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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis au Canada

Évaluation et Rapport de situation

du COSEPAC

sur le

Pic de Lewis

Melanerpes lewis

au Canada

Pic de Lewis

texte:Espèce préoccupante 2001

 COSEPAC logo


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer les auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa . vi+ 20 p.

(http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/assessment/status_f.cfm).

VELLAND, M., et V. CONNOLLY. 1999. Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-20.

Note de production :

Veuillez remarquer que le statut proposé à la section « Évaluation et statut proposé » du rapport peut différer de la dernière désignation assignée à l’espèce par le COSEPAC.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC

a/s Service canadien de la faune

Environnement Canada

Ottawa (Ontario)

K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215

Téléc. : (819) 994-3684

Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca

http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Lewis’s Woodpecker Melanerpes lewis in Canada.

Illustration de la couverture :

Pic de Lewis – J. Crosby, Les oiseaux du Canada, par W. Earl Godfrey, Musée canadien de la nature, Ottawa (Ontario).

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004

PDF : CW69-14/405-2004F-PDF

ISBN 0-662-77989-4

HTML : CW69-14/405-2004F-HTML

ISBN 0-662-77990-8

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation -- Novembre 2001

Nom commun: Pic de Lewis

Nom scientifique :Melanerpes lewis

Statut : Espèce préoccupante

Justification de la désignation: La population est relativement petite, et une partie de l’aire de répartition du Canada a disparu. L’habitat de reproduction requis, soit de grands arbres dans des habitats ouverts, fait l’objet de pressions découlant de développements urbains et agricoles.

Répartition : Colombie‑Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1999. Réexamen et confirmation de son statut en novembre 2001. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

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COSEPAC Résumé du Rapport de situation de 1999

Pic de Lewis

Melanerpes lewis

Description

Le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) est un oiseau de taille moyenne (de 26 à 28 cm) dont la tête, le dos, les ailes et la queue sont noir verdâtre et le ventre, d’un rouge rosâtre distinctif. La face est rouge foncé et le collier ainsi que le haut de la poitrine sont d’un gris argenté très voyant. La coloration de son plumage permet de distinguer le Pic de Lewis des autres espèces de pics. Les individus des deux sexes ont la même coloration, et le mâle est en général légèrement plus gros que la femelle. Les juvéniles se distinguent des adultes par leur plumage globalement noir, plus brunâtre sur le dos; le gris, le rouge et le rose des adultes est habituellement absents. Chez les adultes et les juvéniles, les pattes et les pieds sont gris, le bec noir et les iris sombres.

Répartition

On ne trouve le Pic de Lewis que dans l’ouest de l’Amérique du Nord, où il niche depuis la Colombie‑Britannique, au nord, jusqu’en Californie et en Arizona, au sud, et jusque dans le Colorado, vers l’est. La répartition de l’espèce est éparse dans toute son aire de répartition, les populations étant concentrées dans des zones d’habitat favorable dispersées. Il a besoin de gros arbres morts ou moribonds pour nicher et, pour s’alimenter, il préfère les zones dégagées où les insectes sont abondants. Les oiseaux qui nichent au Canada migrent vers le sud pour hiverner, sauf un petit nombre qui passe l’hiver dans la vallée de l’Okanagan.

Taille et tendances des populations 

Il n’y a pas d’estimations de la taille de la population mondiale de cette espèce, mais il y a probablement au moins 600 couples qui nichent en Colombie‑Britannique chaque année. Au cours du siècle dernier, les populations mondiale et canadienne ont décliné, surtout à cause de la perte d’habitats propices. Les populations qui nichaient dans l’île de Vancouver et dans la vallée du bas Fraser ont disparu dans les années 1960.

Habitat

Les habitats de nidification du Pic de Lewis les plus communs sont les forêts matures et claires de pin ponderosa et les peuplements riverains de peuplier de l’Ouest. Les caractéristiques essentielles de l’habitat sont la présence de vieux arbres pourrissants ou morts (pour la nidification) et de zones dégagées (pour l’alimentation). Au Canada, l’habitat propice à la reproduction est restreint au bas de pentes de montagnes et au fond de vallées dans la partie intérieure méridionale de la Colombie‑Britannique.

Biologie générale

En général, les Pics de Lewis forment des couples nicheurs de longue durée ou permanents et reviennent aux mêmes sites de nidification d’année en année. Comparativement à la plupart des autres pics, cette espèce a une grosse nichée, avec cinq à neuf œufs. Les couples nicheurs sont habituellement isolés, mais dans certaines régions, ils forment des colonies lâches. Opportuniste sur le plan alimentaire, le Pic de Lewis se nourrit d’une grande variété d’insectes, de fruits et de noix, selon leur disponibilité locale. Dans les régions éloignées, cet oiseau se montre en général timide et très sensible aux activités humaines, alors qu’en régions urbaines ou suburbaines, il peut très bien s’y habituer. On a même vu un couple nicher dans un poteau électrique dans un parc de stationnement à Penticton!

Facteurs limitatifs

L’exploitation intensive des forêts de pin ponderosa est probablement en grande partie responsable du déclin des effectifs au cours du 20e siècle. L’intensification du développement en Colombie‑Britannique continue à se traduire par un déclin de l’habitat essentiel de l’espèce. La lutte contre les incendies dans les forêts de pin ponderosa est une pratique commune dans la province et favorise la formation de peuplements denses qui ne conviennent pas du tout au Pic de Lewis. La gestion de ces forêts sera le facteur décisif qui décidera de l’avenir de l’espèce au Canada.

