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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie ottoé (Hesperia ottoe) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur
l’hespérie ottoé
Hesperia ottoe
au Canada

l’hespérie ottoé (Hesperia ottoe)

Espèce en voie de disparition 2005

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie ottoé (Hesperia ottoe) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vii + 30 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Reginald P. Webster (Ph.D.) qui a rédigé le rapport de situation sur l’hespérie ottoé (Hesperia ottoe), en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Theresa Fowler, coprésidente du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and status report on the ottoe skipper Hesperia ottoe (Hesperia ottoe) in Canada.

Photo de la couverture

Hespérie ottoé - Mâle (en haut) et femelle (en bas) d'un Hesperia ottoe. Photos fournies par le rédacteur.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005
PDF : CW69-14/448-2005F-PDF
ISBN 0-662-74257-5
HTML : CW69-14/448-2005F-HTML
ISBN 0-662-74258-3

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Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Hespérie ottoé

Nom scientifique : Hesperia ottoe

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette espèce a été observée dans un très petit nombre d'emplacements dans les Prairies canadiennes où elle est associée à une végétation de prairie mixte fragmentée et en déclin. Elle a récemment été observée qu'en un seul emplacement.

Répartition : Manitoba

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2005. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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Hespérie ottoé
Hesperia ottoe

Information sur l’espèce

L’hespérie ottoé appartient à la famille des Hespériidés (hespéries) et à l’ordre des Lépidoptères (papillons et noctuelles). Les hespéries se distinguent des autres papillons par la présence d’un crochet à l’extrémité de leurs antennes à massue.

L’hespérie ottoé adulte a une envergure de 29 à 35 mm. Les mâles et les femelles sont de coloration différente. Chez le mâle adulte, la face supérieure des ailes est jaune-orange et les ailes antérieures portent une bordure brunâtre diffuse. L’aile antérieure est ornée d’une tache sombre allongée (nommée le ptérostigma). La face inférieure est uniformément jaune-orange pâle. Le ptérostigma est absent chez la femelle, qui est de couleur brun pâle avec des taches chamois pâle sur le dessus des ailes antérieures. Le dessous des ailes est orange pâle et ne porte habituellement aucune tache.

Les œufs blanchâtres sont de forme hémisphérique et mesurent environ 1,3 mm de diamètre. Les chenilles sont de couleur brun verdâtre avec une tête brun foncé et un prothorax (le premier segment postérieur à la tête) noir. À maturité, les chenilles atteignent une longueur de 20 à 25 mm.

Répartition

On trouve des populations isolées d’hespéries ottoés depuis le sud du Manitoba jusqu’au Michigan et au Texas vers le sud, et jusqu’au Colorado vers l’ouest. Au Canada, on n’a observé l’espèce qu’à trois endroits dans le sud du Manitoba. 

Habitat

L’hespérie ottoé est un résident obligatoire des prairies mixtes (barbons) des hautes terres arides et des prairies sablonneuses. On ne trouve pas l’espèce dans les vraies prairies à herbes hautes.

Biologie

À chaque étape de son cycle vital, l’hespérie ottoé a des exigences précises en matière de ressources. On ne compte qu’une génération d’adultes par année, qui n’est active que pendant une période de six à sept semaines, habituellement de la mi-juin ou de la fin juin à la mi-août. Les individus adultes peuvent vivre jusqu’à trois semaines.

Les femelles adultes s’accouplent habituellement une ou deux journées après avoir émergé de la chrysalide. Elles commencent à pondre des œufs deux ou trois jours après leur émergence. Ces derniers sont déposés individuellement sur le dessous des feuilles des plantes hôtes des chenilles ou sur les capitules d’échinacées à feuilles étroites. Les chenilles se nourrissent d’une variété de graminées, qui sont toutes caractéristiques de leur habitat de prairie indigène.

Les chenilles passent par six ou sept stades larvaires avant de former une chrysalide. Durant le quatrième stade, les chenilles cessent de se nourrir (habituellement à la fin septembre) et entament une période de diapause obligatoire (une forme d’hibernation). Elles passent l’hiver dans cet état et recommencent à se nourrir au printemps. Elles terminent ensuite leur développement en juin ou en juillet, puis forment une chrysalide. Les adultes émergent de celle-ci deux semaines et demie plus tard.

Taille et tendances des populations

Depuis les années 1950, plus de 99 p. 100 de l’habitat nord-américain de prairie mixte et de prairie sablonneuse de l’hespérie ottoé a connu une dégradation ou a été transformé en terres agricoles.

La répartition de l’espèce en Amérique du Nord est fragmentée. Au Canada, il ne reste qu’une petite proportion des habitats de prairie. On n’y a observé l’hespérie ottoé qu’à trois endroits dans le sud du Manitoba et aucun individu n’a été repéré dans deux d’entre eux depuis les années 1920. L’espèce était présente dans le troisième site dans les années 1980, mais n’a pas été repérée lors des relevés réalisés en 2002 et en 2003. Il est possible que l’hespérie ottoé soit disparue du Canada.

Facteurs limitatifs et menaces

L’hespérie ottoé n’occupe que les prairies mixtes et les prairies sablonneuses. Elle est extrêmement vulnérable aux perturbations, comme le pâturage excessif, les feux de brousse, le brûlage dirigé inadéquat, l’agriculture en rangées et l’exploitation de carrières, susceptibles de modifier la flore et la structure de son habitat privilégié. L’habitat doit renfermer les sources de nourriture essentielles aux chenilles et aux adultes pour que l’espèce puisse y survivre à long terme. Les fleurs visitées par les adultes pour leur nectar et les espèces de graminées dont se nourrissent les chenilles sont caractéristiques des habitats de prairie indigène, et on en trouve rarement dans les habitats agricoles qui ne conviennent donc pas du tout à l’hespérie ottoé.

Importance de l’espèce

L’hespérie ottoé appartient à un petit groupe de papillons spécialistes que l’on ne trouve au Canada que dans les prairies mixtes et les prairies sablonneuses. Elle a été observée pour la dernière fois au Canada vers la fin des années 1980. 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Au Canada, l’hespérie ottoé ne fait actuellement l’objet d’aucune protection légale à l’échelle nationale. Elle est toutefois désignée en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba. Aux États-Unis, l’espèce n’est pas protégée par la Endangered Species Act des États-Unis. Elle est considérée comme gravement en péril (critically imperiled) dans deux États, en péril (imperiled) dans huit États et vulnérable (vulnerable) dans un État, et elle n’a pas été classée dans quatre États.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Espèce sauvage pour laquelle l'information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Nom et classification

L’Hesperia ottoe W.H. Edwards, ou hespérie ottoé, appartient à la famille des Hespériidés (hespéries), à la sous-famille des Hespériinés (hespéries à ptérostigma bien développé) et à l’ordre des Lépidoptères (papillons). Aucune sous-espèce n’est reconnue (Layberry et al., 1998).

Description

L’Hesperia ottoe a une envergure d’ailes de 29 à 35 mm (Layberry et al., 1998). Chez le mâle adulte, le dessus des ailes est jaune-orange (figure 1). Les ailes antérieures sont bordées d’une zone brunâtre diffuse et ornées d’une tache sombre allongée (le ptérostigma), qui renferme une plage d'écailles noir velouté appelées androconies (qui contiennent une phéromone sexuelle mâle). Le dessous des ailes est orange jaunâtre pâle, et les ailes postérieures ne portent pas les taches médianes (bande maculaire) que l’on trouve chez de nombreuses espèces d’Hesperia.

