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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis au Canada

Biologie générale

Reproduction

Il n’y a pas de données connues sur l’âge de la première reproduction chez le Pic de Lewis, mais l’oiseau atteint probablement sa maturité à l’âge d’un an (Tobalske, 1997). Selon Bock (1970), le Pic de Lewis formerait des couples de longue durée ou permanents, peut‑être à cause d’une grande fidélité aux sites de nidification. Cet oiseau élève une nichée par année. Il pond habituellement cinq à neuf oeufs (Bock, 1970), avec une moyenne d’environ six ou sept œufs (Bent, 1939; Godfrey, 1986; Koenig, 1987), couvée relativement importante pour un pic. En Colombie‑Britannique, Campbell et al. (1990) ont observé des couvées de deux à huit œufs; 63 p. 100 des nids actifs contenaient de quatre à six oeufs (n = 30).

Les individus des deux sexes participent à l’incubation (Bock, 1970), qui dure environ 14 jours (Winkler et al., 1995). Les oisillons demeurent habituellement quatre à cinq semaines au nid (Bock, 1970; Short 1982), bien que l’envol ait été observé après seulement trois semaines dans certains nids en Colombie‑Britannique (Campbell et al., 1990). Il y a peu de données sur le succès de reproduction annuel chez le Pic de Lewis. Dans des peupleraies du Colorado, sur 42 nids, une proportion de 60 p. 100 a produit au moins un jeune ayant atteint l’âge de l’envol, avec une moyenne de 2,1 jeunes qui se sont envolés par nidification réussie (Tashiro-Vierling, 1994). En Idaho, 81 p. 100 de 150 nids établis dans un habitat brûlé de pin ponderosa ont produit au moins un jeune ayant atteint l’envol (Saab et Dudley, 1996). Sur 20 nids observés par Campbell et al. (1990) en Colombie‑Britannique, le nombre de jeunes ayant atteint l’envol se situait entre 1et 5 par nid, avec une moyenne de 2,8 jeunes.

Chez le Pic de Lewis, les couples nicheurs sont généralement isolés, mais on sait aussi que l’espèce niche en colonies lâches dans certaines régions (Currier, 1928; Bock, 1970). En Colombie‑Britannique, Siddle et Davidson (1991) ont souvent observé des couples nicheurs solitaires dans des forêts matures de pin ponderosa et des colonies lâches dans des habitats secondaires comme des peuplements de peupliers, des zones suburbaines et des milieux forestiers brûlés. On a signalé récemment la présence de trois couples nicheurs dans le même arbre (pin ponderosa mature) dans la région du fossé East Kootenay en Colombie‑Britannique (Cooper et al., données inédites.). Selon Cooper et al. (1998), les colonies lâches se forment probablement lorsqu’il y a concentration de sites favorables à l’aménagement de cavités de nidification et abondance d’insectes pour l’alimentation plutôt que dans le cadre d’une stratégie de reproduction coopérative.


Le Pic de Lewis a besoin de forêts claires renfermant des arbres morts ou moribonds de grand diamètre pour la reproduction (Sousa, 1983; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998; voir la section « Habitat »). En Colombie‑Britannique, les nids se trouvent le plus souvent dans de gros pins ponderosas ou de gros peupliers de l’Ouest morts ou moribonds, en général dans le fond de vallées et sur des contreforts, rarement sur des versants de montagnes (Campbell et al., 1990; Cooper et al., 1998). Comme le Pic de Lewis n’est pas bien adapté pour creuser des cavités, il utilise en général des cavités de nidification déjà faites ou des cavités naturelles (Bock, 1970).

Il n’y a pas d’information sur le taux de reproduction du Pic de Lewis au Canada ou ailleurs et on ne sait pas si le recrutement actuel suffit ou non à compenser la mortalité (Siddle et Davidson, 1991; Cooper et al., 1998).

