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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la léchéa maritime au Canada

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC
sur la
Léchéa maritime
Lechea maritima
au Canada

Léchéa maritime (Lechea maritima)

Espèce prèoccupante
2008



COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
logo du COSEPAC


COSEWIC
Committee on the Status
of Endangered Wildlife
in Canada


Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la léchéa maritime (Lechea maritima) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 39 p.
(Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

 

Note de production :

Le COSEPAC remercie David Mazerolle et Sean Blaney qui ont rédigé le rapport de situation sur la léchéa maritime, Lechea maritima, au Canada préparé en vertu d’un contrat conclu avec Environnement Canada. Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Beach Pinweed Lechea maritima in Canada.

Illustration de la couverture :
Léchéa maritime -- Photo fournie pas les auteurs.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2008
No de catalogue : CW69-14/556-2008F-PDF
ISBN : 978-0-662-04195-5

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logo du COSEPAC

COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2008

Nom commun :
Léchéa maritime

Nom scientifique :
Lechea maritima

Statut :
Espèce préoccupante

Justification de la désignation :
Les populations canadiennes ont été reconnues comme une variété endémique d'importance mondiale. Les plants se limitent aux dunes stabilisées dans des zones localisées du littoral du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard. La plupart des 15 populations, y compris les trois plus grandes, sont présentes à des altitudes de moins de 5 m au-dessus du niveau de la mer, où elles sont davantage exposées aux effets de violentes ondes de tempêtes attribuables à la hausse du niveau de la mer ainsi qu'à l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des tempêtes qui surviendront, selon les prévisions, en conséquence des changements climatiques. Une récente onde de tempête a déjà eu des répercussions sur une portion considérable de l'habitat potentiel à l'un des sites au Nouveau-Brunswick. D'autres impacts attribuables au piétinement, à l'utilisation de véhicules tout-terrain et à la succession végétale, ont été documentés.

Répartition :
Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard

Historique du statut :
Espèce désignée « préoccupante » en avril 2008. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC
Résumé

Léchéa maritime
Lechea maritima

Information sur l’espèce

La léchéa maritime (Lechea maritima) est une plante herbacée vivace de la famille des Cistacées. Les populations canadiennes de l’espèce ont été reconnues comme formant une variété distincte, la variété subcylindrica. Comme il s’agit de la seule variété de L. maritimaà se trouver au Canada, le présent rapport porte sur la situation des populations canadiennes de l’espèce en général et ne fait référence à la variété subcylindrica que si la clarté l’exige. La plante pousse sur les dunes côtières stabilisées. Elle possède une souche ligneuse, qui émet des pousses basales couchées et densément feuillues formant souvent une rosette. Les tiges fructifères sont hautes de (10) 20 à 35 cm, généralement dressées et fortement ramifiées. La plante fleurit du milieu à la fin de l’été et produit des fruits vers la fin de l’été et au début de l’automne. Les fleurs, nombreuses mais peu visibles (de 2 à 4 mm de diamètre), possèdent chacune trois pétales brun rougeâtre qui tombent après peu de temps. Le fruit est une capsule sphérique, longue de 1,8 à 2,1 mm, généralement plus courte que les sépales, s’ouvrant longitudinalement en trois valves jusqu’à la base. La capsule renferme généralement 4 ou 5 graines, lisses, longues de 1 à 1,1 mm, sans mécanisme évident de dispersion. Par rapport à la léchéa intermédiaire (L. intermedia), seule autre espèce de léchéa présente dans l’aire canadienne de la léchéa maritime, les caractères qui permettent le mieux de distinguer la léchéa maritime sont ses graines lisses et la pubescence dense et blanche du dessous des feuilles de ses pousses basales.

 

Répartition

La léchéa maritime n’est pas en péril à l’échelle mondiale et se rencontre principalement le long de la côte atlantique, depuis le Nouveau-Brunswick jusqu’à la Caroline du Nord. Les mentions pour l’Ontario et le Québec ne sont pas fondées et résultent sans doute d’erreurs. La variété subcylindrica est rare à l’échelle mondiale et ne se rencontre que sur la côte est du Nouveau-Brunswick et la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard, et 370 km la séparent de l’occurrence la plus proche du Lechea maritima var. maritima, située dans le sud du Maine. À l’Île-du-Prince-Édouard, la plupart des populations sont réparties sur 41 km de littoral, une seule occurrence se trouvant 54 km plus à l’est. Au Nouveau-Brunswick, les occurrences situées le plus au nord et le plus au sud sont séparées, en ligne droite, par une distance de 87 km. La zone d’occurrence canadienne de l’espèce est de 176 km2 (somme des distances entre les populations extrêmes de l’Île-du-Prince-Édouard et entre celles du Nouveau-Brunswick, multipliée par 1 km de largeur). La zone d’occupation est de 71 km2, si on utilise une grille à mailles de 1 km, ou de 152 km2, si on utilise une grille à mailles de 2 km.

 

Habitat

La léchéa maritime ne pousse que dans les grands systèmes dunaires stabilisés des cordons littoraux, généralement en terrain sec et dégagé. La plante ne semble pas tolérer les parties très mobiles des dunes et pousse habituellement à des endroits relativement abrités, souvent avec un arbuste bas, la hudsonie tomenteuse (Hudsonia tomentosa), espèce fortement indicatrice de l’habitat potentiel de la léchéa maritime. Dans certaines localités, la léchéa maritime pousse sous couvert de pin gris et de pin rouge, sur de vieilles dunes, mais ces populations sont petites et limitées aux endroits où la pinède est la plus clairsemée; il semble donc que cet habitat n’est pas optimal.

 

Biologie

La léchéa maritime est une plante vivace produisant une racine pivotante épaisse et ligneuse, une rosette de pousses basales couchées ainsi que 1 à 5 tiges florifères. La plante se reproduit par les graines, qui sont sans doute principalement dispersées par le vent et l’eau. On suppose que la plante est pollinisée par le vent, mais la pollinisation par les insectes est également possible. On a déjà signalé que les plantes du genre Lechea sont principalement autopollinisées, mais certains cas non confirmés d’hybridation semblent indiquer que la pollinisation peut être croisée. Dans certaines conditions, les plantes encore très petites peuvent se reproduire dès le deuxième été ou peut-être même dès le premier été, mais la plupart des plantes reproductrices semblent beaucoup plus âgées. On ne connaît pas précisément la durée de génération de l’espèce, mais elle semble être ici de 8 à 10 ans.

 

Taille et tendances des populations

Les 15 populations canadiennes ont un effectif estimatif total de 181 000 individus et sont réparties entre 5 régions. Il y a sans doute très peu d’échange génétique entre ces régions. On ne possède aucune information directe sur les tendances à long terme, mais les 5 populations historiques, découvertes de 1892 à 1932, existent toujours. Au moins une des populations a récemment subi de légers déclins liés aux dommages causés par les tempêtes, et la fréquence et la force des tempêtes devraient augmenter avec les changements climatiques. Des pertes mineures dues au passage de véhicules tout-terrain (VTT) et au piétinement ont été observées dans quelques sites, et la succession végétale pourrait poser problème dans les deux sites boisés.

 

Facteurs limitatifs et menaces

L’espèce est naturellement limitée par son habitat très spécialisé. La hausse du niveau de la mer ainsi que l’augmentation de la force et de la fréquence des tempêtes associées aux changements climatiques pourraient constituer une menace à long terme pour l’espèce et son habitat, étant donné que la population se trouve en grande partie à une altitude inférieure à 5 m. D’ailleurs, une dégradation de l’habitat a déjà été observée dans les sites à faible altitude, où se trouvent la majorité des individus. Cependant, il est impossible de quantifier précisément les menaces liées aux changements climatiques. Des pertes mineures dues au passage de VTT et au piétinement ont été observées dans quelques sites, et la succession végétale pourrait poser problème dans les deux sites boisés. La présence d’aires protégées, la réglementation provinciale et l’isolement de plusieurs populations assurent une certaine protection de l’espèce contre l’aménagement des zones côtières.

 

Importance de l’espèce

Si on reconnaît comme distincte la variété de léchéa maritime présente au Canada, celle-ci est rare à l’échelle mondiale, endémique à un territoire très limité et séparée par 380 km des individus de la variété maritima dont elle est issue. L’espèce fait partie d’un cortège d’espèces méridionales ayant des occurrences disjointes autour du golfe Saint-Laurent, où le climat est relativement chaud. On n’a trouvé aucun signe d’utilisation de la plante par les Premières Nations ni de toute autre utilisation humaine.

 

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La léchéa maritime ne jouit actuellement d’aucune protection législative, mais sa conservation est favorisée par les lois et les règlements provinciaux régissant l’aménagement des zones côtières et y limitant les activités. Des 15 populations, 7 sont protégées par le fait qu’elles se trouvent dans le parc national Kouchibouguac, dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, dans la Réserve nationale de faune de l’Île-Portage, sur la dune de Bouctouche ou dans le parc provincial Cabot Beach. Quatre populations se trouvent sur d’autres terres provinciales (les deux populations des Conway Sandhills) ou fédérales (les deux populations de l’île Hog, détenue en fiducie pour la Première Nation de Lennox Island). À l’échelle mondiale, on a attribué à l’espèce la cote G5T1 (espèce non en péril, mais variété gravement en péril), mais les travaux de terrain récents pourraient justifier une cote G5T2. À l’échelle de chacune des provinces (Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard), on lui a attribué la cote S1 (gravement en péril) et la désignation « probablement en péril », ce qui signifie qu’il faut tenir compte de l’espèce dans les évaluations environnementales provinciales et fédérales.

Au Canada, environ 33 p. 100 de l’habitat effectivement occupé par l’espèce se trouve à l’intérieur de zones protégées.

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions
(2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page 1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page 2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page 3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 4, Note de bas de page 5
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

 Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Rapport de situation du COSEPAC
sur la
Léchéa maritime
Lechea maritima
au Canada
2008

Information sur l'espèce

Nom et classification

Nom scientifique de l’espèce :
Lechea maritima Leggett
Nom scientifique de la variété :
Lechea maritima Leggett var. subcylindrica Hodgdon
Synonymes pour l’espèce :
Lechea thymifolia Pursh
Lechea minorL. var. maritima A. Gray
Noms français de l’espèce :
Léchéa maritime, léchéa de la mer
Noms français de la variété :
Léchéa du golfe Saint-Laurent, léchéa du golfe du Saint-Laurent
Noms anglais de l’espèce :
Beach pinweed, maritime pinweed, hoary pinweed, seaside pinweed
Nom anglais de la variété :
Gulf of St. Lawrence beach pinweed
Famille :
Cistacées
Grand groupe végétal :
Eudicotylédones

La léchéa maritime (Lechea maritima) appartient à la famille des Cistacées, qui renferme environ 200 espèces réparties en 9 genres. Cette famille de taille moyenne réunit des plantes arbustives, suffrutescentes ou herbacées poussant dans des milieux mésiques ou xériques. Les régions du monde qui abritent le plus grand nombre d’espèces de cette famille sont les zones méditerranéennes arides de la péninsule Ibérique et la plaine côtière atlantique de l’Amérique du Nord (Hodgdon, 1938).

Le genre Lechea L., qui comprend 17 espèces (Hodgdon, 1938), n’est présent qu’aux États-Unis, au Canada et dans le nord du Mexique, sauf pour une espèce endémique à la moitié ouest de Cuba et deux espèces présentes dans le sud du Mexique, au Belize et au Guatemala. Les espèces du genre Lechea sont généralement des plantes herbacées vivaces ou bisannuelles poussant en terrain sec sableux ou rocheux, dans des milieux à la fois dégagés et exposés. La plus grande diversité d’espèces se rencontre sur la plaine côtière atlantique. Le nom du genre a choisi par Kalm en 1751, en l’honneur du botaniste suédois Johan Leche, puis il a été adopté par Linné en 1753 dans la première édition de Species Plantarum (Britton, 1894). Comme le résume Hodgdon (1938), le genre a subi plusieurs révisions au XIXe siècle, mais la variabilité des plantes et l’utilisation de caractères diagnostiques souvent microscopiques ont abouti à de grands écarts entre les premières descriptions des espèces. La révision la plus récente et la plus complète du genre est celle de Hodgdon (1938), dont la délimitation des espèces est encore en usage aujourd’hui.