Protection

Le Pic de Lewis est protégé en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs aux États-Unis et au Canada, et en vertu de la Wildlife Act de 1982 de la Colombie‑Britannique dans cette province. Cependant, la sauvegarde de la population canadienne dépend aussi en grande partie de la protection de son habitat. Bien que des directives récentes concernant les pratiques forestières en Colombie‑Britannique aient reconnu la nécessité de conserver l’habitat du Pic de Lewis, elles n’ont pas donné lieu à la conservation de nombreux sites de nidification.


MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

RÉPARTITION

Amérique du Nord

Aire de nidification

Le Pic de Lewis ne se trouve que dans l’ouest de l’Amérique du Nord, où son aire de nidification coïncide en général avec l’aire de répartition du pin ponderosa (Pinus ponderosa). Actuellement, il niche à partir du sud de la Colombie‑Britannique, au nord, vers le sud jusqu’en Californie, dans le centre de l’Arizona et le sud du Nouveau‑Mexique et vers l’est jusque dans l’est du Colorado (Tobalske, 1997; voir la figure 1). Dans toute son aire de répartition, le Pic de Lewis est généralement dispersé, avec des concentrations locales dans des secteurs où l’habitat est favorable (Siddle et Davidson, 1991; Tobalske, 1997). De plus, il y a souvent localement une considérable variation interannuelle des effectifs, l’espèce pouvant parfois disparaître complètement à un endroit pour y réapparaître des années plus tard (Bock, 1970). L’ancienne aire de répartition du Pic de Lewis comprenait certaines parties de la côte de la Colombie‑Britannique (Cooper et al., 1998), le nord‑ouest de l’Oregon (Gilligan et al., 1994) et le sud de la Californie (Small, 1994), endroits où l’espèce ne niche plus.

Aire d’hivernage

L’aire d’hivernage du Pic de Lewis est essentiellement la même que celle où l’espèce est présente à l’année et s’étend depuis le sud‑ouest de l’Oregon, le centre du Utah et le centre du Colorado jusque parfois dans le nord du Mexique (Tobalske, 1997; voir la figure 1). Chaque année, un petit nombre d’oiseaux passent l’hiver plus au nord jusqu’en Colombie‑Britannique (Cooper et al., 1998).

Canada

Aire de nidification

Au Canada, l’aire de nidification du Pic de Lewis est limitée essentiellement à la Colombie‑Britannique. Certains individus sont parfois observés dans les contreforts et le bas des pentes des montagnes de l’ouest de l’Alberta (S. Brechtel, comm. pers.), mais la plus récente mention de reproduction dans cette province remonte à 1946 (C. Werschler, comm. pers. dans Cooper et al., 1998). Le Pic de Lewis est actuellement considéré comme une espèce erratique en Alberta (Semenchuk, 1992). En Colombie‑Britannique, le Pic de Lewis niche localement dans la partie intérieure méridionale de la province, où son aire de répartition s’étend depuis le lac Williams, dans le nord, vers l’est jusqu'à Invermere, vers l’ouest jusqu’aux chaînons Lillooet, près de Lytton, et vers le sud jusqu’à la frontière canado‑américaine (Campbell et al., 1990, Siddle et Davidson. 1991).

Répartition du Pic de Lewis

Figure 1. Répartition du Pic de Lewis. L’espèce hiverne parfois vers le sud et l’ouest jusqu’à la ligne pointillée.

Avant les années 1960, l’aire de répartition du Pic de Lewis incluait des populations côtières dans l’île de Vancouver et dans la vallée du bas Fraser, lesquelles sont disparues vers 1962 (Davidson, 1966) et 1964 (Campbell et al., 1990), respectivement.

En Colombie‑Britannique, les populations de Pic de Lewis atteignent leurs densités les plus élevées dans la vallée de l’Okanagan (Cannings et al., 1987) et dans le bassin de la Thompson (Cooper et al., 1998), qui se trouvent dans la région forestière de Kamloops, près du centre de l’aire de répartition canadienne de l’espèce. Dans les régions situées en périphérie de ces secteurs principaux, le Pic de Lewis est moins commun. Entre le parc Manning et le lac Williams, le long de la limite ouest de l’aire de répartition, l’espèce n’est présente qu’à certains endroits (Siddle et Davidson, 1991). Bien que l’espèce niche régulièrement dans des régions comme celles de Kamloops, Grand Forks, Midway et Rock Creek, elle s’y trouve généralement en petit nombre (Siddle et Davidson, 1991).

 

Répartition hors saison de nidification

Opportuniste sur le plan de l’alimentation, le Pic de Lewis peut errer sur de grandes distances après la saison de reproduction (Tobalske, 1997). On a signalé des oiseaux solitaires à l’ouest jusque dans les îles de la Reine‑Charlotte, et au nord jusqu’à des lacs isolés près de Vanderhoof (Campbell et al., 1990). Un petit nombre d’individus passent l’hiver dans la vallée de l’Okanagan (Cannings et al., 1987).

