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Préface

L’escargot-forestier de Townsend (Allogona townsendiana) a été désigné « espèce en voie de disparition » par le COSEPAC en 2002. Les relevés et les recherches effectués depuis la parution du premier rapport de situation ont permis de recueillir de nouvelles données sur la répartition et l’habitat de l’espèce ainsi que sur les tendances en matière d’habitat, les menaces pesant sur l’espèce et sur son habitat et les facteurs limitatifs. Des études sur le cycle vital, notamment sur la taille des pontes, les sites de ponte, d’hibernation et d’estivation, le domaine vital, les préférences alimentaires et l’association avec l’ortie dioïque (Urtica dioica) ont également été menées.

Les recherches approfondies réalisées de 2000 à 2011 ont mené à la découverte de sites additionnels à l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce en Colombie-Britannique. Les recherches ont été centrées sur les bords de l’aire de répartition de l’espèce, mais ces travaux n’ont pas permis d’en étendre les limites de façon substantielle. La mention historique attestant la présence de l’espèce à Westholme (1903), près de Crofton, sur l’île de Vancouver, a été confirmée en 2003 puis de nouveau en 2009.

Depuis 2000, des relevés de gastéropodes ont été effectués à plus de 1 080 sites compris dans l’aire de répartition de l’escargot-forestier de Townsend. Entre 2002 et 2011, le nombre de sites reconnus comme abritant l’espèce est passé de 37 à 66. L’abondance mesurée varie de 1 individu (au moins 17 sites) à plus de 20 individus (9 sites). Le nombre d’individus le plus élevé jamais observé à un site s’établit à 670 individus, au parc régional Colony Farm.

L’intensification des recherches résultant de la désignation de l’espèce à titre d’espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril a permis de confirmer la présence de l’espèce dans un certain nombre d’autres sites, mais 52 des 66 sites connus (78,8 %) et 50 des 75 carrés de la grille occupés de 2 km de côté (66,7 %) sont considérés comme fragmentés et isolés. Au moins 50 sites couvrent moins de 5 ha ou risquent de disparaître au cours des 10 prochaines années en raison de l’urbanisation (voir Menaces et Facteurs Limitatifs). Sous l’effet de l’aménagement du territoire (depuis 2002), ces sites sont isolés les uns des autres par plus de 1 km d’habitat non propice et, selon toute vraisemblance, ne pourront assurer le maintien d’une population viable d’escargots dans le futur.

La menace la plus grave et la plus plausible mentionnée dans le premier rapport de situation, l’urbanisation, continue de fragmenter davantage les populations et risque d’entraîner la disparition de l’escargot-forestier de Townsend dans la vallée du bas Fraser, région densément peuplée de la Colombie-Britannique.

Historique du Cosepac

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du Cosepac

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du Cosepac

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2013)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)[*]
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)[**]
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)[***]
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)[****]
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

*
Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

**
Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

***
Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

****
Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

*****
Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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