Chez la femelle adulte, le dessus des ailes est de couleur brun mat avec des taches chamois pâle (figure 1). Il y a habituellement une ou deux taches rondes blanchâtres et translucides (hyalines) sur les ailes antérieures, parmi la bande de taches chamois pâle. La taille de ces taches translucides varie d’un individu à l’autre. Les ailes antérieures de la femelle ne portent pas de ptérostigma. Le dessous des ailes est orange pâle (comme chez le mâle), et les ailes postérieures ne portent habituellement pas de taches médianes, bien qu’on puisse en observer des traces chez certaines femelles. On pourra trouver d’excellentes illustrations d’H. ottoe adultes dans Layberry et al. (1998, planche 2, figures 14 et 15) et dans Howe (1975, planche 89, figures 7 et 8). On trouvera une illustration des organes génitaux dans McCabe et Post (1977, figure 57).

Le mâle de l’Hesperia ottoe risque d’être confondu avec l’H. dacotae Skinner, l’H. leonardus pawnee Dodge) et l’H. assiniboia Lyman. L’H. dacotae est plus petit que l’H. ottoe. Chez l’H. dacotae et l’H. leonardus pawnee des deux sexes, le dessous des ailes présente généralement une bande indistincte de taches, bien que celle-ci soit quasiment absente chez certains H. dacotae mâles. Chez l’H. leonardus pawnee, le ptérostigma du mâle comporte une plage d'écailles jaune velouté, tandis que le dessus des ailes antérieures de la femelle porte une tache carrée translucide. Les ailes de l’H. assiniboia sont plus foncées sur le dessus et ont une couleur de fond légèrement verdâtre sur le dessous. Les périodes de vol de l’H. leonardus pawnee et de l’H. assiniboia surviennent quelques semaines après celle de l’H. ottoe, habituellement en août et au début septembre (Layberry et al., 1998).

Les œufs (d’un diamètre à la base de 1,31 mm et d’une hauteur de 1,0 mm) sont lisses et hémisphériques. Ils sont d’un blanc luisant au moment de la ponte, puis deviennent blanc mat à jaune crème après deux jours (Dana, 1991). Les chenilles sont de couleur brun verdâtre, avec la tête brun foncé et le prothorax noir, et atteignent vraisemblablement une longueur de 20 à 25 mm à maturité. Aucune description technique des stades immatures n’a été publiée (Layberry et al., 1998).

Figure 1. Adultes de l’Hesperia ottoe. Mâle capturé en Iowa (haut) et femelle capturée au Michigan (bas).

Figure 1. Adultes de l’Hesperia ottoe. Mâle capturé en Iowa (haut) et femelle capturée au Michigan (bas).

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Aire de répartition mondiale

L’Hesperia ottoe se rencontre dans les prairies sablonneuses et les prairies mixtes, depuis le sud du Manitoba jusqu’au Michigan et au Texas vers le sud, et jusqu’au Colorado vers l’ouest (Dana, 1991; Opler et Malikul, 1992; figure 2). 

Figure 2. Aire de répartition mondiale de l’Hesperia ottoe.

Figure 2. Aire de répartition mondiale de l’Hesperia ottoe.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’H. ottoe n’a été signalé que dans trois localités du sud du Manitoba. La première observation date de 1921 et a été faite dans la région d’Aweme, à environ 10 km au nord de Wawanesa (base de données de collecte de la Collection nationale canadienne (CNC), données du Biological and Conservation Data System, Conservation Manitoba). Des collectes ont aussi été faites vers la fin des années 1980, à Rounthwaithe (base de données de collecte de la CNC) et dans le parc provincial Spruce Woods (Klassen et al., 1989; Westwood, comm. pers., 2003) (figure 3). Aucune donnée de collecte n’est associée à la mention de Rounthwaithe.

Figure 3. Aire de répartition canadienne de l'Hesperia ottoe.

Figure 3. Aire de répartition canadienne de l’Hesperia ottoe.

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Besoins en matière d’habitat

Au Canada, l’H. ottoe a (ou avait) comme habitat obligatoire les prairies mixtes (à barbons) des terrains élevés secs ainsi que les prairies sablonneuses. Aux États-Unis, il se rencontre dans des prairies de type semblable, mais souvent caractérisées par un relief accidenté (Dana, 1991; Swengel et Swengel, 1999; NatureServe, 2003). On ne trouve pas l’espèce dans la véritable prairie à grandes graminées, et on n’a jamais vu les femelles pondre dans les parties mésiques des prairies mixtes (Dana, 1991). 

Dans le parc provincial Spruce Woods, les prairies mixtes et les prairies sablonneuses forment des ouvertures de 1 à 20 ha entre les peuplements d’épinettes (Picea sp.) et de chênes à gros fruits (Quercus macrocarpa). Le terrain est habituellement vallonné, et les prairies se trouvent souvent sur les collines (qui étaient auparavant des dunes). Les graminées cespiteuses, comme le barbon à balais (Andropogon scoparius), sont communes dans les terrains élevés, tandis que le barbon de Gérard (A. gerardii) est plus commun dans les terrains bas et au pied des collines. On trouve des cactus (Opuntia sp.) et des ails (Allium sp.) dans certains des endroits les plus secs. La monarde fistuleuse (Monarda fistulosa) et la symphorine blanche (Symphoricarpos albus) sont communes en bordure des prairies. On trouve une végétation semblable dans les autres prairies mixtes ou sablonneuses situées à proximité d’Aweme. L’échinacée à feuilles étroites (Echinacea angustifolia) est rare à Aweme, mais fréquente dans les petites prairies mixtes restantes situées à l’ouest de Shilo. Cependant, cette espèce n’a pas été observée dans le parc provincial Spruce Woods en 2003.

Tendances en matière d’habitat

On ne connaîtra jamais précisément la répartition historique de l’H. ottoe en Amérique du Nord, puisqu’une grande partie des prairies mixtes et des prairies sablonneuses ont été gravement altérées par le surpâturage ou converties en cultures en rangs avant que ne soient faits les premiers relevés de l’espèce et des autres insectes des prairies.

Au Manitoba, la plupart des prairies mixtes et des prairies sablonneuses situées à l’extérieur du parc provincial Spruce Woods, y compris celles d’Aweme, ont été altérées par le surpâturage ou envahies par des plantes exotiques. Presque toutes celles situées à l’ouest de Shilo ont été converties en cultures en rangs, notamment de pommes de terre, ou en gravières. Il ne reste que de très petites zones de prairie mixte relativement intactes, et il est peu probable qu’elles puissent soutenir des populations d’H. ottoe. Il existe toujours dans le parc provincial Spruce Woods des prairies sablonneuses relativement peu perturbées qui pourraient peut-être soutenir une population d’H. ottoe. Cependant, cette espèce qui a été signalée dans le parc pour la première fois dans les années 1980 n’y a pas été observée durant le relevé de cinq jours réalisé en 2003. Il est possible qu’elle ait échappé aux chercheurs parce que le relevé n’a pas été réalisé durant la période de l’année la plus propice à l’observation de l’espèce (Duncan, comm. pers., 2005).

Protection et propriété

La localité où l’H. ottoe a été observé pour la dernière fois est située dans le parc provincial Spruce Woods. Le site d’Aweme est maintenant protégé, puisqu’il fait partie du parc provincial Criddle/Vane Homestead géré par Manitoba Wildlife.

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Généralités

Comme tous les papillons, l’Hesperia ottoe est un insecte à métamorphose complète, son cycle comprenant les étapes de l’œuf, de la chenille, de la chrysalide et de l’adulte. Chacune de ces étapes se caractérise souvent par des exigences particulières en matière de microhabitats et de ressources.

Période d’activité des adultes

L’Hesperia ottoe ne produit qu’une génération par année. Les adultes sont présents durant six à sept semaines, habituellement de la mi-juin à la mi-août, selon les conditions de la saison (McCabe et Post, 1977; Layberry et al., 1998; Nielsen, 1999; Swengel et Swengel, 1999). Au Canada, on a déjà capturé des adultes à la fin juillet et à la mi-août (base de données de collecte de la CNC; données du Biological and Conservation Data System, Conservation Manitoba; Klassen et al., 1989).

