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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Garrot d’Islande (Bucephala islandica) au Canada – 2000

Répartition

Répartition mondiale

La plus grande partie (> 90 %) de la population mondiale de Garrots d'Islande niche et hiverne au Canada (figure 1). De petites populations sont signalées au sud de la Colombie-Britannique, dans les États de Washington et de l'Oregon, et dans le nord de la Californie. Un petit nombre niche également dans les États du Wyoming et du Montana (Bellrose, 1980; Eadie et al., 2000). L'espèce niche souvent à l'intérieur de l'Alaska et hiverne sur les côtes de cet État. La population de l'Est se reproduit seulement au Canada, et seules les données sur la nidification provenant du Québec sont suffisamment fondées; il est possible que certains individus nichent à Terre-Neuve-et-Labrador (Daury et Bateman, 1996; Robert et al., 2000). Une petite population résidente (d'environ 2 000 individus au printemps) vit aussi en Islande (Gardarsson, 1978 et 1979; Scott et Rose, 1996). Il se pourrait que l'espèce ait déjà niché au Groenland, mais on n'a pas signalé sa présence dans la région depuis au moins trente ans (Boertmann, 1994).

Répartition canadienne

Au Canada, plus de 95 % de la population de Garrots d'Islande nichent et hivernent à l'ouest des montagnes Rocheuses. Quelques individus nichent aussi en Alberta et dans le sud du Yukon (Blood, 1979; Eadie et al., 2000). La population de l'Est du Canada est concentrée au Québec, où la plupart des oiseaux nichent et hivernent (Robert et al., 1999 et 2000; Savard et Dupuis, 1999). Un petit nombre hiverne dans les provinces Maritimes et le long de la côte nord atlantique des États-Unis (Hasbrouck, 1944; Griscon, 1945; Daury et Bateman, 1996). Pour plus de détails, voir la section « Taille et tendances de la population ».

Les limites exactes (particulièrement les limites nord et est) de l'aire de nidification de la population de l'Est sont encore très mal connues. Les premiers sites de nidification ont été repérés récemment sur les hauts plateaux, au nord du fleuve Saint-Laurent, depuis la rivière Saguenay jusqu'à Mingan au moins (figure 1 dans Robert et al., 2000). Il se peut que certains Garrots d'Islande nichent aussi sur les hauts plateaux à l'ouest de la rivière Saguenay (Savard et Dupuis, 1999; Y. Hamel, comm. pers.; R. McNicoll, comm. pers.). Au Québec et dans l'est de l'Amérique du Nord, la première mention officielle d'une nidification a été obtenue en 1998, lorsqu'on a vu une couvée sur le lac des Polices dans la zone d'exploitation contrôlée (ZEC) Chauvin, à quelques douzaines de kilomètres au nord-ouest de Tadoussac (à l'embouchure de la rivière Saguenay); on a trouvé ensuite trois autres couvées (aussi en 1998) à environ 60 km au nord-ouest de Sept-Îles (Robert et al., 2000). On a découvert au moins dix autres couvées dans le secteur de la zone d'exploitation contrôlée Chauvin en 1999 (SCF-QC, données inédites). Des données de pistage satellitaire révèlent qu'au moins quelques Garrots d'Islande hivernant le long du corridor du Saint-Laurent nichent à l'intérieur des terres sur la rive nord de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent. En fait, le nombre élevé de couples et de mâles seuls repérés durant des relevés aériens et terrestres menés de 1990 à 1998 indique que cette région est probablement l'aire de nidification principale des Garrots d'Islande qui hivernent le long du Saint-Laurent, c'est-à-dire la population de l'Est de l'espèce (Robert et al., 2000).

Selon certains auteurs, le Garrot d'Islande nicherait peut-être aussi dans le nord du Labrador (Palmer, 1976; Bellrose, 1980; Godfrey, 1986; AOU, 1998; del Hoyo et al., 1992), dans la région de la baie d'Hudson (Todd, 1963; Gauthier et Aubry, 1996) et dans le bassin de la rivière Torrent à Terre-Neuve (Daury et Bateman, 1996). Cependant, aucune de ces affirmations n'a été confirmée, et toutes doivent être mieux documentées à la lumière de résultats récents (Robert et al., 2000).

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