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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sébaste canari au Canada

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur le
Sébaste canari
Sebastes pinniger
au Canada

Sébaste canari (Sebastes pinniger)

Espèce menacèe
2007



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le sébaste canari (Sebastes pinniger) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. viii + 81 p.
(Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

 

Note de production :

Howard Powles, coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons marins du COSEPAC a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the canary rockfish Sebastes pinniger in Canada

Illustration de la couverture :
Sébaste canari -- illustration par Dr. R. Harriott (St. Andrews, NB) Hart, J.L. 1973. Pacific Fishes of Canada. Fish. Res. Board Canada. Bulletin 180. 740 p.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008
No de catalogue : CW69-14/538-2008F-PDF
ISBN : 978-0-662-08756-4

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – November 2007

Nom commun :
Sébaste canari

Nom scientifique :
Sebastes pinniger

Statut :
Espèce menacée

Justification de la désignation :
Un poisson jaune orange, de taille relativement grande (poids maximum de 5,7 kg), qui vit généralement dans les fonds rocheux à une profondeur variant entre 70 et 270 m, depuis l'ouest du golfe d'Alaska jusqu'au nord de la Californie. Sa maturité tardive (13 ans chez les femelles), sa grande longévité maximum (84 ans) et sa longue durée de génération (de 20 à 30 ans) sont caractéristiques d'une espèce lente à se rétablir à la suite d'un déclin de population. Deux relevés menés dans la partie sud de l'aire de répartition canadienne, jugés comme étant les indicateurs les plus fiables des tendances de population, montrent un déclin des indices d'abondance de 78 % sur 30 ans, et de 96 % sur 17 ans. Les indices tirés des relevés dans la partie nord de l'aire de répartition et les indices de prise commerciale par unité d'effort ne montrent aucune tendance constante, mais ces données visent des périodes relativement courtes et, dans certains cas, proviennent de méthodes qui n'assurent pas un échantillonnage adéquat des régions habitées par l'espèce. Il existe des incertitudes en raison de la grande variabilité des divers indices (caractéristique des relevés au chalut) et de l'incapacité à savoir dans quelle mesure les tendances en matière d'abondance dans la partie sud de l'aire de répartition canadienne reflètent les tendances en matière d'abondance dans l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce dans les eaux canadiennes. La pêche est la cause la plus probable du déclin observé. Les changements apportés à la gestion depuis 1995 comprennent une surveillance intégrale par des observateurs ou par vidéo, et la mise en place de quotas individuels transférables, lesquels ont permis un meilleur contrôle de la pêche et devraient continuer de le faire. L'immigration provenant des populations contiguës du sud est improbable, compte tenu du fait que l'abondance actuelle des populations aux États-Unis est estimée entre 5 et 10 % de l'abondance avant exploitation; l'immigration provenant des populations du nord est incertaine, car leur situation n'est pas bien connue.

Répartition :
Océan Pacifique

Historique du statut :
Espèce désignée « menacée » en novembre 2007. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC
Résumé

Sébaste canari
Sebastes pinniger

Information sur l’espèce

Le sébaste canari (Sebastes pinniger) (en anglais, le canary rockfish) est l’une des 102 espèces du genre Sebastes, dont au moins 36 espèces sont présentes dans les eaux de la Colombie‑Britannique. Dans ces eaux, le sébaste canari fait l’objet d’une gestion en deux stocks principaux : un stock du sud, ou de la côte ouest de l’île de Vancouver, et un stock central, ou du détroit de la Reine-Charlotte, au nord de l’île de Vancouver. Bien qu’il semble exister une frontière biogéographique à l’extrémité nord de l’île de Vancouver pouvant faire office de ligne de démarcation entre les populations du nord et du sud, le présent rapport traite le sébaste canari comme une seule unité désignable dans les eaux de la Colombie-Britannique. Selon les pêcheurs, le sébaste canari est abondant dans les régions plus au nord, en particulier au large de la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte, mais la quantité de captures dans ces régions est limitée par le manque de fonds chalutables. La population de la Colombie‑Britannique chevauche probablement en partie les populations des États-Unis.

 

Répartition

L’aire de répartition du sébaste canari s’étend depuis le détroit de Shelikof, dans l’ouest du golfe d’Alaska, jusqu’au nord de la Basse-Californie. Les populations sont plus abondantes entre la Colombie-Britannique et le nord de la Californie. Elles sont largement réparties dans les eaux côtières et du plateau continental de la Colombie-Britannique.

 

Habitat

Les larves et les juvéniles pélagiques de l’espèce évoluent dans les 100 m supérieurs de la colonne d’eau pendant les trois à quatre mois suivant la naissance vivante (la parturition), et se déplacent ensuite vers un habitat benthique. Les adultes occupent généralement les fonds rocheux, à une profondeur de 70 à 270 m, sur le plateau continental. Le sébaste canari est une espèce marine et sublittorale; au Canada, la totalité de l’habitat se trouve donc dans les eaux fédérales. La plupart de ces eaux sont actuellement exploitées par des pêcheurs commerciaux, récréatifs et autochtones.

 

Biologie

La longueur, le poids et l’âge maximaux observés chez le sébaste canari dans les eaux de la Colombie-Britannique sont respectivement de 68 cm, 5,7 kg et 84 ans. Le poids moyen des échantillons de la pêche commerciale est de 2,03 kg. Le sébaste canari devient exploitable à l’âge de cinq ans, et est entièrement recrutévers l’âge de 13 ou 14 ans. Le taux instantané de mortalité naturelle (M) chez les mâles et les jeunes femelles est d’environ 0,06. Chez les femelles, le M semble augmenter avec l’âge, le taux global moyen tous âges confondus étant de 0,09. La femelle atteint 50 p. 100 de la maturité à l’âge de 13 ans, et le mâle, vers 7 ou 8 ans. La durée de génération est de 20 à 30 ans.

Les juvéniles pélagiques se nourrissent d’une variété d’espèces planctoniques. Les adultes et les subadultes se nourrissent principalement de krill et de petits poissons. Parmi les prédateurs importants de l’espèce figure probablement la morue-lingue (Ophiodon elongatus). Comme tous les sébastes, le sébaste canari a une vessie natatoire physocliste et meurt généralement après avoir été remis en mer à la suite d’une capture de routine. Des études de marquage menées en Oregon ont révélé que quelques individus peuvent parcourir plus de 100 km. Les prises au chalut indiquent une migration verticale saisonnière, entre une profondeur de 160 à 210 m à la fin de l’hiver et une profondeur de 100 à 170 m à la fin de l’été. Le rôle et l’importance du sébaste canari dans son écosystème n’ont pas été étudiés.

 

Taille et tendances des populations

Des relevés et les prises commerciales indiquent une abondance actuelle d’au moins plusieurs millions d’adultes. Dans la partie sud de l’aire de répartition canadienne de l’espèce, le relevé triennal au chalut de fond des États-Unis (de 1980 à 2001) indique un déclin de 96 p. 100. Un relevé des crevettes au chalut mené sur une longue période (de 1975 à 2006) au large de la côte ouest de l’île de Vancouver indique une grande variabilité dans les taux de prise, mais aussi un important déclin de 78 p. 100 durant la période. Les taux de prise de la pêche commerciale au chalut de fond dans cette région semblent stables depuis 1996. Toujours pour cette même région, les données sur l’âge montrent peu de tendances à long terme dans l’âge moyen des femelles, mais une baisse de l’âge moyen des mâles de 1980 à 1990, tendance qui a disparu par la suite. Les estimations de F (taux instantané de mortalité due à la pêche) inférées de l’analyse des données sur les récoltes ne laissent entrevoir aucune surexploitation. Le niveau de la population adjacente aux États-Unis est très faible (de 5 à 10 p. 100 non exploitée), et elle a été désignée comme étant surexploitée en 1999; la pêche ciblée a été fermée dans le cadre d’un plan de repeuplement des stocks.

On ne dispose d’aucune statistique à long terme en ce qui concerne la partie nord de l’aire de répartition canadienne de l’espèce (détroit de la Reine-Charlotte), et les indices disponibles sont considérés comme peu fiables. Deux relevés entrepris récemment indiquent une abondance croissante depuis 1998 et 2003, respectivement. Les taux de prise au chalut semblent stables depuis 1996; les compositions par âge et par taille ne présentent aucun signe de surexploitation. Les pêcheurs signalent depuis longtemps de grandes populations inexploitées du sébaste canari plus au nord, en particulier au large de la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte, mais la tendance de ces populations en termes d’abondance est inconnue. La situation des populations dans le nord (Alaska) est inconnue.

Une analyse combinée des deux séries d’indices les plus fiables (relevé triennal des États-Unis et relevé des crevettes de la côte ouest de l’île de Vancouver) montre un déclin de 86 p. 100 sur 30 ans (de 1 à 1,5 génération) dans la partie méridionale de l’aire de répartition canadienne. Les prises signalées correspondent à ce niveau de déclin et aux estimations plausibles de biomasse, ce qui indique que la pêche explique peut-être le déclin. Une diminution du recrutement peut avoir contribué au déclin, mais il n’y a aucune preuve nette que tel ait été le cas.

 

Facteurs limitatifs et menaces

La pêche constitue la principale menace anthropique connue. Les pêches commerciales sont gérées au moyen de quotas de prises qui n’ont presque pas changé dans la plupart des principales zones de pêche depuis le milieu des années 1990, et elles sont bien suivies. La pêche récréative et la pêche autochtone sont moins bien surveillées, mais demeureront probablement négligeables à court terme. Quelques relevés ont été mis en œuvre en Colombie‑Britannique depuis 2000 afin d’améliorer le suivi de l’abondance relative. Aux États-Unis, la pêche a peut-être eu une incidence sur l’abondance de l’espèce en eaux canadiennes. Par contre, depuis que le sébaste canari a été déclaré « surexploité » en 1999 dans les eaux allant de l’État de Washington à la Californie, l’effort de pêche et la récolte y ont considérablement diminué.

Les engins de pêche mobiles peuvent avoir une incidence sur l’habitat du sébaste canari, mais les fonds marins occupés par l’espèce sont chalutés depuis trois à six décennies. En outre, le chalutage est limité aux zones centrales depuis l’introduction d’un quota individuel par bateau en 1997. La prospection pétrolière et gazière risque d’avoir des répercussions sur l’habitat, mais elle fait actuellement l’objet d’un moratoire sur la côte britanno‑colombienne.

 

Importance de l’espèce

Le sébaste canari revêt une grande importance économique pour la pêche commerciale (récolte de plus de 800 t/an depuis 1995), mais joueun rôle marginal dans la pêche récréative, car il ne fait pas l’objet d’une pêche dirigée. La pêche autochtone est négligeable, mais son importance culturelle est peut-être plus grande que ce que laisse penser l’ampleur de la récolte.

 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Les captures sont actuellement restreintes dans les pêches commerciales grâce à une variété de mesures de limites des prises, et elles sont bien surveillées. La prise récréative est contrôlée par une limite de prises de « sébastes » et des zones de conservation des sébastes.

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions
(2007)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page 1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page 2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page 3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 4, Note de bas de page 5
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

 Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Listes des figures, tableaux et annexes

Liste des figures


Liste des tableaux


Liste des annexes

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Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Sébaste canari
Sebastes pinniger
au Canada
2007

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le sébaste canari (Sebastes pinniger), le Canary rockfish en anglais, est l’une des 102 espèces du genre Sebastes, dont 96 se trouvent dans le Pacifique Nord (Love et al., 2002). Le nom scientifique provient du mot grec sebastos (magnifique) et des mots latins pina(nageoire) et gero (porter) (Hart, 1973), dont l’interprétation signifie « qui porte une grande nageoire » (Love et al., 2002). Au moins 36 espèces de sébastes ont été observées dans les eaux canadiennes du Pacifique (Graham Gillespie, comm. pers.), et ce nombre augmente avec les progrès des recherches en génétique (Gharrett et al., 2005). À l’heure actuelle, aucune sous-espèce de sébaste canari n’a été identifiée. En langue anglaise, le sébaste canari porte d’autres noms communs, notamment orange rockfish, snapper, red snapper et fantail rockfish. On le confond souvent avec d’autres sébastes de couleur jaune ou rouge, comme le sébaste aux yeux jaunes (S. ruberrimus).


Description morphologique

Les individus adultes du sébaste canari portent généralement des taches orange sur fond gris pâle ou blanc (Love et al., 2002). Trois bandes caractéristiques orange clair traversent diagonalement la tête. La ligne latérale, bien démarquée et de couleur blanche ou grise, se prolonge antérieurement à partir de la nageoire caudale. Les nageoires sont orange clair. La nageoire anale est effilée, et sa bordure extérieure incline fortement vers l’avant (Mecklenburg et al., 2002). La nageoire caudale est très dentelée (Love et al., 2002).


Description génétique

Aucune étude génétique n’a été menée sur des individus du Canada. Les travaux de génétique de Wishard et al.(1980) parlent d’un faible niveau d’échanges génétiques entre les populations du nord de la Californie et du nord de l’État de Washington, mais les résultats ne sont pas concluants. Des travaux préliminaires sur neuf loci de microsatellites polymorphiques ont été rapportés par Gomez-Uchida et al. (2003). Ils ont noté un polymorphisme aux neuf loci, soit 6 à 28 allèles ayant des hétérozygoties espérées variant entre 0,42 et 0,88. Les auteurs en ont conclu que la population de cette espèce est peut-être hautement structurée.


Unités désignables

Dans ses eaux territoriales du Pacifique, le Canada a géré le sébaste canari comme s’il formait deux stocks distincts : un stock du sud, ou de la côte ouest de l’île de Vancouver (zones 3C + 3D de la Commission des pêches maritimes du Pacifique [CPMP]), et un stock central, ou du détroit de la Reine-Charlotte (zones 5A + 5B de la CPMP) (Stanley, 1999, voir aussi le Pacific Groundfish Management PlanNote de bas de page 6) (Fig. 1 ).

 


Figure 1 : Distribution spatiale des prises du sébaste canari en Colombie-Britannique enregistrées dans les journaux d’observation des pêcheries commerciales au chalut (1996-2004)

Distribution spatiale des prises du sébaste canari en Colombie-Britannique enregistrées dans les journaux d’observation des pêcheries commerciales au chalut (1996-2004).

Les zones désignées par la Commission des pêches maritimes du Pacifique (CPMP) sont également indiquées.

Il existe, près de l’extrémité nord de l’île de Vancouver, des indices d’une frontière naturelle partielle séparant les populations; celle-ci délimite le domaine des remontées côtières sud (de la Basse-Californie à 50,5°N) et le domaine des plongées côtières (de 50,5°N aux îles Aléoutiennes) (Ware et McFarlane, 1988; King, 2005). Certaines populations de poissons démersaux de part et d’autre de cette frontière ne semblent pas fluctuer de manière synchrone; par exemple, entre les deux régions, le recrutement est asynchrone chez le sébaste argenté (Stanley et Kronlund, 2000) et les déplacements de la morue charbonnière diffèrent (Kimura et al., 1997).

Le sébaste canari est également présent dans les zones 5C, 5D et 5E de la CPMP, surtout dans la partie sud de la zone 5C et dans toute la zone 5E, mais les prises au chalut dans celles-ci sont limitées en raison du manque de fonds chalutables, en particulier dans la zone 5E. Par conséquent, aucune évaluation de ces populations n’a été effectuée. La délimitation des stocks n’a aucun fondement biologique; elle est plutôt fondée sur un principe de précaution visant à répartir la mortalité par la pêche, compte tenu de la possibilité d’une structure de la population.

La population de la Colombie-Britannique chevauche probablement en partie les populations des États-Unis. La population située entre la Californie et l’État de Washington est évaluée en tant que population unique (Methot et Stewart, 2005).

Le sébaste canari au nord et au sud de l’extrémité nord de l’île de Vancouver pourrait constituer deux populations (ce qui correspond à la séparation des stocks à des fins de gestion des pêches), mais il n’existe actuellement aucun fondement pour définir plus d’une unité désignable. L’espèce est donc considérée comme une seule unité désignable dans les eaux canadiennes du Pacifique dans le présent rapport.

Notes de bas de page

Note de bas de page 6

Pacific Region Integrated Fisheries Management Plan Groundfish Trawl, 1er avril 2005 au 31 mars 2006. (http://www-ops2.pac.dfo-mpo.gc.ca/xnet/content/MPLANS/MPlans.htm)

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Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition du sébaste canari s’étend depuis le nord de la Basse-Californie jusqu’au détroit de Shelikof, dans l’ouest du golfe d’Alaska (Love et al., 2002). Les populations sont le plus abondantes entre le nord de la Californie et la Colombie-Britannique (Figure 2).


Figure 2 : Aire de répartition mondiale du sébaste canari

Figure 2. Aire de répartition mondiale du sébaste canari.

Adapté et reproduit de Love et al., 2002, avec la permission des auteurs.


Aire de répartition canadienne

L’espèce est largement répartie dans l’ensemble des eaux côtières de la Colombie-Britannique. Sa prédominance dans les pêcheries récréatives du détroit de Georgie indique que l’espèce est probablement bien répartie dans les eaux enclavées et les baies (tableau 1; source : South Coast Creel Database). L’espèce a été observée dans la région du mont sous-marin Bowie, à 150 km à l’ouest des îles de la Reine-Charlotte (source : GFBio).