Dans les parcelles d’une étude réalisée sur le terrain par Dana (1991), les H. ottoe mâles ont commencé à émerger cinq à six jours avant les femelles. Cet écart était prévisible, puisque le développement larvaire post-diapause est plus long chez les femelles que chez les mâles (Dana, 1991). Bien qu’on observe ainsi une certaine protérandrie (émergence des mâles avant les femelles) chez cette espèce, l’émergence des deux sexes est échelonnée sur une longue période (21 jours), ce qui entraîne un chevauchement considérable des périodes d’émergence (Dana, 1991). Dans les parcelles d’étude, l’émergence des adultes s’est échelonnée sur une période de 28 jours commençant au début juillet. Dana (1991) estime que dans la nature, la durée possible de la vie adulte de l’H. ottoe est d’environ trois semaines.

Sources de nourriture des adultes

L’Hesperia ottoe et les autres papillons doivent avoir accès à du nectar, puisque celui-ci constitue une source d’eau et d’énergie pour les adultes. Il permet aussi aux femelles d’atteindre leur fécondité maximale (Murphy et al., 1983). 

Il n’existe aucune donnée sur la consommation de nectar des populations canadiennes d’H. ottoe. Dans une prairie à barbons sèche-mésique de la réserve Hole-in-the-Mountain, au Minnesota, Dana (1991) a vu l’H. ottoe consommer le nectar de dix espèces de fleurs, dont les plus souvent butinées ont un nectar relativement difficile à atteindre; parmi ces espèces, les plus importantes étaient, dans l’ordre, l’échinacée à feuilles étroites (E. angustifolia), la verveine veloutée (Verbena stricta), le chardon de Flodman (Cirsium flodmanii) et l’asclépiade à fleurs vertes (Asclepias viridiflora). Cependant, dans 90 p. 100 des cas, c’est l’E. angustifolia que butinait l’H. ottoe. Au Dakota du Nord, la vergerette rude (Erigeron strigosus) et le ratibida en colonne (Ratibida columnifera) constituaient les sources de nectar les plus communes du papillon (McCabe, 1981). Au Wisconsin, Swengel (1994) a observé le papillon sur 16 espèces de fleurs. Les fleurs de la monarde fistuleuse (Monarda fistulosa) et d’une espèce du genre Liatris étaient les plus souvent visitées. L’H. ottoe est probablement opportuniste, butinant les espèces les plus profitables poussant dans une localité donnée.

Le M. fistulosa est commun dans le parc provincial Spruce Woods, mais seulement quelques-unes des plantes mentionnées plus haut ont été observées dans les sites historiques de l’H. ottoe. Il n’y a pas d’Echinacea angustifolia dans le parc, et cette espèce est rare à Aweme, mais répandue dans les petites prairies mixtes restantes situées à l’ouest de Shilo. D’autres sources de nectar éventuelles, comme la symphorine blanche (Symphoricarpos albus), sont communes en bordure des prairies mixtes, surtout dans le parc provincial Spruce Woods. Le S. albus est fréquenté par de nombreuses espèces d’hespéries et d’autres papillons de jour. 

Au Minnesota, des H. ottoe mâles récemment émergés ont souvent été observés en train de barboter sur les berges boueuses d’étangs d’abreuvement et sur des chemins de gravier, après une averse (Dana, 1991). Ce comportement servait sans doute à obtenir des éléments nutritifs (sels minéraux, acides aminés) et de l’eau (Arms et al., 1974; Adler et Pearson, 1982).

Comportement nuptial

On ne possède aucune donnée sur le comportement nuptial des populations canadiennes d’H. ottoe. Dana (1991) fournit toutefois une description détaillée de ce comportement chez des populations du Minnesota. La recherche d’une compagne domine la période de vol quotidienne de l’H. ottoe mâle, et le système d’accouplement semble être une forme de polygynie avec compétition et altercations (Dana, 1991).

Le comportement nuptial est habituellement de type attente-perchage-poursuite. Le mâle se perche souvent sur un point d’observation dominant le couvert végétal, comme un capitule d’Echinacea angustifolia, et se lance à la poursuite de tout insecte volant à proximité (Dana, 1991). En terrain vallonné, le mâle se perche souvent au somment d’une colline ou d’une crête. Lorsqu’il rencontre un autre mâle durant sa poursuite initiale, il arrive souvent que cette poursuite se transforme en une sorte de confrontation aérienne durant laquelle les deux mâles tournoient l’un autour de l’autre, souvent à des hauteurs considérables, avant de s’éloigner chacun de leur côté (Dana, 1991). Il arrive souvent que le mâle ne retourne pas sur le même perchoir, contrairement à ce qui constituerait un comportement territorial typique (Dana, 1991).

Si le mâle rencontre une femelle, il s’ensuit une série bien différente de comportements. Le mâle perché tente en fait de s’accoupler avec toutes les femelles qui passent dans son champ de vision. La femelle vole habituellement sur une courte distance avant de se poser. Le mâle la poursuit, puis se pose à son tour et s’empresse de marcher à côté d’elle, tout en courbant son abdomen, les claspers (harpes) étendus vers l’abdomen de la femelle. C’est à ce moment qu’il tente de s’accoupler avec elle (Dana, 1991). Si la femelle est réceptive, elle étend son abdomen, et l’accouplement a lieu. Si elle n’est pas réceptive, elle garde son abdomen caché entre ses ailes fermées et agite périodiquement celles-ci vers l’avant. Le mâle refusé peut tenter de nouveau quelques fois de s’accoupler, puis s’envole vers une source de nectar (Dana, 1991). Les phéromones que renferment les androconies des ptérostigmas du mâle jouent probablement un rôle dans le comportement nuptial et constituent sans doute un mécanisme d’isolement de l’espèce (Dana, 1991).

De plus, on observe souvent chez l’H. ottoe un comportement qui semble associé à la recherche d’une compagne. Le mâle vole rapidement d’un capitule d’Echinacea angustifolia à un autre en « sautillant » à proximité de chaque capitule, sans s’y poser. La rencontre d’une femelle par un mâle ayant ce comportement a été observé une seule fois, et elle a été suivie d’un comportement nuptial caractéristique.

Presque toutes les tentatives d’accouplement ont lieu entre 10 h et 17 h, et la plus grande fréquence de poursuites a été observée entre 14 h et 16 h (Dana, 1991). On ne possède aucune donnée sur la durée de copulation. Lorsque qu’un couple en voie de s’accoupler est dérangé, il peut s’envoler et parcourir plusieurs mètres en ligne droite, la femelle agissant alors comme transporteur (Dana, 1991).

Toutes les copulations observées l’ont été chez des femelles récemment émergées, ce qui semble indiquer que les femelles s’accouplent un jour ou deux après leur émergence (Dana, 1991). On ne sait pas si les mâles et les femelles s’accouplent plus d’une fois durant leur vie. 

Ponte et fécondité

La femelle peut commencer à pondre 36 heures après avoir émergé de la chrysalide, puisqu’on ne trouve des oocytes mûrs dans les ovaires que 36 heures après l’émergence (Dana, 1991). Lorsque la femelle commence à pondre, l’oviposition continue durant presque tout le reste de sa vie, qui est de trois à quatre semaines (Dana, 1991). Peu de données sont toutefois disponibles sur la production quotidienne d’œufs de cette espèce. En se fondant sur le nombre d’oocytes reconnaissables chez une jeune femelle, Dana (1991) a estimé la fécondité possible des femelles à environ 225 œufs sur toute la durée de leur vie.

Aux États-Unis, la femelle pond sur une grande variété de graminées et d’autres plantes herbacées (Dana, 1991). Dans le cadre d’une étude réalisée dans une prairie de la réserve Hole-in-the-Mountain, au Minnesota, Dana (1991) a observé des femelles pondant sur cinq espèces de graminées et plusieurs espèces de plantes herbacées non graminoïdes (Dana, 1991). Les graminées les plus communément utilisées pour la ponte étaient, dans l’ordre, l’Andropogon scoparius, l’A. gerardii, le Bouteloua curtipendula et le Dichanthelium wilcoxianum. Presque toutes ces graminées sont aussi hôtes des chenilles. Toutefois, 50 p. 100 des observations de pontes ont été faites sur des capitules d’échinacée à feuilles étroites (Echinacea angustifolia). 