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Protection

Aux États-Unis et au Canada, aux termes de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, et en Colombie-Britannique, en vertu de la Wildlife Act de 1982 de la province, le Pic de Lewis est protégé contre les persécutions illégales directes. Bien que le code de pratiques forestières de la Colombie-Britannique (Forest Practices Code of British Columbia) contienne des lignes directrices concernant les besoins du Pic de Lewis en matière d’habitat, S. Cannings (pers. comm.) a indiqué qu’il était improbable que ces lignes directrices, dans leur libellé actuel, protègent de nombreux sites de nidification de l’espèce. Un certain nombre d’aires protégées englobent des habitats favorables au Pic de Lewis en Colombie‑Britannique, notamment le parc du mont Okanagan, la réserve nationale de faune de Vaseux-Bighorn, la réserve écologique no 7, la zone importante pour la conservation des oiseaux Osoyoos Oxbows, la rivière Okanagan, le parc Inkaneep, le marécage de Cawston et la réserve écologique no 100 (Cooper et al., 1998). Cependant, une grande partie de l’habitat propice se trouve sur des terres privées, dans le fond de vallées et le bas de pentes de montagnes, endroits où le pin ponderosa et le peuplier de l’Ouest tendent à croître (Cooper et al., 1998).

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Taille et tendances des populations

Taille

À cause de la répartition mondiale sporadique de l’espèce et de sa répartition en grappes à l’échelle locale, il est extrêmement difficile d’établir des estimations exactes de la taille des populations de Pic de Lewis à l’échelle du paysage (DeSante et Pyle, 1994; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998) et les estimations sont probablement très sensibles aux variations dans l’effort d’échantillonnage. Il n’existe donc pas d’estimation fiable de la taille de la population mondiale du Pic de Lewis (Tobalske, 1997).

En Colombie‑Britannique, où se trouve essentiellement toute la population canadienne de l’espèce, Siddle et Davidson (1991) ont estimé qu’il y avait de 350 à 600 couples nicheurs en s’appuyant sur des relevés effectués sur le terrain en 1990, des entrevues avec des naturalistes, une étude de la littérature sur la question et une consultation du fichier des oiseaux nicheurs de la Colombie‑Britannique (voir le tableau 1).Cooper et al. (1998) ont souligné que cette estimation correspondait à un minimum, et un inventaire subséquent dans le fossé East Kootenay a permis de trouver beaucoup plus de nids actifs que prévu (85), ce qui donne à penser que l’estimation de Siddle et Davidson était trop basse (J.M. Cooper, comm. pers.).Ainsi, la taille minimale de la population en Colombie‑Britannique (et donc au Canada) est probablement au moins aussi élevée que la limite supérieure de 600 couples proposée par Siddle et Davidson (1991).

À cause du manque d’estimations démographiques pour l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce, il est difficile de proposer une valeur concernant le pourcentage de la population mondiale qui niche au Canada. L’examen de la carte de répartition de l’espèce (figure 1) donne à penser que cette proportion est inférieure à 10 p. 100, mais elle se rapproche probablement davantage de 5 p. 100 (J.M. Cooper, comm. pers.).

Tendances 

Durant le 20e siècle, la population mondiale du Pic de Lewis a diminué (Bock, 1970; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998). À partir des données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS, Breeding Bird Survey) et du Recensement des oiseaux de Noël, Tashiro-Vierling (1994) a estimé le déclin de la population à environ 60 p. 100 depuis les années 1960. Selon Ehrlich et al. (1988), la population se serait peut‑être stabilisée, mais on a besoin de plus de données sur les tendances à long terme de la population pour le confirmer.

Aux États‑Unis, on a documenté des déclins à l’échelle locale ou régionale en Oregon, au Montana, en Californie et au Utah (Weydemeyer, 1975; Tate, 1981; Sorensen, 1986; Siddle et Davidson,1991; DeSante et George, 1994), alors que les effectifs ont augmenté dans les plaines du sud-est du Colorado (Hadow, 1973; Tashiro-Vierling, 1994). Toutefois, à cause de la répartition sporadique du Pic de Lewis et de sa situation d’espèce peu fréquente dans toute son aire de répartition, Tobalske (1997) a conseillé la prudence dans l’interprétation des tendances des populations locales. Dans une localité donnée, l’effectif peut varier considérablement d’année en année, l’espèce pouvant même parfois disparaître totalement et réapparaître après des années (Bock, 1970; Siddle et Davidson, 1991). Malgré la difficulté d’interprétation des tendances locales, il convient de souligner qu’il y a un fort consensus selon lequel les populations ont diminué aux échelles régionale et mondiale sur une période de quelques décennies (Tashiro-Vierling, 1994; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998).
Tableau 1. Estimations des effectifs du Pic de Lewis à différents endroits en Colombie‑Britannique (tirées de Siddle et Davidson, 1991).

Région                                                  Estimation de la population (couples)

Parc Manning-Keremeos                                         1 à 10

Canyon du haut Fraser                                            10 à 40

Du ruisseau Cache au lac Williams                           5 à 20         

De Kamloops à Pritchard                                       10 à 30

Merritt                                                                     4 à 10

Invermere                                                                5 à 10

Skookumchuck                                                         2 à 4

Extrême sud‑est de la Colombie‑Britannique          5 à 10                  

Trail, Nelson, Castlegar                                            5 à 10

De Grand Forks à Rock Creek                                40 à 60           

De Keremeos au mont Anarchist                              75 à 100         

D’Oliver à Okanagan Falls                                       50 à 75

Du Lac Skaha à Naramata                                       50 à 75

Summerland                                                               50

Parc provincial du lac Okanagan                              2 à 4           

Kelowna                                                                 20 à 50

Vernon                                                                   10 à 20

TOTAL                                                                344 à 528

Au Canada, il est clair que la population de Pic de Lewis a décliné, mais la question de savoir si elle est maintenant stabilisée ou non fait encore l’objet d’un débat (Cooper et al., 1998). La nature transitoire d’une grande partie de l’habitat propice en Colombie‑Britannique (p. ex. successions forestières avec chicots) fait qu’il est difficile de déterminer si la population canadienne de l’espèce est actuellement en déclin, en croissance ou stable. Pour se faire une idée générale des tendances démographiques actuelles, Siddle et Davidson (1991) ainsi que Cooper et al. (1998) ont mené une vaste série d’entrevues avec des naturalistes et des biologistes dans toute l’aire de répartition du Pic de Lewis en Colombie‑Britannique. La plupart des personnes interrogées avaient l’impression que les populations locales étaient soit stables, soit en déclin, mais aucune n’a indiqué que les populations étaient en croissance (Cooper et al., 1998).