D’après les observations des pêcheurs au chalut, le sébaste canari occupe généralement les eaux côtières du plateau continental (figure 1) à des profondeurs de 73 à 268 mètres (figure 3). Cela signifierait que sa zone d’occurrence aurait une superficie de plus de 60 000 km2 (figure 4), ce qui pourrait toutefois se révéler une surestimation, car le sébaste canari privilégie les fonds rocheux à l’intérieur de cette zone. Par contre, il semble qu’on relève sa présence dans la plupart des blocs de 25 km2 sur le plateau continental ou près de celui-ci, ce qui se traduirait par une zone d’occupation minimum de plus de 32 000 km2.


Figure 3 : Histogramme de la fréquence d’occurrence du sébaste canari par trait de chalut commercial en fonction de la profondeur de capture, d’après les journaux d’observation des pêcheries commerciales au chalut de la Colombie-Britannique (chaluts de fond seulement)

Figure 3. Histogramme de la fréquence d’occurrence du sébaste canari par trait de chalut commercial en fonction de la profondeur de capture, d’après les journaux d’observation des pêcheries commerciales au chalut de la Colombie-Britannique (chaluts de fond seulement).

Les lignes verticales représentent les quantiles de 2,5 p. 100 et de 97,5 p. 100, qui correspondent aux profondeurs de 73 m et 268 m respectivement. L’histogramme en gris représente le total des prises enregistrées dans les journaux d’observation en fonction de la profondeur de capture.

 


Figure 4 : Habitat du sébaste canari en Colombie-Britannique

Figure 4. Habitat du sébaste canari en Colombie-Britannique.

La zone en gris représente l’étendue potentielle maximale (60 043 km2) de l’habitat du sébaste canari, d’après les données sur les profondeurs de captures des pêcheries commerciales au chalut. La zone hachurée représente la région dans laquelle le sébaste canari a été capturé (présence/absence dans une grille de 25 km2 par bloc = 32 788 km2, soit 54,6 p. 100 de l’habitat potentiel), d’après les journaux des pêcheries commerciales au chalut et à la ligne.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

D’après les études menées en Californie, les larves et les juvéniles pélagiques évoluent dans les 100 m supérieurs de la colonne d’eau pendant les trois à quatre mois suivant la parturition, pour ensuite s’installer dans un habitat benthique (Love et al., 2002). L’espèce a été signalée à des profondeurs de 15 à 20 m, à l’interface du sable et des affleurements rocheux (Love et al., 2002). Les recherches effectuées sur la côte ouest de l’île de Vancouver révèlent pour leur part que les juvéniles occupent des eaux de 10 m de profondeur avant de se diriger en eau plus profonde au fur et à mesure qu’ils grandissent, quoique des adultes aient été observés à faible profondeur (Gillespie et al., 1993; source : GFBio). Les données de la pêche au chalut indiquent que les adultes évoluent entre 70 et 270 m de profondeur (95e percentile), mais la plupart des prises au chalut sont effectuées par des traits de chalut de fond à des profondeurs de 135 à 190 m (figure 3) (source : PacHarvTrawl).


Protection et propriété de l’habitat

Le sébaste canari est une espèce marine et généralement sublittorale; au Canada, tout son habitat se trouve dans les eaux marines territoriales canadiennes. La plupart de ces eaux sont exploitées par des pêcheurs commerciaux, récréatifs et autochtones. Un faible pourcentage de l’habitat du sébaste canari a été fermé à la pêche commerciale et récréative. La pêche a notamment été interdite dans de relativement petits récifs d’épongesNote de bas de page 7 dans le détroit de la Reine-Charlotte et le détroit d’Hécate, ainsi que dans une série de petites aires de conservation des sébastes dans le détroit de Georgie et la côte extérieure.

Notes de bas de page

Note de bas de page 7

Consulter le site Web de Pêches et Océans Canada pour une description de ces aires (http://www-ops2.pac.dfo-mpo.gc.ca/xnet/xIndex.cfm?pg=welcome&lang=fr">http://www-ops2.pac.dfo-mpo.gc.ca/xnet/xIndex.cfm?pg=welcome&lang=fr) – Plans de gestion des poissons de fond et (http://www-comm.pac.dfo-mpo.gc.ca/pages/consultations/fisheriesmgmt/rockfish/default_f.htm).

Retour à la référence de la note de bas de page 7

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Biologie

Longévité, cycle vital et reproduction

L’âge des individus du sébaste canari est actuellement déterminé par la méthode de cassure et de brûlage (MacLellan, 1997). La méthode est imprécise (Stanley, 1999), mais de récentes analyses de datation de spécimens de la Colombie-Britannique empruntant la méthode du plomb-radium et la méthode du carbone radioactif des essais nucléaires ont révélé que cette méthode est non biaisée (Allen Andrews, comm. pers.) L’âge maximum mesuré chez le sébaste canari dans les eaux de la Colombie-Britannique est de 77 ans pour une femelle et de 84 ans pour un mâle (figure 5). Les femelles croissent plus rapidement, mais les femelles très âgées sont relativement rares dans les échantillons (figures 5 à 8). La longueur maximale mesurée dans les échantillons de la Colombie-Britannique est de 68 cm pour les deux sexes. Les données des États-Unis dénotent une tendance à l’augmentation de la taille selon l’âge avec la hausse de la latitude (Methot et Stewart, 2005) (une analyse plus approfondie des données sur la taille et l’âge est présentée aux pages 45 à 52).


Figure 5 : Histogramme de l’âge des individus du sébaste canari (données jusqu’à 80 ans) : a) femelles des zones 3C + 3D; b) mâles des zones 3C + 3D; c) femelles des zones 5A + 5B; d) mâles des zones 5A + 5B

Figure 5. Histogramme de l’âge des individus du sébaste canari (données jusqu’à 80 ans) : a) femelles des zones 3C + 3D; b) mâles des zones 3C + 3D; c) femelles des zones 5A + 5B; d) mâles des zones 5A + 5B.

Les données de la zone 5E sont omises en raison des écarts de plusieurs années entre les échantillonnages; voir la figure 8.

On ignore pourquoi la composition par âge des femelles est plus tronquée que celle des mâles. Ce phénomène a également été observé chez le sébaste à queue jaune (S. flavidus). Les premières évaluations de ces deux espèces laissaient supposer que le phénomène était attribuable à une hausse du taux de mortalité avec l’âge chez les femelles ou à une baisse de la sélectivité ainsi qu’à des modifications de la disponibilité et de la vulnérabilité à la pêche des femelles plus âgées, ou à une combinaison de ces deux facteurs. Les évaluations plus récentes attribuent le phénomène à une augmentation de M avec l’âge. Les modélisations montrent un ajustement optimal lorsque l’on fait augmenter M rapidement après l’âge d’atteinte de la maturité (voir Methot et Stewart, 2005). Rien n’indique que l’absence de femelles âgées est causée par une variable F plus élevée à un âge plus précoce, puisque les deux sexes sont recrutés dans les pêcheries en proportion égale. On ne rapporte aucun refuge spatial ou biais de sélectivité des engins de pêche qui pourrait être à l’origine de ce phénomène.

Le poids maximum mesuré chez l’espèce était de 5,70 kg pour un mâle. Le poids moyen des échantillons de la pêche commerciale est de 2,03 kg. Le sébaste canari apparaît en petit nombre dans les prises à l’âge de 5 ans, mais l’âge de recrutement complet dans les pêcheries est probablement de 13 ou 14 ans (figures 5 à 8).


Figure 6 : Composition par âge des individus femelles du sébaste canari (A) et mâles (B) dans les zones 3C + 3D, par année

Figure 6. Composition par âge des individus femelles du sébaste canari (A) et mâles (B) dans les zones 3C + 3D, par année. Le rayon de chaque cercle reflète la composition par âge relativement à l’échantillon total pour chaque sexe; âge 30 = groupe des 30 ans et plus.

Le rayon de chaque cercle reflète la composition par âge relativement à l’échantillon total pour chaque sexe; âge 30 = groupe des 30 ans et plus. Les échantillonnages commerciaux et scientifiques sont combinés (voir le tableau 7).

 


Figure 7 : Composition par âge des individus du sébaste canari femelles (A) et mâles (B) dans les zones 5A + 5B, par année.

Figure 7. Composition par âge des individus du sébaste canari femelles (A) et mâles (B) dans les zones 5A + 5B, par année.

Le rayon de chaque cercle reflète la composition par âge relativement à l’échantillon total pour chaque sexe; âge 30 = groupe des 30 ans et plus. Les échantillonnages commerciaux et scientifiques sont combinés (voir le tableau 9).

 


Figure 8 : Composition par âge des individus du sébaste canari femelles (A) et mâles (B) dans la zone 5E, par année

Figure 8. Composition par âge des individus du sébaste canari femelles (A) et mâles (B) dans la zone 5E, par année.

Le rayon de chaque cercle reflète la composition par âge relativement à l’échantillon total pour chaque sexe; âge 30 = groupe des 30 ans et plus. Les échantillonnages commerciaux et scientifiques sont combinés (voir le tableau 7).

 

Stanley (1999) a passé en revue l’information disponible à l’appui des estimations de M et proposé des valeurs plausibles de 0,02 à 0,04 pour les mâles et de 0,06 à 0,08 pour les femelles. Cependant, la plupart des modélisations des prises selon l’âge (Stanley et Haist, 1997; Methot et Piner, 2001; Methot et Stewart, 2005) obtiennent le meilleur ajustement lorsque l’on fait augmenter M chez les femelles au moment de l’atteinte de la maturité reproductrice. L’évaluation actuelle de la population des États‑Unis fixe la valeur de M à 0,06 pour les mâles et les jeunes femelles, puis le modèle est ajusté par une augmentation linéaire de M jusqu’à l’âge de 14 ans. Pour calculer la durée de génération des femelles, cette évaluation utilise une valeur de 0,09 établie d’après une moyenne des âges.

En Colombie-Britannique, certaines femelles atteignent la maturité dès l’âge de 8 ans, mais les âges à 50 p. 100 de la maturité et à 100 p. 100 de la maturité sont de 13 ans et de 20 ans respectivement (figure 9). Selon l’estimation de M établie sur une moyenne d’âge se chiffrant entre 0,06 et 0,15, la durée de génération du sébaste canari se situerait entre 20 et 30 ans (A50p. 100 + 1/M). L’évaluation de la population des États-Unis actuellement utilisée présume que M = 0,09 et A50p. 100 = 8 ans, pour une durée de génération de 22,8 ans (Methot et Stewart, 2005).

Dans les eaux de la Colombie-Britannique, les femelles gestantes libèrent leurs larves entre janvier et mars (Westrheim, 1975). La fécondité d’individus de la Californie était de 260 000 à 1 900 000 (Love et al., 2002). En Colombie-Britannique, les mâles semblent atteindre 50 p. 100 de la maturité à 7-8 ans et 100 p. 100 de la maturité à environ 15 ans (figure 9).


Figure 9 : Âge à la maturité chez le sébaste canari femelle (A) et mâle (B)

Figure 9. Âge à la maturité chez le sébaste canari femelle (A) et mâle (B).


Alimentation

Love et al. (2002) rapportent que les juvéniles pélagiques sont des chasseurs diurnes se nourrissant d’une variété de proies. Les adultes et les subadultes se nourrissent principalement de krill et de petits poissons. Dans les eaux de la Colombie-Britannique, le hareng et le lançon prennent probablement une place importante, mais aucune étude sur l’alimentation n’a été menée. Les prédateurs sont inconnus; cependant, des observations d’échantillonnage à quai indiquent que la morue-lingue chasse abondamment les sébastes.


Physiologie

Aucune étude portant spécifiquement sur la physiologie du sébaste canari n’a été effectuée. Comme d’autres sébastes, le sébaste canari a une vessie natatoire physocliste (aucune ouverture directe) et meurt généralement d’un barotraumatisme après avoir été remis à l’eau par suite d’une capture de routine.


Déplacements et dispersion

Aucune étude de marquage a n’a été menée dans les eaux de la Colombie-Britannique. DeMott (1983) a recapturé 23 individus sur 348 marqués au large de l’Oregon en 1983. Aucune information n’est disponible sur la taille des individus marqués, mais neuf d’entre eux s’étaient déplacés de plus de 100 km vers le sud. Un individu s’était éloigné de 236 km vers le sud et le large. Trois individus s’étaient déplacés de plus de 100 km vers le nord, dont l’un de 142 km. Le marquage a été effectué entre juin 1978 et septembre 1980, la recapture entre juin 1978 et janvier 1982. Les prises au chalut indiquent une migration verticale saisonnière, entre une profondeur de 160 à 210 m à la fin de l’hiver et une profondeur de 100 à 170 m à la fin de l’été (source : PacHarvTrawl).


Relations interspécifiques

Le rôle et l’importance du sébaste canari dans l’écosystème n’ont pas été étudiés en tant que tels. Le sébaste canari est l’une des nombreuses espèces de sébastes vivant dans les eaux de la Colombie-Britannique. Rien ne permet de présumer que le sébaste canari est une espèce « clé », mais l’impact qu’aurait une grande variation de l’abondance de l’espèce sur des éléments précis de l’écosystème est inconnu.


Adaptabilité

Aucune information n’est disponible sur l’adaptabilité du sébaste canari.

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Description des pêches

Pêches commerciales

 

Les pêcheries au chalut américaines se sont relocalisées vers le nord, dans les zones 3C + 3D, au cours des années 1950 et ont atteint les zones côtières centrales (5A + 5B + 5C) au début des années 1960, à peu près a même moment où les chaluts canadiens se relocalisaient vers le sud à partir de la zone 5D dans le Nord de la Colombie-Britannique. Dans le reste de la région (5E), à l’ouest des îles de la Reine-Charlotte, la pêche au chalut a commencé vers la fin des années 1970, bien que cette zone soit en grande partie non chalutable à la profondeur où vit le sébaste canari.

 

Tableau 1 : Capture du sébaste canariNote de bas de page a,Note de bas de page b (t) en Colombie-Britannique (1980-2004)
Année4B3C+3D5A+5B5C+5D5EInconnuTotauxGrand Total
ChalutLi.Réc.ChalutLi.ChalutLi.ChalutLi.ChalutLi.ChalutLi.ChalutLi.Réc.
19800,0  602,2 365,4 205,2 0,5 0,0 1173,3  1173,3
19810,3  311,8 184,7 127,2 2,4 0,0 626,4  626,4
19820,5  388,8 359,4 59,6 18,3 0,0 826,6  826,6
19830,0  845,9 360,3 118,9 10,4 0,0 1335,5  1335,5
19840,6  1189,6 513,3 73,6 12,7 0,0 1789,8  1789,8
19850,0  904,2 394,9 190,4 9,4 0,0 1498,9  1498,9
19860,1 1,0720,7 280,0 44,5 110,5 0,0 1155,8 1,01156,8
19870,0 5,7727,4 563,3 102,9 12,6 0,0 1406,2 5,71411,9
19880,0 4,01061,9 585,7 83,6 79,1 0,0 1810,3 4,01814,3
19890,0 2,01170,9 502,3 122,0 19,5 0,0 1814,7 2,01816,7
19900,0 4,6767,1 601,1 153,7 64,4 0,0 1586,3 4,61590,9
19910,0 0,7650,9 517,7 154,3 29,0 0,0 1351,9 0,71352,6
19920,9 0,3768,6 480,2 125,5 26,3 0,0 1401,5 0,31401,8
19930,0 0,0827,4 191,0 73,8 21,7 0,0 1113,9 0,01113,9
19940,0 5,1780,2 293,9 112,0 7,7 0,0 1193,8 5,11198,9
19950,00,32,6625,29,1171,514,560,35,53,55,50,026,2860,561,12,6924,2
19960,00,22,2473,520,4149,89,968,84,210,610,70,011,3702,756,72,2761,6
19970,00,71,5438,79,9189,98,441,64,420,18,70,222,6690,554,71,5746,7
19980,00,20,4421,321,4288,413,543,75,52,517,90,017,9755,976,40,4832,7
19990,00,54,6542,931,0314,69,542,04,77,211,90,06,9906,764,54,6975,8
20000,01,01,4459,719,1216,210,578,71,515,511,40,06,2770,149,71,4821,2
20010,01,25,4492,213,3223,015,673,04,02,017,72,22,4792,454,25,4852,0
20020,00,10,5566,510,0236,25,864,32,93,25,70,01,2870,225,70,5896,4
20030,00,80,9503,110,8239,910,171,41,218,65,60,02,3833,030,80,9864,7
20040,00,20,5516,18,5191,714,265,81,73,95,80,00,8777,531,20,5809,2

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Les données comprennent les remises à l’eau de 1996 à 2004.

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Footnote B

Les données des enquêtes auprès des pêcheurs comprennent les estimations des prises rejetées et conservées de la pêche récréative. Au besoin, le poids a été extrapolé à partir de parties multipliées par le poids moyen de 2,028 kg (Source : South Coast Creel Database).

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Les prises des pêcheries américaines n’ont pas été identifiées à l’échelle de l’espèce avant 1967, mais Westrheim (1977) fait état de quantités importantes capturées à partir des zones 3C + 3D dès 1960 à tout le moins. À la suite de l’extension de la compétence en matière de pêches de 1977, les chalutiers canadiens ont progressivement pris la place des pêcheurs américains, qui ont définitivement abandonné la pêche en eaux canadiennes en 1982. Depuis 1982, il n’existe aucune pêcherie étrangère au sébaste canari dans les eaux canadiennes, mis à part une prise accessoire négligeable par la pêche au merlu du Pacifique (Merluccius productus) par des chaluts pélagiques.