Les femelles qui pondent sur des graminées placent leurs œufs individuellement sur le dessous des feuilles ou sur la face supérieure des feuilles dressées, habituellement à l’intérieur du couvert végétal (Dana, 1991). La femelle vole lentement au-dessus du couvert végétal, puis se pose à un endroit dénudé et pénètre parmi les graminées pour pondre un œuf. Une fois leur tâche terminée, elles s’envolent vers un nouveau site de ponte.

Les femelles qui pondent sur des capitules d’Echinacea angustifolia volent d’abord rapidement et directement jusqu’à un capitule (qui est habituellement beaucoup plus haut que le couvert végétal). La femelle commence par se nourrir de nectar, puis déroule son ovipositeur et place un seul œuf sur le dessous convexe et orienté vers l’extérieur d’une bractée du capitule; ensuite, elle s’envole vers un nouveau capitule (Dana, 1991). Il arrive souvent que la femelle répète ce comportement plusieurs fois, et la ponte peut ainsi s’étendre sur toute la journée (Dana, 1991).

Sources de nourriture des chenilles 

Les chenilles d’H. ottoe se nourrissent d’une variété de graminées. Au Minnesota, elles ont été vues se nourrissant d’Andropogon scoparius, de Bouteloua curtipendula, d’A. gerardii et de Dichanthelium wilcoxianum (Dana, 1991), mais non de Koeleria cristata ni de Stipa spartea, qui sont pourtant d’autres graminées communes. Ces deux dernières espèces n’ont été consommées que dans des conditions expérimentales qui ne laissaient pas le choix à l’espèce (Dana, 1991). À l’exception de ces deux espèces, les chenilles se nourrissent habituellement de toutes les graminées se trouvant à proximité de leur abri (Dana, 1991). Selon Nielsen (1958), la graminée Leptoloma cognatum est une plante hôte au Michigan. McGuire (1982) a signalé des cas de ponte sur l’A. scoparius dans plusieurs localités de l’aire de répartition de l’H. ottoe.

Au Minnesota, la plante hôte privilégiée par l’H. ottoe est le barbon à balais (A. scoparius) (Dana, 1991). Cette espèce ainsi que les autres graminées cespiteuses possèdent une touffe dense de feuilles dressées ainsi qu’une masse de parties basales persistantes qui demeure comestible tout l’été, et même jusqu’en automne. Selon MacNeill (1964), l’architecture de ces graminées est idéale pour la construction d’un abri larvaire et offre une source de nourriture facilement accessible à proximité. Bien que la chenille puisse manger d’autres graminées, il est possible que certaines espèces ne conviennent pas en raison de leur architecture (trop haute) ou de leur sénescence estivale (Dana, 1991). Bien que les graminées exotiques Poa pratensis (pâturin des prés) et Bromus inermis (brome inerme) aient été consommées en laboratoire, elles entrent en sénescence ou en dormance au milieu de l’été et ne conviennent donc pas aux chenilles d’H. ottoedurant le reste de l’été et le début de l’automne.

Développement larvaire

L’éclosion de l’œuf survient au bout de 12 ou 13 jours, selon la température (Dana, 1991). L’Hesperia ottoecompte six ou sept stades larvaires. Sur le terrain, les trois premiers stades durent chacun entre 7 et 26 jours. Le quatrième stade dure entre 14 et 36 jours, et il arrive souvent que la croissance connaisse alors un ralentissement (Dana, 1991). La chenille entre ensuite dans une période de diapause obligatoire, vers la fin septembre, ou en octobre au Minnesota (Dana, 1991). Au printemps suivant, la chenille du cinquième stade mue peu de temps après la reprise de l’alimentation. Les deux derniers stades larvaires durent respectivement entre 8 et 13 jours et entre 17 et 25 jours. Une fois l’alimentation terminée, la chenille du dernier stade se transforme en chrysalide, et cette étape dure entre 12 et 19 jours dans des conditions naturelles (Dana, 1991).

Comportement larvaire

La chenille qui vient d’émerger dévore habituellement le chorion avant de se construire un abri de feuilles (Dana, 1991). Si elle se trouve sur un capitule d’Echinacea angustifolia, elle descend jusqu’au couvert végétal, où elle se construit un abri en attachant ensemble deux ou trois feuilles de graminées à partir de l’endroit où elles se séparent de la tige, sur une pousse végétative de la plante hôte; la chenille obtient ainsi un abri en forme de tube étroit, et la partie distale des feuilles ainsi attachées demeure libre. L’abri se situe en général à plusieurs centimètres au-dessus de la surface du sol. La chenille se nourrit de la portion distale toujours libre des feuilles formant son abri et dépose ses excréments à l’extrémité inférieure du tube (Dana, 1991). L’alimentation se fait jour et nuit. La chenille quitte son premier abri (qui mesure environ 6 cm de long) pour en construire un nouveau lorsque l’extrémité inférieure est remplie de chiure. La chenille construit ainsi deux ou trois abris de ce type avant de construire, à la fin août ou au début septembre, l’abri souterrain servant à la diapause (Dana, 1991). Cet abri peut affleurer à la surface du sol ou être entièrement enfoui, sous une touffe d’une ou de plusieurs graminées hôtes. Il est constitué d’une chambre tubulaire à parois très angulaires, dont l’intérieur est tapissée de soie (Dana, 1991). Après la diapause, la chenille bâtit successivement deux ou trois abris horizontaux, allongés à la surface du sol, souvent cachés par les parties basales de la touffe de graminées (Dana, 1991). Avant de se transformer en chrysalide, la chenille se construit une nouvelle chambre, qui n’est pas imperméable, contrairement à celle de l’Hesperia dacotae (Dana, 1991).

De façon générale, la chenille se trouvant dans un abri souterrain quitte cet abri pour récolter des morceaux de feuille de graminées et rapporte ces morceaux dans l’abri pour les y manger (Dana, 1991). Elle cherche sa nourriture parmi les espèces de graminées poussant le plus près de son abri (Dana, 1991). 

Facteurs de mortalité naturelle

Il existe peu de données sur les facteurs de mortalité naturelle de l’Hesperia ottoe. Une petite proportion des œufs pondus sur des capitules d’Echinacea angustifoliasont parasités par des guêpes du genre Trichogramma(Hyménoptères : Trichogrammatidae) et par une guêpe scélionide (Hyménoptères : Scelionidae) (Dana, 1991). Les œufs peuvent aussi être dévorés par des nabides (Hémiptères : Nabidae) (Dana, 1991). Dana (1991) a trouvé une guêpe du genre Apanteles (Hyménoptères : Braconidae) qui a été élevée jusqu’à maturité à partir de cocons trouvés dans des abris de feuilles, et il a observé une larve de mélyridé (Coléoptères : Melyridae) dévorant une chenille d’H. ottoe du deuxième stade dans un abri de feuilles (Dana, 1991).

Selon Dana (1991), il est possible que l’H. ottoepréfère pondre sur des capitules d’E. angustifoliapour diminuer le risque que les œufs ou les chenilles des premiers stades soient dévorés par des ongulés brouteurs, comme le bison. Il a observé que les bovins tendent à éviter les tiges de cette plante lorsqu’ils ont accès à suffisamment de nourriture. L’E. angustifolia pourrait aussi être indicateur de la présence de bonnes plantes hôtes pour les chenilles (Dana, 1991).

Dynamique des populations

On possède peu d’information sur les tendances à long terme des populations d’H. ottoe au Canada ou aux États-Unis. Il est possible que l’espèce soit disparue du Canada.