Malgré ce passé taxinomique plutôt confus, la léchéa maritime (Lechea maritima) est considérée comme distincte de toutes les autres espèces canadiennes de Lechea (David Lemke, auteur de la future section sur les Lechea dans Flora of North America, comm. pers.). La variété de léchéa maritime qui se rencontre autour du golfe Saint-Laurent (L. maritima var. subcylindrica) est la seule variété poussant certainement au Canada, et les mentions du L. maritima var. maritima pour le Québec et l’Ontario semblent erronées, comme il sera expliqué dans la section « Aire de répartition canadienne ». Par conséquent, même s’il fallait effectuer des travaux taxinomiques plus approfondis pour confirmer le caractère distinct de la variété subcylindrica, l’espèce L. maritima dans son ensemble constitue certainement une unité valide aux fins de l’évaluation de son statut par le COSEPAC.

Le Lechea maritima Leggett a d’abord été inclus dans le L. thymifolia Pursh, en 1814. Le L. maritima a également parfois été inclus dans le L. thymifolia Michaux, mais il convient de considérer ce nom comme un synonyme de l’actuel Lechea minor L. (Hodgdon, 1938). Dans sa flore de 1890, Gray désignait le L. maritima par le nom Lechea minor L. var. maritima A. Gray. Lorsque Britton a révisé le genre en 1894, il a établi le nom L. maritima Leggett pour le L. thymifolia Pursh. Hodgdon (1938) a décrit plusieurs variantes marquées de l’espèce, dont la variété subcylindrica, sur la foi de différences dans la forme et le degré de ramification de la panicule, les caractères des sépales et le nombre de graines. Le spécimen type de la variété subcylindrica a été récolté par S.F. Blake en 1913, sur l’île Portage, au Nouveau-Brunswick, et a été déposé à l’herbier Gray. Hodgdon a spécifiquement identifié chacun des spécimens canadiens alors connus, qui provenaient de 5 sites du Nouveau-Brunswick, et il les a tous rangés dans la variété subcylindrica. Par la suite, le caractère distinct du L. maritima var. subcylindrica Hodgdon n’a pas été étudié de façon particulière, mais Fernald (1950) et Kartesz (1999) ont conservé la variété, tandis que Gleason et Cronquist (1991) ont écrit qu’elle était « séparée par des différences mineures ». Hodgdon (1938) n’a examiné aucun spécimen provenant de l’Île-du-Prince-Édouard, mais les spécimens récoltés dans cette province au cours des dernières années appartiennent également à la variété subcylindrica, selon les caractères employés dans les clés d’identification (Catling et al., 1985; D.M. Mazerolle et C.S. Blaney, obs. pers.), sauf pour une certaine variation dans la forme de l’inflorescence.


Description morphologique

La description qui suit s’appuie sur les travaux de Hodgdon (1938), Barringer (2004), Fernald (1950), Gleason et Cronquist (1991) ainsi que Britton (1894). La figure 1 montre la plante poussant sur le terrain.


Figure 1 : Léchéa maritime (Lechea maritima), avec rosette de pousses basales et deux tiges florifères

Léchéa maritime (Lechea maritima)

À l’avant-plan, à droite : gesse maritime (Lathyrus japonicus) et ammophile à ligule courte (Ammophila breviligulata).

Le Lechea maritima var. subcylindrica est une plante herbacée vivace, basse, naissant d’une racine pivotante ligneuse pouvant atteindre 10 cm de longueur. Les tiges fructifères sont longues de (10) 20 à 35 cm, réclinées à dressées et très ramifiées. Les pousses basales sont couchées à réclinées, longues de 3 à 10 cm; elles prennent naissance sur la souche ligneuse de la plante et forment souvent une rosette. Les feuilles des pousses basales sont verticillées, serrées les unes contre les autres, épaisses, vert mat, lancéolées à elliptiques-lancéolées, longues de 5 à 12 mm et larges de 2 à 5 mm; la pubescence du dessus est très fine, tandis que celle du dessous est dense et blanche. Les feuilles des tiges sont étroitement elliptiques à étroitement oblancéolées, longues de 7 à 25 mm et larges de 1,2 à 4 mm, opposées ou verticillées (ou parfois subopposées dans le cas des feuilles inférieures); le dessus peut d’abord présenter une pubescence clairsemée, mais devient glabre à maturité, tandis que le dessous a une pubescence clairsemée. Les feuilles des rameaux sont alternes, plus courtes et proportionnellement plus étroites, souvent serrées les unes contre les autres, généralement persistantes. L’inflorescence est une panicule étroitement subcylindrique (d’où le nom de la variété), ramifiée principalement à partir du milieu de la tige. Les fleurs sont nombreuses, peu visibles, réunies en petits groupes denses axillaires ou terminaux renfermant chacun 3 à 6 fleurs, ou encore en grappes terminant de courts rameaux tertiaires naissant près de l’extrémité des rameaux secondaires. Chaque fleur est hermaphrodite, large de 2 à 4 mm, à ovaire supère. Les 3 pétales sont caducs, brun rougeâtre, généralement plus courts que les sépales. Le calice est persistant, sphérique ou légèrement déprimé, long de 2 mm ou un peu plus. Les organes floraux sont disposés de façon régulière, sauf les sépales, qui sont au nombre de 5 et disposés en 2 rangs distincts. Les 3 sépales intérieurs sont minces et membraneux, vaguement carénés, pubescents, ovés-elliptiques et subaigus, tandis que les 2 sépales extérieurs sont foliacés, étroitement lancéolés à linéaires, plus courts que les sépales intérieurs ou de la même longueur. Le nombre des étamines est variable, même parmi les fleurs d’un même individu, allant de 6 à 10 ou davantage. Le pistil comporte 3 stigmates frangés-plumeux, sessiles ou terminant un style très court. Le fruit est une capsule ovoïde ou sphérique, longue de 1,8 à 2,1 mm, généralement plus courte que le calice, et elle s’ouvre jusqu’à la base en 3 valves longitudinales. Chaque capsule renferme (3)4 à 5(6) graines, longues de 1 à 1,1 mm, brun clair mat, lisses, presque équilatérales, à surface dorsale convexe et à surface ventrale convexe ou carénée. Les graines sont dépourvues d’enveloppe membraneuse. L’embryon est mince, droit ou courbé, à peine discernable à travers l’albumen, qui est semi‑transparent.

La clé suivante, extraite de l’analyse du Lechea maritima effectuée par Hodgdon (1938), permet de distinguer la variété subcylindrica de la variété maritima. Une autre variété, la variété virginica, se rencontre dans les régions côtières du sud de la Virginie et du nord de la Caroline du Nord, et son caractère distinct a été confirmé par une étude récente (Sorrie et Weakley, 2007).

Panicules largement subcylindriques à largement subpyramidales, la plupart uniformément ramifiées approximativement à partir du milieu de la tige. Calice en général piriforme à obconique ou subsphérique (cunéiforme-obovoïde), long de 2 mm ou moins. Sépales extérieurs peu visibles, beaucoup plus courts que les intérieurs. Capsules renfermant 3 ou 4 graines (rarement 5). Aire de répartition s’étendant du Maine au Maryland.

var. maritima

Panicules étroitement subcylindriques, à ramification débutant généralement plus haut que le milieu de la tige. Calice sphérique ou légèrement déprimé, long de 2 mm ou un peu plus. Sépales extérieurs souvent bien visibles et parfois presque aussi longs que les intérieurs. Capsules renfermant 4 ou 5 graines (parfois 6). Plante présente uniquement au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, sur les côtes du golfe Saint-Laurent.

var. subcylindrica

Dans le cas de plusieurs espèces de Lechea,l’identification précise peut exiger qu’on examine à la loupe des spécimens matures pourvus de pousses basales. Les populations canadiennes du L. maritima sont géographiquement isolées des autres variétés du L. maritima, poussant aux États-Unis, et leur répartition ne chevauche que celle d’une autre espèce de Lechea, la léchéa intermédiaire (L. intermedia), qui est plus commune et qui a un habitat plus diversifié. Au Canada, le L. maritima et le L. intermedia peuvent pousser en étroite proximité, et les caractères qui permettent le mieux de les distinguer sont la pubescence des feuilles des pousses basales et la texture des graines. Chez le L. intermedia, les graines mûres sont distinctement réticulées, et le dessous des feuilles des pousses basales n’est pubescent qu’à la marge et sur la nervure principale. Chez le L. maritima var. subcylindrica, les graines sont lisses, et toute la surface inférieure des feuilles des pousses basales est pubescente.


Description génétique

David Lemke, auteur de la future section sur les Lechea dans Flora of North America, n’est au courant d’aucun dénombrement chromosomique ni d’aucune analyse génétique visant le L. maritima ou toute autre espèce de Lechea (Lemke, 2007, comm. pers. à Sean Blaney).


Unités désignables

Une seule unité désignable est reconnue, puisque toutes les populations canadiennes de l’espèce se trouvent à l’intérieur d’une seule des aires écologiques nationales reconnues par le COSEPAC, celle de l’Atlantique, où se trouve la totalité de l’aire de répartition de l’espèce au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Lechea maritima, au sens large, est présent depuis le Nouveau-Brunswick jusqu’à la Caroline du Nord, uniquement le long de la côte atlantique, sauf au Massachusetts et au New Hampshire, où l’espèce est présente jusqu’à environ 150 km à l’intérieur des terres. Malgré cette aire de répartition mondiale relativement restreinte, NatureServe (2007) a attribué au L. maritima la cote G5 (espèce répandue, non en péril). Kartesz (1999) écrit qu’il se fonde sur Hodgdon (1938) pour établir que le L. maritima var. maritima serait présent en Ontario et au Québec, mais aucune mention à cet effet ne figure dans Hodgdon (1938), et les deux signalements ne sont pas jugés valides par les botanistes du Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario (Michael Oldham, comm. pers.) et du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (Jacques Labrecque, comm. pers.).

La variété subcylindrica est endémique aux côtes du sud du golfe Saint-Laurent, où son aire de répartition est très restreinte, se limitant à la côte est du Nouveau‑Brunswick et à la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard (figure 2). Plus de 370 km séparent donc cette variété de la population la plus proche de la variété maritima, dans le centre-sud du Maine (Magee et Ahles, 1999). À l’Île-du-Prince-Édouard, presque toutes les populations se trouvent sur moins de 41 km de côte, le long des baies de Malpèque et de Cascumpec, une seule occurrence se trouvant 54 km plus à l’est. Au Nouveau-Brunswick, l’occurrence située le plus au nord et celle située le plus au sud sont séparées par une distance de 87 km en ligne droite, depuis la baie de Miramichi jusqu’à la dune de Bouctouche.


Figure 2 : Aire de répartition mondiale de la léchéa maritime

Aire de répartition mondiale de la léchéa maritime.


Aire de répartition canadienne

Si on considère les populations canadiennes comme une variété distincte, celles-ci sont endémiques aux côtes du sud du golfe Saint-Laurent et ne se rencontrent que sur les dunes des cordons littoraux de la côte est du Nouveau-Brunswick et de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard (figure 3). À l’Île-du-Prince-Édouard, presque tous les individus se trouvent sur un tronçon de côte de 41 km réparti entre les baies de Malpèque et de Cascumpec, une seule occurrence se trouvant 54 km plus à l’est. Au Nouveau-Brunswick, l’occurrence située le plus au nord et celle située le plus au sud sont séparées par une distance de 87 km en ligne droite, depuis la baie de Miramichi jusqu’à la dune de Bouctouche.


