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Programme de rétablissement du méné camus (Notropis anogenus) au Canada

2. Rétablissement

Le but, les objectifs et les approches de rétablissement suivants sont adaptés du Programme de rétablissement de la région Essex-Érié (EREE, 2008), lequel couvre une partie importante de l’aire de répartition canadienne du méné camus. D’autres considérations sont tirées du Programme de rétablissement de la rivière Ausable (ERRA, 2006).

2.1 Faisabilité du rétablissement

Le rétablissement du méné camus est considéré comme biologiquement et techniquement réalisable. Les critères suivants relatifs à la faisabilitéNote de bas de page1(Environnement Canada, 2005) du rétablissement de cette espèce ont été satisfaits.

  1. Des individus capables de reproduction sont-ils actuellement disponibles pour améliorer le taux de croissance de la population ou son abondance?

    Oui. Des populations reproductrices actuellement présentes dans le chenal Old Ausable, la baie Long Point (lac Érié), le lac Sainte-Claire et le fleuve Saint-Laurent pourraient servir à l’expansion naturelle, au transfert ou à la dissémination artificielle de l’espèce au besoin.

  2. Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles pour soutenir l’espèce, ou encore pourrait-on rendre de tels habitats disponibles par l’application de mesures de gestion ou de restauration?

    Oui. Des habitats adéquats sont présents dans plusieurs emplacements où des populations subsistent, en particulier dans le chenal Old Ausable, la zone entourant l’île Walpole (lac Sainte-Claire), les baies intérieures du comté du Prince-Édouard et le fleuve Saint-Laurent (zone à proximité du complexe de milieux humides de l’île Grenadier). L’amélioration de la qualité de l’eau et de la gestion de l’habitat (par l’application de méthodes d’intendance et de pratiques de gestion optimales [PGO]) pourrait permettre de restaurer l’habitat à des emplacements où les populations de ménés camus sont disparues ou sont en décroissance.

  3. Les menaces importantes qui pèsent sur l’espèce ou son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées par des mesures de rétablissement?

    Oui. Les menaces qui semblent poser un grave danger pour le méné camus, dont la sédimentation/turbidité et l’enlèvement de la végétation aquatique, peuvent être atténuées par des mesures de rétablissement. Il sera crucial de relever les sources d’éléments nutritifs et de sédiments en suspension qui affectent la qualité des terres humides côtières occupées par l’espèce en mettant en place des mesures correctives pour que nous puissions faire en sorte que ces habitats continuent de soutenir le méné camus (EREE, 2008).

  4. Les techniques de rétablissement requises existent-elles et sait-on si elles sont efficaces?

    Oui. Les techniques conçues pour réduire les menaces relevées (p. ex. PGO) et restaurer les habitats sont bien connues, et leur efficacité a été démontrée. Des réintroductions peuvent être possibles grâce aux techniques d’élevage en captivité ou de transfert d’adultes. L’élevage en captivité du méné camus ne fait l’objet d’aucune étude publiée, mais il a donné de bons résultats pour d’autres cyprinidés d’eau douce (p. ex. DeMarais et Minckley, 1993). Bryan et al. (2002), qui ont constaté que la présence de prédateurs indigènes avait sur le comportement de Lepidomeda vittata (une espèce de cyprinidé ayant reçu la désignation d’espèce menacée par l’administration fédérale américaine) une incidence moins forte que celle de prédateurs non indigènes, recommandent le contrôle ou l’élimination des prédateurs non indigènes dans l’habitat essentiel du méné ou dans les sites de transfert potentiels.

    L’enlèvement de la végétation et la perturbation des habitats sont les causes les mieux documentées de l’envahissement par des espèces végétales, mais il est possible d’établir des stratégies et des objectifs généraux de restauration des milieux humides à l’échelle des écorégions au moyen de renseignements sur l’étendue actuelle et passée des terres humides et leurs répartitions types (Detenbeck et al., 1999).

2.2 But du rétablissement

Le but du programme de rétablissement à long terme (> 20 ans) est de maintenir des populations viables de ménés camus aux emplacements actuellement occupés par l’espèce et de rétablir des populations viables dans les emplacements qu’elle occupait autrefois, lorsque cela est possible.

2.3 Objectifs en matière de répartition et de population

En 2002, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a attribué au méné camus la désignation d’espèce en voie de disparition en partie en raison de la répartition limitée de l’espèce. Au moment de la publication du rapport du COSEPAC, il avait été établi que le méné camus subsistait à quatre emplacements au Canada et avait disparu de deux emplacements (Holm et Mandrak, 2002). Depuis la publication du rapport du COSEPAC, on a confirmé la présence du méné camus dans huit nouveaux emplacements et sa disparition d’un autre emplacement. À l’heure actuelle, on chiffre à 15 le nombre total d’emplacements confirmés où le méné camus subsiste et dont il a disparu.

Parmi les facteurs importants à considérer lorsque l’on détermine les objectifs en matière de population et de répartition, mentionnons le nombre de populations qui peuvent être présentes à un emplacement donné du fait qu’il est possible qu’un endroit abrite plus d’une population distincte. Dans ce contexte, un emplacement ne représente pas l’endroit où vit une population distincte, mais plutôt une zone géographique ou écologique précise dans laquelle un seul événement associé à une menace peut avoir rapidement un impact sur les individus de l’espèce présents (COSEPAC, 2010).

Afin de pouvoir accorder à cette espèce une désignation inférieure à celle d’espèce menacée en vertu des critères du COSEPAC, il faut qu’au moins une population autonome subsiste dans au moins 11 emplacements. Les multiples populations présentes dans un seul emplacement doivent être maintenues. À l’heure actuelle, on ne connaît pas le nombre de populations présentes dans chaque emplacement occupé par le méné camus au Canada; il faudra mener de nouvelles recherches afin d’établir ce nombre.

Les objectifs en matière de population et de répartition du méné camus sont d’assurer la persistance de populations viables aux douze emplacements où l’espèce subsiste (rivière Teeswater, chenal Old Ausable, lac Mouth, lac Sainte-Claire et ses tributaires, Réserve national de faune (RNF) de Sainte-Claire, rivière aux Canards, baie Long Point/ruisseau Big, baie Wellers, lac West, lac East, baie Waupoos et fleuve Saint-Laurent entre Eastview et Mallorytown Landing, y compris le parc national des Îles-du-Saint-Laurent) et de restaurer des populations viables dans la baie Rondeau, dans le parc national de la Pointe-Pelée et dans la rivière Gananoque, lorsque c’est possible.

Une modélisation récente menée par Venturelli et al.(2010) nous permet d’estimer que la taille de la population minimale viable (PMV) pour le méné camus est de 14 325 adultes, avec 10 % de probabilité qu’un événement catastrophique survienne par génération. Il sera cependant difficile d’atteindre un tel objectif sans avoir d’information sur la taille, les tendances démographiques et la répartition spatiale de la ou des populations ainsi que sur la qualité de l’habitat. Cette information est en grande partie manquante pour la majorité des emplacements qu’occupe le méné camus au Canada. D’autres recherches doivent être effectuées afin que nous puissions vérifier les résultats du modèle. Des objectifs plus faciles à quantifier peuvent être élaborés concernant la PMV, et le but en matière de rétablissement peut être précisé si de l’information sur l’abondance est recueillie.

2.4 Effets sur d’autres espèces

Les objectifs de rétablissement à court terme suivants seront poursuivis sur une période de cinq à dix ans pour favoriser l’atteinte du but à long terme.

  1. Préciser les objectifs relatifs à la population et à la répartition.
  2. Préciser et protéger l’habitat essentiel.
  3. Déterminer les tendances à long terme affichées par la population et l’habitat.
  4. Évaluer et réduire au minimum les menaces pesant sur l’espèce et son habitat.
  5. Examiner la faisabilité de l’ensemencement ou de la réintroduction d’une population qui peut avoir disparu du pays ou dont l’abondance peut être réduite.
  6. Améliorer l’efficacité des efforts de rétablissement en coordonnant les équipes de rétablissement des écosystèmes aquatiques et terrestres et les autres initiatives/groupes appropriés ou complémentaires.
  7. Mieux sensibiliser le public à l’égard du méné camus, du rôle que jouent les écosystèmes aquatiques de qualité et de leur importance pour les humains.

2.5 Approches recommandées pour l’atteinte des objectifs de rétablissement

2.5.1 Planification du rétablissement

Les trois approches générales recommandées – décrites aux tableaux 5 à 7 – pour l’atteinte des objectifs de rétablissement sont les suivantes : recherche et surveillance (tableau 5); gestion et coordination (tableau 6); intendance, vulgarisation et sensibilisation (tableau 7). Chaque tableau comporte un ordre de priorité (urgent, nécessaire, bénéfique), un lien avec les objectifs de rétablissement à atteindre (énumérés ci-devant), une liste des mesures générales à adopter pour le traitement des menaces, une description de la menace traitée, les mesures particulières à prendre et les résultats ou extrants proposés pour la mesure des progrès accomplis. Chaque tableau est suivi d’un texte donnant plus d’explications sur une approche particulière.

Les approches recommandées seront mises en œuvre en collaboration avec les équipes de rétablissement écosystémique appropriées qui sont déjà en place (décrites à la section 1.6) et les groupes de mise en œuvre connexes. Une importance plus élevée sera attribuée aux mesures associées aux priorités urgentes de l’approche axée sur la recherche et la surveillance (tableau 5), car les données ainsi recueillies seront utiles pour éclairer la mise en œuvre des mesures décrites aux tableaux 6 et 7.

