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Programme de rétablissement du chat-fou du Nord (Noturus stigmosus) au Canada

2. Rétablissement

Les buts, les objectifs et les approches en matière de rétablissement ont été adaptés d’après le programme de rétablissement de la région Essex-Érié (EREE, 2008), qui couvre une partie de l’aire de répartition canadienne du chat-fou du Nord. Des considérations supplémentaires tirées des programmes de rétablissement de la rivière Sydenham (Dextrase et al., 2003) et de la rivière Thames (ERRT, 2005) ont été ajoutées.

2.1 Faisabilité du rétablissement

On estime que le rétablissement du chat-fou du Nord est possible sur les plans biologique et technique. Les critères de faisabilitéNote de bas de page 1 suivants ont été respectés pour cette espèce.

  1. Des individus capables de reproduction sont-ils actuellement disponibles pour améliorer le taux de croissance de la population ou son abondance?

    Oui. On estime que les populations en mesure de se reproduire vivent dans l’aire de répartition canadienne du chat-fou du Nord (c.-à-d. la partie inférieure du lac Sainte-Claire, la rivière Detroit, la rivière Thames, voire la rivière Sainte-Claire).

  2. Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles pour soutenir l’espèce, ou encore, pourrait-on rendre de tels habitats disponibles par l’application de mesures de gestion ou de restauration?

    Oui. L’habitat est suffisant là où subsistent des populations. Aux endroits où la population a disparu, des habitats appropriés pourraient être rendus disponibles par la prise de mesures de restauration.

  3. Les menaces particulières qui pèsent sur l’espèce ou son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées par des mesures de restauration?

    Oui. Les impacts/effets des menaces potentielles, comme la charge en éléments nutritifs et en sédiments, peuvent être atténués à l’aide de certaines mesures de restauration établies.

  4. Les techniques de rétablissement requises existent-elles et sait-on si elles sont efficaces?

    Oui. Les techniques de rétablissement visant à réduire la charge en sédiments et en éléments nutritifs (p. ex. activités d’intendance, pratiques de gestion optimales [PGO]) sont bien établies, et leur efficacité a été démontrée.

    L’élevage en captivité et la relocalisation sont utilisés dans l’ouest et le sud-est des États-Unis lorsqu’il est question du rétablissement d’espèces de poissons en voie de disparition, y compris des espèces ne faisant pas partie de la faune benthique (voir Andreasen et Springer, 2000; Shute et al., 2005). Bien qu’aucune étude n’ait été publiée sur l’élevage du chat-fou du Nord, l’élevage en captivité et la relocalisation de deux espèces y étant étroitement apparentées, à savoir Notorus baileyi et N. flavipinnis, ont été effectués avec succès à Abrams Creek, au Tennessee (Shute et al., 2005).

Le chat-fou du Nord est une espèce naturellement rare au sein de la communauté de poissons dans l’ensemble de son aire de répartition au Canada. L’intensité des efforts requis pour le rétablissement de cette espèce sera probablement modérée en ce qui concerne la rivière Detroit, le lac Sainte-Claire, la rivière Sainte-Claire et la rivière Thames, car on estime que les populations qui y vivent se reproduisent. L’intensité des efforts requis pour la population de la rivière Sydenham est inconnue, car la situation de la population y est incertaine.

2.2 But du rétablissement

Le but à long terme du rétablissement (plus de 20 ans) est de maintenir et de renforcer la viabilité des populations de chats-fous du Nord présentes dans le corridor des lacs Érié et Huron, dans la rivière Thames (tronçon de la rivière allant de la route Little John jusqu’à un secteur situé à proximité de Tate Corners, en amont) et dans la rivière Sydenham, si l’espèce est toujours présente dans le réseau.

2.3 Objectifs en matière de répartition et de population

Les objectifs en matière de répartition et de population relatifs au chat-fou du Nord pour les cinq prochaines années sont de conserver l’aire de répartition des populations qui subsistent dans le lac Sainte-Claire et les rivières Detroit, Sainte-Claire et Thames. L’établissement d’objectifs quantifiables pour chacune des populations est actuellement impossible; ces objectifs ne seront élaborés qu’une fois les études et les relevés nécessaires achevés. Les lacunes au chapitre des connaissances seront comblées par la prise de mesures de rétablissement qui seront identifiées comme des « priorités urgentes » dans les approches de planification du rétablissement.

2.4 Objectifs de rétablissement

Afin de soutenir l’objectif à long terme, les objectifs à court terme suivants seront poursuivis au cours des cinq à dix prochaines années.

  1. Clarifier les objectifs en matière de répartition et de population.
  2. Assurer la protection de l’habitat essentiel.
  3. Déterminer les tendances à long terme de la population et de l’habitat.
  4. Évaluer et atténuer les menaces pesant sur l’espèce et son habitat.
  5. Déterminer la faisabilité de la relocalisation et de l’élevage en captivité.
  6. Assurer une utilisation efficace des ressources (humaines et financières) au cours de la planification du rétablissement.
  7. Faire connaître le chat-fou du Nord et sensibiliser le public à la conservation de l’espèce.

2.5 Approches recommandées pour atteindre les objectifs de rétablissement

2.5.1 Planification du rétablissement

Les approches globales recommandées pour atteindre les objectifs de rétablissement ont été réparties dans trois catégories : 1) Recherche et surveillance; 2) Gestion et coordination; 3) Intendance, sensibilisation et approche communautaire. Chaque catégorie est résumée dans un tableau qui présente les étapes précises à suivre par ordre de priorité (urgent, nécessaire ou bénéfique), leur lien avec les objectifs de rétablissement, l’approche générale dont elles relèvent, une description de la menace traitée ainsi que des suggestions de résultats ou d’extrants pour la mesure des progrès accomplis. Des explications plus détaillées de certaines approches font suite au tableau s’il y a lieu. La mise en œuvre des approches suivantes sera effectuée en collaboration avec les équipes de rétablissement écosystémique concernées et d’autres organismes pertinents. Dans le cadre de la planification des mesures de rétablissement, la priorité sera donnée aux urgences de la catégorie « Recherche et surveillance » (tableau 4), car ces données seront utilisées pour documenter les approches présentées dans les tableaux tableau5 et tableau6. Le lecteur trouvera dans les tableaux tableau7 et tableau11 les délais d’exécution proposés pour les priorités urgentes. Il est important de noter que ces délais varieront en fonction des ressources disponibles au cours des cinq prochaines années.

 