Déplacements et dispersion

On sait très peu de choses sur la dispersion de l’hespérie ottoé au Canada ou aux États-Unis. Lors d’une étude de marquage-mise en liberté-recapture réalisée dans la réserve Hole-in-the-Mountain, au Minnesota, des adultes marqués ont franchi 200 m de milieu non favorable entre deux secteurs de prairie (Dana, 1991). Le papillon vole bien et doit être capable de parcourir de grandes distances pour une hespérie. Des observations isolées faites par Dana (comm. pers., 2004) semblent indiquer que le papillon peut survoler au moins 3 km de milieux non favorables. Au Minnesota, on a capturé une femelle dans un petit secteur de prairie (2 hectares) ne comptant pas de population connue qui était situé à 3 km de la population-source éventuelle la plus proche (où le milieu était adéquat, mais n’avait pas été exploré). La population connue la plus proche se trouvait à 95 km. Il est probable que cette observation représente un cas de dispersion (ou de descendance d’un sujet dispersé).

Il est impossible d’établir avec certitude si l’H. ottoe est vraiment une espèce résidente du Canada, en raison des longues périodes séparant les observations canadiennes et de la capacité apparente du papillon à traverser de grandes superficie de milieux qui ne lui conviennent pas. Certains chercheurs pensent que les quelques occurrences dispersées signalées au Canada pourraient représenter des cas de vagabondage (Lafontaine, comm. pers., 2004; Webster, comm. pers., 2005). Plusieurs raisons portent cependant à croire que les individus capturés au Canada étaient bel et bien des résidents. Premièrement, les populations connues aux États-Unis sont très localisées et habituellement peu communes, ce qui en fait des sources peu probables de vagabonds, ces derniers ayant plutôt tendance à provenir de grandes populations. Deuxièmement, la population d’H. ottoe la plus proche se trouve à environ 200 km au sud-ouest, c’est-à-dire une distance trop grande pour être couverte par une petite hespérie, même si elle vole très bien. Troisièmement, les observations canadiennes proviennent de la même région du Manitoba, ce qui constitue un scénario peu probable pour des vagabonds, qui auraient plutôt tendance à apparaître dans des localités éloignées les unes des autres. Quatrièmement, on aurait observé un seul individu à la fois s’il s’était agi de vagabonds, alors que toutes les observations canadiennes visent au moins deux individus. Finalement, les publications The Butterflies of Canada (Laberry et al., 1998) et The Butterflies of Manitoba (Klassen et al., 1989) traitent toutes deux l’H. ottoe comme une espèce canadienne. Donc, s’il n’y a pas de signes permettant de conclure autrement, il convient de considérer l’H. ottoe comme une espèce résidant au Canada, conformément à la Loi sur les espèces en péril.

Relations interspécifiques

On ne possède aucune donnée sur les relations interspécifiques des populations canadiennes d’H. ottoe. Au Minnesota, Dana (1991) a observé que les interactions avec des mâles d’autres espèces dépassaient en nombre celles avec des mâles de la même espèce, mais qu’elles duraient moins longtemps. 

Adaptabilité

L’Hesperia ottoe est extrêmement vulnérable aux modifications de son habitat, et on le trouve rarement dans des prairies dégradées (McCabe et Post, 1977; Dana, 1991). Bien que les stades immatures et les adultes puissent utiliser une variété de plantes pour leur croissance et leur reproduction, ils semblent n’utiliser que des espèces associées aux prairies non perturbées. L’altération de la communauté végétale indigène entraîne la perte de ressources essentielles pour l’hespérie ottoé et même la disparition de l’espèce des sites visés par cette altération. La fragmentation continue des prairies convenant à l’espèce en parcelles de plus en plus dispersées rend le papillon particulièrement vulnérable à la dégradation de son habitat.

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Il existe peu de données sur la taille et les tendances des populations d’Hesperia ottoe dans ses sites historiques canadiens. La Collection nationale canadienne renferme deux spécimens d’H. ottoe mâles, capturés le 27 juillet 1921, et deux spécimens femelles, capturés le 12 août 1926 dans la région d’Aweme (base de données de collecte de la CNC; données du Biological and Conservation Data System, Conservation Manitoba). On y trouve aussi un spécimen qui provient de Rounthwaithe, mais celui-ci n’est pas accompagné de données de collecte (base de données de collecte de la CNC). Par la suite, l’H. ottoe n’a été signalé au Canada que vers la fin des années 1980, lorsque Richard Westwood en a capturé quelques individus dans le parc provincial Spruce Woods (Klassen et al., 1989; Westwood, comm. pers., 2003). Ces spécimens n’ont malheureusement pas pu être retrouvés. La rareté des données recueillies depuis la découverte initiale de l’espèce semble indiquer que celle‑ci a toujours été très rare au Canada. 

Sept jours de travaux de terrain réalisés en 2003 n’ont pas permis de retrouver l’Hesperia ottoe dans l’une ou l’autre de ses sites connus (figure 4). Aux États-Unis, il arrive souvent que les espèces H. ottoe et H. dacotae cohabitent dans les régions de prairie mixte (Dana, 1991). L’H. ottoe n’a toutefois été observé dans aucune des localités canadiennes où on a tenté de repérer l’H. dacotae en 2002 (figure 4). Il est possible que l’H. ottoe soit disparu du Canada. Il est toutefois possible qu’il subsiste dans le parc provincial Spruce Woods ou dans les environs, puisque le milieu où l’espèce a été observée pour la dernière fois dans le parc semble ne pas avoir été très perturbé. Les effectifs des populations de la plupart des hespéries du Manitoba semblent avoir été très bas en 2003 (comparativement à 2002), peut-être en raison des conditions de sécheresse qui avaient marqué la région depuis l’hiver, ce qui pourrait expliquer qu’on n’ait pas repéré d’H. ottoe. Il faudrait donc effectuer d’autres recherches avant de pouvoir conclure que l’espèce est disparue de cette localité et du Canada.

De même, il existe peu de données sur la taille et les tendances des populations d’H. ottoe des États-Unis. Bien que l’espèce soit largement répandue dans ce pays, elle y est habituellement très localisée, et elle est considérée comme peu commune ou rare dans la plupart de ses sites (Dana, 1991; Dana, comm. pers., 2004; NatureServe, 2003). Au Dakota du Nord, toutes les données relatives à cette espèce qui ont été obtenues par McCabe et Post (1977) visaient des individus seuls, et au moins 48 km séparaient les captures les unes des autres.

Figure 4. Localités étudiées en 2002 et en 2003 quant à la présence de l’Hesperia ottoe.

Figure 4. Localités étudiées en 2002 et en 2003 quant à la présence de l’Hesperia ottoe.

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L’Hesperia ottoe ne se rencontre que dans des prairies mixtes (à barbons) sèches-mésiques ainsi que dans des prairies sablonneuses. L’espèce est extrêmement vulnérable aux changements du milieu susceptibles de modifier la flore et la structure des communautés végétales qu’elle privilégie comme habitat. Les sources de nourriture essentielles aux chenilles et aux adultes doivent être présentes dans le milieu pour que l’espèce puisse y survivre à long terme.

Plantes nectarifères

L’accès régulier à des sources de nectar est essentiel à la survie des adultes. En effet, le nectar contient des glucides, qui sont une source d’énergie indispensable au vol et permettent aux femelles d’atteindre leur fécondité maximale (Murphy et al., 1983). S’il n’y a pas de source de nectar facilement accessible, les femelles pondraient sans doute moins d’œufs et produiraient donc moins de descendants. Le nectar contient également de l’eau, qui est probablement la ressource la plus essentielle à la survie des adultes dans leur habitat de prairie, souvent dépourvu d’étendues d’eau libre (Dana, 1991). Des Hesperia leonardus pawnee Dodge privés d’eau par inadvertance, alors qu’ils étaient confinés en cage, sont morts en quelques heures au cours d’une journée chaude et venteuse (Dana, 1991). 

