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Programme de rétablissement multi-espèces visant les plantes en péril des chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Balsamorhize à feuilles deltoïdes
Aster rigide
Tonelle délicate
Tritéléia de Howell
Violette jaune des monts

Chênaies de Garry. Photo : S.J. Smith, 2004

 

Septembre 2005

 

Logos : Habitat Conservation Trust Fund, Garry Oak Ecosystems Recovery Team, Nature Conservancy Canada

Compétences responsables
Auteurs
Remerciements
Avant-propos
Évaluation environnementale stratégique

La série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril

Qu'est-ce que la Loi sur les espèces en péril (LEP)?

La LEP est la loi fédérale qui constitue l'une des pierres d'assise de l'effort national commun de protection et de conservation des espèces en péril au Canada. Elle est en vigueur depuis 2003 et vise, entre autres, àpermettre le rétablissement des espèces qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées.

Qu'est-ce que le rétablissement?

Dans le contexte de la conservation des espèces en péril, le rétablissement est le processus par lequel le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces à sa survie sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie de l'espèce à l'état sauvage. Une espèce sera considérée comme rétablie lorsque sa survie à long terme à l'état sauvage aura été assurée.

Qu'est-ce qu'un programme de rétablissement?

Un programme de rétablissement est un document de planification qui identifie ce qui doit être réalisé pour arrêter ou inverser le déclin d'une espèce. Il établit des buts et des objectifs et indique les principaux champs des activités à entreprendre. La planification plus élaborée se fait à l'étape du plan d'action.

L'élaboration de programmes de rétablissement représente un engagement de toutes les provinces et de tous les territoires ainsi que de trois organismes fédéraux -- Environnement Canada, l'Agence Parcs Canada et Pêches et Océans Canada -- dans le cadre de l'Accord pour la protection des espèces en péril. Les articles 37 à 46 de la LEP décrivent le contenu d'un programme de rétablissement publié dans la présente série ainsi que le processus requis pour l'élaborer.

Selon le statut de l'espèce et le moment où elle a été évaluée, un programme de rétablissement doit être préparé dans un délai de un à deux ans après l'inscription de l'espèce à la Liste des espèces en péril de la LEP. Pour les espèces qui ont été inscrites à la LEP lorsque celle-ci a été adoptée, le délai est de trois à quatre ans.

Et ensuite?

Dans la plupart des cas, un ou plusieurs plans d'action seront élaborés pour définir et guider la mise en oeuvre du programme de rétablissement. Cependant, les recommandations contenues dans le programme de rétablissement suffisent pour permettre la participation des collectivités, des utilisateurs des terres et des conservationnistes à la mise en oeuvre du rétablissement. Le manque de certitude scientifique ne doit pas être prétexte à retarder la prise de mesures efficientes visant à prévenir la disparition ou le déclin d'une espèce.

La série de Programmes de rétablissement

Cette série présente les programmes de rétablissement élaborés ou adoptés par le gouvernement fédéral dans le cadre de la LEP. De nouveaux documents s'ajouteront régulièrement à mesure que de nouvelles espèces seront inscrites à la Liste des espèces en péril et que les programmes de rétablissement existants seront mis à jour.

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur la Loi sur les espèces en péril et les initiatives de rétablissement, veuillez consulter le Registre public de la LEP et le site Web du Secrétariat du rétablissement (http://www.especesenperil.gc.ca/recovery/).

Citation recommandée

Agence Parcs Canada, 2005. Programme de rétablissement multi-espèces visant les plantes en péril des chênaies de Garry au Canada (proposé). In Programmes de rétablissement en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Agence Parcs Canada, Ottawa.


Exemplaires additionnels

Des exemplaires additionnels peuvent être téléchargés à partir du site Web du Registre de la LEP.

Données de catalogage avant publication de la Bibliothèque nationale du Canada

Titre de la vedette principale :
Programme de rétablissement multi-espèces visant les plantes en péril des chênaies de Garry au Canada

National Library input to come

Photographie de la couverture : S.J. Smith, 2004

Also available in English under the title:

"Recovery Strategy for Multi-Species at Risk in Garry Oak Woodlands in Canada (proposed)".

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l'Environnement, 2005. Tous droits réservés.

ISBN : À venir

Numéro de catalogue : À venir

Le contenu du présent document (sauf l'illustration de la couverture) peut être utilisé sans permission, à condition que la source soit adéquatement citée.

Compétences responsables

Les espèces visées par le présent programme de rétablissement se rencontrent au Canada uniquement dans la province de Colombie-Britannique. Le programme a été élaboré par l'Agence Parcs Canada au nom du ministre compétent (le ministre de l'Environnement), en partenariat avec le gouvernement de la Colombie-Britannique.

Auteurs

Le présent programme été rédigé par :

George W. Douglas, Ph.D., et Shyanne J. Smith shyanne@uoguelph.ca, Téléphone : 519 362-4179

pour le Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes en péril de l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry.

Remerciements

Le présent document a été établi d'après une ébauche rédigée aux fins de consultation par George W. Douglas et Shyanne J. Smith pour le Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes en péril de l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry. Les auteurs tiennent à remercier Adolf Ceska, Tim Ennis, Matt Fairbarns, Ted Lea, Moralea Milne et Hans Roemer, qui leur ont fourni des renseignements sur différentes espèces. Ils remercient également Brenda Costanzo, Matt Fairbarns, Marilyn Fuchs, Ted Lea, Terry McIntosh, Carrina Maslovat et Jenifer Penny, pour leurs observations sur le document, ainsi que Marta Donovan et Jenifer Penny, du Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique, qui ont fourni des données provenant de la base du Centre.

La préparation du présent programme a été financée par la Société canadienne pour la conservation de la nature et le Habitat Conservation Trust Fund. Le Habitat Conservation Trust Fund a été créé par une loi de l'Assemblée législative pour financer la protection, la restauration et la mise en valeur de l'habitat essentiel de poissons et d'autres animaux dans toutes les régions de Colombie-Britannique. Une surtaxe perçue sur les permis de pêche à la ligne, de chasse et de piégeage et sur les licences de guide est versée dans ce fonds. Les dons, déductibles du revenu imposable, sont également acceptés.

Avant-propos

Le présent programme national de rétablissement vise cinq espèces menacées ou en voie de disparition associées aux chênaies de Garry (milieux dominés par le chêne de Garry, Quercus garryana) : la balsamorhize à feuilles deltoïdes (Balsamorhiza deltoidea), l'aster rigide (Sericocarpus rigidus), la tonelle délicate (Tonella tenella), le tritéléia de Howell (Triteleia howellii) et la violette jaune des monts (Viola praemorsa ssp. praemorsa). Toutes ces espèces se rencontrent principalement aux États-Unis, et seulement une faible proportion de leur aire de répartition se trouve en territoire canadien, dans le sud-est de l'île de Vancouver et les îles Gulf voisines.

En vertu de l'article 37 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre compétent est tenu d'élaborer un programme de rétablissement à l'égard de toute espèce disparue du pays, en voie de disparition ou menacée. L'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry, la Province de Colombie-Britannique et l'Agence Parcs Canada ont dirigé l'élaboration du présent programme, qui répond aux exigences des articles 39 à 41 de la LEP en matière de contenu et de processus. Le programme a été élaboré en coopération ou consultation avec de nombreuses personnes et de nombreux organismes, dont : l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry, la Province de Colombie-Britannique et Environnement Canada; de nombreux groupes autochtones établis à l'intérieur de l'aire de répartition des espèces visées; de nombreuses organisations non gouvernementales à vocation environnementale, comme The Land Conservancy et la Société canadienne pour la conservation de la nature; certains intervenants du secteur industriel, comme la société Weyerhaeuser et BC Hydro; certains propriétaires fonciers, dont le ministère de la Défense nationale. Près de 1700 personnes et organismes ont ainsi été directement contactés et informés du programme de rétablissement et se sont vu offrir l'occasion d'y participer.

Évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, une évaluation environnementale stratégique (EES) est réalisée pour tous les projets de rétablissement d'espèces en péril désignées aux termes de la LEP. Le but de cette évaluation est de garantir que les conséquences pour l'environnement des politiques, plans et programmes publics proposés seront prises en compte dès l'étape de leur élaboration, de manière à permettre une prise de décision éclairée.

Les programmes de rétablissement visent à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général, mais ils peuvent avoir des effets imprévus sur l'environnement. Le processus de planification, fondé sur des lignes directrices nationales, prend en compte directement tous les effets environnementaux et tout particulièrement l'impact possible sur des espèces non visées ou leur habitat. Les résultats de l'EES ont été intégrés au programme lui-même, mais ils sont également résumés ci-dessous.

Le programme de rétablissement ici proposé ne présente aucun risque évident pour l'environnement. La mise en œuvre des mesures qui y sont énoncées devrait au contraire avoir un effet bénéfique pour l'environnement, car elles ciblent les espèces qui risquent le plus de subir des dégâts irréversibles. Le présent document décrit les menaces pesant sur ces espèces et leur habitat, dans la mesure où elles sont connues, ainsi que les lacunes existant dans les connaissances. Le document permet de connaître l'état des connaissances actuelles sur l'habitat essentiel à la survie et au rétablissement des espèces visées et propose un programme de mesures devant permettre de délimiter les milieux constituant cet habitat. Le programme fixe enfin les objectifs du rétablissement, en fonction des menaces spécifiées et des lacunes existant dans les connaissances. Les mesures visant à atteindre ces objectifs devront donc contribuer à atténuer ces menaces et à combler ces lacunes, ce qui aura un effet positif sur les populations des espèces visées.

La cohérence du présent programme de rétablissement et des plans connexes est favorisée par la structure de l'Équipe de rétablissement, qui est constituée de comités réunissant plusieurs intervenants. La participation effective de ces intervenants devrait permettre au programme et aux plans connexes d'influer les uns sur les autres, ce qui assurera une certaine cohérence et même une certaine synergie.

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Sommaire

Le présent programme national de rétablissement vise cinq espèces en péril associées aux chênaies de Garry (milieux dominés par le chêne de Garry, Quercus garryana) : la balsamorhize à feuilles deltoïdes (Balsamorhiza deltoidea), l'aster rigide (Sericocarpus rigidus), la tonelle délicate (Tonella tenella), le tritéléia de Howell (Triteleia howellii) et la violette jaune des monts (Viola praemorsa ssp. praemorsa). Il est un des volets du programme de rétablissement des chênaies de Garry et des écosystèmes associés, défini dans le document Recovery Strategy for Garry Oak and Associated Ecosystems and their Associated Species at Risk in Canada: 2001-2006.

Toutes les espèces visées par le présent programme se rencontrent principalement aux États-Unis; seule une faible proportion de leur aire de répartition se trouve en territoire canadien, dans le sud-est de l'île de Vancouver et les îles Gulf voisines. Cette région bénéficie d'un climat de type subméditerranéen, caractérisé par des hivers frais et humides et des étés chauds marqués par une période de sécheresse. Les chênaies de Garry comprennent aussi bien la chênaie-parc, formée de chênes de Garry dispersés, que la chênaie plus dense mais parsemée d'arbustaies et d'herbaçaies. Il reste très peu de chênaies de Garry au Canada; l'étalement urbain n'en a épargné que des fragments, qui demeurent menacés par plusieurs facteurs.

Approche en matière d'intendance

Pour mettre en œuvre une protection efficace des espèces en péril, il sera très important d'entreprendre des activités d'intendance à l'égard de terrains présentant divers régimes fonciers et notamment de terrains privés et de réserves des Premières Nations. Ces activités supposent une coopération volontaire des propriétaires des terrains visés en vue de protéger les espèces en péril et les écosystèmes nécessaires à leur survie. En effet, dans le préambule de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale, il est admis « que les activités d'intendance visant la conservation des espèces sauvages et de leur habitat devraient bénéficier de l'appui voulu pour éviter que celles-ci deviennent des espèces en péril » et « que tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la conservation des espèces sauvages, notamment en ce qui a trait à la prévention de leur disparition du pays ou de la planète ». De même, dans l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique, il est reconnu que « l'intendance par les propriétaires de terres et de plans d'eau, ainsi que par leurs utilisateurs, est essentielle afin d'éviter que des espèces ne deviennent en péril et de protéger et rétablir les espèces qui sont en péril » et que « les mesures coopératives et volontaires sont les premières approches pour assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril ».

Les chênaies de Garry sont réduites à moins de 5 % de leur superficie d'autrefois, principalement à cause de l'aménagement des terrains. Les fragments qui ont été épargnés sont très dispersés et toujours menacés par l'étalement urbain et les activités récréatives. Le risque d'envahissement par des espèces exotiques et des arbustes est une menace permanente pour toutes les espèces en péril visées par le présent programme et pour les chênaies de Garry dont elles dépendent. La lutte contre les incendies et l'abandon des pratiques de brûlage entraînent une modification de la structure des chênaies de Garry et de la composition des communautés végétales associées, ayant pour conséquences une intensification de l'ombre projetée sur le tapis forestier, l'accumulation de chaume et l'empiètement d'arbustes et d'arbres. La prédation des plantes par des espèces exotiques, par le bétail et par les cerfs peut également constituer une menace.

De l'information pouvant servir à une définition finale de l'habitat essentiel des espèces en péril est fournie à l'égard des populations qui sont la seule d'une espèce, qui se trouvent sur des terres fédérales ou qui sont menacées de disparition imminente. Un habitat essentiel sera proposé dans le plan d'action pour la balsamorhize à feuilles deltoïdes, l'aster rigide, la tonelle délicate, la violette jaune des monts et le tritéléia de Howell, une fois que les études nécessaires auront été réalisées.

L'habitat actuel des espèces, c'est-à-dire le milieu effectivement occupé par chacune, est décrit dans le présent programme. Il restera donc à préciser et à classer par ordre de priorité les milieux constituant leur habitat potentiel; il devrait s'agir de milieux à couvert forestier clair, à sol bien drainé ou sec une partie de l'année et à végétation comportant une proportion relativement faible d'espèces envahissantes.

Les mesures de rétablissement prévues dans le présent programme augmenteront les chances de survie à long terme, à l'état sauvage, de toutes les espèces en péril visées. Des études plus approfondies sont nécessaires pour qu'on puisse déterminer s'il existe des obstacles véritables au rétablissement de certaines des populations actuelles ou à l'implantation de nouvelles populations.

Les buts à long terme du présent programme à l'égard de chacune des espèces visées sont de maintenir ou d'accroître leur effectif, de les rétablir dans toute leur zone d'occurrence et leur zone d'occupation historiques, par la translocation d'individus vers les stations historiques ou vers de nouveaux milieux leur convenant, et d'assurer la viabilité à long terme des populations.

Les objectifs à court terme devant permettre d'atteindre ces buts généraux sont les suivants :

  1. Assurer la protection des populations actuelles au moyen de mesures d'intendance et d'autres mécanismes1.
  2. Intéresser les propriétaires fonciers au rétablissement des espèces en péril visées et à la protection de leur habitat.
  3. Assurer le suivi des populations afin de déterminer leurs tendances démographiques et surveiller leur habitat afin d'évaluer l'impact des menaces.
  4. Caractériser l'habitat des populations : texture et épaisseur du sol, pente et orientation du terrain, communautés végétales.
  5. Mener des recherches pour mieux comprendre la biologie et les exigences écologiques des espèces en péril visées ainsi que les effets sur leurs populations des espèces exotiques et de la lutte contre les incendies.
  6. Élaborer pour chaque station un plan adaptatif de restauration du milieu.
  7. Repérer et classer des milieux propices à chacune des espèces visées en vue du transfert d'individus.
  8. Augmenter l'effectif des populations actuelles, au besoin, en fonction des buts de rétablissement fixés.
  9. Implanter de nouvelles populations ou sous-populations des espèces visées, en fonction des buts de rétablissement fixés.

Quatre approches générales ont été retenues pour l'atteinte des buts et objectifs de rétablissement des espèces visées :

  • protection et intendance de l'habitat;
  • gestion des stations;
  • collecte d'information (inventaire, suivi et recherches);
  • accroissement des populations actuelles et implantation de nouvelles populations.

L'approche multi-espèces fondée sur la protection de l'habitat fait ressortir l'importance de conserver les écosystèmes du chêne de Garry. Les approches générales que nous recommandons pour atteindre les buts du rétablissement devraient profiter non seulement aux espèces en péril visées mais à l'ensemble de la communauté dont elles font partie. Un calendrier des études nécessaires pour prévoir les effets possibles de ces approches sur les autres espèces en péril présentes dans les chênaies de Garry sera présenté dans le plan d'action.

Incidences socioéconomiques du rétablissement

Le rétablissement des espèces en péril et la restauration des milieux menacés associés aux chênaies de Garry favoriseront la biodiversité, la santé et la productivité de l'environnement et une meilleure appréciation de ces espèces et milieux particuliers, ce qui aura globalement une utilité sociale dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. En effet, la beauté naturelle des chênaies de Garry et écosystèmes connexes de la vallée du Bas-Fraser, des îles Gulf et de l'île de Vancouver constitue une ressource importante pour la population de la province, en permettant une industrie récréotouristique vigoureuse. La protection de ces espaces naturels, de leur biodiversité et de leur potentiel récréatif est d'une immense valeur pour l'économie locale.

Les mesures de rétablissement pourraient cependant affecter certaines activités socioéconomiques : activités récréatives; lotissement de terres privées; exploitation et entretien des parcs. Cependant, cet impact devrait demeurer faible dans presque tous les cas.

De nombreuses lacunes existent dans les connaissances sur les espèces visées et leur habitat. Il faudra donc faire des recherches pour mieux connaître la répartition de ces espèces, leur effectif et leurs tendances démographiques ainsi que les effets de la lutte contre les incendies, de la présence d'espèces exotiques et des activités de restauration du milieu sur elles et sur leur habitat.

La mise en œuvre du présent programme aura probablement peu d'incidences socioéconomiques. Cependant, certaines utilisations des terres pourraient s'avérer incompatibles avec les buts du rétablissement énoncés dans le programme.

Une version provisoire du plan d'action pour le rétablissement des espèces en péril des chênaies de Garry sera rédigée d'ici mars 2010.


1 Cet objectif pourra exiger toute forme de mesure de protection, y compris les ententes d'intendance ou de conservation visant les terains privés, l'établissement d'usages désignés pour les terres de la Couronne et la protection proprement dite dans les zones protégées de juridiction fédérale, provinciale ou locale.

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1. Introduction

Le présent programme de rétablissement, élaboré dans le cadre du programme Recovery Strategy for Garry Oak and Associated Ecosystems and their Associated Species at Risk in Canada: 2001-2006 (GOERT, 2002), vise le rétablissement de cinq espèces en péril au Canada qui sont associées aux chênaies de Garry (milieux dominés par le chêne de Garry, Quercus garryana), à savoir la balsamorhize à feuilles deltoïdes (Balsamorhiza deltoidea), l'aster rigide (Sericocarpus rigidus), la tonelle délicate (Tonella tenella), le tritéléia de Howell (Triteleia howellii) et la violette jaune des monts (Viola praemorsa ssp. praemorsa). Le présent programme reprend certains éléments du volet « Strategic Approach D: Protection and recovery of species at risk » du programme de l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (ERECG; en anglais GOERT, pour Garry Oak Ecosystems Recovery Team) et vise toutes les stations canadiennes des cinq espèces susmentionnées.