Déplacements de l’espèce

À l’exception d’un petit nombre d’oiseaux qui vivent à l’année dans le sud de la vallée de l’Okanagan, les Pics de Lewis de Colombie‑Britannique sont migrateurs (Cooper et al., 1998). Après la saison de reproduction, des bandes d’individus nomades, comprenant rarement plus de 40 oiseaux, sont souvent observées se nourrissant des aliments disponibles dans divers habitats de leur localité (Cannings et al., 1987; Cooper et al., 1998). La migration automnale commence généralement en août et se poursuit pendant tout le mois de septembre, bien que l’on puisse encore apercevoir quelques migrateurs jusqu’à la fin d’octobre en Colombie‑Britannique (Campbell et al., 1990). Au printemps, le Pic de Lewis revient généralement en Colombie‑Britannique à la fin d’avril et au début de mai (Cannings et al., 1987; Campbell et al., 1990). Il n’y a pas de données sur les distances parcourues et les voies migratoires exactes, mais on pense qu’elles varient considérablement d’année en année en fonction de l’abondance locale des sources de nourriture (Tobalske, 1997).

Comportement et adaptabilité

Dans les zones éloignées des activités humaines, le Pic de Lewis est un oiseau assez timide qui semble sensible à une présence prolongée des humains à proximité du nid (Bock, 1970; Siddle et Davidson, 1991). Dans ces circonstances, les adultes ne viendront pas au nid ou ne nourriront pas les jeunes et peuvent même abandonner leurs jeunes en cas de dérangement au nid (Bock, 1970; Tashiro‑Vierling, 1994; Siddle et Davidson, 1991). Par contre, en Colombie-Britannique, certains Pics de Lewis se sont habitués à l’activité humaine dans des secteurs comme des parcs urbains, des vergers et des boisés voisins de plages publiques (Siddle et Davidson, 1991). Par exemple, un nid actif a été observé dans un poteau électrique, dans un parc de stationnement du centre‑ville de Penticton (Cannings et al., 1987). Cependant, l’espèce niche la plupart du temps dans des zones où il y a peu d’activités humaines et est en général considérée comme plus sensible à la présence humaine que d’autres pics, comme les pics qui se nourrissent de sève, le Pic chevelu et le Pic mineur (Cooper et al., 1998).

Le Pic de Lewis mange divers insectes, fruits et graines et se montre peu spécialisé à cet égard comparativement aux autres espèces de pics d’Amérique du Nord. Il se nourrit de façon opportuniste et modifie son régime selon les saisons afin de tirer parti des sources de nourriture abondantes localement, comme les insectes nouvellement éclos et les fruits cultivés (Bock, 1970). Coléoptères, fourmis, abeilles, guêpes, criquets, araignées et punaises sont les principaux insectes que mange le Pic de Lewis (Beal, 1911; Snow, 1941). Pendant la nidification ou après, les oiseaux se nourriront de fruits sauvages ou cultivés comme les cerises, les pommes et les pommettes, en particulier dans la vallée de l’Okanagan (Cannings et al., 1987).

Le Pic de Lewis a manifesté sa capacité de s’adapter à certains changements environnementaux. Comme cet oiseau n’a pas un régime alimentaire spécialisé, il a facilement tiré parti de l’abondante source saisonnière de nourriture que constituent les vergers et les noiseraies de Colombie‑Britannique (Siddle et Davidson, 1991). La présence d’établissements humains n’a pas empêché le Pic de Lewis de nicher dans une grande partie de son habitat des basses terres, notamment dans les zones riveraines et les parcs urbains, en autant qu’il y trouve suffisamment de gros arbres d’ombrage (Siddle et Davidson, 1991). En outre, les forêts récemment brûlées, par des feux naturels ou anthropiques, peuvent de fait constituer un habitat optimal pour le Pic de Lewis, bien que cet habitat ne demeure propice que temporairement (Cooper et al., 1998).

Il y a d’autres changements environnementaux auxquels l’espèce n’a pas réussi à s’adapter. Lorsque les forêts de pin ponderosa deviennent trop denses, ou lorsqu’on élimine les chicots dans les zones claires, ces habitats deviennent inutilisables pour le Pic de Lewis. Souvent, les couples nicheurs ont disparu dans les zones urbaines et suburbaines lorsqu’on y a enlevé les arbres matures offrant de nombreuses cavités naturelles (Cooper et al., 1998).