Tableau 4. Tableau de planification du rétablissement – Recherche et surveillance (adapté d’après le programme de rétablissement de la région Essex-Érié (EREE, 2008)
PrioritéObjectif traitéApproche générale pour le traitement des menacesMenaces traitéesÉtapes précisesRésultats ou extrants (établir des cibles mesurables)
Urgenti1. Relevés préliminairesNote de bas de page a – Occurrences actuelles et historiquesToutesEffectuer un échantillonnage ciblé dans les zones d’habitats occupés et historiques (p. ex. rivière Sydenham). Utiliser des techniques d’échantillonnage établies pour détecter les chats-fous du Nord (p. ex. chalutage et sennage de jour et de nuit).Permettra de vérifier la présence de l’espèce, sa santé, son aire de répartition, son abondance et les caractéristiques démographiques de sa population, et contribuera à la désignation de l’habitat essentiel.
Urgenti2. Relevés préliminaires Note de bas de page a – Nouvelles occurrencesToutesEffectuer un échantillonnage ciblé dans les zones où l’on n’a pas signalé le chat-fou du Nord, mais dont l’habitat pourrait être approprié. L’échantillonnage doit être effectué durant le jour et la nuit à l’aide de techniques dont l’efficacité pour la détection des chats-fous du Nord a été établie.Pourrait permettre d’observer de nouveaux spécimens de chats-fous du Nord.
Urgenti, iii3. Surveillance Note de bas de page b – Populations et habitatsToutesÉtablir un protocole d’échantillonnage pour le chat-fou du Nord à l’aide des résultats des relevés préliminaires. Établir un indice de population normalisé et un programme de surveillance de l’habitat à l’aide du protocole d’échantillonnage pour le chat-fou du Nord.Permettra d’évaluer les changements touchant l’aire de répartition, l’abondance et les caractéristiques démographiques clés ainsi que les changements dans les caractéristiques, l’étendue et la qualité de l’habitat.
Urgentii4. Recherche – Besoins en matière d’habitat (habitat occupé)ToutesDéterminer les besoins saisonniers en matière d’habitat, y compris le domaine vital et les déplacements de l’espèce pour tous les stades de développement du chat-fou du Nord.Permettra de désigner l’ensemble de l’habitat essentiel du chat-fou du Nord. Contribuera à l’élaboration d’un modèle d’habitat.
Urgentiv5. Évaluation des menaces – Espèces exotiquesEspèces exotiquesFaire une recherche sur les impacts du gobie à taches noires et de la moule zébrée sur le chat-fou du Nord. Les études doivent inclure les impacts sur le succès reproducteur du chat-fou du Nord.Permettra de déterminer à quel point le gobie à taches noires et la moule zébrée peuvent avoir un impact sur le chat-fou du Nord.
Urgentiv6. Évaluation des menaces – perte d’habitat, envasementPerte de l’habitat physique, envasementFaire une recherche sur les impacts des changements de l’habitat physique sur le chat-fou du Nord.Permettra de déterminer à quel point le chat-fou du Nord est touché par la dégradation de son habitat physique (p. ex. dragage, sédimentation et artificialisation de la rive).
Nécessaireiv7. Surveillance – Moule zébréeEspèces exotiquesSurveiller la propagation de la moule zébrée dans les bassins hydrographiques occupés par le chat-fou du Nord.Permettra d’évaluer les risques associés à la propagation ou à l’augmentation de la population de moules zébrées dans les zones occupées par le chat-fou du Nord.
Nécessairev8. Comparaison génétiqueToutesExaminer les liens génétiques entre les populations de même que le nombre de variations génétiques au sein des populations. Comparer la génétique des populations de chats-fous du Nord du Canada avec celle des populations des États-Unis.Aidera à distinguer les populations.
Contribuera à recueillir les informations nécessaires sur l’amélioration des populations à l’aide de la relocalisation ou de l’élevage en captivité.
Nécessaireiv9. Évaluation des menaces – ContaminantsContaminantsFaire une recherche sur les impacts (létaux et sublétaux) des polluants contenus dans le corridor des lacs Huron et Érié et de la charge en éléments nutritifs dans les rivières Sydenham et Thames sur le chat-fou du Nord.Permettra de recenser les contaminants préoccupants pour le chat-fou du Nord et d’évaluer les risques qui y sont associés.
Nécessairev10. Recherche Note de bas de page c – Élevage en captivité et relocalisationToutesSi les besoins en matière d’ensemencement de la population sont déterminés, élaborer des techniques de relocalisation et d’élevage en captivité, puis ajouter celles-ci aux plans d’action relatifs à la population, au besoin. Mener des recherches génétiques avant la relocalisation et l’élevage en captivité (voir l’approche 8).Aidera à déterminer la faisabilité de la relocalisation ou de l’élevage en captivité.

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Le chat-fou du Nord n’a été signalé que dans cinq sites généraux au sein des bassins hydrographiques de son aire de répartition canadienne, et moins de 100 spécimens ont été capturés au Canada à ce jour. Le chat-fou du Nord pourrait être réparti sur un territoire plus vaste qu’on ne le pense en raison de son comportement cryptique, d’une certaine absence d’activités d’échantillonnage appropriées (p. ex. sennage de nuit, chalutage et, possiblement, capture dans des pièges à ménés [des chats-fous du Nord ont été capturés dans des pièges à ménés par le U.S. Geological Survey (USGS) en 2006 pendant des activités de surveillance du projet de réhabilitation de l’habitat de reproduction de l’esturgeon jaune]) dans l’aire de répartition canadienne et de certaines erreurs possibles au moment de l’identification sur le terrain (Holm et Mandrak, 1998). Il faut effectuer des relevés dans les zones d’occurence récentes ou historiques afin de confirmer la répartition géographique des populations actuelles, de confirmer la disparition de populations historiques, de désigner des habitats potentiellement convenables et de détecter la présence de gobies à taches noires et de moules zébrées. Il est recommandé que les échantillonnages dans les rivières Sydenham et Thames soient effectués durant les périodes de basses eaux (c.-à-d. pendant l’été ou au début de l’automne).

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Note de bas de page B

Il faut exécuter un programme de surveillance pour obtenir des données sur l’indice de l’abondance et de la tendance au fil du temps et pour analyser l’utilisation et la disponibilité de l’habitat ainsi que les changements dans ces paramètres au fil du temps. Les techniques d’échantillonnage seront élaborées à l’aide des protocoles qui ont été établis au cours des relevés préliminaires et qui ont été retenus en raison de leur efficacité.

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Note de bas de page C

Si les besoins en matière d’ensemencement de la population sont déterminés, des populations de départ devront être désignées. Dans le meilleur des cas, la composition génétique de ces dernières sera diversifiée et sera apparue dans des conditions historiques semblables à celles ayant prévalu au site de rapatriement. Toutes les relocalisations envisagées respecteront l’approche proposée dans le programme de rétablissement de la région Essex-Érié pour les réintroductions (EREE, 2008).

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Tableau 5. Tableau de planification du rétablissement – Gestion et coordination.
PrioritéNuméro de l’objectifApproche généraleMenaces traitéesÉtapes précisesRésultats ou extrants (établir des cibles mesurables)
Urgentvi1. Coordination avec d’autres équipes de rétablissement et organismes pertinentsNote de bas de page aToutesTravailler de pair avec des organismes pertinents ((p. ex. United States Fish and Wildlife Service (USFWS), offices de protection de la nature, Premières nations) et des équipes de rétablissement (écosystémique ou monospécifique) pour partager les connaissances, mettre en œuvre les mesures de rétablissement et se tenir au courant des observations fortuites.Permettra de combiner des ressources, d’assurer le partage d’informations, de donner la priorité aux mesures les plus urgentes dans l’aire de répartition de l’espèce et de coordonner l’application de l’approche adoptée pour le rétablissement.
Urgentvi, vii2. Urbanisme municipal – EngagementPerte de l’habitat physiqueInciter les municipalités à inclure dans leurs plans officiels d’urbanisme la protection des habitats qui sont importants pour le chat-fou du Nord.Aidera au rétablissement du chat-fou du Nord et à la prévention de toute nouvelle dégradation de la qualité de l’eau dans les bassins hydrographiques où il vit.
Urgentii3. Gestion de l’habitatPerte de l’habitat physiqueS’assurer que les organismes de planification et de gestion connaissent les habitats qui sont importants pour le chat-fou du Nord.Aidera à protéger les habitats importants du chat-fou du Nord des activités industrielles et de développement (p. ex. dragage, marinas).
Nécessairevi, vii4. Évaluation des bassins hydrographiques – Facteurs de stressToutesEn collaboration avec les organismes et équipes de rétablissement écosystémique concernés, évaluer les facteurs de stress à l’échelle des bassins hydrographiques qui touchent les populations et leurs habitats.Permettra de relever plusieurs facteurs de stress susceptibles d’affecter les populations de chats-fous du Nord.
bénéfiqueiv5. Plan de gestion des espèces exotiquesEspèces exotiquesÉlaborer un plan de gestion des risques potentiels et proposer des mesures en réponse à la présence d’espèces exotiques de même qu’à l’arrivée et à l’établissement de nouvelles espèces exotiques.Assurera une intervention rapide si cette menace devenait plus importante.

