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Programme de rétablissement du bleu insulaire* (Plebejus saepiolus insulanus) au Canada (Proposition)


Annexe 1. Rétablissement

Faisabilité du rétablissement

Le rétablissement est défini comme étant « le processus par lequel le déclin d'une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est freiné ou renversé, et grâce auquel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont supprimées ou réduites, ce qui améliore ses chances de persister dans la nature. Une espèce sera considérée comme rétablie lorsque son maintien à long terme dans la nature aura été assuré. » (Environnement Canada et al., 2005). Le rétablissement du P. s. insulanus repose sur la découverte d'au moins une population, l'élimination des menaces qui pèsent sur cette population et la mise en place de mesures permettant d'assurer sa survie.

Comme c'est le cas pour d'autres espèces de papillons diurnes rares, la répartition historique du P. s. insulanus est peu connue. À ce que l'on sache, cette sous-espèce n'a jamais été abondante ou largement répandue en Colombie-Britannique. On ne dispose d'aucune donnée sur son habitat et son écologie au Canada, et il est impossible d'estimer la viabilité actuelle de la population.

Les lépidoptéristes canadiens considèrent le P. s. insulanus comme une sous-espèce distincte du bleu verdâtre confinée au sud-est de l'île de Vancouver (Layberry et al., 1998; COSEWIC, 2000; Guppy et Shepard, 2001). Aux États-Unis, Scott (1986) décrit la sous-espèce P. s. insulanus comme plus largement répartie et présente depuis le nord-ouest de la Californie jusque dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (île de Vancouver seulement) ainsi qu'au Montana, au Colorado, au Nevada et au Utah. Pour Hinchliff (1994), le P. s. insulanus se rencontre uniquement en Oregon et n'y est représenté que par quelques populations.

Tant que l'incertitude entourant son statut taxinomique persistera, le P. s. insulanus sera considéré comme une sous-espèce distincte présente au Canada uniquement dans l'île de Vancouver (COSEWIC, 2000). À l'heure actuelle, le rétablissement du P. s. insulanus n'est pas réalisable, car aucune population existante n'est connue au pays. Si une population est découverte, le rétablissement de cette sous-espèce deviendra possible dans les conditions prévues par le cadre actuel de protection des espèces en Colombie-Britannique.

Existe-t-il des individus capables de se reproduire pouvant servir à améliorer le taux de croissance des populations ou l'abondance de celles-ci?
Aucune population du P. s. insulanus n'est connue. La découverte d'une population attesterait de la capacité intrinsèque de cette sous-espèce de se reproduire. On ignore cependant si une telle population pourrait servir de source pour repeupler des milieux inoccupés. On sait très peu de chose sur la structure des populations et le pouvoir de dispersion et le potentiel reproductif du P. s. insulanus.

Existe-t-il une superficie suffisante d'habitat pouvant abriter l'espèce ou être mise à la disposition de celle-ci par des mesures d'aménagement ou de restauration du milieu?
On dispose de peu d'information sur l'habitat et la gamme d'hôtes du P. s. insulanus; la sous-espèce est très peu représentée dans les collections de musée, et la mention la plus récente date de 1979. Pour toutes ces raisons, il est impossible de déterminer la superficie réelle de l'habitat favorable existant. De façon générale, il y a lieu de croire que les besoins du P. s. insulanus en matière d'habitat et de plantes hôtes ressemblent à ceux des autres sous-espèces du bleu verdâtre, mais la découverte d'une population permettrait d'en apprécier les subtilités.

Les menaces appréciables qui pèsent sur l'espèce ou son habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées au moyen de mesures de rétablissement?
Une bonne partie de l'aire de répartition du P. s. insulanus chevauche une région densément peuplée de la Colombie-Britannique, et les menaces qui pèsent sur son habitat dans cette région (p. ex. pressions occasionnées par le développement, espèces envahissantes) persisteront. En terrain plus élevé, les pressions liées au développement sont moins intenses, mais l'exploitation forestière peut représenter une menace dans les habitats adjacents (p. ex. construction d'une route traversant une zone d'habitat potentiel du P. s. insulanus). La ratification d'accords d'intendance avec des propriétaires fonciers privés, l'établissement d'une collaboration avec des administrations locales ou des industries sur des terres de la Couronne provinciales gérées à des fins d'extraction des ressources ou la prise d'autres mesures pourraient cependant contribuer à atténuer ces menaces.

Dispose-t-on de techniques de rétablissement éprouvées dont l'efficacité a été démontrée?
Advenant la découverte d'une population du P. s. insulanus, des techniques de rétablissement efficaces seraient disponibles et pourraient donner de bons résultats. Un élevage en captivité du P. s. insulanuspourrait être entrepris. La mise sur pied d'un tel programme permettrait de recueillir de précieuses informations sur le cycle vital et la reproduction de la sous-espèce et de renforcer les populations naturelles. Les techniques qui pourraient être utilisées pour le rétablissement de cette sous-espèce seraient probablement les mêmes qui sont privilégiées pour d'autres espèces exposées à des menaces similaires et présentant des besoins semblables : élevage en captivité, lutte contre les espèces envahissantes, propagation des plantes hôtes. Toutefois, avant même d'envisager ces options, il faudrait s'employer à atténuer toutes les menaces à la survie de la sous-espèce, en particulier celles pouvant faire entrave à son rétablissement.