Bien que l’H. ottoe soit relativement généraliste à l’égard des sources de nectar, il préfère celui de certaines espèces (Dana, 1991). Ces préférences varient d’une région à l’autre, en partie selon l’abondance relative des espèces végétales disponibles dans les milieux où elle se rencontre. L’Echinacea angustifolia et le Verbena stricta sont au nombre des plantes nectarifères préférées de l’H. ottoe, et ces espèces sont des éléments caractéristiques de la flore des prairies mixtes indigènes non perturbées du Canada et des États-Unis. Il n’existe aucune donnée sur les plantes nectarifères utilisées par les populations canadiennes.

Les H. ottoe mâles peuvent aussi barboter (Dana, 1991), ce qui leur permet sans doute d’absorber de l’eau et des sels minéraux (Arms et al., 1974; Adler et Pearson, 1982).

Plantes hôtes des chenilles

En nature, les chenilles d’H. ottoe se nourrissent d’une variété de graminées (Nielsen, 1958; McGuire, 1982; Dana, 1991). Ces chenilles privilégient cependant comme plantes hôtes les graminées cespiteuses, comme l’Andropogon scoparius) et le Bouteloua curtipendula (Dana, 1991). Toutes les graminées hôtes sont des espèces à maturation tardive qui produisent une touffe dense de feuilles dressées ainsi qu’une masse de parties basales persistantes qui demeure comestible tout l’été et même jusqu’en automne (Dana, 1991). Ces plantes sont caractéristiques des prairies indigènes de l’Amérique du Nord qui n’ont pas été perturbées.

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Transformation de l’habitat en milieu n’étant pas une prairie

Depuis les années 1850, plus de 99 p. 100 des prairies indigènes ont été labourées et converties en cultures en rangs ou en cultures de foin, ou encore soumises à un pâturage excessif (Samson et Knopf, 1994). Or, les milieux agricoles n’offrent aucune possibilité de survie à l’Hesperia ottoe. Il est probable qu’un grand nombre de prairies mixtes et de prairies sablonneuses restantes ont survécu parce que leur sol pauvre (sableux) ou leur relief accidenté les rendait impropre aux cultures en rangs. Cependant, presque toutes les prairies mixtes situées à l’ouest de Shilo ont été récemment converties en cultures de pommes de terre ou en gravières.

Pâturage

Les papillons spécialistes des prairies mixtes et des prairies sablonneuses, comme l’H. ottoe et l’H. dacotae, semblent très vulnérables aux effets du surpâturage (McCabe et Post, 1977; Royer et Marrone, 1992; Royer et Royer, 1998; Swengel, 1998a; Swengel et Swengel, 1999), qui peut réduire ou éliminer les plantes nectarifères essentielles aux adultes et les plantes hôtes essentielles aux chenilles. Le piétinement par le bétail peut tuer les chenilles et compacter le sol. Tous ces facteurs contribuent à rendre le milieu peu favorable aux deux hespéries (McCabe et Post, 1977). Dana (1997) a signalé que certaines graminées exotiques, comme le Poa pratensis et le Bromus inermis, finissent par devenir les espèces principales ou dominantes des prairies pâturées et par y réduire la richesse et la diversité de la flore indigène.

Bien que le surpâturage puisse éliminer les populations d’H. ottoe, le pâturage n’est pas toujours en soi nuisible à l’espèce (Dana, 1991; Swengel, 1998b). En effet, un pâturage léger en rotation peut lui être avantageux, en créant ou en maintenant des zones où la végétation a une structure de prairie mixte favorable à l’H. ottoe (Dana, 1991). Swengel (1998b) a d’ailleurs observé au Wisconsin une prairie qui faisait l’objet d’un pâturage léger et présentait un nombre relativement élevé de papillons spécialistes des prairies, surtout par rapport aux milieux brûlés ou laissés en jachère.

Fenaison

La fenaison peut nuire ou être avantageuse aux populations d’H. ottoe, selon le moment où elle est réalisée. Si on procède au fauchage avant ou durant la période de vol des adultes, des sources de nectar essentielles seront perdues et des graminées exotiques, comme le P. pratensis, seront favorisées (McCabe, 1981; Dana, 1997), avec pour conséquence possible la disparition de l’H. ottoe. Une fenaison réalisée plus tard dans l’été, lorsque les chenilles se nourrissent à l’intérieur des abris de feuilles, pourra aussi nuire à l’espèce. Par contre, un fauchage en fin de saison (fin septembre à octobre), lorsque les chenilles ont pénétré dans leur abri souterrain (Dana, 1991), réduira les effets négatifs causés par un fauchage précoce et pourra même être avantageux pour l’H. ottoe et d’autres spécialistes des prairies (McCabe, 1981; Skadsen, 1997; Swengel et Swengel, 1999). La fenaison des prairies et l’enlèvement des débris de coupe aident à maintenir la structure végétale en empêchant ou en retardant la succession des plantes ligneuses et en réduisant l’accumulation de la litière au sol. 

Brûlage dirigé et feux de brousse 

Les feux de brousse représentaient un élément important pour l’entretien de la flore et de la faune des prairies indigènes avant leur destruction (Bragg, 1995). Aujourd’hui, le brûlage dirigé ou maîtrisé est souvent utilisé par les gestionnaires pour maintenir la structure des terres herbeuses indigènes et les complexes floraux. Ce type de brûlage diffère des feux de brousse en ce sens que plusieurs prairies restantes sont brûlées beaucoup plus fréquemment (tous les trois ans dans certains cas), de façon plus complète (parfois d’une bordure à l’autre) et à des moments où des feux de brousse ne surviendraient pas en temps normal (Orwig et Schlicht, 1999). Bien que le brûlage dirigé puisse être utile pour maintenir la flore et certains insectes des prairies, il peut s’avérer désastreux pour d’autres espèces d’insectes (Swengel, 2001). Le brûlage de prairies isolées peut entraîner la disparition locale de certains insectes, surtout les spécialistes de l’habitat comme l’H. ottoe, l’H. dacotae et l’Oarisma poweshiek (Parker) (McCabe, 1981; Schlicht et Saunders, 1994; Swengel, 1996, 1998b, 2001; Orwig et Schlicht, 1999). Avant la destruction des prairies, les feux étaient dispersés, ce qui permettait aux hespéries des zones adjacentes n’ayant pas été perturbées de recoloniser les sites brûlés (Swengel, 1998b). Dans la situation actuelle, il n’est pas rare qu’aucune population source ne soit présente pour recoloniser un site laissé vacant par une population locale disparue. Dans les prairies du Minnesota, l’abondance des H. ottoe et des autres spécialistes de l’habitat a diminué davantage dans les sites brûlés que dans les sites fauchés (Swengel et Swengel, 1999; Swengel, 1996, 1998b). Dana (1991) a suggéré qu’un brûlage par rotation et dirigé au début du printemps pourrait être avantageux pour l’H. ottoe en augmentant la densité des plantes nectarifères et en éliminant une partie des nombreux débris qui pourraient avoir une incidence négative sur le développement des stades immatures. Il a été suggéré qu’un brûlage au début du printemps aurait moins d’incidence sur les chenilles qu’un brûlage réalisé à la fin du printemps, en été ou en automne, puisque celles-ci seraient encore dans leur abri souterrain à la surface ou au-dessous de la surface du sol. Toutefois, deux à quatre ans après un brûlage réalisé en début de printemps dans plusieurs réserves du Minnesota (Swengel, 1996), l’abondance des H. ottoe, des H. dacotae et de plusieurs autres papillons spécialistes de l’habitat n’était pas revenue à son niveau d’avant le brûlage, ce qui indique que ce type de brûlage représente une menace considérable pour l’espèce.

On n’effectue actuellement aucun brûlage dirigé dans le parc provincial Spruce Woods. Des feux de brousse qui se sont déclarés à la base militaire de Shilo à l’ouest du parc atteignent toutefois périodiquement celui-ci et pourraient avoir une incidence négative sur l’H. ottoe et d’autres insectes si de grandes zones du parc venaient à brûler.