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Nombre de menaces qui touchent le chat-fou du Nord sont le résultat de la dégradation de l’habitat, qui affecte de nombreuses autres espèces aquatiques. Les programmes de rétablissement écosystémique, comme celui de la région Essex-Érié et des rivières Sydenham et Thames, ont inclus les besoins biologiques et écologiques du chat-fou du Nord dans les approches pertinentes en vue du rétablissement à l’échelle du bassin hydrographique de même que dans celles concernant des espèces précises. On recommande qu’une approche coordonnée et logique soit adoptée entre les équipes et les autres organismes pertinents (p. ex. USGS, USFWS et Premières nations) afin de maximiser les occasions de mettre en commun les expertises, les connaissances et les ressources.

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Tableau 6. Tableau de planification du rétablissement – Intendance, sensibilisation et approche communautaire. Les mesures d’intendance et d’amélioration de l’habitat doivent se concentrer sur les endroits où les menaces les plus graves ont été recensées dans les plans d’eau habités par le chat-fou du Nord (voir le tableau 2 pour les renseignements sur les menaces).
PrioritéNuméro de l’objectifApproche généraleMenaces traitéesÉtapes précisesRésultats ou extrants (établir des cibles mesurables)
Urgentvi, vii1. Collaboration et partage d’information Note de bas de page aToutesCollaborer avec les groupes pertinents, y compris les groupes autochtones et les équipes de rétablissement, pour discuter des mesures de rétablissement bénéfiques au chat-fou du Nord.Permettra de mettre en commun les expertises lorsque des mesures de rétablissement communes sont mises en œuvre et d’assurer le partage concerté d’information en temps opportun.
urgentvi, vii2. Initiatives en matière d’intendance et d’habitat Note de bas de page a, Note de bas de page bToutesPromouvoir l’intendance parmi les propriétaires de terres adjacentes aux habitats du chat-fou du Nord de même que parmi les résidents de la localité et les membres des Premières nations.Stimulera le soutien de la communauté et sensibilisera celle-ci aux initiatives de rétablissement. Fera mieux connaître le chat-fou du Nord et les occasions d’améliorer la qualité de l’eau et l’habitat de l’espèce.
urgentvii3. Intendance – Mise en œuvre des PGO Note de bas de page a, Note de bas de page cPerte de l’habitat physique; envasement; charges en éléments nutritifs; composés toxiquesTravailler de pair avec des propriétaires fonciers et d’autres groupes d’intérêt à mettre en œuvre des PGO dans les zones qui en ont le plus besoin. Stimuler l’achèvement et la mise en œuvre de plans agro-environnementaux et de plans de gestion des éléments nutritifs.Réduira au minimum les menaces relatives à l’érosion du sol, à la sédimentation des cours d’eau et à la contamination causée par les éléments nutritifs et les produits chimiques.
nécessairevii4. Stratégie de communicationToutesÉlaborer et mettre en œuvre une stratégie pour communiquer au besoin avec des utilisateurs des terres ciblés et les parties intéressées au sujet des activités de rétablissement.Fournira un fondement stratégique pour sensibiliser le public aux espèces en péril et fera la promotion des façons dont l’engagement des collectivités et du public peut aider de la façon la plus efficace au rétablissement de l’espèce.
nécessairevii5. Intendance – Aide financière/incitatifs Note de bas de page aPerte de l’habitat physique; envasement; charges en éléments nutritifs; composés toxiquesFaciliter l’accès aux sources de financement pour les propriétaires fonciers, les groupes communautaires locaux et les Premières nations qui prennent part aux activités d’intendance.Facilitera la mise en œuvre d’efforts de rétablissement et des PGO associées à l’amélioration de la qualité de l’eau, à la réduction des charges en sédiments, etc.
nécessairevii6. Sensibilisation – Réponse aux préoccupations des propriétaires fonciersToutesCommuniquer de façon claire lorsqu’on traite des occasions de financement ainsi que des préoccupations et responsabilités des propriétaires fonciers en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral et de la Loi sur les espèces en voie de disparition (2007) du gouvernement provincial.Permettra de répondre aux préoccupations des propriétaires fonciers au sujet du chat-fou du Nord et éveillera l’attention du public, tout en facilitant sa participation à des initiatives d’intendance.
bénéfiqueiv, vii7. Introduction d’espèces exotiques et de poissons-appâtsEspèces exotiquesSensibiliser le public aux impacts des espèces exotiques sur l’écosystème naturel et favoriser l’utilisation des systèmes de déclaration des espèces exotiques déjà en place. Déconseiller aux pêcheurs à la ligne de rejeter le contenu de leur seau à appâts dans les plans d’eau autres que ceux où les appâts en question ont été capturés.Réduira le transport et le rejet d’espèces exotiques (y compris les poissons-appâts) et préviendra leur établissement dans les zones habitées par le chat-fou du Nord dans lesquelles aucune espèce exotique ne s’est établie jusqu’à présent.

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Mesures qui sont actuellement mises en œuvre à l’aide d’un ou de plusieurs programmes de rétablissement écosystémique.

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Note de bas de page B

Il faudra déployer des efforts à l’échelle du bassin hydrographique pour améliorer la qualité de l’habitat actuel et historique du chat-fou du Nord. Cela représente une occasion importante pour les propriétaires fonciers, les collectivités locales, les groupes autochtones et les conseils d’intendance de prendre part à la résolution des questions qui touchent le chat-fou du Nord. Ils pourront ainsi aider à son rétablissement, à l’amélioration de la qualité de l’écosystème et de l’environnement, à la conservation de l’eau propre, à la gestion des éléments nutritifs ainsi qu’à la mise en œuvre de PGO, de projets d’intendance et de programmes d’encouragement financier connexes. À cette fin, l’équipe de rétablissement travaillera en étroite collaboration avec les organismes pertinents de même qu’avec les trois équipes de rétablissement écosystémique dont les programmes d’intendance en cours seront bénéfiques à l’espèce.

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Note de bas de page C

La mise en œuvre sera élaborée à l’aide de certaines recherches portant sur l’évaluation des facteurs de menace à l’égard du chat-fou du Nord. La mise en œuvre de PGO se trouvera grandement facilitée par les programmes d’intendance établis. D’autres programmes d’intendance seront réalisés, au besoin, dans les zones extérieures à celles ciblées par les programmes de rétablissement écosystémique. Afin d’être efficaces, les PGO devraient cibler les principales menaces touchant l’habitat essentiel. Parmi les PGO mises en œuvre, mentionnons les pratiques reliées à l’établissement des zones riveraines, à la conservation des sols, à la gestion des troupeaux, à l’amélioration des fosses septiques pour prévenir le ruissellement d’éléments nutritifs, à la gestion des éléments nutritifs et des fumiers ainsi qu’au drainage au moyen de tuyaux. L’établissement de zones tampons riveraines réduit l’introduction d’éléments nutritifs (azote et phosphore) et de sédiments dans les eaux réceptrices et les eaux de ruissellement. La restriction de l’accès du bétail aux cours d’eau permet une réduction de l’érosion et de la charge en sédiments et en éléments nutritifs. La gestion des éléments nutritifs et des fumiers réduit l’introduction d’azote et de phosphore dans les plans d’eau adjacents, améliorant par le fait même la qualité de l’eau. Une préparation limitée du sol pourrait améliorer la structure des sols et réduire leur érosion, tout en limitant les charges en sédiments dans les cours d’eau adjacents. L’exécution de plans agro-environnementaux donne la priorité à la mise en œuvre de PGO à l’échelon des exploitations agricoles et est souvent un préalable à l’admissibilité aux programmes de financement.

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2.6 Mesure du rendement

Le succès global de la mise en œuvre des approches recommandées en matière de rétablissement sera évalué tout d’abord par des relevés de la population (répartition et abondance) et de l’habitat (qualité et disponibilité) et par des activités de surveillance de ces deux éléments. Au cours des cinq prochaines années, l’équipe de rétablissement se concentrera sur l’exécution des mesures de rétablissement portant la mention « urgent » pour le chat-fou du Nord. Une étude du programme de rétablissement sera effectuée dans cinq ans pour évaluer le progrès accomplis selon les cibles à court et à long terme, et les buts et objectifs actuels seront passés en revue dans le cadre d’une planification de gestion adaptative, avec la contribution des équipes de rétablissement écosystémique. Les mesures du rendement que l’on utilisera pour évaluer le progrès accompli à l’égard des objectifs de rétablissement au cours des cinq prochaines années sont décrites dans le tableau 7.

