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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Garrot d’Islande (Bucephala islandica) au Canada – 2000

Importance de l'espèce

Le Garrot d'Islande ayant la même répartition mondiale que l'Arlequin plongeur, on pense que les deux espèces ont eu des refuges glaciaires semblables. Ce sont deux exemples de spéciation en cours. Les populations de l'Est sont isolées de celles de l'Ouest, et il est fort probable que la population de l'est de l'Amérique du Nord soit également isolée de la population islandaise. La population de l'Est du Garrot d'Islande est donc importante sur le plan de la conservation, car elle s'éloigne sans doute génétiquement des autres populations et, comme le mentionnent Lesica et Allendorf (1995), la conservation d'une espèce à long terme est probablement fonction de la protection des populations génétiquement distinctes.

Durant l'automne, l'hiver et le printemps, le Garrot d'Islande se nourrit près des côtes et est donc assez facile à observer. Comme peu d'espèces de canards de mer se nourrissent aussi près des côtes, il offre aux ornithologues amateurs d'excellentes occasions pour l'observer. La population de l'Est du Garrot d'Islande est en effet un atout pour la communauté d'observateurs d'oiseaux; chaque année, elle attire les ornithologues amateurs dans l'estuaire du Saint-Laurent (voir Savard et Robert, 1997 et Lachance et Robert, 1999). La disparition de cette population serait évidemment très grave, étant donné que l'espèce ne serait plus représentée dans l'est de l'Amérique du Nord.

Jusqu'à récemment, les chasseurs ont exploité assez intensivement la population de l'Est du Garrot d'Islande. Dans les quelques zones où l'espèce hiverne en abondance, ils avaient l'habitude de chasser avec des appelants (Savard et Dupuis, 1999). L'espèce est encore fort populaire auprès des chasseurs. En raison de son abondance relativement faible et de son attrayant plumage, le mâle est également très recherché par les aviculteurs. Le Garrot d'Islande figure aussi partie parmi les quelques espèces de sauvagine qui nichent dans les cavités des arbres et qu'on pourrait gérer avec succès.

Enfin, le Garrot d'Islande représente une importante proportion (> 20 %) de la population de sauvagine hivernant dans l'estuaire du Saint-Laurent, cette proportion atteignant plus de 80 % dans certains secteurs (Savard, 1990).