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Programme de rétablissement du méné camus (Notropis anogenus) au Canada

1. Contexte

1.1 Information du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sur l’évaluation de l’espèce

Nom commun (population) : Méné camus
Nom scientifique : Notropis anogenus
Désignation actuelle du COSEPAC et année de désignation : Espèce en voie de disparition, 2002
Présence au Canada : Ontario
Justification de la désignation : Le méné camus a une répartition canadienne limitée et fragmentée; on ne le trouve qu’en Ontario, où il est exposé à une dégradation de la qualité de son habitat. La nature isolée de son habitat de prédilection peut nuire à la connectivité des populations fragmentées, faire obstacle au flux génétique entre les populations actuelles et inhiber la colonisation d’autres habitats appropriés.
Historique de la désignation du COSEPAC : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1985. Réexamen de la désignation : l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en novembre 2002.

1.2 Description

Le méné camus (Notropis anogenus; Forbes, 1885) (figure 1) est un méné au corps élancé et modérément comprimé. Il est de couleur argentée et présente une bande latérale noire. Son museau est court et se termine en une minuscule bouche retroussée (Becker, 1983; Holm et Mandrak, 2002). La LT est d’environ 50 mm pour les mâles et 60 mm pour les femelles (Holm et Mandrak, 2002), quoique l’on ait capturé des individus atteignant 72 mm. La couleur du corps est argentée avec une teinte jaune pâle sur la face dorsale et argentée sur la face ventrale. Cette espèce présente un dimorphisme sexuel au cours de la saison de reproduction, lorsque la couleur des mâles devient doré brillant (Smith, 1985). Une ligne latérale foncée s’étend depuis le museau jusqu’à la fin du pédoncule caudal, en passant par la région de l’œil, et se termine en une petite tache cunéiforme foncée. Toutes les nageoires sont transparentes et, contrairement à ce qu’on observe chez la plupart des membres du genre Notropis spp., le péritoine (membrane intérieure de la cavité abdominale) est noir (Holm et Mandrak, 2002). La bouche est presque verticale par rapport à l’axe du corps (Becker, 1983) et constitue le trait dominant qui distingue le méné camus des diverses espèces du groupe de menés à cerne noir, en particulier lorsque les spécimens sont des juvéniles d’âge 0 (Leslie et Timmins, 2002). L’espèce qui ressemble le plus au méné camus est le menton noir (N. heterodon), mais ce dernier se distingue par sa bouche plus grande (Holm et Mandrak, 2002). Le méné camus ressemble également au petit-bec (Opsopoeodus emiliae) et au méné d’herbe (N. bifrenatus). Le petit-bec peut être différencié du méné camus par la présence de zones foncées et de neuf rayons sur la nageoire dorsale (la nageoire dorsale du méné camus comporte généralement huit rayons), ainsi que de zones quadrillées sur le haut des flancs (Page et Burr, 1991; Scott et Crossman, 1998). Le méné d’herbe se différencie du méné camus par la présence d’une bouche plus grande et retroussée, de sept rayons à la nageoire anale et d’une ligne latérale incomplète (Page et Burr, 1991; Scott et Crossman, 1998).

Figure 1. Méné camus (Notropis anogenus)
Illustration réalisée par Ellen Edmonson, Department of Environmental Conservation de l’État de New York.

Méné camus (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 1

La figure 1 est intitulée « Méné camus (Notropis anogenus) ». Il s’agit d’une illustration en couleurs d’un méné camus vu de côté, réalisée par Ellen Edmonson, du Department of Environmental Conservation de l’État de New York.

1.3 Populations et répartition

Répartition mondiale

L’aire de répartition du méné camus en Amérique du Nord est limitée et discontinue (figure 2). L’espèce est présente dans les bassins hydrographiques du cours supérieur du fleuve Mississippi, de la rivière Rouge du Nord et des Grands Lacs (Holm et Mandrak, 2002). Elle est présente également dans plusieurs tributaires du Mississippi dans les États de l’Illinois, du Minnesota et du Wisconsin, et dans le bassin du cours supérieur de la rivière Rouge du Nord au Minnesota et au Dakota du Nord (Holm et Mandrak, 2002). Dans le bassin des Grands Lacs, le méné camus est présent dans des tributaires des lacs Huron, Michigan, Sainte-Claire, Érié et Ontario Est ainsi que dans le cours supérieur du fleuve Saint-Laurent (Holm et Mandrak, 2002). On a observé de récents déclins du méné camus dans son aire de répartition, bien que l’espèce n’y ait pas fait l’objet d’un suivi suffisant pour que l’on puisse déterminer les tendances de la population (NatureServe, 2009).

Figure 2. Aire de répartition nord-américaine du méné camus, modifié d’après Page et Burr (1991).

Aire de répartition nord-américaine du méné camus (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 2

La figure 2 est intitulée « Aire de répartition nord-américaine du méné camus, modifié d’après Page et Burr (1991) ». Il s’agit d’une carte géographique affichant la zone des Grands Lacs et les régions avoisinantes du Canada et des États-Unis. Une échelle figure sur la carte. On y trouve deux principales zones où vivent des populations de ménés camus ainsi que plusieurs autres petites zones disjointes. Ces zones sont en gris et comprennent les tributaires du fleuve Mississippi dans l’Illinois, le Minnesota et le Wisconsin, le cours supérieur de la rivière Red dans le nord du bassin hydrographique du Minnesota et du Dakota du Nord et, dans le bassin hydrographique des Grands Lacs, les tributaires des lacs Huron, Michigan, Sainte-Claire et Érié, de l’est du lac Ontario ainsi que du cours supérieur du fleuve Saint-Laurent. La carte a été adaptée d’après A Field Guide to Freshwater Fishes of North America North of Mexico(Page et Burr, 1991).

Répartition au Canada

Au Canada, cette espèce n’a été observée qu’au sud de 46 degrés de latitude (Leslie et Timmins, 2002) dans quatre principales régions en Ontario (figures 3a et figure3b) : le sud du lac Huron, le lac Sainte-Claire, le lac Érié et l’est du lac Ontario/le cours supérieur du fleuve Saint-Laurent.

On considère que l’espèce subsiste dans les régions suivantes :

  • rivière Teeswater (bassin versant de la rivière Saugeen) (Pêches et Océans Canada (MPO), données non publiées);
  • chenal Old Ausable (Équipe de rétablissement de la rivière Ausable [ERRA], 2006);
  • lac Mouth (MPO, données non publiées);
  • rivière aux Canards (Musée royal de l’Ontario, Toronto, Ont., données non publiées);
  • lac Sainte-Claire (y compris l’île Walpole) (Holm et Mandrak, 2002) et deux de ses tributaires (fossé Whitebread/fossé Grape Run, petit ruisseau Bear) (Mandrak et al., 2006b); Musée royal de l’Ontario, Toronto, Ont., données non publiées);
  • Réserve nationale de faune (RNF) de Sainte-Claire (Bouvier et al., 2010);
  • baie Long Point/ruisseau Big (y compris la RNF de Long Point [unité Thoroughfare Point et unité Long Point] et la RNF du ruisseau Big [unité du ruisseau Big uniquement] – dans le texte ci-après, la dénomination « baie Long Point/ruisseau Big » fait référence à ces deux RNF) (Marson et al., 2009);
  • baie Wellers (y compris les terres parfois exposées de la réserve nationale faunique de la baie Wellers situées entre la laisse de haute mer et le bord de l’eau dans la baie Wellers, qui forme la limite de la RNF de la baie Wellers et varie selon les fluctuations du niveau de l’eau du lac Ontario – dans le texte ci-après, la dénomination « baie Wellers » fait référence aux RNF)(MPO, données non publiées);
  • lac West (MPO, données non publiées);
  • lac East (MPO, données non publiées);
  • baie Waupoos (MPO, données non publiées);
  • fleuve Saint-Laurent (d’Eastview à Mallorytown Landing, y compris le parc national des Îles-du-Saint-Laurent) (Carlson, 1997; Mandrak et al., 2006a); J. Van Wieren, données non publiées).