Tableau 5. Planification du rétablissement – Recherche et surveillance
PrioritéObjectif traitéApproche générale vis-à-vis des menacesMenaces traitéesMesures particulièresRésultats ou extrants (établir des cibles mesurables)
Urgenti, ii1-1. Relevés et surveillance préliminaires – Emplacements où l’espèce subsisteToutesEffectuer des relevés ciblés dans des emplacements où l’on sait que le méné camus subsiste : régions non échantillonnées du chenal Old Ausable, de la baie Long Point, du fleuve Saint-Laurent, du lac Sainte-Claire et de la rivière aux Canards.Déterminer la santé, l’aire de répartition, l’abondance et l’effectif des populations et contribuer à préciser les descriptions de l’habitat essentiel.
Urgenti, ii1-2. Relevés et surveillance préliminaires – Emplacements où l’espèce n’a été observée que récemment et où sa présence est soupçonnéeToutesEffectuer des relevés ciblés aux emplacements où l’espèce n’a été observée que récemment et où sa présence est soupçonnée : marais intérieurs de la pointe Turkey (baie Long Point), rivière Teeswater (bassin hydrographique de la rivière Saugeen), baie Wellers, lac West, lac East, baie Waupoos, ruisseau Big (comté de Haldimand-Norfolk), rive sud et tributaires du lac Sainte-Claire et lacs en croissant à proximité du chenal Old Ausable.Déterminer la présence ou l’absence de populations à ces emplacements. 
Urgenti, ii1-3. Relevés et surveillance préliminaires – Emplacements occupés autrefois par l’espèceToutesEffectuer des relevés ciblés dans les emplacements occupés autrefois par l’espèce : parc national de la Pointe-Pelée, baie Rondeau et rivière Gananoque.Déterminer la présence ou l’absence de populations à ces emplacements. 
Urgenti, ii, iii1-4. Surveillance – Populations et habitatToutesÉlaborer et mettre en œuvre un programme de surveillance de l’habitat et un programme de surveillance de la population reposant sur un indice normalisé qui comportent un protocole d’échantillonnage et de formation particulier.Être en mesure d’évaluer les changements observés dans l’aire de répartition et l’abondance de l’espèce, ses caractéristiques démographiques clés et les changements survenus dans les caractéristiques de l’habitat, son étendue et sa qualité. Aider à élaborer un modèle d’évaluation de l’habitat. 
Urgentii, iii1-5. Recherche – Besoins en matière d’habitatModifications de l’habitat; enlèvement de la végétation aquatique; charges en sédiments; charges en éléments nutritifsDéterminer les besoins saisonniers relatifs à l’habitat à tous les stades de développement du méné camus.Aider à améliorer les descriptions de l’habitat essentiel du méné camus. Aider à élaborer un modèle d’évaluation de l’habitat. 
Urgentii, iv, v1-6. Recherche – Paramètres de la qualité de l’eauModifications de l’habitat; enlèvement de la végétation aquatique; charges en sédiments; charges en éléments nutritifsDéterminer les seuils de tolérance physiologiques du méné camus en regard de divers paramètres de la qualité de l’eau (p. ex. oxygène dissous, éléments nutritifs) et les comparer aux normes actuelles.Déterminer si les lignes directrices provinciales ou fédérales actuelles sur la qualité de l’eau sont suffisantes pour protéger le méné camus. 
Urgentiv1-7.Recherche –Usines d’épuration des eaux usées, installations de traitement des eaux pluviales et systèmes de fosses septiquesCharges en sédiments; charges en éléments nutritifsÉtablir quels sont les secteurs d’opération qui peuvent contribuer à l’envasement et à l’accroissement des charges en éléments nutritifs en aval. Proposer des améliorations pouvant contribuer à réduire les apports en éléments nutritifs et en solides en suspension provenant de zones urbaines.Déterminer si les effluents d’eaux usées ou d’eaux pluviales ont des impacts sur le méné camus et, le cas échéant, quels sont ces impacts. Contribuer au rétablissement du méné camus et à l’amélioration de la qualité de l’eau des bassins hydrographiques qu’il occupe. 
Urgentiv1-8. Évaluation des menaces – Changements dans les conditions régnant dans l’habitatToutesComparer les habitats de populations subsistantes avec ceux d’emplacements qu’occupait autrefois l’espèce (p. ex. parc national de la Pointe-Pelée, baie Rondeau). Étudier et évaluer l’importance des menaces qui peuvent peser sur les populations subsistantes. Prendre des mesures pour atténuer les menaces immédiates relevées.Clarifier les menaces présentes et aider à désigner l’habitat approprié pour la réintroduction. Aider à évaluer la gravité de certaines menaces pesant sur certaines populations et à atténuer les impacts de ces menaces. Peut contribuer à l’amélioration des descriptions de l’habitat essentiel du méné camus. 
Nécessaireiv1-9. Évaluation des menaces – Changements dans la dynamique trophique; espèces exotiquesChangements dans la dynamique trophique; espèces exotiquesFaire des comparaisons démographiques et temporelles au moyen de données sur les communautés de poissons pour atténuer l’incertitude concernant les effets négatifs des centrarchidés sur les cyprinidés en général et sur le méné camus en particulier. Évaluer les impacts des espèces exotiques (y compris la carpe commune et le myriophylle en épi) sur le méné camus et son habitat.Déterminer quels sont les impacts que les centrarchidés ont, le cas échéant, sur le méné camus (dans le chenal Old Ausable en particulier). Aider à évaluer la gravité de la menace posée par les espèces exotiques dans les milieux humides de prédilection de l’espèce. 
Nécessaireiv1-10. Surveillance de la qualité de l’eauCharges en sédiments; charges en éléments nutritifsMesurer les charges en sédiments et en éléments nutritifs provenant des cours d’eau.Déterminer des zones prioritaires pour la restauration ou l’intendance. 
Nécessairev1-11. Croissance de la population (recherche)ToutesExaminer la faisabilité du transfert et de la réintroduction dans les zones d’habitat adéquat dont l’espèce a disparu. Élaborer un plan de réintroduction, lorsqu’il y a lieu. (Voir la section 2.1 pour plus de détails.)Déterminer si de petites populations peuvent être augmentées ou si l’espèce peut être réintroduite dans les emplacements qu’elle occupait dans le passé. 
Bénéfiqueiv1-12. Surveillance – Espèces exotiquesEspèces exotiquesEffectuer un suivi des bassins hydrographiques pour détecter les espèces exotiques préoccupantes en collaboration avec les équipes de rétablissement des écosystèmes aquatiques.Effectuer un suivi de la progression ou de l’établissement des espèces exotiques afin de permettre d’atténuer cette menace au plus tôt. 
Relevés préliminaires et surveillance (1-1, 1-2 et 1-3)

Les relevés préliminaires permettront de confirmer les limites de l’étendue complète de l’aire de répartition de l’espèce et de son habitat dans quatre principaux emplacements où l’espèce subsiste. Des relevés ciblés doivent être effectués non seulement dans les emplacements qu’occupait autrefois l’espèce, mais aussi dans ceux où elle a été récemment observée et où sa présence est soupçonnée afin que l’on puisse vérifier les signalements récents. Les méthodes d’échantillonnage doivent être normalisées, inclure une évaluation pertinente des caractéristiques de l’habitat et recourir à des techniques d’une efficacité éprouvée pour la détection du méné camus (p. ex. pêche à la senne de rivage) (ERRA, 2006) (voir Portt et al., 2008, pour une description de méthodes d’échantillonnage efficaces pour l’espèce). Ces relevés aideront également à déterminer quels sont les besoins en matière d’habitat qui doivent être satisfaits pour assurer la pérennité de l’espèce.

Surveillance – Populations et habitat (1-4)

Un programme de surveillance à long terme doit assurer : un suivi quantitatif des changements dans l’abondance et l’effectif de la population; une analyse de l’utilisation et de la disponibilité de l’habitat ainsi que des changements qui surviennent dans ces paramètres au fil du temps; la détection de la présence d’espèces exotiques, comme la carpe commune. Les protocoles de suivi doivent tenir compte des méthodes d’échantillonnage utilisées pour les relevés préliminaires (voir ci-devant) et fournir des indications sur le calendrier d’échantillonnage et sur les types d’échantillons biologiques à prélever (p. ex. écailles, rayons de nageoire, longueur, poids).

Croissance de la population (1-11)

Les efforts de réintroduction en vue de rétablir des populations viables de ménés camus doivent tenir compte des éléments suivants.

  1. Avant d’élaborer tout plan de réintroduction, il sera nécessaire d’effectuer un échantillonnage intensif et de s’assurer que la population a bel et bien disparu de l’endroit.
  2. Le succès de la réintroduction reposera sur la compréhension des besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur la disponibilité d’un habitat adéquat suffisamment étendu dans le site de réintroduction. Il faudra effectuer les relevés nécessaires pour caractériser les conditions ayant cours dans l’habitat et établir les mesures appropriées à prendre pour améliorer les habitats dégradés. Si les besoins de l’espèce en matière d’habitat sont mal compris, il faudra réaliser des études sur l’utilisation de ces habitats.
  3. Aucune réintroduction ne devra être envisagée tant que les causes de la disparition ne seront pas comprises et traitées.
  4. Il faut désigner les populations sources qui soutiendront la réintroduction. Idéalement, ces populations sont très diversifiées sur le plan génétique, et leur composition génétique s’est développée dans des conditions historiques similaires à celles du site de réintroduction. Dans la mesure du possible, on préférera les populations sources qui proviennent du même bassin hydrographique.
  5. Le prélèvement d’individus des populations sources ne devra pas affecter négativement l’état de ces populations.
  6. La méthode de réintroduction optimale (p. ex. transfert d’adultes ou élevage en captivité) devra être déterminée. Si l’élevage en captivité est la méthode privilégiée, il faudra déterminer les méthodes de dissémination et d’élevage de même que les installations d’élevage appropriées.
  7. Afin d’établir avec succès des populations viables et de préserver leur composition génétique, il faudra déterminer le nombre d’individus à réintroduire, les stades du cycle de vie appropriés à cette opération de même que la fréquence et la durée des ensemencements.
  8. Il faudra procéder à un suivi afin de s’assurer que les populations nouvellement établies sont viables, que le taux d’ensemencement est approprié et que les conditions qui règnent dans l’habitat sont toujours adéquates.
  9. Tout projet de réintroduction associé au présent programme exigera la préparation d’un plan de réintroduction qui traitera des aspects logistiques et écologiques discutés plus haut de même que des questions relatives aux intervenants.

La réintroduction devra être conforme aux directives de l’American Fisheries Societyportant sur la réintroduction des poissons menacés ou en voie de disparition (Williams et al., 1988) et au Code national sur l’introduction et le transfert d’organismes aquatiques (Pêches et Océans (MPO), 2003).

Tableau 6. Tableau de planification du rétablissement – Gestion et coordination.
PrioritéNuméro de l’objectifApproche généraleMenaces traitéesÉtapes précisesRésultats ou extrants (établir des cibles mesurables)
Urgentvi1. Coordination avec d’autres équipes de rétablissement et organismes pertinentsToutesTravailler de pair avec des organismes pertinents (p. ex. USFWS, offices de protection de la nature, Premières nations) et des équipes de rétablissement (écosystémique ou monospécifique) pour partager les connaissances, mettre en œuvre les mesures de rétablissement et se tenir au courant des observations fortuites.Permettra de combiner des ressources, d’assurer le partage d’informations, de donner la priorité aux mesures les plus urgentes dans l’aire de répartition de l’espèce et de coordonner l’application de l’approche adoptée pour le rétablissement.
Urgentvi, vii2. Urbanisme municipal – EngagementPerte de l’habitat physiqueInciter les municipalités à inclure dans leurs plans officiels d’urbanisme la protection des habitats qui sont importants pour le chat-fou du Nord.Aidera au rétablissement du chat-fou du Nord et à la prévention de toute nouvelle dégradation de la qualité de l’eau dans les bassins hydrographiques où il vit.
Urgentii3. Gestion de l’habitatPerte de l’habitat physiqueS’assurer que les organismes de planification et de gestion connaissent les habitats qui sont importants pour le chat-fou du Nord.Aidera à protéger les habitats importants du chat-fou du Nord des activités industrielles et de développement (p. ex. dragage, marinas).
Nécessairevi, vii4. Évaluation des bassins hydrographiques – Facteurs de stressToutesEn collaboration avec les organismes et équipes de rétablissement écosystémique concernés, évaluer les facteurs de stress à l’échelle des bassins hydrographiques qui touchent les populations et leurs habitats.Permettra de relever plusieurs facteurs de stress susceptibles d’affecter les populations de chats-fous du Nord.
bénéfiqueiv5. Plan de gestion des espèces exotiquesEspèces exotiquesÉlaborer un plan de gestion des risques potentiels et proposer des mesures en réponse à la présence d’espèces exotiques de même qu’à l’arrivée et à l’établissement de nouvelles espèces exotiques.Assurera une intervention rapide si cette menace devenait plus importante.
Coordination avec d’autres équipes de rétablissement et groupes concernés (2-1)

Un grand nombre des menaces auxquelles le méné camus fait face résultent de la perte et de la dégradation d’habitats où vivent de nombreuses espèces aquatiques et espèces dont la survie repose sur l’écosystème des terres humides. Les programmes de rétablissement reposant sur l’écosystème (comme ceux de la rivière Ausable et de la région Essex-Érié) ont intégré les besoins du méné camus à leurs stratégies à l’échelle du bassin hydrographique. Ces programmes de rétablissement utilisent, en plus de faire appel à des considérations monospécifiques, des stratégies à l’échelle du bassin hydrographique pour améliorer des conditions environnementales comme la qualité de l’eau, ce qui est bénéfique tant pour le méné camus que pour d’autres espèces. On recommande l’adoption d’une approche coordonnée et cohérente entre les groupes concernés, l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario, les Premières nations et les équipes de rétablissement écosystémique, car cela permet d’optimiser les possibilités de partage des ressources et de l’information ainsi que de mettre en commun les expertises.