Figure 3 : Sites abritant les populations canadiennes du Lechea maritima et sites potentiels non occupés ayant fait l’objet de relevés dans le cadre de travaux de terrain de 2003 à 2006 pour le Centre de données sur la conservation du Canada atlantique et pour l’Éco-centre Irving

Sites abritant les populations canadiennes du Lechea maritima et sites potentiels non occupés ayant fait l’objet de relevés dans le cadre de travaux de terrain de 2003 à 2006 pour le Centre de données sur la conservation du Canada atlantique et pour l’Éco-centre Irving.

Les numéros correspondent à ceux du tableau 1.

Jusqu’à présent, l’espèce a été observée au Canada dans 11 systèmes dunaires, répartis entre cinq régions. Ces observations permettent de distinguer en tout 15populations, chacune séparée de toute autre occurrence par au moins 1 kilomètre d’un habitat ne convenant pas à l’espèce. À l’intérieur de chaque région, chaque population est séparée de toute autre occurrence par au maximum 7 km (cas des 2 populations de la dune de Bouctouche), tandis que chacune des régions est séparée de toute autre région d’occurrence par au moins 19 km. On trouvera au tableau 1 une liste des populations, avec la région et le système dunaire auxquels chacune est associée. On peut estimer que les 4 populations se trouvant sur les quelque 21 km du système de cordons littoraux de Kouchibouguac-Richibouctou, au Nouveau-Brunswick, réunissent environ 66 p. 100 de l’effectif canadien de l’espèce. Le système de cordons littoraux des baies de Cascumpec et de Malpèque, à l’Île-du-Prince-Édouard, constitue une autre région d’occurrence importante, s’étendant sur environ 41 km et réunissant 7 populations connues.

 

Tableau 1 : Sites ayant fait l’objet de relevés quant à la présence de populations de léchéa maritime
SitePrésenceRégionSystème dunaire
1. Île Portage, NBXBaie de MiramichiÎle Portage
2. Île Fox, NBXBaie de MiramichiÎle Fox
3. Dune Kouchibouguac-Sud, NBXKouchibouguac-RichibouctouKouchibouguac-Sud
4. Dune Richibouctou-Nord, NBXKouchibouguac-RichibouctouRichibouctou-Nord
5. Île Richibouctou-Sud, NBXKouchibouguac-RichibouctouRichibouctou-Sud
6. Dune Richibouctou-Sud, NBXKouchibouguac-RichibouctouRichibouctou-Sud
7. Dune de Bouctouche, partie nord, NBXBouctoucheBouctouche
8. Dune de Bouctouche, partie sud, NBXBouctoucheBouctouche
9. Dunes Cascumpec Sandhills, PEXBaies de Cascumpec et de MalpèqueCascumpec Sandhills
10. Dunes Conway Sandhills, partie nord, PEXBaies de Cascumpec et de MalpèqueConway Sandhills
12. Dunes Conway Sandhills, partie sud, PEXBaies de Cascumpec et de MalpèqueConway Sandhills
13. Île Hog, partie nord, PEXBaies de Cascumpec et de MalpèqueÎle Hog
14. Île Hog, partie sud, PEXBaies de Cascumpec et de MalpèqueÎle Hog
15. Parc provincial Cabot Beach, PEXBaies de Cascumpec et de MalpèqueCabot Beach –Darnley
16. Blooming Point, PEXBaie de TracadieBlooming Point
17. Grande Plaine, NB   
18. Phare Chiasson, NB   
19. Île au Cheval, NB   
20. Dune de Néguac, NB   
21. Plage Preston, NB   
22. Plages d’Escuminac, NB   
23. Dune Kouchibouguac-Nord, NB   
24. Plages de Chockpish, NB   
25. Île de Cocagne, NB   
26. Île de Shédiac – Grande Digue, NB   
27. Cap-Brûlé – Cap-Bimet, NB   
28. Parc de l’Aboiteau, NB   
29. Plage Grants, NB   
30. Réserve nationale de faune du Cap-Jourimain, NB   
31. Cedar Dunes, PE   
32. Étangs Campbells et Cousins, PE   
33. Plage de Cavendish, PE   
34. Île Rustico, PE   
35. Plage de Brackley, PE   
36. Deroche, PE   
37. Crowbush, PE   
38. Cap Cable Head, PE   
39. Lac Black Pond, PE   
40. Cap Basin Head, PE   
41. South Lake, PE   

En cas de présence, la région et le système dunaire sont également indiqués. La position des sites est indiquée sur la carte de la figure 3. Il n’y a pas de site 11, car l’ancien site 11 a été combiné au site 10.

La zone d’occurrence a une superficie de 176 km2, si on la calcule à partir des distances séparant d’une part les populations du Nouveau-Brunswick situées le plus au nord et le plus au sud et d’autre part les populations de l’Île-du-Prince-Édouard situées le plus à l’ouest et le plus à l’est. Si on utilise une grille à mailles de 1 km, la zone d’occupation est de 71 km2. Si on utilise une grille à mailles de 2 km sur 2 km, 38 quadrilatères sont occupés par l’espèce, ce qui donne une zone d’occupation de 152 km2. La superficie terrestre réellement occupée par les plantes est cependant inférieure à 5 km2.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Au Canada, le Lechea maritima est une espèce strictement côtière, poussant dans de grands systèmes dunaires relativement stabilisés. L’espèce se rencontre généralement en terrain dégagé, sur substrat sableux, pratiquement dépourvu d’horizons pédologiques développés, à humidité limitée et à faible teneur en éléments nutritifs. L’espèce ne semble pas tolérer les conditions caractérisant les dunes très mobiles. La plupart des populations connues se trouvent dans des sites qui ne sont pratiquement jamais inondés par la mer et qui fournissent une protection partielle contre les vents du large, les embruns salés et les dépôts de sable dus aux tempêtes. Il s’agit souvent du versant intérieur d’avant-dunes, de crêtes de dunes secondaires stabilisées ou de terrains secs vallonnés ou plats interdunaires ou associés aux arrière-dunes. L’habitat se distingue souvent par la présence d’arbustes bas, particulièrement la hudsonie tomenteuse (Hudsonia tomentosa) et le raisin-d’ours (Arctostaphylos uva-ursi), qui ont souvent une couverture supérieure à 40 p. 100, alors que les secteurs voisins sont plutôt dominés par une graminée, l’ammophile à ligule courte (Ammophila breviligulata), qui tolère davantage la perturbation. Les travaux de terrain ont révélé que l’association entre léchéa maritime et hudsonie tomenteuse est particulièrement forte. En effet, dans la plupart des populations, presque tous les individus de léchéa maritime poussaient avec la hudsonie tomenteuse ou à proximité, et cet arbuste bas formait des colonies localement dominantes et parfois étendues. La strate herbacée des sites était généralement clairsemée et composée d’ammophile à ligule courte ainsi que d’espèces telles que le carex silicicole (Carex silicea), le carex à fruits glabres (Carex tonsa), la gesse maritime (Lathyrus japonicus), l’aster de Nouvelle-Belgique (Symphyotrichum novi-belgii), le jonc de la Baltique (Juncus balticus) et la verge d’or toujours verte (Solidago sempervirens). La couverture lichénique était souvent appréciable.

Sur les îles Portage et Fox de la baie de Miramichi, au Nouveau-Brunswick, l’habitat de la léchéa maritime est différent. L’espèce y pousse sur de vieilles dunes situées assez loin de la côte, dans une forêt clairsemée dominée par le pin gris (Pinus banksiana) et le pin rouge (Pinus resinosa), accompagnés du pin blanc (Pinus strobus), du bouleau gris (Betula populifolia) et du peuplier faux-tremble (Populus tremuloides), avec couverture basse de hudsonie tomenteuse, de raisin d’ours et de lichens. Dans ces deux sites, les populations sont plus petites que dans les autres sites du Nouveau-Brunswick. De plus, comme l’espèce y pousse uniquement dans les endroits les plus dégagés de la forêt, il semble que cet habitat ne soit pas optimal, car le couvert arborescent, avec son ombrage partiel, tend à éliminer l’espèce par compétition.

Une telle compétition était également manifeste à l’île Hog, à l’Île-du-Prince-Édouard, où de vastes secteurs sont dominés par une couverture dense de corème de Conrad (Corema conradii) et de raisin d’ours. Ces secteurs semblent correspondre à un stade plus avancé de la succession, étant situés sur des dunes particulièrement vieilles ou stables par rapport à celles des autres sites. Dans ces secteurs, la hudsonie tomenteuse, espèce associée à la léchéa maritime, était restreinte aux marges des percées occasionnellement présentes dans la communauté de corème, tandis que la léchéa maritime était entièrement absente. Par ailleurs, dans quelques sites, la présence d’une perturbation modérée semblait avoir favorisé la germination des graines de léchéa maritime. À l’île Hog, un couloir interdunaire qui semblait avoir subi un épisode unique d’inondation de tempête environ deux ans avant notre visite abritait des milliers d’individus minuscules, mais fertiles, de léchéa maritime. De même, à l’île Fox, les bords d’une piste de véhicules tout-terrain (VTT) peu fréquentée traversant une dune boisée abritaient des douzaines de petits individus. Cependant, il est encore difficile d’évaluer la capacité de ces petits individus à survivre dans de tels milieux ainsi que leur importance pour la persistance de l’espèce.


Tendances en matière d’habitat

Les zones côtières sont des paysages dynamiques, dont les éléments se modifient et se déplacent avec le temps en réaction à des processus à long terme, tels que la compensation isostatique et la hausse mondiale du niveau de la mer (Forbes et al., 2006), ainsi qu’à des phénomènes à court terme, comme l’action des vagues et les inondations de tempête (O’Carroll et al., 2006). La tendance actuellement observée le long du détroit de Northumberland est le fruit d’une interaction entre la hausse mondiale du niveau de la mer (due à la fonte des glaces et à l’expansion thermique des eaux) et la subsidence régionale des terres (à la suite du relèvement postglaciaire initial). À ce recul littoral peuvent s’ajouter d’autres facteurs ayant un puissant effet, comme l’augmentation possible de la fréquence des fortes tempêtes et la diminution prévue de la superficie des glaces qui réduisent actuellement l’effet des tempêtes durant l’hiver (Parkes et al., 2006).

Dans chaque localité, le régime d’érosion, de transport et de dépôt de sédiments résultant de ces processus complexes dépend du bilan local de sédimentation, de la composition et de la hauteur des éléments actuels du relief côtier (falaises, dunes, etc.), de la pente, de l’orientation ou du degré d’exposition à l’action des vagues, du fetch, de la largeur de la zone de brisants, de l’étendue des structures de protection des rives ainsi que de la nature (profondeur, courants, etc.) des milieux marins environnants (O’Carroll et al., 2006). Dans le cas de systèmes dunaires, le résultat global des phénomènes d’érosion et de dépôt peut avoir plusieurs formes : migration des dunes vers l’intérieur des terres, comblement ou apparition de percées, inondation, destruction suivie d’une reconstitution, réduction globale ou élimination du système dunaire, ou remaniement par accroissement de certains éléments et réduction d’autres éléments (O’Carroll et al., 2006).

L’augmentation récente de la fréquence des fortes tempêtes, peut-être due aux changements climatiques d’origine humaine, a déjà eu un effet sur les dunes littorales abritant les populations canadiennes de léchéa maritime, en accroissant l’étendue des zones inondées, érodées ou percées (Environnement Canada, 2006). Une étude de l’évolution des milieux côtiers du sud-est du Nouveau-Brunswick, juste au sud des occurrences de la léchéa maritime, a permis de constater une réduction nette de la superficie totale de plages et de dunes de 1944 à 2001 (O’Carroll et al., 2006a). De fortes tempêtes ont provoqué l’apparition de percées et éliminé, dans certains secteurs très touchés, toute végétation et tout relief important. Environ 25 p. 100 de la population de la section nord de la dune de Bouctouche a été touchée par des inondations récentes, et une partie de ces 25 p. 100 de la population est déjà disparue (D.M. Mazerolle, obs. pers.). Les données actuelles ne permettent pas d’évaluer l’effet de ces facteurs sur les autres sites, mais plusieurs sections du système de cordons littoraux de Kouchibouguac, y compris les dunes Kouchibouguac-Sud, Richibouctou-Nord et Richibouctou-Sud, ont été grandement altérées au cours des dernières années (D.M. Mazerolle, obs. pers.).