But du rétablissement

Le but du rétablissement est de confirmer la présence ou l'absence du P. s. insulanus à l'intérieur de son aire de répartition historique au Canada et d'assurer la protection1 de toute population qui pourrait être découverte.

Objectifs du rétablissement

  • Effectuer des relevés dans tous les sites ayant déjà abrité une population du P. s. insulanus dans le passé et les zones d'habitat potentiel dans l'espoir d'y découvrir des populations de la sous-espèce d'ici 2017.
  • Mettre en place des mesures de protection de l'habitat et d'atténuation des menaces pesant sur les éventuelles populations découvertes d'ici 2017 par le truchement d'activités d'intendance et d'autres mécanismes.

Approches recommandées pour atteindre les objectifs du rétablissement

Les menaces potentielles incluent l'empiétement des espèces envahissantes, la destruction de l'habitat et son utilisation à des fins récréatives, les pulvérisations de Btk, le changement climatique et la récolte de spécimens (tableau 1). Les stratégies générales prévues pour éliminer ou atténuer les menaces reposeraient sur les activités suivantes (les stratégies II et III s'appliqueraient en cas de découverte d'une population) :

  1. Relevés – Effectuer des recherches dans les sites ayant déjà abrité une population du P. s. insulanus dans le passé et dans d'autres parcelles d'habitat favorable.
  2. Protection des sites – Protéger les populations existantes et leur habitat en cas de redécouverte de la sous-espèce en Colombie-Britannique.
  3. Clarification du statut taxinomique du P. s. insulanus au sein du groupe de sous-espèces du Plebejus saepiolus.
  4. Recherche et surveillance - Entreprendre des recherches sur les populations, l'habitat et les menaces potentielles; identifier les menaces réelles en mettant sur pied un programme de surveillance des menaces connues et potentielles et suivre les changements touchant les attributs démographiques et l'habitat.

Tableau de planification du rétablissement

Tableau 1. Tableau de planification du rétablissement
PrioritéNos d'obj.Menaces cibléesActivités recommandées pour atteindre les objectifs du rétablissement
ÉlevéeI à III à III
  • Rédiger une Stratégie d'inventaire pour leP. s. insulanus décrivant l'approche échelonnée privilégiée pour la conduite de relevés dans les sites ayant déjà abrité une population de la sous-espèce et les parcelles d'habitat potentiel ainsi que les méthodes prévues pour la surveillance à long terme des populations qui pourraient être découvertes.
  • Dans le cadre de la Stratégie d'inventaire pour le P. s. insulanus, identifier et documenter les menaces potentielles à chaque site anciennement occupé par la sous-espèce.
  • Créer une carte d'habitat illustrant la répartition probable du P. s. insulanus, de ses plantes hôtes potentielles et de son habitat dans l'île de Vancouver.
FaibleI à III à VI
  • Élaborer un programme d'éducation du public sur les espèces de papillons diurnes en péril et les menaces qui pèsent sur ces espèces, en complémentarité du programme d'éducation du public conçu par l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry.
  • Élaborer une approche visant à favoriser la ratification d'accords d'intendance, la prise d'engagements formels ou l'établissement de partenariats utiles avec des propriétaires fonciers privés possédant des parcelles d'habitat favorable au P. s. insulanus.
  • Identifier les espèces envahissantes susceptibles de constituer des menaces pour le P. s. insulanus.
  • Appuyer la conduite de nouvelles recherches sur les menaces qui pèsent sur le P. s. insulanus.
  • Clarifier le statut taxinomique du P. s. insulanuset les incertitudes entourant sa relation avec les autres sous-espèces.
  • Soutenir les programmes de surveillance à long terme des papillons diurnes dans les zones traitées contre la spongieuse.

Mesures de rendement

Les critères suivants permettront d'apprécier les progrès accomplis vers l'atteinte des buts et objectifs du rétablissement (critères III à V applicables seulement en cas de découverte d'une ou de plusieurs populations) :

  • Clarification de la relation taxinomique entre les sous-espèces du Plebejus saepiolus.
  • Confirmation de la présence ou de l'absence du P. s. insulanus au Canada.
  • Pourcentage de sites comportant des parcelles d'habitat propices au rétablissement du P. s. insulanus qui bénéficient d'une forme ou d'une autre de protection efficace et nombre d'accords d'intendance et/ou d'engagements formels pris par des propriétaires fonciers privés ou d'autres mesures visant des terres de la Couronne.
  • Mise en œuvre et état d'avancement des projets de recherche sur les populations existantes et leur habitat, les menaces, les exigences écologiques et les besoins en matière d'habitat, et établissement d'un programme de surveillance.
  • Nombre d'activités d'éducation et d'intendance menées en collaboration avec des propriétaires fonciers et des gestionnaires de terres.

