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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du chardon de Hill (Cirsium hillii) au Canada

Résumé

Chardon de Hill
Cirsium Hillii

Information sur l’espèce

Le chardon de Hill est une vivace de 25 à 60 cm de hauteur, à racines fasciculées creuses s’enfonçant profondément dans le sol. Les tiges feuillues sont souples, côtelées ainsi que tomenteuses ou garnies de poils clairsemés. Elles produisent près du sommet un ou deux courts rameaux portant chacun un ou plusieurs grands capitules (de 3,5 à 5 cm) de fleurs rose foncé à violettes, parfois blanches.

Répartition 

Le chardon de Hill est une espèce endémique de l’Amérique du Nord qu’on rencontre principalement dans la région des Grands Lacs. Son aire s’étend depuis le sud de l’Ontario jusqu’au Michigan, au Wisconsin, au Minnesota, en Iowa, en Illinois et en Indiana. Au Canada, le chardon de Hill est confiné au sud de l’Ontario, où l’on compte 64 sites de l’espèce situés pour la majorité sur les rives de l’île Manitoulin et du côté ouest de la péninsule Bruce.

Habitat

Le chardon de Hill pousse dans divers milieux dégagés à sol sableux et sec, propices aux incendies. On le rencontre notamment dans des prairies recouvrant des collines de gravier ou des escarpements, des prairies sablonneuses sèches-mésiques à mésiques, des pinèdes ou des chenaies claires, des dunes, des savanes à chêne et des boisés clairs. Au Michigan, au Wisconsin et en Ontario, l’espèce a également été observée dans des alvars de prairie. Le chardon de Hill exige un milieu au moins partiellement ouvert. En Ontario, pour les 41 populations dont l’habitat est décrit, l’espèce la plus souvent mentionnée comme codominante de la strate herbacée, avec le chardon de Hill, est la danthonie à épi (Danthonia spicata), et le raison d’ours (Arctostaphylos uva-ursi) est l’espèce associée la plus fréquente, suivie par le lichen Cladina rangiferina, la fougère Pteridium aquilinum et la graminée Schizachyrium scoparium. La strate arborescente est le plus souvent dominée par le pin gris (Pinus banksiana), l’épinette blanche (Picea glauca) et le thuya occidental (Thuja occidentalis), et la strate arbustive, par le Juniperus communis, suivi par le Juniperus horizontalis. Les alvars riverains boisés de l’île Manitoulin, des îles voisines et de la côte ouest de la péninsule Bruce sont d’une importance capitale pour la survie à long terme de la population canadienne de chardon de Hill. Autrefois, ces alvars faisaient partie d’un paysage façonné par des facteurs naturels, dont la sécheresse et le feu. 

Biologie

Le chardon de Hill est une vivace à durée relativement courte, puisqu’elle ne vit généralement que deux ou trois ans, rarement plus de quatre ou cinq. La plante fleurit un ou deux ans après l’établissement de la rosette basilaire, le plus souvent durant sa troisième année. Elle peut se multiplier par voie végétative, de nouvelles rosettes émergeant de bourgeons adventifs qui se forment sur les racines latérales. La plante produit normalement une grande quantité de graines qui sont disséminées par le vent. On pense qu’une couche trop épaisse de litière peut nuire à la germination des graines et que les semis ont peut-être une capacité de compétition médiocre pour l’espace et la lumière. Or, la suppression du régime naturel d’incendies dans l’habitat historique du chardon de Hill a mené à une plus forte accumulation de litière et à la fermeture du couvert forestier, éliminant ainsi les conditions nécessaires à l’espèce. Les fleurs et les graines sont vulnérables aux insectes et peut-être aux champignons. En Ontario, le chardon de Hill fleurit entre la mi-juillet et la fin août.

Taille et tendances des populations

Soixante-dix sites de chardon de Hill sont répertoriés pour le Canada. Six d’entre eux sont probablement disparus. Des 64 sites qui subsistent, 36 ont été recensés; ils regroupent en tout au moins 4 000 individus, dont environ 250 individus reproducteurs matures, environ 3 700 individus végétatifs (rosettes) et 86 autres individus non identifiés comme reproducteurs ou végétatifs. Quarante-cinq pour cent (113 individus) des pieds florifères dénombrés durant le recensement sur le terrain de 2002 se trouvaient au site 35, où l’extraction d’agrégat est permise et où il y avait des preuves que le site était en préparation pour cette activité au moment du travail sur le terrain. Presque tous les recensements ont été effectués entre 1995 et 2003 (seulement 3 sites avaient déjà été recensés, dans les années 1980) de sorte qu’il est impossible de dégager des tendances démographiques à long terme. Des 36 sites où les données sur la population étaient bonnes, seulement 13 abritent des populations de plus de 100 individus. La principale population enregistrée est celle du site 57, où 1 175 individus ont été dénombrés en 2003, comprenant 35 individus ayant fleuri. On a estimé que ce site aurait abrité jusqu’à 1 500 individus. Les populations les plus abondantes sont probablement toutes connues, mais des populations importantes restent peut-être à découvrir dans les 28 autres localités. L’effectif canadien du chardon de Hill s’élève probablement à au moins 5 000 individus (florifères et végétatifs confondus). Au Canada, le nombre d’individus susceptibles de produire des graines pour une année donnée représente probablement 10 p. 100 de l’effectif total, soit environ 500+ individus. L’aire d’occupation des 64 sites actuels est estimée à 30 km², et l’aire d’occurrence à 3 000 km².

Facteurs limitatifs et menaces

Au Canada, la population de chardon de Hill est limitée par plusieurs facteurs, dont les principaux sont l’étendue très restreinte des alvars où pousse l’espèce et la disparition progressive de ces milieux en faveur de la construction de résidences permanentes sur les terrains riverains. Ce qu’il reste d’alvars recule devant la progression de la succession végétale naturelle, qui s’opère librement en l’absence des régimes naturels de perturbation, notamment les incendies, nécessaires pour maintenir le caractère ouvert de ces milieux. Le site où se trouve le plus grand nombre d’individus matures est sous licence permettant l’extraction d’agrégat.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

À l’échelle mondiale, le chardon de Hill est désigné espèce vulnérable (G3) (Globally Vulnerable). La classification S1 (Critically Imperiled) lui a été attribuée en Illinois, en Indiana et en Iowa, la classification S3 (Vulnerable) au Michigan, au Minnesota, au Wisconsin et en Ontario. À l’échelle du Canada, l’espèce est désignée vulnérable (Vulnerable) (N3).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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