Planification municipale – participation (2-2)

Deux principales menaces pesant sur le méné camus sont les modifications de l’habitat et la piètre qualité de l’eau (c.-à-d. les charges en sédiments et les charges en éléments nutritifs), lesquelles peuvent avoir de graves impacts sur le potentiel de rétablissement de l’espèce. Cette approche permet aux organismes de planification et de gestion de savoir quels sont les habitats importants pour le méné camus. La communication et la coordination avec les conseils de planification municipale et les Premières nations permettront d’augmenter la probabilité que d’autres impacts négatifs sur l’habitat de prédilection de l’espèce soient évités.

Il faut gérer les mesures d’intendance et d’amélioration de l’habitat (tableau 7) selon les régions afin de traiter les menaces les plus graves signalées pour les plans d’eau que fréquente le méné camus (pour de l’information sur les menaces, voir le tableau 3).

Tableau 7. Planification du rétablissement – Intendance, vulgarisation et sensibilisation
PrioritéObjectif traitéApproche générale vis-à-vis des menacesMenaces traitéesMesures particulièresRésultats ou extrants (établir des cibles mesurables)
Urgentiv, vi, vii3-1. Intendance – Promotion des initiatives relatives à l’habitatNote de tableauaModifications de l’habitat; charges en sédiments; charges en éléments nutritifs; enlèvement de la végétation aquatiqueFaire la promotion de l’intendance parmi les propriétaires fonciers et les Premières nations vivant à proximité des habitats du méné camus ainsi que parmi les autres propriétaires fonciers locaux dont les activités peuvent avoir des effets directs ou indirects sur l’habitat de l’espèce.Accroître le soutien et le degré de sensibilisation de la communauté aux initiatives de rétablissement. Mieux faire connaître le méné camus et les occasions d’améliorer la qualité de l’eau et l’habitat de l’espèce.
Urgentvi, vii3-2. Collaboration et partage de l’informationNote de tableau aToutesCollaborer avec les groupes, les Premières nations, les initiatives et les équipes de rétablissement concernés pour mettre en œuvre des mesures de rétablissement qui profiteront au méné camus.Faire appel à de multiples expertises pour mettre en œuvre des mesures communes de rétablissement et veiller à la diffusion de l’information en temps opportun, dans un esprit de coopération.
Urgentiv, vi, vii3-3. Intendance – Mise en œuvre des PGONote de tableau aModifications de l’habitat; charges en sédiments; charges en éléments nutritifs; enlèvement de la végétation aquatiqueCollaborer avec les propriétaires fonciers, les Premières nations et les groupes d’intérêt concernés à la mise en œuvre des PGO dans les secteurs où elles offriront le plus d’effets bénéfiques. Encourager l’achèvement et la mise en application des plans environnementaux en agriculture et des plans de gestion des éléments nutritifs.Réduire au minimum les menaces posées par l’érosion du sol, la sédimentation et la contamination par des éléments nutritifs.
Nécessairevii3-4. Stratégie de communicationToutesÉlaborer et mettre en œuvre une stratégie de communications qui identifie des partenaires, des publics cibles, des approches, des produits d’information ainsi que des occasions de formation et de sensibilisation et qui aidera au rétablissement de l’espèce.Fournir une base stratégique pour sensibiliser le public aux espèces en péril et pour faire la promotion des façons les plus efficaces de solliciter la participation de la communauté et du public au rétablissement de l’espèce.
Nécessairevii3-5. Intendance – Aide financière/ incitatifs financiersNote de tableau aToutesFaciliter l’accès aux sources de financement fédérales et provinciales pour les propriétaires et les groupes communautaires locaux qui prennent part aux activités d’intendance.Faciliter la mise en œuvre des efforts de rétablissement et de PGO liées à l’amélioration de la qualité de l’eau, à la réduction des charges en sédiments, etc.
Nécessairevii3-6. Sensibilisation aux préoccupations des propriétaires fonciersNote de tableau aToutesFournir aux propriétaires fonciers des documents clairs qui précisent les possibilités de financement offertes et qui traitent de leurs préoccupations concernant leurs responsabilités en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP).Traiter des préoccupations des propriétaires fonciers quant aux répercussions de la présence de ménés camus sur leur propriété ou à proximité de celle-ci et accroître l’intérêt et la participation du public quant aux initiatives d’intendance.
Bénéfiqueiv, vii3-7. Sensibilisation – prises fortuitesPrises accidentelles – Poissons-appâtsFournir une trousse d’information sur le méné camus aux pêcheurs de poissons-appâts. Leur demander d’éviter les habitats occupés de même que de rejeter et de signaler tout méné camus capturé.Aider à prévenir les prises accidentelles de ménés camus en tant que poissons-appâts et accroître les efforts de surveillance de cette espèce.
Bénéfiqueiv, vii3-8. Sensibilisation à l’introduction d’espèces exotiques/de poissons-appâtsEspèces exotiquesMieux sensibiliser le public aux effets possibles des espèces exotiques sur l’écosystème, y compris sur le méné camus. Inciter les gens à ne pas jeter le contenu de leur seau à poissons-appâts.Aider à prévenir l’introduction de nouvelles espèces exotiques dans les zones occupées par le méné camus.

Notes de tableau

Note de tableau a

Mesures actuellement mises en œuvre dans le cadre d’un ou de plusieurs programmes de rétablissement écosystémique (voir la section 1.6).

Initiatives relatives à l’intendance et aux habitats (3-1)

On doit déployer des efforts à grande échelle pour améliorer la qualité des habitats situés dans des bassins hydrographiques que fréquente le méné camus. Il s’agit là d’une occasion de faire participer les propriétaires fonciers, les communautés locales, les Premières nations et les conseils d’intendance aux enjeux liés au rétablissement du méné camus, à la qualité des écosystèmes et du milieu, à la protection des eaux saines, à la gestion des éléments nutritifs, aux PGO, aux projets d’intendance et aux programmes d’incitatifs financiers connexes. À cette fin, les équipes de rétablissement des écosystèmes de la rivière Ausable et de la région Essex-Érié ont déjà établi des programmes et des activités d’intendance permanents (mis en œuvre par de multiples organismes) qui profiteront au méné camus.

Intendance – Mise en œuvre des PGO (3-3)

La mise en œuvre des PGO sera en grande partie facilitée par les programmes d’intendance établis. Des activités d’intendance supplémentaires seront coordonnées avec des organismes en place dans des secteurs situés à l’extérieur des limites des programmes écosystémiques. Pour être efficaces, les PGO doivent viser à atténuer les principales menaces pesant sur l’habitat essentiel. Les PGO mises en œuvre comprendront les pratiques suivantes : aménagement de zones tampons riveraines, conservation du sol, amélioration des systèmes de fosses septiques pour prévenir la fuite d’éléments nutritifs dans les eaux de ruissellement, gestion des troupeaux, gestion des éléments nutritifs et du fumier et drainage au moyen de tuyaux. Les plans environnementaux en agriculture permettent d’établir un ordre de priorité pour la mise en œuvre de PGO dans des exploitations agricoles et sont souvent une condition préalable à l’admissibilité aux programmes de financement. Pour de plus amples renseignements sur les PGO, voir les Pratiques de gestion optimales du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales.

2.6 Mesure du rendement

On évaluera la réussite de la mise en œuvre de l’approche de rétablissement recommandée en particulier au moyen de relevés périodiques portant sur la population de l’espèce (abondance et répartition) et ses habitats (qualité et quantité) ainsi que de mesures de suivi. On établira des objectifs quantifiables pour le méné camus au cours des cinq années à venir. Le programme de rétablissement sera passé en revue dans cinq ans, ce qui permettra de vérifier dans quelle mesure les cibles à court et à long terme ont été atteintes. Le but et les objectifs actuels seront examinés selon un cadre de gestion souple (c.-à-d. que les nouveaux renseignements permettront d’éclairer les décisions de gestion selon un processus itératif) et seront commentés par les équipes de rétablissement écosystémique concernées. Pour chaque objectif de rétablissement, des indicateurs de rendement mesurables pour les mesures qui doivent être prises de façon urgente sont donnés au tableau 8.

Tableau 8. Objectifs de rétablissement et indicateurs de rendement pertinents.
Objectifs de rétablissementIndicateur de rendement
i. Préciser les objectifs relatifs à la population et à la répartition.
  • Mise au point du protocole de suivi des populations.
  • Achèvement des relevés de tous les emplacements historiques ou nouveaux ainsi que de tous les emplacements dans lesquels des populations subsistent ou sont soupçonnées de subsister.
  • Suivi d’au moins deux populations.
ii. Préciser et protéger l’habitat essentiel.
  • Réalisation des activités décrites dans le calendrier des études (section 2.7.5) en vue de la détermination complète de l’habitat essentiel selon les délais proposés.
iii. Déterminer les tendances à long terme affichées par la population et l’habitat.
  • Établissement d’un programme de surveillance à long terme de la population et de l’habitat et collecte de données de base pour toutes les populations.
iv. Évaluer et réduire au minimum les menaces pesant sur l’espèce et son habitat.
  • Réalisation de recherches pour évaluer les changements survenus dans les conditions régnant dans l’habitat aux emplacements dont l’espèce a disparue ou dans lesquels elle subsiste toujours.
  • Quantification des PGO (p. ex. nombre de plans de gestion des éléments nutritifs) mises en œuvre pour traiter les menaces.
  • Identification d’outils de conservation de l’habitat pour le maintien, l’amélioration et la restauration de l’habitat.
  • Élaboration et mise en œuvre d’une stratégie de communications.
  • Collaboration avec les comités de planification municipaux pour empêcher l’aménagement de terrains adjacents à l’habitat établi du méné camus à la moitié (50 %) des emplacements.
  • Sensibilisation des installations municipales d’épuration des eaux usées et pluviales quant à leurs effets sur le méné camus dans les zones où des études laissent entendre que de tels effets existent.
v. Examiner la faisabilité de l’ensemencement ou de la réintroduction d’une population qui peut avoir disparu du pays ou dont l’abondance peut être réduite.
  • Lancement d’une recherche sur l’efficacité des réintroductions du méné camus.
vi. Améliorer l’efficacité des efforts de rétablissement en coordonnant les équipes de rétablissement des écosystèmes aquatiques et terrestres et les autres initiatives/groupes appropriés ou complémentaires.
  • Collaboration avec toutes les équipes de rétablissement écosystémique et d’autres intervenants.
vii. Mieux sensibiliser le public à l’égard du méné camus, du rôle que jouent les écosystèmes aquatiques de qualité et de leur importance pour les humains.
  • Élaboration et lancement de programmes de vulgarisation qui ciblent les aires de loisirs et les parcs.
  • Achèvement de la stratégie de communication.

