge de 25 ans. Il fait quelque 17 m en moyenne à la maturité sexuelle. Les adultes peuvent mesurer de 20 à 27 m, et ceux de l’hémisphère nord sont légèrement plus courts (longueur moyenne de 24 m) et plus légers (de 40 à 50 tonnes) que ceux de l’hémisphère sud. Selon toute vraisemblance, la conception et la mise bas auraient lieu en hiver sous de basses latitudes. La gestation dure de 11 à 12 mois. À la naissance, les baleineaux mesurent en moyenne 6 m. Ils sont sevrés après environ six mois, ce qui donne un cycle de reproduction d’environ deux ans. Il existe peu d’information sur les taux de mortalité de l’espèce.

Les chercheurs ont observé une migration saisonnière échelonnée, les femelles gravides gagnant les lieux d’alimentation des hautes latitudes avant les mâles adultes et les femelles au repos. Cependant, comparativement au profil de migration des rorquals à bosse, par exemple, celui des rorquals communs semble diffus. Ce ne sont pas tous les individus qui migrent à chaque année, et certains passent de longues périodes dans les lieux d’alimentation.

Le rorqual commun a un régime alimentaire plutôt varié. Dans le Pacifique Nord, il mange surtout des euphausiacés, une assez bonne quantité de copépodes et un peu de poissons et de calmars. Dans l’Atlantique Nord, le rorqual commun se nourrit d’euphausiacés, de capelans et de harengs, les proportions variant de façon appréciable selon la région et la saison.

Taille et tendances des populations

Selon les estimations antérieures à la chasse commerciale, le Pacifique Nord abritait une population de rorquals communs de 40 000 à 45 000 individus. À la fin de la chasse commerciale, il en restait peut-être de 13 000 à 19 000, concentrés pour la plupart dans la moitié est du bassin. Les sites baleinières de la Colombie-Britannique ont dépecé plus de 7 600 rorquals communs. Les estimations démographiques minimales les plus récentes pour la région de la Californie, de l’Oregon et de l’État de Washington (au début des années 2000) se chiffraient à environ 2 500 individus et, dans la mer de Béring, s’élèvent environ à 5000 individus en 1999.

Dans le cas de l’Atlantique Nord, les estimations antérieures à la chasse commerciale étaient également de l’ordre de 30 000 à 50 000 individus. Les meilleures estimations récentes dont nous disposions pour des secteurs de l’ouest de l’Atlantique Nord sont de 2 814 individus (CV = 0,21) pour la zone comprise entre le banc Georges et l’embouchure du golfe du Saint-Laurent, estimation fondée sur des recensements effectués en 1999, et d’environ 800 individus dans le golfe du Saint-Laurent, d’après des recensements effectués au milieu des années 1990.

Les données recueillies jusqu’à présent ne permettent pas de dégager de tendance pour l’une ou l’autre des populations.  

Facteurs limitatifs et menaces

Les menaces les plus directes sont les engins de pêche et les collisions avec les navires. Les interactions écologiques de la pêche pourraient toucher de façon négative le rorqual commun, mais celles-ci n’ont jamais été clairement précisées, et les hypothèses émises n’ont pas été validées. Il se peut que les bruits sous-marins d’origine humaine dégradent l’habitat de l’espèce et qu’ils entravent la communication, mais les détails restent incertains. Nous ignorons également la nature exacte et l’ampleur des impacts de la pollution chimique et du changement climatique sur les populations de rorquals communs.

Le rorqual commun est le deuxième animal en taille de la planète. Il a déjà été le pivot de l’industrie moderne de la chasse à la baleine. De nos jours, l’espèce revêt une grande importance économique pour les entreprises de la région de l’Atlantique qui organisent des croisières d’observation des baleines, en particulier à l’entrée de la baie de Fundy et dans l’estuaire du Saint-Laurent.

Protection actuelle et autres désignations

Le rorqual commun figure sur la liste des espèces menacées d’extinction (endangered) de l’Union mondiale pour la nature (UICN) en raison du déclin démographique rapide et important qu’a entraîné la chasse à la baleine au XXe siècle. L’espèce est également inscrite à l’annexe 1 de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), qui interdit ainsi le commerce des produits qui en sont issus. En outre, elle figure sur la liste des espèces en voie de disparition (endangered) de l’Endangered Species Act des États-Unis. Le moratoire sur la chasse commerciale imposé par la Commission baleinière internationale demeure en vigueur. Au Groenland, la chasse au rorqual commun est contingentée selon un régime dit « de subsistance » sanctionné par la Commission baleinière internationale.

Au Canada, le Règlement sur les mammifères marins (règlement fédéral pris en vertu de la Loi sur les pêches) interdit toute perturbation des mammifères marins. Pêches et Océans Canada, Parcs Canada et Environnement Canada disposent tous trois de lois qui les habilitent à créer des aires protégées en milieu marin.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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