Tableau 1. Espèces visées par le présent programme de rétablissement2
EspèceStatut attribué par le COSEPACClassement à l'échelle provincialeClassement à l'échelle mondialeDésignation de la LEP (annexe 1)Estimation de l'effectifProportion de l'aire de répartition se trouvant au Canada
Balsamorhize à feuilles deltoïdes
(Balsamorhiza deltoidea)
Espèce en voie de disparitionS1 – liste rougeG5Espèce en voie de disparition~ 1 160 individus< 1 %
Aster rigide
(Sericocarpus rigidus)
Espèce menacéeS2 – liste rougeG3Espèce menacée~ 54 800 à 94 800 tiges~ 15 %
Tonelle délicate
(Tonella tenella)
Espèce en voie de disparitionS1 – liste rougeG5Espèce en voie de disparition~ 236 à 316 individus< 1 %
Tritéléia de Howell
(Triteleia howellii)
Espèce en voie de disparitionS2 – liste rougeG5Espèce en voie de disparition~ 1 000 individus< 1 %
Violette jaune des monts
(Viola praemorsa ssp. praemorsa)
Espèce menacéeS2 – liste rougeG5T3T5Espèce menacée~ 45 000 individus< 1 %

2 Taxonomie et nomenclature selon Douglas et al. (1998a, 1998b, 1999a, 1999b et 2001).

Les cotes et autres désignations sont définies à l'annexe 2 du programme Recovery Strategy for Garry Oak and Associated Ecosystems.

On trouvera dans la section A du programme de l'ERECG (2002) de l'information générale s'appliquant à l'ensemble des espèces visées, notamment en ce qui a trait aux éléments communs de leurs habitats et au rétablissement des chênaies elles-mêmes et des écosystèmes qui leurs sont associés.

Le présent programme de rétablissement permet de répondre à deux des trois niveaux d'intervention définis par l'ERECG. La section 2 du présent document décrit les principaux caractères des espèces visées, leur importance pour la population humaine, les menaces qui pèsent sur elles et sur leur habitat, la définition de leur habitat essentiel et les mesures devant assurer leur rétablissement. La section 3 décrit les exigences biologiques et les besoins en matière d'habitat de chacune des espèces visées.

1.1 Approche en matière d'intendance

Pour mettre en œuvre une protection efficace des espèces en péril, il sera très important d'entreprendre des activités d'intendance à l'égard de terrains présentant divers régimes fonciers et notamment de terrains privés et de réserves des Premières Nations. Ces activités supposent une coopération volontaire des propriétaires des terrains visés en vue de protéger les espèces en péril et les écosystèmes nécessaires à leur survie. En effet, dans le préambule de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale, il est admis « que les activités d'intendance visant la conservation des espèces sauvages et de leur habitat devraient bénéficier de l'appui voulu pour éviter que celles-ci deviennent des espèces en péril » et « que tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la conservation des espèces sauvages, notamment en ce qui a trait à la prévention de leur disparition du pays ou de la planète ». De même, dans l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique, il est reconnu que « l'intendance par les propriétaires de terres et de plans d'eau, ainsi que par leurs utilisateurs, est essentielle afin d'éviter que des espèces ne deviennent en péril et de protéger et rétablir les espèces qui sont en péril » et que « les mesures coopératives et volontaires sont les premières approches pour assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril ».

1.2 Approche en matière d'intendance des terrains privés

Comme de nombreuses espèces en péril, dont certaines des espèces visées par le présent programme, se rencontrent uniquement ou principalement sur des terrains privés, les activités d'intendance seront essentielles à leur conservation et à leur rétablissement. Il est reconnu que la protection efficace de nombreuses espèces en péril de Colombie-Britannique exigera que les propriétaires des terrains visés prennent des mesures volontaires pour aider à conserver certains secteurs des écosystèmes naturels abritant ces espèces. Cette approche inclura de nombreux types d'activités, dont : le respect de lignes directrices ou bonnes pratiques de gestion visant à soutenir les espèces en péril; la protection volontaire de secteurs importants d'habitat se trouvant sur des terrains privés; la conclusion d'accords de conservation visant les titres de propriété; le don d'une partie ou de la totalité des terrains aux fins de la protection de certains écosystèmes ou de certaines espèces en péril; la vente des terrains aux fins de conservation. Plusieurs organisations gouvernementales et non gouvernementales sont parvenues à bien conserver certaines terres dans la province. Ce type d'activité peut être appuyé par le B.C. Trust for Public Lands.

1.3 Description des milieux visés par le présent programme

Les espèces visées par le présent programme se rencontrent principalement dans les chênaies de Garry. Aux fins du programme, celles-ci comprennent aussi bien la chênaie-parc, formée de chênes de Garry dispersés, d'une strate arbustive clairsemée et d'une strate herbacée diversifiée, que la chênaie plus dense, où l'arbousier (Arbutus menziesii) et le douglas (Pseudotsuga menziesii) accompagnent parfois le chêne de Garry mais qui demeure parsemée d'arbustaies et d'herbaçaies. En raison de facteurs climatiques, édaphiques et anthropiques, les chênaies de Garry forment des îlots dispersés au sein de la zone côtière à douglas (voir Fuchs, 2001).

À Victoria, centre de l'aire de répartition canadienne historique des chênaies de Garry, les précipitations annuelles sont d'environ 600 mm (d'après les Normales climatiques 1971-2000, Environnement Canada, 2004). Elles sont plus importantes à la périphérie de l'aire du chêne de Garry, approchant les 1 000 mm à Metchosin et atteignant les 1 500 mm à Duncan. Les précipitations ont lieu surtout en hiver, la moyenne mensuelle pour la période de mai à août se situant entre 45 et 65 mm environ pour Duncan et à 20 mm ou moins pour Victoria.

Dans le sud-est de l'île de Vancouver, les sols où croît le chêne de Garry sont souvent des loams graveleux ou gravelo-sableux (Stein, 1990), souvent minces (<30 cm) mais variant entre quelques centimètres et plus de 100 cm, les plus épais étant en général très bien drainés (Fuchs, 2001; Roemer, 1993). Certains sont pauvres en azote, ce qui défavorise l'envahissement par d'autres espèces indigènes.

L'analyse palynologique des carottes de terre prélevées dans le sud de l'île de Vancouver et dans la région voisine du continent indique que l'aire canadienne du chêne de Garry était plus étendue il y a plusieurs milliers d'années qu'elle ne l'est aujourd'hui (R. Hebda, comm. pers.; Brown et Hebda, 2002; Pellat et al., 2001). Le brûlage pratiqué par les peuples autochtones dans le sud-est de l'île de Vancouver a probablement favorisé le maintien et peut-être même l'extension des chênaies de Garry, en particulier dans les zones à sol épais, en empêchant leur envahissement par les conifères durant la période où le climat est devenu plus humide (Pellat et al., 2001; Fuchs, 2001; Turner, 1999; Thilenius, 1968).

Il reste très peu de chênaies de Garry intactes; la plupart ont été envahies par d'autres espèces, dont un grand nombre d'exotiques (MacDougall et al., 2004). En milieu urbain, il subsiste des chênes de Garry vétérans, mais le sous-étage est en majeure partie remplacé par du gazon ou des revêtements. Il ne reste que des îlots, généralement très réduits, de chênaies de Garry, très éloignés les uns des autres et le plus souvent dominés par des espèces envahissantes. En outre, les processus écologiques (feu, broutage, régime hydrologique) y sont en grande partie modifiés.

Les chênaies de Garry visées par le présent programme ne possèdent pas toutes les mêmes caractères ni forcément les caractères typiques ou historiques de ce type de formation. Dans le passé, on a décrit deux types de chênaies de Garry : la chênaie-parc, à sol riche et épais et à sous-étage formé d'arbustaies et d'herbaçaies, et la chênaie broussailleuse occupant le littoral ou les versants rocheux, à sol pauvre, mince et sec et à sous-étage plus clairsemé (MacDougall et al., 2004). Les espèces visées par le présent programme sont généralement associées à l'un ou à l'autre des deux types de chênaies. Cependant, la majeure partie de leur habitat est fortement envahi par des espèces exotiques, et la lutte contre les incendies ainsi que l'abandon des pratiques de brûlage ont entraîné une modification de la structure et de la composition de la végétation. Une des populations de balsamorhize à feuilles deltoïdes (celle de la flèche Tyee) pousse même dans un milieu sans couvert de chênes de Garry. Toutes les stations des espèces visées ont cependant en commun d'être exposées à une période de sécheresse saisonnière ou de pousser sur un sol très bien drainé.

1.4 Justification de l'approche multi-espèces

La protection de l'habitat est un facteur clé dans la conservation des espèces sauvages, comme le reconnaît la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. L'ERECG a tenu compte de ce facteur dans la définition des approches générales et particulières de sa stratégie globale (GOERT, 2002). Plusieurs autres points importants soulevés par le Groupe de travail national sur le rétablissement (2001) montrent également que le rétablissement de chacune des espèces en péril associées aux chênaies de Garry nécessite la protection de leur habitat.

  • Ces espèces ont une aire de répartition restreinte, et les mesures de rétablissement prévues à leur égard doivent être intégrées à l'une ou l'autre des étapes de la planification.
  • Ces espèces ont peut-être des besoins conflictuels qu'une approche écosystémique permettrait de déceler et de concilier.
  • Certaines menaces qui pèsent sur ces espèces, par exemple l'empiètement d'espèces envahissantes sur leur habitat, se font sentir à l'échelle de l'écosystème, de sorte qu'il est plus efficace de s'y attaquer à cette échelle.

Les espèces en péril visées par le présent programme se trouvent, au Canada, à la limite septentrionale de leur aire de répartition (Ceska, 1992; Pojar, 1980), et il est possible que leurs populations canadiennes soient toutes confrontées à des problèmes génétiques et à des difficultés de rétablissement semblables.

Enfin, compte tenu du grand nombre (une centaine) d'espèces en péril présentes dans les chênaies de Garry et écosystèmes associés, une approche visant le rétablissement de leur habitat ou de leur écosystème est plus efficace, puisqu'elle permet un niveau élevé d'intégration des mesures visant le rétablissement des espèces individuelles.

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2. Rétablissement

2.1 Principales caractéristiques communes des espèces visées

Les espèces visées par le présent programme ont plusieurs caractères biologiques et plusieurs besoins en commun, en plus de partager le même habitat (voir dans la section 1 la description des chênaies de Garry) :

  • elles ont pratiquement la même aire de répartition (depuis la Californie et l'Oregon jusqu'au Washington et au sud de la Colombie-Britannique), les populations canadiennes se trouvant à la limite nord de cette aire;
  • à maturité, elles semblent bien adaptées à la sécheresse;
  • elles sont plutôt héliophiles et peu compétitives;
  • elles accusent un faible taux de germination des graines ou un faible taux de survie des semis;
  • leur potentiel de dispersion est plutôt limité, et leur habitat est très fragmenté, de sorte que les échanges génétiques entre populations sont peu probables, et les possibilités de colonisation sont limitées.

2.2 Menaces pour les populations et leur habitat

Les menaces pesant sur les espèces visées par le présent programme ont été classées en quatre grandes catégories : effets découlant directement de l'activité humaine, espèces exotiques, prédation et lutte contre les incendies. Elles sont énumérées au tableau 2, avec une indication de leur gravité pour chacune des espèces et son habitat. Il faut noter que ces catégories sont larges et peuvent se recouper et que les différentes menaces ont probablement des effets complexes et cumulatifs sur les espèces en péril et leur habitat.

Tableau 2. Menaces pesant sur les populations (P) ou l'habitat (H) des espèces en péril des chênaies de Garry. La gravité de chaque menace est qualifiée de faible, modérée, grave ou inconnue
MenaceIncidenceBalsamorhize à feuilles deltoïdesAster rigideTonelle délicateTritéléia de HowellViolette jaune des monts
1. Effets directs de l'activité humaine sur l'habitat
a) Perte d'habitat (urbanisation, développement agricole, etc.)P, HGraveGraveGraveGraveGrave
b) Fragmentation de l'habitat et effondrement démographiquePGraveGraveGraveGraveGrave
c) Dégradation de l'habitat (usage à des fins récréatives, utilisation ou entretien du terrain, etc.)P, HGraveModéréeModéréeGraveModérée
d) Mesures de restauration (fauchage, arrachage ou coupage de broussailles, application de pesticide, etc.)P, HFaibleGraveFaibleGraveModérée
2. Lutte contre les incendies
Modification de la structure et de la composition de la végétation (ombre, accumulation de chaume et de débris ligneux, envahissement par les arbres et les arbustes)P, HGraveGraveGraveGraveGrave
3. Espèces exotiques envahissantes
a) Arbustes (ombre, compétition, modification du milieu)P, HGraveGraveFaibleGraveGrave
b) Graminées et autres herbacées (ombre, compétition, modification du milieu)P, HFaibleGraveModéréeGraveGrave
4. Prédation
a) Broutement ou prédation des graines ou des bulbes par des espèces exotiques (limaces, écureuils, lapins, moutons féraux)PGraveModéréeInconnueInconnueInconnue
b) Broutement par les cerfsP, HGraveGraveInconnueInconnueInconnue


2.2.1 Effets directs de l'activité humaine sur l'habitat

L'étendue des chênaies de Garry de la région de Victoria est estimée à moins de 5 % de ce qu'elle était autrefois (MacDougall et al., 2004; Lea, 2002; Fuchs, 2001). En outre, un grand nombre des stations des espèces en péril associées aux chênaies de Garry ne bénéficient d'aucune protection juridique contre de futurs projets d'aménagement, puisqu'elles se trouvent sur des terrains privés. Ainsi, deux des huit stations connues de la balsamorhize à feuilles deltoïdes se trouvent sur des terrains privés, et une partie importante de celle de la flèche Tyee a été touchée par la construction résidentielle en 2003 (Ennis, comm. pers., 2003). Huit des 21 stations connues de l'aster rigide se trouvent sur des terrains privés. L'unique station de la tonelle délicate, à l'île Saltspring, est située sur un terrain privé et pourrait être détruite si le propriétaire décidait de construire une maison au bord de l'eau. Les anciens propriétaires en avaient l'intention, mais leurs plans ne se sont jamais matérialisés. Depuis quelques années, la construction résidentielle a connu un essor à l'île Saltspring, et les terrains riverains sont très recherchés. La population de l'île a augmenté de 78 % entre 1986 et 2001, et selon les projections démographiques elle pourrait augmenter encore de 43 % avant 2026 (Adams, comm. pers., 2003). Enfin, cinq des 13 stations connues du tritéléia de Howell et une des 13 stations connues de la violette jaune des monts se trouvent également sur des terrains privés.

Les pertes d'habitat survenues dans le passé n'ont épargné que des fragments de chênaie de Garry, de sorte qu'il n'y a pratiquement plus de dispersion possible pour les cinq espèces en péril visées par le présent programme, ni d'échange entre leurs populations. Or, les petites populations isolées sont sujettes à la dépression de consanguinité (Primack, 1998). La perte d'habitat ou la fragmentation de l'habitat peut signifier pour une espèce une moindre fréquentation par les pollinisateurs; cette menace a été signalée notamment pour les populations d'aster rigide de Fort Lewis, au Washington (Bigger, 1999). La fragmentation d'un milieu peut également favoriser son envahissement par des espèces exotiques ou entraîner, par suite de la formation d'écotones, une modification des processus écologiques comme les régimes de perturbation, le cycle des éléments nutritifs et le régime hydrologique.

La perte d'habitat peut menacer la survie des espèces en péril même dans les aires protégées, si les plans de gestion de ces aires ne sont pas mis en œuvre comme il se doit ou ne prévoient aucune disposition particulière à l'égard des plantes vasculaires rares. Récemment, dans certains parcs municipaux, notamment aux parcs Uplands et Saxe Point, la construction et l'entretien de chemins, de sentiers et d'autres aménagements ont causé des dommages à des plantes vasculaires rares (Douglas, obs. pers.; Penny, comm. pers., 2005). Les activités récréatives peuvent donner lieu au piétinement de plantes ou à la récolte de fleurs ou de plantes entières.

Les activités de restauration du milieu peuvent également causer par inadvertance des dommages aux espèces en péril ou à leur habitat. Ainsi, le fauchage, même à la fin de l'été, peut être néfaste pour l'aster rigide qui, contrairement à la plupart des herbacées non graminoïdes associées aux chênaies de Garry, n'entre pas en dormance entre le milieu et la fin de l'été. Le piétinement de la végétation, la destruction ou la perturbation accidentelle de sujets, le dégagement du sol et l'épandage de pesticides inappropriés peuvent tous nuire aux espèces en péril. La plus importante sous-population d'aster rigide du mont Tzuhalem a été détruite lorsqu'on a brûlé sur place un tas d'arbustes exotiques arrachés dans la réserve. En planifiant soigneusement les mesures de restauration des chênaies de Garry et en assurant un suivi approprié, on peut éviter les incidences négatives de ces activités sur les espèces en péril.

2.2.2 Lutte contre les incendies

La lutte contre les incendies d'origine naturelle ou humaine qui se pratique depuis l'arrivée des colons européens engendre une menace pour toutes les espèces en péril associées aux chênaies de Garry. La menace la plus évidente vient des espèces arbustives envahissantes, en particulier la symphorine blanche (Symphoricarpos albus), dont l'ombre peut éliminer les herbacées non graminoïdes indigènes, au nombre desquelles se trouvent les espèces visées par le présent programme. Autrefois, les populations autochtones pratiquaient le brûlage dans une grande partie du sud-est de l'île de Vancouver afin d'entretenir le type de végétation nécessaire à la survie de la faune et de la flore qui leur servaient de ressources alimentaires (Roemer, 1972; Turner, 1999). Les analyses paléoécologiques indiquent que cette pratique a assuré la permanence des chênaies de Garry durant plusieurs milliers d'années en empêchant l'évolution naturelle de la végétation vers une forêt coniférienne (Pellatt et al., 2001). D'après les registres historiques, le paysage aurait présenté une mosaïque de prairies, de prés riches et de fourrés (MacDougall et al., 2004). De nombreuses chênaies de Garry (en particulier celles des milieux mésiques à sol épais) dépendent du feu, qui maintient le couvert forestier et le sous-étage clairs et empêche l'accumulation de chaume. La lutte contre les incendies entraîne également une modification du régime hydrologique et du cycle des éléments nutritifs, qui peut être défavorable aux espèces visées par le présent programme.

L'envahissement des chênaies de Garry par des arbustes est bien visible dans la réserve de chênes de Garry de Cowichan et au lac Somenos, où la symphorine blanche domine le sous-étage par endroits. Il semble que la symphorine blanche ombrage et élimine la plupart des herbacées, ce qui donne à penser que les populations d'aster rigide, de tritéléia de Howell et de violette jaune des monts de ces localités ont déjà été plus abondantes qu'elles ne le sont aujourd'hui et qu'elles ont décliné à cause de l'envahissement de leur habitat par des arbustes. La violette jaune des monts est particulièrement héliophile et tire profit de l'ensoleillement important, de la chaleur et de l'humidité disponibles au début du printemps, avant l'apparition des feuilles du chêne de Garry et de la plupart des arbustes. L'espèce est rare dans les milieux dominés par des massifs denses de symphorine blanche et de genêt à balais, qui projettent une ombre épaisse sur le tapis forestier.

