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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le rorqual commun (Balaenoptera physalus) au Canada – Mise à jour

Information sur l’espèce

Nom et classification

Classe :

Mammifère

Ordre :

Cétacé

Famille :

Balénoptéridés

Genre :

Balaenoptera

Espèce :

Balaenoptera physalus

Nom commun français :

Rorqual commun

Nom commun anglais :

Fin ou finback whale

Le rorqual commun était autrefois appelé Balaenoptera musculus (le rorqual bleu portait alors le nom scientifique de Balaenoptera sibbaldii) jusqu’à ce que True (1899) évalue le Systema Naturae de Linné. Par la suite, l’espèce a été rebaptisée Balaenoptera physalus (L. 1758) (Rice, 1998).

Les rorquals communs de l’hémisphère sud et de l’hémisphère nord sont considérés comme des sous-espèces géographiquement séparées, le B. p. physalus vivant dans l’hémisphère nord, et le B. p. quoyi (Fischer, 1829), dans l’hémisphère sud. Cette distinction est fondée sur des différences morphologiques et sur l’isolement reproductif des deux sous-espèces soupçonné en raison de calendriers de migration opposés (Rice, 1998; Aguilar, 2002; Notarbartolo-Di-Sciaraet al., 2003).

En français, plusieurs noms sont utilisés pour désigner l’espèce : rorqual commun, baleine à nageoires et baleinoptère commun. Parmi les noms anglais les plus couramment employés, citons fin whale, finback et finner (Gambell, 1985; Jefferson et al., 1993).

Hershkovitz (1966) a énuméré un certain nombre de noms qui serviraient à désigner l’espèce chez les peuples autochtones.

Description

Le rorqual commun appartient à la famille des Balénoptéridés et il occupe le second rang derrière le rorqual bleu (B. musculus) pour ce qui est de la taille. On l’appelle souvent le « lévrier de la mer », en raison de sa vitesse de déplacement et de son corps élancé (Reeves et al., 2002). Vue du dessus, la tête, qui représente de 20 à 25 p.100 de la longueur totale du corps, est étroite, avec un rostre particulièrement pointu, les deux évents (narines) entourés de valvules proéminentes et une crête longitudinale médiane unique. Les yeux se trouvent juste au-dessus des commissures de la gueule. La mâchoire inférieure est latéralement convexe et dépasse de 10 à 20 cm l’extrémité du rostre lorsque la gueule est fermée. La nageoire dorsale, falciforme ou pointue, se trouve près de la queue, à peu près aux trois quarts de la surface dorsale de l’animal, et peut atteindre 60 cm de hauteur. Derrière la nageoire dorsale, le pédoncule caudal porte une crête longitudinale prononcée.

Le rorqual commun a le dos et les flancs gris foncé ou gris-brunâtre, la coloration des flancs pâlissant progressivement pour céder le pas au blanc sur le ventre. Certains spécimens portent une marque en forme de V sur le dos, derrière la tête. La coloration de la mâchoire inférieure est asymétrique – le côté gauche est foncé et le côté droit, pâle. Cette pigmentation asymétrique se prolonge sur les fanons : le tiers avant des fanons du côté droit de la gueule sont blanc-jaunâtre, tandis que tous les autres fanons sont bleu-gris foncé. Ce type de coloration est caractéristique de l’espèce (Agler et al., 1990). Les ailerons et la nageoire caudale sont également blancs sur le dessous. Le ventre blanc de l’animal peut prendre une teinte jaunâtre dans les eaux froides, coloration généralement associée à la présence de diatomées (Gambell, 1985; Aguilar, 2002). Certains adultes portent des traces de plaies créées par la ventouse buccale des lamproies ou des rémoras, ou encore, sur les nageoires ou le corps, des entailles et des cicatrices qui pourraient provenir d’un contact avec des engins de pêche ou d’autres animaux (Seipt et al., 1990; Notarbartolo-Di-Sciara et al., 2003).

Les femelles adultes sont de 5 à 10 p.100 plus longues que les mâles adultes (Aguilar, 2002; Ralls et Mesnick, 2002). Les rorquals communs adultes qui vivent dans les eaux de l’hémisphère sud peuvent mesurer jusqu’à 4 m de plus que leurs congénères de l’hémisphère nord (Bannister, 2002), et leurs ailerons sont plus longs et plus étroits (Nemoto, 1962).

Le rorqual commun peut être confondu avec le rorqual bleu (B. musculus), le rorqual boréal (B. borealis), le rorqual de Bryde (B. brydei) (Jefferson et al., 1993)et le Balaenoptera omurai, récemment décrit (Wada et al., 2003). Cependant, le rorqual de Bryde tend à se restreindre à des climats chauds (au sud du 40e parallèle Nord) (Omura, 1959). Pour sa part, le B. omurai est nettement plus petit et n’a jusqu’ici été rencontré que dans l’ouest du Pacifique Nord. Il est donc peu probable que le rorqual commun puisse être confondu avec ces deux espèces dans les eaux canadiennes.

Sur le plan morphologique, le rorqual commun est à peu près de même taille que le rorqual bleu, mais il a la tête plus pointue. Un examen minutieux révèle que le rorqual commun n’a qu’une seule crête longitudinale sur la tête alors que le rorqual de Bryde en a trois (Leatherwood et al., 1988). En outre, la nageoire dorsale est plus grande que chez le rorqual bleu et elle se trouve plus près de la queue et ressort moins haut à la surface de l’eau que celle du rorqual boréal et du rorqual de Bryde. Lorsqu’un rorqual commun remonte à la surface de l’eau, il montre d’abord ses évents, puis sa nageoire dorsale. Dans le cas du rorqual boréal et du rorqual de Bryde, les évents et la nageoire dorsale apparaissent presque de façon simultanée (Leatherwood et al., 1988). Le rorqual bleu est le seul représentant du genre Balaenoptera qui sort régulièrement sa nageoire caudale de l’eau avant d’entamer un plongeon en eau profonde.

Sur les deux côtes, le rorqual commun et le rorqual boréal ont de fortes similitudes pour ce qui est de la taille du corps, de la coloration, de la forme de la nageoire dorsale et de l’aire de répartition (Kate Wynne, comm. pers.; University of Alaska Fairbanks, School of Fihseries and Ocean Sciences, 118 Trident Way, Kodiak [Alaska], 99615; Hal Whitehead, comm. pers.; Department of Biology, Dalhousie University, Halifax [Nouvelle-Écosse], B3H 4J1). Ces similitudes font du rorqual boréal l’espèce la plus susceptible d’être confondue avec le rorqual commun dans les eaux canadiennes.

Il est possible d’identifier des individus par leurs cicatrices, leurs profils pigmentaires, la forme de leur nageoire dorsale et leurs entailles (Agler et al., 1990). De légères variations ont été observées sur le plan de la taille et de la pigmentation dans différentes régions de l’hémisphère nord (Aguilar, 2002).