Les dernières captures de méné camus remontent à 1935 dans la rivière Gananoque, à 1941 dans le parc national de la Pointe-Pelée et à 1963 dans la baie Rondeau (Holm et Mandrak, 2002).

Scott et Crossman (1998) ont décrit l’aire de répartition du méné camus au Canada comme étant en régression et ont émis l’hypothèse que l’aire historique s’étendait probablement entre les deux secteurs largement séparés où on le trouve à présent, le long des rives nord des lacs Érié et Ontario.

Pourcentage de l’aire de répartition mondiale situé au Canada

L’aire de répartition de l’espèce au Canada correspond à moins de 10 % de son aire de répartition mondiale (ERRA, 2006).

Tendance de la répartition

Il est difficile d’évaluer le changement survenu dans la répartition du méné camus en raison d’un manque de données attribuable à la petite taille de l’espèce, aux difficultés que présente son identification sur le terrain et à l’absence de séries chronologiques de données (Holm et Mandrak, 2002). On estime qu’au cours des cinquante dernières années le méné camus a disparu de trois emplacements qu’il occupait auparavant au Canada (rivière Gananoque, parc national de la Pointe-Pelée et baie Rondeau); cependant, il a été trouvé dans de nombreux nouveaux sites dans l’aire de répartition de l’espèce, y compris le lac Mouth, la rivière Teeswater, le petit ruisseau Bear, le fossé Whitebread, la baie Wellers, le lac West, le lac East et la baie Waupoos ainsi que de nombreux sites dans le corridor du fleuve Saint-Laurent (longueur approximative de 45 km), entre Eastview et Mallorytown Landing, y compris le parc national des Îles-du-Saint-Laurent.

Figure 3a. Aire de répartition du méné camus dans le sud-ouest de l’Ontario.

Aire de répartition du méné camus dans le sud-ouest de l’Ontario (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 3a

La figure 3a est intitulée « Aire de répartition du méné camus dans le sud-ouest de l’Ontario ». Il s’agit d’une carte du sud-ouest de l’Ontario avec un carton intérieur dans la partie supérieure gauche affichant l’emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. On y trouve une légende et une échelle. La légende indique les symboles représentant les années de capture (2001-2010; 1991-2000; 1981-1990; 1935-1980) ainsi que les couleurs correspondant aux parcs, aux Premières nations et aux zones bâties. Les différents points de données sont indiqués selon l’année de capture. La carte indique que, entre 2001 et 2010, on pouvait observer le méné camus à l’intérieur ou à proximité du chenal Old Ausable le long du littoral du lac Huron, dans la rivière Teeswater, dans les zones à l’intérieur ou à proximité de la réserve indienne de l’île Walpole le long du littoral du lac Sainte-Claire et à l’embouchure de la rivière Sainte-Claire ainsi qu’à l’intérieur ou à proximité des parcs provinciaux Long Point et Turkey Point. Entre 1991 et 2000, l’espèce était présente à l’intérieur ou à proximité de la réserve indienne de l’île Walpole le long du littoral du lac Sainte-Claire et à l’embouchure de la rivière Sainte-Claire, plusieurs points de données se trouvant dans le parc provincial Long Point et le long du littoral du lac Huron, près du chenal Old Ausable. Les points de données pour 1981-1990 sont dispersés le long du littoral du lac Sainte-Claire, au sud de la réserve indienne de l’île Walpole. Les points de données plus anciens (1935-1980) sont affichés dans le parc national de la Pointe-Pelée et dans le parc provincial Rondeau.

Figure 3b. Aire de répartition du méné camus dans le sud-est de l’Ontario.

Aire de répartition du méné camus dans le sud-est de l’Ontario (voir description longue ci-dessous).

Description pour la figure 3b

La figure 3b est intitulée « Aire de répartition du méné camus dans le sud-est de l’Ontario ». Il s’agit d’une carte de l’extrémité est du lac Ontario avec un carton intérieur dans la partie supérieure gauche affichant l’emplacement géographique de cette carte sur une carte à plus grande échelle. On y trouve une légende et une échelle. La légende indique les symboles représentant les années de capture (2001-2010; 1991-2000; 1981-1990; 1935-1980) ainsi que les couleurs correspondant aux parcs, aux Premières nations et aux zones bâties. Les différents points de données sont indiqués selon l’année de capture. La carte indique que, entre 2001 et 2010, on pouvait observer le méné camus dans le cours supérieur du fleuve Saint-Laurent, en amont de Mallorytown Landing de même qu’à l’intérieur ou à proximité des endroits suivants : Gananoque, Eastview, baie Waupoos, lac West, lac East et parc provincial Sandbanks. Les points de données plus anciens (1935-1980) se trouvent à l’embouchure de la rivière Gananoque.

Taille et situation de la population mondiale

On ne dispose pas d’estimations de la population mondiale de ménés camus; toutefois, bien que l’espèce soit considérée comme étant rare en général, elle est parfois abondante localement (NatureServe, 2009). Elle a été désignée comme vulnérable à l’échelle mondiale et a disparu de l’Ohio; elle est gravement menacée en Indiana, en Iowa, dans l’État de New York et au Dakota du Nord ainsi que vulnérable dans les États du Michigan et du Minnesota (NatureServe, 2009). Un résumé des rangs de priorité attribués à l’espèce à l’échelle nationale et infranationale est présenté au tableau 1.

Tableau 1. Rangs de priorité attribués au méné camus à l’échelle nationale et infranationale au Canada et aux États-Unis
NiveauRangNote de tableauaAdministration
National (N)N2/N3Canada
National (N)N3États-Unis
Infranational (S) : CanadaS2Ontario
Infranational (S) : États-UnisS1Illinois, Indiana, Iowa, New York, Dakota du Nord
Infranational (S) : États-UnisS2Wisconsin
Infranational (S) : États-UnisS3Michigan, Minnesota
Infranational (S) : États-UnisSXOhio

Source : NatureServe, 2009

Notes de tableau

Note de tableau 1

Voir l'annexe 1 pour la définition des rangs de priorité.

Retour à la référence de la note de tableaua

Taille et situation de la population canadienne

La situation des populations de ménés camus au Canada a été évaluée par Bouvier et al. (2010) (tableau 2). Les populations ont été évaluées en fonction de leur abondance et de leur trajectoire. On a par la suite combiné l’abondance et la trajectoire des populations pour déterminer leur situation. On a également attribué un niveau de certitude à la situation des populations, qui reflète le plus faible niveau de certitude associé à leur abondance ou à leur trajectoire. Voir Bouvier et al., (2010) pour plus de détails sur la méthode utilisée.

Tableau 2. Situation de chaque population de ménés camus au Canada et niveau de certitude qui leur est associé
Bassin hydrographiquePopulationNote de tableaubSituation de la populationCertitudeNote de tableauc
Lac HuronRivière TeeswaterInconnue3
Lac HuronChenal Old AusablePassable2
Lac HuronLac MouthNote de tableau dInconnue3
Lac Sainte-ClaireRéserve nationale de faune de Sainte-ClaireInconnue3
Lac Sainte-ClaireLac Sainte-Claire et tributairesPassable2
Lac ÉriéBaie Long Point/ruisseau BigMauvaise2
Lac ÉriéRivière aux CanardsInconnue3
Lac ÉriéParc national de la Pointe-PeléePopulation disparue3
Lac ÉriéBaie RondeauPopulation disparue3
Lac OntarioRivière GananoquePopulation disparue3
Lac OntarioBaie WellersNote de tableau dInconnue3
Lac OntarioLac WestInconnue2
Lac OntarioLac EastNote de tableau dInconnue3
Lac OntarioBaie WaupoosNote de tableau dInconnue3
Lac OntarioFleuve Saint-LaurentBonne2

(modifié d’après Bouvier et al., 2010).