Un retour aux pratiques de brûlage pourrait détruire les populations et l'habitat d'espèces visées par le présent programme. Vu la quantité de chaume et de débris ligneux qui s'est accumulée, un feu aujourd'hui dégagerait probablement une chaleur beaucoup plus intense que les feux d'autrefois. Par la suite, le milieu serait probablement encore plus fortement envahi par des espèces exotiques, en particulier la houlque laineuse (Holcus lanatus) et le dactyle pelotonné (Dactylis glomerata). Toute activité de brûlage appellerait la plus grande prudence, et il y a intérêt à examiner d'autres solutions qui permettraient d'obtenir les mêmes résultats, par exemple l'abattage, l'arrachage, le fauchage et l'enlèvement des débris. L'élimination des feux fait planer une menace particulière sur la tonelle délicate. Le type de végétation où se trouve l'unique station de l'espèce était autrefois maintenu par des incendies naturels. En l'absence de feu, les matières combustibles se sont accumulées, et leur embrasement pourrait donner lieu à un incendie très destructeur. La population de tonelle délicate pourrait être complètement détruite.

La réintroduction d'un régime d'incendie dans ces écosystèmes soulèverait de graves problèmes en matière de sécurité publique et de dommage aux propriétés, dont il faudra tenir compte si jamais un tel projet était envisagé.

2.2.3 Espèces exotiques envahissantes

Les populations des cinq espèces en péril visées par le présent programme ainsi que leur habitat sont menacés par des espèces exotiques envahissantes, en particulier la canche précoce (Aira praecox), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), la crételle hérissée (Cynosurus echinatus), plusieurs espèces de brome (Bromus spp.) et le dactyle pelotonné (Dactylis glomerata), qui forment plus de 80 % de la couverture dans la plupart des chênaies de Garry. Ces graminées font concurrence aux espèces indigènes pour les éléments nutritifs et l'eau. Elles sont susceptibles de modifier le milieu, notamment en contribuant à l'accumulation de litière. En outre, elle peuvent empêcher les plantules des espèces indigènes de s'établir. Plusieurs populations de balsamorhize à feuilles deltoïdes, d'aster rigide, de tritéléia de Howell et de violette jaune des monts sont menacées par le genêt à balais (Cytisus scoparius), qui envahit leur habitat et ombrage la couverture herbacée.

L'habitat de la tonelle délicate a été modifié de façon marquée par les espèces exotiques qui dominent maintenant le secteur, en particulier les graminées, surtout des bromes, qui forment une proportion importante de la couverture végétale.

On ne sait pas dans quelle mesure la violette jaune des monts a été touchée par la présence d'espèces exotiques. À l'exception du dactyle pelotonné, la plupart des graminées présentes dans l'habitat de la violette jaune des monts croissent lentement au printemps et ne semblent pas être en compétition avec la violette pour la lumière durant la période où cette espèce accomplit sa croissance, sa floraison et sa fructification. Par contre, ces graminées forment un gazon dense qui peut empêcher la germination des graines ou l'établissement des plantules de la violette, et elles sont en compétition avec la violette pour les éléments nutritifs et l'eau.

2.2.4 Prédation

L'incidence du broutement ainsi que de la prédation des graines et des bulbes sur les espèces visées par le présent programme n'a pas été beaucoup étudiée, notamment en ce qui concerne la tonelle délicate, le tritéléia de Howell et la violette jaune des monts. Il est cependant raisonnable de penser que ces facteurs peuvent avoir une incidence importante sur la régénération et la survie des populations, en particulier sur la survie des jeunes sujets. Un facteur qui pourrait menacer le tritéléia de Howell mais dont l'incidence sur l'espèce n'a pas été étudiée est l'accroissement de l'effectif de l'écureuil gris (Sciurus carolinensis), introduit dans la région, car les bulbes de liliacées font partie du régime alimentaire des écureuils.

On a observé des indices de prédation par des invertébrés et des mammifères sur la balsamorhize à feuilles deltoïdes, en particulier dans les milieux perturbés; cette prédation peut menacer la survie des jeunes sujets (Roemer, 2005). Des populations d'aster rigide situées dans des parcs ont également été fortement broutées par les cerfs et les lapins (Roemer, 2005). Cependant, la présence d'herbivores ne constitue pas forcément une menace; au mont Little Saanich, par exemple, où la population de cerfs est pourtant abondante, l'aster rigide est peu brouté (Fairbarns, 2005). Au mont Tuam, la violette jaune des monts semble fortement broutée par les moutons féraux et probablement par les cerfs.

La prédation des graines peut présenter une menace pour la balsamorhize à feuilles deltoïdes et l'aster rigide. Souvent, on ne trouve dans chacun des nombreux capitules de la balsamorhize à feuilles deltoïdes que quelques graines intactes. Dans une étude menée à Fort Lewis, au Washington, Bigger (1999) a observé que les deux tiers des ramets (tiges clonales) d'aster rigide dans ses parcelles d'étude étaient attaqués, en particulier par les larves d'un coléoptère. Il a également observé une corrélation entre la prédation des graines et la superficie de la parcelle, la prédation étant deux fois plus importante dans les grandes parcelles que dans les petites. Au Canada, la prédation des graines ne présente pour l'aster rigide qu'une menace modérée, puisqu'il semble que peu de tiges de l'espèce fleurissent, probablement en raison de la sécheresse qui sévit en été (Fairbarns, 2005).

2.3 Habitat essentiel

Pour l'instant, aucun habitat essentiel n'est proposé dans le présent programme aux fins de désignation aux termes de l'article 2 de la Loi sur les espèces en péril fédérale.

Bien que les besoins en matière d'habitat des espèces visées soient assez bien connus, il faudra que des travaux plus concluants soient réalisés avant que des parcelles spécifiques puissent être délimitées aux fins de la protection de l'habitat essentiel. Cette désignation devrait être proposée dans un ou plusieurs des plans d'action de rétablissement, une fois que les propriétaires fonciers et les organisations touchés auront été consultés, que des mesures  d'intendance auront été élaborées avec eux et que les travaux encore requis pour quantifier l'habitat essentiel de chaque espèce et les superficies nécessaires auront été réalisés.

Un programme d'études nécessaires à la désignation de l'habitat essentiel est proposé dans la section 2.3.4 du présent document, mais il convient ici de résumer les connaissances existant déjà sur les besoins en matière d'habitat des espèces visées et sur les milieux qu'elles occupent actuellement.

La présente section décrit donc, dans la mesure du possible, l'habitat actuel de chacune des espèces ainsi que leur habitat potentiel. Elle donne ensuite des exemples d'activités susceptibles de détruire l'habitat essentiel des espèces et présente un calendrier des études nécessaires pour définir cet habitat.

L'habitat actuel est décrit pour quatre des cinq espèces visées par le présent programme. L'habitat essentiel sera proposé à l'étape du plan d'action, après consultation des propriétaires et gestionnaires fonciers.

2.3.1 Habitat actuel

Cet habitat comprend tous les milieux actuellement occupés qui se trouvent sur des terres fédérales ou municipales ou qui sont menacés de disparition imminente, comme il est indiqué ci-dessous.

Balsamorhize à feuilles deltoïdes

L'habitat actuel de la balsamorhize à feuilles deltoïdes se trouve le long de la côte sud-est de l'île de Vancouver, dans des chênaies de Garry, depuis Langford et Colwood jusqu'à Victoria ainsi qu'à Duncan et à Campbell River. Ces stations sont généralement sèches en été et bien drainées en hiver et sont complètement exposées ou seulement en partie ombragées par des arbustes ou des arbres. (Pour plus de détails, voir plus loin la section « Description des besoins de l'espèce ».)

L'habitat actuel est réparti entre huit localités canadiennes, dont une seule, la station de Fort Rodd Hill, se trouve sur une terre fédérale autre qu'une réserve indienne. Des sept autres stations de l'espèce, deux se trouvent sur des terrains privés et ne bénéficient d'aucune protection, une se trouve dans une réserve indienne (celle de la flèche Tyee) où elle bénéficie de mesures concrètes de protection et de rétablissement, et les autres sont dans des aires protégées.

Aster rigide

L'habitat actuel de l'aster rigide se trouve le long de la côte sud-est de l'île de Vancouver et aux îles Trial et Hornby, dans des chênaies de Garry ou des prés, depuis l'île Trial et Victoria jusqu'à Colwood, Langford et Sooke, vers l'ouest, et jusqu'à Duncan et Nanaimo, vers le nord. On trouve une autre station dans la région de Port Alberni. Ces stations sont sèches en été et bien drainées en hiver, complètement exposées ou partiellement ombragées par des arbustes ou des arbres dispersés. Les sols sont généralement minces (&lt; 30 cm). (Pour plus de détails, voir plus loin la section « Description des besoins de l'espèce ».)

L'aster rigide est actuellement connu de 21 localités canadiennes. Les stations présentant un fort potentiel de protection ou qui ont une valeur énorme pour la survie de l'espèce au Canada comprennent celles qui se trouvent sur des terres fédérales à l'île Trial et au mont Little Saanich. On ne sait pas quelle proportion de ces stations se trouvent sur des terres fédérales; aussi faudra-t-il recenser et cartographier les stations pour être en mesure de désigner une superficie suffisante. Des superficies importantes d'habitat actuel se rencontrent également sur un terrain privé de la région de Harmac, au sud-est de Nanaimo. Ce terrain, qui abrite la plus importante population canadienne d'aster rigide, est menacé par un projet d'aménagement (Christy, 2005; Fairbarns, 2005).

Tonelle délicate

La tonelle délicate ne se rencontre que sur un talus abrupt près de Sansom Narrows, à l'île Saltspring. Cette station, qui se trouve au sein d'un peuplement d'érable à grandes feuilles et d'arbousier (Acer macrophyllum-Arbutus menziesii), est sèche en été, bien drainée en hiver et exposée (pour plus de détails, voir plus loin la section « Description des besoins de l'espèce »). Il sera peut-être nécessaire de désigner une plus grande superficie comme habitat essentiel de l'espèce; le cas échéant, cela se fera lors de l'élaboration du plan d'action, après consultation des propriétaires fonciers concernés.

Tritéléia de Howell

L'habitat actuel par le tritéléia de Howell se trouve le long de la côte sud-est de l'île de Vancouver, depuis Victoria jusqu'à Metchosin, y compris Langford et Saanich, et vers le nord jusqu'à Duncan. Le tritéléia de Howell pousse sur des sols modérément épais et sur des affleurements rocheux dans des chênaies de Garry. Ces stations sont sèches en été et bien drainées en hiver et sont à certains endroits ombragées par des arbustes et par des arbres dispersés. (Pour plus de détails, voir plus loin la section « Description des besoins de l'espèce ».)

Des 13 stations actuelles de l'espèce, 7 se trouvent dans des parcs ou d'autres types d'aires protégées, une se trouve dans une réserve indienne, et cinq sont sur des terrains privés. Les stations situées sur des terrains privés ne semblent pas, pour l'heure, menacées par des projets d'aménagement.

Violette jaune des monts

L'habitat actuel de la violette jaune des monts se trouve le long de la côte sud-est de l'île de Vancouver, depuis Victoria jusqu'à Metchosin, y compris Langford et Saanich, et vers le nord jusqu'à Duncan et Nanaimo, ainsi qu'à l'île Saltspring. Une station historique est répertoriée pour la région de Comox. Les stations de l'espèce sont situées dans des chênaies de Garry (bois et prés), où le sol est relativement épais et où le substratum et rocheux et peu exposé (pour plus de détails, voir plus loin la section « Description des besoins de l'espèce »). Certaines se trouvent sur des versants rocheux assez abrupts, où elles occupent des milieux où le sol est plus épais; d'autres se trouvent dans des prés de graminées pratiquement dépourvus d'arbres, à sol relativement épais et conservant probablement un peu d'humidité durant la période sèche de l'été.

La violette jaune des monts est actuellement signalée dans 13 localités canadiennes, dont une se trouve sur des terres fédérales au mont Little Saanich, 9 se trouvent dans des parcs ou d'autres types d'aires protégées, et 3 sont sur des terrains privés.

2.3.2 Habitat potentiel

L'habitat actuel décrit dans la section précédente est insuffisant pour assurer le plein rétablissement des espèces, tel qu'il est défini dans les buts de rétablissement propres à chaque espèce. Pour atteindre ces buts, il faudra désigner une superficie supplémentaire d'habitat essentiel. Cependant, pour être en mesure de le faire, il faudra mener des études plus approfondies et examiner les possibilités de translocation et notamment de réintroduction des espèces. Les milieux choisis comme habitat potentiel devront probablement d'abord être restaurés.

L'idéal serait de considérer comme habitat potentiel de la balsamorhize à feuilles deltoïdes, de l'aster rigide, du tritéléia de Howell ou de la violette jaune des monts, ou de plusieurs de ces espèces, toutes les chênaies de Garry qui se trouvent dans l'aire de répartition historique de es espèces (pour connaître les stations historiques, voir la section 3). Il faudrait retenir à titre d'habitat de qualité des chênaies qui ont un couvert forestier clair, un sol bien drainé ou sec une partie de l'année et une couverture relativement faible d'espèces exotiques envahissantes (en particulier de graminées et de genêt à balais). Comme les quatre espèces en question ont des besoins semblables en matière d'habitat et se rencontrent parfois dans les mêmes milieux, les mesures prévues pour leur rétablissement pourraient être mises en œuvre simultanément. De plus, l'effectif des stations actuelles du tritéléia de Howell et de la violette jaune des monts pourrait connaître un accroissement spectaculaire si on pouvait éliminer ou réduire les facteurs qui les limitent.

Comme il n'y a qu'une station de tonelle délicate au Canada, il faudra peut-être désigner une plus grande superficie d'habitat essentiel à l'île Saltspring pour augmenter les chances de plein rétablissement de l'espèce.

2.3.3 Exemples d'activités susceptibles de détruire l'habitat essentiel éventuellement désigné

L'étalement urbain, l'expansion agricole et les autres changements d'utilisation des terres sont manifestement les principaux facteurs qui risquent de causer des pertes d'habitat essentiel chez les espèces en péril visées par le présent programme. Pour écarter cette menace, il faudrait prévoir des mesures d'intendance ou d'autres formes de protection pour les milieux ainsi désignés. Les travaux d'entretien (par exemple l'aménagement et l'entretien de sentiers) et les activités récréatives (randonnée, vélo, VTT) sont également susceptibles de détruire l'habitat essentiel des espèces visées, et la protection de celui-ci exige la coopération des propriétaires ou des gestionnaires fonciers.

La protection de l'habitat essentiel devra dans la plupart des cas s'accompagner de mesures de restauration conformes aux lignes directrices établies par l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry comme appui à l'intendance des terres par leurs propriétaires. Les espèces exotiques envahissantes présentent une grave menace, puisque leur présence modifie tellement la composition et la structure de la végétation, le régime hydrologique et le cycle des éléments nutritifs que le milieu finit par ne plus répondre aux besoins des espèces visées. La lutte contre les incendies entraîne également une perte d'habitat essentiel; les arbustes et les conifères envahissent maintenant le sous-étage des chênaies de Garry, qui était autrefois maintenu dégagé par les incendies d'origine naturelle et le brûlage pratiqué par les populations autochtones. Les travaux de restauration doivent cependant être planifiés avec soin, car ils risquent de détruire l'habitat essentiel des espèces visées, surtout s'ils sont menés durant la saison de végétation; c'est le cas notamment pour l'élimination des espèces envahissantes (par désherbage ou épandage d'herbicide), l'élimination du chaume (par fauchage ou brûlage) ou l'élimination des arbustes et des conifères (par coupe ou brûlage dirigé). Il est également possible que les travaux de restauration aient des effets pervers sur l'habitat essentiel (érosion du sol ou envahissement par des graminées exotiques suite à l'élimination des arbustes, par exemple).

2.3.4 Études nécessaires à la désignation de l'habitat essentiel

Le tableau 3 donne les principaux caractères des milieux où poussent les espèces visées par le présent programme. Ces milieux sont décrits en détail à la section 3. Nous avons établi une liste des stations où on trouve une ou plusieurs des espèces visées (tableau 3), afin de faciliter la désignation de l'habitat essentiel. Chacune de ces stations a été évaluée d'après l'effectif des espèces présentes, la qualité du milieu et la protection dont il bénéficie.

Des études plus approfondies sont nécessaires pour qu'on puisse désigner l'habitat essentiel des cinq espèces visées. Ces études devraient comprendre ce qui suit.

  • À l'aide de techniques de cartographie établies (appliquées durant les périodes opportunes de la saison de végétation), délimiter l'habitat actuel des espèces visées par le présent programme afin de pouvoir vérifier qui est propriétaire de ces terrains et consulter ces personnes. Délai proposé : 2008.
  • Effectuer des relevés détaillés des milieux occupés par les espèces visées afin de mieux cerner quels sont les caractères à rechercher pour la désignation de l'habitat essentiel, notamment en ce qui a trait à la texture et à l'épaisseur du sol, à la pente et à l'orientation du terrain et à la composition de la végétation. Délai proposé : 2009.
  • Repérer, cartographier et classer les chênaies de Garry du sud-est de l'île de Vancouver et des îles Gulf voisines pour lesquelles il n'y a aucune mention des espèces visées. Délai proposé : 2010.
    • Les milieux repérés comme habitat potentiel pour les espèces en péril associées aux chênaies de Garry devraient être explorés afin de voir s'ils n'abritent pas des populations non répertoriées de ces espèces et s'ils possèdent les caractères voulus pour l'implantation de ces espèces.
  • Compiler les données et résultats de recherche disponibles pour être en mesure de désigner l'habitat essentiel. Délai proposé : 2010.
Tableau 3. Stations des espèces en péril visées par le présent programme : effectif, qualité du milieu comme habitat potentiel de rétablissement et régime foncier
StationRégime foncierEffectif (nombre de tiges)Qualité de la station comme habitat potentiel de rétablissement
Balsam-
orhize à feuilles deltoïdes
Aster rigideTonelle délicateTritéléia de HowellViolette jaune
des monts
Excel-lenteBonneMoyen-neMédio-creIndéter-minée
Albert HeadParc régional   9     X
Beacon HillParc municipal1  200465  X  
Mont BearParc régional 300  78    X
Mont CamasTerrain privé 30       X
Canoe CoveTerrain privé   2    X 
Mont ChristmasTerrain privé?    86   X 
Baie CordovaTerrain privé 560      X 
Réserve naturelle de chênes de Garry de CowichanSociété canadienne de conservation de la nature 858 4503 200X    
Estuaire de la CowichanTerrain privé   62    X 
Chemin DarnleyTerrain privé Non réper-torié       X
Pointe DownesTerrain privé 7 300     X  
Parc FalaiseParc municipal    59   X 
Fort Rodd HillLieu historique national5       X 
Parc Francis-KingParc régional 438-478     X  
Au s.-e. du parc Francis-KingTerrain privé36In-
connu
      X 
Gordon HeadTerrain privé   51     X
HarmacTerrain privé 24 000     X  
Pointe HolmesTerrain privé?    In-
connu
    X
Mont HorthParc régional   3    X 
Plage Island ViewRéserve indienne   1    X 
Chemin KangarooTerrain privé In-
connu
       X
Mont Little SaanichTerres fédérales 12 000-45 000  25 X   
Mont MapleParc municipal 20        
Mont MaryMDN    In-
connu
    X
Mont MillParc régional553 990    X   
Mont FinlaysonParc provincial 200     X  
Mont MaxwellParc provincial et réserve écologique    Peut-
être
dis-
parue
 X   
Mont TolmieParc municipal 30  In-
connu
   X 
Mont TuamTerrain privé (loué par le gouvernement fédéral?)    53+   X 
Mont TzuhalemRéserve écologique463850  55X    
Au pied du mont TzuhalemTerrain privé   6   X  
Mont WellsParc régional 158    X   
Parc PlayfairParc municipal    282  X  
Sansom NarrowsTerrain privé  236-316   X   
Mont SkirtTerrain privé1       X 
Mont SmithParc urbain    490  X  
Lac SomenosParc provincial   12640 000+X    
Église St. Peter'sTerrain privé    5   X 
Lac ThetisParc régional100  1   X  
Île TrialTerres fédérales et provinciales 3 000-8 000     X  
Flèche TyeeRéserve indienne500     X   
Parc UplandsParc municipal 600  95  X  
Chemin White RapidsTerrain privé 15      X 
Chemin William HeadTerrain privé   14    X 
Witty's LagoonParc régional   43   X  
Monts WoodleyRéserve écologique 500       X

2.4 Faisabilité du rétablissement

Au sens large, le rétablissement d'une espèce est défini comme toute augmentation de ses chances de persister à long terme à l'état sauvage (Environnement Canada et al., 2004). Il n'est pas toujours possible de rétablir l'effectif et la répartition d'une espèce en péril à leur niveau historique, à cause de la perte d'habitat ou de l'impossibilité d'éliminer complètement les menaces et facteurs limitatifs qui jouent contre elle. Des études plus approfondies sont nécessaires pour qu'on puisse déterminer s'il existe des obstacles au rétablissement de certaines des populations actuelles des espèces visées par le présent programme ou à l'implantation de nouvelles populations. Cependant, aux fins du présent programme, nous avons présumé que le rétablissement est réalisable sur les plans technique et biologique (tableau 4).

