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Programme de rétablissement multi-espèces visant les plantes en péril des chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Sommaire

Le présent programme national de rétablissement vise cinq espèces en péril associées aux chênaies de Garry (milieux dominés par le chêne de Garry, Quercus garryana) : la balsamorhize à feuilles deltoïdes (Balsamorhiza deltoidea), l'aster rigide (Sericocarpus rigidus), la tonelle délicate (Tonella tenella), le tritéléia de Howell (Triteleia howellii) et la violette jaune des monts (Viola praemorsa ssp. praemorsa). Il est un des volets du programme de rétablissement des chênaies de Garry et des écosystèmes associés, défini dans le document Recovery Strategy for Garry Oak and Associated Ecosystems and their Associated Species at Risk in Canada: 2001-2006.

Toutes les espèces visées par le présent programme se rencontrent principalement aux États-Unis; seule une faible proportion de leur aire de répartition se trouve en territoire canadien, dans le sud-est de l'île de Vancouver et les îles Gulf voisines. Cette région bénéficie d'un climat de type subméditerranéen, caractérisé par des hivers frais et humides et des étés chauds marqués par une période de sécheresse. Les chênaies de Garry comprennent aussi bien la chênaie-parc, formée de chênes de Garry dispersés, que la chênaie plus dense mais parsemée d'arbustaies et d'herbaçaies. Il reste très peu de chênaies de Garry au Canada; l'étalement urbain n'en a épargné que des fragments, qui demeurent menacés par plusieurs facteurs.

Approche en matière d'intendance

Pour mettre en œuvre une protection efficace des espèces en péril, il sera très important d'entreprendre des activités d'intendance à l'égard de terrains présentant divers régimes fonciers et notamment de terrains privés et de réserves des Premières Nations. Ces activités supposent une coopération volontaire des propriétaires des terrains visés en vue de protéger les espèces en péril et les écosystèmes nécessaires à leur survie. En effet, dans le préambule de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale, il est admis « que les activités d'intendance visant la conservation des espèces sauvages et de leur habitat devraient bénéficier de l'appui voulu pour éviter que celles-ci deviennent des espèces en péril » et « que tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la conservation des espèces sauvages, notamment en ce qui a trait à la prévention de leur disparition du pays ou de la planète ». De même, dans l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique, il est reconnu que « l'intendance par les propriétaires de terres et de plans d'eau, ainsi que par leurs utilisateurs, est essentielle afin d'éviter que des espèces ne deviennent en péril et de protéger et rétablir les espèces qui sont en péril » et que « les mesures coopératives et volontaires sont les premières approches pour assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril ».

Les chênaies de Garry sont réduites à moins de 5 % de leur superficie d'autrefois, principalement à cause de l'aménagement des terrains. Les fragments qui ont été épargnés sont très dispersés et toujours menacés par l'étalement urbain et les activités récréatives. Le risque d'envahissement par des espèces exotiques et des arbustes est une menace permanente pour toutes les espèces en péril visées par le présent programme et pour les chênaies de Garry dont elles dépendent. La lutte contre les incendies et l'abandon des pratiques de brûlage entraînent une modification de la structure des chênaies de Garry et de la composition des communautés végétales associées, ayant pour conséquences une intensification de l'ombre projetée sur le tapis forestier, l'accumulation de chaume et l'empiètement d'arbustes et d'arbres. La prédation des plantes par des espèces exotiques, par le bétail et par les cerfs peut également constituer une menace.

De l'information pouvant servir à une définition finale de l'habitat essentiel des espèces en péril est fournie à l'égard des populations qui sont la seule d'une espèce, qui se trouvent sur des terres fédérales ou qui sont menacées de disparition imminente. Un habitat essentiel sera proposé dans le plan d'action pour la balsamorhize à feuilles deltoïdes, l'aster rigide, la tonelle délicate, la violette jaune des monts et le tritéléia de Howell, une fois que les études nécessaires auront été réalisées.

L'habitat actuel des espèces, c'est-à-dire le milieu effectivement occupé par chacune, est décrit dans le présent programme. Il restera donc à préciser et à classer par ordre de priorité les milieux constituant leur habitat potentiel; il devrait s'agir de milieux à couvert forestier clair, à sol bien drainé ou sec une partie de l'année et à végétation comportant une proportion relativement faible d'espèces envahissantes.