Notes de tableau

Note de tableau b

Veuillez noter qu’en l’absence de données justificatives, on a considéré qu’un site n’accueille qu’une seule population lorsque la situation de cette dernière a été évaluée par Bouvier et al. (2010).

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Note de tableau c

Certitude :

  • 1 = analyse quantitative;
  • 2 = PUE ou échantillonnage normalisé;
  • 3 = meilleure conjecture.

Retour à la référence de la note de tableauc

Note de tableau d

non inclus dans Bouvier et al., 2010

Retour à la premièreréférence de la note de tableaud

Bassin hydrographique du lac Huron

La première observation de ménés camus dans la rivière Teeswater, située dans le bassin hydrographique de la rivière Saugeen, a été effectuée en 2005, et trois spécimens avaient été capturés (S. D’Amelio, Trout Unlimited Canada, Guelph, Ont., comm. pers., 2005). Par la suite, on a détecté la présence de ménés camus en 2009 et en 2010, lorsque deux spécimens ont été capturés dans un réservoir (réservoir Cargill) de la rivière et que deux autres ont été capturés en aval du réservoir (Marson et al., 2009). En 2010, 24 individus ont été capturés dans le réservoir, à trois sites d’échantillonnage (MPO, données non publiées).

Le méné camus a été repéré pour la première fois dans le chenal Old Ausable (COA) au début des années 1980 (ERRA, 2006). Entre 1982 et 2010, un grand nombre de scientifiques qui étudiaient d’autres populations de ménés camus canadiennes ont effectué des échantillonnages intensifs dans le chenal Old Ausable au moyen de divers types d’engins. On estime que la population du chenal Old Ausable a décliné ces dernières années puisqu’on n’a capturé que 21 spécimens lors d’un relevé en 1997 comparativement à 110 spécimens en 1982, en dépit d’un effort d’échantillonnage accru (Holm et Boehm, 1998; ERRA, 2006). En 2002, le MPO a échantillonné un tronçon du chenal Old Ausable de 5 km au moyen de divers types d’engins et a capturé 43 ménés camus, dont sept seulement dans le tronçon de 1 km ayant été échantillonné en 1982 et en 1997, ce qui laisse entrevoir une poursuite du déclin. Contrairement à Holm et Boehm (1998), le MPO n’a toutefois pas utilisé une seine de rivage, ce qui rend difficile les comparaisons interannuelles. En 2004 et en 2005, un nombre total combiné de 291 ménés camus ont été capturés dans le chenal Old Ausable (MPO, données non publiées).

En 2007 et en 2010, le MPO a échantillonné le lac L, qui présente un habitat semblable au chenal Old Ausable et qui est situé à proximité de celui-ci, mais n’a capturé aucun méné camus en dépit du fait que le sucet de lac (Erimyzon sucetta) (une espèce dont la présence est souvent associée à celle du méné camus) et d’autres ménés à cerne noir y ont été repérés. Il est possible que la réalisation d’échantillonnages supplémentaires dans ce site et dans les lacs en croissant situés à proximité du chenal Old Ausable permette de repérer la présence du méné camus.

Le lac Mouth, situé près du chenal Old Ausable et présentant un habitat similaire, a fait l’objet d’un échantillonnage par le MPO en 2010 à quatre sites; un total de 17 ménés camus ont été capturés.

Bassin hydrographique du lac Sainte-Claire

Dans le lac Sainte-Claire, les échantillonnages réalisés en 1983, en 1996, en 2006 et en 2007 dans la baie Mitchell ont permis la capture de 222 ménés camus (Holm et Mandrak, 2002; MRO, Toronto, Ont., données non publiées; MPO, données non publiées; K. Soper, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRN), comm. pers., 2010). Les échantillonnages effectués en 1983 et en 2006 ont permis la capture de sept spécimens dans la baie St. Luke’s (MRO, Toronto, Ont., données non publiées; MPO, données non publiées; Holm et Mandrak, 2002). En 2007, l’Office de protection de la nature de la région d’Essex a échantillonné 31 sites supplémentaires dans le lac Sainte-Claire; aucun méné camus n’a toutefois été capturé (Nelson et Staton, version provisoire).

Lors d’un relevé en 1999, 281 ménés camus ont été capturés dans les chenaux du delta et les marais côtiers d’eau douce de l’île Walpole, située à l’extrémité nord du lac Sainte-Claire (Holm et Mandrak, 2002), et trois spécimens y ont été capturés en 2002 (MRO, Toronto, Ont., données non publiées).

Le méné camus a été repéré pour la première fois dans le marais endigué situé dans la partie ouest de l’unité Sainte-Claire de la RNF de Sainte-Claire en 2003 dans le cadre d’un projet d’études supérieures et a été capturé à nouveau en 2004 (Bouvier et al., 2010).

En 2003, le MPO a réalisé des relevés ciblés à gué d’espèces de poissons en péril dans les tributaires du lac Sainte-Claire et a capturé cinq ménés camus (deux dans le petit ruisseau Bear et trois dans le fossé Whitebread/fossé Grape Run) (Mandrak et al., 2006b). En 2006, neuf spécimens ont été capturés dans le petit ruisseau Bear (MRO, Toronto, Ont., données non publiées) et en 2010, deux spécimens y ont été capturés (MPO, données non publiées).

Bassin hydrographique du lac Érié

Dans la partie le plus à l’ouest de son aire de répartition au Canada, le méné camus est présent dans le bassin hydrographique du lac Érié. L’espèce a été capturée dans le parc national de la Pointe-Pelée (lac Érié) en 1940 et en 1941, dans la baie Rondeau en 1940 et en 1963 et dans la baie Long Point en 1947 et en 1996 (Holm et Mandrak, 2002). En dépit de relevés effectués entre 1979 et 1996 dans ces trois sites (et de relevés dans le parc national de la Pointe-Pelée datant de 1946), on n’a capturé des spécimens de ménés camus que dans la baie Long Point.

Le méné camus a été repéré pour la première fois dans la rivière aux Canards en 1994; on a capturé quatre spécimens à proximité du point de confluence de ce cours d’eau et de la rivière Détroit (MRO, Toronto, Ont., données non publiées).

L’espèce a été détectée pour la première fois dans la baie intérieure Long Point en 1947, à la pointe Turkey en 2007 et à l’extrémité de Long Point en 2007 (ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, données non publiées). Un échantillonnage récent réalisé dans la baie intérieure Long Point nous a permis d’améliorer nos connaissances sur la répartition de l’espèce dans la baie. En 2004, le MPO a capturé 29 spécimens dans la baie Long Point et un spécimen dans l’unité Thoroughfare Point de la RNF de Long Point lors d’un relevé de la communauté de poissons (Marson et al., 2009). En 2007, 38 ménés camus ont été capturés dans huit sites de la pointe Turkey (baie Long Point) (Nelson et Staton, ébauche). Les échantillonnages effectués par le MPO en 2008 et en 2009 ont permis la capture de 24 spécimens dans la baie Long Point.

En 2008 et en 2009, on a capturé six spécimens dans le cadre d’échantillonnages effectués dans le ruisseau Big (comté de Haldimand-Norfolk), lequel est relié à la baie Long Point (MPO, données non publiées). Les spécimens capturés dans le ruisseau Big représentent les premières captures de ménés camus à ce site. Dans le cadre des échantillonnages réalisés par le MPO en 2007 et en 2008, on a capturé 15 spécimens dans le ruisseau Big et dans la Réserve nationale de faune du ruisseau Big (unité du ruisseau Big uniquement) (comté de Haldimand-Norfolk) (MPO, données non publiées). D’autres spécimens ont été capturés au cours d’échantillonnages menés par la Long Point Conservation Authority et le MRN en 2008-2010.