Habitat essentiel

Désignation de l'habitat essentiel de la sous-espèce

Pour l'instant, l'habitat essentiel de la sous-espèce, aux termes de l'article 2 de la Loi sur les espèces en péril, n'a pas été proposé à des fins de désignation. La désignation de l'habitat essentiel du P. s. insulanusest impossible à ce stade-ci. Cette sous-espèce n'a pas été observée depuis 1979, et aucune information précise sur son habitat n'est disponible. Une description détaillée de l'habitat essentiel du P. s. insulanus sera préparée en fonction d'un calendrier d'études préétabli si une population est découverte (tableau 2).

Calendrier des études recommandées aux fins de la désignation de l'habitat essentiel

Tableau 2. Calendrier des études
Description de l'activitéRésultat/JustificationÉchéancier
  • Effectuer des relevés dans tous les sites ayant déjà abrité une population du P. s. insulanus.

En cas de découverte d'une population, amasser des informations sur son habitat et élaborer une description de l'habitat essentiel.

Meilleure compréhension des besoins en matière d'habitat de la sous-espèce.

2017
  • Élaborer un inventaire couvrant l'ensemble de l'aire de répartition du P. s. insulanus et illustrer au moyen de cartes la répartition des plantes hôtes potentielles et des parcelles d'habitat susceptibles d'abriter la sous-espèce dans l'île de Vancouver.
  • Entreprendre un inventaire des zones d'habitat potentiel prioritaire (excluant les sites historiques d'où proviennent les mentions).
  • À l'intérieur des zones d'habitat potentiel, repérer les parcelles d'habitat où, advenant la découverte d'une population, la survie et le rétablissement du P. s. insulanusseraient possibles.

En cas de découverte d'une population, amasser des informations sur son habitat et élaborer une description de l'habitat essentiel.

Découverte possible de nouvelles populations; meilleure compréhension des besoins en matière d'habitat de la sous-espèce.

2010

Mesures de protection de l'habitat existantes et recommandées

En cas de découverte d'une population du P. s. insulanus, des mesures seront prises aussitôt pour assurer la protection de son habitat. Si cet habitat se trouve sur un terrain privé, on communiquera avec le propriétaire et on lui fournira de bonnes pratiques de gestion. S'il se trouve sur une terre de la Couronne, des mesures de protection légales seront prises. Enfin, s'il se trouve sur des terres appartenant à une administration régionale ou municipale, celle-ci sera contactée, et de bonnes pratiques de gestion seront rédigées à son intention.

Pour assurer une mise en place efficace des mesures de protection des espèces en péril, il est essentiel que l'intendance soit pratiquée sous divers régimes fonciers, en particulier sur des terres privées et des terres appartenant aux Premières nations. L'intendance repose sur la coopération volontaire des propriétaires fonciers à la protection des espèces en péril et des écosystèmes dont ils dépendent. Il est reconnu dans le préambule de la Loi sur les espèces en péril (LEP) que « les activités d'intendance visant la conservation des espèces sauvages et de leur habitat devraient bénéficier de l'appui voulu » et que « tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la conservation des espèces sauvages, notamment en ce qui a trait à la prévention de leur disparition du pays ou de la planète ». Dans l'Accord bilatéral sur les espèces en péril conclu entre la Colombie-Britannique et le Canada, il est mentionné que « l'intendance par les propriétaires de terres et de plans d'eau, ainsi que par leurs utilisateurs, est essentielle afin d'éviter que des espèces ne deviennent en péril et pour protéger et rétablir les espèces qui sont en péril » et que « des mesures coopératives et volontaires sont les premières approches pour assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril ».

Effets sur les espèces non ciblées

Les mesures de rétablissement prévoyant le recensement des zones d'habitat favorable, la conservation et la restauration de l'habitat et l'élimination des plantes envahissantes profiteront à toutes les espèces de papillons diurnes indigènes qui partagent l'habitat du P. s. insulanus. Advenant la découverte d'une population de la sous-espèce, les effets éventuels sur les espèces non ciblées seront évalués au moment d'entreprendre les travaux de rétablissement.

Considérations socio-économiques

Le rétablissement du P. s. insulanus ne comporte pour l'instant aucune répercussion socio-économique apparente, car aucune population existante de la sous-espèce n'est connue. Si jamais une population était trouvée, une analyse socio-économique serait entreprise. Il n'y a pour l'instant aucune raison de croire que les impacts seraient importants.

Énoncé sur les plans d'action

En cas de découverte d'une ou de plusieurs populations du P. s. insulanus durant l'inventaire planifié, les buts et objectifs de rétablissement de cette sous-espèce seront redéfinis, et un plan d'action sera élaboré dans les cinq ans suivant la date de révision du programme de rétablissement.


1 Le cas échéant, plusieurs mécanismes pourraient être utilisés à profit pour assurer la protection des populations, dont des accords d'intendance volontaire, des engagements de conservation, la vente de terres privées par des vendeurs consentants et des désignations portant sur l'utilisation des terres.

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