Tableau 4. Faisabilité du rétablissement des espèces visées par le présent programme
CritèresBalsamorhize à feuilles deltoïdesAster rigideTonelle délicateTritéléia de HowellViolette jaune des monts
1. Y a-t-il suffisamment d'individus reproducteurs pour que le rétablissement soit réalisable?OuiOuiOuiOuiOui
2. Existe-t-il suffisamment d'habitat réel ou potentiel pour que le rétablissement soit réalisable?OuiOuiOuiOuiOui
3. Les menaces appréciables pesant sur les espèces ou leur habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées grâce à des mesures de rétablissement?OuiOuiOuiOuiOui
4. Les techniques de rétablissement nécessaires existent-elles, et leur efficacité a-t-elle été démontrée?OuiOuiOuiOuiOui

2.5 Buts, objectifs et approches générales

2.5.1 Buts

Les buts du présent programme à l'égard de chacune des espèces en péril visées sont présentés au tableau 5. Les buts généraux sont à peu près les mêmes pour toutes ces espèces même si leur cycle biologique et leurs exigences en matière de microhabitat diffèrent par certains aspects. Comme le but premier est d'assurer la survie des espèces en péril (voir la section « Faisabilité du rétablissement » ci-dessus), le programme vise d'abord le maintien ou l'accroissement de leur effectif. On garantira ainsi la survie à court terme des espèces visées par le programme, tout en obtenant des données de base en vue de l'atteinte du troisième but, décrit ci-dessous. Dans la plupart des cas, l'élimination des facteurs limitatifs devrait donner ce résultat. Cependant, si l'effectif continue de décliner en dépit des mesures prises dans ce sens, il faudra tenter de l'augmenter par d'autres moyens.

À ce jour, aucune analyse de viabilité n'a été faite pour les populations des espèces visées. Les buts du rétablissement ont été définis à partir des données historiques et des connaissances actuelles sur les espèces. Ainsi, afin d'augmenter les chances de survie à long terme des espèces visées, le présent programme a pour deuxième but la conservation ou le rétablissement de leur effectif historique dans leur zone d'occurrence et leur zone d'occupation historiques.

Le troisième but du programme est d'assurer la viabilité des populations, avec une probabilité élevée ou modérée (dans le cas de la tonelle délicate) de survie. La probabilité de survie à long terme peut être estimée à l'aide de modèles démographiques prenant en compte les taux de natalité et de mortalité qui déterminent l'évolution de la taille d'une population (Caswell, 2001, cité par Miller, 2004). Le paramètre démographique le plus important pour la gestion des espèces en péril est le taux de croissance discret de la population, λ. Lorsque λ &lt; 1, la population est en déclin; lorsque λ = 1, la population est stable; lorsque λ &gt; 1, la population est en croissance. Comme la valeur de λl varie, une estimation simple n'est généralement pas une indication fiable de la tendance à long terme de la population. On a donc recours à des modèles stochastiques tenant compte de la variation annuelle de λ (représentée par log λs) pour prévoir avec une plus grande fiabilité les tendances démographiques à long terme (Caswell, 2001, et Caswell et Kaye, 2001, cités par Miller, 2004).

Tableau 5. Buts du présent programme à l'égard de chacune des espèces visées

Espèce
Buts du programme de rétablissement
Balsamorhize à feuilles deltoïdes
  • Maintenir ou accroître l'effectif actuel des populations de la balsamorhize à feuilles deltoïdes.
  • Rétablir la balsamorhize à feuilles deltoïdes dans sa zone d'occurrence et sa zone d'occupation historiques approximatives (établir au moins deux nouvelles populations viables [dans la région de Victoria et la région de Metchosin]).
  • Obtenir une population canadienne entièrement viable ayant une probabilité élevée de survie à long terme.3
Aster rigide
  • Maintenir ou accroître l'effectif actuel des populations de l'aster rigide.
  • Rétablir l'aster rigide dans sa zone d'occurrence et sa zone d'occupation historiques approximatives (établir au moins deux nouvelles populations viables dans la région de Victoria).
  • Obtenir une population canadienne entièrement viable ayant une probabilité élevée de survie à long terme.4
Tonelle délicate
  • Maintenir ou accroître l'effectif actuel de l'unique population canadienne de la tonelle délicate.
  • Maintenir à peu près la zone d'occurrence actuelle de l'espèce et augmenter sa zone d'occupation (établir au moins deux nouvelles sous-populations à l'île Saltspring).
  • Obtenir une population canadienne entièrement viable de l'espèce, avec une probabilité modérée de survie à long terme.5
Tritéléia de Howell
  • Maintenir ou accroître l'effectif actuel des populations du tritéléia de Howell.
  • Rétablir le tritéléia de Howell dans sa zone d'occurrence et sa zone d'occupation historiques approximatives (établir au moins deux nouvelles populations [dans la région de Victoria et la région de Metchosin]).
  • Obtenir une population canadienne entièrement viable ayant une probabilité élevée de survie à long terme.4
Violette jaune des monts
  • Maintenir ou accroître l'effectif actuel des populations de la violette jaune des monts.
  • Rétablir la violette jaune des monts dans sa zone d'occurrence et sa zone d'occupation historiques approximatives (établir au moins deux nouvelles populations [dans la région de Victoria et la région de Metchosin]).
  • Obtenir une population canadienne entièrement viable ayant une probabilité élevée de survie à long terme5.

3 Après 10 ans, quatre populations protégées stables ou en croissance avec, selon un modèle stochastique, un taux de croissance de leur effectif global (log λs) ≥1,0. (Les tendances démographiques seront estimées à partir des données recueillies lors des suivis annuels. En attendant le début des relevés détaillés ou des analyses démographiques, il serait utile de réaliser une étude pilote afin de vérifier si une période de 10 ans est suffisante pour déterminer les tendances des populations visées et pour mettre au point un plan d'échantillonnage qui permette de déceler les changements démographiques.

4 Après 10 ans, 10 populations protégées stables ou en croissance avec, selon un modèle stochastique, un taux de croissance de leur effectif global (log λs) ≥1,0. (Les tendances démographiques seront estimées à partir des données recueillies lors des suivis annuels. En attendant le début des relevés détaillés ou des analyses démographiques, il serait utile de réaliser une étude pilote afin de vérifier si une période de 10 ans est suffisante pour déterminer les tendances des populations visées et pour mettre au point un plan d'échantillonnage qui permette de déceler les changements démographiques.

5 Après 10 ans, l'effectif de l'espèce à l'île Saltspring devra être d'au moins 1 000 individus avec, selon un modèle stochastique, un taux de croissance de l'effectif (log λs) ≥ 1,0.

2.5.2 Objectifs

Les objectifs à court terme énoncés au tableau 6 sont les mêmes pour toutes les espèces en péril visées par le présent programme. Ils contribueront à l'atteinte des buts généraux de rétablissement. Il s'agit, dans un premier temps, d'assurer la protection des espèces et de leur habitat, de recueillir de l'information et de surveiller les stations actuelles. Ces premières étapes sont importantes pour une mise en œuvre judicieuse des mesures de rétablissement à long terme, surtout en ce qui a trait à la restauration de l'habitat, à l'accroissement des populations actuelles et à l'implantation de nouvelles populations.

Tableau 6. Objectifs de rétablissement pour les cinq espèces visées par le présent programme
ObjectifsDélai proposé
1) Assurer la protection des populations actuelles au moyen de mesures d'intendance et d'autres mécanismes.5 ans
2) Intéresser les propriétaires fonciers au rétablissement des espèces en péril visées et à la protection de leur habitat.5 ans
3) Assurer le suivi des populations afin de déterminer leurs tendances démographiques; surveiller leur habitat afin d'évaluer l'impact des menaces.Objectif permanent
4) Caractériser l'habitat des populations : texture et épaisseur du sol, pente et orientation du terrain, communautés végétales, etc.5 ans
5) Mener des recherches pour mieux comprendre la biologie et les exigences écologiques des espèces en péril visées ainsi que les effets sur leurs populations des espèces exotiques et de la lutte contre les incendies.Objectif permanent
6) Élaborer pour chaque station un plan adaptatif de restauration du milieu.5 ans
7) Repérer et classer des milieux propices à chacune des espèces en vue du transfert d'individus.5 ans
8) Augmenter l'effectif des populations actuelles, au besoin, en fonction des buts fixés.5 à 10 ans
9) Implanter de nouvelles populations ou sous-populations des espèces visées, en fonction des buts fixés.5 à 10 ans

Protection des populations actuelles

Il faut, dans la mesure du possible, assurer la protection à long terme des populations actuelles des espèces en péril. Cela peut se faire de plusieurs façons : acquisition du terrain par des organismes publics ou privés de conservation de la nature, accords d'intendance ou engagements de conservation pris officiellement par les propriétaires fonciers, mise en application des dispositions de la Wildlife Act, etc.

Mise à contribution des propriétaires fonciers

La collaboration et la participation active des propriétaires fonciers en matière de protection des espèces et de leur habitat est indispensable pour atteindre les objectifs de rétablissement. Cette collaboration nécessitera une communication proactive entre les équipes de rétablissement et les responsables des stations (propriétaires ou gestionnaires fonciers), qui doivent être encouragés à collaborer avec les chercheurs et à participer activement à la surveillance et au rétablissement des populations ainsi qu'à la restauration de leur habitat.

Surveillance des populations et de leur habitat

Il faudra élaborer un programme de surveillance pour chacune des espèces en péril visées par le présent programme afin de préciser leurs tendances démographiques et de déceler les facteurs actuels ou éventuels les menaçant ou menaçant leur habitat. Les programmes de suivi doivent être élaborés en collaboration avec les propriétaires et les gestionnaires fonciers et doivent être axés sur l'état de l'habitat, les menaces, la réaction des populations à ces menaces ainsi que l'effectif et les tendances des populations individuelles. Le suivi doit être assuré au moins une fois par an. L'information recueillie doit être acheminée aux parties intéressées et utilisée pour la mise à jour des plans de gestion des stations.

Caractérisation de l'habitat

Il est nécessaire d'inventorier et de cartographier de façon détaillée les stations actuelles des espèces en péril dans les chênaies de Garry du sud de l'île de Vancouver et des îles Gulf voisines pour être en mesure de mieux comprendre les besoins de ces espèces en matière d'habitat. L'information ainsi recueillie servira, avec celle recueillie lors des suivis, à repérer des milieux pouvant être désignés comme habitat essentiel des espèces et à définir les priorités en matière de recherches. Les données à recueillir sont les suivantes :

  • le nombre d'individus par grandes classes d'âge;
  • la superficie de la zone d'occupation ();
  • le type de substrat (texture et épaisseur du sol, teneur en matière organique, etc.);
  • la position géographique, la pente et l'orientation de la station;
  • la structure et l'âge de la chênaie;
  • la composition de la végétation, y compris la couverture végétale ou l'effectif des espèces associées, en particulier les exotiques.
Études biologiques et écologiques

Pour être en mesure de bien gérer le rétablissement des espèces en péril et de leur habitat, il ne suffit pas d'étudier les tendances démographiques des populations et les caractères des milieux qui les abritent; il faut aussi connaître la biologie des espèces et l'écologie des communautés dont elles font partie. Il serait donc utile d'aménager des parcelles expérimentales de chacune des espèces visées, dans une ou plusieurs localités.

Pour mieux comprendre la dynamique des populations, il faut approfondir les connaissances sur la démographie (taux de survie des plantules et des juvéniles, longévité des sujets, longévité des graines, etc.), la génétique, la germination des graines, la pollinisation et la dispersion des espèces visées. Pour être en mesure de contrer la menace que constituent les espèces exotiques, il faut acquérir une meilleure connaissance de la biologie de ces espèces, de leur impact sur les espèces en péril visées et des moyens permettant de les éliminer. Les conséquences de la lutte contre les incendies et de l'abandon des pratiques de brûlage ainsi que l'impact éventuel d'un retour au brûlage ou à d'autres formes de perturbation et des pratiques d'entretien (fauchage, abattage des arbustes ou des arbres, etc.) doivent également être étudiés plus à fond.

Plans de restauration et gestion des stations

Toutes les stations des espèces visées nécessitent des travaux de restauration visant à arrêter l'envahissement par des espèces arbustives indigènes ou exotiques et à éliminer le chaume de graminées exotiques envahissantes accumulé en l'absence de feu. Divers travaux peuvent s'avérer nécessaires pour rétablir le milieu dans son état naturel, favoriser la germination des graines et la survie des plantules des espèces en péril visées et réduire la compétition : abattage d'arbres ou d'arbustes, désherbage, fauchage ou brûlage dirigé, etc. Les mesures de restauration doivent être décidées en fonction de plans individuels de gestion des stations et doivent être modifiées au besoin en fonction de l'information issue des suivis et des recherches.

Repérage et classement de milieux propices au rétablissement des espèces

Suite à l'atteinte de l'objectif 4 et à la lumière de l'information recueillie dans le cadre de l'objectif 5, il faudra repérer des milieux additionnels pouvant servir au rétablissement des espèces visées et classer ces milieux par ordre de priorité et de faisabilité.

Accroissement des populations existantes et implantation de nouvelles populations

Il est possible qu'on constate lors des suivis un déclin de l'effectif de certaines stations, en dépit des mesures prises pour éliminer les menaces. Il peut donc s'avérer nécessaire, pour atteindre les buts fixés, d'augmenter l'effectif de ces stations au moyens de semis ou de boutures. Il faudra peut-être aussi rétablir les espèces dans les localités où elles ont déjà été présentes afin qu'elles retrouvent à peu près leur zone d'occurrence historique. Avant toute tentative d'augmentation des effectifs, il faudra probablement restaurer les milieux et prendre des mesures pour éliminer ou prévenir les facteurs susceptibles de menacer les nouvelles populations ou leur habitat.

Le plan d'action comprendra une série de mesures destinées à accroître l'effectif de chacune des espèces visées. Il précisera les conditions particulières dans lesquelles on aura recours à l'augmentation des populations actuelles et à l'implantation de nouvelles populations et donnera des lignes directrices à cet égard, d'après celles énoncées par le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique dans Guidelines for Translocation of Plant Species at Risk in British Columbia (en préparation).

2.5.3 Approches générales contre les menaces

Quatre approches générales ont été définies pour l'atteinte des buts et objectifs de rétablissement des espèces visées par le présent programme, à savoir la protection ou l'intendance de l'habitat, la gestion des stations, la collecte d'information et l'accroissement de l'effectif (par accroissement des populations existantes ou implantation de nouvelles populations). L'adoption des mêmes approches générales pour les cinq espèces visées permet un gain d'efficacité ainsi qu'une réduction des coûts associés aux mesures concrètes de rétablissement. Le tableau 7 énumère les approches retenues, indique les objectifs correspondants ainsi que les menaces que ces approches visent à éliminer. Il propose également des mesures à prendre et indique les résultats attendus.

Tableau 7. Approches générales visant à atteindre les buts et objectifs du présent programme
PrioritéObjectif(s)Approche généraleMenaces viséesMesures proposéesRésultats attendus (cibles mesurables)
Élevée1,2Protection et intendance de l'habitat1 – 4
  • Classer les stations par ordre de priorité (voir le tableau 3).
  • Trouver qui sont les propriétaires des terrains et communiquer avec eux.
  • Déterminer quelle est la meilleure option pour chacune des stations (acquisition, servitude, intendance, etc.) et la mettre en œuvre si possible.
  • Établir un rapport de communication et de coopération avec les propriétaires ou les administrateurs fonciers et lancer les mesures de rétablissement.
  • Liste des stations situées sur des terrains privés, par ordre de priorité
  • Communication établie avec les propriétaires fonciers et mesures de protection en place si possible
  • Pour les cas où la protection des terrains privés n'est pas possible, définition des responsabilités d'intendance si possible
  • Mesures concrètes de gestion des espèces en péril en œuvre dans toutes les aires protégées
Élevée2, 3, 4, 5, 6, 8Gestion des stations1b, 1c, 1d, 2, 3, 4
  • Prendre des mesures pour réduire l'impact des espèces exotiques envahissantes sur les chênaies de Garry et les espèces en péril qu'elles abritent (d'après les résultats des recherches).
  • Protéger autant que possible les espèces en péril par la mise en place de filets, l'épandage de terre de diatomées ou tout autre moyen jugé nécessaire.
  • Au besoin, mettre en œuvre un programme de fauchage, de désherbage ou de brûlage dirigé et l'adapter au gré des circonstances.
  • Vigueur accrue des individus et des populations
  • Aucune baisse d'effectif sur une période de 5 à 10 ans
Élevée3,4,5,6,7

Collecte de données :

  • inventaire
  • surveillance
  • recherches
1b, 1c, 1d, 2, 3, 4
  • Réaliser l'inventaire des stations et la caractérisation de l'habitat des espèces visées.
  • Cartographier les stations avec précision en vue de la surveillance à long terme.
  • Mener les recherches nécessaires pour mieux comprendre les tendances démographiques des populations.
  • Mener des recherches sur les espèces exotiques présentes : biologie, impact sur les espèces en péril visées, moyens d'éliminer les espèces nuisibles, etc.
  • Réaliser des expériences in situ et ex situ pour combler le manque de connaissances sur la compétition, la germination, la survie, etc.
  • Base de données SIG sur les stations
  • Données de base sur les exigences en matière d'habitat, la phénologie, la longévité des graines, les particularités de la germination, le taux de survie des plantules et des juvéniles et la longévité des individus
  • Connaissance de base de la menace venant des espèces exotiques présentes
Moyenne3,4,5,7, 8, 9Accroissement des populations actuelles et implantation de nouvelles populations1a, 1b, 1c, 3b, 4a
  • Utiliser les résultats des recherches pour définir des mesures de rétablissement des populations actuelles.
  • Mettre en œuvre dans les stations existantes des mesures susceptibles de favoriser le taux de recrutement et la survie des individus.
  • Utiliser les connaissances acquises par les recherches, les expériences et les mesures de rétablissement mises en œuvre pour définir des moyens d'implanter de nouvelles populations.
  • Implanter de nouvelles populations dans des milieux propices si nécessaire et si possible.
  • Vigueur accrue des individus et des populations
  • Aucune baisse d'effectif sur une période de 5 à 10 ans
  • Populations expérimentales établies

Protection et intendance de l'habitat

La perte d'habitat et la fragmentation de l'habitat ont toujours été les principales menaces pour les espèces en péril des chênaies de Garry. Ces menaces peuvent être éliminées ou réduites grâce à des ententes de conservation ou d'intendance de l'habitat. Après avoir cartographié les stations, recensé les populations et caractérisé le milieu, il faudrait classer les stations par ordre de priorité. Il faudrait ensuite trouver qui sont les propriétaires des terrains et communiquer avec eux afin de convenir de mesures de protection appropriées et d'établir une communication et une coopération permanentes en matière de protection des espèces en péril dans les chênaies de Garry.