Bassin hydrographique du lac Ontario

Au Canada, le méné camus a été recueilli pour la première fois dans la rivière Gananoque et dans le cours supérieur du fleuve Saint-Laurent près de la ville de Gananoque en 1935 (Toner, 1937, cité dans Holm et Mandrak, 2002). Il n’a pas été capturé depuis dans la rivière Gananoque, et on l’a observé pour la dernière fois dans le site du fleuve Saint-Laurent en 1937 (Holm et Mandrak, 2002); cependant, des individus ont été capturés en 1989 à l’est (Mallorytown Landing) et à l’ouest (Eastview) du site original (Holm et Mandrak, 2002). En 2005, le MPO a capturé 256 ménés camus à trois sites adjacents au parc national des Îles-du-Saint-Laurent, près du complexe de milieux humides de l’île Grenadier (Mandrak et al., 2006a; J. Van Wieren, parc national des Îles-du-Saint-Laurent, Mallorytown, Ont., comm. pers., 2007). De 2006 à 2011, l’Agence Parcs Canada (APC) a capturé un total de 495 ménés camus à plus de 20 sites (dans le parc et à l’extérieur de celui-ci), depuis l’est de Mallorytown Landing jusqu’à l’île Wolfe, près de Kingston (MRN, 2006; J. Van Wieren, parc national des Îles-du-Saint-Laurent, Mallorytown, Ont., comm. pers., 2011).

Le méné camus a été observé pour la première fois dans le lac West (comté de Prince Edward, dans la partie est du lac Ontario) en 2009. Le MPO a capturé deux spécimens en juin 2009 dans le cadre d’une étude réalisée à l’électropêche (MPO, données non publiées) et 32 autres spécimens en septembre de la même année dans le cadre d’un échantillonnage qui ciblait cette espèce (MPO, données non publiées). Un échantillonnage ciblé subséquent effectué à proximité du lac en 2010 a permis la capture de 70 ménés camus supplémentaires (MPO, données non publiées).

Dans la baie Wellers, le lac East et la baie Waupoos, la présence du méné camus a été détectée pour la première fois en 2010, grâce à un échantillonnage ciblé du MPO (MPO, données non publiées). Un total de 65 individus a été capturé à quatre emplacements dans la baie Wellers. Au total, 112 individus ont été capturés à onze emplacements dans le lac East. Un total de 172 ménés camus ont été capturés à quatre emplacements dans la baie Waupoos.

Pourcentage de l’abondance mondiale au Canada

L’abondance de l’espèce au Canada pourrait représenter environ 5 à 10 % de son abondance mondiale (ERRA, 2006).

Tendance des populations

L’abondance du méné camus a décliné au Canada au cours des 25 dernières années; on observe un déclin apparent de l’espèce dans le chenal Old Ausable ainsi que de possibles pertes dans le parc national de la Pointe-Pelée, la baie Rondeau (ERRA, 2006) et la rivière Gananoque. Bien qu’on ne dispose d’aucune donnée pour les autres sites où le méné camus subsiste, on peut raisonnablement s’attendre à ce que de pareils déclins se soient produits à ces endroits. Aucune donnée sur les tendances n’est disponible pour les nouveaux emplacements.

1.4 Besoins du méné camus

1.4.1 Besoins biologiques et besoins en matière d’habitat

Du frai jusqu’au stade embryonnaire (sac vitellin)

Il est possible que la dissémination de l’espèce vers le nord soit limitée par ses besoins en matière de température au moment du frai (21-29 °C), qui se produit entre le début et le milieu de juin en Ontario (Holm et Mandrak, 2002), mais qui peut avoir lieu à n’importe quel moment entre la mi-mai et juillet dans l’aire de répartition de l’espèce. Le frai a lieu dans des eaux à végétation dense n’excédant pas une profondeur de 2 m dont le substrat se compose de sable/limon et parfois de gravier (Lane et al., 1996a). Le méné camus est un lithophile – c’est-à-dire un géniteur en substrat ouvert n’apportant pas de soins à ses œufs après la ponte – qui répand ses œufs sur la végétation et le substrat (Leslie et Timmins, 2002). La présence de plantes submergées est nécessaire au succès de la reproduction puisqu’elles fournissent un couvert essentiel pour les embryons, qui sont extrêmement photophobes (sensibles à la lumière) (Leslie et Timmins, 2002). En outre, on a observé que le méné camus ne se déplace vers des eaux peu profondes qu’une fois que la végétation partiellement submergée s’est installée au moment du frai ou juste après (Becker, 1983). Becker (1983) a également fait état de « bancs prégénésiques » – important banc d’individus (plus de 500) se rassemblant en nombre beaucoup plus élevé que le nombre habituel d’individus que compte un banc (de 15 à 35) – qui se forment avant le frai.

Jeunes de l’année

Les jeunes de l’année ont besoin d’habitats peu profonds (< 2 m) fortement végétalisés et de substrats de sable et de limon (Lane et al., 1996b). En Ontario, les ménés camus juvéniles ont été associés à la présence de chara (Chara vulgaris), de myriophylle en épi (Myriophyllum spicatum), de vallisnérie américaine (Vallisneria americana), de potamot (Potamogeton spp.) et de naïas (Najas flexilis) (Leslie et Timmins, 2002).

Adultes

Les ménés camus adultes évoluent habituellement dans les eaux calmes et claires des ruisseaux, des grands lacs et des baies qui présentent une faible pente et une végétation enracinée abondante (Carlson, 1997; ERRA, 2006). Les captures de ménés camus proviennent également d’étangs intérieurs protégés, de marais endigués, de chenaux stagnants et de baies protégées adjacentes à de grands plans d’eau (Parker et al., 1987; MPO, données non publiées). Les substrats associés à la présence de ménés camus adultes comportent du sable, de la boue, des substances organiques, de l’argile et du maërl (Parker et al., 1985; NatureServe, 2009). Les zones où l’on trouve le méné camus abritent habituellement une végétation aquatique émergente et partiellement submergée, en particulier le chara (Becker, 1983). La présence de ménés camus adultes est souvent associée à celles d’autres types de végétation aquatique, notamment les algues filamenteuses (en particulier Spirogyra spp.), la vallisnérie américaine, le naïas, le potamot et l’élodée (Elodea spp.), ainsi qu’à des plantes émergentes comme la quenouille (Typha spp.), le scirpe (Scirpus spp.) et le carex (Carex spp.) (Becker, 1983; Holm et Mandrak, 2002; Leslie et Timmins, 2002). Leur présence est aussi souvent associée à celle du myriophylle en épi, une plante exotique. Cependant, des densités élevées de myriophylle en épi peuvent avoir des impacts négatifs sur l’espèce. Par exemple, la disparition du méné camus et de sept autres espèces de ménés dans un lac du Wisconsin a été associée à la prolifération du myriophylle en épi (Lyons, 1989). Les analyses de l’habitat menées récemment à partir des données du parc national des Îles-du-Saint-Laurent ont permis d’observer une corrélation entre la présence de plus de 83 % de végétation immergée et la présence du méné camus. En outre, la présence d’espèces de potamots (en particulier le potamot pectiné) semble jouer un rôle important (J. Van Wieren, données non publiées).