 

Tableau 7. Mesures du rendement pour évaluer l’atteinte des objectifs de rétablissement
Objectif de rétablissementMesures du rendement
1. Clarifier les objectifs en matière de population et de répartition.D’ici 2015, terminer les relevés préliminaires nécessaires à la description complète de toutes les populations subsistantes.
2. Assurer la protection de l’habitat essentiel.Réaliser les activités prévues dans le calendrier d’études pour la désignation complète de l’habitat essentiel selon l’échéancier recommandé.
3. Déterminer les tendances à long terme de la population et de l’habitat.D’ici 2014, établir le programme de surveillance de la population et de l’habitat (dans les régions actuellement considérées comme représentant l’habitat essentiel).
4. Évaluer et atténuer les menaces pesant sur l’espèce et son habitat.

D’ici 2014, faire état des résultats de l’étude sur les impacts/effets de la compétition exercée par le gobie à taches noires.

D’ici 2016, faire état des résultats des études additionnelles complémentaires à l’évaluation des impacts/effets des menaces pesant sur le chat-fou du Nord.

D’ici 2014, quantifier les PGO (p. ex. nombre de plans de gestion des éléments nutritifs et de plans agro-environnementaux établis) mis en œuvre pour atténuer les menaces.

5. Examiner la faisabilité de la relocalisation et de l’élevage en captivité.Présenter un rapport sur la faisabilité (et la nécessité) de la relocalisation et de l’élevage en captivité du chat-fou du Nord.
6. Assurer une utilisation efficace des ressources (humaines et financières) dans le cadre de la planification du rétablissement.Collaborer avec toutes les équipes de rétablissement écosystémique et les autres parties intéressées.
7. Faire connaître le chat-fou du Nord et sensibiliser le public à la conservation de l’espèce.D’ici 2015, faire état de tout changement dans la perception et le soutien du public à l’égard des mesures de rétablissement recensées qui résulte de l’application des conseils contenus dans la stratégie de communication.


2.7 Habitat essentiel

2.7.1 Désignation générale de l’habitat essentiel du chat-fou du Nord

La désignation de l’habitat essentiel des espèces menacées et en voie de disparition (inscrites à l’annexe 1) est une exigence de la LEP. Une fois cet habitat désigné, la LEP prévoit des dispositions pour empêcher sa destruction. L’habitat essentiel est défini, en vertu du paragraphe 2(1) de la LEP, comme étant :

« … l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce » [par. 2(1)].

Dans la LEP, l’habitat d’une espèce aquatique en péril est défini comme suit :

« … les frayères, aires d’alevinage, de croissance et d’alimentation et routes migratoires dont sa survie dépend, directement ou indirectement, ou aires où elle s’est déjà trouvée et où il est possible de la réintroduire » [par. 2(1)].

En ce qui concerne le chat-fou du Nord, l’habitat essentiel a été désigné dans la mesure du possible au moyen de la meilleure information actuellement disponible. L’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement décrit les zones géospatiales dans lesquelles l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement de l’espèce est présent. Il est possible que les zones désignées actuellement soient insuffisantes pour rendre possible l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition pour l’espèce. De ce fait, un calendrier d’études a été inclus pour que l’on puisse améliorer la description de l’habitat essentiel (pour ce qui est de ses fonctions/caractéristiques/attributs biophysiques ainsi que de son étendue spatiale) et ainsi appuyer sa protection.


2.7.2 Information et méthodes utilisées pour désigner l’habitat essentiel

En utilisant la meilleure information disponible, on a désigné l’habitat essentiel en adoptant une approche axée sur l’utilisation d’une « zone de délimitation » pour les populations vivant dans la rivière Detroit et dans le cours inférieur de la rivière Thames, où l’on observe présentement des chats-fous du Nord; on examinera d’autres zones d’habitat essentiel potentiel dans le lac Sainte-Claire en collaboration avec la Première nation de l’île Walpole.

Dans le cadre de cette approche, on utilise les fonctions, caractéristiques et attributs essentiels de chaque stade de développement du chat-fou du Nord afin de repérer les parcelles d’habitat essentiel dans la « zone de délimitation » qui est définie selon les données relatives à l’occurrence de l’espèce. L’information sur l’habitat pour chaque stade de développement est résumée dans un tableau selon les données et les études disponibles dont il a été question dans la section 1.4.1 (Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques). L’approche axée sur l’utilisation d’une zone de délimitation est la plus appropriée étant donné que l’information disponible concernant cette espèce est limitée et qu’il n’existe aucune carte détaillée illustrant l’habitat qui se trouve dans ces zones. On a utilisé l’information disponible sur l’habitat (p. ex. Aquatic Landscape Inventory System [ALIS]) pour désigner l’habitat essentiel. Les détails des méthodes et des données utilisées (comme l’utilisation de ALIS) sont résumés ci-après.

Rivière Thames

Les ensembles de données d’échantillonnage récents utilisés pour désigner l’habitat essentiel du chat-fou du Nord dans la rivière Thames sont résumés au tableau 3; même si on n’a pas noté la présence de l’espèce au cours des activités d’échantillonnage ciblées menées par le Ministère des Pêches et des Océans en 2008, on a capturé accidentellement des individus de l’espèce pendant des relevés menés de 2003 à 2008. Les prises les plus récentes de chats-fous du Nord dans la rivière Thames proviennent d’activités d’échantillonnage effectuées par deux étudiants de cycle supérieur à l’occasion d’une étude portant sur le dard de sable (voir le tableau 3).

Dans la rivière Thames, l’habitat essentiel est désigné au moyen d’un système de classification écologique (c.-à-d. ALIS). Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) a élaboré le système de classification ALIS pour définir les segments de cours d’eau en fonction d’un certain nombre de caractéristiques uniques qui ne sont observées que dans les segments se trouvant dans le fond de la vallée. Chaque segment de vallée est défini par un ensemble de variables du paysage qui réguleraient les processus biotiques et physiques à l’intérieur du bassin versant. En conséquence, si une population a été observée dans un segment donné défini dans le système de classification écologique, il n’y a aucune raison de croire qu’elle ne serait pas présente dans les zones contiguës, sur le plan spatial, à ce même segment de vallée. Ainsi, l’habitat essentiel du chat-fou du Nord est actuellement défini, dans la rivière Thames, comme correspondant au tronçon de rivière qui comprend tous les segments contigus (tels que définis dans le système ALIS) qui se trouvent entre le segment de cours d’eau le plus en amont et le segment le plus en aval dans lesquels l’espèce a été observée.

Rivière Detroit

Les ensembles de données d’échantillonnage récents (2003-2009) utilisés pour désigner l’habitat essentiel du chat-fou du Nord dans la rivière Detroit sont résumés au tableau 3. Afin de définir la « zone de délimitation » des emplacements occupés à l’île aux Pêches et à l’île Fighting, on a utilisé une approche que l’on désigne sous le nom d’enveloppe de l’aire de répartition de la population. Cette enveloppe prend la forme d’un rectangle projeté autour des points d’occurrence définis d’après les valeurs minimales et maximales de latitude et de longitude. Afin de tenir compte des mouvements normaux dans un domaine vital, on a ajouté une zone tampon d’environ 51,55 m à la superficie autour de l’enveloppe en question. Cette zone tampon a été déterminée d’après le rayon du domaine vital du chat-fou du Nord, lequel a été calculé à l’aide de la méthode reposant sur le ratio entre la taille du corps et celle du plan d’eau (Woolnough et al., 2009).