Dans la plupart des sites autres que ceux mentionnés plus haut, l’habitat de la léchéa maritime n’a probablement pas subi un tel effet des tempêtes, parce que les avant-dunes y sont plus hautes. Par conséquent, l’effet des changements climatiques constitue avant tout une menace future pour l’habitat. Les changements climatiques à venir et l’accélération de la hausse du niveau de la mer combinés avec la subsidence natuelle des terres devraient exacerber les effets des autres facteurs sur les milieux côtiers et notamment augmenter les risques d’inondation massive et de percée, ce qui aboutirait à une déstabilisation des dunes et à leur migration rapide vers l’intérieur de terres (Shaw et al., 2001; O’Carroll et al., 2006a). Il est normal que l’habitat soit modifié par la perturbation due aux tempêtes dans des milieux côtiers tels que les dunes de cordon littoral, mais une augmentation de la fréquence et de la gravité de cette perturbation pourrait transformer l’habitat actuel de la léchéa maritime en dunes dénudées ou peuplées d’ammophile à ligule courte, qui conviennent beaucoup moins à la léchéa maritime. Cette question sera abordée de manière plus détaillée dans la section « Facteurs limitatifs et menaces ».

Si on fait abstraction des effets des tempêtes mentionnés plus haut, les changements quantitatifs et qualitatifs subis par l’habitat de l’espèce dans les sites où elle est présente sont demeurés relativement peu importants au cours des trois dernières générations de léchéa maritime (durée estimative totale de 24 à 30 années). La succession végétale est peut-être en train de provoquer un déclin dans les sites de l’île Fox et de l’île Portage, qui sont les seuls où l’espèce pousse sous couvert arborescent. Des habitants de la région affirment que l’île Portage est devenue beaucoup plus boisée au cours des 40 dernières années, et il en est sans doute de même pour l’île Fox. Les populations présentes sur ces deux îles sont relativement petites et pourraient finir par disparaître.

Au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, les zones côtières ont connu un aménagement foncier considérable vers la fin du XXe siècle (Ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick, 2002;Department of Agriculture and Forestry de l’Île-du-Prince-Édouard, 2003), ce qui a entraîné une perte d’habitat et une fragmentation de l’habitat (Stewart et al., 2003). De nombreux sites potentiels visités dans le cadre des travaux sur le terrain avaient été altérés par la construction de routes, de maisons, de chalets, de trottoirs de bois ou de rampes d’accès. Ces travaux ont cependant eu peu d’effet direct sur les populations connues de léchéa maritime, et les lignes directrices actuelles en matière de gestion et d’aménagement fonciers limiteront sans doute l’effet direct des projets futurs.

La modification des rives, si elle les rend plus résistantes à l’érosion ou altère le régime des courants, peut avoir un effet indirect sur l’habitat de la léchéa maritime, en faisant obstacle au transport de sable le long de la côte. En effet, une telle modification peut aboutir à un bilan de sédiments négatif pour certaines plages et certaines dunes (Stewart et al., 2003), dont l’effet risque d’être exacerbé par la hausse du niveau de la mer. De plus, l’aménagement foncier peut accroître la circulation piétonnière et les activités récréatives telles que l’utilisation de VTT. Sur la dune Richibouctou-Sud, une altération appréciable de l’habitat de la léchéa maritime a été causée par le passage des VTT, car plusieurs pistes très érodées traversaient des colonies de léchéa, éliminant la végétation de certains secteurs et provoquant parfois des creux de déflation. Plusieurs autres populations (notamment celles de la dune de Bouctouche, du parc national Kouchibouguac et du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard) sont situées dans des secteurs très recherchés, en été, pour les activités récréatives, et des dégâts mineurs dus au piétinement ont été remarqués dans les deux premiers sites.


Protection et propriété

Cinq des populations se trouvent sur des terres fédérales. Au Nouveau-Brunswick, les sites de la dune Kouchibouguac-Sud et de la dune Richibouctou-Nord sont situés dans le parc national Kouchibouguac, tandis que le site de l’île Portage est situé dans la Réserve nationale de faune de l’Île-Portage. À l’Île-du-Prince-Édouard, la population de Blooming Point est située dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, tandis que les deux populations de l’île Hog sont situées sur des terres fédérales détenues en fiducie pour la Première Nation de Lennox Island.

Les deux populations de la dune de Bouctouche sont situées sur des terres privées appartenant à la société forestière J.D. Irving Ltd. Cette flèche de sable de 10 km est actuellement désignée aux termes du programme d’aires exceptionnelles de la société Irving et comporte un centre d’interprétation axé sur l’écologie côtière ainsi qu’un trottoir de bois de 2 km ouvert au public depuis 1997. La société Irving se réserve le droit de modifier l’aménagement de ses aires exceptionnelles. Cependant, comme le site jouit d’une grande visibilité publique, il est peu probable que la protection accordée à la dune de Bouctouche soit modifiée dans un avenir prévisible.

À l’Île-du-Prince-Édouard, la population du parc provincial Cabot Beach et la plupart des individus des deux populations des dunes Conway Sandhills (dont une minorité d’individus poussent peut-être sur une petite parcelle privée) sont situés sur des terres appartenant à la province. Les parcs provinciaux de l’Île-du-Prince-Édouard sont gérés par le Department of Tourism, souvent sans grande considération pour la diversité biologique, mais les dunes du parc Cabot Beach sont également désignées comme aire naturelle (Natural Area) provinciale par le Department of Environment, Energy and Forestry, en vertu de la Natural Areas Protection Act, et cette désignation interdit les activités nuisibles à la dune.

Les autres populations, celles de l’île Fox, de la dune Richibouctou-Sud et de l’île Richibouctou, au Nouveau-Brunswick, et celle des dunes Cascumpec Sandhills, à l’Île-du-Prince-Édouard, sont situées sur des terres privées. Les sites de toutes les populations, y compris ceux situés sur des terres privées, sont théoriquement protégés par les lois provinciales régissant l’aménagement des zones côtières. La Loi sur les actes d’intrusion du Nouveau-Brunswick, administrée par le ministère de la Justice, interdit l’utilisation de véhicules à moteur et la construction de routes sur les dunes, mais elle est difficile à faire respecter. La récente Politique de protection des zones côtières pour le Nouveau-Brunswick limite la plupart des types d’aménagement des dunes, mais elle permet la construction de structures d’accès et de certains types d’habitation ou autres structures dans la zone tampon de 30 m voisine des dunes. À l’Île-du-Prince-Édouard, le paragraphe 40(1) du Subdivision Development Regulations pris en vertu de la Planning Act interdit à quiconque d’aménager ou de construire une route sur les dunes primaires ou secondaires ou les dunes formant un poulier à l’entrée de la baie. L’ensemble de ce poulier représente tous les milieux propices au Lechea à l’Île-du-Prince-Édouard qui sont, par conséquent, protégés contre l’aménagement.L’Environmental Protection Act de l’Île-du-Prince-Édouard exige que tout projet d’aménagement voisin des dunes fasse l’objet d’une étude d’impact et interdit tout passage de véhicules pouvant interférer avec la succession naturelle des dunes.

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Biologie

Très peu d’études ont porté sur la biologie de reproduction de l’une ou l’autre espèce de la famille des Cistacées, et il existe peu de données portant spécifiquement sur la biologie du Lechea maritima var. subcylindrica ou de l’espèce Lechea maritima dans son ensemble. La plus grande partie de l’information exposée dans le présent rapport vise donc l’ensemble de la famille ou du genre, laquelle information a été complétée par des observations faites sur le terrain.


Cycle vital et reproduction

La léchéa maritime est une plante herbacée basse produisant surtout des tiges fructifères dressées et des pousses basales couchées, à partir d’une racine pivotante ligneuse. L’espèce se reproduit au moyen de graines, fleurit du milieu à la fin de l’été et produit des fruits vers le début de l’automne. Les fleurs demeurent ouvertes peu de temps (Hodgdon, 1938; Fernald, 1950), généralement par temps ensoleillé (Britton, 1894). Les fleurs sont brun rougeâtre, hermaphrodites, réunies en panicules (Hodgdon, 1938). Les étamines commencent par devenir exsertes, puis libèrent leur pollen une fois que l’ovaire a atteint la taille des sépales et que les trois stigmates rouges plumeux sont réceptifs (Barringer, 2004). Divers régimes de pollinisation et de reproduction ont été signalés chez les Cistacées, dont l’allogamie obligée, l’autogamie et la cléistogamie (Talavera et al., 1992), et la présence de fleurs cléistogames rudimentaires a déjà été observée chez le genre Lechea (Herrera, 1992; Nandi, 1998). Kearney (1901) a estimé que le Lechea maritima se reproduit par autofécondation. Cependant, si Hodgdon (1938) a raison d’affirmer que l’hybridation est fréquente entre les espèces de ce genre, il faut supposer que l’allogamie est possible dans une certaine mesure. Les petites fleurs à pétales rouges sembleraient convenir à la pollinisation par de petites espèces de diptères ou de lépidoptères, mais la morphologie des fleurs (étamines exsertes et stigmates plumeux), la préférence de la plante pour un habitat dégagé et l’absence apparente de nectar semblent plutôt indiquer que la pollinisation serait effectuée par le vent (Barringer, 2004).

Les pousses basales apparaissent après la floraison, vers la fin de l’été ou au début de l’automne, et leurs feuilles se développent entièrement dès l’automne (Britton, 1894). Après avoir survécu à l’hiver, ces pousses meurent durant le printemps ou l’été suivant ou produisent à leur extrémité des tiges fructifères dressées (Barringer, 2004). Les tiges fructifères demeurent souvent dressées jusqu’au printemps suivant, ce qui permet sans doute au vent de disperser les graines sur la neige ou la glace. En 2007, de vieilles tiges fructifères portaient encore des graines à la mi-février.

Il existe peu de données sur la longévité des léchéas, mais Hodgdon (1938) a remarqué que les plantes poussant à la limite nord de l’aire de répartition avaient plus tendance à être bisannuelles et qu’il leur arrivait de peu fructifier la première année. On a observé à quelques reprises des individus de léchéa maritime de très petite taille produisant un nombre limité de fleurs, apparemment au cours des deux années suivant la germination (C.S. Blaney, obs. pers., île Fox et île Hog, 2005). La racine pivotante de ces plantes mesurait à peine 1 mm de diamètre et ne produisait aucune pousse basale, alors que chez les plantes plus grandes qu’on trouve habituellement la racine est épaisse (plus de 5 mm) et ligneuse et produit une dense rosette de pousses basales. On peut donc supposer que ces plantes plus grandes ont beaucoup plus de deux ans, et la durée de génération de l’espèce (âge moyen de reproduction) est sans doute d’au moins 8 à 10 ans.


Herbivores

Aucun signe de consommation importante par les animaux n’a été observé durant les travaux sur le terrain, et aucun cas d’herbivorie n’est mentionné dans les publications pertinentes. Le site de certaines populations a déjà été employé comme pâturage, et la léchéa maritime a pu avoir subi un broutage à cette époque.


Dispersion

Chez le genre Lechea, les graines sont sans doute dispersées lorsque le vent ou les précipitations agitent les branches de la plante, puisque ce phénomène a été observé chez d’autres genres de la famille des Cistacées (voir, entre autres, Talavera et al., 1992). Dans le cadre d’une étude sur la dispersion des graines de certaines espèces de Cistus, Bastida et Talavera (2002) ont constaté que la densité de graines dans le sol atteignait un maximum sous les plantes elles-mêmes, ce qui laisse penser que les graines sont principalement dispersées à de très courtes distances. Selon Thanos et al. (1992), les Cistacées ne semblent posséder aucun mécanisme spécialisé de dispersion des graines, et celles-ci restent sans doute à proximité de la plante mère. Il est cependant possible que les graines soient transportées sur de plus grandes distances par l’eau ou les forts vents, particulièrement sur la glace ou la neige. On a déjà observé que les tiges, qui demeurent souvent dressées pendant toute l’année suivant la floraison, pouvaient conserver des graines jusqu’à la mi-février. Aucun cas de dispersion par des animaux n’est mentionné dans les publications consultées pour le présent rapport, mais il est possible que des graines mouillées adhèrent, avec le sable, au pelage, aux plumes ou aux pattes de certains animaux.