Les perspectives pour la population dans un avenir rapproché, et aussi à long terme, sont fortement liées à la manière dont les forêts seront gérées dans la partie intérieure méridionale de la Colombie‑Britannique. La coupe rase de vieux peuplements claires de pin ponderosa entraînerait un déclin de la population, alors que le fait de laisser des chicots après des brûlages ou des coupes d’aménagement pourrait favoriser une croissance de la population (Cooper et al., 1998; voir les sections « Habitat » et « Facteurs limitatifs »). L’équilibre entre ces divers régimes de gestion déterminera les tendances futures des effectifs du Pic de Lewis au Canada.


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Habitat

Caractéristiques de l’habitat

Dans toute son aire de répartition en Amérique du Nord, y compris au Canada (intérieur de la Colombie‑Britannique), le Pic de Lewis niche dans trois types d’habitats principaux : 1) les forêts matures et claires de pin ponderosa; 2) les peuplements riverains de peuplier de l’Ouest adjacents à des zones dégagées; 3) les forêts de conifères récemment exploitées ou brûlées dans lesquelles il reste des chicots (Bock, 1970; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998). La présence de gros arbres morts ou moribonds (chicots), pour l’aménagement des nids dans des cavités, et de zones relativement dégagées, pour l’alimentation, semble être essentielle (Bock, 1970; Sousa, 1983; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998). Bien que la répartition du Pic de Lewis coïncide en général avec celle du pin ponderosa, cet oiseau peut nicher dans divers habitats présentant ces caractéristiques essentielles. En plus des principaux habitats énumérés ci‑dessus, des oiseaux nicheurs ont été observés dans des halliers de chênes, dans diverses forêts de conifères, dans des vergers et d’autres zones agricoles et même dans des régions urbaines où l’on trouve des arbres matures (Bock, 1970; Raphael et White, 1984; Campbell et al., 1990; Tashiro-Vierling, 1994; Vierling, 1997; Cooper et al., 1998).

Malgré l’aptitude du Pic de Lewis à nicher dans divers habitats, Siddle et Davidson (1991) ont fortement insisté sur l’importance des peuplements matures et clairs de pin ponderosa pour le maintien à long terme de la population en Colombie‑Britannique. Bien que l’on sache que cette espèce a niché dans au moins 16 essences d’arbres dans la province (fichier des oiseaux nicheurs de la Colombie‑Britannique), Siddle et Davidson (1991) ont calculé qu’environ 90 p. 100 des nids se trouvaient soit dans des forêts matures et claires de pin ponderosa, soit à proximité de ces forêts, où l’on voit l’espèce s’alimenter le plus souvent. Ces forêts sont donc considérées comme l’habitat principal de l’espèce en Colombie‑Britannique (Cooper et al., 1998). Bien qu’au moins 47 p. 100 des nids observés par Siddle et Davidson (1991) en Colombie‑Britannique n’aient pas été trouvés dans des pins ponderosas, les habitats secondaires sont habituellement des extensions de l’habitat principal et fournissent en général des sites de nidification propices seulement temporairement (p. ex. peuplements de milieu de succession après un feu; Siddle et Davidson, 1991).

Disponibilité de l’habitat

La description de l’aire de répartition de l’habitat propice dépend de l’échelle. Au Canada, les forêts claires de pin ponderosa et de peuplier de l’Ouest propices à la nidification du Pic de Lewis sont restreintes à la partie intérieure méridionale de la Colombie‑Britannique. La répartition de l’habitat principal y est fragmentée, les sites de nidification appropriés étant dispersés dans de grandes régions géographiques, sans concentrations (Cooper et al., 1998). Siddle et Davidson (1991) fournissent un compte rendu détaillé de l’abondance du Pic de Lewis dans différentes régions de la partie intérieure méridionale de la Colombie‑Britannique. La superficie totale de l’habitat propice dans les forêts de pin ponderosa et de peuplier de l’Ouest en Colombie‑Britannique est inconnue, mais l’abondance du Pic de Lewis à l’échelle régionale augmente en général avec la disponibilité de l’habitat principal, qui est morcelé (fragmenté) à l’intérieur de chaque région et entre régions (Siddle et Davidson, 1991).

