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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sébaste canari au Canada

Biologie

Longévité, cycle vital et reproduction

L’âge des individus du sébaste canari est actuellement déterminé par la méthode de cassure et de brûlage (MacLellan, 1997). La méthode est imprécise (Stanley, 1999), mais de récentes analyses de datation de spécimens de la Colombie-Britannique empruntant la méthode du plomb-radium et la méthode du carbone radioactif des essais nucléaires ont révélé que cette méthode est non biaisée (Allen Andrews, comm. pers.) L’âge maximum mesuré chez le sébaste canari dans les eaux de la Colombie-Britannique est de 77 ans pour une femelle et de 84 ans pour un mâle (figure 5). Les femelles croissent plus rapidement, mais les femelles très âgées sont relativement rares dans les échantillons (figures 5 à 8). La longueur maximale mesurée dans les échantillons de la Colombie-Britannique est de 68 cm pour les deux sexes. Les données des États-Unis dénotent une tendance à l’augmentation de la taille selon l’âge avec la hausse de la latitude (Methot et Stewart, 2005) (une analyse plus approfondie des données sur la taille et l’âge est présentée aux pages 45 à 52).


Figure 5 : Histogramme de l’âge des individus du sébaste canari (données jusqu’à 80 ans) : a) femelles des zones 3C + 3D; b) mâles des zones 3C + 3D; c) femelles des zones 5A + 5B; d) mâles des zones 5A + 5B

Figure 5. Histogramme de l’âge des individus du sébaste canari (données jusqu’à 80 ans) : a) femelles des zones 3C + 3D; b) mâles des zones 3C + 3D; c) femelles des zones 5A + 5B; d) mâles des zones 5A + 5B.

Les données de la zone 5E sont omises en raison des écarts de plusieurs années entre les échantillonnages; voir la figure 8.

On ignore pourquoi la composition par âge des femelles est plus tronquée que celle des mâles. Ce phénomène a également été observé chez le sébaste à queue jaune (S. flavidus). Les premières évaluations de ces deux espèces laissaient supposer que le phénomène était attribuable à une hausse du taux de mortalité avec l’âge chez les femelles ou à une baisse de la sélectivité ainsi qu’à des modifications de la disponibilité et de la vulnérabilité à la pêche des femelles plus âgées, ou à une combinaison de ces deux facteurs. Les évaluations plus récentes attribuent le phénomène à une augmentation de M avec l’âge. Les modélisations montrent un ajustement optimal lorsque l’on fait augmenter M rapidement après l’âge d’atteinte de la maturité (voir Methot et Stewart, 2005). Rien n’indique que l’absence de femelles âgées est causée par une variable F plus élevée à un âge plus précoce, puisque les deux sexes sont recrutés dans les pêcheries en proportion égale. On ne rapporte aucun refuge spatial ou biais de sélectivité des engins de pêche qui pourrait être à l’origine de ce phénomène.

Le poids maximum mesuré chez l’espèce était de 5,70 kg pour un mâle. Le poids moyen des échantillons de la pêche commerciale est de 2,03 kg. Le sébaste canari apparaît en petit nombre dans les prises à l’âge de 5 ans, mais l’âge de recrutement complet dans les pêcheries est probablement de 13 ou 14 ans (figures 5 à 8).


Figure 6 : Composition par âge des individus femelles du sébaste canari (A) et mâles (B) dans les zones 3C + 3D, par année

Figure 6. Composition par âge des individus femelles du sébaste canari (A) et mâles (B) dans les zones 3C + 3D, par année. Le rayon de chaque cercle reflète la composition par âge relativement à l’échantillon total pour chaque sexe; âge 30 = groupe des 30 ans et plus.

Le rayon de chaque cercle reflète la composition par âge relativement à l’échantillon total pour chaque sexe; âge 30 = groupe des 30 ans et plus. Les échantillonnages commerciaux et scientifiques sont combinés (voir le tableau 7).

 


Figure 7 : Composition par âge des individus du sébaste canari femelles (A) et mâles (B) dans les zones 5A + 5B, par année.

Figure 7. Composition par âge des individus du sébaste canari femelles (A) et mâles (B) dans les zones 5A + 5B, par année.

Le rayon de chaque cercle reflète la composition par âge relativement à l’échantillon total pour chaque sexe; âge 30 = groupe des 30 ans et plus. Les échantillonnages commerciaux et scientifiques sont combinés (voir le tableau 9).

 


Figure 8 : Composition par âge des individus du sébaste canari femelles (A) et mâles (B) dans la zone 5E, par année

Figure 8. Composition par âge des individus du sébaste canari femelles (A) et mâles (B) dans la zone 5E, par année.