2.7 Habitat essentiel

2.7.1 Désignation générale de l’habitat essentiel du méné camus

La désignation de l’habitat essentiel des espèces en voie de disparition (inscrites à l’Annexe 1) est une exigence de la LEP. Lorsque l’habitat essentiel est désigné, il doit faire l’objet d’une protection légale en vertu des dispositions ou des mesures prescrites par la LEP ou une autre loi du Parlement (y compris une entente conclue en vertu de l’article 11 de la LEP), ou encore selon une ordonnance de protection de l’habitat essentiel. Selon le paragraphe 2(1) de la LEP, l’habitat essentiel est défini comme suit :

« ... l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce » (par. 2[1]).

La LEP définit également l’habitat d’une espèce aquatique en péril comme étant :

« …les frayères, aires d’alevinage, de croissance et d’alimentation et routes migratoires dont sa survie dépend, directement ou indirectement, ou aires où elle s’est déjà trouvée et où il est possible de la réintroduire » (par. 2[1]).

Pour ce qui est du méné camus, l’habitat essentiel a été désigné dans la mesure du possible au moyen de la meilleure information actuellement disponible. L’habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement décrit les zones géospatiales dans lesquelles est présent l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement de l’espèce. L’habitat essentiel a été désigné à tous les emplacements où subsistent des populations, à l’exception de la rivière aux Canards et du fossé Whitebread. La décision de ne pas désigner l’habitat essentiel à ces deux emplacements a reçu l’appui de l’équipe de rétablissement. Plusieurs facteurs ont justifié cette décision : la faiblesse des occurrences malgré des années d’échantillonnage ciblé, la proximité d’autres populations subsistantes et la disponibilité d’un habitat approprié. Il est possible que les zones désignées actuellement ne puissent permettre l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition établis pour l’espèce. De ce fait, un calendrier d’études a été inclus pour que l’on puisse améliorer la description de l’habitat essentiel (pour ce qui est de ses fonctions, de ses caractéristiques et de ses attributs biophysiques ainsi que de son étendue spatiale) et ainsi appuyer sa protection.

2.7.2 Information et méthodes utilisées pour désigner l’habitat essentiel

En utilisant la meilleure information disponible, on a désigné l’habitat essentiel en adoptant une approche axée sur l’utilisation d’une zone de délimitation pour les zones suivantes où l’on observe présentement des ménés camus : rivière Teeswater, chenal Old Ausable, lac Mouth, Réserve nationale de faune de Sainte-Claire, petit ruisseau Bear (région de Sydenham), baie Long Point/ruisseau Big, baie Wellers, lacs West et East, baie Waupoos et fleuve Saint-Laurent/parc national des Îles-du-Saint-Laurent. D’autres zones qui renferment peut-être un habitat essentiel à l’intérieur du secteur du lac Sainte-Claire et de l’île Walpole seront étudiées en consultation avec la Première nation de l’île Walpole.

L’approche axée sur l’utilisation d’une zone de délimitation permet de délimiter des zones au sein desquelles l’espèce est présente (c.-à-d. des zones où de multiples adultes ou jeunes de l’année ont été capturés). On précise ces limites à l’aide des fonctions, des caractéristiques et des attributs essentiels de chaque stade de vie du méné camus afin de délimiter les parcelles d’habitat essentiel qui se trouvent dans la zone de délimitation. L’information sur l’habitat pour chaque stade de développement est résumée dans un tableau en fonction des données et des études disponibles dont il est question dans la section 1.4.1 (Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques). L’approche axée sur l’utilisation d’une zone de délimitation est la plus appropriée étant donné que l’information disponible concernant cette espèce est limitée et qu’il n’existe aucune carte détaillée de l’habitat qui se trouve dans ces zones. L’information disponible concernant l’habitat (p. ex. données sur la bathymétrie) a été utilisée pour éclairer la désignation de l’habitat essentiel.

Pour tous les emplacements situés dans des cours d’eau, on a désigné l’habitat essentiel au moyen d’une approche axée sur la zone de délimitation, puis on l’a précisé au moyen d’un système de classification écologique, à savoir le Système d’inventaire des milieux aquatiques (ALIS, pour Aquatic Landscape Inventory System). Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRN) a élaboré le système ALIS pour définir des segments de cours d’eau en se fondant sur un certain nombre de caractéristiques uniques qui ne se trouvent qu’à l’intérieur de ces segments de la vallée. Chaque segment de la vallée est défini au moyen d’un ensemble de variables relatives au paysage qui auraient un effet déterminant sur les processus biotiques et physiques observés au sein des bassins hydrographiques. Ainsi, si une population est présente dans une zone associée à une classe écologique donnée, rien n’indique qu’elle ne se trouverait pas dans les autres zones contiguës à ce même segment de la vallée. L’habitat du méné camus est, par conséquent, défini comme correspondant aux tronçons de cours d’eau qui incluent tous les segments ALIS contigus, depuis le premier segment ALIS en amont jusqu’au dernier segment en aval, où l’espèce est présente.

Dans le cas des lacs, l’habitat essentiel est actuellement défini au moyen de l’approche axée sur l’utilisation d’une zone de délimitation et précisé au moyen des données sur la bathymétrie de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

La désignation de l’habitat essentiel dans le fleuve Saint-Laurent et le parc national des Îles-du-Saint-Laurent a reposé sur une approche différente, qui est décrite ci-après.

Toutes les données ont été utilisées pour la désignation de l’habitat essentiel. Les autres détails concernant les méthodes et les données particulières que l’on a utilisées pour désigner l’habitat essentiel figurent dans chacune des descriptions de l’habitat essentiel (ci-après), le cas échéant.

Rivière Teeswater

La présence du méné camus a été enregistrée pour la première fois en 2005, lorsque trois spécimens ont été capturés, et l’espèce a été observée plus tard en 2009 et en 2010. Deux spécimens ont été capturés dans un réservoir (réservoir Cargill) de la rivière, et deux autres l’ont été en aval du réservoir. Les emplacements où des observations ont été effectuées en aval du barrage n’ont pas été inclus comme des zones d’habitat essentiel. Il semble probable que les spécimens de ménés camus capturés en aval provenaient du réservoir et étaient passés par-dessus le barrage, et l’habitat ne semblait pas approprié à l’espèce. Il faudra entreprendre de nouveaux relevés pour mieux connaître la répartition de l’espèce. En 2010, 24 individus ont été capturés dans le réservoir, à partir de trois sites d’échantillonnage.

Chenal Old Ausable

Les données d’échantillonnage provenant de ce cours d’eau sont tirées de la base de données du MPO, pour la période allant de 1982 à 2010. Ces populations ont fait l’objet d’un échantillonnage considérable comparativement à certaines autres populations canadiennes de ménés camus. De plus, une analyse spatiale détaillée qui lie l’occurrence de l’espèce aux conditions qui règnent dans l’habitat dans une portion du chenal Old Ausable a été effectuée par l’équipe de rétablissement de la rivière Ausable et sert de fondement à la désignation de l’habitat essentiel dans le chenal Old Ausable.

Baie Long Point et ruisseau Big (comté de Haldimand-Norfolk)

La courbe de niveau de 1 m a été utilisée du fait que la vaste majorité des observations ont eu lieu dans cette zone d’eau peu profonde (une seule observation, en 1947, a été faite en dehors de cette courbe).

Baie Waupoos

La courbe de niveau de 2 m a été utilisée du fait que la totalité des observations ont eu lieu à l’intérieur de cette courbe.

Fleuve Saint-Laurent/parc national des Îles-du-Saint-Laurent

La première observation du méné camus dans le fleuve Saint-Laurent remonte à 1935 et a eu lieu à un quai de la rivière Gananoque; le signalement le plus récent remonte à 2010. L’espèce a également été observée dans la rivière Gananoque proprement dite, également en 1935, à plus d’un kilomètre à peine en amont du point de confluence avec le fleuve Saint-Laurent. Toutefois, un barrage situé immédiatement au nord de la route 2 sépare cette occurrence des observations effectuées dans le fleuve Saint-Laurent, et c’est pourquoi celle-ci a été examinée séparément de la population du Saint-Laurent. L’habitat essentiel a été désigné selon une approche particulière axée sur l’utilisation d’une zone de délimitation, appelée « enveloppe de l’aire de répartition de la population », puis la désignation a été précisée au moyen de données sur la bathymétrie et sur la laisse de haute mer. L’enveloppe de l’aire de répartition d’une population est un rectangle que l’on projette autour des points d’occurrence de l’espèce en tenant compte des valeurs minimales et maximales de la latitude et de la longitude. Ce rectangle est entouré d’une zone tampon dont la valeur correspond à 10 % des valeurs minimales et maximales de la latitude et de la longitude de tous les points d’occurrence de la population. À l’intérieur du rectangle projeté, on a encore précisé la zone dans laquelle l’habitat essentiel est présent au moyen de données sur la bathymétrie produites par le MPOafin de pouvoir exclure les zones affichant une profondeur supérieure à 3 m.

Viabilité de la population

On a comparé chaque zone d’habitat essentiel désigné pour chaque population aux estimations des exigences spatiales nécessaires pour une population viable de taille minimale. On a estimé la superficie minimale pour une population viable (SMPV) pour les populations canadiennes de ménés camus fluviales (fleuve) et lacustres (lac) (voir la section 2.7.4). La SMPV se définit comme étant l’étendue d’habitats exclusifs et appropriés qui sont requis pour l’atteinte d’une cible de rétablissement réalisable sur le plan démographique, fondée sur le concept de la taille de la PMV (Vélez-Espino et al., 2008). La PMV estimée pour le méné camus est de 14 325 adultes, et la PMV pour les jeunes de l’année est estimée à 1 231 327 individus (Venturelli et al., 2010). Pour de plus amples renseignements sur la PMV, la SMPV et les méthodes connexes, voir Venturelli et al. (2010).