Relations interspécifiques

Des études révèlent que la plupart des Cistacées ont des relations symbiotiques avec des champignons mycorhiziens spécifiques ou non spécifiques (Giovannetti et Fontana, 1982; Malloch et Thorn, 1985; Comandini et al., 2006). Malloch et Thorn (1985) ont étudié les genres nord-américains à cet égard et ont pu confirmer que certaines espèces des genres Lechea et Hudsonia présentent des signes d’ectomycorhizes dont le mycobionte n’a pas encore été identifié. En général, ces relations sont très bénéfiques pour la plante hôte, car elles facilitent le transport de l’eau et l’absorption des éléments nutritifs à partir du sol tout en augmentant la résistance de la plante à la sécheresse et aux pathogènes transmis par la terre, ce qui accroît sa capacité à supporter les conditions difficiles, telles que celles caractérisant les dunes. On ne sait pas exactement si l’absence de champignons compatibles est un facteur limitatif pour la répartition de la léchéa maritime. À cet égard, il est intéressant de se demander si le mycobionte des mycorhizes du Hudsonia tomentosa ne serait pas le Leccinum arenicola, champignon décrit pour la première fois à partir de spécimens provenant des dunes côtières du Nouveau-Brunswick (Redhead et Watling, 1979). Si les populations canadiennes du Lechea maritima et du H. tomentosa établissent des relations mycorhiziennes avec la même espèce de champignon, cela pourrait expliquer que les deux plantes poussent si souvent en association.

À partir d’observations faites sur le terrain et d’une analyse morphologique de spécimens d’herbier, Hodgdon (1938) a avancé que le Lechea maritima peut occasionnellement s’hybrider avec le L. villosa, le L. minor et le L. intermedia. Cependant, Hodgdon (1938) et David Lemke (comm. pers.), auteur de la future section sur les Lechea dans Flora of North America, estiment tous deux que ces espèces sont valides. L’aire de répartition du L. maritima ne chevauche que celle du L. intermedia, qui se rencontre également au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, dans une variété d’habitats secs et perturbés. Les deux espèces ont été observées assez près l’une de l’autre dans trois des sites, mais aucun hybride n’a été détecté durant les relevés sur le terrain, et les deux espèces demeuraient nettement distinctes, tant sur le plan morphologique que sur le plan écologique.


Physiologie et adaptabilité

Chez le Lechea maritima, comme chez la plupart des Cistacées, la majorité des graines formant le réservoir de semences du sol possèdent généralement un tégument dur et imperméable, et seulement une petite proportion des graines peuvent germer à court terme (Thanos et al., 1992). Les graines peuvent donc rester longtemps en dormance, jusqu’à ce qu’elles subissent une scarification créant des ouvertures dans le tégument, ce qui permet l’absorption d’eau et la germination. Avec la petite taille des graines, qui favorise leur pénétration et leur accumulation dans le sol (Fenner, 1985), et avec la vaste gamme de conditions de lumière et de température permettant leur germination (Thanos et al., 1992), ce type de dormance primaire des graines fait partie d’une stratégie adaptative qui permet à l’espèce de persister dans un environnement difficile et de recoloniser efficacement les terrains gravement perturbés. Ces caractéristiques font que l’espèce est bien adaptée aux habitats dunaires, exposés à la fois aux inondations de tempête et à de graves sécheresses. Des essais ont révélé que les graines de Lechea maritima ont au départ un faible taux de germination (6 p. 100), mais qu’elles peuvent atteindre un taux de germination élevé (75 p. 100) une fois scarifiées (Thanos et al., 1992).

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

De 2003 à 2006, toutes les populations connues ont fait l’objet de relevés, mais certaines portions de plusieurs sites n’ont pas été visitées. De plus, des relevés ont été effectués dans 25 sites potentiels, pour la préparation du présent rapport ainsi que dans le cadre de travaux sur le terrain réalisés pour le Centre d’information sur la conservation du Canada atlantique et pour l’Éco-centre Irving de la Dune de Bouctouche (figure 3). Jusqu’à présent, les relevés ont porté sur une vaste gamme d’habitats dunaires, mais tout particulièrement sur les grands systèmes dunaires stabilisés bordant la côte est du Nouveau-Brunswick et la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard. Au Nouveau-Brunswick, les activités de recherche ont été approfondies et ont visé presque tout l’habitat potentiel de l’espèce. Les dunes qui n’ont pas été visitées, dans le nord-est du Nouveau-Brunswick, sont des dunes littorales étroites, relativement peu stabilisées et donc moins aptes à abriter l’espèce. L’information disponible peut donc être considérée comme une représentation fiable de la répartition de l’espèce dans la province. À l’Île-du-Prince-Édouard, les systèmes dunaires les plus grands et les plus stables ont fait l’objet de relevés, mais de nombreuses dunes plus petites n’ont pas été visitées. Il subsiste donc une faible probabilité que d’autres occurrences restent à découvrir dans cette province.

Il a été avancé que l’espèce pourrait être présente aux îles de la Madeleine, au Québec, où les milieux côtiers présentent de nombreuses similarités avec ceux de l’Île-du-Prince-Édouard et de l’est du Nouveau-Brunswick. Cependant, les îles de la Madeleine ont fait l’objet de nombreux relevés réalisés par les botanistes. En Nouvelle-Écosse, peu de milieux pourraient convenir au L. maritima. Les dunes situées sur la côte nord de la partie continentale de cette province ou ailleurs en Nouvelle-Écosse ne sont généralement pas aussi développées que celles du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard et devraient donc moins convenir à l’espèce. D’ailleurs, le Hudsonia tomentosa, qui est l’espèce la plus étroitement associée à la présence duL. maritima, ne se rencontre en Nouvelle-Écosse que dans deux systèmes dunaires, situés près d’Antigonish. Aucun relevé n’a été effectué dans les dunes de Nouvelle-Écosse, mais les spécimens de L. intermedia qui se trouvent dans les principaux herbiers de Nouvelle-Écosse et qui pourraient provenir de dunes ont été examinés, et, parmi eux, aucun spécimen de L. maritiman’a été trouvé.


Abondance

Au Canada, l’effectif total du Lecheamaritima peut être estimé à au moins 181 000 individus. Il s’agit d’une estimation grossière, et sans doute plutôt prudente, puisque des portions d’habitat potentiel situées à proximité des sites connus n’ont pas été examinées et qu’il est difficile de dénombrer tous les individus des populations les plus étendues. On trouvera au tableau 2 une liste des populations canadiennes, avec une estimation de leur effectif ainsi que des précisions sur leurs première et dernière observations. L’effectif des populations du Nouveau-Brunswick est très variable, allant de quelques colonies dispersées, dans le cas des populations les plus au nord, dans les îles Portage et Fox, à des populations plus denses et beaucoup plus étendues, comptant des dizaines de milliers d’individus, dans le système dunaire Kouchibouguac-Richibouctou. Les quatre populations présentes dans ce système représentent environ 65 p. 100 de l’effectif total. Les populations de l’Île-du-Prince-Édouard sont de taille plus uniforme, sauf la plus grande, celle de la section sud de l’île Hog, dont l’effectif est estimé à 35 500 individus.

 

Tableau 2 : Effectif, superficie et longueur d’occurrence de chacune des populations canadiennes de léchéa maritime, avec précisions sur les première et dernière observations
SiteNom du site et provinceEffectifSuperficieNote de bas de page a, longueur d’occurrence et notesPremière (P) et dernière (D) observations
1Île Portage, NB250-500Population observée répartie en 5 colonies, dont une presque continue sur 0,15 km, les autres très petites; dispersée sur 3 km. Note : Plantes plus difficiles à repérer, en forêt, et donc probablement plus nombreuses, mais certainement peu communes.

P : Blake. 1913

D : Blaney et al.. 2004

2Île Fox, NB~220Population observée occupant 1 375 m2, discontinue sur 0,28 km + occurrence isolée. Note : Les 4,3 km du sud de l’île, qui ne conviennent pas à l’espèce, n’ont fait l’objet d’aucune étude.

P : J. Fowler. 1892

D : Blaney et Goltz. 2005

3Dune Kouchibouguac-Sud, NB>50 000Population observée occupant 280 000 m2, presque continue sur 4 km

P : Blake. 1913

D : Mazerolle. 2004

4Dune Richibouctou-Nord, NB>50 000Population occupant 210 900 m2, presque continue sur 7,5 km

P : Mazerolle. 2002

D : Mazerolle. 2004

5Île Richibouctou-Sud, NB>10 000Population observée occupant 125 000 m2, presque continue sur 1,3 km

P : Blake. 1913

D : Mazerolle. 2005

6Dune Richibouctou-Sud, NB~8 000Population observée occupant 16 000 m2, presque continue sur 4 km

P : Blake. 1913

D : Mazerolle. 2004

7

Dune de Bouctouche

(partie nord), NB

~5 000Population observée occupant 55 000 m2, presque continue sur 1 kmP : Marie-Victorin. 1932 (partie N ou S, non spécifié); D : Mazerolle. 2004
8

Dune de Bouctouche

(partie sud), NB

~5 000Population observée occupant 110 000 m2, presque continue sur 3 km

P : Mazerolle. 2003

D : Mazerolle. 2004

9Cascumpec Sandhills, PE~250Population discontinue sur 0,06 km. Note : Les 3,3 km du nord de l’île, qui ne conviennent pas à l’espèce, n’ont fait l’objet d’aucune étude.P et D : Blaney. 2005
10

Conway Sandhills

(partie nord), PE

~5 000Population discontinue sur 4,9 km et presque continue sur 1,5 km. Note : Un tronçon de 2,8 km, qui abrite probablement l’espèce, n’a fait l’objet d’aucune étude.

P : Blaney. 2003

D : Blaney et Curley. 2005

11

Conway Sandhills

(partie sud), PE

>3 500Population presque continue sur 1,5 kmP et D : Mazerolle et Curley. 2006
12Île Hog (partie nord), PE~740Population discontinue sur 1 km. Note : Les 3,2 km du nord de l’île, qui abritent probablement l’espèce, n’ont pas été étudiés.P et D : Blaney, Mazerolle et Curley. 2006
13Île Hog (partie sud), PE35 500+Population continue sur 1,1 km + 0,7 km. Note : L’effectif indiqué comprend une occurrence très dense d’individus jeunes, mais reproducteurs; les 2 km du nord de l’île, qui abritent probablement l’espèce, n’ont fait l’objet d’aucune étude.

P : P.M. Catling et al..1984

D : Blaney et Curley. 2005

14Parc provincial Cabot Beach, PE~1 500Population presque continue sur 0,18 km + discontinue sur 0,16 km

P : Vander Kloet. 2005

D : Blaney et Mazerolle. 2006

15Blooming Point, PE~6 000Population continue sur 0,4 kmP et D : Mazerolle. 2006

Effectif estimatif total (nombre d’individus) : 181 000 +

Les numéros des sites correspondent à ceux employés dans la figure 3.

Notes de bas de page

Notes de bas de page A

La superficie, lorsqu’elle est indiquée, correspond à la somme des superficies estimatives occupées par les colonies réellement observées.