Le rayon de chaque cercle reflète la composition par âge relativement à l’échantillon total pour chaque sexe; âge 30 = groupe des 30 ans et plus. Les échantillonnages commerciaux et scientifiques sont combinés (voir le tableau 7).

 

Stanley (1999) a passé en revue l’information disponible à l’appui des estimations de M et proposé des valeurs plausibles de 0,02 à 0,04 pour les mâles et de 0,06 à 0,08 pour les femelles. Cependant, la plupart des modélisations des prises selon l’âge (Stanley et Haist, 1997; Methot et Piner, 2001; Methot et Stewart, 2005) obtiennent le meilleur ajustement lorsque l’on fait augmenter M chez les femelles au moment de l’atteinte de la maturité reproductrice. L’évaluation actuelle de la population des États‑Unis fixe la valeur de M à 0,06 pour les mâles et les jeunes femelles, puis le modèle est ajusté par une augmentation linéaire de M jusqu’à l’âge de 14 ans. Pour calculer la durée de génération des femelles, cette évaluation utilise une valeur de 0,09 établie d’après une moyenne des âges.

En Colombie-Britannique, certaines femelles atteignent la maturité dès l’âge de 8 ans, mais les âges à 50 p. 100 de la maturité et à 100 p. 100 de la maturité sont de 13 ans et de 20 ans respectivement (figure 9). Selon l’estimation de M établie sur une moyenne d’âge se chiffrant entre 0,06 et 0,15, la durée de génération du sébaste canari se situerait entre 20 et 30 ans (A50p. 100 + 1/M). L’évaluation de la population des États-Unis actuellement utilisée présume que M = 0,09 et A50p. 100 = 8 ans, pour une durée de génération de 22,8 ans (Methot et Stewart, 2005).

Dans les eaux de la Colombie-Britannique, les femelles gestantes libèrent leurs larves entre janvier et mars (Westrheim, 1975). La fécondité d’individus de la Californie était de 260 000 à 1 900 000 (Love et al., 2002). En Colombie-Britannique, les mâles semblent atteindre 50 p. 100 de la maturité à 7-8 ans et 100 p. 100 de la maturité à environ 15 ans (figure 9).


Figure 9 : Âge à la maturité chez le sébaste canari femelle (A) et mâle (B)

Figure 9. Âge à la maturité chez le sébaste canari femelle (A) et mâle (B).


Alimentation

Love et al. (2002) rapportent que les juvéniles pélagiques sont des chasseurs diurnes se nourrissant d’une variété de proies. Les adultes et les subadultes se nourrissent principalement de krill et de petits poissons. Dans les eaux de la Colombie-Britannique, le hareng et le lançon prennent probablement une place importante, mais aucune étude sur l’alimentation n’a été menée. Les prédateurs sont inconnus; cependant, des observations d’échantillonnage à quai indiquent que la morue-lingue chasse abondamment les sébastes.


Physiologie

Aucune étude portant spécifiquement sur la physiologie du sébaste canari n’a été effectuée. Comme d’autres sébastes, le sébaste canari a une vessie natatoire physocliste (aucune ouverture directe) et meurt généralement d’un barotraumatisme après avoir été remis à l’eau par suite d’une capture de routine.


Déplacements et dispersion

Aucune étude de marquage a n’a été menée dans les eaux de la Colombie-Britannique. DeMott (1983) a recapturé 23 individus sur 348 marqués au large de l’Oregon en 1983. Aucune information n’est disponible sur la taille des individus marqués, mais neuf d’entre eux s’étaient déplacés de plus de 100 km vers le sud. Un individu s’était éloigné de 236 km vers le sud et le large. Trois individus s’étaient déplacés de plus de 100 km vers le nord, dont l’un de 142 km. Le marquage a été effectué entre juin 1978 et septembre 1980, la recapture entre juin 1978 et janvier 1982. Les prises au chalut indiquent une migration verticale saisonnière, entre une profondeur de 160 à 210 m à la fin de l’hiver et une profondeur de 100 à 170 m à la fin de l’été (source : PacHarvTrawl).


Relations interspécifiques

Le rôle et l’importance du sébaste canari dans l’écosystème n’ont pas été étudiés en tant que tels. Le sébaste canari est l’une des nombreuses espèces de sébastes vivant dans les eaux de la Colombie-Britannique. Rien ne permet de présumer que le sébaste canari est une espèce « clé », mais l’impact qu’aurait une grande variation de l’abondance de l’espèce sur des éléments précis de l’écosystème est inconnu.


Adaptabilité

Aucune information n’est disponible sur l’adaptabilité du sébaste canari.