Le méné camus est habituellement capturé dans des eaux dont la profondeur est inférieure à trois mètres (Holm et Mandrak, 2002), mais de tels échantillonnages ont souvent lieu pendant les mois les plus chauds de l’année; l’espèce se déplacerait vers des eaux plus profondes pendant les mois froids (Becker, 1983). Même si on a avancé que le méné camus préfère les secteurs affichant une faible turbidité (Trautman, 1981; Scott et Crossman, 1998; Holm et Mandrak, 2002), on a capturé des spécimens dans des secteurs présentant des niveaux de turbidité supérieurs (p. ex. 0,3 m d’après les profondeurs du disque de Secchi dans la baie Rondeau) (Parker et al., 1987). L’espèce a parfois été capturée dans des eaux peu profondes, turbides et dépourvues de végétation aquatique (Leslie et Timmins, 2002).

Le méné camus a été décrit comme étant un détritivore (se nourrissant de matière organique en décomposition) qui racle les détritus qui s’accumulent sur les feuilles des plantes (Goldstein et Simon, 1999). Cependant, d’autres observations laissent entrevoir que l’espèce pourrait être omnivore. Par exemple, Smith (1985) affirme que le régime alimentaire est principalement composé de divers végétaux et animaux dont la taille peut atteindre 2 mm, en particulier le chara et les algues vertes filamenteuses, les cladocères, les petites sangsues et les larves de phryganes (Holm et Mandrak, 2002). Becker (1983) a observé que la petite taille de la bouche du méné camus n’était pas un facteur limitatif quant aux aliments que l’espèce peut avaler. Les contenus stomacaux de huit spécimens capturés dans la baie Mitchell (lac Sainte-Claire) contenaient principalement des cladocères (Chydorus sphaericus et Bosmina longirostris); le contenu stomacal d’un individu contenait environ 1210 spécimens de C.sphaericus et 370 spécimens de B.longirostris (Holm et Mandrak, 2002). Lorsqu’il est maintenu dans un aquarium, le méné camus préfère s’alimenter de matières végétales, ce que confirme la conformation allongée de ses intestins; il ne se nourrit de matières animales que lorsque la matière végétale vient à s’épuiser (Becker, 1983).

1.4.2 Rôle écologique

Bien que les données dont nous disposons sur la physiologie, le comportement et l’écologie de cette espèce soient limitées (Leslie et Timmins, 2002), on mentionne souvent que le méné camus est, en général, sensible aux changements de l’habitat et que sa présence continue est un indicateur de bonnes conditions environnementales (Smith, 1985; Carlson, 1997; Équipe de rétablissement de la région Essex-Érié (EREE), 2008). En outre, le méné camus est considéré par certains comme étant le plus sensible du groupe des ménés à lignes noires (Fago, 1992, cité dans Carlson, 1997). D’après les recherches, la présence du menton noir est un bon indicateur de la présence du méné camus, plus discret et timide (Carlson, 1997). Par ailleurs, on sait que le méné camus est la proie d’un certain nombre de poissons piscivores (Nelson, 2006).

1.4.3 Facteurs limitatifs

Nous ne connaissons pas avec certitude les facteurs limitatifs du rétablissement du méné camus, mais les données disponibles donnent à penser que la présence de ces poissons est limitée aux eaux calmes, claires et fortement végétalisées (ERRA, 2006). Déjà à la fin des années 1950, les chercheurs affirmaient que des populations locales de cette espèce avaient subi des diminutions d’effectifs ou avaient disparu en raison de la turbidité de l’eau et de l’enlèvement de végétaux aquatiques (Bailey, 1959; Trautman, 1981; Scott et Crossman, 1998). La forte association de l’espèce avec des milieux humides pourrait limiter son rétablissement en raison de la perte d’habitats appropriés dans l’ensemble de son aire de répartition (ERRA, 2006).

1.5 Menaces

1.5.1 Classification des menaces

Bouvier et al. (2010) ont évalué les menaces qui pèsent sur les populations de ménés camus au Canada (tableau 3). Les menaces connues et présumées ont été classées en fonction de la probabilité de la menace et de son impact sur chaque population. On a ensuite combiné la probabilité de la menace et son impact pour établir l’état global de la menace. Un niveau de certitude a également été attribué à cet état global, lequel niveau reflète le plus faible niveau de certitude associé soit à la probabilité de la menace, soit à son impact (voir Bouvier et al., 2010 pour plus de détails). De l’information supplémentaire est présentée dans les résumés suivants concernant les menaces.

État des menaces et certitude () par population de ménés camus de l’Ontario. Certitude : 1 = études causales; 2 = études corrélatives; 3 = opinion d’expert. (Tableau adapté d’après Bouvier et al., [2010].)

Tableau 3. Sommaire des menaces pesant sur les populations de ménés camus au Canada
MenacesBassin hydrographique du lac Érié
Baie Long Point/ ruisseau Big
Bassin hydrographique du lac Érié
Rivière aux Canards
Bassin hydrographique du lac Érié
Parc national de la Pointe-Pelée
Bassin hydrographique du lac Érié
Baie Rondeau
Bassin hydrographique du lac Huron
Chenal Old Ausable
Bassin hydrographique du lac Huron
Rivière Teeswater
Modifications de l’habitatÉlevée
(3)
Élevée
(3)
Moyenne
(3)
Élevée
(3)
Élevée
(3)
Inconnue
(3)
Enlèvement de la végétation aquatiqueMoyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Élevée
(3)
Moyenne
(3)
Inconnue
(3)
Charges en sédiments/turbiditéÉlevée
(3)
Élevée
(3)
Moyenne
(3)
Élevée
(3)
Élevée
(3)
Inconnue
(3)
Charges en éléments nutritifsÉlevée
(3)
Élevée
(3)
Moyenne
(3)
Élevée
(3)
Élevée
(3)
Inconnue
(3)
Espèces exotiquesMoyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Inconnue
(3)
Industrie du poisson-appâtFaible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Changements dans la dynamique trophiqueInconnue
(3)
Inconnue
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Inconnue
(3)

 

Tableau 3 (suite). Sommaire des menaces pesant sur les populations de ménés camus au Canada
MenacesBassin hydrographique du lac Sainte-Claire
Lac Sainte-Claire et tributaires
Bassin hydrographique du lac Sainte-Claire
RNF de Sainte-ClaireNote de tableaue
Bassin hydrographique du lac Ontario
Fleuve Saint-Laurent
Bassin hydrographique du lac Ontario
Rivière Gananoque
Bassin hydrographique du lac Ontario
Lac West
Bassin hydrographique du lac HuronNote de tableauf
Lac Mouth
Bassin hydrographique du lac OntarioNote de tableauf
Baie Wellers
Bassin hydrographique du lac OntarioNote de tableauf
Baie Waupoos
Bassin hydrographique du lac OntarioNote de tableauf
Lac East
Modifications de l’habitatÉlevée
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Inconnue
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Élevée
(3)
Élevée
(3)
Moyenne
(3)
Enlèvement de la végétation aquatiqueMoyenne
(3)
Faible
(3)
Moyenne
(3)
Inconnue
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Charges en sédiments/turbiditéÉlevée
(3)
Faible
(3)
Élevée
(3)
Inconnue
(3)
Élevée
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Élevée
(3)
Charges en éléments nutritifsÉlevée
(3)
Moyenne
(3)
Élevée
(3)
Inconnue
(3)
Élevée
(3)
Élevée
(3)
Élevée
(3)
Élevée
(3)
Élevée
(3)
Espèces exotiquesMoyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Inconnue
(3)
Moyenne
(3)
Inconnue
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Moyenne
(3)
Industrie du poisson-appâtFaible
(3)
 Faible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Faible
(3)
Changements dans la dynamique trophiqueInconnue
(3)
Inconnue
(3)
Inconnue
(3)
Inconnue
(3)
Inconnue
(3)
Inconnue
(3)
Inconnue
(3)
Inconnue
(3)
Inconnue
(3)