Tendances de la disponibilité de l’habitat

Le déclin des effectifs du Pic de Lewis peut être attribué principalement aux baisses de la quantité et de la qualité de l’habitat propice (Cooper et al., 1998). Au début du 20e siècle, la quantité de forêts de pin ponderosa et de peupliers a été grandement réduite par l’exploitation intensive des forêts. Cependant, le taux de déclin des habitats favorables à l’espèce a probablement diminué puisque l’exploitation intensive du pin ponderosa a cessé en Colombie‑Britannique (Cooper et al., 1998). Depuis quelque temps, bien que les forêts continuent d’être exploitées et coupées pour le développement, la dégradation de la qualité de l’habitat est plus importante que la perte d’habitat pour le Pic de Lewis. Principalement, la lutte contre les incendies ou la coupe des chicots et des vieux arbres (vétérans) ont rapidement rendu inutilisables pour la nidification des habitats autrement propices (Cooper et al., 1998). Sans incendie, beaucoup de forêts de pin ponderosa deviennent denses et sont envahies par le douglas, de sorte que les zones dégagées dont le Pic de Lewis a besoin pour s’alimenter disparaissent (voir la section « Facteurs limitatifs »). Toutefois, on pourrait facilement rétablir les caractéristiques structurelles des forêts claires au moyen de brûlages dirigés, ce qui permettrait l’expansion des populations locales. Par ailleurs, bien que les zones exploitées fournissent seulement des habitats de nidification temporaires, le fait de laisser des arbres et des chicots après l’exploitation peut accroître considérablement l’habitat disponible pour le Pic de Lewis. Un cas d’expansion de population a été documenté dans le sud‑est du Colorado par suite de la maturation de gros peupliers établis en bordure de champs de maïs (Hadow, 1973; Tashiro-Vierling, 1994).

Le taux actuel de déclin varie selon les régions et dépend de l’utilisation et de la gestion des terres. Par exemple, au cœur de l’aire de répartition de l’espèce au Canada – la vallée de l’Okanagan – les développements urbains et agricoles se font à un rythme rapide, de sorte que le taux de perte d’habitat pour le Pic de Lewis est élevé dans cette région (Cooper et al., 1998). Dans le fossé East Kootenay, le taux de perte d’habitat, découlant principalement de la perte d’arbres matures vieillissants qui ne sont pas remplacés, est plus lent (J.M. Cooper, comm. pers.). Le résultat global net de l’utilisation et de la gestion des terres en Colombie‑Britannique est une diminution de la quantité et de la qualité des habitats du Pic de Lewis.

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Biologie générale

Reproduction

Il n’y a pas de données connues sur l’âge de la première reproduction chez le Pic de Lewis, mais l’oiseau atteint probablement sa maturité à l’âge d’un an (Tobalske, 1997). Selon Bock (1970), le Pic de Lewis formerait des couples de longue durée ou permanents, peut‑être à cause d’une grande fidélité aux sites de nidification. Cet oiseau élève une nichée par année. Il pond habituellement cinq à neuf oeufs (Bock, 1970), avec une moyenne d’environ six ou sept œufs (Bent, 1939; Godfrey, 1986; Koenig, 1987), couvée relativement importante pour un pic. En Colombie‑Britannique, Campbell et al. (1990) ont observé des couvées de deux à huit œufs; 63 p. 100 des nids actifs contenaient de quatre à six oeufs (n = 30).

Les individus des deux sexes participent à l’incubation (Bock, 1970), qui dure environ 14 jours (Winkler et al., 1995). Les oisillons demeurent habituellement quatre à cinq semaines au nid (Bock, 1970; Short 1982), bien que l’envol ait été observé après seulement trois semaines dans certains nids en Colombie‑Britannique (Campbell et al., 1990). Il y a peu de données sur le succès de reproduction annuel chez le Pic de Lewis. Dans des peupleraies du Colorado, sur 42 nids, une proportion de 60 p. 100 a produit au moins un jeune ayant atteint l’âge de l’envol, avec une moyenne de 2,1 jeunes qui se sont envolés par nidification réussie (Tashiro-Vierling, 1994). En Idaho, 81 p. 100 de 150 nids établis dans un habitat brûlé de pin ponderosa ont produit au moins un jeune ayant atteint l’envol (Saab et Dudley, 1996). Sur 20 nids observés par Campbell et al. (1990) en Colombie‑Britannique, le nombre de jeunes ayant atteint l’envol se situait entre 1et 5 par nid, avec une moyenne de 2,8 jeunes.

Chez le Pic de Lewis, les couples nicheurs sont généralement isolés, mais on sait aussi que l’espèce niche en colonies lâches dans certaines régions (Currier, 1928; Bock, 1970). En Colombie‑Britannique, Siddle et Davidson (1991) ont souvent observé des couples nicheurs solitaires dans des forêts matures de pin ponderosa et des colonies lâches dans des habitats secondaires comme des peuplements de peupliers, des zones suburbaines et des milieux forestiers brûlés. On a signalé récemment la présence de trois couples nicheurs dans le même arbre (pin ponderosa mature) dans la région du fossé East Kootenay en Colombie‑Britannique (Cooper et al., données inédites.). Selon Cooper et al. (1998), les colonies lâches se forment probablement lorsqu’il y a concentration de sites favorables à l’aménagement de cavités de nidification et abondance d’insectes pour l’alimentation plutôt que dans le cadre d’une stratégie de reproduction coopérative.


Le Pic de Lewis a besoin de forêts claires renfermant des arbres morts ou moribonds de grand diamètre pour la reproduction (Sousa, 1983; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998; voir la section « Habitat »). En Colombie‑Britannique, les nids se trouvent le plus souvent dans de gros pins ponderosas ou de gros peupliers de l’Ouest morts ou moribonds, en général dans le fond de vallées et sur des contreforts, rarement sur des versants de montagnes (Campbell et al., 1990; Cooper et al., 1998). Comme le Pic de Lewis n’est pas bien adapté pour creuser des cavités, il utilise en général des cavités de nidification déjà faites ou des cavités naturelles (Bock, 1970).

Il n’y a pas d’information sur le taux de reproduction du Pic de Lewis au Canada ou ailleurs et on ne sait pas si le recrutement actuel suffit ou non à compenser la mortalité (Siddle et Davidson, 1991; Cooper et al., 1998).