Gestion des stations

Des travaux d'entretien et de restauration sont nécessaires pour réduire l'impact des espèces exotiques envahissantes sur les chênaies de Garry et les espèces en péril qu'elles abritent. Il faudra également empêcher dans la mesure du possible les herbivores et les détritivores de causer des dommages aux espèces visées (en particulier les jeunes sujets de la balsamorhize à feuilles deltoïdes), en plaçant des filets, en épandant de la terre de diatomées ou en utilisant tout autre moyen jugé nécessaire. Une approche adaptative permettra d'optimiser la gestion de chacune des stations.

Collecte d'information : inventaire, suivi et recherches

L'inventaire des stations, le suivi des populations et de l'habitat ainsi que les recherches sont tous nécessaires pour mieux comprendre les espèces en péril dans les chênaies de Garry. Voici les principales études requises :

  • Estimations précises des populations actuelles, comme point de référence pour le suivi démographique à long terme
  • Recherches sur la biologie, la dynamique des populations, les tendances démographiques et les exigences écologiques des espèces en péril visées
  • Recherches sur la biologie des espèces exotiques présentes dans les chênaies de Garry, sur l'impact de ces espèces sur les espèces en péril visées, et sur les moyens permettant d'éliminer les espèces exotiques nuisibles
  • Expériences in situ et ex situ visant à combler le manque de connaissances sur la compétitivité des espèces visées, les conditions de germination des graines, les taux de survie, etc.
Accroissement des populations actuelles et implantation de nouvelles populations

Le présent programme de rétablissement des espèces en péril dans les chênaies de Garry vise en priorité la protection et la gestion de leur habitat actuel. L'Association botanique du Canada (Canadian Botanical Association, 2004) ne recommande pas le déplacement de populations actuelles dans des milieux plus propices pour compenser ou atténuer la perte d'habitat. Le transfert et la réimplantation ne devraient être envisagés que pour augmenter l'effectif des stations actuelles, créer de nouvelles populations ou rétablir les zones d'occurrence et d'occupation des espèces visées. Dans ces cas, il y a lieu de surveiller de près les populations donneuses afin de s'assurer qu'elles ne déclinent pas par suite du prélèvement d'individus ou de matériel de multiplication. Le rétablissement des espèces dans leurs stations historiques ne doit pas être envisagé en remplacement de la protection et de la gestion des stations actuelles.

Les tentatives d'implantation ou de réimplantation doivent se faire avec la participation active du Groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes en péril de l'ERECG et conformément aux indications du plan d'action (voir la section « Objectifs » plus haut). Il faut s'assurer au préalable que les conditions du milieu récepteur répondent aux besoins des espèces et que les éléments susceptibles de menacer les nouvelles populations ont été éliminés ou neutralisés (par la préparation ou la restauration du milieu, l'élimination des espèces compétitrices, l'arrosage, la mise en place de clôtures, etc.).

2.6 Répercussions pour les espèces non visées

Les espèces associées aux chênaies de Garry dépendent des processus intrinsèques de cet écosystème, lesquels ont été profondément modifiés depuis l'établissement des colons européens (on pense notamment au régime de feu, à la dynamique des peuplements et à la propagation des espèces exotiques envahissantes). Il est donc probable que la plupart des mesures proposées dans le présent programme bénéficieraient à l'ensemble de la communauté végétale. Ce ne sera cependant pas toujours le cas, et, pour chaque mesure envisagée pour le rétablissement d'une espèce, il faudra tenter de prévoir les effets possibles sur les autres espèces présentes, surtout les espèces en péril. Vu le nombre élevé d'espèces en péril et la forte concentration d'espèces rares dans certaines localités, il est évident qu'on ne peut prévoir tous les effets positifs et négatifs possibles des mesures de rétablissement. Les répercussions des mesures de gestion sur les espèces non visées seront considérées à une étape ultérieure, lors de la mise en œuvre du plan d'action ou des évaluations in situ.

Afin d'éviter tout conflit avec d'autres mesures de rétablissement en cours ou à venir, il faudra demeurer en communication permanente avec les groupes de mise en œuvre du rétablissement (GMOR) et les comités directeurs suivants de l'ERECG :

  • GMOR - Inventaires, cartographie et communautés végétales
  • GMOR - Planification de la conservation et protection des milieux
  • GMOR - Restauration et gestion
  • GMOR - Invertébrés en péril
  • GMOR - Vertébrés en péril
  • GMOR - Recherches
  • GMOR - Communication, coordination et mise à contribution du public
  • Comité directeur - Espèces envahissantes
  • Comité directeur - Multiplication des plantes indigènes
  • Comité directeur - Feu et dynamique des communautés

2.7 Lacunes dans les connaissances relatives à toutes les espèces ou à la plupart d'entre elles

Le programme général de rétablissement des chênaies de Garry et des écosystèmes associés (GOERT, 2002) fait ressortir les lacunes existant dans les connaissances sur ces écosystèmes. Des recherches permettront de parfaire les connaissances nécessaires au rétablissement des espèces visées par le présent programme, comme il est indiqué précédemment dans la description des objectifs et des approches générales. Les recherches les plus pressantes concernent la répartition de ces espèces, leur effectif et leurs tendances démographiques ainsi que les effets sur elles et sur leur habitat de la lutte contre les incendies, de la présence d'espèces exotiques et des activités de restauration du milieu.

L'information manquante sur la biologie de chacune des espèces visées par le présent programme concerne notamment la compétition (en particulier avec les espèces exotiques) et les facteurs démographiques (dormance des graines, germination, survie des plantules et des jeunes sujets, longévité des individus). Il n'existe pratiquement aucune information sur la dynamique des populations de ces espèces, notamment sur la durée de dormance des graines enfouies dans le sol, la proportion des plantules qui survivent jusqu'à la maturité et la longévité des plantes matures (dans le cas des vivaces).

Aux États-Unis, les recherches sur l'aster rigide n'ont permis d'établir aucune corrélation entre la biologie de reproduction de l'espèce et sa rareté; elles ont montré que la production de graines de l'aster rigide se situe dans la plage normale pour les Astéracées (Clampitt, 1987; Giblin et Hamiliton, 1999). Chez les populations observées par Douglas et Illingworth (1996), la proportion de tiges florifères était relativement élevée (30 à 50 %); par contre, Fairbarns (2005) a recensé très peu de tiges florifères. On connaît peu de choses sur la biologie et l'écologie du tritéléia de Howell dans l'ensemble de son aire. Il n'existe aucune information sur la dynamique des populations de l'espèce, notamment en ce qui concerne la dormance des graines, le taux de survie des plantules et la longévité de la plante.

2.8 Mesures achevées ou en cours

On trouvera ci-dessous des exemples de mesures axées sur une ou plusieurs des espèces en péril visées par le présent programme, qui ont déjà été mises en œuvre ou sont en voie de l'être. Certaines suivent les recommandations de Maslovat et Fairbarns (2005) et de Miller (2005); plusieurs proviennent d'une liste de recherches en cours compilée par Mike Meagher, du groupe de mise en œuvre du rétablissement responsable du volet recherches (Meagher, comm. pers., 2004). Pour compléter ces mesures locales, il y aurait lieu d'examiner les recherches menées aux États-Unis ainsi que les techniques de gestion et de restauration proposées par les chercheurs américains, notamment celles décrites par Fitzpatrick (2004).

2.8.1 Autres programmes de rétablissement

  • GOERT (Garry Oak Ecosystems Recovery Team). 2002. Recovery Strategy for Garry Oak and Associated Ecosystems and their Associated Species at Risk in Canada: 2001-2006. Version préliminaire du 20 février 2002. (document disponible en format PDF de 768Ko, en anglais seulement))
  • Maslovat, C., et M. Fairbarns. 2005. Programme national de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry. Rapport préliminaire présenté à l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry.
  • Miller, M.T. 2005. Programme national de rétablissement multi-espèces visant les plantes en péril des mares printanières et autres milieux humides saisonniers associés aux chênaies de Garry. Rapport provisoire présenté à l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry.

2.8.2 Information et sensibilisation du public

  • Préparation et diffusion de fiches d'information sur les espèces en péril dans les chênaies de Garry et les écosystèmes associés de Colombie-Britannique (GOERT, 2003).
  • Activités de sensibilisation du public, dont des ateliers tenus par l'ERECG.
  • Services du coordonnateur de l'intendance du mont Tzuhalem, retenus par les Cowichans pour la sensibilisation du public aux espèces en péril, en dehors de la réserve.
  • Préparation, par CRD Parks (service des parcs du district régional de Victoria), d'un plan de communication provisoire pour la réserve naturelle des monts Sooke et le parc régional du mont Wells. Ce plan prévoit la mise en place de panneaux d'interprétation au mont Wells pour signaler la présence d'espèces rares et expliquer la nécessité de ne pas sortir des sentiers. Cette information sera également affichée sur le site web du service.

2.8.3 Communication avec les propriétaires fonciers

  • Oak Bay Parks (service des parcs d'Oak Bay) a été contacté au sujet de la protection des espèces en péril dans le parc Uplands.

2.8.4 Protection de l'habitat

  • L'ERECG a fait l'inventaire des chênaies de Garry non protégées jugées prioritaires, puis elle a organisé ou animé des ateliers avec d'éventuels partenaires afin de discuter de la protection et de la conservation de ces écosystèmes.

2.8.5 Inventaire, cartographie et relevé de l'habitat

  • De nombreux relevés ont été faits par des botanistes d'expérience dans les chênaies de Garry pour le compte du Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique, du Fonds interministériel pour le rétablissement, de l'ERECG et d'autres organismes.
  • Les écosystèmes fragiles de l'est de l'île de Vancouver et des îles Gulf ont été inventoriés (Ward et al., 1998).
  • L'inventaire et la cartographie des plantes rares ont été réalisés pour le parc Uplands et la pointe Cattle, à Oak Bay (Collier et al., 2004), ainsi que pour le parc Beacon Hill, à Victoria.

2.8.6 Recherches sur les espèces en péril

  • L'ERECG a appuyé, amorcé ou poursuivi des recherches dans les domaines suivants :
    • programmes de rétablissement;
    • incidence des mammifères herbivores et des plantes exotiques sur la diversité végétale;
    • gestion écologique des espèces indigènes;
    • historique des feux.
  • Le Centre de recherches agroalimentaires du Pacifique a fait des essais de multiplication de la balsamorhize à feuilles deltoïdes, de l'aster rigide et de la violette jaune des monts (Ehret et al., 2004).
  • Des graines de la balsamorhize à feuilles deltoïdes récoltées au mont Tzuhalem ont été semées à la pépinière Sylvan Vale Nursery, et les semis ont été transplantés à Somenos.

2.8.7 Recherche sur les espèces envahissantes et les moyens de les éliminer

  • L'ERECG a compilé une bibliographie commentée sur les espèces envahissantes présentes dans les chênaies de Garry et les écosystèmes associés et a conçu et essayé un outil d'aide à la décision en matière de lutte contre ces espèces.
  • L'ERECG a appuyé, amorcé ou poursuivi des recherches sur l'envahissement des milieux par le genêt à balais et la symphorine blanche, la régénération de ces espèces et les moyens de les éliminer.
  • Le Centre de foresterie du Pacifique a mené des recherches sur l'impact de quatre espèces exotiques envahissantes, le genêt à balais, l'ajonc d'Europe (Ulex europaeus), le daphné lauréole (Daphne laureola) et le lierre commun (Hedera helix), et sur la lutte contre ces espèces; il a également suivi la progression du genêt à balais et de l'ajonc d'Europe en Colombie-Britannique.
  • Des mesures ont été prises en vue d'éliminer les espèces envahissantes au lieu historique national Fort Rodd Hill, y compris dans la station de la balsamorhize à feuilles deltoïdes (Reader, comm. pers.), ainsi qu'à la réserve écologique du mont Tzuhalem, et des mesures visant à éliminer le genêt à balais et l'ajonc d'Europe ont été prises à l'île Trial.

2.8.8 Plans de gestion

  • Somenos Marsh Management Plan (Williams et Radcliffe, 2001) : plan d'aménagement du marais Somenos. Site web : http://www.northcowichan.bc.ca/pdf/somenos_mgt_plan.pdf
  • CRD Parks Master Plan (diponible en format PDF de 4,72 Mo, en anglais seulement) (Capital Regional District Parks, 2000) : plan directeur du service des parcs du district régional de Victoria, plans connexes de lutte contre les espèces envahissantes et de surveillance des plantes rares et plans particuliers visant les parcs individuels.
  • Plan de gestion des espèces rares du parc Uplands et de la pointe Cattle (en préparation).
  • Mount Tzuhalem Ecological Reserve: Purpose statement (BC Parks, 2003a) : énoncé d'intention concernant la réserve écologique du mont Tzuhalem.
  • Trial Islands Ecological Reserve: Purpose statement (BC Parks, 2003b) : énoncé d'intention concernant la réserve écologique de l'île Trial.
  • En 2003-2004 et 2004-2005, la Municipalité d'Oak Bay et le Programme de gérance de l'habitat se sont attachés à élaborer des lignes directrices pour la gestion à long terme des espèces rares du parc Uplands et de la pointe Cattle.

2.8.9 Restauration du milieu

  • Mill Hill Regional Park Restoration Plan (CRD Parks, 2003) : plan de restauration du parc régional Mill Hill. Projet pilote pour la restauration des parcs du district régional de Victoria, ayant pour objet d'éliminer le genêt à balais et le daphné lauréole et de surveiller et rétablir les populations d'espèces en péril dans les chênaies de Garry.
  • La Société canadienne pour la conservation de la nature (SCCN) a mené des travaux de débroussaillage (genêt à balais et symphorine blanche) et créé des parcelles expérimentales dans la réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan et dans la station de la balsamorhize à feuilles deltoïdes de Campbell River (Ennis, comm. pers.).

2.9 Incidences socioéconomiques

Les espèces visées par le présent programme n'ont pas de valeur économique ou sociale particulière, autre que celle que leur confèrent les valeurs historique, culturelle et esthétique associées à la conservation des chênaies de Garry. La mise en œuvre du programme aura donc peu d'incidences socioéconomiques, sauf dans quelques localités, où ces incidences toucheront un secteur très limité.

Le rétablissement des espèces en péril et la restauration des milieux menacés associés aux chênaies de Garry favoriseront la biodiversité, la santé et la productivité de l'environnement et une meilleure appréciation de ces espèces et milieux particuliers, ce qui aura globalement une utilité sociale dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. En effet, la beauté naturelle des chênaies de Garry et écosystèmes connexes de la vallée du Bas-Fraser, des îles Gulf et de l'île de Vancouver constitue une ressource importante pour la population de la province, en permettant une industrie récréotouristique vigoureuse. La protection de ces espaces naturels, de leur biodiversité et de leur potentiel récréatif est d'une immense valeur pour l'économie locale.

Certaines activités menées dans les chênaies de Garry ou à proximité peuvent avoir un impact sur des espèces en péril sensibles. Les activités risquant ainsi de nuire aux espèces en péril et à l'intégrité des chênaies sont celles qui :

  • modifient ou perturbent des processus écologiques importants pour le maintien de ces milieux;
  • provoquent directement ou indirectement l'introduction d'espèces indigènes ou exotiques pouvant altérer le milieu biotique ou abiotique de manière à nuire à des processus importants pour le maintien des chênaies;
  • détruisent ou endommagent directement une espèce en péril (piétinement, utilisation de véhicules, etc.);
  • modifient ou détruisent des chênaies de Garry (travaux de terrassement, etc.).

Les mesures de rétablissement pourraient cependant affecter certaines activités socio­économiques : activités récréatives; lotissement de terres privées; exploitation et entretien des parcs. Cependant, cet impact devrait demeurer faible dans presque tous les cas.

Les chênaies de Garry sont des éléments rares du paysage, et la superficie globalement requise pour leur protection physique est relativement restreinte. Une réduction efficace des activités pouvant leur nuire peut être obtenue par une planification minutieuse et une évaluation environnementale des travaux de développement et autres activités prévues ainsi que par une bonne disposition des corridors destinés au transport et aux activités récréatives.

Le rétablissement des chênaies de Garry et des espèces en péril qui leur sont associées exigera une planification intelligente de tout projet de développement et une désignation adéquate des usages convenant à chaque milieu sensible. Les responsables de l'aménagement des parcs et autres terres publiques devront envisager de gérer les accès et les équipements de manière à conserver ou améliorer les chênaies de Garry dont ils auront assumé l'intendance.

2.10 Échéance prévue pour l'élaboration du plan d'action

L'élaboration du plan d'action pour le rétablissement des espèces en péril dans les chênaies de Garry n'est pas encore commencée. Une version provisoire de ce plan sera disponible d'ici mars 2010.

2.11 Évaluation et mesures de rendement

L'efficacité des approches et les progrès accomplis vers l'atteinte des objectifs de rétablissement seront évalués essentiellement par le suivi des populations et de leur habitat, le minimum acceptable étant le maintien ou l'accroissement de la taille des populations et des zones d'occurrence et d'occupation des espèces. Le programme sera évalué au terme de cinq ans afin de mesurer les progrès accomplis et de définir de nouvelles approches ou apporter d'autres modifications au besoin.

Les mesures ci-dessous peuvent également servir d'indication des progrès accomplis vers le rétablissement.

  • Désignation officielle de l'habitat essentiel dans le plan d'action
  • Comblement de lacunes dans les connaissances requises
  • Atteinte du niveau recommandé de protection de l'habitat
  • Intégration de mesures particulières au plan de gestion d'un certain nombre d'aires protégées abritant des espèces en péril visées
  • Augmentation du nombre de populations protégées grâce à l'acquisition de terrains ou à des accords d'intendance
  • Élaboration d'un programme de recherche visant à augmenter les connaissances sur la biologie des espèces envahissantes et sur les moyens d'éliminer les espèces nuisibles
  • Mise en œuvre de mesures de restauration de l'habitat (élimination des espèces exotiques, élimination des arbustes et des conifères s'il y a lieu, etc.) dans plusieurs stations
  • Fin de l'analyse de la taille et des tendances démographiques des populations actuelles en vue de déterminer s'il est nécessaire de prendre des mesures pour augmenter l'effectif des espèces
  • Fin de la recherche et du classement de sites potentiels de rétablissement dans les chênaies de Garry
  • Inscription des cinq espèces visées sur la liste des espèces en péril établie aux termes de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique.