La SMPV est une mesure quantitative de l’habitat essentiel qui peut faciliter le rétablissement et la gestion des espèces en péril (Vélez-Espino et al., 2008). La SMPV du méné camus est estimée à 0,015 km² et à 0,050 km² dans les cours d’eau et les lacs respectivement (Venturelli et al., 2010). Les valeurs de la SMPV sont relativement prudentes du fait qu’elles représentent la somme des besoins en matière d’habitat calculés pour l’ensemble des stades de développement du méné camus; ces chiffres ne tiennent pas compte du potentiel de chevauchement dans l’habitat des divers stades de développement et peuvent surestimer l’aire requise pour soutenir une PMV. Toutefois, du fait que nombre de ces populations fréquentent des zones d’habitat dégradé (la SMPV suppose que la qualité de l’habitat est optimale), des zones dont l’aire est supérieure à la SMPV peuvent être nécessaires pour soutenir une PMV. De plus, pour de nombreuses populations, il est probable que seule une portion de l’habitat désigné en tant qu’habitat essentiel satisferait aux besoins fonctionnels des divers stades de développement de l’espèce.

2.7.3 Désignation de l’habitat essentiel : fonctions, caractéristiques et attributs biophysiques

L’information concernant les besoins en matière d’habitat pour les différents stades de développement du méné camus est limitée. Le tableau 9 résume les connaissances disponibles sur les fonctions, caractéristiques et attributs essentiels pour chaque stade de développement. Voir la section 1.4.1 (Besoins en matière d’habitat et besoins biologiques) pour obtenir des références complètes. Les zones désignées en tant qu’habitat essentiel doivent soutenir au moins l’une de ces fonctions de l’habitat.

Tableau 9. Fonctions, caractéristiques et attributs essentiels de l’habitat essentiel pour chaque stade de développement du méné camus.
(s’ils sont connus ou étayés par des données actuelles)
Stade de développementExigences en matière d’habitat (fonction)Caractéristiques(s)Attribut(s)
Du frai au stade embryonnaire
  • Frai (aurait lieu de la mi-mai jusqu’en juillet)
  • Croissance
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Eaux claires, calmes et peu profondes (< 2 m de profondeur)
  • Végétation dense et submergée
  • Mélange de sable, de limon et parfois de gravier
  • Températures de l’eau chaudes (le frai se produit d’ordinaire à des températures entre 21 et 29 °C)
Jeunes de l’année
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Eau peu profonde (< 2 m de profondeur)
  • Végétation abondante composée notamment de chara (Chara vulgaris), de vallisnérie américaine (Vallisneria americana),de potamot (Potamogeton spp.) et de naïas (Najas flexilis)
Adultes (de 1 {maturité sexuelle} à 4 ans)
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Eaux calmes (< 3 m de profondeur)
  • Faibles pentes
  • Végétation enracinée abondante, particulièrement le chara
  • Mélange de sable, de limon et parfois de gravier

Les études visant à améliorer nos connaissances des fonctions, des caractéristiques et des attributs de l’habitat essentiel pour les différents stades de développement du méné camus sont présentées dans la section 2.7.5 (Calendrier des études relatives à l’habitat essentiel).

2.7.4 Désignation de l’habitat essentiel sur le plan géospatial

En utilisant la meilleure information disponible, on a désigné l’habitat essentiel des populations de ménés camus dans les secteurs suivants :

  • rivière Teeswater;
  • chenal Old Ausable;
  • lac Mouth;
  • réserve nationale de faune de Sainte-Claire;
  • petit ruisseau Bear (tributaire du lac Sainte-Claire);
  • baie Long Point/ruisseau Big;
  • baie Wellers;
  • lac West;
  • lac East;
  • baie Waupoos;
  • fleuve Saint-Laurent/parc national des Îles-du-Saint-Laurent.

À l’avenir, quand de nouveaux renseignements seront disponibles, d’autres secteurs pourront être désignés, ou encore de l’information supplémentaire pourra être obtenue pour permettre de préciser davantage les descriptions fonctionnelles. Les zones d’habitat essentiel désignées à certains endroits peuvent chevaucher des habitats essentiels désignés d’autres espèces en péril cooccurrentes; cependant, les exigences particulières en matière d’habitat au sein de ces zones peuvent varier selon l’espèce.

Les secteurs délimités dans les cartes suivantes (figures 4 à 13) représentent les zones dans lesquelles se trouve l’habitat essentiel pour les populations mentionnées ci-devant. Lorsqu’on adopte l’approche axée sur l’utilisation d’une zone de délimitation, on constate que l’habitat essentiel ne comprend pas l’ensemble des secteurs situés à l’intérieur des limites relevées, mais plutôt qu’il ne correspond qu’aux zones où l’on observe la présence des caractéristiques/attributs propres à au moins un stade de développement du méné camus (voir le tableau 9). Il convient de noter que les caractéristiques anthropiques permanentes qui peuvent être présentes dans les secteurs délimités (p. ex. marinas, chenaux de navigation) sont expressément exclues de la description de l’habitat essentiel, car l’habitat situé dans ces secteurs ne possède vraisemblablement pas les attributs nécessaires au méné camus. Les paragraphes suivants donnent une brève explication des zones désignées en tant qu’habitat essentiel.

Rivière Teeswater

On a désigné l’habitat essentiel comme étant la zone située entre le barrage du réservoir Cargill et le premier segment identifié dans le Système d’inventaire des milieux aquatiques (ALIS), en amont du réservoir (figure 4). La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel représente un tronçon de la rivière d’une longueur d’environ 1,4 km et une superficie d’environ 0,014 km². La limite géospatiale de l’habitat essentiel inclut le « chenal actif/niveau de débordement », qui correspond souvent au niveau de la période de retour du débit de crue de un à deux ans.

Figure 4. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la rivière Teeswater

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la rivière Teeswater (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 4

La figure 4 est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la rivière Teeswater ». Il s’agit d’une carte de la rivière Teeswater où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones comprennent la zone située entre le barrage du réservoir Cargill Mill et le premier segment identifié du Système d’inventaire en milieux aquatiques (ALIS), en amont du réservoir. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (2005‑2010; 2005) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846‑2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Chenal Old Ausable

L’habitat essentiel désigné représente la zone qui va de l’embouchure du chenal de la rivière Ausable, vers l’amont, jusqu’à sa fin près de Grand Bend (figure 5). La majeure partie de cette zone se trouve à l’intérieur des limites du parc provincial The Pinery (nord, sud et centre). La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel représente un tronçon de cours d’eau d’environ 13 km et une superficie de 0,61 km². La limite géospatiale de l’habitat essentiel inclut le « chenal actif/niveau de débordement », qui correspond souvent au niveau de la période de retour du débit de crue de un à deux ans.

Figure 5. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le chenal Old Ausable.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le chenal Old Ausable (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 5

La figure 5 est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le chenal Old Ausable ». Il s’agit d’une carte du chenal Old Ausable où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones comprennent la région qui va de l’embouchure du chenal de la rivière Ausable, vers l’amont, jusqu’à sa fin près de Grand Bend. La majeure partie de cette zone se trouve à l’intérieur des limites du parc provincial The Pinery. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (1982‑2009) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846‑2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Lac Mouth

L’habitat essentiel désigné correspond à l’ensemble du lac (figure 6). La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel couvre une superficie d’environ 0,05 km². La limite géospatiale de l’habitat essentiel est représentée par l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus, jusqu’à la laisse de haute mer.

Figure 6. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le lac Mouth.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le lac Mouth (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 6

La figure 6 est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le lac Mouth ». Il s’agit d’une carte du lac Mouth et des environs où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones comprennent l’ensemble du lac. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (2010) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846‑2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Réserve nationale de faune de Sainte-Claire

L’habitat essentiel est défini comme correspondant aux eaux et aux milieux humides contigus (à l’exclusion des zones qui sont sèches en permanence), jusqu’à la laisse de haute mer, de l’ensemble du marais endigué situé dans la partie ouest de l’unité Sainte-Claire de la RNF de Sainte-Claire (figure 7). La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel couvre une superficie d’environ 1,24 km2. La limite géospatiale de l’habitat essentiel est représentée par l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus, jusqu’à la laisse de haute mer.

Figure 7. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la Réserve nationale de faune de Sainte-Claire.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la Réserve nationale de faune de Sainte-Claire (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 7

La figure 7 est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la Réserve nationale de faune de Sainte-Claire ». Il s’agit d’une carte de la Réserve nationale de faune de Sainte-Claire et des environs où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones comprennent l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus (à l’exclusion des zones qui sont sèches en permanence) de l’ensemble du marais situé dans la partie ouest de l’unité Sainte-Claire de la RNF de Sainte-Claire, jusqu’à la laisse de haute mer. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (2003-2004; 2006) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846-2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Petit ruisseau Bear

La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel désigné s’étend de l’embouchure du petit ruisseau Bear, à la rivière Sydenham, jusqu’à Lindsay Road, en amont, près de Appledore, en Ontario (figure 8). La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel est définie comme correspondant à tous les segments contigus du Système d’inventaire des milieux aquatiques, depuis le premier segment ALIS situé en amont jusqu’au dernier segment situé en aval où l’espèce est présente. Cette zone représente un tronçon de cours d’eau d’environ 26 km de longueur et une superficie de 0,18 km². La limite géospatiale de l’habitat essentiel inclut le « chenal actif/niveau de débordement », qui correspond souvent au niveau de la période de retour du débit de crue de un à deux ans.

Figure 8. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le petit ruisseau Bear.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le petit ruisseau Bear (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 8

La figure 8 est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le petit ruisseau Bear ». Il s’agit d’une carte du petit ruisseau Bear et des environs où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones sont indiquées à partir de l’embouchure du petit ruisseau Bear, à la rivière Sydenham, jusqu’à Lindsay Road, en amont, près de Appledore, en Ontario. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (2003-2010) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846-2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Baie Long Point/ruisseau Big

L’habitat essentiel est défini comme correspondant aux eaux et aux milieux humides contigus du ruisseau Big et de la baie Long Point. Dans cette dernière, l’habitat essentiel s’étend de la courbe de niveau de 1 m jusqu’à la laisse de haute mer (figure 9a). Dans le ruisseau Big, la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel comprend l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus qui se trouvent à l’ouest de la chaussée et n’incluent que l’unité du ruisseau Big de la Réserve nationale de faune (RNF) du ruisseau Big, à l’exception de l’habitat contenu dans le bassin endigué qui se trouve à l’intérieur de la RNF (figure 9b). Cette étendue comprend également l’ensemble des milieux humides contigus situés au nord du ruisseau Big et les deux premiers segments contigus du Système d’inventaire des milieux aquatiques du ruisseau Big en tant que tel, jusqu’à la route Concession A. L’habitat essentiel s’étend jusqu’à l’élévation de la laisse de haute mer correspondant à 174,62 m au-dessus du niveau de la mer pour le lac Érié (Système de référence international des Grands Lacs, 1985). La laisse de haute mer peut s’étendre à des emplacements asséchés en raison des faibles niveaux d’eau de même qu’à des emplacements plus élevés où se trouvent des milieux humides côtiers et où la fonction de l’habitat est associée à la présence du lac Érié. La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel couvre une superficie d’environ 117 km².

Figure 9a. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la baie Long Point.

