Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sébaste canari au Canada

Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Sébaste canari
Sebastes pinniger
au Canada
2007

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le sébaste canari (Sebastes pinniger), le Canary rockfish en anglais, est l’une des 102 espèces du genre Sebastes, dont 96 se trouvent dans le Pacifique Nord (Love et al., 2002). Le nom scientifique provient du mot grec sebastos (magnifique) et des mots latins pina(nageoire) et gero (porter) (Hart, 1973), dont l’interprétation signifie « qui porte une grande nageoire » (Love et al., 2002). Au moins 36 espèces de sébastes ont été observées dans les eaux canadiennes du Pacifique (Graham Gillespie, comm. pers.), et ce nombre augmente avec les progrès des recherches en génétique (Gharrett et al., 2005). À l’heure actuelle, aucune sous-espèce de sébaste canari n’a été identifiée. En langue anglaise, le sébaste canari porte d’autres noms communs, notamment orange rockfish, snapper, red snapper et fantail rockfish. On le confond souvent avec d’autres sébastes de couleur jaune ou rouge, comme le sébaste aux yeux jaunes (S. ruberrimus).


Description morphologique

Les individus adultes du sébaste canari portent généralement des taches orange sur fond gris pâle ou blanc (Love et al., 2002). Trois bandes caractéristiques orange clair traversent diagonalement la tête. La ligne latérale, bien démarquée et de couleur blanche ou grise, se prolonge antérieurement à partir de la nageoire caudale. Les nageoires sont orange clair. La nageoire anale est effilée, et sa bordure extérieure incline fortement vers l’avant (Mecklenburg et al., 2002). La nageoire caudale est très dentelée (Love et al., 2002).


Description génétique

Aucune étude génétique n’a été menée sur des individus du Canada. Les travaux de génétique de Wishard et al.(1980) parlent d’un faible niveau d’échanges génétiques entre les populations du nord de la Californie et du nord de l’État de Washington, mais les résultats ne sont pas concluants. Des travaux préliminaires sur neuf loci de microsatellites polymorphiques ont été rapportés par Gomez-Uchida et al. (2003). Ils ont noté un polymorphisme aux neuf loci, soit 6 à 28 allèles ayant des hétérozygoties espérées variant entre 0,42 et 0,88. Les auteurs en ont conclu que la population de cette espèce est peut-être hautement structurée.


Unités désignables

Dans ses eaux territoriales du Pacifique, le Canada a géré le sébaste canari comme s’il formait deux stocks distincts : un stock du sud, ou de la côte ouest de l’île de Vancouver (zones 3C + 3D de la Commission des pêches maritimes du Pacifique [CPMP]), et un stock central, ou du détroit de la Reine-Charlotte (zones 5A + 5B de la CPMP) (Stanley, 1999, voir aussi le Pacific Groundfish Management PlanNote de bas de page 6) (Fig. 1 ).

 


Figure 1 : Distribution spatiale des prises du sébaste canari en Colombie-Britannique enregistrées dans les journaux d’observation des pêcheries commerciales au chalut (1996-2004)

Distribution spatiale des prises du sébaste canari en Colombie-Britannique enregistrées dans les journaux d’observation des pêcheries commerciales au chalut (1996-2004).

Les zones désignées par la Commission des pêches maritimes du Pacifique (CPMP) sont également indiquées.

Il existe, près de l’extrémité nord de l’île de Vancouver, des indices d’une frontière naturelle partielle séparant les populations; celle-ci délimite le domaine des remontées côtières sud (de la Basse-Californie à 50,5°N) et le domaine des plongées côtières (de 50,5°N aux îles Aléoutiennes) (Ware et McFarlane, 1988; King, 2005). Certaines populations de poissons démersaux de part et d’autre de cette frontière ne semblent pas fluctuer de manière synchrone; par exemple, entre les deux régions, le recrutement est asynchrone chez le sébaste argenté (Stanley et Kronlund, 2000) et les déplacements de la morue charbonnière diffèrent (Kimura et al., 1997).

Le sébaste canari est également présent dans les zones 5C, 5D et 5E de la CPMP, surtout dans la partie sud de la zone 5C et dans toute la zone 5E, mais les prises au chalut dans celles-ci sont limitées en raison du manque de fonds chalutables, en particulier dans la zone 5E. Par conséquent, aucune évaluation de ces populations n’a été effectuée. La délimitation des stocks n’a aucun fondement biologique; elle est plutôt fondée sur un principe de précaution visant à répartir la mortalité par la pêche, compte tenu de la possibilité d’une structure de la population.

La population de la Colombie-Britannique chevauche probablement en partie les populations des États-Unis. La population située entre la Californie et l’État de Washington est évaluée en tant que population unique (Methot et Stewart, 2005).

Le sébaste canari au nord et au sud de l’extrémité nord de l’île de Vancouver pourrait constituer deux populations (ce qui correspond à la séparation des stocks à des fins de gestion des pêches), mais il n’existe actuellement aucun fondement pour définir plus d’une unité désignable. L’espèce est donc considérée comme une seule unité désignable dans les eaux canadiennes du Pacifique dans le présent rapport.

Notes de bas de page

Note de bas de page 6

Pacific Region Integrated Fisheries Management Plan Groundfish Trawl, 1er avril 2005 au 31 mars 2006. (http://www-ops2.pac.dfo-mpo.gc.ca/xnet/content/MPLANS/MPlans.htm)

Retour à la référence de la note de bas de page 6