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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du chardon de Hill (Cirsium hillii) au Canada

Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Cirsium hillii (Canby) Fernald

Synonymes (Kartesz, 1994) :

Cirsium pumilum ssp. hillii (Canby) Moore et Frankton,
Cirsium pumilum var. hillii (Canby) Boivin

Nom commun :

Chardon de Hill, chardon discolore de Hill, chardon de Flodman, chardon à racines creuses.

Famille :

Astéracées (Composées)

Grand groupe végétal :

Dicotylédones

Après un examen minutieux de spécimens récoltés en 1890 dans les dunes du lac Michigan, à Pine Station (aujourd’hui probablement dans les limites de la ville de Gary), dans le comté de Lake, en Indiana, le révérend Ellsworth J. Hill a conclu qu’ils étaient différents du Cirsium pumilum s.str. qu’on trouve plus à l’est (Moore et Frankton, 1966). En 1891, en se fondant sur les spécimens et les notes de Hill, William M. Canby a classé les spécimens du lac Michigan sous le nom de Cnicus hillii. En 1894, Porter a renommé l’espèce Carduus hillii, et en 1908 Fernald a changé ce nom pour Cirsium hillii. Il s’est ensuivi une certaine controverse quant à la distinction à faire entre le Cirsium pumilum qu’on rencontre dans le nord-est des États-Unis et le C. hillii du centre-nord. En 1917, Petrak, refusant de reconnaître le C. hillii comme espèce distincte, a classé tous ces Cirsium de l’est et de l’intérieur des États-Unis sous le même nom de C. odoratum (Barton) Petrak. De même, en 1930, dans Flora of the Indiana Dunes, Peattie a traité ces différentes populations comme appartenant à la même espèce. Plusieurs autres auteurs se sont montrés réticents à reconnaître les deux populations comme espèces distinctes (Moore et Frankton, 1966). En 1966, après avoir examiné 350 spécimens d’herbier, Moore et Frankton ont conclu qu’il y avait lieu de distinguer deux sous-espèces : C. pumilum (Nutt.) Spreng. ssp. pumilum et ssp. hillii (Canby) Moore et Frankton. Cette prise de position était fondée sur l’absence de caractères franchement distinctifs et de limites géographiques précises entre les deux populations, sur le fait que le nombre chromosomique est le même chez les deux populations et sur la forte probabilité qu’il n’existe aucune barrière reproductive inhérente entre les deux populations (Moore et Frankton, 1966). En 1972, Bernard Boivin a reclassé le taxon au niveau de variété, sous le nom de Cirsium pumilum (Nutt.) Sprengel var. hillii (Canby) Boivin. On reconnaît une forme à fleurs blanches, que Boivin a nommé forma candidum, d’après un spécimen récolté en 1874, donc avant même que l’espèce soit officiellement décrite. Cette forme a par la suite été décrite sous le nom de f. albiflorum (Scoggan) E.G. Voss, d’après un spécimen récolté par Voss au Michigan en 1952.

Bien qu’aujourd’hui le Cirsium hillii soit généralement reconnu comme espèce distincte, Penskar (2002) soutient que ce statut est contestable et qu’il faudrait pousser l’analyse pour établir hors de tout doute qu’il s’agit véritablement d’une espèce différente du Cirsium pumilum. Cusick (1995) pense même qu’il n’y a pas lieu d’attribuer au C. hillii le statut de sous-espèce ou de variété distincte et qu’il serait plus commode de l’assimiler au C. pumilum.

Plusieurs caractères différencient le Cirsium hillii du Cirsium pumilum. Le C. hillii est une vivace polycarpique (The Nature Conservancy, 1990), tandis que le C. pumilum est une bisannuelle. Le C. hillii est moins haut et moins souvent ramifié que le C. pumilum. Les feuilles du C. hillii sont moins profondément découpées que celles du C. pumilum, et leurs épines marginales sont plus courtes et plus fines. Les épines des bractées involucrales externes sont plus courtes et plus étroites chez le C. hillii que chez le C. pumilum. Sauf exception, les akènes du C. hillii sont plus gros que ceux du C. pumilum (Moore et Frankton, 1966).

Tous les spécimens canadiens appartiennent au C. hillii, le C. pumilum n’ayant jamais été observé au Canada.

Le spécimen type a été récolté par E.J. Hill le 9 juillet 1890 sur un terrain sablonneux, dans le comté de Lake, en Indiana. L’étiquette porte l’estampe du College of Pharmacy Herbarium. Le spécimen est conservé au New York Botanical Garden.

Description

Selon la description de Higman et Penskar (1999) et de Cusick (1995), le Cirsium hillii est une vivace de 25 à 60 cm de hauteur, à racines fasciculées creuses et tubéreuses qui s’enfoncent profondément dans le sol. Les tiges sont souples, côtelées ainsi que tomenteuses ou garnies de poils clairsemés. Elles produisent près du sommet un ou deux courts rameaux portant chacun un ou plusieurs grands capitules (3,5 à 5 cm) de fleurs rose foncé à violettes, parfois blanches. La plante comporte une rosette basilaire de feuilles elliptiques-oblongues et quelques feuilles caulinaires devenant plus petites vers le sommet. Le limbe est souvent glabre des deux côtés, mais la face inférieure peut être garnie de poils laineux clairsemés. La marge du limbe est généralement ondulée ou à sinus très peu profonds.

Moore et Frankton (1966 et 1974) donnent une description détaillée de l’espèce.