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3. Information sur les espèces

3.1 Balsamorhize à feuilles deltoïdes


Nom commun : Balsamorhize à feuilles deltoïdes

Nom scientifique : Balsamorhiza deltoidea

Statut : En voie de disparition

Dernier examen ou dernière modification : Mai 2000 (aucune modification)

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Justification de la désignation : Populations très peu nombreuses et très réduites se trouvant principalement dans les habitats menacés de chênes de Garry et en péril en raison du développement et de la concurrence des plantes exotiques.

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1996. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

3.1.1 Description de l'espèce

L'espèce

La balsamorhize à feuilles deltoïdes est une des quelque 12 espèces du genre Balsamorhiza, de la famille des Astéracées, qui se trouvent uniquement dans l'ouest de l'Amérique du Nord (Cronquist, 1955). Deux de ces espèces sont présentes en Colombie-Britannique (Douglas et al., 1998a). Le genre Balsamorhiza est caractérisé par un capitule à rayons et disque jaunes sur réceptacle écailleux (Bailey et Bailey, 1976). La balsamorhize à feuilles deltoïdes est une vivace à souche ligneuse et à racine pivotante s'enfonçant profondément dans le sol. Le limbe des feuilles, long de 10 à 50 cmet large de 10 à 20 cm, est généralement triangulaire et présente des nervures saillantes (Ryan et Douglas, 1994; Douglas et Ryan, 2001; Douglas et al., 1998a). Les rayons, au nombre de 13 à 21, sont jaune vif, et les bractées involucrales sont lancéolées. Chez les jeunes sujets, les feuilles sont elliptiques et sont plus petites et moins nombreuses que chez les sujets matures.

Comme il semble n'exister pratiquement aucune barrière génétique entre les 12 espèces de Balsamorhiza de l'ouest de l'Amérique du Nord, on peut généralement trouver des spécimens hybrides partout où se côtoient deux des espèces. Cette situation a créé un peu de confusion quant à la délimitation des espèces (Cronquist, 1955). Quoi qu'il en soit, les spécimens récoltés en Colombie-Britannique et sur la côte ouest des États-Unis sont clairement des B. deltoidea.

Le rôle écologique de la balsamorhize à feuilles deltoïdes n'a pas été étudié. L'espèce était exploitée comme ressource alimentaire par les populations côtières du peuple Salish (Turner, 1978). Les pionniers de la région de Victoria l'utilisaient pour nourrir la volaille (MacFie, 1972). Il n'existe aucune mention d'autres usages culturels de l'espèce (vestimentaires, médicinaux, rituels ou symboliques) ni de sa mise en valeur pour l'écotourisme.

Populations et répartition

La balsamorhize à feuilles deltoïdes se rencontre sur la côte ouest de l'Amérique du Nord, depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu'au versant ouest des Cascades, au Washington et en Oregon, et au versant ouest de la Sierra Nevada, en Californie (figure 1; Cronquist, 1955; Douglas et al., 1998a). Au Canada, l'espèce n'est présente que dans le sud-est de l'île de Vancouver (figure 1; Douglas et al., 1998a, 2002). Les populations canadiennes se trouvent à environ 75 km des populations américaines les plus proches, situées dans le comté d'Island (probablement à l'île Whidbey), au Washington (WTU Herbarium Database, 2003).

À l'échelle mondiale, on a attribué au B. deltoideala cote G5, qui signifie que dans la majeure partie de son aire de répartition l'espèce est commune et manifestement non en péril et ne court aucun risque de disparition dans les conditions actuelles (NatureServe, 2004). Aux États-Unis, on lui a attribué la cote S2? au Washington et la cote SNR (non classée) en Oregon et en Californie. Au Canada, l'espèce est classée N1 à l'échelle nationale; au niveau provincial, elle figure sur la « liste rouge » du ministère provincial de la Gestion durable des ressources, et le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique lui a attribué la cote S1 (Douglas et al., 2002), qui signifie que l'espèce est jugée gravement en péril à cause de son extrême rareté (généralement cinq stations ou moins, ou sujets très peu nombreux) ou parce qu'un ou plusieurs facteurs la rendent particulièrement susceptible de disparaître de la province ou de s'éteindre complètement. Cette cote est la plus élevée qui puisse être attribuée à une espèce à l'échelle provinciale.

Moins de 1 % de l'aire de répartition mondiale actuelle du B. deltoidea se trouve en territoire canadien. On ne connaît pas l'aire de répartition historique, mais comme MacFie (1972) mentionne que les pionniers utilisaient l'espèce pour l'alimentation de la volaille, on peut penser que son aire de répartition ou son effectif ont déjà été plus importants que ne le laissent supposer les estimations concernant le rétrécissement des terres boisées à chêne de Garry. Il fallait en effet que l'espèce ait été assez répandue et abondante s'il est vrai qu'on en utilisait les graines pour l'alimentation de la volaille.

Les relevés postérieurs à 1976 ont permis de confirmer l'existence en Colombie-Britannique de 8 stations du B. deltoidea, toutes situées dans le sud-est de l'île de Vancouver (tableau 8). Sept autres stations ont disparu depuis 1981, ce qui représente une perte de 47 % des stations répertoriées. On estime qu'à l'heure actuelle l'effectif total de l'espèce au Canada se situe aux alentours de 1 070 individus. Quatre-vingt-dix pour cent de cet effectif est réparti entre deux stations.

Les tendances démographiques sont connues pour seulement deux stations. L'une d'elles, située dans la réserve indienne de Campbell River, a été observée pour la première fois en 1992, puis retrouvée en 1997 et observée de nouveau en 2004. Au cours de cette période de 12 ans, l'effectif de la station est passé de 1 700 à environ 500 individus (cependant, selon certains observateurs, cette station aurait compté en 2004 entre 700 et 900 individus). Ce déclin est attribué principalement à la dégradation des lieux par les véhicules de plaisance, à l'arrivée d'espèces exotiques envahissantes et, plus récemment (en 2003), à l'aménagement à des fins résidentielles. L'effectif de la deuxième de ces stations, qui se trouve dans la réserve écologique du mont Tzuhalem, est demeuré relativement stable, passant d'environ 300 individus en 1991 à 463 individus en 2004. L'accroissement de cette station s'explique par la découverte de quelques petites sous-populations. Des relevés annuels effectués dans l'une d'elles (65 à 70 individus) sur une période de 19 ans montrent qu'elle est stable (Douglas, obs. pers.).

Figure 1. Répartition du Balsamorhiza deltoidea en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique. (Vancouver Island = Île de Vancouver; Galiano Island = Île Galiano; Kilometers = Kilomètres)
Figure 1. Répartition du Balsamorhiza deltoidea en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique. (Vancouver Island = Île de Vancouver; Galiano Island = Île Galiano; Kilometers = Kilomètres

La zone d'occurrence actuelle du B. deltoidea est estimée à environ 1 100 km². Il s'agit presque certainement d'une surestimation, puisqu'il n'existe aucune mention de l'espèce pour le secteur d'environ 200 kmcompris entre Campbell River et le mont Tzuhalem. Il est possible que la station de Campbell River soit issue de graines récoltées au sud et semées par une population autochtone. La zone d'occupation de l'espèce est de 2 156 . La station de la flèche Tyee, à Campbell River, occupe à elle seule 87 % de cette superficie.

Tableau 8. Stations canadiennes du Balsamorhiza deltoidea
Lieu de récolteDernière observationHerborisateur ou observateurPopulation
(effectif / superficie)
Tolmie Farm (Victoria)1891NewcombeDisparue
Lac Lost (Victoria)1916NewcombeDisparue
Lake Hill (Victoria)1926WalkerDisparue
Royal Oak (Victoria)1935GoddardDisparue
Au sud de Campbell River1959BeamishDisparue
Witty's Lagoon (Victoria)1965CarlDisparue
Bras Portage (Victoria)1976BrayshawDisparue
Lac Thetis (Victoria)1999Douglas et Flemingenv. 100 / 100 
Au s.-o. du parc Francis-King2001Douglas36 / 30 
Fort Rodd Hill (Victoria)2004Roemer et Turner4 / 2 m2
Mont Mill (Victoria)2004Roemer55 / 100 
Parc Beacon Hill (Victoria)2004Douglas1 / 1 m2
Flèche Tyee (Campbell River)62004Douglas et Douglas500 / 1 875 m2
Mont Tzuhalem (Duncan)2004Douglas et Richards463 / 137 
Mont Skirt (Victoria)2005Fuller1 / 1 m2

6 B. Brooks, T. Ennis et S. Simpson ont également recensé cette population en 2004 et signalent entre 700 et 900 individus (Penny, comm. pers., 2005)

3.1.2 Description des besoins de l'espèce

Besoins biologiques

Le B. deltoidea émerge au printemps d'une racine pivotante vivace et produit un capitule au début de l'été. Vers le milieu de l'été, où souvent s'installe la sécheresse, les graines sont déjà formées, et les feuilles flétrissent et brunissent. Vers la fin août, toutes les parties aériennes de la plante sont mortes, et il ne reste que sa racine vivace. On voit peu de jeunes sujets dans les champs. Bien qu'en règle générale les graines germent assez facilement, l'espèce peut s'avérer difficile à cultiver à l'extérieur dans la région de Victoria (H. Roemer, comm. pers., 2003). Les jeunes plantes semblent sensibles à l'humidité du sol et aux prédateurs (en particulier les limaces). Cependant, dans le milieu naturel de l'espèce, où les conditions sont plus sèches, les limaces sont rares.

On ne trouve aucune information sur la dynamique des populations sauvages du B. deltoidea. On ne sait rien sur la dormance des graines dans le sol, sur le taux de survie des semis ni sur la longévité des sujets matures. On ne sait pas non plus quels sont les agents de pollinisation de l'espèce, ni quelle est leur importance. Dans des expériences sur le terrain et en laboratoire, on a obtenu des taux de germination variant entre 70 et 90 %, mais une croissance lente des semis (Ehret et al., 2004; Bailey et Bailey, 1997). Dans une expérience sous conditions contrôlées réalisée dans la région de Victoria, le taux de survie des semis a été relativement élevé; seulement 15 % des semis transplantés à l'extérieur ont succombé durant la dormance hivernale (Ehret et al., 2004).

Besoins en matière d'habitat

Au Canada, le B. deltoidea se rencontre dans divers types de milieux caractérisés par la présence d'affleurements rocheux et du chêne de Garry; il a cependant une préférence pour les lieux très secs, à sol mince, exposés ou partiellement ombragés (Douglas et Ryan, 2001). Le chêne de Garry est souvent présent mais ne l'est pas toujours. La station située sur la flèche Tyee, à Campbell River, est presque entièrement exposée; on n'y trouve pas un seul chêne de Garry et seulement un douglas isolé au milieu du pré. Le sol est également différent de celui des autres stations du B. deltoidea : il est formé de sédiments marins grossiers et bien drainés. À l'opposé, la station du Mont Tzuhalem, près de Duncan, se trouve dans un ravin relativement humide (du moins au printemps), où l'espèce côtoie la symphorine blanche (Symphoricarpos albus), la sanicle bipinnatifide (Sanicula bipinnatifida) et la violette jaune des monts (Viola praemorsa spp. praemorsa). Il semble qu'une sécheresse saisonnière ou un très bon drainage du sol soit la principale exigence du B. deltoidea en matière d'habitat.

Parmi les arbustes associés au B. deltoidea se trouvent la symphorine blanche, indigène, et le genêt à balais (Cytisus scoparius), introduit. Les herbacées associées comprennent l'orpin à feuilles spatulées (Sedum spathifolium), l'ail penché (Allium cernuum) et le pied-d'alouette de Menzies (Delphinium menziesii), espèces indigènes, ainsi que des bromes (Bromus spp.) indigènes et exotiques et la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), introduite.

3.2 Aster rigide


Nom commun : Aster rigide

Nom scientifique : Sericocarpus rigidus

Statut : Menacée

Dernier examen ou dernière modification : Mai 2000 (aucune modification)

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Justification de la désignation : Une herbe vivace occupant de très petites parcelles d'habitat à quelques sites dans le sud-est de l'île de Vancouver, dans l'écosystème menacé des chênes de Garry, où elle est menacée de façon continue par les pressions relatives au développement et par les espèces exotiques.

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1996. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant accompagné d'un addenda.

3.2.1 Description de l'espèce

L'espèce

Il existe quelque 250 espèces d'asters, la plupart se trouvant en Amérique du Nord (Cronquist, 1955). Vingt-trois d'entre elles sont présentes en Colombie-Britannique (Douglas, 1995, 1998a). L'aster rigide est une herbacée vivace à rhizomes. La plante est feuillue, dressée et haute de 10 à 30 cm. Les feuilles sont alternes, longues de 2,5 à 3,5 cm et largement lancéolées (Douglas et Illingworth, 1996, 1997); celles du milieu de la tige sont plus grandes que celles des parties supérieure et inférieure. Les capitules, au nombre de 5 à 20, sont portés par un pédoncule court et réunis en position terminale; les bractées involucrales sont étroites, les rayons sont blancs, peu nombreux et peu apparents, et les fleurs du disque sont jaune pâle avec anthères violettes. Le fruit est un akène lisse densément couvert de poils gris. En Colombie-Britannique, l'aster rigide se distingue facilement des autres asters par ses rayons blancs, courts (1-3 mm), peu nombreux (1-3) et cachés par une aigrette plus longue.

Populations et répartition

L'aster rigide est confiné au nord-ouest de l'Amérique du Nord, où il se rencontre depuis le sud-est de l'île de Vancouver jusqu'au centre-ouest du Washington et au nord-ouest de l'Oregon (figure 2; Cronquist, 1955; Douglas et al., 1998a). Au Canada, sa répartition se limite à la Colombie-Britannique, où l'espèce a été signalée (à partir de 1982) dans 21 localités, toutes situées dans le sud-est de l'île de Vancouver, sauf deux, les îles Trial et Hornby (figure 2). Les stations canadiennes de l'aster rigide, comme celles de la balsamorhize à feuilles deltoïdes, se trouvent à environ 75 km des populations américaines les plus proches, situées dans le comté d'Island, au Washington (WTU Herbarium Database, 2003). Environ 15 % de l'aire de répartition mondiale actuelle de l'aster rigide se trouve en territoire canadien.

À l'échelle mondiale, on a attribué à l'aster rigide la cote G3, qui signifie que dans la majeure partie de son aire de répartition l'espèce est rare et localisée et occupe une superficie restreinte, ou un ou plusieurs facteurs menacent de la faire disparaître (NatureServe, 2004). Aux États-Unis, on lui a attribué la cote S2 en Oregon et S3 au Washington. Au Canada, l'espèce est classée N1 à l'échelle nationale; au niveau provincial, elle figure sur la « liste rouge » du ministère provincial de l'Environnement, et le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique lui a attribué la cote S1 (Douglas et al., 2002), qui signifie que l'espèce est jugée gravement en péril à cause de son extrême rareté (généralement cinq stations ou moins, ou sujets très peu nombreux) ou parce qu'un ou plusieurs facteurs la rendent particulièrement susceptible de disparaître de la province ou de s'éteindre complètement. Cette cote est la plus élevée qui puisse être attribuée à une espèce à l'échelle provinciale.

Les relevés postérieurs à 1981 ont permis de confirmer l'existence en Colombie-Britannique de 21 stations de l'aster rigide, toutes situées dans le sud-est de l'île de Vancouver, sauf deux, dans les îles Trial et Hornby (tableau 9). Sept stations historiques sont disparues, soit une perte de 25 % des stations répertoriées depuis 1887. L'effectif canadien de l'espèce se situe actuellement entre 54 800 et 94 8007 tiges. Plus de 90 % de cet effectif est réparti entre cinq stations comptant chacune plus de 3 000 tiges. La superficie de la zone d'occurrence est estimée à environ 1 100 km², et la superficie occupée, à environ 8 020 .

Les tendances démographiques à long terme sont connues pour une seule population, celle du mont Tzuhalem. L'effectif de cette station, qui fait l'objet de relevés depuis onze ans, est passé de 1 350 tiges en 1994 à 850 tiges en 2004. Ce déclin s'explique en partie par la destruction de la plus importante sous-population de l'espèce lorsqu'on a brûlé des tas de genêt à balais arraché dans la réserve écologique.

Figure 2. Répartition du Sericocarpus rigidus en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique (Vancouver Island = Île de Vancouver; Galiano Island = Île Galiano; Kilometers = Kilomètres)
Figure 2. Répartition du Sericocarpus rigidus en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique (Vancouver Island = Île de Vancouver; Hornby Island = Île Hornby; Galiano Island = Île Galiano; Kilometers = Kilomètres)

 

Tableau 9. Stations canadiennes du Sericocarpus rigidus

Lieu de récolte
Dernière
observation
HerborisateurPopulation
(effectif/superficie)
Nanaimo1887MacounDisparue
Cedar Hill (Victoria)1897AndersonDisparue
Baie Foul (Victoria)1914MacounDisparue
Wellington1916CarterDisparue
Gonzales (Victoria)1924HardyDisparue
Lac Lost (Victoria)1945HardyDisparue
À l'ouest du parc Knockan Hill (Victoria)1968RoemerDisparue
Chemin White Rapids (Wellington)1982Ceska15 / 5 
Mont Camas (Sooke)1985Ceska30 / 4 
Chemin Kangaroo (Sooke)1985CeskaTaille inconnue
Monts Woodley (Ladysmith)1992Cadrin500+ / 300 
Au sud du parc Francis-King (Victoria)1993RyanTaille inconnue
Mont Finlayson (Victoria)1993Ryan200 / 4 
Parc Uplands (Victoria)1994Douglas600 / 42 
Harmac (Nanaimo)1998Douglas24 000+ / 134 
Parc Francis-King (Victoria)1999Douglas438-4 78/7 
Parc régional Bear Hill (Saanich)1996Illingworth300 / 40 
Réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan (Duncan)1998Douglas858 / 17 
Pointe Downes (île Hornby)1998Douglas7 300 / 10 
Baie Cordova (Victoria)2001Douglas560 / 34 
Port Alberni2003CeskaTaille inconnue
Mont Tolmie (Victoria)2003CeskaTaille inconnue
Mont Little Saanich (Saanich)2003Fairbarns12 000-45 000 / 3 700 
Mont Mill (Victoria)2004Roemer3 990+ / env. 600 
Réserve écologique du mont Tzuhalem (Duncan)2004Douglas et Richards850 / 120 
Mont Wells2004Ansell158 / 4,5 
Mont Maple2004Douglas et Richards20 / 3 
Île Trial2004Fairbarns3 000-8 000 / 3 000 


3.2.2 Description des besoins de l'espèce

Besoins biologiques

Les tiges d'aster rigide poussent à partir des rhizomes en avril. Elles fleurissent en août, et les graines se dispersent un mois plus tard (Clampitt, 1987). Comme la plante se multiplie par ses rhizomes, elle forme toujours une colonie. Au Washington, les colonies occupent en moyenne une superficie de 1 à 10 , et entre 5 et 30 % des tiges portent des fleurs (Gamon et Salstrom, 1992; Thomas et Carey, 1996; Bigger, 1999). En Colombie-Britannique, chez les populations recensées par Douglas dans les années 1990, la proportion de tiges florifères se situait entre 30 et 50 %, mais aucun semis n'a été observé (Douglas et Illingworth, 1997). Dans les deux stations recensées deux fois récemment par Fairbarns, seulement 1 à 2 % des sujets matures ont fleuri (Fairbarns, 2005).