1.5.2 Description des menaces

Modifications de l’habitat

L’habitat de prédilection du méné camus est devenu isolé à la suite de pertes ou de dégradations de l’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Leslie et Timmins (2002) ont avancé que ce phénomène nuit à la connectivité entre les populations fragmentées et peut faire obstacle au flux génétique entre des populations actuelles, ou encore, inhiber la colonisation d’autres habitats appropriés. La perte d’habitat peut prendre la forme de modifications des berges de lacs et de cours d’eau (p. ex. projets de stabilisation des berges, jetées, pontons, marinas) (Holm et Mandrak, 2002). Parker et al. (1987) ont avancé que les habitats disponibles pour le méné camus pourraient avoir diminué en qualité et en quantité en raison du déclin général de la qualité de l’eau et de l’augmentation de l’aménagement des rives des lacs. La perte d’habitats dans les milieux humides et les forêts riveraines dans le sud de l’Ontario est spectaculaire depuis la fin des années 1800. L’aménagement continu des terres humides est une source de préoccupations. Actuellement, l’habitat présent dans les grandes régions que l’on sait fréquentées par le méné camus a subi des changements attribuables aux projets d’aménagement. Par exemple, le complexe de milieux humides de l’île Grenadier (région des Mille-Îles dans le fleuve Saint-Laurent), qui abrite actuellement une vaste population de ménés camus, est menacé par des projets d’aménagement, dont trois lotissements ainsi que des projets de construction de résidences secondaires (J. Van Wieren, parc national des Îles-du-Saint-Laurent, Mallorytown, Ont., comm. pers., 2007). Certains pêcheurs et des utilisateurs de la ressource provenant de la Première nation de l’île Walpole ont remarqué une diminution de la végétation aquatique qu’ils attribuent à l’affouillement causé par le sillage des navires et par l’abaissement des niveaux d’eau (C. Jacobs, Première nation de l’île Walpole, comm. pers., 2011).

Enlèvement de/lutte contre la végétation aquatique

L’enlèvement des plantes aquatiques dans les zones littorales peu profondes des lacs et des cours d’eau représenterait une grave menace pour l’espèce qui, en raison de sa nature timide, a besoin de plantes aquatiques qui agissent comme couvert et qui lui offrent également un habitat pour l’alimentation, le frai et la croissance des larves (Eddy et Underhill, 1974; Mandrak et Holm, 2002). Les larves du méné camus sont hautement photophobiques lorsqu’elles viennent d’éclore et ont besoin d’un couvert végétal (Leslie et Timmins, 2002). L’enlèvement de la végétation aquatique pourrait être dommageable pour l’espèce; la suppression mécanique de cette végétation perturbe les sédiments et crée des conditions de turbidité, et l’élimination de cette végétation au moyen d’herbicides introduit des produits chimiques potentiellement dangereux dans l’eau.

Charges en sédiments/turbidité

On estime que le méné camus est vulnérable à la turbidité (Bailey, 1959; Carlson, 1997; Scott et Crossman, 1998; ERRA, 2006). Ainsi, un apport excessif de sédiments constitue une grave menace pour l’espèce. Bailey (1959) indique que l’accroissement de l’utilisation des terres et de l’eau à des fins agricoles réduit la clarté de l’eau dans les habitats habituels du méné camus. Les charges en sédiments pourraient affecter ces poissons en modifiant leur rythme respiratoire et leur vision ainsi qu’en altérant les habitats de prédilection par une diminution de la clarté de l’eau, une augmentation de l’envasement des substrats et le transport sélectif possible d’agents polluants, dont le phosphore. L’envasement excessif des substrats pourrait affecter négativement le méné camus en étouffant les œufs déposés dans le substrat ou en dégradant l’habitat de frai potentiel.

Charges en éléments nutritifs

Les apports d’éléments nutritifs (nitrates et phosphore) en excès dans les plans d’eau peuvent influer négativement sur l’habitat du méné camus en favorisant la prolifération d’algues et la réduction des concentrations d’oxygène dissous qui font suite lorsque ces algues périssent. La charge en éléments nutritifs est citée comme l’une des principales menaces pesant sur l’espèce dans certaines zones actuellement et historiquement occupées par le méné camus (c.-à-d. la baie Long Point, le parc national de la Pointe-Pelée et la baie Rondeau) (EREE, 2008). On peut constater ce problème de façon toute particulière dans la baie Rondeau, où des charges en éléments nutritifs provenant des terres agricoles et des zones résidentielles adjacentes ont un impact négatif sur les habitats des milieux humides. La diversité des espèces végétales a tendance à diminuer avec l’augmentation des concentrations d’éléments nutritifs du fait que des espèces comme la massette et le roseau commun (Phragmites australis) sont des compétiteurs plus efficaces en présence de quantités excessives d’éléments nutritifs (Gilbert et al., 2007). Même si les milieux humides sont considérés comme très importants pour leur capacité de filtration de l’eau, ces systèmes sont affectés lorsque les concentrations d’éléments nutritifs (et de produits chimiques) excèdent de beaucoup les concentrations de référence (Gilbert et al., 2007).

Les concentrations élevées et persistantes de phosphore total et la tendance apparente à la hausse des concentrations en nitrates dans certains cours d’eau donnent à penser qu’il s’agit d’une préoccupation d’actualité (EREE, 2008).

Espèces exotiques

La carpe commune (Cyprinus carpio) pourrait nuire au méné camus en déracinant la végétation aquatique essentielle au frai et au couvert. Ce poisson pourrait également causer une augmentation des niveaux de turbidité résultant de la bioturbation (perturbation des sédiments par l’alimentation et d’autres activités) (Lougheed et al., 2004). Cette augmentation serait improbable dans les zones affichant des substrats sablonneux (ERRA, 2006); toutefois, dans les emplacements caractérisés par des substrats plus fins où l’on trouve la carpe commune, elle pourrait présenter un risque pour le méné camus.

Les espèces végétales exotiques suscitent également des préoccupations relativement à l’abondance du méné camus du fait qu’elles peuvent modifier de façon substantielle les communautés végétales des milieux humides (EREE, 2008). Deux espèces qui suscitent des préoccupations particulières sont le roseau commun et le myriophylle en épi. Ce dernier est une plante aquatique submergée envahissante originaire d’Europe qui croît rapidement au printemps et qui produit des mattes denses de végétation (Environnement Canada, 2006). Cette plante robuste est capable de surpasser les espèces de plantes indigènes établies et de créer une monoculture en détruisant les végétaux de prédilection du méné camus. Dans les années 1960, une prolifération de myriophylle en épi a remplacé les abondants lits de végétation immergée dans la baie Rondeau. Lorsque l’espèce a mystérieusement disparu du paysage en 1977, l’habitat était devenu inapproprié pour la recolonisation par de la végétation aquatique submergée. On estime que cette situation a été causée par l’augmentation de l’effet des vagues qui a entraîné de l’érosion et a empêché la fixation des apports en sédiments dans la baie (Hanna, 1984). En outre, la disparition du méné camus ainsi que de sept autres espèces dans un lac du Wisconsin a été reliée à la prolifération du myriophylle en épi (Lyons, 1989). L’épais couvert de végétation peut entraîner une augmentation des concentrations de phosphore et d’azote dans la colonne d’eau, contribuant à l’accroissement de la production algale, ce qui peut réduire les taux d’oxygène dissous. Malheureusement, l’enlèvement du myriophylle en épi pourrait également nuire au méné camus, car les méthodes préférées de lutte consistent à utiliser l’herbicide 2,4-D ou à enlever mécaniquement les plantes, ce qui pourrait affecter les plantes indigènes restantes, notamment dans la baie Rondeau (EREE, 2008).