Viabilité de la population

On a comparé chaque zone d’habitat essentiel désignée pour chaque population aux estimations des exigences spatiales d’une population minimale viable (PMV). La superficie minimale pour une population viable (SMPV), pour tous les stades de développement, a été estimée pour les populations fluviales (cours d’eau) et lacustres (lac) de chats-fous du Nord canadiennes. La SMPV est définie comme correspondant à l'étendue de l’habitat exclusif et approprié qui est nécessaire à l’atteinte d’une cible de rétablissement durable sur le plan démographique, laquelle cible est fondée sur le concept d’une PMV (Vélez-Espino et al., 2010). En conséquence, la SMPV est une mesure quantitative de l’habitat essentiel qui peut aider au rétablissement et à la gestion d’une espèce en péril (Vélez-Espino et al., 2010). Selon une cible de PMV de 2,7 millions d’adultes assujettis à une probabilité de catastrophe de 10 % par génération, la SMPV pour une population de chat-fou du Nord est estimée à environ 60 ha et 315 ha dans les cours d’eau et les lacs respectivement (Matchett et al. sous presse).

Les valeurs de la SMPV sont relativement prudentes du fait qu’elles représentent la somme des habitats nécessaires pour chaque stade de développement du chat-fou du Nord; ces chiffres ne tiennent pas compte de la possibilité de chevauchement entre les habitats des divers stades de développement et peuvent constituer une surestimation de la superficie nécessaire pour soutenir une PMV.


2.7.3 Désignation de l’habitat essentiel : fonctions, caractéristiques et attributs biophysiques

L’information concernant les besoins en matière d’habitat pour les divers stades de développement du chat-fou du Nord est limitée. Le tableau 8 résume les connaissances disponibles sur les fonctions, caractéristiques et attributs essentiels pour chaque stade de développement (voir la section 1.4.1, Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques pour les références). Les zones désignées en tant qu’habitat essentiel doivent soutenir au moins l’une de ces fonctions de l’habitat.

 

Tableau 8. Fonctions, caractéristiques et attributs essentiels de l’habitat essentiel pour chaque stade de développement du chat-fou du NordNote de bas de page a
Stade de développementFonctionCaractéristiquesAttributs
Du frai (de la mi-juillet à la fin juillet) au stade embryonnaire (< 9 mm de LT)Frai
Abri
Croissance
Les éléments physiques présents dans les tronçons relevés dans le cours inférieur de la rivière Thames et dans la rivière Detroit sont actuellement inconnusNote de bas de page b
  • Végétation aquatique dense
  • Structure immergée (p. ex. gros rochers, rondins et débris, comme des bouteilles et des boîtes métalliques, servant à la construction de nids)
  • Températures chaudes de l’eau (p. ex. environ 23 °C)
  • Eaux claires à turbides.
  • Eaux peu profondes (p. ex. entre 1,5 et 1,8 m dans la rivière Detroit/le lac Sainte-Claire)
  • Substrats de sable ou de galets
  • Courant perceptible
Jeune de l’année (> 9 mm de LT)Alimentation
Abri
Croissance
Les éléments physiques présents dans les tronçons relevés dans le cours inférieur de la rivière Thames et dans la rivière Detroit sont actuellement inconnusNote de bas de page b
  • Végétation aquatique dense ou structure immergée
  • Eaux peu profondes (p. ex. < 2 m)
  • Substrats de sable ou de gravier fin (p. ex. 2 à 8 mm)
  • Débit faible à modéré (p. ex. 0,3 m/s)
Juvénile (de l’âge 1 jusqu’à la maturité sexuelle {2 ans})Alimentation
Abri
Les éléments physiques présents dans les tronçons relevés dans le cours inférieur de la rivière Thames et dans la rivière Detroit sont actuellement inconnusNote de bas de page b
  • On ne sait pas quelles sont les exigences en matière d’habitat pour les chats-fous du Nord juvéniles, mais on pense qu’elles sont les mêmes que celles des adultes.
AdulteAlimentation
Abri
Les éléments physiques présents dans les tronçons relevés dans le cours inférieur de la rivière Thames et dans la rivière Detroit sont actuellement inconnusNote de bas de page b
  • Eaux claires à turbides (la profondeur d’après le disque de Secchi peut être < 0,2 m)
  • Courant modéré à rapide
  • Substrat de sable, de gravier et de rochers (parfois avec du limon, des détritus et des débris accumulés)
  • Profondeur de l’eau modérée (jusqu’à 7 m)
  • Parfois associé à des macrophytes (p. ex. espèces de chara [Chara spp.])
  • Espèces de proies en nombre suffisant (p. ex. chironomes, éphémères communes, phryganes, petits poissons et crustacés)

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Observés ou appuyés par des données.

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Note de bas de page B

Font actuellement l’objet de travaux de recherches – voir le calendrier d’études.

Retour à la référence de la note de bas de page b

 

Les études qui permettront d’améliorer les connaissances concernant les fonctions, les caractéristiques et les attributs essentiels pour les divers stades de développement du chat-fou du Nord sont présentées dans la section 2.7.5 (Calendrier d’études pour désigner l’habitat essentiel).


2.7.4 Désignation de l’habitat essentiel sur le plan géospatial

À l’aide de la meilleure information disponible, on a désigné l’habitat essentiel du chat-fou du Nord dans les zones suivantes :

  1. cours inférieur de la rivière Thames;
  2. rivière Detroit (île aux Pêches);
  3. Rivière Detroit (île Fighting).

Les zones d’habitat essentiel désignées à ces emplacements peuvent chevaucher des habitats essentiels désignés d’espèces en péril cooccurrentes (p. ex. dard de sable dans le cours inférieur de la rivière Thames); cependant, les exigences particulières en matière d’habitat dans ces zones peuvent varier pour chaque espèce.

Les zones délimitées sur les cartes ci-après (figures figure4 et figure5a, figure5b) représentent l’étendue de l’habitat essentiel qui peut être désigné à l’heure actuelle. Si on utilise l’approche de la « zone de délimitation », on constate que l’habitat essentiel ne comprend pas l’ensemble des zones situées dans les limites relevées, mais seulement les zones où les caractéristiques/attributs biophysiques mentionnés sont présents (voir le tableau 8). Le tableau 9 ci-dessous présente les coordonnées géographiques qui indiquent les limites de trois zones dans lesquelles on retrouve l’habitat essentiel du chat-fou du Nord. Ces points sont indiqués sur les figures figure4 et figure5a, figure5b. Il convient de noter que les caractéristiques anthropiques permanentes qui peuvent être présentes dans les zones délimitées (p. ex. marinas, chenaux maritimes) sont expressément exclues; il est entendu que l’entretien ou le remplacement de ces caractéristiques est parfois nécessaire.

 

Tableau 9. CoordonnéesNote de bas de page a indiquant les limites de trois zones dans lesquelles on retrouve l’habitat essentiel du chat-fou du Nord
EmplacementPoint 1 (N-O)Point 2 (N-E)Point 3 (S-E)Point 4 (S-O)Point 5
Rivère Detroit – Île Fighting42° 14’ 51.312” N
83° 07’ 01.354” O
42° 14’ 51.016” N
83° 06’ 40.530” O
42° 14’ 33.188” N
83° 06’ 40.372” O
42° 14’ 32.795” N
83° 07’ 01.651” O
 
Rivière Detroit – île aux Pêches42° 20’ 45.654” N
82° 56’ 50.455” O
42° 20’ 48.220” N
82° 54’ 58.781” O
42° 20’ 02.635” N
82° 54’ 56.959” O
42° 19’ 59.631” N
82° 57’ 35.264” O
42° 20’ 21.616” N
82° 57’ 35.029” O
Rivière ThamesNote de bas de page b42° 45’ 11.263” N
81° 31’ 55.522” O
42° 31’ 27.452” N
82° 01’ 35.081” O
   

Notes de bas de page

Note de bas de page A

Toutes les coordonnées ont été obtenues à l’aide des données géographiques du système de référence nord-américain de 1983 (NAD 83).