Retour à la référence de la note de bas de page a


Fluctuations et tendances

Les données recueillies avant 2003 ne sont pas assez détaillées pour qu’on puisse déterminer si les populations ont connu un accroissement ou un déclin. Dans les publications consultées, on ne trouve aucune mention de fluctuations d’effectif importantes dans les populations de Lechea maritima. Le groupe dense de quelque 20 000 jeunes individus d’âge uniforme, apparemment apparu à la suite d’une perturbation ponctuelle dans la section sud de l’île Hog, ainsi que des observations semblables visant le L. intermedia (C.S. Blaney, obs. pers.) semblent indiquer que des fluctuations peuvent survenir sur plusieurs années. Cependant, si on fait abstraction de ces cas isolés, il semble que l’effectif total a été stable au cours des trois dernières générations (de 24 à 30 années). Les populations correspondant aux cinq mentions anciennes (île Portage, île Fox, Kouchibouguac, Richibouctou-Sud et Bouctouche), découvertes de 1892 à 1932, sont toutes encore existantes, tout comme la population découverte en 1984, par P.M. Catling et al., dans la partie sud de l’île Hog. Dans les sites où on a récemment observé des pertes dues aux inondations de tempête, à l’utilisation de VTT ou au piétinement, ces dommages sont jusqu’à présent demeurés légers et localisés, par rapport à la taille des populations touchées. La succession végétale cause peut-être un déclin dans les populations des îles Fox et Portage, les seules à se trouver sous couvert arborescent. Les anciennes mentions ne précisent pas si l’espèce y était abondante, mais les habitants de la région affirment que l’île Portage est beaucoup plus boisée aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a une quarantaine d’années, et il en est sans doute ainsi pour l’île Fox. Ces populations sont relativement petites et pourraient finir par disparaître, particulièrement dans le cas de l’île Fox, où aucun individu ne pousse dans un habitat dégagé. Les activités de recherche menées de 2002 à 2006 ont permis de doubler le nombre des populations connues et de sensiblement augmenter leur effectif total, mais cette augmentation résulte sûrement de l’intensité accrue des recherches, et non d’un accroissement réel de l’effectif.

C’est plutôt le risque de déclin futur qui soulève des craintes, étant donné la hausse du niveau de la mer combinée avec la subsidence natuelle des terres ainsi que l’augmentation de la force et de la fréquence des tempêtes, phénomènes imputés aux changements climatiques. Il existe des projections crédibles sur la hausse future du niveau des mers, mais il est impossible de prévoir les déplacements futurs des habitats dunaires et d’estimer les pertes d’effectif qui en résulteraient. Environ 25 p. 100 de la population de la partie nord de la dune de Bouctouche a récemment subi une inondation marine, et le secteur touché a connu une diminution de densité des plantes et une perte locale d’habitat. Une grande portion des populations de Kouchibouguac-Sud, Richibouctou-Sud, Richibouctou-Nord et Bouctouche, représentant en tout 71 p. 100 de l’effectif connu, est située à une altitude de 3 à 4 mètres, derrière des avant-dunes mesurant moins de 5 ou 6 m. Une bonne partie du reste des populations est située à des altitudes semblables, mais souvent derrière des dunes plus hautes. Les sites situés à ces altitudes ne sont actuellement que très rarement touchés par les tempêtes, mais ils devraient subir, selon les projections, la plus forte augmentation de fréquence des effets de tempête. En effet, les sites situés à 3,1 m, à 3,2 m et à 3,3 m d’altitude devraient être perturbés par les tempêtes respectivement 4,5, 5,5 et 3,8 fois plus souvent à compter de 2100 (Parkes et al., 2006). Des observations faites sur le terrain indiquent que les sites constituant un habitat idéal pour la léchéa maritime sont très rarement inondés par les tempêtes, et il est très vraisemblable que les changements décrits plus haut puissent convertir les communautés de hudsonie tomenteuse et de léchéa maritime en communautés dominées par l’ammophile à ligule courte ou en terrains sableux dénudés convenant beaucoup moins à la léchéa maritime. De plus, l’effet de l’érosion due aux tempêtes ne se limite pas nécessairement aux secteurs exposés à l’inondation directe, car l’érosion du bas des dunes risque de déstabiliser leur crête et d’en modifier les communautés végétales. On trouvera une analyse plus détaillée des effets possibles des changements climatiques dans la section « Facteurs limitatifs et menaces ».


Immigration de source externe

Comme la variété du Lechea maritima présente dans le golfe Saint-Laurent (var. subcylindrica) est endémique au Canada, elle ne pourrait pas se rétablir par suite d’une immigration en provenance des États-Unis.

À l’échelle de l’espèce entière, l’immigration par dispersion naturelle à partir des États-Unis est improbable. En effet, la plus proche occurrence de la variété maritimaest située dans le centre-sud du Maine, à environ 115 km du point de la frontière canadienne situé près de St. Stephen, au Nouveau-Brunswick. Les habitats dunaires pouvant servir d’habitat à l’espèce sont très limités sur la côte néo-brunswickoise de la baie de Fundy. De plus, comme les eaux de la baie sont beaucoup plus froides que celles du golfe Saint-Laurent, un facteur limitatif de nature climatique pourrait exister. Environ 370 km séparent le centre-sud du Maine de la partie de la côte du golfe Saint-Laurent qui est la moins éloignée. Les individus de la variété maritima poussant dans le nord des États-Unis pourraient être adaptés aux conditions du golfe, où l’habitat n’est probablement pas un facteur limitatif, mais un tel phénomène de dispersion est sans doute extrêmement rare.

Un rétablissement par migration entre les populations de chacune des cinq régions d’occurrence énumérées au tableau 1 est vraisemblable, car plusieurs populations ne sont séparées que par quelques kilomètres d’habitat convenant peu ou ne convenant pas du tout à l’espèce. Cependant, comme il sera précisé sous la rubrique « Isolement et fragmentation », les probabilités de migration entre régions d’occurrence sont limitées.

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Facteurs limitatifs et menaces

Changements climatiques et hausse du niveau de la mer

L’ensemble de la communauté scientifique s’entend aujourd’hui sur l’existence des changements climatiques causés par les humains et sur le fait que l’élévation mondiale des températures provoquera une hausse du niveau de la mer ainsi qu’une augmentation de la force et de la fréquence des tempêtes (Houghton et al., 1996; Shaw, 2001; Kont et al., 2003; Environnement Canada, 2006). Parkes et al. (2006) ont mesuré une augmentation statistiquement significative des tempêtes de vent dans le sud du golfe Saint-Laurent depuis les années 1980 et répertorié plusieurs effets de cette hausse, dont une fréquence accrue des inondations, un plus fort taux d’érosion et l’apparition plus fréquente de percées dans les dunes des cordons littoraux (Environnement Canada, 2006). O’Carroll et al. (2006a) ont mesuré une diminution nette de la superficie de plages et de dunes sur la côte sud-est du Nouveau-Brunswick de 1944 à 2001 (cependant, le secteur analysé ne comprend aucun des sites d’occurrence de la léchéa maritime). On ne dispose d’aucune donnée à cet égard sur les systèmes dunaires de l’Île-du-Prince-Édouard, mais des observations ponctuelles semblent indiquer que plusieurs dunes de cordon littoral rétrécissent à mesure que leur face extérieure recule (R. Curley, Department of Environment, Energy and Forestry de l’Île-du-Prince-Édouard).

Des observations faites sur le terrain montrent que l’habitat idéal de la léchéa maritime est très rarement inondé par les tempêtes. Une force et une fréquence accrues des tempêtes, en s’ajoutant à une hausse du niveau de la mer, auraient sans doute pour effet de convertir certaines communautés de hudsonie tomenteuse et de léchéa maritime en communautés dominées par l’ammophile à ligule courte, convenant moins à la léchéa maritime. Les effets de l’érosion due aux tempêtes ne se limitent pas nécessairement aux secteurs directement exposés à l’inondation, car l’érosion du bas des dunes risque de déstabiliser leur crête et d’en modifier les communautés végétales.

Plusieurs sites d’occurrence de la léchéa maritime ont déjà subi, au cours des dernières années, des modifications appréciables dues aux fortes tempêtes, et des pertes d’habitat et d’effectif ont été observées dans les populations de léchéa maritime. La section nord de la dune de Bouctouche et plusieurs sections des dunes Kouchibouguac-Sud, Richibouctou-Nord et Richibouctou-Sud ont été altérées par de très fortes marées et des ondes de tempête importantes en janvier et en octobre 2000 (Shaw, 2001; Environnement Canada, 2006). L’érosion due aux vagues a ouvert des percées, ce qui a éliminé la végétation localement et abaissé la hauteur des avant-dunes. Les secteurs touchés sont devenus plus exposés aux inondations de tempête, et plusieurs ont été à nouveau altérés presque chaque année par la suite (D.M. Mazerolle, obs. pers.). Dans la partie nord de la dune de Bouctouche, la densité de la population de léchéa maritime a baissé dans environ 25 p. 100 de la superficie occupée, et certaines colonies ont été éliminées par l’accumulation de sable due à l’inondation (D.M. Mazerolle, obs. pers.). La densité de la population présentait également une tendance à la baisse dans les sections de la dune Richibouctou-Nord récemment perturbées par des tempêtes (D.M. Mazerolle, obs. pers.).

Des projections pertinentes du futur niveau relatif de la mer (intégrant à la fois la hausse du niveau de la mer et la subsidence natuelle des terres) et de la fréquence future des ondes de tempête sont disponibles, mais uniquement pour les sites du sud-est du Nouveau-Brunswick, dont les populations de léchéa maritime sont justement parmi les plus vulnérables, à cause de la hauteur relativement faible des dunes. Selon ces projections, les sites situés à 3,1 m, à 3,2 m et à 3,3 m d’altitude devraient être perturbés par les tempêtes respectivement 4,5, 5,5 et 3,8 fois plus souvent à compter de 2100 (Parkes et al., 2006). Environnement Canada (2006) a employé des cartes altimétriques numériques pour déterminer quels secteurs seraient inondés par une onde de tempête atteignant 4 m au dessus du niveau actuel de l’océan. (Il faut se rappeler que la hausse du niveau de la mer prévue pour 2100 est de 53 à 60 cm ± 30 cm [Forbes et al., 2006].) Les secteurs ainsi inondés renferment environ 90 p. 100 de la population de léchéa maritime de la dune de Bouctouche et environ 50 p. 100 de celles de Richibouctou-Sud et de Kouchibouguac-Sud. De plus, en calculant le bilan des sédiments, on constate que la dune de Bouctouche a une capacité particulièrement limitée de contrer les effets de l’érosion et est donc la plus menacée par les effets des changements climatiques (O’Carroll et al., 2006). La plupart des populations de léchéa maritime situées ailleurs que dans le sud-est du Nouveau-Brunswick se trouvent à des altitudes légèrement supérieures ou sont protégées par des avant-dunes plus hautes et seraient donc sans doute moins touchées.

Les dunes sont des systèmes naturellement dynamiques, et toute espèce végétale poussant dans ce milieu est jusqu’à un certain point adaptée au déplacement des dunes et au dépôt de sable. Les spécialistes de la géomorphologie côtière ne sont pas en mesure de prédire quelle sera la superficie totale de dunes à tout moment du futur, même dans le cas des dunes les plus étudiées de la région (Dominique Bérubé, ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, comm. pers.), et il est impossible d’écarter la possibilité que l’habitat et les populations de léchéa maritime suivent simplement le déplacement des dunes causé par la hausse du niveau de la mer. Cependant, des portions appréciables des sites du sud-est du Nouveau-Brunswick se trouvent à une altitude telle que l’habitat de l’espèce devrait subir, d’ici 90 ans, des pertes ou une dégradation dues à l’augmentation de la force et de la fréquence des tempêtes. Il est impossible de déterminer l’importance des pertes qui pourraient survenir au cours des 30 prochaines années, soit trois fois la durée estimative maximale de chaque génération de l’espèce.