Carte (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 9a

La figure 9a est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la baie Long Point ». Il s’agit d’une carte du littoral de la baie Long Point et du lac Érié, qui s’étend vers l’est jusqu’à Turkey Point, et où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones comprennent l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus du ruisseau Big et de la baie Long Point. Dans cette dernière, elles s’étendent de la courbe de niveau de 1 m jusqu’à la laisse de haute mer. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (1985-2010; 1947) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846-2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Figure 9b. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le ruisseau Big.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le ruisseau Big (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 9b

La figure 9b est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le ruisseau Big ». Il s’agit d’une carte du ruisseau Big, de la RNF du ruisseau Big et des environs où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones comprennent les eaux et les milieux humides contigus du ruisseau Big et de la baie Long Point. Dans le ruisseau Big, ces zones comprennent l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus qui se trouvent à l’ouest de la chaussée et n’incluent que l’unité du ruisseau Big de la RNF du ruisseau Big, à l’exception de l’habitat contenu dans le bassin endigué qui se trouve à l’intérieur de la RNF. Elles comprennent également l’ensemble des milieux humides contigus au nord du ruisseau Big et les deux premiers segments contigus du Système d’inventaire des milieux aquatiques du ruisseau Big en tant que tel, jusqu’à la route Concession A. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (2003-2009) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846-2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Baie Wellers

L’étendue de l’habitat essentiel englobe l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus de la baie Wellers, jusqu’à l’élévation de la laisse de haute mer correspondant à 75,32 m au-dessus du niveau de la mer pour le lac Ontario (Système de référence international des Grands Lacs, 1985). Cette zone englobe les terres parfois exposées de la Réserve nationale faunique de la baie Wellers comprises entre la laisse de haute mer (75,32 m au-dessus du niveau de la mer) et le bord de l’eau dans la baie Wellers, qui forme la limite de la RNFet varie selon les fluctuations du niveau de l’eau du lac Ontario. Le chenal actuel, entretenu et dragué à l’extrémité nord-ouest de la baie Wellers, qui est le seul accès à l’eau de la baie, n’est pas inclus dans l’habitat essentiel (figure 10). La laisse de haute mer peut s’étendre à des emplacements asséchés en raison des faibles niveaux d’eau de même qu’à des emplacements plus élevés où se trouvent des milieux humides côtiers et où la fonction de l’habitat est associée à la présence du lac Ontario. La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel couvre une superficie d’environ 19 km².

Figure 10. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la baie Wellers.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la baie Wellers (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 10

La figure 10 est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la baie Wellers et la Réserve nationale de faune de la baie Wellers ». Il s’agit d’une carte de la baie Wellers, d’une partie du littoral du lac Ontario et des environs où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones comprennent l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus de la baie Wellers et de la RNF de la baie Wellers. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (2010) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846-2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Lac West et lac East

L’étendue de l’habitat essentiel englobe l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus du lac West et du lac East (figure 11), jusqu’à l’élévation de la laisse de haute mer correspondant à 75,32 m au-dessus du niveau de la mer pour le lac Ontario (Système de référence international des Grands Lacs, 1985). La laisse de haute mer peut s’étendre à des emplacements asséchés en raison des faibles niveaux d’eau de même qu’à des emplacements plus élevés où se trouvent des milieux humides côtiers et où la fonction de l’habitat est associée à la présence du lac Ontario. La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel inclut le ruisseau qui se jette dans le lac West, en amont de la jonction avec la route Wesley Acres. La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel couvre une superficie d’environ 19 km² dans le lac West. Cette zone comprend le ruisseau qui se jette dans le lac East. La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel couvre une superficie d’environ 12 km² dans le lac East.

Figure 11. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans les lacs West et East.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans les lacs West et East (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 11

La figure 11 est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans les lacs West et East ». Il s’agit d’une carte des lacs West et East, d’une partie du littoral du lac Ontario et des environs où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones comprennent l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus des lacs West et East, y compris le ruisseau qui se jette dans le lac West, en amont de la jonction avec la route Wesley Acres, et le ruisseau qui se jette dans le lac East. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (2009-2010) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846-2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Baie Waupoos

L’étendue de l’habitat essentiel englobe l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus de la baie Waupoos (figure 12), de la courbe de niveau de 2 m jusqu’à l’élévation de la laisse de haute mer correspondant à 75,32 m au-dessus du niveau de la mer pour le lac Ontario (Système de référence international des Grands Lacs, 1985). La laisse de haute mer peut s’étendre à des emplacements asséchés en raison des faibles niveaux d’eau de même qu’à des emplacements plus élevés où se trouvent des milieux humides côtiers et où la fonction de l’habitat est associée à la présence du lac Ontario. La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel couvre une superficie d’environ 1,6 km².

Figure 12. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la baie Waupoos.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la baie Waupoos (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 12

La figure 12 est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans la baie Waupoos ». Il s’agit d’une carte de la baie Waupoos, d’une partie du littoral du lac Ontario et des environs où est désigné l’habitat essentiel (en rose). Ces zones comprennent l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus de la baie Waupoos, de la courbe de niveau de 2 m jusqu’à la laisse de haute mer. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (2010) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846-2010) sont indiqués. On y trouve une légende et une échelle.

Fleuve Saint-Laurent/parc national des Îles-du-Saint-Laurent

La zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel inclut l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus, de la courbe de niveau de 3 m jusqu’à l’élévation de la laisse de haute mer correspondant à 75,32 m au-dessus du niveau de la mer pour le lac Ontario (Système de référence international des Grands Lacs, 1985). La laisse de haute mer peut s’étendre à des emplacements asséchés en raison des faibles niveaux d’eau de même qu’à des emplacements plus élevés où se trouvent des milieux humides côtiers et où la fonction de l’habitat est associée à la présence du lac Ontario. En aval, la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel s’étend d’un point situé immédiatement au sud-ouest d’Eastview à un point situé immédiatement au nord-est de Mallorytown Landing ainsi que vers le sud jusqu’à la frontière entre le Canada et les États-Unis, en passant par l’embouchure de la rivière Gananoque, et prend fin au barrage situé en amont de la route 2 (figures 13a et 13b). L’habitat essentiel s’étend ainsi sur une superficie d’environ 44 km².

Figure 13a. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le fleuve Saint-Laurent.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le fleuve Saint-Laurent (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 13a

La figure 13a est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le fleuve Saint-Laurent ». La figure est une carte du fleuve Saint-Laurent, juste en aval de l’extrémité est du lac Ontario, aux environs de l’île Howe, à partir d’Eastview jusqu’à un point situé immédiatement en aval de Gananoque. L’habitat essentiel désigné (en rose) comprend l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus et s’étend vers l’aval, à partir d’un point situé immédiatement au sud-ouest d’Eastview à un point situé immédiatement au nord-est de Mallorytown Landing ainsi que vers le sud jusqu’à la frontière entre le Canada et les États-Unis, en passant par l’embouchure de la rivière Gananoque, et prend fin au barrage situé en amont de la route 2. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (1935-2009; 1935) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846-2010) sont indiqués. On trouve une légende et une échelle.

Figure 13b. Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le fleuve Saint-Laurent.

Carte montrant la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le fleuve Saint-Laurent (voir description longue ci-dessous).
Description pour la figure 13b

La figure 13b est intitulée « Zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel du méné camus dans le fleuve Saint-Laurent ». La figure illustre le fleuve Saint-Laurent à partir de Gananoque jusqu’à Mallorytown Landings et les environs, en aval. Sur les deux cartes, l’habitat essentiel désigné (en rose) comprend l’ensemble des eaux et des milieux humides contigus et s’étend vers l’aval, à partir d’un point situé immédiatement au sud-ouest d’Eastview à un point situé immédiatement au nord-est de Mallorytown Landing ainsi que vers le sud jusqu’à la frontière entre le Canada et les États-Unis, en passant par l’embouchure de la rivière Gananoque, et prend fin au barrage situé en amont de la route 2. Un carton intérieur illustre l’emplacement géographique de la carte sur une carte à plus grande échelle. Les différents points de données de capture de ménés camus (1935-2009; 1935) ainsi que les sites d’échantillonnage en Ontario (1846-2010) sont indiqués. On trouve une légende et une échelle.

Ces désignations de l’habitat essentiel font en sorte que l’habitat actuellement occupé dans la rivière Teeswater, le chenal Old Ausable, le lac Mouth, la Réserve nationale de faune de Sainte-Claire, le petit ruisseau Bear (région de la rivière Sydenham), la baie Long Point/le ruisseau Big, la baie Wellers, le lac West, le lac East, la baie Waupoos et le fleuve Saint-Laurent/parc national des Îles-du-Saint-Laurent sera protégé tant et aussi longtemps que l’habitat essentiel de l’espèce n’aura pas été défini plus en détail, conformément au calendrier des études (section 2.7.5 ci-après). Le calendrier des études décrit les activités que l’on doit mener pour préciser les descriptions actuelles de l’habitat essentiel aux emplacements où la présence de l’espèce a été confirmée, mais aussi aux nouveaux emplacements abritant des populations établies, si l’existence de tels endroits devait être confirmée. On améliorera les descriptions de l’habitat essentiel au fur et à mesure que de nouvelles informations deviendront disponibles afin de soutenir l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.

2.7.4.1 Viabilité de la population

On a comparé la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel pour chaque population à l’estimation de la superficie minimale pour une population viable (SMPV) (tableau 10). Il convient de noter que, pour certaines populations, il est probable que seule une partie de l’habitat au sein de celui qui a été désigné en tant qu’habitat essentiel puisse combler les exigences fonctionnelles de l’espèce en matière d’habitat à ses divers stades de développement. De plus, comme ces populations sont présentes dans des zones où l’habitat est dégradé (la SMPV suppose que la qualité de l’habitat est optimale), il est possible que des superficies plus grandes que la SMPV soient nécessaires pour soutenir une PMV. De futures études pourront aider à quantifier l’étendue et la qualité de l’habitat disponible au sein des habitats essentiels actuellement désignés comme tels pour l’ensemble des populations; une telle information, ainsi que la validation du modèle de la SMPV, renforcera la certitude quant à la détermination de la viabilité de la population. En conséquence, les résultats ci-après sont préliminaires et doivent être interprétés avec prudence.

Tableau 10. Comparaison de la zone dans laquelle se trouve l’habitat essentiel pour chaque population de ménés camus à l’estimation de la superficie minimale pour une population viable (SMPV). L'estimation de la SMPV repose sur les approches de modélisation décrites plus haut.
PopulationNote de tableau bSuperficie d’habitat essentiel désigné (km²)Type d’habitatSMPV (km²)SMPV atteinte?
Rivière Teeswater0,014Lacustre0,050Non
Chenal Old Ausable0,61Fluvial0,015Oui
Lac Mouth0,05Lacustre0,050Oui
RNF de Sainte-Claire1,24Lacustre0,050Oui
Petit ruisseau Bear0,18Fluvial0,015Oui
Baie Long Point/ruisseau Big116,15Lacustre0,050Oui
Baie Wellers19,07Lacustre0,050Oui
Lac West19,32Lacustre0,050Oui
Lac East11,6Lacustre0,050Oui
Baie Waupoos1,6Lacustre0,050Oui
Fleuve Saint-Laurent44,03Fluvial0,015Oui

2.7.5 Calendrier d’études pour désigner l’habitat essentiel

Dans le présent programme de rétablissement, on désigne l’habitat essentiel dans la mesure du possible, selon la meilleure information disponible. On devra effectuer d’autres études pour améliorer la définition de l’habitat essentiel désigné pour le méné camus afin de soutenir l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition de l’espèce. Les activités mentionnées au tableau 11 ne sont pas exhaustives, et l’étude des mesures exposées révélera probablement l’existence de nouvelles lacunes dans les connaissances, qui devront être comblées.