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Note de bas de page B

Les habitats fluviaux sont délimités au milieu du chenal du segment le plus en amont et du segment le plus en aval du cours d’eau (c.-à-d. 2 points seulement).

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Une brève explication des zones désignées comme des habitats essentiels est fournie pour chacune des trois zones ci-dessous.

Rivière Thames

L’habitat essentiel désigné du chat-fou du Nord dans la rivière Thames correspond au tronçon qui comprend tous les segments contigus (tels que définis dans le système ALIS) qui se trouvent entre le segment de cours d’eau le plus en amont et le segment le plus en aval dans lesquels l’espèce a été observée (figure 4). Cette description de l’habitat essentiel inclut la totalité de la largeur et de la profondeur à pleins bords du chenal, lequel joue un rôle essentiel dans le maintien des débits qui déterminent la morphologie du chenal. Ce tronçon du cours d’eau s’étend sur environ 60 km; on a capturé des chats-fous du Nord à partir de la route Little John, en amont, jusqu’aux environs de Tate Corners (figure 4).

 


Figure 4. Habitat essentiel désigné pour le chat-fou du Nord dans la rivière Thames.

Habitat essentiel désigné pour le chat-fou du Nord dans la rivière Thames (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 4

La figure 4 est intitulée « Habitat essentiel désigné pour le chat-fou du Nord dans la rivière Thames ». La carte montre des carrés qui indiquent l’emplacement des points de données connus sur la rivière Thames. Une ligne rouge s’étire le long de la rivière Thames, depuis la région de Thamesville, vers l’amont, jusqu’aux environs de la zone située au-delà de Tate Corners.

 

Rivière Détroit

On a désigné l’habitat essentiel du chat-fou du Nord en utilisant une enveloppe de l’aire de répartition de la population, à deux emplacements dans la rivière Détroit, à savoir l’île aux Pêches, adjacente à la partie est du secteur riverain de Windsor (figure 5a), ainsi que l’extrémité nord-est de l’île Fighting (figure 5b); à ces endroits, l’habitat essentiel comprend les surfaces mouillées présentes dans cette enveloppe.

 


Figure 5a. Habitat essentiel désigné du chat-fou du Nord dans la rivière Detroit près de l’île aux Pêches

Habitat essentiel désigné du chat-fou du Nord dans la rivière Detroit près de l’île aux Pêches (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 5a

La figure 5a est intitulée « Habitat essentiel désigné du chat-fou du Nord dans la rivière Detroit près de l’île aux Pêches ». La carte montre des carrés qui indiquent l'emplacement des points de données connus dans le cours supérieur de la rivière Detroit. Une zone rouge indique l’étendue de l’habitat essentiel entre l’île aux Pêches et la rive principale de la rivière, près de Windsor.

 


Figure 5b. Habitat essentiel désigné du chat-fou du Nord dans la rivière Detroit près de l’île Fighting

Habitat essentiel désigné du chat-fou du Nord dans la rivière Detroit près de l’île Fighting (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 5b

La figure 5b est intitulée « Habitat essentiel désigné du chat-fou du Nord dans la rivière Detroit près de l’île Fighting ». La carte montre des carrés qui indiquent l'emplacement des points de données connus dans les tronçons intermédiaires de la rivière Detroit. Une zone rouge de forme carrée indique l’étendue de l’habitat essentiel au large de l’extrémité nord-est de l’île Fighting.

 

La désignation de l’habitat essentiel dans les rivières Thames et Detroit fera en sorte que l’habitat occupé actuellement sera protégé d’ici à ce qu’on puisse améliorer la description de l’habitat essentiel (voir le calendrier d’études présenté à la section 2.7.5). Le calendrier d’études présente les activités qui nous permettront d’améliorer les descriptions de l’habitat essentiel actuel présent aux emplacements confirmés où l’espèce subsiste encore ainsi que d’étudier les emplacements pour lesquels on possède peu d’information (p. ex. lac Sainte-Claire et rivière Sainte-Claire). On améliorera les descriptions de l’habitat essentiel au fur et à mesure que de nouvelles informations deviendront disponibles afin d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. D’ici à ce que l’ensemble de l’habitat essentiel soit désigné, l’équipe de rétablissement recommande que l’on reconnaisse l’habitat occupé présentement comme étant l’habitat à protéger au profit du chat-fou du Nord.

2.7.4.1 Viabilité de la population

On a comparé l’étendue de l’habitat essentiel désigné pour chaque population à l’estimation de la superficie minimale pour une population viable (SMPV) (tableau 10). Il convient de noter que, pour certaines populations, il est probable que seule une partie de l’habitat au sein de l’étendue de l’habitat essentiel désigné réponde aux exigences des différents stades de développement de l’espèce en matière d’habitat fonctionnel. En outre, comme ces populations sont présentes dans des zones d’habitat dégradé (la valeur de la SMPV suppose que la qualité de l’habitat est optimale), des superficies supérieures à la SMPV peuvent être nécessaires pour soutenir une PMV. De nouvelles études pourront nous aider à quantifier la disponibilité et la qualité de l’habitat présent dans l’habitat essentiel de l’ensemble des populations; de tels renseignements, outre qu’ils permettront de vérifier la justesse du modèle de la SMPV, nous permettront de déterminer avec plus de certitude la viabilité de la population. En conséquence, les résultats présentés dans le tableau 10 sont préliminaires et doivent être interprétés avec prudence.

 

Tableau 10. Comparaison de la superficie dans laquelle l’habitat essentiel a été désigné (ha) pour chaque population de chats-fous du Nord à la superficie minimale pour une population viable (SMPV) estiméeNote de bas de page a
PopulationSuperficie dans laquelle l’habitat essentiel a été désigné (ha)Type d’habitatSMPV (ha)SMPV atteinte (O/N)
Rivière Thames320Fluvial60O
Rivière Detroit – île aux Pêches210Fluvial60O
Rivière Detroit – île Fighting220Fluvial60O

Notes de bas de page

Note de bas de page A

L’estimation de la SMPV est fondée sur les approches de modélisation décrites précédemment. Pour de plus amples détails, veuillez consulter Matchett et al.(sous presse).

Retour à la référence de la note de bas de page a

 


2.7.5 Calendrier d’études pour désigner l’habitat essentiel

Dans le présent programme de rétablissement, on désigne, dans la mesure du possible, l’habitat essentiel selon la meilleure information disponible. On devra effectuer d’autres études pour améliorer la définition de l’habitat essentiel désigné du chat-fou du Nord afin de soutenir les objectifs en matière de population et de répartition de l’espèce. La liste d’activités exposée dans le tableau 11 n’est pas exhaustive, et il est vraisemblable que le processus d’examen de ces mesures entraînera la découverte d’autres lacunes dans les connaissances qu’il faudra combler.

