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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie ottoé (Hesperia ottoe) au Canada

Il existe peu de données sur la taille et les tendances des populations d’Hesperia ottoe dans ses sites historiques canadiens. La Collection nationale canadienne renferme deux spécimens d’H. ottoe mâles, capturés le 27 juillet 1921, et deux spécimens femelles, capturés le 12 août 1926 dans la région d’Aweme (base de données de collecte de la CNC; données du Biological and Conservation Data System, Conservation Manitoba). On y trouve aussi un spécimen qui provient de Rounthwaithe, mais celui-ci n’est pas accompagné de données de collecte (base de données de collecte de la CNC). Par la suite, l’H. ottoe n’a été signalé au Canada que vers la fin des années 1980, lorsque Richard Westwood en a capturé quelques individus dans le parc provincial Spruce Woods (Klassen et al., 1989; Westwood, comm. pers., 2003). Ces spécimens n’ont malheureusement pas pu être retrouvés. La rareté des données recueillies depuis la découverte initiale de l’espèce semble indiquer que celle‑ci a toujours été très rare au Canada. 

Sept jours de travaux de terrain réalisés en 2003 n’ont pas permis de retrouver l’Hesperia ottoe dans l’une ou l’autre de ses sites connus (figure 4). Aux États-Unis, il arrive souvent que les espèces H. ottoe et H. dacotae cohabitent dans les régions de prairie mixte (Dana, 1991). L’H. ottoe n’a toutefois été observé dans aucune des localités canadiennes où on a tenté de repérer l’H. dacotae en 2002 (figure 4). Il est possible que l’H. ottoe soit disparu du Canada. Il est toutefois possible qu’il subsiste dans le parc provincial Spruce Woods ou dans les environs, puisque le milieu où l’espèce a été observée pour la dernière fois dans le parc semble ne pas avoir été très perturbé. Les effectifs des populations de la plupart des hespéries du Manitoba semblent avoir été très bas en 2003 (comparativement à 2002), peut-être en raison des conditions de sécheresse qui avaient marqué la région depuis l’hiver, ce qui pourrait expliquer qu’on n’ait pas repéré d’H. ottoe. Il faudrait donc effectuer d’autres recherches avant de pouvoir conclure que l’espèce est disparue de cette localité et du Canada.

De même, il existe peu de données sur la taille et les tendances des populations d’H. ottoe des États-Unis. Bien que l’espèce soit largement répandue dans ce pays, elle y est habituellement très localisée, et elle est considérée comme peu commune ou rare dans la plupart de ses sites (Dana, 1991; Dana, comm. pers., 2004; NatureServe, 2003). Au Dakota du Nord, toutes les données relatives à cette espèce qui ont été obtenues par McCabe et Post (1977) visaient des individus seuls, et au moins 48 km séparaient les captures les unes des autres.

Figure 4. Localités étudiées en 2002 et en 2003 quant à la présence de l’Hesperia ottoe.

Figure 4. Localités étudiées en 2002 et en 2003 quant à la présence de l’Hesperia ottoe.