Déplacements de l’espèce

À l’exception d’un petit nombre d’oiseaux qui vivent à l’année dans le sud de la vallée de l’Okanagan, les Pics de Lewis de Colombie‑Britannique sont migrateurs (Cooper et al., 1998). Après la saison de reproduction, des bandes d’individus nomades, comprenant rarement plus de 40 oiseaux, sont souvent observées se nourrissant des aliments disponibles dans divers habitats de leur localité (Cannings et al., 1987; Cooper et al., 1998). La migration automnale commence généralement en août et se poursuit pendant tout le mois de septembre, bien que l’on puisse encore apercevoir quelques migrateurs jusqu’à la fin d’octobre en Colombie‑Britannique (Campbell et al., 1990). Au printemps, le Pic de Lewis revient généralement en Colombie‑Britannique à la fin d’avril et au début de mai (Cannings et al., 1987; Campbell et al., 1990). Il n’y a pas de données sur les distances parcourues et les voies migratoires exactes, mais on pense qu’elles varient considérablement d’année en année en fonction de l’abondance locale des sources de nourriture (Tobalske, 1997).

Comportement et adaptabilité

Dans les zones éloignées des activités humaines, le Pic de Lewis est un oiseau assez timide qui semble sensible à une présence prolongée des humains à proximité du nid (Bock, 1970; Siddle et Davidson, 1991). Dans ces circonstances, les adultes ne viendront pas au nid ou ne nourriront pas les jeunes et peuvent même abandonner leurs jeunes en cas de dérangement au nid (Bock, 1970; Tashiro‑Vierling, 1994; Siddle et Davidson, 1991). Par contre, en Colombie-Britannique, certains Pics de Lewis se sont habitués à l’activité humaine dans des secteurs comme des parcs urbains, des vergers et des boisés voisins de plages publiques (Siddle et Davidson, 1991). Par exemple, un nid actif a été observé dans un poteau électrique, dans un parc de stationnement du centre‑ville de Penticton (Cannings et al., 1987). Cependant, l’espèce niche la plupart du temps dans des zones où il y a peu d’activités humaines et est en général considérée comme plus sensible à la présence humaine que d’autres pics, comme les pics qui se nourrissent de sève, le Pic chevelu et le Pic mineur (Cooper et al., 1998).

Le Pic de Lewis mange divers insectes, fruits et graines et se montre peu spécialisé à cet égard comparativement aux autres espèces de pics d’Amérique du Nord. Il se nourrit de façon opportuniste et modifie son régime selon les saisons afin de tirer parti des sources de nourriture abondantes localement, comme les insectes nouvellement éclos et les fruits cultivés (Bock, 1970). Coléoptères, fourmis, abeilles, guêpes, criquets, araignées et punaises sont les principaux insectes que mange le Pic de Lewis (Beal, 1911; Snow, 1941). Pendant la nidification ou après, les oiseaux se nourriront de fruits sauvages ou cultivés comme les cerises, les pommes et les pommettes, en particulier dans la vallée de l’Okanagan (Cannings et al., 1987).

Le Pic de Lewis a manifesté sa capacité de s’adapter à certains changements environnementaux. Comme cet oiseau n’a pas un régime alimentaire spécialisé, il a facilement tiré parti de l’abondante source saisonnière de nourriture que constituent les vergers et les noiseraies de Colombie‑Britannique (Siddle et Davidson, 1991). La présence d’établissements humains n’a pas empêché le Pic de Lewis de nicher dans une grande partie de son habitat des basses terres, notamment dans les zones riveraines et les parcs urbains, en autant qu’il y trouve suffisamment de gros arbres d’ombrage (Siddle et Davidson, 1991). En outre, les forêts récemment brûlées, par des feux naturels ou anthropiques, peuvent de fait constituer un habitat optimal pour le Pic de Lewis, bien que cet habitat ne demeure propice que temporairement (Cooper et al., 1998).

Il y a d’autres changements environnementaux auxquels l’espèce n’a pas réussi à s’adapter. Lorsque les forêts de pin ponderosa deviennent trop denses, ou lorsqu’on élimine les chicots dans les zones claires, ces habitats deviennent inutilisables pour le Pic de Lewis. Souvent, les couples nicheurs ont disparu dans les zones urbaines et suburbaines lorsqu’on y a enlevé les arbres matures offrant de nombreuses cavités naturelles (Cooper et al., 1998).

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Facteurs limitatifs

La disponibilité de vieux arbres et de chicots pour la nidification est peut‑être le facteur le plus important pour le Pic de Lewis (Raphael et White, 1984; Tobalske, 1997; Cooper et al., 1998). Cooper et al. (1998) fournissent de nombreux exemples précis de couples reproducteurs qui ont disparu dans différentes régions de la Colombie‑Britannique à la suite de la disparition d’arbres propices à la nidification, qui peut résulter de diverses activités humaines. Dans des régions de la Colombie‑Britannique comme celles de la vallée de l’Okanagan et de Penticton, on enlève souvent les gros arbres et les chicots pour réaliser des projets de développement comme la construction de centres commerciaux, de maisons et de routes (Cooper et al., 1998). Dans les zones urbaines, suburbaines et rurales, des arbres propices à la nidification peuvent être coupés par des particuliers ou des administrations municipales pour raison de sécurité ou à des fins esthétiques. L’exploitation à grande échelle du pin ponderosa n’est plus une activité très importante en Colombie‑Britannique, mais de grands arbres vétérans sont encore récoltés par hélicoptère dans certaines régions, en particulier sur les pentes abruptes; les récolteurs de bois de chauffage coupent également les gros arbres morts ou sénescents dans les régions accessibles (Cooper et al., 1998). Par le passé, les chicots étaient enlevés systématiquement dans les forêts aménagées dans le but de lutter contre les maladies et d’assurer la sécurité. Toutefois, Cooper et al. (1998) indiquent que cette pratique n’est plus systématique et que la protection de ces éléments du milieu constitue une avenue prometteuse pour arrêter le déclin de la population.