Succession

Les prairies qui sont protégées des activités telles que le pâturage, la fenaison ou le brûlage dirigé peuvent devenir inadéquates pour l’H. ottoe en raison de la croissance d’arbustifs et de graminées plus hautes, d’une accumulation de la litière, d’une diminution des sources de nectar et de l’envahissement de plantes exotiques, telles que le B. inermis (McCabe, 1981; Dana, 1991; Dana, 1997).  

Il semble qu’une certaine forme de perturbation soit nécessaire au maintien de l’habitat de prairie adéquat pour l’H. ottoe. Étant donné les effets négatifs du brûlage dirigé, la meilleure solution pour éviter la succession est probablement un fauchage à la fin de l’été ou à l’automne. McCabe (1981) suggère que le meilleur temps pour faucher est en octobre, puisque cela ne semble avoir aucune incidence négative sur la faune et la flore des prairies à herbes hautes. Le Hook and Bullet Refuge au Minnesota est maintenu de cette façon depuis plus de 50 ans (McCabe, 1981). Il se peut toutefois que la fenaison soit impossible dans de nombreuses prairies mixtes et prairies sablonneuses habitées par l’H. ottoe en raison d’une topographie très accidentée. De petits brûlages dirigés par rotation réalisés au début du printemps pourraient constituer la seule façon de maintenir la flore et la faune à ces endroits. Avant la colonisation des prairies par les Européens, presque tous les habitats de prairie étaient entretenus par le pâturage périodique des bisons et les feux de brousse occasionnels. Comme la majeure partie de l’habitat était adéquate pour l’H. ottoe, les adultes étaient capables de recoloniser les habitats convenables adjacents lorsqu’ils étaient forcés de quitter les zones rendues temporairement inadéquates par le pâturage ou les incendies. Les habitats adéquats qui existent encore aujourd’hui sont séparés par de trop grandes distances pour permettre la recolonisation et doivent être entretenus de façon artificielle (McCabe, 1981).

Espèces exotiques

Les plantes exotiques comme l’euphorbe ésule (Euphorbia esula L.), le pâturin des prés (P. pratensis) et le brome inerme (B. inermis), représentent des menaces importantes pour les habitats de prairie indigène de l’Amérique du Nord. Lorsque ces espèces envahissent un site, elles peuvent faire concurrence aux plantes indigènes nécessaires à la survie de l’H. ottoe et d’autres spécialistes des prairies, et même réussir à les remplacer. Au Dakota du Nord, l’Hesperia dacotae a probablement été éliminé d’au moins un site qui avait été envahi par de l’E. esula (Royer et Royer, 1997). Compte tenu de leur sénescence précoce, les espèces P. pratensis et B. inermis ne conviennent pas aux chenilles d’H. ottoe (Dana, 1991). Les terres herbeuses qui deviennent dominées par ces espèces ne peuvent donc pas soutenir l’hespérie. Le traitement chimique utilisé pour maîtriser l’E. esula élimine souvent les sources de nectar nécessaires au papillon et pourrait avoir entraîné la disparition de l’H. dacotae dans plusieurs sites du Dakota du Nord (Royer et Marrone, 1992). L’E. esula était abondante dans les prairies mixtes aux environs d’Aweme et envahit actuellement le parc provincial Spruce Woods. Au Manitoba, des sources de nectar ont été éliminées en 2004 près de Criddle Estate (Aweme) à la suite d’un traitement chimique pour maîtriser l’E. esula.

Fragmentation de l’habitat

À l’origine, l’H. ottoe constituait probablement une seule population occupant la plupart des prairies mixtes qui couvraient presque entièrement les plaines du nord et du centre-sud de l’Amérique du Nord. On trouve aujourd’hui une série de populations isolées dispersées dans la plus grande partie de son aire de répartition historique (NatureServe, 2003). Au Canada, une seule population pourrait encore exister et aucun des sites canadiens connus n’est à moins de 150 km des populations des États-Unis. La population la plus proche au Dakota du Nord est considérée comme en péril (S1) (NatureServe, 2003). Les probabilités qu’une population canadienne disparue puisse être recolonisée par dispersion naturelle sont extrêmement faibles. Les petites populations isolées de cette espèce risquent davantage de disparaître en raison d’événements météorologiques inhabituels ou d’autres événements accidentels (Hanski et al., 1996).  

Capture d’individus pour des collections d’histoire naturelle

La capture d’individus pourrait représenter une menace pour l’espèce, puisque les populations sont très peu nombreuses (en supposant que l’on trouve toujours l’espèce au Canada). Les hespéries ne sont toutefois pas aussi populaires auprès des collectionneurs que d’autres espèces de papillons plus flamboyantes. Au Manitoba, il est actuellement illégal de capturer des individus d’H. ottoe sans permis scientifique.

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L’Hesperia ottoe appartient à un petit groupe de papillons spécialistes que l’on ne trouve au Canada que dans des habitats de prairie mixte et de prairie sablonneuse. Il existe actuellement une série de populations isolées aux États-Unis et peut-être une au Canada. Si l’espèce venait à disparaître du pays, cela représenterait la perte d’un élément de l’écosystème menacé des prairies. 

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Au Canada, l’Hesperia ottoe ne fait actuellement l’objet d’aucune protection légale à l’échelle nationale. Il est toutefois désigné en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba. Aux termes de cette dernière, il est illégal de tuer, de blesser, de posséder ou de perturber cette espèce et d’intervenir dans ses activités. Il est également illégal de perturber ou de détruire sans permis son habitat ou toute ressource naturelle dont elle dépend pour vivre ou se propager.

Bien que l’espèce ne soit pas protégée par la Endangered Species Act des États-Unis, un rapport de situation est actuellement en cours de préparation pour le US Fish and Wildlife Service. NatureServe (2004) a classé l’espèce comme étant G3 à l’échelle mondiale; N1 à l’échelle nationale au Canada; S1? au Manitoba; S1 en Indiana; S1S2 au Michigan; S2 au Colorado, en Illinois, en Iowa, au Minnesota, au Dakota du Sud et au Wisconsin; S2S3 au Kansas, au Missouri et au Montana; S3 au Nebraska et SNR (espèce non classée) au Dakota du Nord, en Oklahoma, au Texas et au Wyoming.

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On ne trouve l’Hesperia ottoe que dans des habitats de prairie mixte des hautes terres et de prairie sablonneuse. Il est extrêmement vulnérable aux perturbations susceptibles de modifier la flore et la structure de son habitat privilégié. L’espèce était probablement plus répandue dans le sud du Manitoba dans le passé. Plus de 99 p. 100 de son habitat a été converti en terres d’agriculture en rangées ou gravement détérioré par un pâturage excessif, et il ne reste actuellement qu’environ 300 km² de prairies mixtes et de prairies sablonneuses. L’Hesperia ottoe a été observé pour la dernière fois au Canada en 1986, dans le parc provincial Spruce Woods. On n’a repéré aucun individu durant un relevé récent des habitats de prairie au Manitoba et en Saskatchewan. Il est possible que l’espèce soit disparue du Canada. 

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Hesperia ottoe

Hespérie ottoé – Ottoe Skipper

Répartition au Canada :

Manitoba

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada

Petite, peut-être 0

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

S.O. ou vraisemblablement en déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Peu probable

Superficie de la zone d’occupation (km²)

Petite, peut-être 0

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

S.O. ou vraisemblablement en déclin

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Inconnues

Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).

Maximum un site, possiblement disparu

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

S.O.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Déclin continu

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

Une année

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Inconnu, peut-être 0, mais très petit si l’espèce existe

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Inconnue, espèce possiblement disparue du Canada

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Inconnu, peut-être s.o.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Inconnues pour les populations au Canada

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Oui, si elle existe encore

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

  • Aweme : disparue
  • Rounthwaithe : disparue
  • parc provincial Spruce Woods : possiblement disparue

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Déclins par le passé, inconnue à l’heure actuelle, peut-être s.o.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Peu probable

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Menaces actuelles : perte et dégradation de l’habitat en raison de l’invasion des espèces de plantes et de la lutte contre ces espèces (Euphorbia esula envahit le parc provincial Spruce Woods, le dernier site au Canada où existe peut-être H. ottoe)

Menaces éventuelles : perte et dégradation de l’habitat en raison :

  • de la conversion pour la culture en rangées;
  • de l’exploitation minière du gravier;
  • du surpâturage;
  • du brûlage dirigé;
  • de la fenaison au mauvais moment de l’année;
  • de la succession;
  • de la fragmentation de l’habitat.

