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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la buse rouilleuse au Canada – Mise à jour

Habitat

Besoins en matière d’habitat

À l’est des Rocheuses, la Buse rouilleuse dépend fortement des prairies indigènes et à l’ouest de ces montagnes, elle utilise grandement les prairies, les steppes arbustives et d’autres régions arides (Bechard et Schmutz, 1995). En revanche, elle évite les parcs de peupliers faux-trembles (Populus tremuloides), les forêts alpestres et les régions d’agriculture intensive. Étant donné que le spermophile de Richardson (Spermophilus richardsonii), qui constitue la proie la plus importante de la Buse rouilleuse, préfère les endroits où plus de 30 % des terres sont cultivées et où les graminées mesurent moins de 30 cm (Downey et al., 2006), il est probable que ce type d’habitat soit également privilégié par la Buse rouilleuse; cette hypothèse a été confirmée par une corrélation positive entre les densités de nidification des buses et les densités de spermophiles (Downey et al., 2005). Bien que les territoires de la Buse rouilleuse puissent comprendre des zones cultivées, les sites de nidification sont généralement situés dans des pâturages ou des prairies indigènes (Figure 3; Schmutz, 1993; Bechard et Schmutz, 1995). Dans une grande partie de l’aire de répartition de l’espèce, les prairies ont été exposées à la destruction, la dégradation et la fragmentation en raison de l’urbanisation, de l’agriculture et du développement industriel (Bechard et Schmutz, 1995). La Buse rouilleuse est très vulnérable à la perte d’habitat et est considérée comme une spécialiste des prairies indigènes.

Figure 3. Distribution de la fréquence des nids de la Buse rouilleuse par rapport à la densité des terres cultivées dans les parcelles d’échantillonnage en Alberta (Schmutz, 1993).

Figure 3.  Distribution de la fréquence des nids de la Buse rouilleuse par rapport à la densité des terres cultivées dans les parcelles d’échantillonnage en Alberta (Schmutz, 1993).

Tendances en matière d’habitat

Au début du xxe siècle, la répartition de la Buse rouilleuse s’est rétractée à la limite de son aire de répartition au Canada en raison de l’agriculture et de l’extinction des incendies qui a permis l’invasion des peupliers faux-trembles dans la portion restante des prairies indigènes (Houston et Bechard, 1984; Schmutz et al., 1992). Cependant, l’invasion des peupliers faux-trembles ne constitue pas un problème dans les régions plus sèches de l’aire de répartition de l’espèce. La relation négative entre la proportion de terres cultivées et l’occupation des sites par la Buse rouilleuse a été prouvée à maintes reprises dans plusieurs régions géographiques différentes (voir par exemple Gilmer et Stewart, 1983; Woffinden et Murphy, 1989; Schmutz, 1993, 1994). Une raison proposée pour expliquer cette relation est la très grande vulnérabilité de l’espèce aux perturbations pendant la saison de nidification. Toutefois, il y a certaines preuves que le type de perturbations est important; celles causées par l’exploitation minière entraînent l’abandon des nids, et la productivité est faible près des puits de pétrole et de gaz (Olendorff, 1993; Stepnisky et al., 2004). Les chemins de fer ne perturbent pas les couples nicheurs, ce qui n’est pas le cas des routes principales et secondaires, comme le montre le fait que la Buse rouilleuse niche plus loin des routes que la Buse de Swainson (Bechard et Schmutz, 1995). La vulnérabilité de la Buse rouilleuse peut avoir pour conséquences que les couples évitent les endroits sujets à des perturbations, abandonnent leur nid, causant ainsi l’échec de la nidification, ou construisent leur nid ailleurs.

Même si l’espèce est vulnérable aux perturbations, le fait que la proportion de terres cultivées dans l’habitat de la population échantillon de l’Alberta soit demeurée inchangée entre 1982 et 2005 donne à penser que des facteurs autres que la perte d’habitat au profit de l’agriculture ont causé les déclins des effectifs de Buses rouilleuses (Downey, 2005). Ces facteurs peuvent inclure la perte d’habitat au profit de l’exploration des ressources pétrolières et gazières, d’ensembles résidentiels ou d’autres activités.

Protection et propriété

Le terrain le plus propice à la Buse rouilleuse est le pâturage appartenant à des intérêts privés et exploité par ceux-ci où le parcours naturel domine (Schmutz, 1999; Houston, 2004). Près de 500 km² d’habitat propice sont protégés dans le parc national du Canada des Prairies.