 

Tableau 11. Calendrier d’études pour désigner l’habitat essentiel
Description de l’activitéJustificationÉchéancier approximatif
Effectuer des études pour déterminer les exigences en matière d’habitat pour chaque stade de développement du chat-fou du Nord.Presque aucune information n’a été publiée sur les exigences en matière d’habitat des jeunes de l’année de l’espèce, et on ne sait pas quelles sont celles des chats-fous juvéniles. La détermination des exigences en matière d’habitat pour chaque stade de développement rendra possible la désignation de l’ensemble des types d’habitats essentiels de cette espèce.2012-2014
Produire des relevés et des cartes portant sur la qualité et la disponibilité de l’habitat dans les emplacements historiques et actuels ainsi que dans les sites adjacents à l’habitat occupé présentement.Améliorer la fiabilité des données utilisées pour déterminer si les emplacements répondent aux critères relatifs à la désignation de l’habitat essentiel; surveiller les emplacements actuels pour déceler les changements apparus dans les données sur la population qui peuvent entraîner des modifications dans la désignation de l’habitat essentiel; les relevés menés dans l’habitat adjacent permettent de s’assurer de la précision de l’aire d’occurrence à partir de laquelle l’habitat essentiel est en partie défini.2012-2015
Effectuer d’autres relevés du chat-fou du Nord afin de combler les lacunes dans les données sur la répartition et de faciliter la détermination de la connectivité entre les populations et des domaines vitaux/territoires.L’information disponible concernant l’occurrence de l’espèce dans le lac Sainte-Claire et dans la rivière Sainte-Claire est limitée; des données supplémentaires pourraient appuyer la désignation de l’habitat essentiel dans ces zones qui est nécessaire à l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.2012-2015
Créer un modèle des populations sous la commande des habitats disponibles pour chaque stade de développement.Ce modèle facilitera l’élaboration de cibles de rétablissement et la détermination de l’étendue de l’habitat essentiel nécessaire pour chaque stade de développement afin de rendre possible l’atteinte de ces cibles.2014-2016
Selon l’information recueillie, passer en revue les objectifs en matière de population et de répartition. Déterminer l’étendue et la configuration de l’habitat essentiel nécessaire pour atteindre les objectifs, si l’information appropriée est disponible. Valider le modèle des populations sous la commande des habitats disponibles et améliorer les descriptions de l’habitat essentiel, au besoin.Dès que l’information ci-devant est recueillie, il faut passer en revue les cibles de rétablissement pour vérifier si elles sont logiques et si elles peuvent être atteintes. On devra déterminer l’étendue et la configuration de l’habitat essentiel nécessaire à la lumière des cibles de rétablissement en vue de l’élaboration du plan d’action.2014-2016

 


2.7.6 Exemples d’activités susceptibles de détruire l’habitat essentiel

Comme le chat-fou du Nord semble tolérer un vaste éventail de conditions d’habitat, il est difficile de décrire avec certitude les activités qui sont susceptibles de détruire l’habitat essentiel. Si aucune mesure d’atténuation appropriée n’est adoptée, il est possible que les activités ou les travaux exposés dans le tableau 12 entraînent une destruction directe de l’habitat.

La liste des activités présentées dans le tableau ci-après n’est ni exhaustive ni exclusive et a été établie d’après les menaces générales décrites à la section 1.5 du programme de rétablissement de l’espèce. L’absence de cette liste d’une quelconque activité humaine ne peut empêcher ou entraver la capacité du Ministère à la réglementer en vertu de la LEP. En outre, l’inclusion d’une activité dans cette liste n’entraîne pas automatiquement son interdiction puisque c’est la destruction de l’habitat essentiel qui est interdite. Étant donné que l’utilisation de l’habitat varie dans le temps, chaque activité doit être évaluée au cas par cas, et des mesures d’atténuation pour chaque site doivent être prises lorsque c’est possible et que celles-ci sont fiables. Dans tous les cas, lorsque l’information est disponible, les seuils et les limites sont associés aux attributs afin de permettre une gestion et une prise de décisions réglementaires éclairées. Cependant, dans de nombreux cas, les connaissances sur l’espèce et sur son habitat essentiel peuvent être limitées; en particulier, l’information associée aux seuils de tolérance d’une espèce ou d’un habitat aux perturbations découlant d’activités humaines peut faire défaut et devoir être obtenue.

Aux termes de la LEP, l’habitat essentiel doit être protégé en vertu de la loi une fois qu’il a été désigné. Cette protection sera mise en œuvre par l’intermédiaire d’un décret pris en vertu de la LEP, qui interdira la destruction de l’habitat essentiel désigné, sauf sur autorisation du ministre des Pêches et des Océans du Canada, en application des conditions de la LEP.

 

Tableau 12. Activités humaines susceptibles de détruire l’habitat essentiel du chat-fou du Nord La séquence des effets ainsi que les liens potentiels avec les fonctions, les caractéristiques et les attributs biophysiques de l’habitat essentiel sont indiqués pour chaque activité.
ActivitéSéquence des effetsFonction touchéeCaractéristique touchéeAttribut touché

Perte de l’habitat physique

Dragage

Nivellement

Excavation

Enlèvement de structures (p. ex. récupération de billes, déplacement de rochers dans les chenaux de navigation)

Mise en place de matériaux ou de structures dans l’eau (p. ex. épis, piliers, remblayage, remblayage partiel, jetées)

Artificialisation de la rive

Les changements dans la bathymétrie ainsi que dans la morphologie des rives et des chenaux causés par le dragage, le nivellement près des berges et les travaux d’excavation peuvent modifier les substrats de prédilection, les profondeurs d’eau et les profils de débit, ce qui peut avoir un impact sur la turbidité, les concentrations d’éléments nutritifs et les températures de l’eau.

L’enlèvement de structures immergées découlant d’activités effectuées dans l’eau, comme le dragage ou le remblayage, empêche l’espèce de construire des nids dans ces structures et peut avoir un impact sur l’alimentation et le frai.

La mise en place de matériaux ou de structures dans l’eau diminue la disponibilité de l’habitat (p. ex. la superficie occupée par la structure ou la zone remblayée est perdue). Le remblai peut couvrir les substrats de prédilection, la végétation aquatique et des structures sous-marines.

L’artificialisation des rives peut réduire l’apport en substances organiques dans l’eau, modifier les températures et les débits de l’eau ainsi qu’avoir un impact sur la disponibilité de l’habitat ou des proies pour l’espèce.

Frai
Croissance
Abri
Nourriture
Les éléments physiques présents dans les tronçons relevés dans le cours inférieur de la rivière Thames et dans la rivière Detroit sont inconnus
  • Structure ou débris immergés
  • Températures chaudes de l’eau
  • Eaux claires à turbides
  • Profondeurs d’eau faibles à modérées
  • Substrats de sable, de gravier, de galets et de rochers
  • Végétation aquatique dense
  • Courant faible à modéré ou modéré à rapide
  • Abondance appropriée des proies

Perte ou modification de l’habitat physique

Construction de barrages ou d’obstacles

Gestion du niveau d’eau ou activités d’extraction d’eau

L’installation de barrages/obstacles peut entraîner une perte directe ou une fragmentation de l’habitat.
La modification des profils de débit peut avoir un impact sur la disponibilité de l’habitat (p. ex. par l’assèchement des habitats) dans les cours d’eau, sur le dépôt des sédiments (p. ex. changement dans les substrats de prédilection), sur les températures de l’eau, sur la croissance de la végétation aquatique et sur l’abondance des proies.
Frai
Croissance
Abri
Nourriture
Les éléments physiques présents dans les tronçons relevés dans le cours inférieur de la rivière Thames et dans la rivière Detroit sont inconnus
  • Températures chaudes de l’eau
  • Eaux claires à turbides
  • Substrats de sable, de gravier, de galets et de rochers
  • Végétation aquatique dense
  • Courant faible à modéré ou modéré à rapide
  • Abondance appropriée des proies

Composés toxiques

Surutilisation ou mauvais usage des herbicides et des pesticides

Rejet de polluants d’origine urbaine et industrielle dans l’habitat

L’introduction de composés toxiques dans l’habitat utilisé par cette espèce peut modifier la composition chimique de l’eau et ainsi avoir un impact sur la disponibilité ou l’utilisation de l’habitat et sur la disponibilité des proies; elle peut aussi avoir un impact sur la croissance de la végétation aquatique et ainsi avoir une incidence sur le succès du frai et du recrutement.Frai
Croissance
Abri
Nourriture
Les éléments physiques présents dans les tronçons relevés dans le cours inférieur de la rivière Thames et dans la rivière Detroit sont inconnus
  • Végétation aquatique dense
  • Eaux claires à turbides
  • Abondance appropriée des proies

Charges en éléments nutritifs

Surutilisation d’engrais et gestion inappropriée des éléments nutritifs (p. ex. gestion des débris organiques, gestion des eaux usées, déchets d’origine animale, fosses septiques et eaux d’égouts urbains)

