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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis au Canada

Taille et tendances des populations

Taille

À cause de la répartition mondiale sporadique de l’espèce et de sa répartition en grappes à l’échelle locale, il est extrêmement difficile d’établir des estimations exactes de la taille des populations de Pic de Lewis à l’échelle du paysage (DeSante et Pyle, 1994; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998) et les estimations sont probablement très sensibles aux variations dans l’effort d’échantillonnage. Il n’existe donc pas d’estimation fiable de la taille de la population mondiale du Pic de Lewis (Tobalske, 1997).

En Colombie‑Britannique, où se trouve essentiellement toute la population canadienne de l’espèce, Siddle et Davidson (1991) ont estimé qu’il y avait de 350 à 600 couples nicheurs en s’appuyant sur des relevés effectués sur le terrain en 1990, des entrevues avec des naturalistes, une étude de la littérature sur la question et une consultation du fichier des oiseaux nicheurs de la Colombie‑Britannique (voir le tableau 1).Cooper et al. (1998) ont souligné que cette estimation correspondait à un minimum, et un inventaire subséquent dans le fossé East Kootenay a permis de trouver beaucoup plus de nids actifs que prévu (85), ce qui donne à penser que l’estimation de Siddle et Davidson était trop basse (J.M. Cooper, comm. pers.).Ainsi, la taille minimale de la population en Colombie‑Britannique (et donc au Canada) est probablement au moins aussi élevée que la limite supérieure de 600 couples proposée par Siddle et Davidson (1991).

À cause du manque d’estimations démographiques pour l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce, il est difficile de proposer une valeur concernant le pourcentage de la population mondiale qui niche au Canada. L’examen de la carte de répartition de l’espèce (figure 1) donne à penser que cette proportion est inférieure à 10 p. 100, mais elle se rapproche probablement davantage de 5 p. 100 (J.M. Cooper, comm. pers.).

Tendances 

Durant le 20e siècle, la population mondiale du Pic de Lewis a diminué (Bock, 1970; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998). À partir des données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS, Breeding Bird Survey) et du Recensement des oiseaux de Noël, Tashiro-Vierling (1994) a estimé le déclin de la population à environ 60 p. 100 depuis les années 1960. Selon Ehrlich et al. (1988), la population se serait peut‑être stabilisée, mais on a besoin de plus de données sur les tendances à long terme de la population pour le confirmer.

Aux États‑Unis, on a documenté des déclins à l’échelle locale ou régionale en Oregon, au Montana, en Californie et au Utah (Weydemeyer, 1975; Tate, 1981; Sorensen, 1986; Siddle et Davidson,1991; DeSante et George, 1994), alors que les effectifs ont augmenté dans les plaines du sud-est du Colorado (Hadow, 1973; Tashiro-Vierling, 1994). Toutefois, à cause de la répartition sporadique du Pic de Lewis et de sa situation d’espèce peu fréquente dans toute son aire de répartition, Tobalske (1997) a conseillé la prudence dans l’interprétation des tendances des populations locales. Dans une localité donnée, l’effectif peut varier considérablement d’année en année, l’espèce pouvant même parfois disparaître totalement et réapparaître après des années (Bock, 1970; Siddle et Davidson, 1991). Malgré la difficulté d’interprétation des tendances locales, il convient de souligner qu’il y a un fort consensus selon lequel les populations ont diminué aux échelles régionale et mondiale sur une période de quelques décennies (Tashiro-Vierling, 1994; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998).
Tableau 1. Estimations des effectifs du Pic de Lewis à différents endroits en Colombie‑Britannique (tirées de Siddle et Davidson, 1991).

Région                                                  Estimation de la population (couples)

Parc Manning-Keremeos                                         1 à 10

Canyon du haut Fraser                                            10 à 40

Du ruisseau Cache au lac Williams                           5 à 20         

De Kamloops à Pritchard                                       10 à 30

Merritt                                                                     4 à 10

Invermere                                                                5 à 10

Skookumchuck                                                         2 à 4

Extrême sud‑est de la Colombie‑Britannique          5 à 10                  

Trail, Nelson, Castlegar                                            5 à 10

De Grand Forks à Rock Creek                                40 à 60           

De Keremeos au mont Anarchist                              75 à 100         

D’Oliver à Okanagan Falls                                       50 à 75

Du Lac Skaha à Naramata                                       50 à 75

Summerland                                                               50

Parc provincial du lac Okanagan                              2 à 4           

Kelowna                                                                 20 à 50

Vernon                                                                   10 à 20

TOTAL                                                                344 à 528

Au Canada, il est clair que la population de Pic de Lewis a décliné, mais la question de savoir si elle est maintenant stabilisée ou non fait encore l’objet d’un débat (Cooper et al., 1998). La nature transitoire d’une grande partie de l’habitat propice en Colombie‑Britannique (p. ex. successions forestières avec chicots) fait qu’il est difficile de déterminer si la population canadienne de l’espèce est actuellement en déclin, en croissance ou stable. Pour se faire une idée générale des tendances démographiques actuelles, Siddle et Davidson (1991) ainsi que Cooper et al. (1998) ont mené une vaste série d’entrevues avec des naturalistes et des biologistes dans toute l’aire de répartition du Pic de Lewis en Colombie‑Britannique. La plupart des personnes interrogées avaient l’impression que les populations locales étaient soit stables, soit en déclin, mais aucune n’a indiqué que les populations étaient en croissance (Cooper et al., 1998).

Les perspectives pour la population dans un avenir rapproché, et aussi à long terme, sont fortement liées à la manière dont les forêts seront gérées dans la partie intérieure méridionale de la Colombie‑Britannique. La coupe rase de vieux peuplements claires de pin ponderosa entraînerait un déclin de la population, alors que le fait de laisser des chicots après des brûlages ou des coupes d’aménagement pourrait favoriser une croissance de la population (Cooper et al., 1998; voir les sections « Habitat » et « Facteurs limitatifs »). L’équilibre entre ces divers régimes de gestion déterminera les tendances futures des effectifs du Pic de Lewis au Canada.