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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis au Canada

Habitat

Caractéristiques de l’habitat

Dans toute son aire de répartition en Amérique du Nord, y compris au Canada (intérieur de la Colombie‑Britannique), le Pic de Lewis niche dans trois types d’habitats principaux : 1) les forêts matures et claires de pin ponderosa; 2) les peuplements riverains de peuplier de l’Ouest adjacents à des zones dégagées; 3) les forêts de conifères récemment exploitées ou brûlées dans lesquelles il reste des chicots (Bock, 1970; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998). La présence de gros arbres morts ou moribonds (chicots), pour l’aménagement des nids dans des cavités, et de zones relativement dégagées, pour l’alimentation, semble être essentielle (Bock, 1970; Sousa, 1983; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998). Bien que la répartition du Pic de Lewis coïncide en général avec celle du pin ponderosa, cet oiseau peut nicher dans divers habitats présentant ces caractéristiques essentielles. En plus des principaux habitats énumérés ci‑dessus, des oiseaux nicheurs ont été observés dans des halliers de chênes, dans diverses forêts de conifères, dans des vergers et d’autres zones agricoles et même dans des régions urbaines où l’on trouve des arbres matures (Bock, 1970; Raphael et White, 1984; Campbell et al., 1990; Tashiro-Vierling, 1994; Vierling, 1997; Cooper et al., 1998).

Malgré l’aptitude du Pic de Lewis à nicher dans divers habitats, Siddle et Davidson (1991) ont fortement insisté sur l’importance des peuplements matures et clairs de pin ponderosa pour le maintien à long terme de la population en Colombie‑Britannique. Bien que l’on sache que cette espèce a niché dans au moins 16 essences d’arbres dans la province (fichier des oiseaux nicheurs de la Colombie‑Britannique), Siddle et Davidson (1991) ont calculé qu’environ 90 p. 100 des nids se trouvaient soit dans des forêts matures et claires de pin ponderosa, soit à proximité de ces forêts, où l’on voit l’espèce s’alimenter le plus souvent. Ces forêts sont donc considérées comme l’habitat principal de l’espèce en Colombie‑Britannique (Cooper et al., 1998). Bien qu’au moins 47 p. 100 des nids observés par Siddle et Davidson (1991) en Colombie‑Britannique n’aient pas été trouvés dans des pins ponderosas, les habitats secondaires sont habituellement des extensions de l’habitat principal et fournissent en général des sites de nidification propices seulement temporairement (p. ex. peuplements de milieu de succession après un feu; Siddle et Davidson, 1991).

Disponibilité de l’habitat

La description de l’aire de répartition de l’habitat propice dépend de l’échelle. Au Canada, les forêts claires de pin ponderosa et de peuplier de l’Ouest propices à la nidification du Pic de Lewis sont restreintes à la partie intérieure méridionale de la Colombie‑Britannique. La répartition de l’habitat principal y est fragmentée, les sites de nidification appropriés étant dispersés dans de grandes régions géographiques, sans concentrations (Cooper et al., 1998). Siddle et Davidson (1991) fournissent un compte rendu détaillé de l’abondance du Pic de Lewis dans différentes régions de la partie intérieure méridionale de la Colombie‑Britannique. La superficie totale de l’habitat propice dans les forêts de pin ponderosa et de peuplier de l’Ouest en Colombie‑Britannique est inconnue, mais l’abondance du Pic de Lewis à l’échelle régionale augmente en général avec la disponibilité de l’habitat principal, qui est morcelé (fragmenté) à l’intérieur de chaque région et entre régions (Siddle et Davidson, 1991).

Tendances de la disponibilité de l’habitat

Le déclin des effectifs du Pic de Lewis peut être attribué principalement aux baisses de la quantité et de la qualité de l’habitat propice (Cooper et al., 1998). Au début du 20e siècle, la quantité de forêts de pin ponderosa et de peupliers a été grandement réduite par l’exploitation intensive des forêts. Cependant, le taux de déclin des habitats favorables à l’espèce a probablement diminué puisque l’exploitation intensive du pin ponderosa a cessé en Colombie‑Britannique (Cooper et al., 1998). Depuis quelque temps, bien que les forêts continuent d’être exploitées et coupées pour le développement, la dégradation de la qualité de l’habitat est plus importante que la perte d’habitat pour le Pic de Lewis. Principalement, la lutte contre les incendies ou la coupe des chicots et des vieux arbres (vétérans) ont rapidement rendu inutilisables pour la nidification des habitats autrement propices (Cooper et al., 1998). Sans incendie, beaucoup de forêts de pin ponderosa deviennent denses et sont envahies par le douglas, de sorte que les zones dégagées dont le Pic de Lewis a besoin pour s’alimenter disparaissent (voir la section « Facteurs limitatifs »). Toutefois, on pourrait facilement rétablir les caractéristiques structurelles des forêts claires au moyen de brûlages dirigés, ce qui permettrait l’expansion des populations locales. Par ailleurs, bien que les zones exploitées fournissent seulement des habitats de nidification temporaires, le fait de laisser des arbres et des chicots après l’exploitation peut accroître considérablement l’habitat disponible pour le Pic de Lewis. Un cas d’expansion de population a été documenté dans le sud‑est du Colorado par suite de la maturation de gros peupliers établis en bordure de champs de maïs (Hadow, 1973; Tashiro-Vierling, 1994).

Le taux actuel de déclin varie selon les régions et dépend de l’utilisation et de la gestion des terres. Par exemple, au cœur de l’aire de répartition de l’espèce au Canada – la vallée de l’Okanagan – les développements urbains et agricoles se font à un rythme rapide, de sorte que le taux de perte d’habitat pour le Pic de Lewis est élevé dans cette région (Cooper et al., 1998). Dans le fossé East Kootenay, le taux de perte d’habitat, découlant principalement de la perte d’arbres matures vieillissants qui ne sont pas remplacés, est plus lent (J.M. Cooper, comm. pers.). Le résultat global net de l’utilisation et de la gestion des terres en Colombie‑Britannique est une diminution de la quantité et de la qualité des habitats du Pic de Lewis.