La mauvaise gestion des éléments nutritifs peut entraîner une augmentation des charges en éléments nutritifs dans les plans d’eau voisins. Des concentrations élevées d’éléments nutritifs peuvent entraîner un accroissement de la turbidité, ce qui peut avoir un impact sur la croissance de la végétation aquatique et provoquer des proliférations algales dommageables qui peuvent, à leur tour, avoir un impact sur la croissance de la végétation aquatique et modifier les températures de l’eau. La disponibilité des espèces de proies peut aussi être réduite si les proies sont vulnérables à la pollution par les substances organiques ou à la réduction des concentrations d’oxygène dissous.Frai
Croissance
Abri
Nourriture
Les éléments physiques présents dans les tronçons relevés dans le cours inférieur de la rivière Thames et dans la rivière Detroit sont inconnus
  • Températures chaudes de l’eau
  • Eaux claires à turbides
  • Végétation aquatique dense
  • Abondance appropriée des proies

Envasement et turbidité

Travaux effectués dans l’eau ou près de celle-ci dans lesquels les mesures de lutte contre la sédimentation et l’érosion sont inappropriées (p. ex. ruissellement provenant de champs labourés, utilisation d’équipement industriel, nettoyage ou entretien de ponts ou d’autres structures); suppression des zones riveraines

Accès direct du bétail aux plans d’eau

Une mauvaise lutte contre la sédimentation et l’érosion ou des mesures d’atténuation inappropriées peuvent entraîner une augmentation de la turbidité et du dépôt de sédiments, ce qui modifie les substrats de prédilection, réduit la productivité primaire, réduit la disponibilité des proies, nuit à la recherche de nourriture, a un impact sur la disponibilité des petites cavités nécessaires à la construction de nids et sur la croissance de la végétation aquatique et, peut-être, entraîne l’exclusion des individus de leur habitat en raison d’impacts physiologiques découlant de la présence de sédiments dans l’eau (p. ex. irritation des branchies).

Lorsque le bétail a directement accès aux plans d’eau, les dommages causés au littoral, aux rives et aux lits des cours d’eau peuvent augmenter l’érosion et la sédimentation, ce qui a un impact sur la turbidité et les températures de l’eau.

Frai
Croissance
Abri
Nourriture
Les éléments physiques présents dans les tronçons relevés dans le cours inférieur de la rivière Thames et dans la rivière Detroit sont inconnus
  • Structure ou débris immergés
  • Températures chaudes de l’eau
  • Eaux claires à turbides
  • Substrats de sable, de gravier, de galets et de rochers
  • Végétation aquatique dense
  • Abondance appropriée des proies

À l’avenir, les valeurs limites pour certains facteurs de stress seront étayées par de nouvelles études. Pour certaines des activités ci-devant, les PGO devraient permettre d’atténuer les menaces qui pèsent sur l’espèce et son habitat. Toutefois, dans certains cas, on ignore si les PGO permettront de protéger l’habitat essentiel; de nouvelles études devront être menées.

2.8 Mesures actuelles et recommandées en matière de protection des habitats

L’habitat du chat-fou du Nord est protégé de façon générale des travaux ou des ouvrages en vertu des dispositions relatives à l’habitat de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral.La Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE) tient compte des impacts des projets sur toutes les espèces sauvages inscrites et leurs habitats essentiels. Pendant l’examen d’un projet réalisé en vertu de la LCEE, tous les effets négatifs du projet sur une espèce sauvage inscrite et son habitat essentiel doivent être définis. Si le projet est mis en œuvre, il conviendra de prendre des mesures appropriées conformément aux programmes de rétablissement et aux plans d’action applicables afin d’éviter ou d’atténuer ces effets, puis de les surveiller. Une fois l’habitat essentiel désigné, la LEP prévoit des dispositions pour empêcher sa destruction.

À l’échelon provincial, la protection est également assurée par la Loi sur l’aménagement du territoire. Les instances responsables de la planification doivent respecter l’énoncé de politique de l’article 3 de la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario, qui interdit le lotissement ou la modification de sites se trouvant dans l’habitat des espèces en voie de disparition et menacées. La Loi sur l’aménagement des lacs et des rivières de l’Ontario interdit la retenue ou la dérivation d’un cours d’eau si cette activité doit provoquer de l’envasement. En Ontario, l’aménagement riverain est régi par les règlements sur les plaines inondables dont le respect est assuré par l’office local de protection de la nature. L’habitat peut aussi bénéficier de la protection de la Loi sur les terres publiques, en vertu de laquelle un permis pourra être exigé pour les travaux effectués dans l’eau ou sur le rivage. Le chat-fou du Nord est inscrit sur la liste des espèces en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition (2007) de l’Ontario.En vertu de cette loi, l’espèce même est actuellement protégée, et l’habitat du chat-fou du Nord sera protégé en vertu des dispositions générales sur la protection de l’habitat qui entreront en vigueur le 30 juin 2013, sauf si un règlement propre à l’habitat d’une espèce particulière est élaboré par le gouvernement provincial entretemps.

2.9 Effets sur les autres espèces

Les mesures de rétablissement proposées seront bénéfiques à d’autres espèces indigènes puisqu’elles atténueront les menaces (p. ex. qualité de l’eau, pollution, perte d’habitat) qui affectent diverses espèces aquatiques. De nombreuses activités d’intendance et d’amélioration de l’habitat qui profiteront au chat-fou du Nord seront mises en œuvre par l’entremise de programmes de rétablissement écosystémique actuels qui tiennent déjà compte des besoins d’autres espèces en péril.

2.10 Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement

L’équipe de rétablissement recommande l’adoption d’une approche à deux volets pour la mise en œuvre du rétablissement, laquelle combine une approche écosystémique et une approche monospécifique. Pour ce faire, l’équipe responsable collaborera étroitement avec les équipes de rétablissement écosystémique en place et les autres organismes concernés afin de mettre en commun leurs expertises et leurs connaissances des initiatives de rétablissement. Actuellement, quatre programmes de rétablissement d’écosystèmes (rivière Sydenham, rivière Thames, île Walpole et région Essex-Érié) où vivent des populations de chats-fous du Nord sont actuellement mis en œuvre. Ces programmes tiennent compte des exigences biologiques et écologiques connus du chat-fou du Nord, traitent des menaces locales auxquelles il fait actuellement face (ou auxquelles il pourrait faire face s’il était réintroduit dans des habitats historiques) et présentent les approches pour le rétablissement de cette espèce, classées par ordre de priorité pour ces réseaux. Ces programmes écosystémiques reposent tous sur des approches applicables à l’ensemble du bassin afin de réduire les menaces recensées qui planent sur de multiples espèces aquatiques en péril, dont le chat-fou du Nord. On trouve également des populations de chats-fous du Nord hors des limites desservies par les programmes de rétablissement écosystémique actuels (p. ex. lac Sainte-Claire, rivière Sainte-Claire). Ainsi, une approche de rétablissement monospécifique facilitera la mise en œuvre des mesures de rétablissement au sein de ces bassins hydrographiques, par l’établissement de partenariats avec les organismes locaux de gestion et d’intendance du bassin hydrographique. Si des initiatives de rétablissement écosystémique sont élaborées à l’avenir pour le lac Sainte-Claire ou la rivière Sainte-Claire, le programme monospécifique actuel fournira une solide base sur laquelle on pourra s’appuyer.

2.11 Énoncé relatif aux plans d’action

Les plans d’action pour le rétablissement sont des documents qui décrivent la mise en œuvre des programmes de rétablissement. D’après des recommandations tirées du programme de rétablissement, les plans d’action fournissent des détails concernant l’identité des participants aux activités proposées ainsi que l’ampleur de cette participation.

Un ou plusieurs plans d’action en lien avec le présent programme de rétablissement seront élaborés dans les cinq ans suivant la publication de la version finale du programme sur le Registre public de la LEP. Ces plans peuvent être axés sur plusieurs espèces ou écosystèmes.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Projet de politique sur la faisabilité du rétablissement, Loi sur les espèces en péril. Janvier 2005.

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