La lutte contre les incendies a une incidence à la fois sur la disponibilité des arbres propices à la nidification et sur la qualité globale de l’habitat. Sans feux, les forêts de pin ponderosa tendent à former des peuplements denses qui sont absolument inutilisables pour le Pic de Lewis (Bock, 1970). L’absence de feux peut également conduire à un envahissement par le douglas, dans lequel le Pic de Lewis niche rarement (Siddle et Davidson, 1991; Tobalske, 1997). Les feux suffisamment importants entraînent souvent la mort de certains arbres vieux ou sénescents, créant ainsi de nouveaux arbres propices à la nidification; par conséquent, la lutte contre les incendies atténue ou élimine ce processus de création d’habitat (Cooper et al., 1998).

L’Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) a été mentionné comme importante espèce non indigène entrant en compétition avec le Pic de Lewis pour les cavités de nidification (Bock,1970; Weber, 1980). Selon des observations plus récentes, le Pic de Lewis est souvent l’espèce dominante dans ces interactions interspécifiques (Cannings et al., 1987; Tashiro-Vierling, 1994; mais voir Sorensen, 1986), mais il arrive parfois que des étourneaux expulsent des couples de Pic de Lewis des cavités où ils nichent (Cooper et al., 1998); ces interactions doivent certainement représenter un coût énergétique. Aucune étude n’a évalué avec précision l’effet de la compétition avec l’Étourneau sansonnet sur le succès de la nidification ou l’effort de reproduction chez le Pic de Lewis, mais il est prouvé que les étourneaux font perdre des cavités de nidification à d’autres espèces du genre Melanerpes (Troetschler, 1976; Ingold, 1989, 1994).

Cooper et al. (1998) énumèrent trois autres facteurs qui pourraient limiter les effectifs du Pic de Lewis en Colombie‑Britannique : les pesticides, le broutage et la perte d’habitats d’hivernage. Ces facteurs ont également été proposés comme facteurs limitatifs possibles par d’autres auteurs (Sorenson, 1986; Jackman, 1974), mais on possède actuellement très peu d’information concernant leurs effets sur le Pic de Lewis.

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Importance de l'espèce

Comme on a observé des déclins constants des effectifs à partir des années 1960, le Pic de Lewis a été inscrit sur l’Audubon Society Blue List en 1975 (Tate, 1981). L’espèce a ensuite été retirée de cette liste et placée dans le groupe des espèces préoccupantes (Species of Special Concern) en 1982 (Tate et Tate, 1982). En Colombie‑Britannique, après un déclin radical dans l’île de Vancouver, Stirling (1966) a considéré que l’espèce était préoccupante. En 1980, le Pic de Lewis faisait partie d’une liste proposée d’espèces aviennes rares ou en voie de disparition en Colombie‑Britannique (Weber, 1980), et dans le programme des zones critiques de South Okanagan (South Okanagan Critical Areas Program), l’oiseau a été inscrit comme espèce de priorité 2 (Hlady, 1990). Le Pic de Lewis figure actuellement sur la liste bleue de la B.C. Wildlife Branch (1996), à cause du déclin des effectifs et des habitats propices.

À cause de sa coloration voyante et attrayante, le Pic de Lewis est facile à reconnaître et il attire les ornithologues amateurs en Colombie‑Britannique (Cooper et al., 1998). Comme les Pics de Lewis mangent souvent des fruits dans les vergers, on a rapporté que des fermiers en avaient tués (Parham, 1937). Cependant, les dommages actuellement causés par l’espèce dans les récoltes de fruits sont relativement faibles et ne sont pas très inquiétants pour les fruiticulteurs en Colombie‑Britannique (Cooper et al., 1998). De façon générale, l’espèce n’est ni tuée ni piégée pour d’autres raisons (Tobalske, 1997).

   Des six espèces du genre Melanerpes observées en Amérique du Nord, trois sont présentes au Canada : le Pic à tête rouge (M. erythrocephalus), le Pic à ventre roux (M. carolinus) et le Pic de Lewis. Le Pic à tête rouge figure sur la liste des espèces menacées au Canada (COSEPAC, 1998) et la population reproductrice du Pic à ventre roux au Canada est restreinte à quelques localités dans l’extrême sud‑ouest de l’Ontario (Peck et James, 1983). À l’instar du Pic de Lewis, deux autres pics sont limités à la partie intérieure méridionale de la Colombie‑Britannique au Canada et ont besoin de chicots pour nicher, soit le Pic à tête blanche (Picoides albolarvatus) et le Pic de Williamson (Sphyrapicus thyroideus). Ces deux espèces sont considérées étant en péril en Colombie‑Britannique (Cooper et al., 1998), et le Pic à tête blanche est considéré comme étant menacé au Canada (COSEPAC, 1998).