L'aster rigide est pollinisé par plusieurs hyménoptères (Giblin et Hamilton, 1999; Bigger, 1999) ainsi que par un papillon du genre Coenonympha, de la famille des Satyridés (Bigger, 1999). Les recherches n'ont permis d'établir aucune corrélation entre la biologie de reproduction de l'espèce et sa rareté; elles ont montré que la production de graines de l'aster rigide se situe dans la plage normale pour les Astéracées (Clampitt, 1987; Giblin et Hamilton, 1999; Bigger, 1999).

Les chercheurs ont obtenu des résultats variables quant à la proportion des graines qui sont viables : 13 % (Drake et Ewing, 1997), 20 % (Clampitt, 1987), 22 % (Ehret et al., 2004) et 39 % (Bigger, 1999). Ces résultats peuvent probablement s'expliquer par une variation entre localités ou d'une année à l'autre (Bigger, 1999). Bien que les graines d'aster rigide semblent germer assez facilement, il est rare de voir des plantules de l'espèce (Clampitt, 1987); en Colombie-Britannique, aucune n'a été signalée (Henderson, 2005). L'aster rigide se multiplie probablement surtout par voie végétative, puisque les plantules ont besoin de lumière et poussent très lentement en situation de compétition (Clampitt, 1987; Bigger, 1999; Giblin et Hamilton, 1999). La plupart des recherches sur la reproduction de l'aster rigide confirment que l'espèce est allogame et fort probablement incapable d'autofécondation (Clampitt, 1987; Bigger, 1999). Cependant, les résultats obtenus par Giblin et Hamilton (1999) indiquent que l'espèce, bien qu'essentiellement allogame, est aussi capable d'autofécondation.

L'aster rigide est très résistante au stress et, une fois établie, peut survivre longtemps, même en l'absence de recrutement. Clampitt (1987) a observé qu'en période de sécheresse, l'aster rigide se flétrit moins que les espèces exotiques qui lui font concurrence [la porcelle enracinée (Hypochaeris radicata), l'épervière de Scouler (Hieracium cynoglossoides, ou H. scouleri) et l'agrostide fine (Agrostis tenuis, ou A. capillaris)].

La résistance de l'aster rigide aux stress abiotiques donne à croire qu'une fois établie, l'espèce a de fortes chances de survivre. C'est pourquoi Giblin et Hamilton (1999) croient que la transplantation de l'espèce dans la prairie naturelle ou reconstituée a d'excellentes chances de réussite. Au Washington, on a récemment utilisé l'aster rigide et d'autres espèces prairiales indigènes pour former une couverture végétale sur la couche de recouvrement d'une décharge contrôlée; au bout de trois ans, le taux de survie de l'aster rigide était de 60 % (Ewing, 2002). Par ailleurs, Clampitt (1993) note qu'en milieu fortement ou même modérément perturbé ou dominé par des espèces exotiques concurrentes, l'aster rigide disparaît progressivement. Comme les plantules de l'espèce poussent très lentement, cet auteur (1987) pense qu'elles n'ont peut-être pas les ressources énergétiques qui leur permettraient de sortir du sol et de percer la couche de litière afin de déployer leurs feuilles au jour. Les graines de l'aster rigide germent davantage au printemps qu'à l'automne (Clampitt, 1987), ce qui limite peut-être la capacité de l'espèce à se rétablir dans un lieu occupé par des espèces exotiques dont les graines peuvent germer durant tout l'hiver.

Besoins en matière d'habitat

Aux États-Unis, l'aster rigide ne se rencontre que dans les prairies de basse altitude. Au Washington, il pousse presque uniquement dans des prairies formées sur un dépôt fluvioglaciaire graveleux et bien drainé. À la limite sud de son aire de répartition, dans le sud de l'Oregon, on l'observe dans les prairies mouilleuses dominées par la deschampsie cespiteuse (Deschampsia cespitosa).

Au Washington, l'habitat de l'aster rigide a été assez bien étudié. Clampitt (1993) décrit les prairies où pousse l'espèce comme ayant une couverture végétale clairsemée : la couverture de plantes vasculaires des parcelles délimitées pour son étude était en moyenne d'environ 81 %. Clampitt (1993) s'est également intéressé aux espèces associées à l'aster rigide et a observé que la fétuque de Roemer (Festuca idahoensis ssp. roemeri) forme plus de 32 % de la couverture végétale des prairies où se trouve l'espèce, et que quatre autres espèces [la fougère-aigle (Pteridium aquilinum), le lupin des ruisseaux (Lupinus rivularis), la flouve odorante et la verge d'or de la serpentine (Solidago spathulata)] sont souvent présentes. Ces résultats indiquent que l'aster rigide est une espèce secondaire d'une communauté, poussant entre les touffes de fétuque de Roemer. Dans une étude menée à Fort Lewis, au Washington, l'aster rigide a été observé principalement sur des buttes et des collines ainsi que dans des dépressions au sein de prairies entièrement dégagées à partiellement ombragées, dont plus de la moitié de la couverture végétale se composait d'espèce indigènes. Les principales espèces indigènes associées à l'aster rigide étaient la fétuque de Roemer, l'ériophylle laineux (Eriophyllum lanatum), la verge d'or de la serpentine et le raisin d'ours (Arctostaphylos uva-ursi). Le pin ponderosa (Pinus ponderosa) et le chêne de Garry étaient les arbres associés; l'aster était cependant moins abondant sous les arbres, puisqu'il est héliophile. L'aster rigide a également été observé, mais plus rarement et en moins grand nombre, en présence d'espèces exotiques [le genêt à balais, l'agrostide fine, la porcelle enracinée, la marguerite blanche (Leucanthemum vulgare), le millepertuis commun (Hypericum perforatum) et le plantain lancéolé (Plantago lanceolata)] (Thomas et Carey, 1996).

L'habitat de l'aster rigide n'est pas tout à fait le même en Colombie-Britannique qu'aux États-Unis. En Colombie-Britannique, l'espèce se rencontre presque uniquement dans les écosystèmes à chêne de Garry, où souvent elle occupe des lieux très secs. Elle n'est pas très compétitrice, ce qui s'explique probablement en partie par sa floraison tardive. Par ailleurs, elle est capable de résister à des conditions extrêmes, notamment la sécheresse et une faible épaisseur de sol. Elle a besoin d'être exposée au sud ou au sud-ouest. Les sols sur lesquels on la trouve ont été décrits comme étant des sols minces sur substratum rocheux, de type brunisolique, variant entre les brunisols brun foncé et les brunisols rouge brunâtre (Douglas et Illingworth, 1996, 1997). Les principales espèces associées sont la flouve odorante, le genêt à balais, le dactyle pelotonné, l'holodisque discolore (Holodiscus discolor), la symphorine blanche et la sanicle à tige charnue (Sanicula crassicaulis).

On trouve une bonne population d'aster rigide dans le peuplement de chênes de Garry de la réserve naturelle de Cowichan. Douglas et al. (2001) donnent une description détaillée de ce milieu, qu'ils qualifient de communauté de type chêne de Garry-dactyle pelotonné sur brunisols sombriques de un mètre et moins d'épaisseur, à forte teneur en carbone organique et bien aéré. Avant que le dactyle pelotonné ne domine le sous-étage de ce peuplement comme celui des autres peuplements de chêne de Garry de la région, ce milieu aurait probablement été classé comme communauté de type chêne de Garry-brome caréné (Bromus carinatus) (Roemer, 1972).

Dans la réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan, la strate arbustive basse et herbacée est très riche au printemps. Les espèces dominantes sont alors la sanicle à tige charnue et le dactyle pelotonné. La camassie camash (Camassia quamash), la grande camassie (C. leichtlinii), des bromes (Bromus spp.), la gyroselle de Henderson (Dodecatheon hendersonii ssp. hendersonii), le gaillet gratteron (Galium aparine) et la symphorine blanche sont les espèces modérément à très fréquemment associées à l'aster rigide. Un changement marqué de la composition végétale survient au milieu de l'été. Un grand nombre des espèces indigènes visibles au printemps (notamment la camassie camash, la grande camassie, la gyroselle de Henderson et la violette jaune des monts) ont achevé leur cycle biologique, et leur appareil végétatif disparaît pratiquement du paysage. Des graminées vivaces qui n'étaient pas encore identifiables ou n'avaient pas amorcé leur croissance au printemps ainsi que de nombreuses annuelles introduites, bien adaptées aux sols secs, dominent alors le sous-étage. À cette époque de l'année, le dactyle pelotonné et les vesces (Vicia spp.) sont les espèces les plus visibles, et leur couverture moyenne s'accroît énormément. Parmi les autres espèces très visibles figurent deux graminées indigènes, le brome caréné (Bromus carinatus) et la mélique subulée (Melica subulata), et deux graminées introduites, le brome stérile (Bromus sterilis) et le pâturin des prés (Poa pratensis).


7 Il est difficile d'estimer l'effectif des populations d'aster rigide. Les tiges émergent à intervalles réguliers sur les rhizomes, longs de un à deux mètres, parfois plus, et il est impossible de distinguer les individus sans déterrer les rhizomes. Le nombre de tiges ne donne donc qu'une estimation approximative de la taille relative des populations. En outre, probablement en raison de contraintes de temps, certains observateurs (dont Fairbarns; voir le tableau 10) donnent pour les grandes populations un intervalle de valeurs.

3.3 Tonelle délicate


Nom commun : Tonelle délicate

Nom scientifique : Tonella tenella

Statut : En voie de disparition

Dernier examen ou dernière modification : Novembre 2003 (nouvelle)

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Justification de la désignation : Une petite annuelle dont la présence est connue dans un seul site dans les îles Gulf, en Colombie-Britannique. L'espèce est menacée par l'aménagement éventuel, les espèces exotiques et la gestion des feux.

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2003. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

3.3.1 Description de l'espèce

L'espèce

La tonelle délicate (Tonella tenella (Benth.) Heller) est l'une des deux seules espèces du genre Tonella, indigène de l'ouest de l'Amérique du Nord (Hitchcock et al., 1959). C'est une herbacée grêle, ascendante à couchée, à fine racine pivotante (Douglas et Penny, 2003a et b; Pojar, 2000). La tige, glabre et souvent ramifiée, atteint 5 à 25 cm de hauteur. Les feuilles sont opposées et longues de 1 à 2 cm. Les fleurs, bleues ou blanches, sont petites et portées par un long pédoncule. Le fruit est une capsule ovoïde à globuleuse, renfermant 2 à 4 graines non ailées longues de 1 à 1,5 mm.

On ne connaît pas le rôle écologique du T. tenella. Il n'existe aucune mention d'usages culturels de l'espèce (alimentaires, vestimentaires, médicinaux, rituels ou symboliques) ni de sa mise en valeur pour l'écotourisme.

Populations et répartition

Au Canada, il existe une seule station connue de tonelle délicate; elle se trouve sur un terrain privé à l'île Saltspring, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (figure 3). Elle est séparée de l'aire de répartition principale de l'espèce, qui s'étend depuis le sud du Washington (gorge du fleuve Columbia) et l'Oregon jusqu'au centre de la Californie (figure 3; Hitchcock et al., 1959; Wetherwax, 1993; Pojar, 2000). La population canadienne de tonelle délicate se trouve à environ 295 km des populations américaines les plus proches, situées dans la gorge du fleuve Columbia, dans le sud-ouest du Washington (Hitchcock et al., 1959). Moins de 1 % de l'aire de répartition mondiale actuelle de l'espèce se trouve en territoire canadien.

À l'échelle mondiale, on a attribué à la tonelle délicate la cote G5, qui signifie que dans la majeure partie de son aire de répartition l'espèce est commune et manifestement non en péril et ne présente aucun risque de disparition dans les conditions actuelles (NatureServe, 2004). Aux États-Unis, on lui a attribué la cote SNR (non classée) au Washington, en Oregon et en Californie. Au Canada, l'espèce est classée N1 à l'échelle nationale; au niveau provincial, elle figure sur la « liste rouge » du ministère provincial de l'Environnement, et le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique lui a attribué la cote S1 (Douglas et al., 2002), qui signifie que l'espèce est jugée gravement en péril à cause de son extrême rareté (généralement cinq stations ou moins, ou sujets très peu nombreux) ou parce qu'un ou plusieurs facteurs la rendent susceptible de disparaître de la province ou de s'éteindre complètement. Cette cote est la plus élevée qui puisse être attribuée à une espèce à l'échelle provinciale.

En 2002, quatre petites sous-populations de tonelle délicate ont été trouvées à l'île Saltspring (tableau 10), sur le versant d'un mont d'où provient également un ancien spécimen d'herbier (1976). Elles sont concentrées dans une étroite bande de terrain d'environ 425 m de longueur (zone d'occurrence d'environ 2 ha). Elles comptent entre 30 et 150 individus et occupent une superficie allant de 1 m2 à environ 120  (zone d'occupation de 62 ). Comme la plante est peu voyante et très difficile à déceler, il est raisonnable de penser qu'il existe sur ce versant d'autres sous-populations, inaperçues à ce jour.

Tableau 10. Sous-populations du Tonella tenella de l'île Saltspring, en Colombie-Britannique
Lieu de récolteDernière observationHerborisateurEffectif/ superficie ()
Sous-population 1 - Haut du versant sud1976Douglasinconnus
Sous-population 2 – Haut du versant nord2002Lomer56+ / 40
Sous-population 3 – Milieu du versant2002Lomer100-150 / 15
Sous-population 4 – Bas du versant2002Douglas50-80 / 6
Sous-population 5 – Env. 10 m de la plage2002Lomer30 / 1

Figure 3. Répartition du Tonella tenella en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique. (Vancouver Island = Île de Vancouver; Galiano Island = Île Galiano; Kilometers = Kilomètres)
Figure 3. Répartition du Tonella tenella en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique. (Vancouver Island = Île de Vancouver; Saltspring Island = Île Saltspring; Kilometers = Kilomètres)

3.3.2 Description des besoins de l'espèce

Besoins biologiques

Les plantes des genres Tonella et Collinsia, genres très voisins de la tribu des Collinsiées, sont des annuelles autocompatibles (Armbruster et al., 2002). La persistance de la tonelle délicate en Colombie-Britannique est donc signe que les graines sont viables et germent facilement. À faible altitude, les Collinsiées sont pollinisées par des abeilles et bourdons des genres Bombus, Anthophora, Emphoropsis, Synhalonia et Osmia (Armbruster et al., 2002). La phénologie du T. tenellareste à étudier.

Besoins en matière d'habitat

Aux États-Unis, la tonelle délicate se rencontre généralement sur des versants boisés. Au Canada, la station connue se trouve sur un versant orienté à l'ouest, sur un éboulis stable au sein d'une forêt clairsemée dominée soit par l'érable à grandes feuilles et l'arbousier, auxquels sont associés le gaillet gratteron (Galium aparine), la cardamine oligosperme (Cardamine oligosperma), la claytonie perfoliée (Claytonia perfoliata), le brome stérile (Bromus sterilis) et la collinsie à grandes fleurs (Collinsia grandiflora), soit par le douglas, l'arbousier et le chêne de Garry, auxquels sont associés des mousses (Kindbergia oregana et Dicranum spp.), la mélique de Harford (Melica harfordii), le torilis du Japon (Torilis japonica) et le brome stérile.

3.4 Tritéléia de Howell


Nom commun : Tritéléia de Howell

Nom scientifique : Triteleia howellii

Statut : En voie de disparition

Dernier examen ou dernière modification : Mai 2003 (nouvelle)

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Justification de la désignation : Il s'agit d'une espèce extrêmement limitée géographiquement, dont une petite population se trouve dans quelques sites dispersés au sein d'habitats restants de chênes de Garry. Elle se trouve dans une région fortement urbanisée. Les risques continus pour l'espèce proviennent de facteurs tels que la perte de l'habitat, la concurrence avec des espèces envahissantes et la fragmentation de l'habitat.

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2003. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

3.4.1 Description de l'espèce

L'espèce

Le tritéléia de Howell (Triteleia howellii) est une herbacée vivace à cormus (bulbe solide) profond, presque sphérique, fibreux-écailleux, de couleur paille (Pojar, 2001). La tige florifère, dressée, mesure 20 à 50 cm de hauteur et comporte une ou deux feuilles basilaires glabres, étroites et linéaires. Les feuilles, à base engainante et à marge entière, mesurent 20 à 40 cm de longueur et 3 à 8 mm de largeur. Le périanthe, en forme de vase ou de cloche étroite, comporte six pièces blanchâtres à bleues, soudées en un tube long de 1,5 à 2 cm. Les lobes du périanthe, pétaloïdes, légèrement gaufrés et à peu près aussi longs que le tube, sont répartis en deux verticilles. Les trois lobes externes sont largement lancéolés, tandis que les trois internes sont oblongs-ovés. Le fruit est une capsule pédicellée ovoïde contenant des graines noires arrondies.

Le tritéléia de Howell ressemble à son proche parent, le tritéléia à grandes fleurs (T. grandiflora Lindl.) mais s'en distingue par ses étamines à filet plat toutes insérées au même niveau sur le tube du périanthe (Pojar, 2001). Les étamines du tritéléia à grandes fleurs n'ont pas un filet plat et sont insérées à deux niveaux différents sur le tube.

On ne connaît pas le rôle écologique du tritéléia de Howell. Il n'existe aucune mention d'usages culturels de l'espèce (alimentaires, vestimentaires, médicinaux, rituels ou symboliques) ni de sa mise en valeur pour l'écotourisme. Il est possible que les populations autochtones aient récolté les bulbes de Triteleia, comme ceux d'autres Liliacées, à des fins alimentaires (Turner, 1999), mais on ne sait pas si le tritéléia de Howell a servi à cette fin. Certaines pépinières commerciales du Royaume-Uni offrent aujourd'hui le tritéléia de Howell ainsi que de nombreuses espèces de Triteleia et de Brodiaea.

Populations et répartition

Le tritéléia de Howell se rencontre depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique, le Washington et l'Oregon jusqu'au nord de la Californie (figure 4; Keator, 1993; Barkworth, 1977a). Au Canada, on ne le trouve que dans le sud-est de l'île de Vancouver (figure 4; Pojar, 2001; Douglas et al., 2002a).

Les populations canadiennes du tritéléia de Howell se trouvent à environ 15 km des populations américaines les plus proches, situées dans le comté de San Juan, au Washington (Barkworth, 1977a).

À l'échelle mondiale, on a attribué au tritéléia de Howell la cote G5, qui signifie que dans la majeure partie de son aire de répartition l'espèce est commune et manifestement non en péril et ne présente aucun risque de disparition dans les conditions actuelles (NatureServe, 2004). Aux États-Unis, on lui a attribué la cote S1 en Californie et la cote SNR (non classée) au Washington et en Oregon. Au Canada, l'espèce est classée N2 à l'échelle nationale; au niveau provincial, elle figure sur la « liste rouge » du ministère provincial de l'Environnement, et le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique lui a attribué la cote S2 (Douglas et al., 2002), qui signifie que l'espèce est jugée en péril dans cette province à cause de sa rareté (aire de répartition très restreinte, très petit nombre de ses populations [souvent inférieur à 20], ou déclin marqué de populations) ou parce que d'autres facteurs la rendent susceptible de disparaître de la province ou de s'éteindre complètement (NatureServe, 2004).