Les mesures de rétablissement prévues dans le présent programme augmenteront les chances de survie à long terme, à l'état sauvage, de toutes les espèces en péril visées. Des études plus approfondies sont nécessaires pour qu'on puisse déterminer s'il existe des obstacles véritables au rétablissement de certaines des populations actuelles ou à l'implantation de nouvelles populations.

Les buts à long terme du présent programme à l'égard de chacune des espèces visées sont de maintenir ou d'accroître leur effectif, de les rétablir dans toute leur zone d'occurrence et leur zone d'occupation historiques, par la translocation d'individus vers les stations historiques ou vers de nouveaux milieux leur convenant, et d'assurer la viabilité à long terme des populations.

Les objectifs à court terme devant permettre d'atteindre ces buts généraux sont les suivants :

  1. Assurer la protection des populations actuelles au moyen de mesures d'intendance et d'autres mécanismes1.
  2. Intéresser les propriétaires fonciers au rétablissement des espèces en péril visées et à la protection de leur habitat.
  3. Assurer le suivi des populations afin de déterminer leurs tendances démographiques et surveiller leur habitat afin d'évaluer l'impact des menaces.
  4. Caractériser l'habitat des populations : texture et épaisseur du sol, pente et orientation du terrain, communautés végétales.
  5. Mener des recherches pour mieux comprendre la biologie et les exigences écologiques des espèces en péril visées ainsi que les effets sur leurs populations des espèces exotiques et de la lutte contre les incendies.
  6. Élaborer pour chaque station un plan adaptatif de restauration du milieu.
  7. Repérer et classer des milieux propices à chacune des espèces visées en vue du transfert d'individus.
  8. Augmenter l'effectif des populations actuelles, au besoin, en fonction des buts de rétablissement fixés.
  9. Implanter de nouvelles populations ou sous-populations des espèces visées, en fonction des buts de rétablissement fixés.

Quatre approches générales ont été retenues pour l'atteinte des buts et objectifs de rétablissement des espèces visées :

  • protection et intendance de l'habitat;
  • gestion des stations;
  • collecte d'information (inventaire, suivi et recherches);
  • accroissement des populations actuelles et implantation de nouvelles populations.

L'approche multi-espèces fondée sur la protection de l'habitat fait ressortir l'importance de conserver les écosystèmes du chêne de Garry. Les approches générales que nous recommandons pour atteindre les buts du rétablissement devraient profiter non seulement aux espèces en péril visées mais à l'ensemble de la communauté dont elles font partie. Un calendrier des études nécessaires pour prévoir les effets possibles de ces approches sur les autres espèces en péril présentes dans les chênaies de Garry sera présenté dans le plan d'action.

Incidences socioéconomiques du rétablissement

Le rétablissement des espèces en péril et la restauration des milieux menacés associés aux chênaies de Garry favoriseront la biodiversité, la santé et la productivité de l'environnement et une meilleure appréciation de ces espèces et milieux particuliers, ce qui aura globalement une utilité sociale dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. En effet, la beauté naturelle des chênaies de Garry et écosystèmes connexes de la vallée du Bas-Fraser, des îles Gulf et de l'île de Vancouver constitue une ressource importante pour la population de la province, en permettant une industrie récréotouristique vigoureuse. La protection de ces espaces naturels, de leur biodiversité et de leur potentiel récréatif est d'une immense valeur pour l'économie locale.

Les mesures de rétablissement pourraient cependant affecter certaines activités socioéconomiques : activités récréatives; lotissement de terres privées; exploitation et entretien des parcs. Cependant, cet impact devrait demeurer faible dans presque tous les cas.

De nombreuses lacunes existent dans les connaissances sur les espèces visées et leur habitat. Il faudra donc faire des recherches pour mieux connaître la répartition de ces espèces, leur effectif et leurs tendances démographiques ainsi que les effets de la lutte contre les incendies, de la présence d'espèces exotiques et des activités de restauration du milieu sur elles et sur leur habitat.

La mise en œuvre du présent programme aura probablement peu d'incidences socioéconomiques. Cependant, certaines utilisations des terres pourraient s'avérer incompatibles avec les buts du rétablissement énoncés dans le programme.

Une version provisoire du plan d'action pour le rétablissement des espèces en péril des chênaies de Garry sera rédigée d'ici mars 2010.


1 Cet objectif pourra exiger toute forme de mesure de protection, y compris les ententes d'intendance ou de conservation visant les terains privés, l'établissement d'usages désignés pour les terres de la Couronne et la protection proprement dite dans les zones protégées de juridiction fédérale, provinciale ou locale.