Prises accessoires (poissons-appâts)

Les activités de pêche qui se traduisent par des prises indirectes de ménés camus pourraient avoir un impact négatif sur l’abondance de la population. On se préoccupe en particulier des prises accessoires de cette espèce dans la récolte commerciale de poissons-appâts. Le méné camus n’est pas un poisson-appât légal en Ontario (Cudmore et Mandrak, 2011; MRN, 2011) et la mesure dans laquelle l’espèce constitue une prise accessoire dans la récolte de poissons-appâts en Ontario est inconnue. En raison de la rareté relative du méné camus et de son aire de répartition éparse, la probabilité que cette espèce fasse l’objet de prises accessoires est vraisemblablement faible, mais les prises accessoires demeurent un sujet de préoccupation et doivent être considérées comme une menace potentielle.

Changements dans la dynamique trophique

On a avancé que les changements apparents dans les communautés de poissons, qui sont passées d’un assemblage dominé par les cyprinidés (ménés) à un autre dominé par les centrarchidés (crapets-soleils), pourraient avoir des impacts négatifs sur le méné camus (Holm et Boehm, 1998), notamment dans le chenal Old Ausable (ERRA, 2006). Les résultats de ces changements pourraient comprendre une augmentation du nombre et de la diversité des prédateurs présents ou un accroissement de la compétition interspécifique pour l’accès aux ressources (Holm et Mandrak, 2002). Les données semblent indiquer que la diversité et l’abondance des ménés décroissent avec la hausse du nombre et de la diversité des prédateurs du littoral comme les achigans (Micropterus sp.) et les brochets (Esox sp.) (Whittier et al., 1997). Des espèces comme le brochet vermiculé (Esox americanus vermiculatus) et le grand brochet (E. lucius) ont cohabité avec le méné camus dans le parc national de la Pointe-Pelée dans les années 1940. Toutefois, d’autres prédateurs potentiels, comme la marigane noire (Pomoxis nigromaculatus), l’achigan à grande bouche (Micropterus salmoides) et le crapet sac-à-lait (Lepomis gulosus), n’ont pas été observés dans le parc avant 1958 (Holm et Mandrak, 2002). Il est possible que cette hausse du nombre de prédateurs ait eu un impact négatif sur le méné camus. Néanmoins, l’espèce a été observée en association avec un vaste éventail de prédateurs potentiels à des sites situés à proximité de l’île Walpole en 1999, une zone où elle est relativement commune (Holm et Mandrak, 2002). Les prédateurs potentiels étaient souvent abondants et comprenaient la marigane noire, le poisson-castor (Amia calva), le chabot de mer (Ameiurus sp.), le brochet vermiculé, l’achigan à grande bouche, le lépisosté osseux (Lepisosteus osseus), le grand brochet, le crapet de roche (Ambloplites rupestris) et la perchaude (Perca flavescens) (Holm et Mandrak, 2002).

On a élaboré une théorie selon laquelle l’augmentation de la concurrence à l’égard des ressources avec les juvéniles d’espèces comme la marigane noire, le crapet arlequin (Lepomis macrochirus) et les crayons d’argent adultes ([Labidesthes sicculus], aucun individu de cette espèce n’ayant été capturé depuis 1958) peut également jouer un rôle dans le déclin du méné camus dans le Parc national de la Pointe-Pelée. Ces espèces ont un régime alimentaire semblable à celui du méné camus, se nourrissant essentiellement de cladocères et, à l’occasion, de matériel végétal (Holm et Mandrak, 2002). Toutefois, des crayons d’argent ainsi que des crapets arlequins et des mariganes noires juvéniles ont été observés avec le méné camus durant les relevés de 1999 à l’île Walpole (Holm et Mandrak, 2002); de l’incertitude entoure donc l’ampleur de la menace que représente la concurrence pour la nourriture.

Changement climatique

Le changement climatique peut avoir des effets importants sur les communautés aquatiques du bassin des Grands Lacs, et ce, par l’entremise de plusieurs mécanismes. Ces effets comprennent l’augmentation des températures de l’eau et de l’air, les changements (diminutions) des niveaux d’eau, le raccourcissement de la durée de la période de glace, l’augmentation de la fréquence des événements météorologiques extrêmes, l’émergence de maladies et les changements dans la dynamique prédateurs-proies (Lemmen et Warren, 2004). Ces effets peuvent être particulièrement importants pour le méné camus en raison de l’utilisation qu’il fait des milieux humides côtiers et des habitats sublittoraux. Cependant, il est impossible de prédire la probabilité et l’impact du changement climatique sur chaque population. En conséquence, le changement climatique n’a pas été inclus dans l’analyse des menaces pesant sur la population.

1.6 Mesures déjà réalisées ou en cours

Programmes de rétablissement écosystémique

Les programmes de rétablissement suivants axés sur l’écosystème aquatique concernent le méné camus et sont actuellement mis en œuvre par leurs équipes de rétablissement respectives. Chaque équipe est coprésidée par le MPO et par un office de protection de la nature et reçoit l’appui d’un éventail d’organismes et de personnes qui travaillent en partenariat. Les activités de rétablissement mises en œuvre par ces équipes comprennent des programmes d’intendance active et de sensibilisation/vulgarisation visant à réduire les menaces relevées. Pour de plus amples détails sur les mesures particulières qui sont actuellement prises, voir la section 2.5.1, Planification du rétablissement (intendance, vulgarisation et sensibilisation). Le financement de ces mesures provient du Fonds d’intendance des espèces en péril de l’Ontario et du Programme d’intendance de l’habitat pour les espèces en péril du gouvernement du Canada. En outre, les exigences relatives aux recherches à mener sur les espèces en péril établies dans les programmes de rétablissement sont financées, en partie, par le Fonds interministériel pour le rétablissement (FIR). Nota : bien que ces programmes de rétablissement soient appuyés par le MPO, ils ne sont pas considérés officiellement comme des programmes de rétablissement en vertu de la LEP.

Équipe de rétablissement de la rivière Ausable (ERRA)

L’Équipe de rétablissement de la rivière Ausable (ERRA) a élaboré un programme de rétablissement axé sur l’écosystème pour les 16 espèces aquatiques désignées en tant qu’espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) pour le bassin de la rivière Ausable. Ce plan couvre six espèces de poissons en péril inscrites à la liste de la LEP, dont le méné camus. Le but du programme est de produire un plan de rétablissement (accompagné d’un plan d’action) qui permet le maintien et le renforcement des communautés aquatiques indigènes de la rivière Ausable grâce à l’adoption d’une approche écosystémique axée sur les espèces en péril (ERRA, 2006).

Programme de rétablissement de la région Essex-Érié (EREE)

Le programme de rétablissement pour la région Essex-Érié repose également sur une approche axée sur l’écosystème et couvre 14 espèces de poissons désignées comme étant en péril par le COSEPAC, dont le méné camus (EREE, 2008). La région Essex-Érié est située sur la rive nord du lac Érié et est limitée à l’est par le bassin hydrographique de la rivière Grand, à l’ouest par la rivière Détroit et au nord par le lac Sainte-Claire et le bassin hydrographique de la rivière Thames. Le but à long terme de ce programme est de maintenir et de restaurer la qualité et les fonctions de l’écosystème de la région Essex-Erié pour qu’il puisse soutenir des populations viables d’espèces en péril, dans leur aire de répartition actuelle et passée (EREE, 2008).