Une pêcherie au chalut de grande envergure a été pratiquée par des navires soviétiques durant les années 1960 et des navires japonais durant les années 1970, mais peu de données d’observateurs ont été obtenues de ces pêcheries. Elles visaient des bancs de sébastes à longue mâchoire (S. alutus) (Ketchen, 1980) à une plus grande profondeur, mais il est possible qu’elles aient également capturé des individus du sébaste canari.

Des pêcheurs canadiens ont rapporté que le rejet en mer était courant entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 1990, dans le but d’éviter d’excéder les limites par sortie, mais l’importance de cette pratique demeure inconnue. De nombreux pêcheurs affirment que ces rejets étaient importants par rapport à la quantité totale de poisson débarquée. Cependant, à la même époque, on a relevé de nombreux cas de dépassement des limites de prises qui venaient, en fait, d’une mauvaise identification des espèces débarquées. Les données sur les prises ne sont donc pas fiables entre 1985 et 1995. Elles pourraient être sous-estimées ou surestimées pour n’importe quelle année, le biais ayant changé presque chaque année au gré des divers moyens de limiter la récolte testés par les gestionnaires des pêcheries. D’ailleurs, c’est bien le manque de fiabilité des données sur la quantité de captures et les problèmes conséquents d’application des quotas de pêche au sébaste qui ont poussé le MPO à imposer une surveillance complète dans les ports en 1994 et la présence d’observateurs pour toute la flotte de chalutiers en 1996.

Les estimations de captures ne devraient être utilisées que pour se faire une idée de l’importance approximative des prises durant la période s’étendant de 1967 à 1996 (tableau 1). La crédibilité n’est accordée qu’aux données postérieures à la mise en place, en 1996, d’observateurs pour la totalité des chalutiers. Même pour la période la plus récente, soit de 1996 à 2006, il n’existe aucune estimation des remises à l’eau des captures de la pêche à la ligne quoique, dorénavant, cette flotte sera aussi entièrement surveillée (2006-2007). Par conséquent, des tendances démographiques ne doivent pas être déduites en se fondant sur le total des captures ou les captures par unité d’effort (CPUE) au cours de toute la période de pêche au sébaste canari. La réglementation de gestion, que ce soient les limites de prises par sortie ou les quotas annuels, a non seulement considérablement varié durant cette période, mais la manière dont les prises ont été signalées (ou délibérément non signalées) a également varié.

Depuis 1996, les détenteurs de divers types de permis et d’engins de pêche déclarent des prises de sébaste canari totalisant environ 840 t/an. Environ 95 p. 100 des prises déclarées proviennent de la flotte de pêche commerciale au chalut, principalement composée de chaluts de fond (figure 10, tableau 1). Le secteur de la pêche commerciale de poisson de fond à la ligne et à l’hameçon produit environ 5 p. 100 des captures déclarées, mais le sébaste canari n’est généralement pas une espèce visée par ces pêches (tableau 1, tableau 2 de l’annexe 1). Contrairement aux captures de la pêche au chalut, les captures déclarées, avant 2006, provenant de la pêche à la ligne et à l’hameçon n’incluent pas les remises à l’eau. Haigh et al. (2002) ont colligé les taux de prise de diverses pêches à la ligne d’après des données d’observation partielles de 1999 à 2001 et démontré que les estimations à valeur ajoutée des prises totales (captures et remises à l’eau) des observateurs étaient inférieures aux captures déclarées (voir le tableau 17 dans Haigh et al., 2002), ce qui est indicateur d’un échantillonnage non représentatif du programme d’observation en ce qui concerne la pêche à la ligne.

Les prises du sébaste canari provenant de la pêche au saumon à la traîne de la côte sud sont présumées à partir des données d’observation de 1998 à 2001 (Wrohan et al., 2002). Les prises du sébaste canari observées de la pêche à la traîne au saumon varient entre 0 et 11 250 prises/an, pour une moyenne de 2 866 prises/an (5,8 t/an, en présumant un poids moyen de 2,03 kg) sur la côte ouest de l’île de Vancouver et dans le détroit de Georgie entre 1998 et 2001. La quantité de captures était probablement plus élevée lorsque l’effort de pêche était plus intense, soit avant la fin des années 1990, mais aucune donnée n’est disponible pour cette période. Les journaux de bord et une enquête par téléphone concernant la pêche à la traîne au large de la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte révèlent une récolte d’environ 1 000 prises/an, soit environ 1 t/an. La récolte de cette pêche est probablement négligeable par comparaison à celle d’autres pêches, surtout depuis la diminution de l’effort de pêche au saumon à la traîne au saumon dans la région. Les prises du sébaste canari semblent négligeables provenant de la pêche commerciale au saumon à la senne et au filet maillant (Wrohan et al. 2002). Les prises par la pêche aux invertébrés sont également négligeables, surtout depuis l’introduction, en 2000, de dispositifs de réduction des prises accessoires dans les chaluts à crevettes (Olsen et al., 2000, Dennis Rutherford, comm. pers.).


Pêches des premières nations

Conformément aux lignes directrices du COSEPAC sur le recueil de connaissances autochtones, le seul conseil de gestion des ressources fauniques concerné, le comité mixte Nisga’a sur la gestion des pêches, a été consulté au cours de la préparation du présent rapport. La personne-ressource a affirmé n’avoir aucun ajout ni commentaire à formuler concernant la situation de l’espèce (Harry Nyce, comm. pers., 2005).


Figure 10 : Total des captures annuelles du sébaste canari en Colombie-Britannique

Figure 10. Total des captures annuelles du sébaste canari en Colombie-Britannique.


Il n’existe aucune donnée pour estimer l’importance de la récolte historique ou actuelle du sébaste canari par les Premières nations de la Colombie‑Britannique. Il est probable que le sébaste canari ait toujours été pêché occasionnellement par les Premières nations de la côte dans le cadre d’activités de pêche visant d’autres poissons, y compris d’autres espèces de sébastes, le flétan du Pacifique (Hippoglossus stenolepis) et la morue‑lingue. Les premiers ethnographes ont tous reconnu l’importance des « nombreuses espèces de morues » pour diverses Premières nations vivant près des côtes (Boas, 1895), mais d’après Stewart (1975), les premières ethnographies ne font aucune mention explicite des sébastes en tant que sous-groupe. Les enregistrements archéologiques de Sebastes spp. fondés sur la présence d’otolithes, de crânes et d’éléments de la ceinture pelvienne s’arrêtent au genre seulement (c.-à-d. Sebastes); l’information sur l’espèce n’y figure donc pas (Stewart, 1975).

La majorité des populations du sébaste canari vivent en haute mer, à des profondeurs généralement supérieures à 80 m. Il semble raisonnable de présumer que les espèces de sébastes vivant en eaux moins profondes, comme le sébaste aux yeux jaunes, le sébaste cuivré (S. caurinus) et le sébaste à dos épineux (S. maliger) ont été les espèces privilégiées par les pêcheurs autochtones. Il est donc probable qu’il n’existe aucune connaissance traditionnelle autochtone sur la situation de la population du sébaste canari.

Il n’existe aucune estimation quantitative de la récolte d’individus du sébaste canari par les Premières nations. Les données connues ne font référence qu’à la catégorie « sébaste ». Pour l’ensemble de la côte, la récolte du sébaste canari par les Premières nations est probablement infime comparativement à la récolte du sébaste canari d’autres pêches, même si les captures sont peut-être importantes dans certaines localités.


Pêches récréatives

Aucune pêche récréative ne vise directement le sébaste canari; les adultes occupent généralement des eaux trop profondes pour être capturés facilement par les pêcheurs récréatifs. Les individus du sébaste canari capturés sont presque toujours pris accidentellement par des pêcheurs au flétan ou à la morue-lingue sur la côte ouest de l’île de Vancouver et, dans une moindre mesure, sur la côte nord de la Colombie-Britannique (Jeremy Maynard, comm. pers.).

L’enquête annuelle sur les prises auprès des pêcheurs récréatifs actifs dans le détroit de Georgie indique une grande variation dans les prises annuelles du sébaste canari entre 1986 et 2004 (tableau 1, source : South Coast Creel Database). La variation de deux ordres de grandeur des estimations des prises sur des années consécutives donne à penser que ces estimations des prises ne sont pas crédibles. L’identification des espèces était probablement mauvaise et inconstante, c’est pourquoi aucune analyse de la CPUE n’a été prise en compte. Non seulement les estimations des prises sont peu fiables, mais les récentes modifications aux limites de prises interdisent toute inférence des tendances démographiques à partir des enquêtes sur les prises ou de la CPUE.

L’Enquête postale sur la pêche récréative au Canada, effectuée tous les cinq ans par le MPO en collaboration avec tous les organismes de délivrance de permis de pêche régionaux, provinciaux et territoriaux, ne contient aucune déclaration de prise de sébaste canari (http://www.dfo-mpo.gc.ca/communic/statistics/recreational/index_e.htm).

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Résumé des prises

Avant l’imposition, durant les années 1980, de restrictions à la pêche commerciale, les captures déclarées du sébaste canari, pour l’ensemble de la côte ouest, étaient d’environ 1 000 t/an en moyenne entre 1967 et 1979. Il semble que l’exploitation de cette espèce ait commencé à prendre une certaine importance sur le plateau continental canadien, probablement aux alentours de 1960, et ait lentement pris de l’ampleur pour atteindre les niveaux de 1967 à 1979. La quantité de prises était principalement conditionnée par la conjoncture du marché, ainsi que l’abondance ou la disponibilité de la ressource. Depuis le début des années 1980, la quantité de captures est limitée par règlement. La quantité totale de captures déclarées varie entre 626 et 1 817 t, pour une moyenne de 1 315 t de 1980 à 1995. Une surveillance complète à quai a été mise en place en 1994 pour la pêche au chalut et en 1996 pour la pêche à la ligne et l’hameçon. Une présence intégrale d’observateurs a été instaurée dans la pêche au chalut en 1996. Les prises déclarées totales de la pêche commerciale (captures et remises à l’eau pour la pêche au chalut, et captures seulement pour la pêche à la ligne et l’hameçon) s’élèvent à 840 t en moyenne entre 1996 et 2004.

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Gestion des pêches

Avant l’extension de la compétence en matière de pêches (1977), les pêches visant l’espèce étaient en grande partie menées par des flottes étrangères (américaines, soviétiques et japonaises). Les signalements de prises étaient faibles et il y avait peu de restrictions relatives à la pêche. Les flottes canadiennes ont progressivement remplacé les flottes étrangères, en particulier américaines à la fin des années 1970 et, en 1982, seuls des navires canadiens exploitaient l’espèce.

Il existe de nombreux signalements que le rejet en mer et les non-déclarations étaient courants entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 1990, mais l’importance de cette pratique demeure inconnue. De nombreux pêcheurs affirment que ces rejets étaient importants par rapport à la quantité totale de poisson débarquée, mais de nombreux cas de dépassement des limites de prises venaient, également, d’une mauvaise identification des espèces. Les prises déclarées pourraient être sous-estimées ou surestimées pour toute année donnée, le biais ayant changé presque chaque année au gré des divers moyens de limiter les prises testés par les gestionnaires des pêches.

Le manque de fiabilité des données sur la quantité des captures et les problèmes conséquents d’application des quotas de pêche au sébaste ont poussé le MPO à imposer une surveillance complète dans les ports en 1994 et une présence intégrale d’observateurs pour toute la flotte de chalutiers en 1996. La surveillance par des observateurs était particulièrement importante dans le cas du sébaste canari, puisque la plupart des prises sont effectuées au chalut. Des quotas individuels transférables sont entrés en vigueur en 1997.

En 2006, d’autres changements ont été apportés à la gestion afin de traiter les problèmes de prises accessoires dans une région où la diversité des espèces est grande. Cette situation soulevait de plus en plus de préoccupations, car les prises qui dépassaient les limites permises pour chaque type d’engin étaient rejetées en mer, et les taux de mortalité étaient souvent élevés. Puisque les rejets n’étaient généralement pas signalés, les récoltes totales et le nombre de morts relatifs à de nombreuses espèces de poissons de fond étaient inconnus. En 2006, toutes les espèces étaient visées par des quotas, et un dispositif d’évaluation électronique a été installé sur tous les navires qui n’étaient pas tenus d’avoir un observateur à bord. À l’aide du système vidéo, 10 p. 100 des sorties sont évaluées afin de vérifier l’exactitude des journaux et d’imposer des sanctions en cas d’écart. Les journaux demeurent le principal outil de surveillance, mais le système de vérification constitue une façon rapide d’assurer la conformité des journaux.

Toutes les mesures de surveillance (surveillance complète dans les ports, présence intégrale d’observateurs pour toute la flotte de chalutiers, dispositif d’évaluation électronique) sont financées par l’industrie.

En plus de l’accroissement de la surveillance des prises, quelques nouveaux relevés ont été entrepris depuis 2000 afin d’améliorer le suivi de l’abondance du sébaste canari. D’importants relevés au chalut de fond sont aujourd’hui pratiqués dans la plupart des zones traditionnelles de pêche au chalut : le relevé de la côte ouest de l’île de Vancouver a commencé en 2004; le relevé du détroit de la Reine-Charlotte a commencé en 2003; une nouvelle version du relevé du détroit d’Hécate a été lancée en 2005 et un nouveau relevé sur la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte a commencé en 2006. Quant aux relevés de la pêche à la ligne et à l’hameçon, certains ont été améliorés, et d’autres ont été créés. La composition des prises est abondamment échantillonnée dans les pêches commerciales (captures et en mer) ainsi que dans le cadre des relevés. En 2004, le MPO a obtenu 74 échantillons du sébaste canari, pour un total de 1 460 individus.

Le sébaste canari fait maintenant l’objet d’une gestion dans les eaux de la Colombie-Britannique en 4 stocks distincts parmi environ 70 stocks de poissons de fond d’importance commerciale et plus de 100 autres populations de poissons qui sont touchées par la récolte des poissons de fond. Depuis l’entrée en vigueur d’une présence intégrale d’observateurs dans les chalutiers assortie d’un quota individuel par bateau, il n’est plus possible de chercher et de pêcher le sébaste canari sans risquer d’excéder les limites de prises d’autres espèces, et vice-versa. Cela explique pourquoi les quotas ne sont pas atteints certaines années; les pêcheurs n’ont parfois d’autre choix que de laisser leur quota annuel de sébaste canari (ou d’une autre espèce) « dans l’eau » en raison du risque de dépasser leur quota d’autres espèces (ou de sébaste canari) (tableau 2).

Sur le quota total d’individus du sébaste canari, 87,7 p. 100 est alloué à la pêche au chalut (permis T), 11,77 p. 100 à la pêche à la ligne et à l’hameçon de sébastes côtiers (permis ZN) et 0,53 p. 100 à la pêche aux flétans (permis L). Les prises de la flotte de pêche au chalut sont limitées par un quota annuel partagé en quotas par bateau. Les prises de la pêche à la ligne et à l’hameçon étaient limitées par des quotas annuels et des limites par sortie. Les plans de gestion officiels (http://ops.info.pac.dfo.ca/fishman/Mgmt_plans) devraient être consultés afin d’obtenir un aperçu détaillé de la réglementation de la pêche.

Les prises de poissons de fond par la pêche récréative sont contrôlées par une limite de prises (pour les « sébastes », toutes espèces confondues) qui varie d’une région à l’autre. Les prises de pêche sont parfois limitées pour les Premières nations, mais les limites varient d’une Première nation à l’autre.

Les quotas régionaux adoptés par le MPO ont été fondés en grande partie sur les recommandations des documents d’évaluation des stocks (tableau 2). Les recommandations concernant les espèces pour lesquelles il y a peu de données, telles que le sébaste canari, ont été élaborées en examinant les prises historiques et des facteurs biologiques, comme les tendances de la CPUE et des compositions par âge, des analyses de la courbe des prises et des commentaires des pêcheurs (Stanley, 1999). La recommandation la plus récente sur l’espèce (Stanley, 1999) indiquait un total autorisé des prises minimal de 50 p. 100 du niveau historique et maximal n’excédant pas les niveaux de prises historiques :

« [...] Il n’existe aucun stock important de poisson sous-exploité dans les aires traditionnelles de pêche des zones 3C à 5B. Rien ne justifie, selon nous, une hausse de la récolte dans les aires traditionnelles de pêche au sébaste canari dans les zones 3C + 3D et 5A + 5B [...] Nous recommandons aux gestionnaires de ne pas envisager de récoltes excédant les niveaux historiques [moyens] pour ces zones traditionnelles de pêche. Par conséquent, la récolte maximum recommandée [définie comme étant à haut risque] pour les zones 3C + 3D et 5A + 5B est de 700 t et de 350 t respectivement.

 

« Compte tenu de la faiblesse prévue des cohortes des années 1990, du déclin des populations américaines du sébaste canari, du fait que l’analyse des classes d’âge repose sur l’hypothèse d’un recrutement stable et des faibles estimations produites par Walters et Bonfil (1999), nous recommandons une récolte minimum [définie comme étant à faible risque] de tout au plus 50 p. 100 de la récolte moyenne. Cela signifie une récolte de 350 t et de 175 t pour les zones 3C + 3D et 5A + 5B respectivement. » [Traduction]

Il est à signaler que les mesures des risques étaient de nature qualitative et visaient à rendre compte des incertitudes entourant les recommandations, afin de laisser aux gestionnaires une certaine marge de manœuvre à l’intérieur des limites recommandées.

