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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie du Dakota (Hesperia dacotae) au Canada

COSEPAC Résumé

 

Hespérie du Dakota

Hesperia dacotae

 

Information sur l’espèce

L’hespérie du Dakota (Hesperia dacotae) appartient à la famille des Hespériidés (hespéries), sous-famille des Hespériinés (hespéries à ptérostigma bien développé), et à l’ordre des Lépidoptères (papillons). Aucune sous-espèce n’est reconnue.

À l’âge adulte, les deux sexes ont une envergure de 21 à 29 mm, mais leur coloration diffère. Chez le mâle, le dessus des ailes est orange fauve, avec les bordures brunâtres, diffuses. L’aile antérieure est ornée d’une tache sombre de forme allongée appelée ptérostigma. Le dessous des ailes est orange jaunâtre, avec une bande indistincte de taches plus pâles disposées en demi-cercle. Chez la femelle, le ptérostigma fait défaut, et le dessus des ailes est chamois à brun, plus ou moins suffusé d’orange. Le dessus de l’aile antérieure porte habituellement plusieurs petites taches translucides blanchâtres. Le dessous des ailes est brun jaunâtre, avec une série de taches blanchâtres indistinctes disposées en demi-cercle sur l’aile postérieure.

Les œufs sont hémisphériques et mesurent environ 1,2 mm de diamètre. À maturité, la chenille mesure approximativement 20 mm de longueur. Elle est brun pâle à couleur chair, sans motifs distinctifs.

Répartition

L’hespérie du Dakota se rencontre actuellement en populations isolées dans le sud du Manitoba, le sud-est de la Saskatchewan, l’est du Dakota du Nord et du Dakota du Sud et l’ouest du Minnesota. Au Canada, l’espèce n’est plus représentée que par trois ou quatre populations disjointes.

Habitat

Au Canada et aux États-Unis, l’hespérie du Dakota est présente uniquement dans deux types de prairies indigènes, la prairie à grandes graminées et la prairie à graminées mixtes, qui occupe des terrains élevés secs.

Au Manitoba, elle se rencontre uniquement dans des prairies à grandes graminées renfermant des barbons et une abondance de plantes nectarifères, comme la campanule à feuilles rondes, la rudbeckie tardive et le lis de Philadelphie. Au Manitoba, les plantes indicatrices de la présence de l’hespérie du Dakota sont le zygadène élégant, le lis de Philadeplphie, la campanule à feuilles rondes et la rudbeckie tardive. Sauf quelques exceptions, l’hespérie du Dakota a toujours été observée dans des prairies où poussent ces quatre plantes. Le zygadène élégant est un indicateur extrêmement fiable de la présence de l’hespérie du Dakota, et il est plus facile à détecter que cet insecte. Au Manitoba, sa floraison coïncide presque parfaitement avec la période de vol de l’hespérie du Dakota, dont la biologie est cependant tout à fait indépendante de cette plante.

En Saskatchewan, l’hespérie du Dakota se rencontre dans des prairies à graminées mixtes, en terrain élevé, le plus souvent sur des collines surplombant un cours d’eau. La végétation des prairies à graminées mixtes est dominée par les barbons et les stipes. L’échinacée à feuilles étroites est un élément caractéristique de la flore de ces prairies et l’une des principales sources de nectar pour les hespéries adultes.

Biologie

L’hespérie du Dakota exploite des ressources différentes aux diverses étapes de son cycle vital. Elle n’a qu’une génération par année. Les adultes peuvent vivre jusqu’à trois semaines et sont présents à un endroit donné pendant seulement trois à cinq semaines chaque année, habituellement entre la fin de juin et le milieu ou la fin de juillet.

Les femelles s’accouplent habituellement dans les deux jours suivant leur émergence et commencent à pondre peu de temps après. Les œufs sont généralement déposés individuellement sur la face inférieure de feuilles des graminées hôtes ou sur des plantes poussant à proximité. Les chenilles se nourrissent du feuillage de diverses graminées caractéristiques des prairies indigènes.

La vie larvaire comporte six ou sept stades. Parvenues au quatrième ou cinquième stade, les chenilles cessent de se nourrir (habituellement à la fin de septembre) et entrent en diapause obligatoire. C’est dans cet état de torpeur qu’elles passent l’hiver. À l’arrivée du temps chaud au printemps, elles recommencent à s’alimenter et poursuivent leur développement en juin, puis se transforment en chrysalide. Les adultes émergent deux semaines et demie plus tard.

Taille et tendances des populations

Depuis les années 1850, plus de 99 p.100 des prairies à grandes graminées pouvant servir d’habitat à l’hespérie du Dakota ont été converties en terres agricoles en Amérique du Nord.

Au Canada, la superficie occupée par ce type de prairie est passée d’environ 6 000 km2 à seulement 50 km2. L’aire de répartition de l’hespérie du Dakota est aujourd’hui très fragmentée, et l’espèce ne se rencontre plus que dans deux régions isolées du Manitoba et une petite région du sud-est de la Saskatchewan. La région des lacs, entre les lacs Manitoba et Winnipeg, est le seul endroit au Canada où l’hespérie du Dakota est encore commune localement.

Facteurs limitatifs et menaces

L’hespérie du Dakota se rencontre uniquement dans la prairie à grandes graminées et la prairie à graminées mixtes de terrain élevé. Elle est extrêmement vulnérable aux perturbations, notamment causées par le pâturage, le brûlage dirigé et la culture en rangs, qui modifient les caractéristiques floristiques et structurales de son habitat. La survie à long terme de l’insecte dépend de la présence des ressources nutritives essentielles aux adultes et aux chenilles. Le nectar est une ressource extrêmement importante pour les adultes. Il constitue pour eux une source d’énergie et permet aux femelles d’atteindre leur fécondité maximale. L’eau contenue dans le nectar est probablement une denrée encore plus essentielle, car son absence par temps chaud et sec peut entraîner la mort des adultes en quelques heures. Les plantes nectarifères préférées des adultes et les graminées consommées par les chenilles sont des éléments caractéristiques de la flore des prairies indigènes. L’hespérie du Dakota est incapable de survivre dans les milieux agricoles, où ces plantes sont rarement présentes.

Importance de l’espèce

L’hespérie du Dakota appartient à un groupe très restreint de papillons diurnes spécialistes qui se rencontrent au Canada uniquement dans les prairies indigènes à grandes graminées et à graminées mixtes. Elle forme une série de populations isolées, aux États-Unis et au Canada. Sa disparition du Canada constituerait la perte d’un élément important de l’écosystème des prairies, lui-même en voie de disparition.

Protection actuelle et autres désignations

Au Canada, l’hespérie de Dakota ne bénéficie d’aucune protection juridique à l’échelon national. Au Manitoba, elle est considérée comme une espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition. Aucune forme de protection juridique ne lui est accordée en Saskatchewan. À l’échelle mondiale, l’hespérie du Dakota figure sur la liste des espèces vulnérables de l’Union mondiale pour la nature (UICN). Aux États-Unis, elle n’apparaît pas sur la liste des espèces qui bénéficient d’une protection fédérale en vertu de l’Endangered Species Act. Elle est toutefois inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition en Iowa et sur celle des espèces menacées au Minnesota. Au Dakota du Nord et au Dakota du Sud, l’espèce ne bénéficie d’aucune protection juridique.

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HISTORIQUE DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril(LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

DÉFINITIONS

(depuis mai 2003)

Espèce : Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.