Tableau 11. Calendrier d’études pour désigner l’habitat essentiel
Description de l’activitéJustificationÉchéancier approximatif
Mener des études pour déterminer les besoins en matière d’habitat pour tous les stades de développement (en particulier les juvéniles et les jeunes de l’année).On sait peu de choses des exigences en matière d’habitat des jeunes de l’année et des juvéniles. La détermination des exigences en matière d’habitat pour chaque stade de développement nous aidera à définir tous les types d’habitat essentiel de cette espèce.2012-2014
Effectuer des relevés des sites historiques et actuels ainsi que des sites adjacents à l’habitat actuellement occupé et cartographier leur qualité et leur étendue.Améliorer la fiabilité des données utilisées pour la détermination des sites qui répondent aux critères relatifs à la désignation de l’habitat essentiel; surveiller les changements qui peuvent être observés dans les données sur la population des sites actuels et qui peuvent se traduire par des changements dans la désignation de l’habitat essentiel; effectuer des relevés dans l’habitat adjacent pour confirmer la délimitation de la zone d’occupation sur laquelle repose en partie la définition de l’habitat essentiel.2012-2014
Mener de nouveaux relevés des espèces pour combler les lacunes en matière de répartition et pour aider à déterminer le degré de connectivité entre les populations.Il peut être nécessaire de savoir où se trouvent les autres populations ainsi que leur habitat essentiel afin d’atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.2012-2014
Créer un modèle des populations sous la commande des habitats disponibles pour chaque stade de développement.Faciliter la détermination des cibles de rétablissement et établir l’étendue de l’habitat essentiel dont l’espèce a besoin à chaque stade de développement afin d’assurer l’atteinte de ces cibles.2015-2016
D’après l’information recueillie, examiner les objectifs en matière de population et de répartition. Déterminer l’étendue et la configuration de l’habitat essentiel requis pour l’atteinte de l’objectif si de l’information appropriée est disponible. Valider le modèle.Une fois l’information ci-devant recueillie, il faut examiner les cibles de rétablissement pour s’assurer qu’elles sont logiques et qu’elles peuvent toujours être atteintes. Déterminer l’étendue et la configuration de l’habitat essentiel requis d’après les cibles de rétablissement, conformément au plan d’action.2015-2016

Les activités relevées dans le présent calendrier des études seront réalisées en collaboration avec le MPO, les équipes de rétablissement de l’écosystème appropriées ainsi qu’avec d’autres groupes et gestionnaires des terres. Il convient de noter que nombre des approches de rétablissement permettront de combler certaines des exigences en matière d’information énumérées ci-devant.

2.7.6 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel

La définition de la destruction de l’habitat essentiel est interprétée comme suit :

[Traduction] La destruction de l’habitat essentiel aura lieu si une partie de cet habitat est dégradée de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque celles-ci sont requises par l’espèce. La destruction peut découler d’une ou de plusieurs activités à un moment donné ou de leurs effets cumulés au fil du temps.

Aux termes de la LEP, l’habitat essentiel doit être protégé en vertu de la loi une fois qu’il a été désigné. Cette protection sera mise en œuvre par l’intermédiaire d’un décret pris en vertu de l’article 58 dela LEP, qui interdira la destruction de l’habitat essentiel désigné.

Les activités qui entraînent une augmentation de l’envasement et de la turbidité ou qui se traduisent par une diminution de la qualité de l’eau ou une modification directe de l’habitat peuvent avoir un impact négatif sur l’habitat du méné camus.

En l’absence de mesures d’atténuation appropriées, la réalisation d’activités ou de travaux tels que ceux décrits dans le tableau 12 peut entraîner une destruction directe de l’habitat.

La liste des activités présentées dans le tableau ci-après n’est ni exhaustive ni exclusive et a été établie d’après les menaces décrites à la section 1.5. L’absence de cette liste d’une quelconque activité humaine ne peut empêcher le Ministère de réglementer cette activité en vertu de la LEP. De plus, l’inclusion d’une activité n’entraîne pas nécessairement son interdiction. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel s’applique si un décret visant la protection de l’habitat essentiel est adopté (bien qu’il ne soit pas nécessaire de prendre un décret si l’habitat essentiel est déjà protégé par la loi, c’est-à-dire par des dispositions ou des mesures prévues dans la LEP ou dans une autre loi du Parlement). De même, les activités qui ont une incidence sur l’habitat essentiel, mais qui n’entraînent pas sa destruction, ne sont pas interdites. Étant donné que l’utilisation de l’habitat varie dans le temps, chaque activité doit être évaluée au cas par cas, et des mesures d’atténuation pour chaque site doivent être prises lorsque c’est possible et que celles-ci sont fiables. Dans tous les cas, lorsque l’information est disponible, des limites et des seuils sont associés à des attributs afin de permettre une gestion et une prise de décisions réglementaires mieux éclairées. Toutefois, dans de nombreux cas, il peut arriver que les connaissances concernant une espèce et son habitat essentiel fassent défaut. En particulier, l’information associée à une espèce ou aux seuils de tolérance de son habitat à la perturbation occasionnée par les activités humaines peut faire défaut et doit être obtenue.

Tableau 12. Activités humaines susceptibles de se traduire par la destruction de l’habitat essentiel du méné camus. (On fournit la séquence des effets pour chaque activité ainsi que les liens potentiels avec les fonctions, les caractéristiques et les attributs biophysiques de l’habitat essentiel.)
ActivitéSéquence des effetsFonction touchéeCaractéristique touchéeAttribut touché

Modifications de l’habitat

  • Dragage;
  • mise en place de matériaux ou de structures dans l’eau (p. ex. épis, piliers, remblayage, remblayage partiel, jetées);
  • stabilisation des berges
  • Les changements dans la bathymétrie et dans la morphologie des rives causés par le dragage, le nivellement près des berges et les travaux d’excavation peuvent entraîner l’élimination (ou le remblayage) des substrats de prédilection ainsi que modifier les profondeurs d’eau et les profils de débit, ce qui peut avoir un impact sur les concentrations d’éléments nutritifs et les températures de l’eau.
  • La mise en place de matériaux ou de structures dans l’eau diminue la disponibilité de l’habitat (p. ex. la superficie occupée par la structure ou la zone remblayée est perdue). Le dépôt de matériaux de remblai peut couvrir les substrats de prédilection.
  • Le changement dans la morphologie des rives peut modifier les profils de débit et les zones de dépôt des sédiments, réduire l’oxygénation des substrats, provoquer de l’érosion et modifier les niveaux de turbidité. Ces changements peuvent favoriser la croissance des végétaux aquatiques et modifier les concentrations d’éléments nutritifs.
  • L’artificialisation des rives peut réduire l’apport en substances organiques dans l’eau et modifier les températures de l’eau, ce qui peut avoir un impact sur la disponibilité des proies pour cette espèce.
  • Frai
  • Croissance
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Qualité de l’eau
  • Composition et densité de la végétation
  • Composition du substrat
  • Température de l’eau

Modifications de l’habitat –

  • Extraction d’eau;
  • modification de la période, de la durée et de la fréquence du débit
  • L’extraction d’eau peut avoir une incidence sur les niveaux et les débits d'eau de surface et sur les apports d’eau souterraine dans les cours d'eau, ce qui a un impact sur la disponibilité de l'habitat.
  • La modification des profils de débit d'eau peut avoir un impact sur le dépôt des sédiments.
  • Frai
  • Croissance
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Qualité de l’eau
  • Composition et densité de la végétation
  • Composition du substrat
  • Température de l’eau

Modifications de l’habitat –

  • Libre accès du bétail aux plans d’eau;
  • paissance du bétail et labour sur le bord de l’eau
  • Les dommages qui sont causés aux rives, aux talus et aux lits des cours d’eau résultant du libre accès du bétail peuvent augmenter l’érosion et la sédimentation, ce qui a un impact sur l’oxygénation des substrats et les températures de l’eau.
  • Un tel accès peut également augmenter les apports en éléments nutritifs organiques dans l’eau, ce qui entraîne une hausse des charges en éléments nutritifs et peut favoriser la prolifération algale.
  • Frai
  • Croissance
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Qualité de l’eau
  • Composition et densité de la végétation
  • Composition du substrat
  • Température de l’eau
Modifications de l’habitat – Enlèvement mécanique de la végétation riveraineL’enlèvement de la végétation riveraine peut provoquer de l’érosion et accroître la turbidité, ce qui entraîne une diminution des substrats de prédilection et réduit l’oxygénation des substrats. Les températures de l’eau peuvent également subir les répercussions négatives de l’enlèvement de la végétation riveraine, et les débits d’eau peuvent être accrus durant les épisodes de hautes eaux.
  • Frai
  • Croissance
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Qualité de l’eau
  • Composition et densité de la végétation
  • Composition du substrat
  • Température de l’eau
Introduction délibérée d’espèces exotiquesLa carpe commune déracine la végétation aquatique et provoque une augmentation de la turbidité. Le myriophylle en épi peut former des mattes denses qui bloquent les rayons du soleil, accroissent les concentrations de phosphore et d'azote et entraînent une augmentation de la température; la densité de ces mattes peut être telle que celles-ci ne peuvent être utilisées par le méné camus durant sa période de frai.
  • Frai
  • Croissance
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Qualité de l’eau
  • Composition et densité de la végétation
  • Composition du substrat
  • Température de l’eau
Charges en éléments nutritifs –
Surutilisation d’engrais et gestion inappropriée des éléments nutritifs (p. ex. gestion des débris organiques, gestion des eaux usées, déchets d’origine animale, fosses septiques et eaux d’égouts urbains)
La mauvaise gestion des éléments nutritifs peut entraîner une augmentation des charges en éléments nutritifs dans les plans d’eau voisins. Les concentrations élevées d’éléments nutritifs peuvent accélérer la croissance de la végétation aquatique et ainsi modifier les températures de l’eau et provoquer une perturbation progressive des débits et des substrats de prédilection. Les concentrations en oxygène dans les substrats peuvent êgalement subir des effets négatifs.
  • Frai
  • Croissance
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Qualité de l’eau
  • Composition et densité de la végétation
  • Composition du substrat
  • Température de l’eau