Les quotas ont généralement été établis entre les niveaux minimal et maximal de la recommandation biologique; par exemple, pour une fourchette de 525 à 1 050 t/année recommandée pour les zones 3C + 3D et 5A + 5B (Stanley, 1999), les récents quotas allaient de 647 (1997-1998) à 898 (1999-2000) t/année, la plupart allant de 700 à 800 t/année (tableau 2).

De plus amples précisions sur les méthodes d’évaluation des stocks sont fournies à la section « Autres évaluations de l’abondance des populations canadiennes».

En résumé, la surveillance et le contrôle des prises ont grandement été améliorés au cours des 10 dernières années et l’industrie contribue beaucoup au système de gestion des pêches. Cependant, la gestion du sébaste canari ne se fonde pas sur des évaluations analytiques axées sur les risques des stratégies de récolte liées à l’abondance de l’espèce.

 

Tableau 2 : Récolte, quota et prises (t) recommandés du sébaste canari, par année et par zone de gestion, de 1997 à 2007
AnnéeRéc rec/Quota/PrisesRégionTotal
3C+3D5A+5B5C+5D5E
1997/98Récolte recommandéeNote de bas de page a350–525200–400Note de bas de page b

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
Note de bas de page b

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
550–925
1997/98Quota chalutNote de bas de page c50334581

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
81

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
929
1997/98Quota (ligne et hameçon)Note de bas de page cNote de bas de page e

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page e

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page e

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page e

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page e
1997/98Prises (chalut et ligne et hameçon)4491984629747
1998/99Récolte recommandéeNote de bas de page a350–525200–400Note de bas de page b

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
Note de bas de page b

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
550–925
1998/99Quota chalutNote de bas de page c50334581

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
81

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
929
1998/99Quota (ligne et hameçon)Note de bas de page c74

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
74

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
74

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
74

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
74
1998/99Prises (chalut et ligne et hameçon)4433024920833
1999/00Récolte recommandéeNote de bas de page a350–525200–400Note de bas de page b

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
Note de bas de page b

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
550–925
1999/00Quota chalutNote de bas de page c49934280

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
80

(Pour Régions 5C+5D et 5E)
921
1999/00Quota (ligne et hameçon)Note de bas de page c76

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
76

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
76

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
76

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
76
1999/00Prises (chalut et ligne et hameçon)5743244719976
2000/01Récolte recommandéeNote de bas de page d350–700175–35050–150100–200675–1400
2000/01Quota chalutNote de bas de page c5552771061591097
2000/01Quota (ligne et hameçon)Note de bas de page c92

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
92

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
92

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
92

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
92
2000/01Prises (chalut et ligne et hameçon)4792278027821
2001/02Récolte recommandéeNote de bas de page dNote de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
d
2001/02Quota chalutNote de bas de page c5292651011511046
2001/02Quota (ligne et hameçon)Note de bas de page cNote de bas de page e

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page e

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page e

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page e

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page e
2001/02Prises (chalut et ligne et hameçon)5052397720852
2002/03Récolte recommandéeNote de bas de page dNote de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d
2002/03Quota chalutNote de bas de page c5292651011511046
2002/03Quota (ligne et hameçon)Note de bas de page c140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140
2002/03Prises (chalut et ligne et hameçon)576242679896
2003/04Récolte recommandéeNote de bas de page dNote de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d
2003/04Quota chalutNote de bas de page c5292651011511046
2003/04Quota (ligne et hameçon)Note de bas de page c140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140
2003/04Prises (chalut et ligne et hameçon)5142507324865
2004/05Récolte recommandéeNote de bas de page dNote de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
Note de bas de page d
2004/05Quota chalutNote de bas de page c5292651011511046
2004/05Quota (ligne et hameçon)Note de bas de page c140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140

(Pour Régions 3C+3D, 5A+5B, 5C+5D et 5E)
140
2004/05Prises (chalut et ligne et hameçon)5252066810809

La colonne « Total » inclut les prises de zones inconnues et de la zone 4B (détroit de Georgie). Jusqu’en 2006-2007, les prises n’incluent pas les rejets de la pêche à la ligne et à l’hameçon.

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Stanley (1995)

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Note de bas de page B

Non indiqué dans Stanley (1995)

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Note de bas de page C

Voir (http://ops.info.pac.dfo.ca/fishman/Mgmt_plans/)

Retour à la première référence de la note de bas de page c

Note de bas de page D

Stanley (1999), recommandations non mises à jour pour 2001–2002 à 2007–2008

Retour à la première référence de la note de bas de page d

Note de bas de page E

Non indiqué

Retour à la première référence de la note de bas de page e

Retournez à la table des matières

Taille et tendances des population

Taille des populations

La moyenne des récents totaux de captures, qui se chiffrent à au moins 840 t/an avec un poids moyen du sébaste canari de 2,03 kg, représente plus de 413 000 individus capturés chaque année, principalement des individus matures (GFBio, données inédites). La population supporte une récolte continue de cette importance depuis plus de 30 ans. À défaut de signes d’un déclin imminent dans les tendances en matière d’abondance ou de composition par taille ou par âge (voir ci-dessous), il semble probable que la population actuelle d’adultes s’élève à quelques millions d’individus au moins. Elle n’est certainement pas de seulement quelques centaines de milliers d’individus. Bien qu’une estimation de l’abondance assortie d’un tel degré d’incertitude soit loin de définir de manière satisfaisante la situation de la population, elle aide néanmoins à étayer les discussions portant sur la situation de la population devant certaines menaces, comme la dérive génétique.

On obtient une autre estimation prudente ou sous-estimation de la population actuelle en additionnant les extrapolations sur tout le territoire obtenues à partir des taux de prise au chalut de fond des récents relevés de la Colombie-Britannique (côte ouest de l’île de Vancouver : données inédites pour 2004; détroit de la Reine-Charlotte : voir le tableau 6; détroit d’Hécate : données inédites pour 2005). Ces relevés sont destinés à surveiller l’abondance relative des poissons démersaux. Ils sont faits à l’aide de chaluts de fond Atlantic Western IIA et emploient une méthodologie par strates aléatoires. Les fonds sont chalutés à des profondeurs variant entre 50 et 500 m, ce qui couvre la plage de profondeurs occupée par le sébaste canari adulte (figure 11; tableau 3).

L’estimation de la biomasse de 2 563 t ainsi obtenue suppose une capturabilité (entre les panneaux de chalut) de 1,0. Les recherches menées aux États-Unis par Millar et Methot (2002) concluent que la capturabilité du sébaste canari dans le cadre du relevé triennal des États-Unis est vraisemblablement de l’ordre de 0,15 à 0,35. En appliquant cette plage de taux aux relevés de la Colombie-Britannique, la biomasse du sébaste canari dans les régions couvertes par les relevés en Colombie-Britannique passerait de 2 563 t à entre 7 300 et 17 100 t. Cela n’inclut pas les populations de la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte et des eaux intérieures, ce qui signifie que l’estimation est probablement prudente. Avec un poids moyen d'individus du sébaste canari capturés au chalut de 2,03 kg, les estimations ajustées de la biomasse se traduiraient par une abondance actuelle de 4 à 8 millions d’adultes dans les eaux de la Colombie-Britannique, étant donné que la majorité des individus du sébaste canari capturés dans le cadre du relevé est composée d’individus matures (selon le poids).


Figure 11 : Emplacement des relevés au chalut ayant fourni les données pour l’estimation de l’abondance du sébaste canari

Figure 11 : Emplacement des relevés au chalut ayant fourni les données pour l’estimation de l’abondance du sébaste canari.

Tous les relevés visaient les poissons de fond, sauf deux relevés des crevettes au chalut menés dans le détroit de la Reine-Charlotte et au large de la côte ouest de l’île de Vancouver.

 

Tableau 3 : Relevés au chalut non liés a la pêche menés en Colombie-Britannique et mentionnés dans le présent document
RelevéAnnée
début
Année
fin
Nbre de relevéPlage de
profondeurs
(m)
Chalut de fond
engin utilisé
Poissons de fond détroit d'Hécate20052005111-230Atlantic Western llA
Crevette COIVNote de bas de page a197520053115-258NMFS Standard Shrimp
Poissons de fond COIV20042004146-750Atlantic Western llA
Relevé triennial É.-U.Note de bas de page b19802001855-477Noreastern
Crevettes DRC19992004615-309NMFS Standard Shrimp
Poissons de fond DRC20032005337-543Atlantic Western llA
Sébastes à longue mâchoire goulet île Goose1966200516146-218Divers
Assemblage détroit d'HécateNote de bas de page c198420031118-232Yankee 36

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Relevé commencé en 1972 mais prises de sébastes non enregistrées avant 1975.

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Note de bas de page B

Information seulement sur les relevés menés en eaux canadiennes.

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Note de bas de page C

Le relevé a été refondu en 2005, cette série se termine donc de fait en 2003.

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Tendances démographiques tirées des relevés dans les eaux de la Colombie-Britannique

La discussion qui suit décrit les sources de données disponibles permettant de dégager les tendances de l’abondance du sébaste canari dans les eaux canadiennes. Ces sources sont :

  1. le relevé triennal au chalut de fond des États-Unis (relevé triennal des É.-U)
  2. le relevé au chalut ciblant les crevettes de la côte ouest de l’île de Vancouver (relevé des crevettes de la COIV)
  3. le relevé au chalut ciblant les crevettes du détroit de la Reine-Charlotte (relevé des crevettes du DRC)
  4. le relevé au chalut de fond du détroit de la Reine-Charlotte (relevé des poissons de fond du DRC)
  5. le relevé des assemblages de poissons du détroit d’Hécate (relevé des assemblages du DH)
  6. le relevé ciblant le sébaste à longue mâchoire du goulet de l’île Goose


Relevé triennal des États-Unis

Le relevé triennal des États-Unis a été lancé en 1977 et s’étend généralement du nord de la Californie à la frontière américano-canadienne dans le nord de l’État de Washington (Weinberg et al., 2002). En 1980, 1983, 1989, 1992, 1995, 1998 et 2001, il s’est également étendu aux eaux du sud de la Colombie-Britannique. Les deux premières éditions de ce relevé ont couvert jusqu’au 49°15’ N; les cinq dernières ont remonté plus au nord, jusqu’au 49°40’ N (figure 12).


Figure 12 : Sites d’échantillonnage du relevé triennal des États-Unis de 2001

Figure 12. Sites d’échantillonnage du relevé triennal des États-Unis de 2001.

 

Les données sur le sébaste canari du relevé triennal des États-Unis montrent une tendance à la baisse pendant la période du relevé; l’ampleur du déclin varie d’une zone à l’autre (figure 13 et tableau 4).


Figure 13 : Trois estimations de la biomasse du sébaste canari dans la région de Vancouver de la CPAPN (zone totale, eaux canadiennes seulement et eaux américaines seulement); barres d’erreur de correction du biais à 95 p. 100 estimées par 5 000 rééchantillonnages (méthode bootstrap)

Figure 13. Trois estimations de la biomasse du sébaste canari dans la région de Vancouver de la CPAPN (zone totale, eaux canadiennes seulement et eaux américaines seulement); barres d’erreur de correction du biais à 95 p. 100 estimées par 5 000 rééchantillonnages (méthode bootstrap).

 

Tableau 4 : Estimations de la biomasse du sébaste canari dans la région de Vancouver de la CPAPN (zone totale, eaux canadiennes seulement et eaux américaines seulement); les valeurs limites de l’intervalle de confiance à 95 p. 100, calculées par la distribution du rééchantillonnage bootstrap de la biomasse, sont indiquées
RégionAnnéeBiomasse moyenne bootstrapBiomasse minimumBiomasse maximum
Total Vancouver19807 63342728 611
Total Vancouver198311 0634 97619 812
Total Vancouver19897 9183 38916 711
Total Vancouver19921 6548012 884
Total Vancouver1995293109594
Total Vancouver19982 2331 2753 472
Total Vancouver20016222711 151
Canada Vancouver19808 08230630 811
Canada Vancouver19836 2411 07814 815
Canada Vancouver19894 8141 30313 362
Canada Vancouver19921 3105552 469
Canada Vancouver199525388504
Canada Vancouver19981 8059572 888
Canada Vancouver200135175850
É.-U. Vancouver19801580390
É.-U. Vancouver19834 6471 7268 963
É.-U. Vancouver19893 1041 1066 165
É.-U. Vancouver1992344138801
É.-U. Vancouver19954012103
É.-U. Vancouver1998427242707
É.-U. Vancouver2001271102508

Des renseignements additionnels et d’autres calculs sont présentés à l’annexe 2. Les estimations par la méthode bootstrap sont fondées sur 5 000 échantillonnages aléatoires avec remise.

 

La tendance pour cette espèce dans la région É.-U. Vancouver est de -7 p. 100 par année depuis 1980, alors que la tendance dans la région Canada Vancouver est de -14 p. 100 par année, ce qui donne un déclin global d’environ 95 p. 100 (figure 14). La tendance globale dans la section Total Vancouver indique également un déclin de - 4 p. 100 par année.

En appliquant une régression log-linéaire aux valeurs de l’indice de la région Canada Vancouver, on obtient une régression significativement non nulle et un déclin global de 96 p. 100 pendant la période. L’analyse des données des relevés est considérée comme la méthode la plus fiable de surveillance des espèces marines démersales, mais présente généralement (comme c’est le cas ici) de grandes marges d’erreur. Un ou deux grands traits de chalut ont une incidence importante sur les estimations annuelles de la biomasse (voir la figure 1 de l’annexe 1). Cependant, malgré ces inconvénients, ce relevé est considéré comme un bon indicateur de la situation de la population de cette zone.


Figure 14 : Estimations de la biomasse du sébaste canari tirées du relevé triennal des États-Unis regroupées pour les différentes zones

Figure 14. Estimations de la biomasse du sébaste canari tirées du relevé triennal des États-Unis regroupées pour les différentes zones.

Les lignes représentent une courbe exponentielle ajustée aux estimations ponctuelles.

Les variations improbables des données de la région É.-U. Vancouver de 1980 à 1983 sont à signaler. Cela démontre que ce relevé, en ce qui concerne le sébaste canari, indique parfois des changements démographiques à court terme qui sont hautement improbables. La valeur minimum de la marge d’erreur de l’année 1983 équivaut à multiplier par quatre la valeur maximum de la marge d’erreur de l’année 1980. Il n’existe aucun indice de recrutement d’une classe d’âge abondante dans les pêches durant cette période.


Relevé des crevettes de la côte ouest de l’île de Vancouver (COIV)

Le relevé des crevettes de la COIV fournit des données sur le sébaste canari qui s’étalent entre 1975 et 2006 (figure 15). Il s’agit de la plus longue série de données disponible pour la surveillance de l’espèce dans les eaux canadiennes. Le relevé a été mené presque annuellement durant toute la période couverte. Les données ont été analysées, d’après les recommandations de Starr et al. (2002), en stratifiant a posteriori les données en deux zones, soit les zones 124 et 125, et en considérant les traits de chalut comme aléatoires (annexe 1). Les traits ont été sélectionnés dans des zones qui ont été régulièrement échantillonnées à toutes les profondeurs et toutes les années, et l’analyse a été limitée à un ensemble constant de bateaux et de mois d’échantillonnage.


Figure 15 : Données sur le sébaste canari tirées du relevé des crevettes de la COIV, de 1975 à 2006

Figure 15. Données sur le sébaste canari tirées du relevé des crevettes de la COIV, de 1975 à 2006.

La partie inférieure représente l’indice sur l’échelle Ln, la ligne pointillée indiquant la moindre adéquation linéaire. La partie du milieu représente le même indice, mais comprend un intervalle de confiance à 95 p. 100 autour de chaque point. La partie supérieure indique le nombre total de traits de chalut (N), le nombre de traits ayant pris le sébaste canari (n) et le poids des individus du sébaste canari capturés (P, en kg) pour chaque année de relevé.

Les données du relevé ont été analysées au moyen d’équations correspondant à un relevé aléatoire stratifié et le biais a été estimé en rééchantillonnant les données du relevé à 1 000 reprises avec remise (bootstrap). La strate 125 n’a pas été échantillonnée pendant deux ans (1989 et 1991); le taux moyen de prise de la strate 124 de ces années a donc été appliqué à cette strate pour assurer la comparabilité pendant toute la période du relevé.

La biomasse du sébaste canari estimée par le relevé des crevettes de la COIV a décliné pendant toute la période du relevé, bien que les lignes de tendance varient beaucoup, et il y a certaines années où l’estimation relativement élevée de la biomasse est associée à une erreur relative très élevée (p. ex. 1977, 1983, 1994). La biomasse semble en croissance graduelle depuis la fin des années 1990, mais les indices comportent également de grandes incertitudes, et il y a eu des périodes d’augmentation ou de stabilité au début de la série, suivies d’un déclin continu.

En appliquant une régression log-linéaire à l’ensemble de données, on obtient une régression significativement non nulle et un déclin global pendant toute la période de 78 p. 100, ce qui corrobore les tendances dégagées par l’analyse du relevé triennal.

La proportion de traits de chalut avec capture du sébaste canari montre une tendance constante vers un accroissement de la population de l’espèce au cours des dernières années, après une période de déclin, si bien que cette proportion est aujourd’hui supérieure à la moyenne à long terme (figure 16). La capacité de ces données à détecter de réels changements dans l’abondance est inconnue, bien que certains auteurs estiment que la fréquence des prises non nulles est un indicateur valable, voire parfois supérieur (Bannerot et Austin, 1983). Pour les besoins de la présente évaluation, les estimations de la biomasse sont considérées comme un indice plus acceptable de l’abondance.