Programme de rétablissement de l’écosystème de l’île Walpole

En 2001, on a mis sur pied l’équipe de rétablissement de l’écosystème de l’île Walpole afin qu’elle élabore un programme de rétablissement axé sur l’écosystème du secteur englobant le delta de la rivière Sainte-Claire, qui est le plus grand delta d’eau douce des Grands Lacs, dans le but de délimiter les étapes à suivre pour maintenir ou restaurer l’écosystème et les espèces en péril (Bowles, 2005). Ce programme de rétablissement couvre plusieurs espèces de poissons en péril inscrites à la liste de la LEP, dont le méné camus. Le but du programme de rétablissement de l’écosystème de l’île Walpole est de conserver et de rétablir les écosystèmes du territoire de l’île Walpole conformément à l’énoncé de philosophie environnementale de la Première nation de l’île Walpole, de créer des occasions de développement culturel et économique et d’assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril au Canada (Bowles, 2005).

Relevés récents

Le tableau 4 résume les relevés de poissons récents effectués par divers organismes dans les zones d’occurrence connues du méné camus.

Tableau 4. Résumé des relevés ciblant des assemblages de poissons récents (depuis 2000) dans les zones d’occurrence connues du méné camus Il convient de noter qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive.
Plan d’eau/zone généraleDescription du relevé (années du relevé)Types d'engins de pêcheMéné camus observé (Oui/Non)
Chenal Old Ausable/lac Mouth
  • Échantillonnage ciblé d’espèces en péril, MPO, Office de protection de la nature d’Ausable-Bayfield (2002, 2004, 2005, 2009, 2010)
senne; électropêche (bateau); verveuxOui
Rivière Teeswater
  • Échantillonnage ciblé, MPO (2005, 2009, 2010)
senne; électropêche (groupe portable)Oui
Lac Sainte-Claire et tributaires
  • Relevé sur les communautés de poissons situées près du rivage, MRN (2007, 2008)
senne; électropêche (bateau)Oui
Lac Sainte-Claire et tributaires
  • Relevés indicateurs du lac Sainte-Claire, MRN (chaque année)
 Non
Lac Sainte-Claire et tributaires
  • Relevé des communautés de poissons du Department of Natural Resources du Michigan (1996-2001)
chalutOui
Lac Sainte-Claire et tributaires
  • Relevé des communautés de poissons de l’île Walpole, Musée royal de l’Ontario (1999, 2002)
senne; électropêche (bateau);Non
Lac Sainte-Claire et tributaires
  • Échantillonnage ciblé d’espèces de poissons en péril dans la région Essex-Érié, MPO (2007)
senne; trappe en filetNon
Lac Sainte-Claire et tributaires
  • Relevé indicateur à la senne des jeunes de l’année, MRN (de façon intermittente depuis 1979)
senneNon
Lac Sainte-Claire et tributaires
  • Relevé d’automne à la trappe en filet, MRN (1974-2007, à l’exclusion de 1999 et de 2002, annuel)
trappe en filet 
Lac Sainte-Claire et tributaires
  • Échantillonnage ciblé d’espèces en péril dans le bassin hydrographique du lac Sainte-Claire, MPO (2003, 2005-2010)
senne; électropêche (groupe portable)Non
 
  • Relevé de la communauté de poissons sublittorale, MPO (2010)
chalutNon
Rivière Détroit
  • Associations poissons-habitats dans la rivière Détroit, MPO et Université de Windsor (2003-2004)
senne; électropêche (bateau)Non
Rivière Détroit
  • Milieux humides côtiers de la rivière Détroit, MPO et Université de Guelph (2004-2005)
électropêche (bateau); verveuxNon
Rivière Détroit
  • Relevés des communautés de poissons, MPO et MRN (2003-2004)
électropêche (bateau)Non
Région d’Essex
  • Cours d’eau de l’intérieur des terres (2000-2001), échantillonnage ciblé (2004), relevés dans les canaux de drainage et les cours d’eau de l’intérieur des terres (2004, 2007), MPO et Office de protection de la nature de la région d’Essex
électropêche (groupe portable)Oui
Parc national de la Pointe-Pelée et habitats riverains
  • Étude sur la composition des espèces de poissons (Surette, 2006), Université de Guelph, MPO et parc national de la Pointe-Pelée (2002-2003)
senne; trappe en filet; verveux; piège à méné; trappe WindemereNon
Parc national de la Pointe-Pelée et habitats riverains
  • Recherche sur le lépisosté tacheté (Lepisosteus oculatus), Université de Windsor, MPO (2007-2009)
électropêche (bateau); verveuxNon
Baie Rondeau
  • Relevés des communautés de poissons, MRN et MPO (2004-2005)
senne; électropêche (bateau); verveuxNon
Baie Rondeau
  • Recherche sur le lépisosté tacheté, Université de Windsor, MPO (2007-2009)
électropêche (bateau); verveuxNon
Baie Long Point
  • Relevés indicateurs dans la baie Long Point, MRN (annuels)
chalutOui
Baie Long Point
  • Évaluation de la communauté de poissons, MRN (2007-2009)
senne; électropêche (bateau); verveuxOui
Baie Long Point
  • Échantillonnage ciblant les espèces en péril dans la région Essex-Érié (pointe Turkey), Office de protection de la nature de la région d’Essex, MPO (2007)
senne; électropêche (bateau); trappe en filetOui
Baie Long Point
  • Échantillonnage ciblant les espèces en péril dans la baie Long Point, Long Point Bay Conservation Authority (2009, 2010)
senne; verveuxOui
Baie Wellers, lac West, lac East, baie Waupoos
  • Évaluation de la communauté de poissons, MPO (2009)
senne; électropêche (groupe portable)Oui
Baie Wellers, lac West, lac East, baie Waupoos
  • Échantillonnage ciblé, MPO (2009, 2010)
senne; électropêche (groupe portable)Oui
Baie Wellers, lac West, lac East, baie Waupoos
  • Échantillonnage visant le lépisosté tacheté (2009)
 Non
Fleuve Saint-Laurent
  • Relevés sur les assemblages de poissons, MPO/parc national des Îles-du-Saint-Laurent (2005)
senne; électropêche (bateau); verveux; piège à ménéOui
Fleuve Saint-Laurent
  • Programme de surveillance à long terme de la communauté de poissons sublittorale, Agence Parcs Canada (2006 – 2011)
senne; électropêche (bateau); verveux; piège à ménéOui
Fleuve Saint-Laurent
  • Relevé sur les assemblages de poissons, MPO (2004)
électropêche (bateau)Non
Fleuve Saint-Laurent
  • Échantillonnage ciblé, MPO (2009, 2010)
senneOui
Fleuve Saint-Laurent
  • Relevé sur la communauté de poissons, MRN (chaque année)
filet maillantNon

1.7 Lacunes dans les connaissances

Maints aspects entourant la biologie et l’écologie du méné camus demeurent inconnus. Nous avons besoin de cette information pour améliorer les approches adoptées en matière de rétablissement et pour favoriser la désignation de l’habitat essentiel. Nous avons aussi besoin d’éclaircissements sur les menaces qui pèsent sur le méné camus pour être en mesure d’en déterminer avec exactitude la nature et l’étendue. Ainsi, la présence de l’espèce a été signalée dans des régions contaminées par un ensemble de substances chimiques présentes à des concentrations supérieures à celles permises dans les lignes directrices provinciales ou fédérales. Or, on ne connaît pas les effets directs et indirects de ces substances chimiques sur le méné camus et leurs interactions avec d’autres facteurs de perturbation de l’espèce (EREE, 2008). Une autre source d’incertitude est l’effet qu’auront la perte et la détérioration de terres humides intérieures et côtières sur la répartition du méné camus et sur sa capacité à se déplacer entre différentes zones et à en coloniser de nouvelles (Leslie et Timmins, 2002; EREE, 2008). Par ailleurs, l’incidence des poissons exotiques (p. ex. carpe commune, gobie à taches noires [Neogobius melanostomus]) sur le méné camus et son habitat est méconnue et exige une évaluation.

Introduction