Turbidité et charges en sédiments –

  • La modification des régimes de débit entraîne de l’érosion et des changements dans le transport des sédiments (p. ex. pose de drains en terre cuite dans des systèmes de drainage agricole, destruction de zones riveraines)
  • Travaux effectués dans l’eau ou près de l’eau, en l’absence d’une gestion appropriée des sédiments et de l’érosion (p. ex. ruissel-lement provenant des champs labourés, utilisation d’équipement industriel, nettoyage ou entretien de ponts ou d’autres structures)
Une mauvaise gestion des sédiments et de l’érosion ou la prise de mesures d’atténuation inappropriées peut augmenter les niveaux de turbidité, ce qui peut modifier les substrats de prédilection et leurs concentrations en oxygène, entraîner une réduction du succès de l’alimentation ou de la disponibilité des proies, avoir un impact sur la croissance de la végétation aquatique et entraîner une exclusion des poissons de leur habitat en raison des impacts physiologiques des sédiments dans l’eau (p. ex. irritation des branchies).
Voir aussi : Modifications de l’habitat – modification de la période, de la durée et de la fréquence du débit.
  • Frai
  • Croissance
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Qualité de l’eau
  • Composition et densité de la végétation
  • Composition du substrat
  • Température de l’eau
Enlèvement de la végétation aquatique –
Défrichage (enlèvement de la végétation par des moyens mécaniques et chimiques)
L’enlèvement de végétation aquatique qui sert d’abri et de lieu de frai à l’espèce peut avoir un impact négatif sur le succès du recrutement et de la prédation. La mort de végétaux qui fait suite aux traitements chimiques et aux travaux d’enlèvement de végétaux peut également avoir un impact négatif sur la qualité de l’eau et ainsi avoir une incidence sur la turbidité et les températures de l’eau.
  • Frai
  • Croissance
  • Alimentation
  • Abri
Zones qui soutiennent la végétation aquatique de façon saisonnière
  • Qualité de l’eau
  • Composition et densité de la végétation
  • Composition du substrat
  • Température de l’eau

La présence d’obstacles, notamment des digues et des barrages situés à deux emplacements (chenal Old Ausable, RNF de Sainte-Claire et RNF du ruisseau Big), maintient les conditions qui règnent dans l’habitat pour les populations de ménés camus. Comme telle, la perte de ces structures à ces endroits peut entraîner la destruction de l’habitat essentiel.

On reconnaît que certaines activités de gestion de l’habitat sont bénéfiques pour la survie ou le rétablissement à long terme de l’espèce, et elles peuvent être permises en vertu de l’article 73 de la LEP, au besoin et tant et aussi longtemps que le MPO est assuré que les conditions de l’article 73 sont respectées. De telles activités peuvent inclure (sans s’y limiter) l’enlèvement et le contrôle de la végétation exotique aquatique et semi-aquatique, la gestion des niveaux d’eau (y compris l’entretien de digues) et les activités de restauration de l’habitat (p. ex. gestion des feux). Par exemple, dans les RNF, il est possible de gérer les niveaux d’eau et d’enlever une partie de la végétation aquatique pour préserver les conditions des marais semi-émergents (c.-à-d. ceux constitués de 50 % d’habitat en eaux libres et de 50 % d’habitat en marais émergents). Le ruisseau Big et la RNF de Sainte-Claire ont été endigués, et leurs niveaux d’eau de même que leur végétation aquatique ont fait l’objet d’une gestion continue (environ une fois par décennie) au cours des 25 à 60 dernières années (J. Robinson, comm. pers., 2008). L’abaissement du niveau d’eau à court terme améliore les conditions qui règnent dans l’habitat de la sauvagine et, malgré la perte évidente d’habitat qu’elle entraîne à court terme, semble également améliorer les conditions qui règnent dans l’habitat du méné camus à long terme. Toutefois, les impacts sur la population et la viabilité à long terme de l'espèce sont inconnus et doivent être étudiés. À l’avenir, la recherche éclairera ces approches relatives à la gestion de l’eau afin de réduire le plus possible les impacts à court terme sur les populations actuelles de ménés camus. De nombreuses autres activités de restauration qui accroissent la qualité ou l’étendue de l’habitat disponible du méné camus en milieux humides peuvent être nécessaires.

Lorsqu’on est en présence d’habitats essentiels de multiples espèces, comme dans le cas des RNF, il convient de noter que l’adoption d’une approche écosystémique à l’égard de la gestion de l’habitat est requise si l’on désire optimiser les avantages pour les espèces en péril qui coexistent (quel que soit leur taxon : poissons, oiseaux, reptiles, etc.). Une telle approche exigerait la tenue de discussions intergouvernementales et reconnaît que des impacts négatifs pour certaines espèces et leurs habitats peuvent résulter de pratiques de gestion de l’habitat visant l’atteinte d’un avantage global net pour l’écosystème et les espèces en péril que celui-ci soutient. Cette approche pourrait être officialisée dans un plan de gestion applicable aux RNFconcernées, élaboré par Environnement Canada en collaboration avec Pêches et Océans Canada.

2.8 Approches actuelles et recommandées pour la protection des habitats

Fédéral

L’habitat du méné camus reçoit une protection générale lorsque des travaux ou des ouvrages sont entrepris en vertu des dispositions sur l’habitat de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral.

La Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE) tient également compte des effets des projets sur toutes les espèces sauvages inscrites et sur leur habitat essentiel. Au cours de l’examen d’un projet effectué en vertu de la LCEE, il faut déterminer tous les effets néfastes qu’aurait le projet sur une espèce inscrite et sur son habitat essentiel. Si le projet est réalisé, il faut prendre des mesures conformes aux programmes de rétablissement ou aux plans d’action applicables pour éviter ou atténuer ces effets et pour effectuer un suivi à cet égard.

L’habitat essentiel du méné camus se trouvant dans les RNF de Sainte-Claire, du ruisseau Big et de Long Point sera protégé par l’interdiction de détruire l’habitat essentiel, aux termes du paragraphe 58(2) de la LEP 90 jours après que la description de l’habitat essentiel défini dans le programme de rétablissement a été publiée dans la Gazette du Canada. Cette interdiction apporte une protection supplémentaire à celle déjà offerte en vertu de la Loi sur les espèces sauvages au Canada ainsi que du Règlement sur les réserves d’espèces sauvages associé à cette loi.

Provincial

À l’échelon provincial, la protection est également assurée par l’entremise de la Loi sur l’aménagement du territoire. Les autorités responsables de la planification doivent « se conformer » à l’énoncé de politique de l’article 3 de la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario qui interdit le lotissement et la modification de sites se trouvant dans un habitat d’espèces en voie de disparition ou menacées. La Loi sur l’amélioration des lacs et des rivières de l’Ontario interdit la retenue ou la dérivation d’un cours d’eau si cette activité doit provoquer de l’envasement. Dans cette province, l’aménagement riverain est régi par les règlements sur les plaines inondables mis en application par l’office local de protection de la nature. En vertu de la Loi sur les terres publiques, un permis peut être requis pour la réalisation de travaux dans l’eau et le long des berges. Dans le bassin hydrographique de la rivière Ausable, la majeure partie du chenal Old Ausable, qui est fréquentée par le méné camus, est protégée du fait qu’elle se situe dans les limites du parc provincial The Pinery, ce qui lui confère un certain degré de protection contre les pressions causées par le lotissement et les activités connexes en vertu de la Loi sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation. De plus, l’ensemble du chenal Old Ausable a été désigné en tant que terres humides d’importance provinciale en 2008 par le MRN (K. Jean, Office de protection de la nature d’Ausable-Bayfield, comm. pers.).

Le méné camus est inscrit à la liste en tant qu’espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de 2007 de l’Ontario. En vertu de la Loi, l’espèce même est actuellement protégée, et l’habitat du méné camus le sera à compter du 30 juin 2013 en vertu de dispositions générales relatives à la protection de l’habitat, à moins qu’un règlement visant expressément la protection de l’habitat ne soit élaboré en vertu de la Loi par le gouvernement provincial à une date antérieure.

2.9 Effets sur les autres espèces

L’habitat du méné camus est partagé par de nombreuses autres espèces, y compris plusieurs espèces en péril. Celles-ci incluent non seulement des espèces aquatiques, mais aussi un certain nombre d’amphibiens, de tortues, de végétaux et d’oiseaux. Bien que certaines des activités de rétablissement proposées bénéficieront à l’environnement de façon générale et devraient avoir un impact positif sur d’autres espèces indigènes sympatriques, elles pourraient avoir des répercussions sur les espèces dont les besoins peuvent différer de ceux du méné camus. En conséquence, il est important que les activités de gestion de l’habitat du méné camus soient examinées dans une approche axée sur l’élaboration, en collaboration avec les instances responsables, de plans plurispécifiques, de programmes de rétablissement écosystémique ou de plans de gestion locaux qui tiennent compte des besoins de multiples espèces, y compris les autres espèces en péril.

Bon nombre d’activités d’intendance et d’amélioration de l’habitat seront mises en œuvre par l’entremise des programmes de rétablissement écosystémique en place qui prennent déjà en considération les besoins d’autres espèces en péril. Aucun impact négatif sur d’autres espèces découlant de la mise en œuvre des mesures de rétablissement au profit du méné camus n’est attendu.

2.10 Approche recommandée pour la mise en œuvre du rétablissement

L’équipe de rétablissement recommande l’adoption d’une approche en deux volets pour la mise en œuvre du rétablissement, le premier fondé sur l’écosystème et le deuxième axé sur une seule espèce. Pour ce faire, l’équipe et les équipes de rétablissement écosystémique en place collaboreront étroitement afin de mettre en commun leurs expertises et leurs connaissances des initiatives de rétablissement. Trois programmes de rétablissement des écosystèmes aquatiques (rivière Ausable, région Essex-Érié et île Walpole) visant plusieurs populations de ménés camus sont actuellement mis en œuvre. On trouve également des populations de ménés camus hors des limites desservies par les programmes de rétablissement écosystémique actuels dans le lac Sainte-Claire, la baie Wellers, le lac West, le lac East, la baie Waupoos, le fleuve Saint-Laurent/parc national des Îles-du-Saint-Laurent et la rivière Teeswater. Une approche de rétablissement axée sur une seule espèce facilitera la mise en œuvre des mesures de rétablissement dans ces bassins hydrographiques, par l’établissement de partenariats avec les organismes locaux de gestion et d’intendance du bassin hydrographique. Si des initiatives de rétablissement de l’écosystème sont élaborées à l’avenir pour ces bassins hydrographiques, le programme actuel visant une seule espèce fournira une base solide sur laquelle on pourra s’appuyer.

2.11 Énoncé relatif aux plans d’action

Les plans d’action sont des documents qui décrivent notamment les activités qui doivent permettre l’atteinte du but et des objectifs formulés dans le programme de rétablissement. En vertu de la LEP, un plan d’action fournit un plan détaillé du rétablissement qui soutient l’orientation stratégique établie dans le programme de rétablissement de l’espèce. Le plan décrit brièvement ce qu’il faut faire pour assurer l’atteinte du but et des objectifs du rétablissement formulés dans le programme de rétablissement, y compris les mesures à prendre pour s’attaquer aux menaces et surveiller le rétablissement de l’espèce ainsi que les mesures visant à protéger l’habitat essentiel. Les plans d’action offrent l’occasion de solliciter la collaboration de nombreuses parties intéressées dans la recherche de solutions créatrices aux difficultés posées par le rétablissement.

Un ou plusieurs plans d’action en lien avec le présent programme de rétablissement seront élaborés dans les cinq ans suivant la publication de la version finale du programme dans le Registre public des espèces en péril.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Politique sur le caractère réalisable du rétablissement (ébauche). Politique de la Loi sur les espèces en péril, janvier 2005.

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Introduction