Les relevés postérieurs à 1998 ont permis de confirmer l'existence en Colombie-Britannique de 13 stations de tritéléia de Howell, toutes situées dans le sud-est de l'île de Vancouver (tableau 11). Trois stations historiques sont disparues, soit une perte de 19 % des stations répertoriées depuis 1912. L'effectif canadien de l'espèce est actuellement d'environ 1 000 individus. La station située dans la réserve de chênes de Garry de Cowichan comprend à elle seule 45 % de cet effectif.

La zone d'occurrence de l'espèce couvre une superficie d'environ 50 km², tandis que la zone d'occupation se situe entre 3 et 4 ha. Moins de 1 % de l'aire de répartition mondiale actuelle du tritéléia de Howell se trouve en territoire canadien.

Figure 4. Répartition du Triteleia howellii en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique. (Vancouver Island = Île de Vancouver; Galiano Island = Île Galiano; Kilometers = Kilomètres)
Répartition du Triteleia howellii en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique. (Vancouver Island = Île de Vancouver; Galiano Island = Île Galiano; Kilometers = Kilomètres

3.4.2 Description des besoins de l'espèce

Besoins biologiques

On connaît peu de choses sur la biologie du tritéléia de Howell. Les Triteleia poussent généralement sur des sols bien drainés et se reproduisent par les graines ainsi que par le cormus, qui peut se diviser ou produire de nombreux bulbilles (Barkworth, 1977b). On ne sait pas quels sont leurs agents de pollinisation.

Besoins en matière d'habitat

Le tritéléia de Howell pousse principalement sur des affleurements rocheux dans des chênaies de Garry, de même que dans des milieux fortement perturbés et dominés par des mauvaises herbes, notamment dans les cours des lots urbains et en bordure des routes. Sur les terrains fortement perturbés, les espèces dominantes sont le dactyle pelotonné (Dactylis glomerata), la vesce cultivée (Vicia sativa), le brome raide (Bromus rigidus), le brome mou (B. hordeaceus), l'ivraie vivace (Lolium perenne) et la sanicle à tige charnue (Sanicula crassicaulis var. crassicaulis), toutes introduites sauf la dernière. On peut penser que le tritéléia de Howell se rencontrait dans des écosystèmes à sol épais (comme celui de la réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan) avant l'établissement des colons européens dans la région de Victoria, qui a entraîné la destruction de vastes étendues de ce type d'écosystèmes.

La meilleure population canadienne de tritéléia de Howell se trouve dans la réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan. Ce milieu a été décrit précédemment dans la section concernant l'aster rigide (section 3.2).

Le tritéléia de Howell pousse également dans un peuplement de chêne de Garry et d'arbousier, au pied d'affleurements rocheux, dans le parc régional Horth Hill, où la strate arbustive est plus abondante que dans le peuplement de chêne de Garry de la réserve de Cowichan et dominée par le mahonia à feuilles de houx (Mahonia aquifolium) et l'holodisque discolore (Holodiscus discolor). Les espèces associées sont le chèvrefeuille hispide (Lonicera hispidula), le brome raide, le gaillet gratteron (Galium aparine), la némophile à petites fleurs (Nemophila parviflora) et le cynosure hérissé (Cynosurus echinatus).

Tableau 11. Stations canadiennes du Triteleia howellii
Lieu de récolteDernière observationHerborisateurPopulation
(effectif/superficie)
Oak Bay (Victoria)1912BeavenDisparue
Uplands (Victoria)1917AndersonDisparue
Saanich Arm (Victoria)1919NewcombeDisparue
Parc régional Witty's Lagoon (Metchosin)1999Douglas et Penny43 / 200 
Gordon Head (Saanich)1999Fontaine51 / 5 
Estuaire de la Cowichan (Duncan)2001Douglas62 / 3 
Réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan (Duncan)2001Douglas450 / 3-4 ha
Parc régional du lac Thetis (View Royal)2002Ceska1 / 1 
Au pied du mont Tzuhalem (au bord du chemin Knipsen)2003Janszen6 / 0,5 
Parc régional Horth Hill (North Saanich)2003Janszen3 / 1 
Canoe Cove2003Fairbarns2 / 1 
Plage Island View2003Fairbarns1 / 1 
Parc Beacon Hill (Victoria)2004Fairbarnsenv. 200 / 12 
Lac Somenos (Duncan)2004Roemer126 / 140 
Albert Head (Metchosin)2004Roemer9 / 2 
Chemin William Head (Metchosin)2004Milne14 / 10 

3.5 Violette jaune des monts


Nom commun : Violette jaune des monts

Nom scientifique : Viola praemorsassp. praemorsa

Statut : Menacée

Dernier examen ou dernière modification : Mai 2000 (aucune modification)

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Justification de la désignation : Espèce très localisée ne se trouvant que dans peu de sites. Limitée à des habitats menacés par l'aménagement, l'utilisation récréative et la propagation des plantes exotiques.

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1995. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

3.5.1 Description de l'espèce

L'espèce

La violette jaune des monts est une vivace à racines fasciculées et à parties aériennes atteignant 6 à 25 cm de hauteur; ses feuilles, basilaires pour la plupart, ont un limbe largement lancéolé, long de 2 à 10 cm et couvert d'une pubescence clairsemée à dense (Ryan et Douglas, 1995; Douglas et al., 2000). La ou les fleurs sont jaunes, solitaires et portées à l'extrémité de pédoncules dressées. Le fruit est une capsule lisse à pubescente renfermant des graines brun foncé. La violette jaune des monts se distingue principalement des autres violettes jaunes présentes dans l'ouest de la Colombie-Britannique par ses feuilles ovées-lancéolées, pubescentes, à bords légèrement dentés en scie. La seule plante présente dans des milieux similaires et ressemblant superficiellement à un individu sans fleur du V. praemorsa ssp. praemorsa est une espèce introduite, le Plantago lanceolata, dont les feuilles sont de couleur et de forme semblables à celles de la violette jaune des monts mais sont généralement glabres et s'atténuent graduellement vers le pétiole.

On ne connaît pas le rôle écologique de la violette jaune des monts. Il n'existe aucune mention d'usages culturels de l'espèce (alimentaires, vestimentaires, médicinaux, rituels ou symboliques), ni de sa mise en valeur pour l'écotourisme.

Populations et répartition

La violette jaune des monts se rencontre sur la côte ouest de l'Amérique du Nord depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu'au nord de la Californie (figure 5; Hitchcock et Cronquist, 1961; Little, 1993). Au Canada, l'espèce est confinée au sud-est de l'île de Vancouver et à l'île Saltspring voisine (figure 5; Douglas et Ryan, 1998; Douglas et al., 2002). Les populations canadiennes se trouvent à environ 30 km des populations américaines les plus proches, situées dans le comté de San Juan, au Washington.

À l'échelle mondiale, on a attribué à la violette jaune des monts la cote G5T3T5, qui signifie que dans la majeure partie de son aire de répartition cette sous-espèce est « vulnérable » à « apparemment commune, manifestement non en péril, sans risque appréciable de disparition dans les conditions actuelles » (NatureServe, 2004). Aux États-Unis, on lui a attribué la cote SNR (non classée) au Washington, en Oregon et en Californie. Au Canada, l'espèce est classée N1 à l'échelle nationale; au niveau provincial, elle figure sur la « liste rouge » du ministère provincial de l'Environnement, et le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique lui a attribué la cote S1 (Douglas et al., 2002), qui signifie que l'espèce est jugée gravement en péril à cause de son extrême rareté (généralement cinq stations ou moins, ou sujets très peu nombreux) ou parce qu'un ou plusieurs facteurs la rendent particulièrement susceptible de disparaître de la province ou de s'éteindre complètement. Cette cote est la plus élevée qui puisse être attribuée à une espèce à l'échelle provinciale.

Les relevés postérieurs à 1996 ont permis de confirmer l'existence en Colombie-Britannique de 13 stations de violette des monts, toutes situées dans le sud-est de l'île de Vancouver, sauf deux qui se trouvent à l'île Saltspring (tableau 12). Cinq stations historiques ont disparu, et trois autres, observées la dernière fois entre 1961 et 1977, n'ont pas été confirmées. Trente-huit pour cent des stations connues pourraient donc avoir disparu depuis 1977. L'effectif canadien de l'espèce est actuellement d'environ 45 000 individus. La station du lac Somenos comprend à elle seule 88 % de cet effectif.

La zone d'occurrence de la violette jaune des monts couvre une superficie d'environ 330 km², et sa zone d'occupation est d'environ 18 870 . Moins de 1 % de l'aire de répartition mondiale actuelle de la violette jaune des monts se trouve en territoire canadien.

Figure 5. Répartition du Viola praemorsa spp. praemorsa en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique. (Vancouver Island = Île de Vancouver; Galiano Island = Île Galiano; Kilometers = Kilomètres)
Figure 5. Répartition du Viola praemorsa spp. praemorsa en Amérique du Nord et en Colombie-Britannique. (Vancouver Island = Île de Vancouver; Galiano Island = Île Galiano; Kilometers = Kilomètres)

3.5.2 Description des besoins de l'espèce

Besoins biologiques

La violette jaune des monts est une vivace qui subsiste durant l'hiver sous forme de rhizome vertical court. En Colombie-Britannique, elle semble tirer profit, comme de nombreuses herbacées non graminoïdes présentes dans les chênaies de Garry, de l'ensoleillement important, de la chaleur et de l'humidité disponibles au printemps. Les feuilles apparaissent au début du printemps (en mars), puis les fleurs, en avril et mai, généralement avant la pleine feuillaison du chêne de Garry et avant que les graminées qui dominent habituellement le sous-étage aient atteint une taille suffisante pour ombrager ou étouffer les herbacées non graminoïdes. Les capsules s'ouvrent et projettent leurs graines du début au milieu de l'été, puis, chez la plupart des individus, la partie aérienne de la plante meurt, et seul le rhizome subsiste (tige souterraine qui subsiste plus d'une saison de végétation). Certains individus conservent leurs feuilles et produisent une longue tige décombante (couchée au sol avec l'extrémité relevée) mesurant parfois plus de 25 cm. Cette tige finit également par se flétrir et mourir (Ryan et Douglas, 1995).

La violette jaune des monts ne semble pas se propager au moyen de stolons ou de rhizomes; les graines joueraient donc un rôle très important dans le maintien de l'espèce et dans sa dispersion vers de nouveaux milieux. Selon les observations de M. Fairbarns (comm. pers.), les graines sont probablement disséminées par des fourmis, car elles semblent être munies d'un élaïosome, structure riche en lipides dont les fourmis se nourrissent. Elles sont également projetées, lors de l'ouverture de la capsule. Dans les deux cas, les graines ne sont probablement pas dispersées à plus d'environ un mètre de distance.

Comme d'autres taxons du genre Viola, la violette jaune des monts peut produire des graines au moyen de fleurs cléistogames. Ces dernières sont apétales (sans pétales), renferment à la fois des étamines et des ovules, ne s'ouvrent pas et produisent des graines par autofécondation. Elles paraissent après que les fleurs normales (pétalées) ont terminé leur floraison. On ne sait pas jusqu'à quel point l'espèce produit des fleurs cléistogames ni dans quelle mesure ces fleurs contribuent à la production de graines.

On possède peu de données directes sur l'importance des insectes pollinisateurs, sur la proportion de fleurs autogames et allogames et sur le nombre moyen de graines viables produites par chaque individu. La violette de Nuttall (Viola nuttallii), espèce étroitement apparentée, est pollinisée par des abeilles solitaires et parfois par des papillons de jour. Malgré la vaste aire de répartition de cette espèce, rien n'indique que ses pollinisateurs soient différents d'une région écogéographique à l'autre (Beattie, 1974). Beattie (1974) estime que les violettes (genre Viola) sont pollinisées par un large éventail d'insectes à trompe moyenne ou longue. Davidse (1976) a observé des mouches des genres Eristalis et Bombylius qui visitaient fréquemment et indifféremment les violettes à fleurs jaunes Viola vallicola, V. utahensis et V. praemorsassp. major (= V. praemorsassp. linguaefolia).

Tableau 12. Stations canadiennes du Viola praemorsa spp. praemorsa
Lieu de récolteDernière observationHerborisateur/
Observateur
Population
(effectif/superficie)
Mont Cedar (Victoria)1887MacounDisparue
Lac Prospect (Saanich)1921HarveyDisparue
Pointe Holmes (Comox)1961BeamishInconnue
Mont Tolmie (Victoria)1963YoungInconnue
Mont Nanoose (Nanaimo)1976DouglasAucune donnée historique; recherches vaines en 2004; presque certainement disparue
Mont Mary (Metchosin)1977CeskaInconnue
Mont Maxwell (île Saltspring)1985RoemerAucune donnée historique; recherches vaines en 2001, 2003 et 2004; peut-être disparue
Tourbière Rithet's1987RingProbablement disparue
Parc Beacon Hill (Victoria)1997Douglas465 / 1 000 
Mont Smith (Victoria)1997Douglas490 / 435 
Parc Uplands (Victoria)1997Douglas95 / 18 
Parc Falaise (Victoria)1997Douglas et Mothersill59 / 10 
Réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan (Duncan)2000Douglas et Penny3 205 / 10 828 m2
Parc Playfair (Saanich)2000Douglas et Penny282 / 305 
Mont Tzuhalem (Duncan)2001Douglas55 / 115 
Mont Christmas (Saanich)2001Penny86 / 136 
Parc régional Bear Hill (Saanich)2001Fraser78 / 6 
Mont Little Saanich (Saanich)2004Fairbarns25 / 15 
Mont Tuam (île Saltspring)2004Douglas et Smith53+ / 400 
Église St. Peters (Duncan)2004Douglas et Smith5 / 0,5 
Lac Somenos (Duncan)2004Douglas40 000+ / 5 600 
Besoins en matière d'habitat

En Colombie-Britannique, la violette jaune des monts croît dans divers milieux qu'on rencontre dans les communautés à chêne de Garry et les prés de graminées. On la trouve le plus souvent au sein de communautés à chêne de Garry occupant des sols relativement épais, où la roche en place est peu exposée, sur des versants exposés au sud, à pente douce (0 à 5 %) à raide (25 à 50 %). En règle générale, ces milieux sont plutôt mésiques au printemps mais peuvent devenir très secs à la fin de l'été. Ils contiennent une proportion importante d'herbacées non graminoïdes, dont le tritéléia fausse-jacinthe (Triteleia hyacinthina) et la renoncule de l'Ouest (Ranunculus occidentalis), mais sont généralement dominés par des graminées introduites comme la canche précoce, le dactyle pelotonné, la crételle hérissée, la flouve odorante et plusieurs espèces de brome. Le sous-étage de certains peuplements est dominé par des arbustes, notamment la symphorine blanche et le genêt à balais, dont l'ombre peut éliminer de nombreuses espèces herbacées. Les sols sont habituellement des brunisols sombriques orthiques (Roemer, 1972).

Le peuplement de chêne de Garry de la réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan abrite l'une des meilleures populations canadiennes de violette jaune des monts. Douglas et al. (2001) donnent de ce milieu une description détaillée, reprise sommairement dans la section concernant l'aster rigide. La plus grande population canadienne de violette jaune des monts se trouve au lac Somenos; elle s'étale, avec des bromes, sur deux côtés d'un pré, sous un peuplement clairsemé de chênes de Garry. Les autres espèces indigènes associées sont l'osmorhize de Bertero (Osmorhiza berteroi), la cardamine de Nuttall (Cardamine nuttallii), la gyroselle de Henderson et l'érythrone d'Orégon (Erythronium oregonum) (Ryan et Douglas, 1994).

Certaines populations sont établies sur des versants rocheux relativement abrupts à végétation de type chêne de Garry-holodisque discolore; elles y occupent généralement des endroits où le sol est épais et partiellement ombragé par le chêne de Garry. La violette jaune des monts peut aussi se rencontrer dans des prés de graminées où le sol est relativement épais et conserve probablement un peu d'humidité durant la période de sécheresse (la région du lac Somenos par exemple). Dans les milieux moins favorables, par exemple au mont Tuam, où le sol est très mince et la végétation fortement broutée par les moutons, les pieds de violette jaune des monts sont visiblement plus petits qu'ailleurs.

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Ouvrages cités

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Annexe A - Experts consultés

  • Linda Adams. 2003. Conversation. Directrice générale, Islands Trust. Courriel : Linda.Adams@CapHealth.org
  • Tim Ennis. 2003. Correspondance électronique. Directeur de l'intendance des terres, Conservation de la nature. Courriel : time@telus.net
  • Matt Fairbarns. 2005. Correspondance électronique. Botaniste, Victoria BC. Courriel : aruncus_consulting@yahoo.ca
  • Richard Hebda. 2003. Conversation. Conservateur, Botany and Earth History, Royal BC Museum. Tél. : (250) 387-5493
  • Mike Meagher. 2004. Correspondance électronique. GOERT Research Recovery Implementation Group (RIG). Courriel : mmeagher@pfc.forestry.ca
  • Jenifer Penny. 2005. Correspondance électronique. Botaniste, B.C. Conservation Data Centre, Ministry of Environment. Courriel : Jenifer.Penny@gov.bc.ca
  • Brian Reader. 2004. Conversation. Écologiste des espèces en péril, Parcs Canada. Courriel : brian.reader@pc.gc.ca
  • Hans Roemer. 2003. Conversation. Botaniste, Victoria, BC. Courriel : hlroemer@shaw.ca

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Annexe B - Membres du groupe de mise en œuvre du rétablissement des plantes en péril de l’équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry

Brenda Costanzo
Ecosystems Branch
Ministry of Environment
4th Floor South, 2975 Jutland Road
Victoria BC
Tél. : (250) 387-9611
Brenda.Costanzo@gov.bc.ca

George Douglas
Private Botanist
16230 North Road
Duncan BC  V9L 6K9
dougeco@shaw.ca

Matt Fairbarns
Private Botanist, Aruncus Consulting
776 Falkland Road
Victoria BC  V8S 4L8
Tél. : (250) 595-2057
aruncus_consulting@yahoo.ca

Marilyn Fuchs
Program Coordinator & Vice Chair
Garry Oak Ecosystems Recovery Team
301-1205 Broad Street
Victoria BC  V8W 2A4
Tél. : 250-383-3224
Marilyn.fuchs@goert.ca

Chris Junck
Public Involvement & Extension Specialist
Garry Oak Ecosystems Recovery Team
301-1205 Broad Street,
Victoria BC  V8W 2A4
Tél. : (250) 383-3293
Chris.junck@goert.ca

Ted Lea (président)
Ecosystems Branch
BC Ministry of environment
4th Floor South, 2975 Jutland Road
Victoria BC  V8T 5J9
Tél. : 250-387-1110
Ted.Lea@gov.bc.ca

Mike Miller
Private Botanist
201-340 Linden Avenue
Victoria BC  V8V 4E9
lambdarules@yahoo.com

Brian Reader
Species at Risk Ecologist
Parks Canada
2nd Floor, 711 Broughton Street
Victoria BC V8W 1E2
Tél. : (250) 363-8560
brian.reader@pc.gc.ca

Hans Roemer
Private Botanist
1717 Woodsend Road
Victoria BC  V9E 1H7
Tél. : (250) 479-6470
hlroemer@shaw.ca

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Liste des tableaux et figures

Liste des tableaux

Liste des figures

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