Superficie limitée et spécificité de l’habitat

Autour du golfe Saint-Laurent, la léchéa maritime a une aire de répartition très restreinte, et son habitat est très spécifique, la plante ne poussant que dans les grands systèmes dunaires stabilisés. Cette spécificité de l’habitat est sans doute la principale raison de la rareté du taxon. Les dunes de cordon littoral ont une superficie totale de 3 377 ha à l’Île-du-Prince-Édouard, ce qui équivaut à seulement 0,6 p. 100 du territoire de la province (Department of Agriculture and Forestry de l’Île-du-Prince-Édouard, 2003). Cette proportion est beaucoup plus faible dans le cas du Nouveau-Brunswick. Selon les relevés, seulement une petite portion de cette superficie de dunes peut servir d’habitat à la léchéa maritime, et des populations connues sont présentes dans la majorité des secteurs renfermant un habitat convenant à l’espèce dans le sud du golfe Saint-Laurent.


Circulation de véhicules tout-terrain et de piétons

L’utilisation récréative de véhicules tout-terrain (VTT) dans les milieux naturels connaît une croissance rapide partout en Amérique du Nord (voir Groom et al., 2007), et le nombre d’utilisateurs atteint déjà presque 45 000 au Nouveau-Brunswick seulement (Groupe de travail sur les véhicules tout-terrain du Nouveau-Brunswick, 2001). L’utilisation de VTT dans les écosystèmes côtiers tels que les dunes et les marais salés est fréquente au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, malgré les lois et autres mesures visant à interdire cette pratique. Dans les dunes, de nouvelles pistes peuvent se former après seulement quelques passages de VTT, et la glace, en hiver, rend accessibles aux VTT les sites insulaires les plus éloignés. Par conséquent, l’effet des VTT constitue une menace pour la plupart des populations de léchéa maritime.

Cependant, on a observé des traces récentes de VTT uniquement dans la population de la dune Richibouctou-Sud et dans une des deux parties de la population de l’île Fox. Dans le parc provincial Cabot Beach, une seule piste de VTT traverse la dune près de la population de léchéa maritime, dans le sens de la largeur, et elle ne semble nuire à aucun individu. De vieilles traces de VTT sont visibles dans les deux populations de la dune de Bouctouche et dans celle de l’île Richibouctou-Sud, mais l’accès des VTT à ces secteurs est maintenant limité, depuis l’aménagement d’un centre d’interprétation et d’un trottoir de bois sur la dune de Bouctouche, en 1997, et depuis l’apparition d’un profond canal traversant la dune Richibouctou-Sud, en 1995.

Les VTT ont eu l’effet le plus notable sur la population de la dune Richibouctou-Sud, destination populaire de camping, de chasse et de randonnée en VTT. Dans ces endroits, ces véhicules circulent souvent dans les avant-dunes et les couloirs interdunaires, où leurs traces traversent plusieurs grandes colonies de léchéa maritime et ont provoqué des creux de déflation. D.M. Mazerolle (obs. pers., 2003) a observé des individus de léchéa maritime sur le bord des traces, mais il n’y avait généralement aucun individu à l’intérieur des traces, ce qui indique que des individus ont été détruits. Cependant, même dans cette dune, l’effet global des VTT demeure pour le moment assez faible par rapport à l’ensemble de la population. Il est également important de noter que dans certains cas, comme à l’île Fox et à l’extrémité sud de la population de la dune Richibouctou-Sud, des individus poussent à l’intérieur et dans les environs immédiats de traces de véhicules; il semble que la perturbation causée par les VTT peut créer des microsites convenant à la germination.

Il arrive que le piétinement par les piétons détruise des individus de léchéa maritime, comme il a été observé dans la dune Kouchibouguac-Sud et dans la dune de Bouctouche, dont les plages sont très populaires, mais l’effet global du piétinement sur l’ensemble de ces populations semble très faible. La plupart des autres sites, sauf celui du parc provincial Cabot Beach, sont probablement trop éloignés ou rarement visités pour que le piétinement soit un facteur significatif, mais le camping occasionnel ou la construction illicite de chalets pourraient nuire à certaines occurrences. Les sites où poussent la hudsonie tomenteuse et la léchéa maritime sont souvent choisis comme emplacements de camping ou de construction de chalet, en raison de leur faible densité d’ammophile à ligule courte, plante haute et rude.


Isolement et fragmentation

Comme les populations du Nouveau-Brunswick sont séparées de celles de l’Île-du-Prince-Édouard par plus de 55 km d’eau libre et d’un habitat ne convenant pas à l’espèce, un échange génétique entre les deux provinces paraît très peu probable. De même, comme chacune des régions d’occurrence figurant au tableau 1 est séparée de toute autre de ces régions par au moins 19 km, un rétablissement par migration entre régions est peu probable. L’interaction génétique entre populations d’une même région d’occurrence est beaucoup plus plausible, car plusieurs populations ne sont séparées entre elles que par quelques kilomètres d’un habitat qui convient peu ou qui ne convient pas du tout à l’espèce. Il n’existe aucune information sur la génétique des populations de léchéa maritime, mais on sait que le faible flux génétique caractérisant les populations petites et isolées peut entraîner une dérive génétique, une dépression de consanguinité et une perte de variabilité génétique (Karron, 1991; Newman et Tallmon; 2001; Oostermeijer et al., 2003), qui risquent d’exposer ces populations à un risque accru d’extinction (Barrett et Kohn, 1991).

Les facteurs de perturbation anthropiques, ou naturels mais modifiés par les changements climatiques, sont peut-être en train d’accroître la fragmentation des populations de léchéa maritime, en créant des percées dans les cordons littoraux, en faisant disparaître un habitat convenable et en transformant des communautés dominées par l’ammophile en sables dénudés périodiquement inondés convenant encore moins à la léchéa maritime. Dans la population de la dune Richibouctou-Sud, l’effet combiné de la circulation des VTT et de l’action des tempêtes a ouvert une grande percée et ainsi créé une nouvelle île, l’île « Richibouctou-Sud » (Éric Tremblay, parc national Kouchibouguac, comm. pers.; Dominique Bérubé, ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, comm. pers.). Les individus se trouvant dans cette nouvelle île sont donc maintenant séparés des autres occurrences par environ un kilomètre d’eaux libres et d’un habitat ne convenant pas à l’espèce, et on ne sait pas jusqu’à quel point un échange de propagules est possible à cette distance.


Hybridation

L’hybridation peut augmenter la pression de compétition s’exerçant sur l’un ou l’autre des parents et ainsi entraîner l’apparition de génomes de plus en plus dilués (Levin et al., 1996). Selon Hodgdon (1938), le Lechea maritima s’hybride communément avec les autres espèces de ce genre, y compris avec le L. intermedia, qui se rencontre également au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard dans divers habitats secs dégagés. Les hybrides ainsi obtenus peuvent avoir un aspect intermédiaire ou ressembler étroitement à l’un ou l’autre des parents et donc souvent être difficiles à détecter (Hodgdon, 1938). Les deux espèces poussaient assez près l’une de l’autre à l’île Hog, dans le parc provincial Cabot Beach et dans la partie nord de la dune de Bouctouche, mais aucun signe d’hybridation n’a été trouvé. Donc, aucune observation directe n’indique que l’hybridation est une menace.


Aménagement foncier

Les zones côtières du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard ont connu un aménagement foncier considérable durant la dernière partie du XXe siècle (Ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux du Nouveau-Brunswick, 2001, Prince Edward Island DAF, 2003), ce qui a causé des pertes et des fragmentations d’habitat (Stewart et al., 2003).

L’empiétement de l’expansion résidentielle sur les zones côtières a une incidence sur l’habitat dunaire du Nouveau-Brunswick (D.M. Mazerolle, obs. pers.), mais les sites de populations de léchéa maritime ne sont sans doute pas menacés, étant pour la plupart protégés ou relativement inaccessibles. Les activités récréatives intenses se déroulant pendant les mois d’été posent problème pour certaines populations, car les plages et les dunes des zones protégées sont souvent ciblées par le tourisme régional. D.M. Mazerolle (obs. pers.) a constaté que des colonies de léchéa maritime avaient été piétinées sur la dune Kouchibouguac-Sud et sur la dune de Bouctouche, par exemple, et un tel problème pourrait aussi exister dans le parc provincial Cabot Beach.

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Importance de l'espèce

Les populations canadiennes de léchéa maritime appartiennent à une variété qui est endémique aux côtes du sud du golfe Saint-Laurent et qui a une répartition très limitée. Il en existe seulement 15 populations connues, réparties entre 5 régions d’occurrence situées sur la côte est du Nouveau-Brunswick et la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard. Ces populations sont également uniques parce qu’elles représentent les limites nord et est de l’aire de répartition du Lechea maritima et sont séparées par environ 370 km de l’occurrence la plus proche, située au Maine, dans le comté de Hancock. On peut présumer que les populations du golfe Saint-Laurent se sont retrouvées isolées de l’aire de répartition principale de l’espèce à la suite du retrait des glaciers, puis se sont suffisamment différenciées pour justifier la reconnaissance d’un taxon distinct. On ne sait pas si la variété est génétiquement distincte, et il faudrait des études à ce sujet. L’isolement, la dérive génétique et la sélection naturelle peuvent créer une divergence génétique, écologique et morphologique dans les populations périphériques, ce qui leur confère une importance particulière pour l’ensemble de l’espèce (Lesica et Allendorf, 1995; Garcia-Ramos et Kirkpatrick, 1997).

Le Lechea maritima fait partie d’un cortège distinct d’espèces côtières méridionales possédant des populations disjointes le long des côtes relativement chaudes du golfe Saint-Laurent, dont deux espèces désignées par le COSEPAC, le liléopsis de l’est (Lilaeopsis chinensis,découvert en 2006 dans le cadre de travaux de terrain pour le Centre de données sur la conservation du Canada atlantique) et l’aster subulé (Symphyotrichum subulatum). Au sens large, l’espèce partage son habitat dunaire avec deux espèces en voie de disparition selon le COSEPAC, le Pluvier siffleur (Charadrius melodus) et l’aster du golfe Saint-Laurent (Symphyotrichum laurentianum), ainsi qu’avec un nombre appréciable d’espèces dunaires rares à l’échelle provinciale.

Aucun signe de connaissances ou d’utilisation traditionnelles autochtones n’a été trouvé à l’égard de la léchéa maritime ou de toute autre espèce de léchéa (les bandes de Lennox Island, à l’Île-du-Prince-Édouard, et d’Elsipogtog et Burnt Church, au Nouveau-Brunswick, ont été consultées). De même, aucun signe d’une autre utilisation humaine de toute espèce de léchéa n’a été trouvé. La seule référence disponible en ligne sur l’utilisation médicinale du genre Lechea concerne en fait l’hélianthème du Canada (Helianthemum canadense), qui appartient aussi à la famille des Cistacées et qui était autrefois appelé Lechea major (Grieve, 1931).

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, la cote provinciale S1 et la désignation de statut général « probablement en péril » ont été attribuées à la léchéa maritime à l’échelle de chaque province. À l’échelle du Canada, l’espèce est cotée N1 et désignée « probablement en péril »; à l’échelle mondiale, elle est cotée G5T1. Cependant, des cotes N2 et G5T2 seraient peut-être plus justifiées, à la lumière des observations récentes décrites dans le présent rapport. Les cotes provinciales S1 signifient qu’il faut tenir compte de l’espèce dans les études d’impact environnemental provinciales et fédérales. La variété virginica est peu commune à l’échelle mondiale (G5T3) et menacée en Caroline du Nord.

L’espèce n’est pas protégée à l’échelle fédérale ou provinciale, mais elle jouit d’une certaine protection conférée par les lois et les règlements provinciaux régissant l’aménagement des zones côtières et y limitant les activités. Il s’agit notamment de la Loi sur les actes d’intrusion et de la Politique de protection des zones côtières du Nouveau-Brunswick ainsi que de la Planning Act et de l’Environmental Protection Act de l’Île-du-Prince-Édouard.

