Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la buse rouilleuse au Canada – Mise à jour

Biologie

Cycle vital et reproduction

Il semble que la Buse rouilleuse se reproduise pour la première fois à l’âge de deux ans (Bechard et Schmutz, 1995). La proportion d’adultes qui se reproduisent est déterminée par la disponibilité des proies, en particulier dans les populations qui dépendent du lièvre (à l’ouest des Rocheuses) et du spermophile (à l’est des Rocheuses). Certains couples pourraient également avoir une tendance nomade liée à la disponibilité des proies, ce qui pourrait expliquer la nature dynamique des populations reproductrices (Bechard et Schmutz, 1995).

La taille des couvées varie, mais celles comptant de 2 à 4 œufs sont courantes (la taille varie de 1 à 8 œufs; voir Bechard et Schmutz, 1995 pour plus de précisions). Dans une étude récente, Houston et Zazelenchuk (2006) ont constaté que la taille moyenne des couvées varie de < 2,6 oisillons par nid au cours des très mauvaises années à > 3,2 oisillons par nid au cours des très bonnes années, d’après un relevé de 1 433 nids. Le succès de reproduction sur l’ensemble de la vie de l’espèce est peu connu, mais un mâle bagué en Alberta a contribué à l’envol d’au moins 20 jeunes sur une période de 7 ans (Bechard et Schmutz, 1995).

En Alberta et en Saskatchewan, le taux de survie annuel d’un adulte a été estimé à 0,708 (erreur-type = 0,024) et celui d’un oisillon au cours de sa première année, à 0,545 (erreur-type = 0,147) (Schmutz et al., 2008).

Prédateurs

La Buse rouilleuse adulte n’a probablement comme seuls prédateurs que le Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus) et l’humain; relativement peu de cas prouvés de prédation des nids existent. La vulnérabilité des nids de l’espèce relativement à la prédation varie en fonction de leur emplacement. Par exemple, Bechard et Schmutz (1995) considèrent le coyote (Canis latrans), le blaireau d’Amérique (Taxidea taxus) et le renard (Vulpes spp.) comme de graves menaces pour les couples nichant au sol et leurs oisillons. Les corbeaux (Corvus sp.) et le Grand Corbeau (Corvus corax) s’attaquent aux œufs et aux oisillons, mais le Grand-duc d’Amérique est le principal prédateur des oisillons; l’Aigle royal (Aquila chrysaetos) fait également sa proie des jeunes (Bechard et Schmutz, 1995).

Physiologie

Aucune donnée.

Déplacements et dispersion

Contrairement aux populations reproductrices méridionales plus ou moins sédentaires ou se déplaçant sur de courtes distances, les populations septentrionales de Buses rouilleuses (de l’État de Washington, du Montana, du Dakota du Nord, de l’Alberta et de la Saskatchewan) sont migratrices (Bechard et Schmutz, 1995). Les individus des Grandes Plaines du Nord et du Centre restent à l’est de la ligne de partage des eaux, suivent les prairies pendant leur migration et font des spermophiles et des chiens de prairie leurs proies. Leurs destinations d’hivernage sont l’Oklahoma, le Texas et le nord du Mexique (Bechard et Schmutz, 1995; Houston et Zazelenchuk, 2006). Une enquête trinationale sur les aires de migration et d’hivernage de la Buse rouilleuse est en cours (Watson et Banasch, 2005); les résultats préliminaires montrent que les populations canadiennes hivernent aussi loin au sud que dans l’Oklahoma.

Relations interspécifiques

En règle générale, la Buse rouilleuse est plus souvent harcelée par d’autres Buteos qu’elle ne harcèle d’autres espèces. Par contre, elle harcèle l’Aigle royal et le Grand-duc d’Amérique parce que ces deux espèces chassent ses oisillons. Sur les sites d’hivernage au Texas, l’Aigle royal et le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) l’emportent dans les disputes au sujet des proies capturées par la Buse rouilleuse. Cette dernière est également dominée par la Buse de Swainson dans les aires de reproduction (Bechard et Schmutz, 1995).

La Buse rouilleuse niche dans des habitats grandement utilisés par la Buse de Swainson et, moins fréquemment, par la Buse à queue rousse (Buteo jamaicensis). La défense collective des territoires de chevauchement entre la Buse rouilleuse et les autres Buteos peut soit être favorable (hausse du succès de reproduction) ou défavorable (baisse du succès de reproduction) si des relations agonistiques interspécifiques ont lieu (des interactions agonistiques se produisent également contre des intrus en laisse) (références dans Bechard et Schmutz, 1995). Cette question est d’intérêt puisque la compétition de la part d’autres Buteos a été proposée pour expliquer le déclin des populations de Buses rouilleuses dans certaines régions (Schmutz, 1984).

Adaptabilité

La Buse rouilleuse semble s’adapter difficilement, étant donné qu’elle est spécialiste des prairies indigènes. Contrairement à la Buse de Swainson, elle ne s’adapte pas bien à l’agriculture.