Figure 16 : Proportion de traits de chalut avec capture du sébaste canari par année; relevé des crevettes de la COIV

Figure 16. Proportion de traits de chalut avec capture du sébaste canari par année; relevé des crevettes de la COIV.

La proportion moyenne est illustrée par la ligne pleine.

Les tendances des taux de capture du relevé des crevettes de la COIV ont été analysées à l’aide de fonctions échelons, selon la méthode décrite par Stanley et Starr (2004). Les données du relevé ont été regroupées en blocs de deux ou trois périodes de durée à peu près égale (figures 17 et 18). Une autre interprétation regroupe les données en quatre blocs (figure 19) visant à représenter des périodes initiale et finale de cinq ans séparées par deux périodes intermédiaires de dix ans. Le choix de la durée de chaque bloc est évidemment arbitraire, mais il est facile, à l’examen des figures 17 à 19, d’évaluer la représentativité des différents regroupements.

La moyenne des indices de chaque période a été calculée soit selon la moyenne arithmétique simple, soit en utilisant l’inverse du coefficient de variation de chaque relevé comme facteur de pondération (tableau 5). La seconde méthode sous-pondère les indices associés à une erreur relative élevée. Les graphiques des fonctions à deux, trois et quatre échelons ajustées aux données pondérées avec l’inverse du coefficient de variation sont illustrés aux figures 17 à 19. Les analyses décrites dans le présent document estiment que, d’après ce relevé, l’abondance actuelle de l’espèce se situe entre 39 p. 100 et 61 p. 100 de la moyenne à long terme, et entre 23 p. 100 et 45 p. 100 de la première période de la série de données (tableau 5).

 

Tableau 5 : Moyennes relatives des indices de la biomasse du sébaste canari, d’après les données du relevé des crevettes de la COIV, de 1975 à 2005; trois définitions ont été utilisées pour générer différentes périodes permettant de comparer les indices du relevé
 1) Abondance de la dernière période par rapport à l’abondance moyenne sur toute la période2) Abondance de la dernière période par rapport à l’abondance moyenne de la première période
Moyenne arithmétiqueMoyenne pondéréeMoyenne arithmétiqueMoyenne pondérée
2 échelons0,560,480,380,28
3 échelons0,400,390,230,23
4 échelons0,510,610,450,39

Deux méthodes de calcul de la moyenne ont été employées pour chaque période comparée : a) la moyenne arithmétique simple de la période; b) une moyenne pondérée où chaque indice est pondéré par l’inverse du carré du coefficient de variation pour tenir compte des différences dans la fiabilité des données. La moyenne relative de la dernière période est calculée soit par rapport à la moyenne de toute la période du relevé, soit par rapport à la moyenne de la première période.


Figure 17 : Fonction à deux échelons des indices du relevé des crevettes de la COIV relativement à la moyenne de la série d’indices, avec pondération par l’inverse du carré du coefficient de variation de chaque relevé

Figure 17. Fonction à deux échelons des indices du relevé des crevettes de la COIV relativement à la moyenne de la série d’indices, avec pondération par l’inverse du carré du coefficient de variation de chaque relevé.

 


Figure 18 : Fonction à trois échelons des indices du relevé des crevettes de la COIV relativement à la moyenne de la série d’indices, avec pondération par l’inverse du carré du coefficient de variation de chaque relevé

Figure 18. Fonction à trois échelons des indices du relevé des crevettes de la COIV relativement à la moyenne de la série d’indices, avec pondération par l’inverse du carré du coefficient de variation de chaque relevé.

 


Figure 19 : Fonction à quatre échelons des indices du relevé des crevettes de la COIV relativement à la moyenne de la série d’indices, avec pondération par l’inverse du carré du coefficient de variation de chaque relevé

Figure 19. Fonction à quatre échelons des indices du relevé des crevettes de la COIV relativement à la moyenne de la série d’indices, avec pondération par l’inverse du carré du coefficient de variation de chaque relevé.


Les fonctions à échelons présentées ci-dessus constituent une solution qui peut remplacer une régression simple pour dégager des tendances temporelles. Lorsque l’on applique une régression simple linéaire aux données du relevé des crevettes, on obtient une estimation unique du déclin sur toute la période (de 1975 à 2005) d’environ 80 p. 100 (qui corrobore l’analyse log-linéaire décrite précédemment), mais cette estimation tombe à 60 p. 100 si les données de 1983 sont omises. Comme la série ne semble pas monotone, l’application d’une régression linéaire peut sembler moins pertinente. L’analyse par fonctions à échelons est peut-être plus résiliente aux points aberrants présents dans la série de données et pose moins de postulats sur la monotonicité de la série.


Analyse de régression du relevé triennal des États-Unis et du relevé des crevettes de la COIV

Les indices de population du relevé des crevettes de la COIV et du relevé triennal des États-Unis ont été analysés à l’aide d’un modèle de régression log-linéaire afin d’estimer le taux de déclin du sébaste canari. Les estimations de la pente étaient statistiquement significatives à p < 0,05 dans les deux cas. Le relevé de la COIV indique un déclin de 78 p. 100 sur les 31 ans de la série de données. Le relevé triennal indique un déclin de 96 p. 100 sur les 22 ans de la série de données. L’analyse combinant les deux indices ne révèle aucune différence significative entre les pentes des deux relevés, et le déclin estimé sur les 31 années couvertes par les deux relevés est de 86 p. 100.


Relevé des crevettes au chalut du détroit de la Reine-Charlotte

Un relevé des crevettes dans le détroit de la Reine-Charlotte utilisant la méthode de la surface chalutée est effectué annuellement depuis 1998 (Boutillier et Olsen, 2000). La méthode originale employait des stations d’échantillonnage uniformes et effectuait une interpolation spatiale pour estimer la biomasse; nous avons analysé les données de nouveau en postulant une stratification aléatoire pour obtenir les estimations de la biomasse du sébaste canari présentées au tableau 6 et à la figure 20 (pour obtenir plus de renseignements, voir l’annexe 1). Les points indiquent une tendance à la hausse pour la côte centrale depuis 1999, mais le relevé est de toute évidence imprécis : le taux de prise du sébaste canari est faible et, comme c’est le cas des autres relevés décrits dans la section suivante, le relevé s’étale sur une brève période.

 

Tableau 6 : Estimations de la biomasse du sébaste canari (t) tirées du relevé des crevettes du DRC, de 1999 à 2005
AnnéeBiomasse (t)IC min. (t)IC max. (t)
19995,40,925,3
20000,80,02,3
20010,70,02,1
20029,52,922,6
200314,25,328,0
20042,40,07,3

Les intervalles de confiance sont à 95 p. 100.

 


Figure 20 : Estimations par bootstrap de la biomasse (t, graphique en bas) et biomasse + intervalle de confiance à 95 p. 100 (t, graphique au centre) des individus du sébaste canari capturés dans le cadre du relevé des crevettes du DRC, de 1999 à 2004

Figure 20. Estimations par bootstrap de la biomasse (t, graphique en bas) et biomasse + intervalle de confiance à 95 p. 100 (t, graphique au centre) des individus du sébaste canari capturés dans le cadre du relevé des crevettes du DRC, de 1999 à 2004.

Le tableau du haut illustre : N = nombre de traits; n = nombre de traits dans lequel le sébaste canari a été capturé; W = poids total (kg) des individus du sébaste canari capturés.


Relevé des poissons de fond du détroit de la Reine-Charlotte

Un important relevé au chalut de fond des poissons démersaux a été entrepris 43 en 2003 dans le détroit de la Reine-Charlotte et répété en 2004 et en 2005 (figure 11) (Stanley et al., 2004). Le relevé est principalement financé par l’industrie de la pêche au chalut, et l’intention est actuellement de le poursuivre sur une base bisannuelle. Le relevé est fondé sur environ 240 traits de chalut réussis. Les résultats indiquent une tendance à la hausse sur les trois années du relevé (tableau 7, figure 21) mais, comme c’est le cas d’autres relevés sur l’espèce, les imprécisions de ce relevé sont évidentes, quoique le nombre d’individus du sébaste canari capturés soit beaucoup plus élevé que dans d’autres relevés.

 

Tableau 7 : Estimations de la biomasse du sébaste canari (t) tirées du relevé des poissons de fond du DRC, de 2003 à 2005
AnnéeBiomasse (t)IC min. (t)IC max. (t)
20031 3267092 861
20041 4937843 313
20051 7013495 232

Les intervalles de confiance sont à 95 p. 100.

 


Figure 21 : Estimations par bootstrap de la biomasse (par 100 t, graphique en bas) et biomasse + intervalle de confiance à 95 p. 100 (par 100 t, graphique au centre) d’individus du sébaste canari capturés dans le cadre du relevé des poissons de fond du DRC, de 2003 à 2005

Figure 21 : Estimations par bootstrap de la biomasse (par 100 t, graphique en bas) et biomasse + intervalle de confiance à 95 p. 100 (par 100 t, graphique au centre) d’individus du sébaste canari capturés dans le cadre du relevé des poissons de fond du DRC, de 2003 à 2005.

Le tableau du haut décrit : N = nombre de traits; n = nombre de traits dans lesquels le sébaste canari a été capturé; W = poids total (kg) des individus du sébaste canari capturés. Les méthodes de calcul des intervalles de confiance sont les mêmes que celles utilisées dans l’analyse du relevé des crevettes du DRC et sont décrites à l’annexe 1.


Relevé des assemblages de poissons du détroit d’Hécate

Le MPO a effectué un relevé au chalut de fond des « assemblages » dans le détroit d’Hécate de 1984 à 2003. Cependant, ce relevé a été effectué dans des eaux trop peu profondes pour le sébaste canari; les taux de prise de l’espèce sont donc extrêmement bas. Le sébaste canari a été capturé annuellement dans 1 à 11 traits sur un total de 85 à 146. La tendance, pour ainsi dire, est à la baisse, quoiqu’elle soit largement influencée par un point élevé en 1984 et deux points bas en 2002 et en 2003 (tableau 8, figure 22). Peu de crédibilité est accordée à cette tendance en raison du faible taux de prise du relevé. Ce relevé a été modifié en 2005, et quelques traits additionnels en eaux profondes y ont été ajoutés. Cela pourrait se révéler plus utile que les relevés antérieurs pour surveiller le sébaste canari, mais les imprécisions ont de fortes chances de persister.

 

Tableau 8 : Estimations de la biomasse du sébaste canari (t) tirées du relevé des assemblages du DH, de 1984 à 2003
AnnéeBiomasse (t)IC min. (t)IC max. (t)
198424679913
198723387
1989325124
199115925659
19934914196
1995396115
199614257
1998371244
20005710202
2002103
20035114

Les intervalles de confiance sont à 95 p. 100.

 


Figure 22 : Estimations par bootstrap de la biomasse (t, graphique en bas) et biomasse + intervalle de confiance à 95 p. 100 (t, graphique au centre) des individus du sébaste canari capturés dans le cadre du relevé des assemblages du DH, de 1984 à 2003

Figure 22: Estimations par bootstrap de la biomasse (t, graphique en bas) et biomasse + intervalle de confiance à 95 p. 100 (t, graphique au centre) des individus du sébaste canari capturés dans le cadre du relevé des assemblages du DH, de 1984 à 2003.

Le tableau du haut illustre : N = nombre de traits; n = nombre de traits dans lesquels le sébaste canari a été capturé; W = poids total (kg) des individus du sébaste canari capturés. Les méthodes de calcul des intervalles de confiance sont les mêmes que celles utilisées dans l’analyse du relevé des crevettes du DRC.


Relevé ciblant le sébaste à longue mâchoire du goulet de l’île Goose

Un relevé ciblant le sébaste à longue mâchoire du goulet de l’île Goose dans le détroit de la Reine-Charlotte a été mené à une fréquence raisonnable à l’aide du même modèle, du même navire et du même engin de 1966 à 1984Note de bas de page 8. Il a été interrompu pendant 10 ans, mais il a repris en 1994, à l’aide de différents navires, engins et modèles, mais il a été de nouveau interrompu en 1995 (Hand et al., 1995; Yamanaka et al., 1996).

Plus récemment, en 2003, le MPO et l’industrie de la pêche au chalut ont entrepris un relevé à plus vaste échelle visant de multiples espèces; il a été répété en 2004 et en 2005. À partir de 2007, il sera mené tous les deux ans (Olsen et al., 2007).

Le relevé ciblant le sébaste à longue mâchoire original était surtout mené dans des eaux trop profondes pour effectuer des prises importantes de sébaste canari. Le petit nombre de prises, les longues interruptions et le postulat problématique de capturabilité constante ont découragé l’exploration de ces données. Cependant, en raison du manque de données de relevés sur les tendances démographiques dans la partie boréale de la côte de la Colombie-Britannique, il vaut la peine d’examiner ces données. Le relevé pourrait également permettre de découvrir si les pêches au chalut étrangères (soviétiques et japonaises) dans les années 1960 et 1970 ont affaibli la population du sébaste canari dans les eaux de la Colombie-Britannique.

La zone relevée chaque année correspond au goulet de l’île GooseNote de bas de page 9 (figure 23), à des profondeurs de 146 à 218 m. Les tentatives de normaliser la capacité de capture se sont limitées à la correction des données pour tenir compte de l’écart des portes et de la vitesse moyenne (tableau 9, figure 24).


Figure 23 : Couches de profondeur du goulet de l’île Goose et emplacement des prises par trait, selon des relevés historiques de sébastes à longue mâchoire

Figure 23 : Couches de profondeur du goulet de l’île Goose et emplacement des prises par trait, selon des relevés historiques de sébastes à longue mâchoire.

En surplomb : emplacement du goulet de l’île Goose sur la côte de la Colombie-Britannique.

 

Tableau 9 : Indices du sébaste canari tirés des relevés historiques de sébastes à longue mâchoire du goulet de l’île Goose
AnnéeRésultats bootstrap (t)RENbre traitsPrises canariPoids prises
(kg)
Écart de portee
(m)
Vitesse
(km/h)
IndiceMoy.MédianeIC min.IC max.
196619819919805650,8182246625,6
1967666666231130,35141054625,6
1969878782332260,47189163625,6
197142434123880,3318861625,6
1973888885182940,67188104625,6
1976424240121220,5717540625,6
1977422417400871 3480,592516737625,6
1979606058241650,46285184715,9
1984757674251500,412310105595,9
1984118122124311520,206470435,6
199451514772100,74324106545,9
1995274277267168840,67326416546,1
19954084103881121 0930,53348464534,8
200329292871070,6531761725,7
200444444401660,8917246725,7
20051010103290,5525517725,7

 


Si nous présumons un poids moyen de 2 kg, le nombre total de prises serait de 8 à 370 poissons au cours de toute la période. De 1966 à 2005, le sébaste canari a été capturé dans 2 à 16 traits. Les faibles prises d’une espèce grégaire donnent à penser que la variance interannuelle est élevée.

Les résultats nominatifs, fondés sur une régression log, indiquent un déclin de 56 p. 100. Les estimations ponctuelles pour 2005 gonflent considérablement les données. Si elles sont exclues, les données indiquent un déclin de 23 p. 100.

La portion la plus fiable ou la plus comparable de la série de données n’indique aucun changement de 1966 à 1984 (augmentation de 1 p. 100). Puisque cette période couvre l’époque des pêches étrangères, il peut être supposé que les flottes étrangères n’ont pas grandement appauvri les stocks, du moins dans le détroit de la Reine-Charlotte. L’utilisation des données des relevés pose manifestement problème, mais ces dernières fournissent le seul aperçu d’une tendance à long terme pour la côte centrale.


Figure 24 : Estimations de la biomasse tirées du relevé ciblant le sébaste à longue mâchoire du goulet de l’île Goose et du relevé des poissons de fond du détroit de la Reine-Charlotte (de 1966 à 2005)

Figure 24: Estimations de la biomasse tirées du relevé ciblant le sébaste à longue mâchoire du goulet de l’île Goose et du relevé des poissons de fond du détroit de la Reine-Charlotte (de 1966 à 2005).

Données normalisées par l’écart des portes et la vitesse des traits.


Tendances en matière d’abondance tirées de la CPUE des pêches commerciales au chalut du Canada

L’analyse de la CPUE des pêches commerciales au chalut a été limitée à la période d’avril 1996 à mars 2005. La date de début correspond à l’apparition des registres d’observateurs en mer; les registres de prises fondés sur les journaux des pêcheurs et les bordereaux de vente ne sont donc pas considérés. Les taux de prise antérieurs à avril 1996 ne sont pas comparables dans le temps, principalement en raison du degré élevé et variable de fausses déclarations. Pendant cette période, le signalement d’un grand nombre de captures porte à croire que les journaux de pêche et les factures de vente ont sans aucun doute été falsifiés. À l’époque, il était évident qu’un grand nombre, voire la majorité, des bordereaux de vente et des journaux étaient remplis de manière à correspondre aux limites officielles de prises par sortie. En outre, les limites par sortie ont grandement varié dans le temps; les biais changeraient donc d’une année à l’autre ou d’un groupe d’années à l’autre. L’inefficacité du système de déclaration des prises et l’incapacité de gérer des quotas qui en a résulté sont les principaux motifs qui ont incité le ministère des Pêches et des Océans à imposer la présence d’observateurs pour toute la flotte de chalutiers en 1996. Bien que l’ampleur du phénomène de falsification des déclarations n’ait jamais été mesuré de manière à appuyer ces réticences, les taux de prises d’avant 1996 ne sont pas considérés comme des données fiables.