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Évaluation et statut propose

L’aire de répartition du Pic de Lewis au Canada est limitée à la partie intérieure méridionale de la Colombie‑Britannique, l’espèce y étant généralement dispersée, avec des concentrations locales dans les régions où l’habitat est propice. Pendant le 20e siècle, il est clair qu’il y a eu un déclin des effectifs tant au Canada que dans l’ensemble de l’aire de répartition nord-américaine, l’espèce étant disparue d’au moins deux régions côtières de la Colombie‑Britannique. On ne sait pas avec certitude si l’espèce est encore en déclin, mais la plupart des observateurs interrogés par Siddle et Davidson (1991) considéraient que les populations locales étaient stables ou en déclin, alors qu’aucun d’entre eux ne les pensait en croissance. Les déclins des populations peuvent être attribués principalement à des diminutions de la quantité et de la qualité des habitats propices. Le développement continu dans l’aire de répartition principale de l’espèce et les pratiques actuelles de gestion des forêts donnent à penser que le déclin des habitats se poursuivra. Cependant, on pourrait créer des habitats favorables au Pic de Lewis en apportant des modifications relativement mineures aux pratiques de gestion des forêts, par exemple en laissant des chicots après les coupes ou en procédant à des brûlages dirigés ou à des coupes d’éclaircie dans les forêts denses de pin ponderosa.

Compte tenu de la diminution de la disponibilité des habitats et des déclins des effectifs qui en découlent, nous recommandons que le statut d’espèce vulnérable au Canada soit attribué au Pic de Lewis. Vu le grand potentiel d’amélioration de l’habitat et la capacité de l’espèce de s’adapter à certains types de perturbations anthropiques (p. ex. forêts exploitées ou brûlées avec chicots), il ne serait pas actuellement approprié d’attribuer à cet oiseau le statut d’espèce menacée. Le déclin continu des habitats propices constituerait toutefois une menace réelle pour l’espèce au Canada.


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Résumé technique

Melanerpes lewis

Pic de Lewis

Lewis's Woodpecker

Nom de la population (s’il y a lieu) : aucun

Répartition canadienne (par province / territoire / océan) : Colombie‑Britannique

 

Information sur la répartition

·      Zone d’occurrence (km2) : Env. 30 000 km2

·        Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue). Stable

·        Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)? Non

·        Zone d’occupation (km2) : Env. 2 000 km2

·        Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue). Stable ou lent déclin

·        Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)? Non

·        Nombre d’emplacements existants: Non disponible

·        Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue). Non disponible

·        Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)? Non disponible

·        Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). En déclin

 

Information sur la population

·      Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.). 1+ année

·      Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). 1000 à 2000

·      Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). stable ou lent Déclin

·      S’il y a déclin, p. 100 du déclin au cours des dernières/ prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte). s. o.

·      Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)? Non

·      La population totale est‑elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.‑à‑d. migration réussie de < 1 individu/année)? Non

·      Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune. Non disponible

·      Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue). Non disponible

·      Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)? Non

 

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

-         Des développements urbains et agricoles détruisent des sites de nidification et dégradent l’habitat.

-         La lutte contre les incendies rend les forêts plus denses et réduit le nombre de chicots disponibles pour la nidification.

-         On enlève les gros chicots pour les utiliser comme bois de chauffage ou pour assurer la sécurité publique.

-         Il y a compétition avec les étourneaux pour les sites de nidification.

-         Les pesticides peuvent constituer une menace, en particulier dans les régions de vergers et de vignobles.

-         L’installation de filets dans les vignobles peut entraîner une certaine mortalité.

-         Un broutage intensif peut dégrader l’habitat des espèces proies (gros insectes volants).

 

Effet d’une immigration de source externe : Élevé

·      L’espèce existe‑t‑elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)? Oui

·        Statut ou situation des populations de l’extérieur? En déclin?

·        Une immigration a‑t‑elle été constatée ou est‑elle possible? Oui

·        Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre à l’endroit en question? Oui

·        Y a‑t‑il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question? Oui

Analyse quantitative

 

 

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Remerciements

L’information contenue dans le présent rapport est tirée en grande partie de deux autres rapports sur la situation du Pic de Lewis en Colombie‑Britannique, l’un publié en 1991 par Chris Siddle et Gary Davidson, l’autre en 1998 par John M. Cooper et les deux auteurs précités. John M. Cooper a fourni de nouvelles données relatives aux relevés récents des populations en Colombie‑Britannique ainsi qu’un aperçu des perspectives futures dans cette province. Les auteurs remercient David Fraser qui leur a fourni les deux rapports sur la situation de l’espèce en Colombie‑Britannique ainsi qu’un certain nombre de pistes utiles. Steven Brechtel et Syd Cannings ont donné leurs opinions de spécialistes sur la situation actuelle et future du Pic de Lewis en Alberta et en Colombie‑Britannique, respectivement. Nous remercions également Gilles Seutin qui a formulé des commentaires et des suggestions utiles pendant la rédaction du présent document.

L’élaboration du présent rapport de situation a été financée par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

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Ouvrages cités

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Sommaire biographique des auteurs

Mark Vellenddétient un baccalauréat et une maîtrise du département de biologie de la McGill University. Il s’intéresse principalement à l’écologie et à la génétique des plantes forestières, mais aussi à l’écologie et à la conservation des oiseaux. M. Vellend est actuellement étudiant au doctorat au département d’écologie et de biologie évolutionnaire de la Cornell University.

Véronique Connolly a terminé récemment une maîtrise au département de géographie de la McGill University, où elle a étudié les besoins en matière d’habitat de la Grive de Bicknell, espèce désignée « préoccupante » en 1999 par le COSEPAC. Elle a également rédigé un chapitre de livre sur la biologie et la conservation des pénélopes du genre Pipile et travaille actuellement au laboratoire d’ornithologie de la Cornell University.

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