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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis au Canada

Facteurs limitatifs

La disponibilité de vieux arbres et de chicots pour la nidification est peut‑être le facteur le plus important pour le Pic de Lewis (Raphael et White, 1984; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998). Cooper et al. (1998) fournissent de nombreux exemples précis de couples reproducteurs qui ont disparu dans différentes régions de la Colombie‑Britannique à la suite de la disparition d’arbres propices à la nidification, qui peut résulter de diverses activités humaines. Dans des régions de la Colombie‑Britannique comme celles de la vallée de l’Okanagan et de Penticton, on enlève souvent les gros arbres et les chicots pour réaliser des projets de développement comme la construction de centres commerciaux, de maisons et de routes (Cooper et al., 1998). Dans les zones urbaines, suburbaines et rurales, des arbres propices à la nidification peuvent être coupés par des particuliers ou des administrations municipales pour raison de sécurité ou à des fins esthétiques. L’exploitation à grande échelle du pin ponderosa n’est plus une activité très importante en Colombie‑Britannique, mais de grands arbres vétérans sont encore récoltés par hélicoptère dans certaines régions, en particulier sur les pentes abruptes; les récolteurs de bois de chauffage coupent également les gros arbres morts ou sénescents dans les régions accessibles (Cooper et al., 1998). Par le passé, les chicots étaient enlevés systématiquement dans les forêts aménagées dans le but de lutter contre les maladies et d’assurer la sécurité. Toutefois, Cooper et al. (1998) indiquent que cette pratique n’est plus systématique et que la protection de ces éléments du milieu constitue une avenue prometteuse pour arrêter le déclin de la population.

La lutte contre les incendies a une incidence à la fois sur la disponibilité des arbres propices à la nidification et sur la qualité globale de l’habitat. Sans feux, les forêts de pin ponderosa tendent à former des peuplements denses qui sont absolument inutilisables pour le Pic de Lewis (Bock, 1970). L’absence de feux peut également conduire à un envahissement par le douglas, dans lequel le Pic de Lewis niche rarement (Siddle et Davidson, 1991; Tobalske, 1997). Les feux suffisamment importants entraînent souvent la mort de certains arbres vieux ou sénescents, créant ainsi de nouveaux arbres propices à la nidification; par conséquent, la lutte contre les incendies atténue ou élimine ce processus de création d’habitat (Cooper et al., 1998).

L’Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) a été mentionné comme importante espèce non indigène entrant en compétition avec le Pic de Lewis pour les cavités de nidification (Bock,1970; Weber, 1980). Selon des observations plus récentes, le Pic de Lewis est souvent l’espèce dominante dans ces interactions interspécifiques (Cannings et al., 1987; Tashiro-Vierling, 1994; mais voir Sorensen, 1986), mais il arrive parfois que des étourneaux expulsent des couples de Pic de Lewis des cavités où ils nichent (Cooper et al., 1998); ces interactions doivent certainement représenter un coût énergétique. Aucune étude n’a évalué avec précision l’effet de la compétition avec l’Étourneau sansonnet sur le succès de la nidification ou l’effort de reproduction chez le Pic de Lewis, mais il est prouvé que les étourneaux font perdre des cavités de nidification à d’autres espèces du genre Melanerpes (Troetschler, 1976; Ingold, 1989, 1994).

Cooper et al. (1998) énumèrent trois autres facteurs qui pourraient limiter les effectifs du Pic de Lewis en Colombie‑Britannique : les pesticides, le broutage et la perte d’habitats d’hivernage. Ces facteurs ont également été proposés comme facteurs limitatifs possibles par d’autres auteurs (Sorenson, 1986; Jackman, 1974), mais on possède actuellement très peu d’information concernant leurs effets sur le Pic de Lewis.