Même si les données de prises pour la période postérieure à 1996 sont fiables, il faut s’attendre à ce que la CPUE soit extrêmement stable dans le contexte d’une pêche assujettie à des quotas individuels par bateau (entrés en vigueur en 1997). Étant donné que l’abondance du sébaste canari varie, les pêcheurs assujettis à un tel quota tendent à passer du ciblage à l’évitement de l’espèce et vice versa en fonction des variations d’abondance, ce qui confère une apparence de stabilité à la CPUE. Toutefois, nous présumerons que de très grandes variations de l’abondance peuvent apparaître en dépit de cette tendance à la stabilité, en particulier dans le cas d’un déclin, car, à un certain point, les quotas ne seraient plus remplis si l’abondance diminuait de manière importante. Ce phénomène devrait être manifeste dans la CPUE également. Par conséquent, les analyses ont été menées de manière à déceler l’existence d’un déclin suffisamment important pour se manifester en dépit de la tendance à la stabilité extrême de la CPUE.

Les données sur les prises au chalut et l’effort de pêche concernant le sébaste canari de la base de données PacHarvTrawl du MPO ont été analysées à l’aide de deux modèles généraux de régression linéaire : l’un est une distribution log-normale fondée sur les prises non nulles du sébaste canari, et l’autre est une distribution binomiale fondée sur la présence ou l’absence de l’espèce dans les prises (annexe 5). L’analyse est effectuée à partir du 1er avril 1996, date où la qualité des données a été considérablement améliorée par l’imposition d’une présence d’observateurs pour tous les grands exploitants de chaluts. L’analyse a été limitée aux traits de chalut effectués aux profondeurs optimales pour le sébaste canari, ainsi qu’aux bateaux actifs dans les pêches depuis au moins trois ans et ayant effectué au moins cinq sorties par année. Deux pêcheries au sébaste canari ont été analysées : celle de la côte ouest de l’île de Vancouver (zones 3C + 3D) et celle du détroit de la Reine-Charlotte (zones 5A + 5B). La comparaison des deux zones pour chaque analyse par modèle général de régression linéaire montre des similitudes entre les zones (figure 25).


Figure 25 : Comparaison de deux séries d’indices de CPUE selon différents modèles de régression linéaire pour chacune de trois zones

Comparaison de deux séries d’indices de CPUE selon différents modèles de régression linéaire pour chacune de trois zones.

Chaque série a été normalisée par rapport à la moyenne géométrique de la période 1996-1997 à 2004-2005. Les barres d’erreur indiquent les limites de confiance à plus ou moins 95 p. 100.


La comparaison des deux zones pour chaque analyse par modèle général de régression linéaire montre que les séries binomiales sont très semblables dans les deux zones, chacune présentant un fort accroissement entre 1996-1997 et 1997-1998 et demeurant relativement stable par la suite. Les séries binomiales dans le détroit de la Reine-Charlotte montrent un déclin lors de la dernière année de pêche, alors que les séries dans la côte ouest de l’île de Vancouver n’en montrent pas. Les deux séries lognormales diffèrent davantage, une augmentation étant apparente pour le détroit de la Reine-Charlotte pendant la première moitié de la période, alors qu’une hausse est relevée pour la côte ouest de l’île de Vancouver dans la seconde moitié de la période. La pêche au sébaste canari sur la côte ouest de l’île de Vancouver a un taux de prise plus élevé et une proportion plus élevée de prises non nulles. Ces séries d’indices de l’abondance relative doivent être interprétées avec prudence, car elles proviennent de données dépendantes des pêches et sont assujetties à des variations interannuelles qui n’ont rien à voir avec l’abondance des poissons.

Trois des quatre séries de données sur l’abondance tirées de la CPUE (deux modèles, log-normal et binomial, appliqués aux deux zones mentionnées ci-dessus) montrent une tendance à la hausse de 5-6 p. 100 par année, selon la zone et le modèle de régression utilisé. Le modèle binomial appliqué aux données du détroit de la Reine-Charlotte montre une tendance à la baisse de -1 p. 100 par année. De simples modèles à deux paramètres ne remplacent pas les modèles d’évaluation des stocks et sont présentés à titre indicatif, dans la mesure où ils mettent en évidence la tendance générale sur la période couverte par l’analyse. Il est impossible de faire une projection des changements qui pourraient survenir au cours des trois prochaines générations de ces populations, car une telle projection demanderait une analyse complexe et des postulats sur la stabilité à long terme probablement impossibles à appuyer de manière satisfaisante. Néanmoins, ces données, avec leurs limites, n’indiquent pas de déclin de l’abondance dans ces zones depuis 1996.


Autres évaluations des stocks des populations canadiennes

Stanley (1999) a formulé des recommandations sur l’évaluation des stocks du sébaste canari. L’auteur a analysé la courbe des prises en regroupant les observations par catégories d’âge, afin de tenir compte de l’erreur de détermination de l’âge. Les estimations de Z qui en résultent (taux instantané de mortalité totale) de toutes les périodes dans les zones 3C + 3D et 5A + 5B (femelles : 0,046 - 0,10 et mâles : 0,03 - 0,07) ne différaient pas significativement de la plage des valeurs possibles de M, ce qui signifie, par soustraction (F = Z - M), que l’impact de la pêche était probablement faible. Même pour la période d’analyse la plus récente (de 1996 à 1998), les estimations de Z pour les femelles étaient de 0,092 et 0,095 dans les zones 3C + 3D et 5A + 5B respectivement et de 0,047 et 0,053 pour les mâles, ce qui signifie qu’elles s’approchaient encore des valeurs plausibles de M. Bien qu’il ait été démontré que les analyses des courbes des prises menées en vase clos ont de nombreux désavantages (Ricker, 1975), les estimations implicites de F à différentes périodes n’ont révélé aucun niveau de pêche non durable, ni d’accroissement temporel dans les deux grandes zones. Par conséquent, les quotas en vigueur à l’époque (tableau 2) semblaient durables et n’ont pas été modifiés depuis.

La plage recommandée de quotas tend à se situer à l’intérieur des moyennes historiques des quantités de captures. En l’absence d’une analyse quantitative des risques, l’intention des limites inférieure et supérieure présentées au tableau 2 est de fournir des lignes directrices qualitatives aux gestionnaires. Les récoltes n’atteignant pas le minimum sont assorties d’un risque négligeable, tandis que les récoltes excédant le maximum ne peuvent être qualifiées de durables et sont considérées comme compromettantes pour les stocks.

Walters et Bonfil (1999) proposent deux nouvelles méthodes d’évaluation des stocks du sébaste canari. La première est fondée sur une augmentation des taux de prise des pêches commerciales et sur la biomasse par unité de surface. Par contre, les auteurs ignoraient la capturabilité des chaluts et ont affirmé qu’ils étaient « moins que satisfaits de la technique ». Malgré tout, ils ont estimé que la biomasse « minimale » se situait entre 3 246 et 4 932 t pour les années 1994 à 1996 dans les zones intensivement chalutées.

La seconde méthode est une procédure bayésienne d’évaluation d’un stock unique. Elle consiste à modéliser la population en posant diverses hypothèses sur la biomasse de départ (B0), puis à y appliquer la CPUE de la pêche commerciale à la période de 1980 à 1996, et ce, même si les auteurs ont signalé que les données de CPUE montraient des tendances irréalistes. Comme il a été précédemment mentionné (et dans l’évaluation du bocaccio, Stanley et al., 2001), les données sur les prises et la CPUE ne sont ni précises ni comparables durant cette période, en raison des variations dans les modalités de gestion et des tendances à falsifier les déclarations.

Walters et Bonfil ont fourni une utile contribution en déterminant les répercussions que de telles tendances auraient comme fondement dans l’évaluation des stocks; cependant, les résultats devraient être interprétés avec prudence (Stanley, 1999). L’évaluation du sébaste canari, à l’instar d’autres évaluations présentées ici, a été grandement facilitée par une chute abrupte de la CPUE vers la fin de la période (milieu des années 1990) qui coïncide avec des améliorations dans la déclaration des données sur les prises, l’entrée en vigueur du Programme de surveillance à quai en 1994 et une présence intégrale d’observateurs en 1996. Les analyses de Walters et Bonfil laissent néanmoins entendre que le ratio de la biomasse actuelle (B1996) par rapport à la biomasse avant l’exploitation (B0) dans 19 sites de pêche au chalut est de 0,29 à 0,77, pour un ratio moyen de 0,49.


Tendances des caractéristiques biologiques

Les observations sur la composition par longueur et par âge des prises commerciales dans les eaux canadiennes sont résumées aux figures 5 à 8 et 26; les zones 3C + 3D, 5A + 5B et 5E sont présentées séparément (il y a trop peu de données sur les zones 5C + 5D). Comme ces données ne sont pas recueillies systématiquement par les pêcheurs commerciaux, la distribution spatiale des individus à l’intérieur de ces zones varie d’une année à l’autre et n’est peut-être pas très représentative de la pêche. Cela met en doute la comparabilité des données dans le temps et soulève la possibilité que l’apparente stabilité de la longueur ou de l’âge moyens des prises soit un artéfact dû au fait que les pêcheurs découvrent peut-être peu à peu des sous-stocks relativement inexploités à l’intérieur des zones. Cette éventualité est toutefois improbable, puisque les secteurs connus où le sébaste canari est abondant dans les zones 3C + 3D et 5A + 5B sont relativement peu étendus et ont été exploités sans interruption depuis la fin des années 1950. Il est donc peu probable qu’une série de déclins localisés au cours des dernières décennies ait camouflé une tendance générale à la baisse de la taille ou de l’âge moyens à l’intérieur de ces zones.

À plus grande échelle spatiale, toutefois, cet effet est plus probable et c’est pourquoi les données ont été séparées par régions. Par exemple, la zone 5E n’est exploitée que depuis 1977 environ; le regroupement des échantillons de cette zone dans une statistique à l’échelle de toute la côte causerait l’apparition de l’artéfact décrit ci-dessus. Le tableau 10 indique les échantillonnages du sébaste canari disponibles et montre que leur nombre est trop faible pour évaluer avec précision comment les diverses caractéristiques de chaque échantillonnage (voir ci-dessus), comme la saison, la profondeur ou la source (échantillon de quai comparé à échantillon en mer) influent sur la comparabilité dans le temps. Cependant, la modeste hausse du nombre d’individus de petite taille ces dernières années (figures 6 à 8) est peut-être attribuable au fait que certains échantillons en mer ont été pris à une moindre profondeur. Si l’on omet ces derniers résultats, la taille et l’âge moyens ont augmenté au cours des dernières années (comparer les figures 6, 7 et 8 avec la figure 26). Ainsi, quoiqu’il n’existe probablement aucun effet de déclin en série, il appert qu’un nombre croissant de prises sont effectuées à des profondeurs moindres et affectent la comparabilité des échantillons dans le temps. Cela met en évidence la faiblesse de l’analyse des tendances à partir d’un échantillonnage non systématique. Les nouveaux relevés indépendants des pêches fourniront des échantillons plus comparables, mais ils ne seront pas représentatifs des prises commerciales.

Des tendances nominales (non pondérées) et pondérées de la composition par longueur et par âge moyens sont présentées. Les versions pondérées regroupent les échantillons et pondèrent chaque échantillon en fonction de la prise de sébaste canari associée à l’échantillon (figures 27 et 28).

 

Tableau 10 : Échantillons d’âge du sébaste canari dans les zones 3C + 3D
AnnéePort
n
Port
N
Observateur
n
Observateur
N
Recherche
n
Recherche
N
Total
n
Total
N
1978    11041104
19792201    2201
1980        
1981        
1982250    250
19832225    2225
19843212    3212
19851296  3754371
1986    275275
1987        
1988    150150
1989125    125
1990133    133
19912102    2102
1992        
19933151    3151
1994152    152
19954211    4211
19961623135  4197
1997  4117  4117
1998634611551  17897
199921087321  9429
20001623180  4242
2001  3165  3165
20021594152  5211
20032113294  4207
200431537299  10452
Total:382 461442 0147304894 779

Port = échantillons obtenus au port de débarquement; Observ. = échantillons obtenus en mer par des observateurs à bord; Recherche = échantillons obtenus en mer par des expéditions de recherche; n = nombre d’échantillons; N = nombre d’individus dont l’âge a été déterminé.

 

Tableau 10 (suite) : Échantillons d’âge du sébaste canari dans les zones 5A + 5B
AnnéePort
n
Port
N
Observateur
n
Observateur
N
Recherche
n
Recherche
N
Total
n
Total
N
19784387    4387
19791100    1100
19801100    1100
1981124    124
1982127    127
1983125    125
1984        
1985        
1986        
1987        
19882166    2166
1989        
19904141    4141
19914206    4206
19922109    2109
1993181    181
19947365    7365
1995        
1996  140  140
199721063154  5260
1998159148  2107
199921182861295233
20003165149  4214
20015322124  6346
2002        
20032109260  4169
2004140146  286
Total:452 65012507129583 186

Port = échantillons obtenus au port de débarquement; Observ. = échantillons obtenus en mer par des observateurs à bord; Recherche = échantillons obtenus en mer par des expéditions de recherche; n = nombre d’échantillons; N = nombre d’individus dont l’âge a été déterminé.

 

Tableau 10 (suite) : Échantillons d’âge du sébaste canari dans la zone 5E
AnnéePort
n
Port
N
Observateur
n
Observateur
N
Recherche
n
Recherche
N
Total
n
Total
N
19781100    1100
1979        
1980        
1981        
1982        
1983        
1984        
1985        
1986        
1987        
1988        
1989        
1990        
1991        
1992        
1993        
1994        
1995        
1996        
1997151    151
1998  293  293
1999        
20001561481503154
2001  2158  2158
2002        
2003        
20043125    3125
Total:6332529915012681

Port = échantillons obtenus au port de débarquement; Observ. = échantillons obtenus en mer par des observateurs à bord; Recherche = échantillons obtenus en mer par des expéditions de recherche; n = nombre d’échantillons; N = nombre d’individus dont l’âge a été déterminé.

 


Figure 26 : L’effet de l’échantillonnage à faible profondeur sur la composition par âge du sébaste canari

Figure 26. L’effet de l’échantillonnage à faible profondeur sur la composition par âge du sébaste canari.

La section (a) contient 4 échantillons de faible profondeur dans les zones 3C + 3D. L’omission de ces échantillons dans l’analyse de la composition par âge se traduit par le graphique illustré à la section (b). Lorsqu’on le compare au graphique original de la composition par âge de la figure 6, ce graphique compte beaucoup moins d’individus dans les groupes d’âge inférieurs les années où les échantillons en eaux peu profondes ont été omis. Une tendance semblable se dessine dans les zones 5A + 5B (sections c et d) et la zone 5E (sections e et f).

 


Figure 27 : Tendances de la longueur moyenne à la fourche chez le sébaste canari : a) zones 3C + 3D; b) zones 5A + 5B; c) zone 5E

Figure 27. Tendances de la longueur moyenne à la fourche chez le sébaste canari : a) zones 3C + 3D; b) zones 5A + 5B; c) zone 5E.

Les lignes grises représentent la pondération de chaque échantillon par le poids total de la prise de sébaste canari d’où provient l’échantillon. Le poids total des prises d’échantillonnage n’est disponible que pour les dernières années.

 


Figure 28 : Âge moyen en fonction de l’année chez le sébaste canari : a) zones 3C + 3D; b) zones 5A + 5B; c) zone 5E

Figure 28. Âge moyen en fonction de l’année chez le sébaste canari : a) zones 3C + 3D; b) zones 5A + 5B; c) zone 5E.

Les lignes grises représentent la pondération de chaque échantillon par le poids total de la prise de sébaste canari d’où provient l’échantillon. Le poids total des prises d’échantillonnage n’est disponible que pour les dernières années.


On relève une apparente baisse de la longueur moyenne chez les mâles dans les zones 3C + 3D, mais non chez les femelles. Aucune tendance ne se dégage dans les zones 5A + 5B pour les mâles ou les femelles, bien qu’il soit possible que la longueur moyenne ait augmenté au cours des dernières années. La période d’échantillonnage est brève dans la zone 5E.

L’âge moyen dans les zones 3C + 3D était en baisse chez les deux sexes de la fin des années 1970 jusqu’en 1990. Par la suite, aucune tendance ne se dégage. Aucune tendance n’est relevée dans les zones 5A + 5B. Ces dernières années, l’âge moyen dans les zones 3C + 3D est inférieur à celui dans les zones 5A + 5B, mais semblable à celui des échantillons de l’État de Washington (Methot et Stewart, 2005). L’unique échantillon de la zone 5E recueilli en 1977 affiche une composition par âge caractéristique d’une population inexploitée. Les échantillons de cette zone ont aujourd’hui un âge moyen plus bas, ce qui corrobore de manière générale les données recueillies plus au sud.


Sommaire des tendances en matière d’abondance dans les eaux de la Colombie-Britannique (zones du sud, du centre et du nord)

Les estimations de l’abondance tirées des quantités de prises annuelles et des relevés au chalut indiquent que l’abondance des individus adultes du sébaste canari dans les eaux canadiennes est probablement de plusieurs millions d’individus, au minimum. En ce qui concerne les tendances de l’abondance relative, les données des différentes régions ont été distinguées, bien que les indices aient été normalisés relativement à une moyenne commune et soient présentés dans des graphiques combinés (figures 29 à 31).