Effet d’une immigration de source externe

Faible

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’étranger)?

Oui

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

Menacées ou en déclin

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Très peu probable

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Vraisemblablement

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Non

Analyse quantitative

Non réalisée

Statut actuel

COSEPAC : en voie de disparition (mai 2005)

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Code alphanumérique : B1ab(iii)+2ab(iii)

Justification de la désignation : Cette espèce a été observée dans un très petit nombre d’emplacements dans les Prairies canadiennes où elle est associée à une végétation de prairie mixte fragmentée et en déclin. Elle a récemment été observée qu’en un seul emplacement.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) Sans objet, puisqu’on ne possède pas suffisamment de données sur la taille et le déclin des populations.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », B1ab(iii)+2ab(iii). Au Canada, les zones d’occurrence et d’occupation sont toutes deux très petites (zone d’occurrence<< 5 000 km², zone d’occupation << 500 km²) et l’espèce est peut-être encore présente dans un site où l’habitat est en déclin constant.
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : Correspond probablement au critère de la catégorie « en voie de disparition », C2a(i,ii). Si elle existe, la population totale est nettement inférieure à 2 500 individus matures, et on prévoit un déclin continu en raison de la détérioration de l’habitat, ainsi qu’une fragmentation des populations, où chacune ne dépasse probablement pas 250 individus matures et où tous les individus appartiennent à une seule population.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Correspond probablement au critère de la catégorie « en voie de disparition », D1. Il existe probablement moins de 250 individus matures.
  • Critère E (Analyse quantitative) : Données insuffisantes pour réaliser une analyse.

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Remerciements

Jason Greenall (Manitoba Wildlife) et Annabelle Jessop (Collection nationale canadienne) ont fourni des enregistrements de collection de l’H. ottoe. Donald Lafontaine (Collection nationale canadienne), Robert Roughly (Université du Manitoba) et Robert Robbins (Smithsonian Institution) ont autorisé l’accès aux collections. Robert Dana, Philip Delphey, Timothy McCabe, Ronald Royer, Stephen Spomer, Scott et Ann Swengel, Peggy Westorpe et Richard Westwood ont généreusement partagé de l’information précieuse à propos de l’H. ottoe. James Duncan, Gordon Jones, Jack Dubois et William Watkins (Conservation Manitoba) ont offert de l’assistance relativement à l’obtention des permis de collecte nécessaires et des cartes du Manitoba et ont offert d’autre aide précieuse tout au long du projet. Alain Filion (Service canadien de la faune) a fourni les cartes qui figurent dans le présent rapport. Theresa Fowler a formulé de nombreux commentaires utiles et agi comme coordinatrice et réviseure du présent rapport. Marie Andrée Giguère a aidé à la préparation de l’illustration de l’H. ottoe.

Le financement pour la préparation du présent rapport de situation a été fourni par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

Experts contactés

  • Dana, Robert. Novembre 2002, février 2004. Natural Heritage and Nongame Research Program, Minnesota Department of Natural Resources, 500 Lafayette Rd., Box 25, St. Paul (Minnesota) 55155-4025.
  • Delphey, Phillip. Octobre 2002. U.S. Fish and Wildlife Service, Twin Cities Field Office, 4101 E. 80th Street, Bloomington (Minnesota) 55425.
  • Duncan, James. Février 2002 et mai 2005. Chef intérimaire, gestionnaires de programme pour le groupe des espèces d’insectes, Biodiversity Conservation Section, Wildlife and Ecosystem Protection Branch, Conservation Manitoba, C.P. 24, 200 Saulteaux Crescent, Winnipeg (Manitoba) R3J 3W3.
  • Greenall, Jason. Mars 2002. Botaniste-écologiste, Biodiversity Conservation Section, Wildlife and Ecosystem Protection Branch, Conservation Manitoba, C.P. 24, 200 Saulteaux Crescent, Winnipeg (Manitoba)  R3J 3W3.
  • Jessop, Annabelle. Février 2002. Section de la biodiversité, Centre de recherche de l’Est sur les céréales et les oléagineux, édifice K.W. Neatby, 960, avenue Carling, Ottawa (Ontario).
  • Lafontaine, J. Donald. Octobre 2001 et septembre 2004. Chercheur scientifique et conservation des lépidoptères, section de la biodiversité, Centre de recherche de l’Est sur les céréales et les oléagineux, Agriculture et Agroalimentaire Canada, édifice K.W. Neatby, 960, avenue Carling, Ottawa (Ontario).
  • McCabe, Timothy. Mars 2002. Curator, New York State Museum, Cultural Education Center, Room 3132, Albany (État de New York) 12230-0001.
  • Roughley, R. Mars et juillet 2002. Entomologiste, Department of Entomology, University of Manitoba, Winnipeg (Manitoba) R3T 2N2.
  • Royer, Ronald. Octobre 2002. Division of Science, Minot State University, 500 University Avenue West, Minot (Dakota du Nord) 58707, Tél. : (701) 858-3209.
  • Spomer, Stephen M. Mars 2002. Entomologist, University of Nebraska, Lincoln, Institute of Agriculture & Natural Resources, Department of Entomology, 202 Plant Industry, Lincoln, (Nebraska) 68583-0816.
  • Swengel, Scott. Novembre 2002. 909 Birch St. Baraboo (Wisconsin) 53913.
  • Watkins, William. Avril et juillet 2003. Gestionnaire de programme pour le groupe des espèces d’insectes, Biodiversity Conservation Section, Wildlife and Ecosystem Protection Branch, Conservation Manitoba, C.P. 24, 200 Saulteaux Crescent, Winnipeg (Manitoba)  R3J 3W3.
  • Westhorpe, Peggy L. Juillet 2003. Gestionnaire de l’intendance de l’habitat, Wildlife and Ecosystem Protection Branch, Conservation Manitoba, C.P. 24, 200 Saulteaux Crescent, Winnipeg (Manitoba)  R3J 3W3.
  • Westwood, Richard. Octobre 2002, mai 2003. Coauteur de The Butterflies of Manitoba, Center for Forest Interdisciplinary Research & Departments of Biology and Environmental Studies, University of Winnipeg, Winnipeg (Manitoba)  R3B 2E9.

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Reginald P. Webster travaille actuellement comme consultant privé. Il détient un doctorat en entomologie du Department of Entomology de la Michigan State University. Il a rédigé seul ou en collaboration plus de 20 publications scientifiques, y compris des articles récents sur le cycle vital du satyre fauve des Maritimes, qui a été désigné en voie de disparition, et une description d’une nouvelle espèce de noctuelle. Il a également rédigé de nombreux rapports sur la biologie, l’écologie et la structure de population du satyre fauve des Maritimes. Il a enseigné la biologie des populations et l’éthologie à l’Université du Nouveau-Brunswick. Depuis 1999, M. Webster effectue des relevés sur des papillons rares et en péril pour le Maine Department of Inland Fisheries & Wildlife. Au cours des dix dernières années, il a réalisé des inventaires de papillons, de noctuelles et de certaines familles de coléoptères (principalement des Carabidés) dans plusieurs sites du Nouveau-Brunswick. Il est actuellement membre du Sous-comité de spécialistes des arthropodes du COSEPAC.

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La Collection nationale canadienne, Ottawa (Ontario) (visitée en février 2002), la collection de l’Université du Manitoba, Winnipeg (Manitoba) (visitée en juillet 2002) et la collection du Smithsonian Institute (National Museum of Natural History), Washington DC (visitée en avril 2002).

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