Parmi les 15 populations distinctes décrites dans le présent rapport, 7 sont situées dans des terres protégées, dont une dans la Réserve nationale de faune de l’Île-Portage, deux dans le parc national Kouchibouguac, deux sur la dune de Bouctouche, une dans le parc provincial Cabot Beach et une dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Les populations du parc national Kouchibouguac sont deux des plus grandes populations connues. La population de l’île Hog se trouve également sur une terre fédérale, détenue en fiducie pour la Première Nation de Lennox Island. Les effets sont de faible intensité dans ces zones protégées. Au total, environ 33 p. 100 de l’habitat de l’espèce est situé en zone protégée.

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Résumé technique

Lechea maritima

Léchéa maritime
Beach pinweed

Répartition au Canada : Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard


Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population)
Estimée à 8 à 10 ans
Tendance et dynamique de la population
Pourcentage observé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des trois dernières générations.
< 2 %
Pourcentage prévu de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des trois prochaines années.
Incertain, mais potentiellement important
Pourcentage observé de la réduction du nombre total d’individus matures au cours d’une période de dix ans, couvrant une période antérieure et ultérieure.
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement comprises?
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé? 
Non
Tendance observée du nombre de populations
Fluctue quelque peu, mais semble relativement stable dans l’ensemble.
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations?
Non


Nombre d’individus matures dans chaque population

Total (Population)
Au moins 181 000 (Nbre d’individus matures)


Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence (km2)
[calculée comme étant la somme des distances comprises entre l’extrémité où se trouvent les populations au Nouveau-Brunswick et celles à l’Île-du-Prince-Édouard multipliée par 1 km de largeur]
176 km2
Tendance observée dans la zone d’occurrence.
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence?
Non
Superficie estimée de la zone d’occupation (km2)
71 km2
Tendance observée dans la zone d’occupation.
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation?
Non
La population totale est elle très fragmentée?
Non
Nombre d’emplacements actuels
15
Tendance du nombre d’emplacements
Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements?
Non
Tendance observée de la qualité de l’habitat
En déclin


Analyse quantitative

[0,00 % de probabilité de disparition pour des années]

 


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  1. Dégradation et perte de l'habitat en raison de la hausse de niveau de la mer et de la force et la fréquence des tempêtes en conséquence des changements climatiques, ce qui pourrait nuire à des portions de la plupart des populations, mais particulièrement une bonne partie des 71 % de la population connue se trouvant sur les dunes inférieures, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick;
  2. L'utilisation de véhicules tout-terrain;
  3. Le piétinement (effets mineurs sur deux sites);
  4. La succession de la forêt la plus rapprochée (nuit potentiellement à seulement deux petites populations).

 


Immigration de source externe

L’espèce existe-t-elle ailleurs?
États-Unis : Le genre est endémique au Canda. L’espèce est mondialement en sécurité, mais le genre virginica est mondialement peu commun (G5T3) et est menacé en Caroline du Nord.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Le taxon est endémique. L’immigration du genre maritima sur plus de 370 km vers la côte du golfe Saint-Laurent est peu probable. Elle est peut-être plus plausible vers la côte de la baie de Fundy, au Nouveau-Brunswick (minimum de 115 km environ), mais l’habitat des dunes y est très limité.
Non
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Sans objet
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Sans objet
La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?
Non

 

Statut existant

COSEPAC : Espèce préoccupante – avril 2008.

 


Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante
Code alphanumérique : Aucun

Justification de la désignation : Les populations canadiennes ont été reconnues comme une variété endémique d’importance mondiale. Les plants se limitent aux dunes stabilisées dans des zones localisées du littoral du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard. La plupart des 15 populations, y compris les trois plus grandes, sont présentes à des altitudes de moins de 5 m au-dessus du niveau de la mer, où elles sont davantage exposées aux effets de violentes ondes de tempêtes attribuables à la hausse du niveau de la mer ainsi qu’à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes qui surviendront, selon les prévisions, en conséquence des changements climatiques. Une récente onde de tempête a déjà eu des répercussions sur une portion considérable de l’habitat potentiel à l’un des sites au Nouveau-Brunswick. D’autres impacts attribuables au piétinement, à l’utilisation de véhicules tout-terrain et à la succession végétale, ont été documentés.

 


Applicabilité des critères

Critère A (Déclin du nombre total d’individus matures) :
Sans objet. Les déclins sont bien audessous des seuils.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) :
Sans objet. Bien que la zone d’occupation et la zone d’occurrence soient bien au-dessous des seuils, les populations de l’espèce ne sont pas très fragmentées, on en compte moins de 10, et le nombre d’individus de ces populations ne fluctue pas de façon extrême.

Critère C (Petite population et déclin du nombre d’individus matures) :
Sans objet. La population dépasse les seuils. De plus, aucun déclin important n’a été documenté, et l’ampleur des futurs déclins inférés est difficile à prévoir.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) :
Sans objet. La taille de la population est trop grande. De plus, la zone d’occupation est inférieure à 20 km2 et comporte 15 sites.

Critère E (Analyse quantitative) :
Aucune disponible.

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Remerciements

Les rédacteurs reconnaissent l’aide des nombreuses personnes qui ont contribué à la préparation du présent rapport. Rosemary Curley et Mark Arsenault, du Department of Environment, Energy and Forestry de l’Île-du-Prince-Édouard, ont vu au transport par bateau vers de nombreux sites. Rosemary Curley a également participé au relevé des populations et de l’habitat potentiel et fourni des renseignements sur la propriété des terres et le règlement provincial en ce qui concerne les sites où se trouvent les populations à l’Île-du-Prince-Édouard. Maureen Toner, du ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, a fourni des renseignements sur la propriété des terres relativement aux sites des populations présentes au Nouveau-Brunswick. Dominique Bérubé, du ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, a répondu aux questions et expliqué en détail la géomorphologie des dunes formant un poulier et les effets des changements climatiques et de la hausse du niveau de la mer. Réal Daigle, d’Environnement Canada, a fourni des cartes numériques, produites à l’aide de la technologie de détection et de télémétrie par ondes lumineuses (LIDAR), portant sur l’élévation des inondations. Éric Tremblay, du parc national Kouchibouguac, a remis de la documentation portant sur l’évolution des dunes de Kouchibouguac et de Richibucto. Sam Vander Kloet a fait part de sa découverte du Lechea maritima var. subcylindrica au parc provincial Cabot Beach et a examiné les sites comportant un habitat potentiel sur la côte Northumberland, en Nouvelle-Écosse. Stefen Gerriets, gestionnaire de données du Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique, a aidé à la production des cartes de distribution. Ruth Newell, du E.C. Smith Herbarium, de l’Acadia University, et Marian Munro, du Nova Scotia Provincial Museum, ont examiné des spécimens pour déterminer des occurrences possibles en Nouvelle-Écosse. Les rédacteurs tiennent également à souligner l’importante contribution aux renseignements disponibles concernant la léchéa maritime dans le golfe du Saint-Laurent de la part de toutes les personnes qui ont participé aux récents projets sur le terrain visant les plantes côtières rares réalisés par le Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique et l’Éco-centre Irving.

Le financement pour les travaux sur le terrain a été fourni par le Comité sur la situation des espèces en péril du Canada (COSEPAC), et le financement des activités de recherche sur le terrain, qui ont précédé, a été fourni par le Fonds de rétablissement des espèces en péril (Environnement Canada et le Fonds mondial pour la nature), le fonds pour l’intendance de l’habitat (Environnement Canada), ainsi que le Environmental Trust Fund et le Wildlife Trust Fund du Nouveau-Brunswick.


Experts contactés

Dominique Bérubé. Géomorphologue, zones côtières, ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, Bathurst (Nouveau-Brunswick).

Rosemary Curley. Biologiste, aires naturelles, Department of Environment, Energy and Forestry de l’Île-du-Prince-Édouard, Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard).

Réal Daigle. Météorologiste, gestionnaire de projet, The impacts of sea level rise and climate change on the coastal zone of southeastern New Brunswick, Service météorologique du Canada, Environnement Canada, Moncton (Nouveau-Brunswick).

Stefen Gerriets. Gestionnaire de données, Centre de données sur la conservation du Canada Atlantique, Sackville (Nouveau-Brunswick).

David Lemke. Professeur en botanique et auteur de la future section sur les Lechea dans Flora of North America, Texas State University, San Marcos (Texas).

Marian Munro. Botaniste, Nova Scotia Provincial Museum, Halifax (Nouvelle-Écosse).

Ruth Newell. Curatorial Technician, E.C. Smith Herbarium, Acadia University, Wolfville (Nouvelle-Écosse).

Maureen Toner. Biologiste, espèces en péril, ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, Fredericton.

Éric Tremblay. Écologiste, parc national Kouchibouguac (Nouveau-Brunswick).

Sam Vander Kloet. Professeur émérite en botanique, Acadia University, Wolfville (Nouvelle-Écosse).


Sources d'information

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Toner, M. 2007. Communication personnelle, conversation téléphonique avec D.M. Mazerolle, février 2007, biologiste, espèces en péril, ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, Direction de la pêche et de la faune, Fredericton.

Tremblay, É. 2007. Communication personnelle, conversation téléphonique avec D.M. Mazerolle, février 2007, écologiste de parcs, Parcs Canada, Parc national Kouchibouguac.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

David Mazerolle a obtenu de l’Université de Moncton un baccalauréat avec majeure en biologie et mineure en géographie. Il a ensuite obtenu une maîtrise en sciences de l’environnement à l’Université de Moncton, où il a étudié la géographie de la végétation exotique du parc national Kouchibouguac et a élaboré une stratégie de gestion de la flore exotique envahissante de ce parc. M. Mazerolle travaille actuellement comme botaniste adjoint au Centre de données sur la conservation du Canada atlantique. Auparavant, de 2003 à 2006, il a coordonné des projets de relevé et de surveillance des plantes rares à l’Éco-centre Irving de la Dune de Bouctouche, où son travail était axé sur les plantes côtières rares de la côte néo-brunswickoise du détroit de Northumberland. Botaniste de terrain accompli, il a acquis plus de sept années d’expérience dans le cadre de divers projets de recherche, d’inventaire et de surveillance. De plus, il a rédigé ou corédigé plusieurs rapports techniques ayant trait à des plantes rares du Canada atlantique.

Sean Blaney est botaniste et directeur-adjoint du Centre de données sur la conservation du Canada atlantique (CDCCA), où il est chargé de tenir à jour les cotes des plantes rares et de maintenir une base de données sur les plantes rares de chacune des trois provinces maritimes. Depuis son arrivée au Centre, en 1999, il mène un vaste programme de travaux sur le terrain dans toutes les régions des Maritimes. Il a ainsi découvert des douzaines de nouvelles mentions provinciales de plantes vasculaires et répertorié plusieurs milliers d’occurrences de plantes rares. M. Blaney est également membre du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC ainsi que de l’équipe de rétablissement de la flore de la plaine côtière atlantique de la Nouvelle-Écosse. De plus, il a corédigé plusieurs rapports de situation pour le COSEPAC et les gouvernements provinciaux. Auparavant, Sean Blaney a obtenu un baccalauréat en biologie (mineure en botanique) de la University of Guelph et une maîtrise en écologie végétale de la University of Toronto, et il a travaillé à plusieurs projets d’inventaire biologique en Ontario. De plus, il a passé huit étés comme naturaliste au parc Algonquin, où il a corédigé la deuxième édition de la liste des plantes du parc.


Collections examinées

Les rédacteurs ont examiné des spécimens déposés à l’herbier Connell Memorial de la University of New-Brunswick et à l’herbier du Musée du Nouveau-Brunswick (NBM). De l’information avait déjà été recueillie sur les spécimens du Nouveau-Brunswick déposés à l’herbier Gray de la Harvard University, à l’herbier d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, à Ottawa, et au Musée national du Canada (CAN). Ruth Newell, de l’herbier E.C. Smith de la Acadia University, et Marian Munro, du Musée d’histoire naturelle de la Nouvelle-Écosse, ont examiné les spécimens de Lechea intermedia se trouvant dans leurs établissements respectifs et ont communiqué les résultats de leur examen.

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