 

Tableau 11 : Sommaire des indices d’abondance du sébaste canari
SourceUnitésTerritoireAnalyseImportance/commentaires
1. Relevé triennal des É.-U. (Canada Vancouver)Biomasse (t)Frontière des É.-U. vers le nord jusqu’au milieu de l’île de Vancouver, de 1980 à 2001Régression log-linéaire : déclin de 96 %Élevée (engins et méthodes appropriés)
2. Relevé des crevettes de la COIVBiomasse (t)Au large de la côte ouest de l’île de Vancouver de 1975 à 2006Régression log-linéaire : déclin de 78 %Élevée (engins et méthodes appropriés)
3. Relevé des crevettes de la COIVCaptures non nullesAu large de la côte ouest de l’île de Vancouver, de 1975 à 2005Déclin puis croissance -- aucune tendance généraleFaible (capacité à détecter les changements dans l’abondance inconnue)
4. Relevé des crevettes de la COIVBiomasse (t)Au large de la côte ouest de l’île de Vancouver, de 1975 à 2005Fonctions à échelons : déclins d’ampleur variée (entre 23 % et 45 %)Faible (approche prometteuse)
4. 1 et 2 combinésIndiceComme ci-dessusRégression log-linéaire : déclin de 86 %Élevée (comme les relevés individuels)
5. CPUE commerciale, COIVCapture par unité d’effortAu large de la côte ouest de l’île de Vancouver, de 1996 à 2005Analyse : croissanceFaible (les taux de prises commerciales sont influencés par des facteurs autres que l’abondance)
6. Relevé des crevettes du DRCBiomasse (t)Détroit de la Reine-Charlotte, de 1999 à 2004Analyse : croissance/aucune tendanceFaible (courte période d’échantillonnage)
7. Relevé des poissons de fond du DRCBiomasse (t)Détroit de la Reine-Charlotte, de 2003 à 2005Analyse : croissanceFaible (courte période d’échantillonnage)
8. Relevé des assemblages de poissons du détroit d’HécateBiomasse (t)Détroit d’Hécate, de 1984 à 2003Analyse : déclinFaible (profondeurs du sébaste canari non étudiées)
9. Relevé ciblant le sébaste à longue mâchoire du goulet de l’île GooseIndice de biomasseGoulet de l’île Goose, de 1966 à 2005Régression log‑linéaire : déclin de 56 % (23 % sans le dernier point)Faible (profondeurs non étudiées, changements dans les méthodes d’échantillonnage avec le temps)
10. CPUE commerciale, DRCCapture par unité d’effortDétroit de la Reine-Charlotte, de 1996 à 2005Analyse : aucune tendanceFaible (les taux de prises commerciales sont influencés par des facteurs autres que l’abondance)

Toutes les données proviennent du chalutage. Numéros 1 à 5 : partie sud de l’aire de répartition; numéros 6 à 10 : partie nord de l’aire de répartition

 


Figure 29 : Indices de la biomasse relative de sébaste canari tirés de quatre relevés de longue durée indépendants des pêches

Figure 29. Indices de la biomasse relative de sébaste canari tirés de quatre relevés de longue durée indépendants des pêches.

Toutes les données ont été pondérées relativement à une moyenne commune calculée pour la période de 1983 à 2001.

 


Figure 30 : Indices relatifs de l’abondance du sébaste canari tirés des données de la pêche commerciale au chalut recueillies sur une courte période dans les zones 3C + 3D et 5A + 5B, ainsi que de deux relevés indépendants des pêches dans le détroit de la Reine-Charlotte

Figure 30. Indices relatifs de l’abondance du sébaste canari tirés des données de la pêche commerciale au chalut recueillies sur une courte période dans les zones 3C + 3D et 5A + 5B, ainsi que de deux relevés indépendants des pêches dans le détroit de la Reine-Charlotte.

Toutes les données ont été pondérées relativement à une moyenne commune calculée pour la période de 1999 à 2004.

 


Figure 31 : Proportion de prises non nulles de sébaste canari dans six relevés indépendants des pêches

Figure 31. Proportion de prises non nulles de sébaste canari dans six relevés indépendants des pêches.


La régression log-linéaire appliquée aux données du relevé des crevettes de la COIV montre un déclin de 80 p. 100 de 1975 à 2006. L’analyse par fonctions à échelons montre que l’abondance récente s’élève entre 39 et 61 p. 100 de la moyenne à long terme, ou entre 23 et 45 p. 100 de la période initiale. À l’examen de la tendance qui se dégage dans la proportion de prises non nulles (figures 16 et 31) de ce relevé, on constate que l’indice est à un niveau égal ou supérieur à celui du début du relevé. Le taux de prise du relevé triennal des États-Unis (figures 13 et 29) montre un déclin ajusté de 95 p. 100, tandis que la comparaison de la moyenne des quatre relevés les plus récents (de 1992 à 2001) à celle des trois relevés de la période de 1980 à 1989 montre un déclin de 92 p. 100. Les deux relevés (comme c’est le cas de tous les relevés au chalut visant des espèces grégaires) subissent l’effet d’occasionnels traits exceptionnellement réussis qui gonflent considérablement les estimations annuelles des relevés. Cet effet se constate dans les résultats de la zone É.-U.–Vancouver entre 1980 et 1983, période où l’indice est passé de près de zéro à la valeur maximum de la série de données en fonction du temps. La proportion de prises non nulles en fonction du temps de ce relevé n’indique pas un fort déclin constant (figure 31).

Les taux de prise de la pêche commerciale dans la région de la côte sud, comme c’est le cas ailleurs, semblent stables, voire en hausse, depuis 1996. Cependant, les tendances de la CPUE de la pêche commerciale au chalut pourraient être un artéfact dû au phénomène de ciblage ou évitement de l’espèce dans le contexte d’une pêche assujettie à un quota individuel transférable. La taille et l’âge moyens des échantillons biologiques recueillis dans cette région tendent à diminuer à long terme, mais se sont stabilisés au cours des dernières années.

On ne dispose d’aucun indice à long terme pour la région de la côte centrale (zones 5A + 5B), à l’exception de la série de relevés menés dans le goulet de l’île Goose, mais il est estimé que leur échantillonnage du sébaste canari est faible et leur conception a été modifiée au fil du temps. Il se dégage une possible tendance à la hausse dans le relevé des poissons de fond du DRC au cours des trois premières années (de 2003 à 2005) (figures 21 et 30), tandis que le relevé des crevettes du DRC est plus variable. Les taux de prise de la pêche commerciale au chalut semblent stables depuis 1996, bien que les réserves formulées précédemment au sujet des zones 3C + 3D s’appliquent également aux données issues de la pêche commerciale.

Les estimations ponctuelles de la biomasse minimale dans le détroit de la Reine-Charlotte provenant du relevé des poissons de fond de 2005 (en présumant une capturabilité de 1,0) indiquent que l’abondance est probablement d’au moins 1 795 t (intervalle de confiance à 95 p. 100 : de 433 à 5 668 t) pour 2005, par comparaison avec les 738 t (intervalle de confiance à 95 p. 100 : de 417 à 1 390 t) estimées sur la côte ouest de l’île de Vancouver pour 2004. Bien que l’on ne puisse présumer que la capturabilité soit la même dans les deux régions, les résultats nominaux donnent à penser que la biomasse du sébaste canari est plus grande dans la région centrale.

La taille et l’âge moyens des échantillons biologiques recueillis dans la région centrale ne présentent aucune tendance à long terme. Les pêcheurs affirment depuis longtemps qu’il existe une grande population du sébaste canari au large de la côte nord (zone 5E), bien que les eaux du nord produisent peu de captures. Leur opinion est fondée sur un signal acoustique important correspondant aux sébastes sur des fonds non chalutables à des profondeurs privilégiées par l’espèce. Ce signal acoustique a également été remarqué par des scientifiques et partiellement confirmé par des prises d’individus du sébaste canari au chalut lors de nombreuses expéditions de recherche. À cause de la topographie difficile des fonds dans cette zone, le sébaste canari ne peut être pêché au chalut qu’en de rares endroits, mais les pêcheurs affirment que ce sont les faibles quotas en vigueur dans cette zone qui empêchent l’expansion de cette pêche. Le sébaste canari est souvent observé dans la pêche à la ligne et à l’hameçon dans cette région.

Les échantillons biologiques obtenus de la côte nord (à partir de la côte ouest des îles de la Reine-Charlotte) sont limités. La comparaison des échantillons récents avec un échantillon recueilli en 1978 indique que l’exploitation a eu un impact. La taille et l’âge moyens actuels sont semblables à ceux des échantillons des côtes sud et centrale. Cependant, cette interprétation des résultats pourrait être biaisée par la méthode de recueil des échantillons.


Résumé de la situation de la population

Les données de relevés les plus fiables sont tirées du relevé des crevettes de la COIV et du relevé triennal des États-Unis. Analysés séparément à l’aide d’un modèle log-linéaire, le relevé des crevettes de la COIV indique un taux de déclin de – 0,051 la première année, et le relevé triennal, de – 0,15 (annexe 1). Dans une analyse de la covariance des deux relevés, le relevé étant la variable nominale, le terme d’interaction n’est pas significatif (c’est-à-dire, la pente diffère selon le relevé), mais le terme d’interception l’est. L’estimation de pente commune de l’analyse de la covariance est de – 0,064 la première année, ce qui est près de l’indice du relevé de la COIV, qui compte beaucoup plus de points de données que le relevé triennal.

Il est considéré que le déclin indiqué par la pente commune (séries combinées) représente le mieux la tendance de l’abondance de la population, soit un déclin de 86 p. 100 sur 30 ans (ou 1,0 à 1,5 génération). Puisqu’il n’y a pas de donnée sur le nombre d’individus matures pour toute la période des deux relevés, la biomasse totale est utilisée pour calculer une estimation. En raison de l’apparente perte d’individus âgés pendant la période couverte (figure 6), le déclin de la biomasse des individus matures est probablement plus élevé que celui observé pour tous les individus.

La pêche constitue probablement la cause du déclin observé. Une diminution du recrutement peut avoir contribué au déclin, mais il n’y a aucune preuve nette que tel a été le cas. Selon un modèle de production, les prises observées et les estimations plausibles de biomasse au début et à la fin de la période de déclin correspondent au déclin observé de 86 p. 100 au cours de la période pour laquelle il y a des données, ce qui donne à penser que la pêche seule pourrait avoir entraîné le déclin dans des conditions biologiques « moyennes ». Un long épisode de faible recrutement a été observé dans un grand nombre de stocks de poissons de fond durant les années 1990 dans la région de l’État de Washington et de la Californie (King, 2005), et une période de faible recrutement chez le sébaste canari depuis le milieu des années 1990 était prévue dans l’évaluation la plus récente (Stanley, 1999). Cependant, les données connues sur l’âge et la longueur n’indiquent pas fortement une diminution du recrutement (figure 6). Une réduction du recrutement attribuable à des facteurs environnementaux pourrait avoir contribué au déclin, mais il n’y a pas de preuve nette à cet égard et elle n’est pas nécessaire pour expliquer le déclin.

L’interprétation des tendances de l’abondance de la population au cours des dernières années (depuis 1995) est très incertaine. Le relevé triennal a pris fin en 2001 (figure 14); les indices depuis le début des années 1990 étaient variables, à un niveau faible. Le relevé des crevettes de la COIV a fourni des indices annuels pour toute le période (figure 15). En raison de la grande variabilité d’année en année, les données du relevé depuis 1995 pourraient être interprétées comme indiquant la poursuite d’un déclin, la stabilité ou même l’augmentation de l’abondance.

Puisqu’on ignore si le déclin a cessé, il semble que le déclin continu constitue l’interprétation la plus prudente de la tendance (comme dans les calculs du déclin ci‑dessus et illustrés à la figure 15). Bien que des données indiquent une hausse du nombre de jeunes individus depuis les dernières années (figure 6), il n’y a pas de fortes preuves d’une augmentation du recrutement pouvant entraîner un accroissement de l’abondance, et toute hausse des indices mue par une augmentation du nombre de jeunes individus ne refléterait pas un accroissement de la population mature. Le nombre de prises a diminué de façon importante au cours des 10 dernières années. En raison de la perte d’individus âgés pendant la période couverte, le déclin d’individus matures est peut-être sous-estimé, c’est pourquoi l’interprétation la plus prudente de la tendance au cours des dernières années pourrait être un déclin continu.

Il y a plusieurs sources d’incertitude dans l’interprétation de la situation de la population, notamment sur la tendance récente des données les plus fiables, tel qu’il est exposé ci-dessus. Il existe également des incertitudes quant à l’application des indices de tendances démographiques à toute la répartition à partir d’une portion de l’aire (au sud-ouest au large de la côte ouest de l’île de Vancouver). Les tendances des caractéristiques biologiques (en particulier l’âge et la longueur) sont aussi incertaines, car l’échantillonnage biologique est généralement faible, le modèle a changé avec le temps et les modifications des patrons de pêches ont peut-être influencé les données. Dans l’ensemble, les données varient beaucoup. Toutefois, l’important déclin qu’indiquent les deux indices relativement fiables fournit probablement un signal clair des tendances démographiques.


Tendances démographiques et évaluations dans les eaux américaines

Des scientifiques américains ont récemment mis à jour l’évaluation du sébaste canari, de la frontière entre l’État de Washington et la Colombie-Britannique jusqu’au sud de la Californie; cette population est traitée comme un seul stock (Methot et Stewart, 2005). Les sources d’information sont les données sur les prises, sur la fréquence par longueur et par âge des prises de 10 flottes de pêche, ainsi que le relevé triennal des États-Unis. Ces données ont été utilisées pour une analyse des prises selon l’âge ajustée en fonction d’un indice extrait du relevé triennal des États-Unis, quoique dans ce cas, les données de l’ensemble du relevé triennal, de la Californie à la frontière canadienne, ont été utilisées. Cette série de données comprend des relevés additionnels de 1977, de 1986 et de 2004 hors des eaux canadiennes. La situation du stock des États-Unis est résumée (Methot et Stewart, 2005, p. 10) comme suit :

« Le sébaste canari a été relativement peu exploité jusqu’au début des années 1940, période où la récolte a augmenté et un déclin rapide de la biomasse s’est enclenché. Le taux de déclin de la biomasse reproductrice s’est accru à la fin des années 1970, et s’est stabilisé à la fin des années 1990, suivant l’entrée en vigueur de mesures de gestion. D’après les estimations, la biomasse du stock reproducteur du sébaste canari a atteint un seuil en 2000. Le taux relatif de déclin pour 2005 était estimé à 5,7 p. 100 selon le modèle de base et de 11,4 p. 100 selon le modèle de rechange. » [Traduction]

Le plan de reconstruction des stocks du sébaste canari comprend un certain nombre de mesures, dont la fermeture des pêches ciblées, la fermeture du plateau continental au chalutage à moins de 137 m et une obligation de remise à l’eau à la pêche à la ligne et à l’hameçon. Les prises estimées pour 2004 s’élevaient à moins de 38 t, y compris les estimations des rejets en mer. Le relevé triennal des États-Unis, principal outil de surveillance de cette population, est désormais effectué annuellement plutôt qu’aux trois ans.

Les prises d’individus de cette population sont passées d’environ 1 500 t/année au milieu des années 1990 à entre 30 et 50 t/année en 2003-2004. Dans les années 1980, elles dépassaient les 3 000 t/année (un sommet de 5 400 t en 1982), et ont totalisé 150 000 t pour toute la période couverte par l’analyse (de 1916 à aujourd’hui). La biomasse non exploitée était estimée à 35 000 t au début de la période de l’analyse (1916), et elle a décliné de façon stable jusqu’à nos jours. La biomasse s’établissait à environ 15 000 t dans les années 1970 (Methot et Stewart, 2005).

Un relevé utilisant la méthode de la surface chalutée est mené dans le sud-est de l’Alaska, mais trop peu d’individus du sébaste canari sont capturés pour dégager des tendances en matière d’abondance (Mark Wilkins, comm. pers.).

Notes de bas de page

Note de bas de page 8

Un autre relevé a été mené en 1970, mais ces données n’ont pas encore été converties en format électronique.

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Note de bas de page 9

Nom répertorié : Otter Trough.

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Effet d'une immigration de source externe

En raison de leur faible biomasse, il est peu probable que les populations des eaux américaines puissent contribuer à court terme au rétablissement de la population canadienne du sébaste canari par la dispersion d’adultes matures. Cela dit, même une petite biomasse reproductrice dans ces eaux pourrait produire une grande classe d’âge susceptible de se distribuer jusque dans les eaux canadiennes. Le possibilité d’immigration des populations du sébaste canari du sud-est de l’Alaska au profit de la population de la Colombie-Britannique est incertaine, puisque leur situation est inconnue (Victoria M. O’Connell, comm. pers.).

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Facteurs limitatifs et menaces

La pêche, qui constitue la principale source connue de mortalité anthropique, est gérée au moyen de quotas de récolte par région. À l’échelle de toute la côte, les quotas ont légèrement augmenté depuis le milieu des années 1990, mais cette situation est imputable à l’attribution de quotas dans des zones peu exploitées (5C + D, 5E); dans les zones de pêche traditionnelles (3C + 3D, 5A + 5B), les quotas sont généralement demeurés stables. Les retraits totaux par pêche signalés n’ont pas montré de tendance depuis 1995; ils varient de quelque 750 t/année à environ 1 000 t/année. La surveillance et le contrôle des prises se sont beaucoup améliorés depuis 1996, et les relevés et les études entrepris récemment permettront d’obtenir des données plus précises.

