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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie ottoé (Hesperia ottoe) au Canada

Hespérie ottoé
Hesperia ottoe

Information sur l’espèce

L’hespérie ottoé appartient à la famille des Hespériidés (hespéries) et à l’ordre des Lépidoptères (papillons et noctuelles). Les hespéries se distinguent des autres papillons par la présence d’un crochet à l’extrémité de leurs antennes à massue.

L’hespérie ottoé adulte a une envergure de 29 à 35 mm. Les mâles et les femelles sont de coloration différente. Chez le mâle adulte, la face supérieure des ailes est jaune-orange et les ailes antérieures portent une bordure brunâtre diffuse. L’aile antérieure est ornée d’une tache sombre allongée (nommée le ptérostigma). La face inférieure est uniformément jaune-orange pâle. Le ptérostigma est absent chez la femelle, qui est de couleur brun pâle avec des taches chamois pâle sur le dessus des ailes antérieures. Le dessous des ailes est orange pâle et ne porte habituellement aucune tache.

Les œufs blanchâtres sont de forme hémisphérique et mesurent environ 1,3 mm de diamètre. Les chenilles sont de couleur brun verdâtre avec une tête brun foncé et un prothorax (le premier segment postérieur à la tête) noir. À maturité, les chenilles atteignent une longueur de 20 à 25 mm.

Répartition

On trouve des populations isolées d’hespéries ottoés depuis le sud du Manitoba jusqu’au Michigan et au Texas vers le sud, et jusqu’au Colorado vers l’ouest. Au Canada, on n’a observé l’espèce qu’à trois endroits dans le sud du Manitoba. 

Habitat

L’hespérie ottoé est un résident obligatoire des prairies mixtes (barbons) des hautes terres arides et des prairies sablonneuses. On ne trouve pas l’espèce dans les vraies prairies à herbes hautes.

Biologie

À chaque étape de son cycle vital, l’hespérie ottoé a des exigences précises en matière de ressources. On ne compte qu’une génération d’adultes par année, qui n’est active que pendant une période de six à sept semaines, habituellement de la mi-juin ou de la fin juin à la mi-août. Les individus adultes peuvent vivre jusqu’à trois semaines.

Les femelles adultes s’accouplent habituellement une ou deux journées après avoir émergé de la chrysalide. Elles commencent à pondre des œufs deux ou trois jours après leur émergence. Ces derniers sont déposés individuellement sur le dessous des feuilles des plantes hôtes des chenilles ou sur les capitules d’échinacées à feuilles étroites. Les chenilles se nourrissent d’une variété de graminées, qui sont toutes caractéristiques de leur habitat de prairie indigène.

Les chenilles passent par six ou sept stades larvaires avant de former une chrysalide. Durant le quatrième stade, les chenilles cessent de se nourrir (habituellement à la fin septembre) et entament une période de diapause obligatoire (une forme d’hibernation). Elles passent l’hiver dans cet état et recommencent à se nourrir au printemps. Elles terminent ensuite leur développement en juin ou en juillet, puis forment une chrysalide. Les adultes émergent de celle-ci deux semaines et demie plus tard.

Taille et tendances des populations

Depuis les années 1950, plus de 99 p. 100 de l’habitat nord-américain de prairie mixte et de prairie sablonneuse de l’hespérie ottoé a connu une dégradation ou a été transformé en terres agricoles.

La répartition de l’espèce en Amérique du Nord est fragmentée. Au Canada, il ne reste qu’une petite proportion des habitats de prairie. On n’y a observé l’hespérie ottoé qu’à trois endroits dans le sud du Manitoba et aucun individu n’a été repéré dans deux d’entre eux depuis les années 1920. L’espèce était présente dans le troisième site dans les années 1980, mais n’a pas été repérée lors des relevés réalisés en 2002 et en 2003. Il est possible que l’hespérie ottoé soit disparue du Canada.

Facteurs limitatifs et menaces

L’hespérie ottoé n’occupe que les prairies mixtes et les prairies sablonneuses. Elle est extrêmement vulnérable aux perturbations, comme le pâturage excessif, les feux de brousse, le brûlage dirigé inadéquat, l’agriculture en rangées et l’exploitation de carrières, susceptibles de modifier la flore et la structure de son habitat privilégié. L’habitat doit renfermer les sources de nourriture essentielles aux chenilles et aux adultes pour que l’espèce puisse y survivre à long terme. Les fleurs visitées par les adultes pour leur nectar et les espèces de graminées dont se nourrissent les chenilles sont caractéristiques des habitats de prairie indigène, et on en trouve rarement dans les habitats agricoles qui ne conviennent donc pas du tout à l’hespérie ottoé.

Importance de l’espèce

L’hespérie ottoé appartient à un petit groupe de papillons spécialistes que l’on ne trouve au Canada que dans les prairies mixtes et les prairies sablonneuses. Elle a été observée pour la dernière fois au Canada vers la fin des années 1980. 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Au Canada, l’hespérie ottoé ne fait actuellement l’objet d’aucune protection légale à l’échelle nationale. Elle est toutefois désignée en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba. Aux États-Unis, l’espèce n’est pas protégée par la Endangered Species Act des États-Unis. Elle est considérée comme gravement en péril (critically imperiled) dans deux États, en péril (imperiled) dans huit États et vulnérable (vulnerable) dans un État, et elle n’a pas été classée dans quatre États.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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