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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la buse rouilleuse au Canada – Mise à jour

Résumé

Buse rouilleuse
Buteo regalis

Information sur l’espèce

La Buse rouilleuse (Buteo regalis; anglais : Ferruginous Hawk) est un grand oiseau de proie diurne qui occupe les espaces dégagés de l’ouest de l’Amérique du Nord. À bien des égards, elle est semblable à l’Aigle royal. Elle possède de longues ailes larges à l’extrémité arrondie et une queue en éventail. Deux formes de coloration existent. Les parties supérieures de la forme pâle, la plus courante, sont brunes (ses épaules et son dos portent de nombreuses marques cannelle orangé et blanches), ses parties inférieures blanches sont striées de brun et sa queue est blanche ou grisâtre. Les oiseaux de la forme sombre, moins courante, ont un plumage brun foncé (certaines de leurs plumes ont une bordure couleur cannelle) et une queue blanche, rosâtre ou grise.

Répartition

La Buse rouilleuse occupe les prairies, les arbustaies et les régions désertiques de l’ouest du Canada et des États-Unis. Au Canada, elle niche dans le sud de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba; deux ou trois couples ont niché dans le sud de la Colombie-Britannique, du moins historiquement.

Le Canada possède environ 10 % de la répartition mondiale de la reproduction de la Buse rouilleuse, et cette aire diminue; l’espèce n’occupe maintenant que 48 % de son aire de répartition historique au Canada.

Habitat

À l’est des montagnes Rocheuses, la Buse rouilleuse dépend grandement des prairies indigènes qui sont exposées à la dégradation, à la conversion et à la fragmentation en raison de l’urbanisation, de l’agriculture et du développement industriel. À l’ouest des Rocheuses, elle utilise surtout les prairies et les steppes arbustives arides. En revanche, elle évite les parcs de peupliers faux-trembles, les forêts alpestres et les régions d’agriculture intensive. Au début du xxe siècle, la répartition de la Buse rouilleuse a diminué à la limite nord de l’aire de répartition au Canada à cause de l’agriculture et de l’invasion des peupliers faux-trembles dans la partie restante des prairies indigènes mésoïques en raison de l’extinction des incendies. La Buse rouilleuse est très vulnérable à la perte d’habitat et est considérée comme étant spécialiste des prairies indigènes. 

Biologie

 La Buse rouilleuse se méfie des humains, est de nature discrète et se repose souvent au sol. Ainsi, elle est beaucoup moins visible que d’autres oiseaux de proie sympatriques, comme la Buse de Swainson, ce qui rend plus difficile le suivi de ses populations. L’espèce utilise une grande variété de structures pour la nidification, notamment des falaises, des arbres, des poteaux de services publics, des bâtiments agricoles, de la machinerie agricole abandonnée, des meules de foin et des nichoirs artificiels. Apparemment monogame (bien que trois oiseaux soient parfois observés ensemble), la Buse rouilleuse est territoriale et se reproduit pour la première fois à l’âge de deux ans. La taille des couvées varie de deux à huit œufs. L’espèce est un prédateur qui attend patiemment; de cinq à dix oiseaux ont été observés en train de s’attaquer à des communautés de chiens de prairie. À l’est des Rocheuses, la Buse rouilleuse dépend d’une espèce-proie importante, le spermophile de Richardson; à l’ouest de ces montagnes, elle chasse les lièvres, les chiens de prairie et les gaufres.

Taille et tendances des populations

La Buse rouilleuse occupe maintenant environ la moitié de son aire de répartition historique au Canada. En 2005, la population en Alberta a été estimée à 618 ± 162 couples, beaucoup moins que les estimations antérieures. On ignore si cela est dû à un déclin réel du nombre d’individus dans la province ou au perfectionnement des techniques d’inventaire, mais il semble maintenant que la population est faible depuis 2000. En Saskatchewan, la population avait auparavant été estimée entre 300 et 500 couples d’après les sites de nidification connus, l’occupation des sites et l’extrapolation de petites aires d’étude. Un inventaire effectué en 2006 a permis de dénombrer 278 nids dans cette province, lors d’une recherche qui couvrait tous les sites de nidification historiques et environ 12 % de l’aire de répartition de l’espèce à cet endroit. Au Manitoba, la dernière estimation de la population (2005) est de 42 couples. L’ensemble de la population canadienne compte probablement environ 1 200 couples, à peu près la moitié du nombre estimé en 1998.

Les preuves des récents déclins des populations de Buses rouilleuses proviennent de dénombrements effectués à des postes de surveillance des oiseaux de proie. En revanche, les données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) laissent plutôt croire que la population est stable ou en croissance, bien que ce dernier présente de nombreuses lacunes dans le suivi des tendances des populations d’oiseaux de proie. La dernière analyse des dénombrements d’oiseaux migrateurs de l’ouest de l’Amérique du Nord (de 1977 à 2001) a révélé des déclins importants sur quatre des six sites de surveillance des oiseaux de proie analysés. Sur deux de ces sites, les taux de passage ont augmenté jusqu’au début et au milieu des années 1990, pour ensuite diminuer; des déclins à long terme se sont produits sur les deux autres sites.

Comme de nombreuses autres espèces d’oiseaux de proie, les paramètres des populations (par exemple, le succès de reproduction) de Buses rouilleuses varient en fonction de l’abondance et de la disponibilité des proies. Les fluctuations naturelles des populations de spermophiles se reflètent dans les paramètres de reproduction de la Buse rouilleuse. Bien que les populations puissent sembler saines dans les régions herbeuses de l’Alberta, leur habitat est saturé et des preuves plutôt solides montrent que l’espèce est en déclin.

Facteurs limitatifs et menaces

Les facteurs limitatifs sont, en ordre d’importance par rapport à leur probabilité : l’augmentation des perturbations engendrées par l’activité humaine (surtout sur les sites de nidifications), la diminution de l’abondance des proies (le spermophile de Richardson), la perte et/ou le déclin de la qualité de l’habitat des prairies herbeuses indigènes, la compétition interspécifique (de la part d’autres espèces du genre Buteo) et l’exploration des ressources pétrolières et gazières.

Importance de l’espèce

La Buse rouilleuse est spécialiste des prairies indigènes et une des espèces qui s’adaptent le moins parmi plusieurs autres buses des prairies.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La Buse rouilleuse a été désignée comme une espèce menacée par le COSEPAC en 1980 mais, lors de la dernière évaluation en 1995, elle a été classée dans une catégorie de moindre risque, soit comme étant préoccupante. Elle figure sur la liste de l’annexe 3 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral (LEP, 2002). Elle est inscrite parmi les espèces en voie de disparition en vertu de de la Wildlife Act de l'Alberta et parmi les espèces menacées en vertu de la Manitoba Endangered Species Act, mais elle n’est inscrite à aucune liste en Saskatchewan.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril(LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce àl’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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