Malgré ces importantes améliorations, il n’y a pas de stratégie officielle de gestion des pêches fondée sur les risques soutenue par une analyse des stocks. Les quotas de prises se fondent sur la dernière analyse de l’espèce, menée en 1999 (Stanley, 1999), fournie par la recommandation biologique. Une nouvelle évaluation analytique de l’espèce est en cours d’élaboration; elle pourra soutenir une meilleure analyse des risques de la pêche.

Aucune menace imminente ou nouvelle concernant l’habitat du sébaste canari n’est connue. À l’heure actuelle, le plateau continental n’est pas exposé à des activités industrielles. Les engins de pêche pourraient avoir un certain impact, bien que le chalutage continue vraisemblablement à se concentrer sur les mêmes fonds marins depuis quelques décennies, laissant probablement ainsi les autres zones non perturbées. Une future exploration pétrolière et gazière pourrait avoir des impacts, mais ces activités font actuellement l’objet d’un moratoire.

Les pêches américaines pourraient avoir des répercussions sur l’abondance de l’espèce dans les eaux canadiennes. Quelques mesures de gestion ont été mises en œuvre afin de réduire la récolte et l’effort de pêche depuis que le sébaste canari vivant dans les eaux entre l’État de Washington et la Californie a été déclaré « surexploité » en 1999 (voir Tendances démographiques et évaluations dans les eaux américaines).

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Importance de l'espèce

Le sébaste canari ne semble avoir aucune importance spéciale excepté son importance économique pour les pêches commerciales et la place modeste qu’il occupe dans les pêches récréatives. À notre connaissance, les pêches autochtones sont négligeables, mais leur importance culturelle est peut-être relativement élevée par rapport à l’ampleur de la récolte.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Actuellement, les captures de la pêche commerciale sont limitées par une variété de mesures de contrôle, dont des quotas annuels par zone et des quotas individuels par bateau. Les récoltes des pêches commerciales sont maintenant presque entièrement surveillées. La récolte récréative est limitée jusqu’à un certain point par une limite de prises de « sébastes » et des aires de conservation des sébastes.

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Résumé technique

Sebastes pinniger

Sébaste canari
Canary rockfish

Répartition au Canada : espèce répandue dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique


Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km2) - au Canada
> 60 000 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue)
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Probablement pas
Superficie de la zone d’occupation (km2)
> 32 000 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue)
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Probablement pas
Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés
Répandus, distribution continue
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue)
Sans objet; distribution continue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Sans objet; distribution continue
Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue)
Aucune tendance connue


Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.)
De 20 à 30 ans (estimation de 22,8 des États-Unis)
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles)
De 4 à 8 millions, estimation minimale

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue; s’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Côte ouest de l’île de Vancouver (COIV)

  • Relevé des crevettes de la COIV (Déclin de 78 %, de 1975 à 2006)
  • Relevé triennal des États-Unis (Déclin de 96 %, de 1980 à 2001)
  • Relevé triennal et de la COIV (Déclin de 86 %, de 1975 à 2006)
  • Captures par unité d'effort (CPUE) des pêches commerciales (En hausse depuis 1996 (faible poids))

Détroit de la Reine-Charlotte (DRC)

  • Relevé des crevettes du DRC (En hausse; aucune tendance (faible poids))
  • Relevé des poissons de fond du DRC (En hausse (faible poids))
  • Relevé des assemblages de poissons du détroit d’Hécate (En baisse (faible poids))
  • Relevé ciblant le sébaste à longue mâchoire du goulet de l’île Goose (En baisse (faible poids))
  • CPUE des pêches commerciales (Aucune tendance (faible poids))

Côte nord (ouest des îles-de-la-Reine-Charlotte)

  • Aucune information sur les tendances
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Aucune preuve depuis 30 ans
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?
Aucune preuve
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue)
Sans objet
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Sans objet
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.
Sans objet


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Pêche; contrôle par les quotas, bien surveillés, mais gestion non appuyée par l’analyse des risques

 

Immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?
Eaux américaines : la population adjacente au sud, dont l’abondance inexploitée est estimée se situer entre 5 à 10 %, a été déclarée surexploitée. Alors que la pêche a presque entièrement été interdite et que l’expansion des stocks dans les eaux américaines semble s’effectuer, les faibles niveaux de population dans les eaux américaines réduiraient probablement l’immigration de source externe par le déplacement de juvéniles ou d’adultes des populations américaines. L’immigration larvaire menant au recrutement est possible.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Oui
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Probablement
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Oui
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Probabilité faible pour l’instant compte tenu de la biomasse américaine actuelle


Analyse quantitative

Aucun fondement quantitatif n’existe pour estimer la probabilité de la disparition du pays au cours d’une période précise.
Sans objet

 

Statut existant

COSEPAC: Menacée, novembre 2007

Sources supplémentaires d’information :

Stanly, R.D., N. Olsen Starr, K. Rutherford et S. Wallace. 2005. Status report on canary rockfish, Canadian Stock Assessment Secretariat Research Document 2005/089, 113 p.

 

Statut et justification de la désignation

Statut : Menacée
Code alphanumérique : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », A2b, mais désignée « menacée », A2b, car l'espèce est largement répartie, la population inclut plusieurs millions d'individus matures, et les changements apportés à la gestion depuis 1995 ont amélioré le contrôle de la principale menace.

Justification de la désignation : Un poisson jaune orange, de taille relativement grande (poids maximum de 5,7 kg), qui vit généralement dans les fonds rocheux à une profondeur variant entre 70 et 270 m, depuis l'ouest du golfe d'Alaska jusqu'au nord de la Californie. Sa maturité tardive (13 ans chez les femelles), sa grande longévité maximum (84 ans) et sa longue durée de génération (de 20 à 30 ans) sont caractéristiques d'une espèce lente à se rétablir à la suite d'un déclin de population. Deux relevés menés dans la partie sud de l’aire de répartition canadienne, jugés comme étant les indicateurs les plus fiables des tendances de population, montrent un déclin des indices d'abondance de 78 % sur 30 ans, et de 96 % sur 17 ans. Les indices tirés des relevés dans la partie nord de l'aire de répartition et les indices de prise commerciale par unité d'effort ne montrent aucune tendance constante, mais ces données visent des périodes relativement courtes et, dans certains cas, proviennent de méthodes qui n’assurent pas un échantillonnage adéquat des régions habitées par l'espèce. Il existe des incertitudes en raison de la grande variabilité des divers indices (caractéristique des relevés au chalut) et de l'incapacité à savoir dans quelle mesure les tendances en matière d’abondance dans la partie sud de l'aire de répartition canadienne reflètent les tendances en matière d’abondance dans l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce dans les eaux canadiennes. La pêche est la cause la plus probable du déclin observé. Les changements apportés à la gestion depuis 1995 comprennent une surveillance intégrale par des observateurs ou par vidéo, et la mise en place de quotas individuels transférables, lesquels ont permis un meilleur contrôle de la pêche et devraient continuer de le faire. L'immigration provenant des populations contiguës du sud est improbable, compte tenu du fait que l'abondance actuelle des populations aux États-Unis est estimée entre 5 et 10 % de l'abondance avant exploitation; l'immigration provenant des populations du nord est incertaine, car leur situation n’est pas bien connue.

 

Applicabilité des critères

Critère A (Population globale en déclin) :
Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », A2b. Correspond au critère de la catégorie « menacée », A2b.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
La zone d’occurrence et la zone d’occupation excèdent les valeurs minimales.

Critère C (Petite population globale et déclin) :
La population actuelle compte plus de un million d’individus; elle excède les valeurs minimales.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) :
Valeurs minimales excédées.

Critère E (Analyse quantitative) :
Non menée.

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Remerciements

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) aimerait souligner que la majorité des renseignements généraux présentés dans ce rapport ont été tirés de Stanley, R. D., P. Starr, N. Olsen, K. Rutherford and S. S. Wallace 2005, Status Report on Canary rockfish Sebastes pinniger, Canadian Science Advisory Secretariat Research Document 2005/089.

Le COSEPAC apprécie l’aide apportée par les nombreux répondants des pêches commerciales, autochtones et récréatives et d’autres organismes. Mark Wilkins, de la NOAA, a fourni les données du relevé triennal des États-Unis. Le document à été nettement amélioré par les révisions qu’ont effectuées Lara Cooper, Jamie Gibson, Jeff Hutchings, Howard Powles, Peter Shelton, Alan Sinclair et Rick Methot.


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Collections examinées

Aucune collection n’a été examinée.


Sources de données

AKFIN. Quantité de captures commerciales américaines en Alaska, de 1991 à 1998 (Alaska Fisheries Information Network (AKFIN) (en anglais seulement).

PACFIN. Quantité de captures commerciales américaines dans l’État de Washington, en Oregon et en Californie, de 1981 à 2000 (Pacific Fisheries Information Network (PacFIN)) (en anglais seulement).

GFBio. Échantillons biologiques et base de données sur les expéditions de recherche, Section des poissons démersaux, Division de l’évaluation des stocks, Direction générale des sciences, Pêches et Océans Canada, Station biologique du Pacifique. Ces archives de données comprennent la majorité des données sur les individus de poissons démersaux recueillies depuis les années 1950. Elles comprennent ainsi des données d’une variété de sources (échantillonnage commercial à quai et en mer, échantillonnage recueilli des expéditions de recherche) découlant de diverses enquêtes pour différentes raisons.

GFCatch. Quantité de captures canadiennes au moyen du chalutage, de 1954 à 1995 (Rutherford, 1999).

PacHarvTrawl. Quantité de captures canadiennes au moyen du chalutage, de 1996 à 2000, serveur de base de données SQL, Section des poissons démersaux, Division de l’évaluation des stocks, Direction générale des sciences, Pêches et Océans Canada, Station biologique du Pacifique.

PacHarvHL. Quantité de captures canadiennes à la ligne et à l’hameçon, de 1995 à 2001, serveur de base de données SQL, Section des poissons démersaux, Division de l’évaluation des stocks, Direction générale des sciences, Pêches et Océans Canada, Station biologique du Pacifique.

Pacharv3. Quantité de captures canadiennes à la pêche à la traîne selon les bordereaux de vente, de 1982 à 2001. Base de données Oracle, Unité des données régionales, Gestion de l’information, Direction générale des services intégrés, Pêches et Océans Canada.

SHRIMPTR. Base de données sur les recherches de la pêche aux crevettes au chalut. Section des invertébrés, Division des écosystèmes marins et de l’aquaculture, Station biologique du Pacifique, Pêches et Océans Canada.

South Coast Creel Database. Estimations des prises récréatives (prise et remise à l’eau) dans le détroit de Georgie, Évaluation des stocks de la côte sud, Pêches et Océans Canada.

Quantité de captures américaines au chalut au Canada et dans l’État de Washington, de 1967 à 1979 (Tagart et Kimura, 1982).

Quantité de captures américaines au chalut au Canada et dans l’État de Washington, 1980, données inédites du Washington State Department of Fish and Wildlife (Jack Tagart, comm. pers., annexe 1)

Washington Department of Fish and Wildlife. Quantité de captures commerciales américaines pour 1980.

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Annexe 1 : Rapprochement des prises et des relevés du sébaste canari

Remarque : les annexes techniques sur la dérivation des indices de capture et d’abondance peuvent être obtenues sur demande.

Les données de relevés les plus fiables sont tirées du relevé des crevettes de la Côte ouest de l’île de Vancouver (COIV) et du relevé triennal des États-Unis. Analysés séparément à l’aide d’un modèle log-linéaire, le relevé des crevettes de la COIV indique un taux de déclin de -0,051 la première année, et le relevé triennal, de -0,15 (tableau 1). Dans une analyse de la covariance des deux relevés, le relevé étant la variable nominale, le terme d’interaction n’est pas significatif (c’est-à-dire, la pente diffère selon les relevés), mais le terme d’interception l’est. L’estimation de pente commune de l’analyse de la covariance est de -0,064 la première année, ce qui est près de l’indice du relevé de la COIV, qui compte beaucoup plus de points de données que le relevé triennal.

Si nous acceptons que la pente de l’analyse combinée est représentative de la tendance à long terme de la biomasse du sébaste canari sur la côte, comment pouvons-nous rapprocher les prises historiques et la productivité des stocks?

Voici un modèle de production très simple :

Bt+1 = gBt - Ct

Bt est la biomasse pour l’année t, Ct est le nombre de prises pour l’année t, et g représente le taux de production excédentaire, dont il est présumé dans ce cas qu’il est fixe dans le temps et indépendant de la densité. S’il n’y a pas de pêche :

g = Bt+1 / Bt

 

Si nous supposons les valeurs de g et de la biomasse au début de la série de données (B0 ), il est possible d’estimer Bt. La pente de la régression log-linéaire au cours de la période peut ainsi être estimée. La question peut être résolue par un examen de l’ensemble de g et de B0 qui produit une pente log-linéaire égale à celle observée à la suite de l’analyse des relevés combinés. La question est maintenant de savoir si elles correspondent aux données connues sur le sébaste canari.

L’ensemble des valeurs de g et de B0 ont une corrélation négative : si g augmente, B0 diminue (tableau 2). Un taux de récolte d’environ 5 p. 100 est considéré comme durable, ce qui veut plus ou moins dire qu’un taux de production excédentaire de 5 p. 100 serait raisonnable si la biomasse de l’espèce se trouvait dans la région de la production maximale totale (à savoir, le rendement maximal équilibré). Les résultats indiquent que, avec ce taux de croissance et une valeur de B0 de 18 000 t, il est possible d’obtenir la valeur de la pente. Les résultats de ce scénario indiquent une biomasse survivante de près de 4 000 t en 2004 (tableau 3), ce qui correspond à la fourchette d’estimations de la biomasse minimale des relevés (les estimations réelles de la biomasse dépendent de la capturabilité des chaluts).

La biomasse semble avoir décliné pendant presque toute, voire toute, la période, ce qui indique que les taux de prises n’étaient pas durables. Les taux de récolte du scénario présentés au tableau 3 ont augmenté au cours des dernières années; cette situation pourrait être préoccupante si nous avions confiance en ces estimations. Cependant, tel qu’il a été mentionné, nous avons supposé un taux de production excédentaire constant et indépendant de la densité pour ce modèle, qui a été réalisé pour mettre à l’épreuve les fourchettes de valeurs et non pour évaluer la population.

Dans l’ensemble, nous concluons que les prises signalées correspondent aux estimations de biomasse plausibles et à la tendance combinée des deux indices les plus fiables. La pêche peut donc expliquer le déclin observé.

 

Tableau A1 (a. Analyses séparées) : Résultats des analyses log-linéaires de la tendance à long terme du sébaste canari de la Colombie-Britannique tirée du relevé des crevettes de la COIV et du relevé triennal des États-Unis
RelevéNPenteVal. p
COIV29-0,0510,0406
TRI7-0,150,0200

 

Tableau A1 (b. Analyse combinée, pentes et points d’interception séparés) : Résultats des analyses log-linéaires de la tendance à long terme du sébaste canari de la Colombie-Britannique tirée du relevé des crevettes de la COIV et du relevé triennal des États-Unis
TermeEstimationsVal. p
Interception206,50,0028
Année-0,100,0037
Relevé (TRI)0,710,0055
année*relevé-0,0490,1354

 

Tableau A1 (c. Analyse combinée, pente commune et points d’interception séparés) : Résultats des analyses log-linéaires de la tendance à long terme du sébaste canari de la Colombie-Britannique tirée du relevé des crevettes de la COIV et du relevé triennal des États-Unis
TermeEstimationsVal. p
Interception133,70,0041
Année-0,0640,0062
Relevé (TRI)0,680,0082

 

Tableau A2 : Ensemble des valeurs de g et de B0 donnant une pente de -0,064 entre la biomasse ln et l’année pour le sébaste canari de la Colombie-Britannique
Bog
10 0001,115
11 0001,103
12 0001,092
13 0001,083
14 0001,074
15 0001,067
16 0001,061
17 0001,055
18 0001,050
19 0001,045
20 0001,040
21 0001,036
22 0001,033
23 0001,029
24 0001,026

 

Tableau A3 : Données d’entrée (prises) et biomasse estimée pour g = 1,05 et B0 = 18 000 t pour le sébaste canari de la Colombie-Britannique
AnnéePrises (t)BiomasseBiomasse lnTaux H
19801 173,317 726,79,780,07
1981626,417 986,69,800,03
1982826,618 059,49,800,05
19831 335,517 626,89,780,08
19841 789,816 718,49,720,11
19851 498,916 055,49,680,09
19861 156,815 701,39,660,07
19871 411,915 074,59,620,09
19881 814,314 014,09,550,13
19891 816,712 897,99,460,14
19901 590,911 951,99,390,13
19911 352,611 197,09,320,12
19921 401,810 355,09,250,14
19931 113,99 758,89,190,11
19941 198,99 047,99,110,13
1995924,28 576,09,060,11
1996761,68 243,39,020,09
1997746,77 908,88,980,09
1998832,77 471,58,920,11
1999975,86 869,28,830,14
2000821,26 391,58,760,13
2001852,05 859,08,680,15
2002896,45 255,68,570,17
2003864,74 653,78,450,19
2004809,24 077,28,310,20

 


Figure A1 : Régression log-linéaire de la biomasse c. année pour la série de prises d’individus du sébaste canari en Colombie-Britannique; g = 1,05 et B0 = 18 000 t

Figure A1. Régression log-linéaire de la biomasse c. année pour la série de prises d’individus du sébaste canari en Colombie-Britannique; g = 1,05 et B0 = 18 000 t

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