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Guide de consultation du Béluga de la baie d'ungava

Information de base sur le Béluga

Description générale

Le béluga, Delphinapterus leucas, est une baleine à dents, de taille moyenne, qui devient complètement blanche lorsqu’elle parvient à la maturité sexuelle. Les mâles adultes atteignent une longueur de 4,5 m, et les femelles, de 3,5 m. Les animaux des deux sexes ont la même apparence. À la naissance, les petits sont de couleur gris foncé, et ils pâlissent progressivement à mesure qu’ils grandissent.

Le béluga est également appelé dauphin blanc, marsouin blanc ou baleine blanche. En anglais, on l’appelle beluga whale ou white whale. Dans les dialectes inuktitut, inuvialuit et inupiat, il porte le nom de qilalugaq ou de siqsuaq.

Biologie

Le béluga a une durée de vie moyenne de 15 à 30 ans, mais il peut vivre au-delà de 40 ans. Il atteint la maturité sexuelle vers l’âge de 5 à 7 ans. Les données scientifiques donnent à penser que les femelles peuvent mettre bas tous les trois ans en moyenne. Le régime alimentaire se compose de diverses espèces de poissons et d’invertébrés. On sait peu de choses au sujet de leur comportement d’accouplement, parce que la reproduction a lieu en hiver dans les eaux extracôtières. Les ours blancs, les épaulards et les chasseurs inuits sont leurs principaux prédateurs.

Habitat

En été, les bélugas partagent leur temps entre les régions côtières et les régions extracôtières. Les différentes populations tendent à se concentrer dans certains estuaires, où elles s’arrêtent peu après la rupture de la banquise côtière et où elles muent. Elles y retournent aussi occasionnellement tout au long de l’été. L’automne venu, les bélugas entament leur migration vers d’autres endroits, notamment vers certaines eaux profondes, où ils peuvent se nourrir de façon intense. Ils poursuivent ensuite leur route vers des secteurs où la banquise couvre entre 40% et 80% de la surface de l’eau et ils y passent l’hiver.

Répartition

Les données actuelles confirment qu’il convient de répartir les bélugas du pays en sept populations, qui se distinguent par leurs zones d’estivage séparées et par leurs différences génétiques (Figure 1 en annexe) :

1)    la population de l’estuaire du Saint-Laurent, qui tend à se concentrer autour de l’embouchure du Saguenay;

2)    la population de la baie d’Ungava, qui occupe toute la baie en été;

3)    la population de l’est de la baie d’Hudson, qui passe l’été dans les eaux situées entre Kuujjuarapik et Inukjuak, dans la région de la Petite rivière de la Baleine et de la rivière Nastapoka;

4)    la population de l’ouest de la baie d’Hudson, qui occupe les secteurs de la rivière Seal et des fleuves Nelson et Churchill ainsi que les eaux situées plus au nord, jusqu’à l’île Southampton et au détroit de Roes Welcome pendant les mois d’été et au début de l’automne;

5)    la population de l’est du haut Arctique et de la baie de Baffin, qui passe l’été dans les régions du détroit de Lancaster, du détroit de Barrows, du détroit du Prince-Regent et du détroit de Peel, dans le haut Arctique canadien;

6)    la population de la baie Cumberland, qui semble demeurer toute l’année dans la région de la baie Cumberland, particulièrement dans le fjord Clearwater en juillet et en août;

7)    la population de l’est de la mer de Beaufort, qui occupe le delta du Mackenzie et qui migre vers le golfe d’Amundsen et des régions situées plus au nord, jusqu’au détroit du Vicomte de Melville, à la fin de l’été.

Toutes les populations effectuent une migration depuis les eaux libres qui leur servent d’aire d’hivernage pour se rendre vers leurs lieux printaniers et estivaux de mise bas et d’alimentation; elles passent habituellement l’été dans des estuaires.

Les populations faisant l’objet de la présente consultation sont celles de la baie d’Ungava et de l’est de la baie d’Hudson. Les informations contenues dans les prochaines sections porteront essentiellement sur ces deux populations.

Taille et tendances des populations

Du milieu du XIXe jusqu’au début du XXe siècle, les populations de bélugas de l’est de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava ont été intensivement exploitées, surtout par la compagnie de la Baie d’Hudson, pour la chasse commerciale. Les données disponibles indiquent que cette exploitation a entraîné une importante diminution des deux populations. Compilées depuis 1974, les statistiques concernant l’exploitation du béluga par les Inuits du Nunavik permettent de constater un déclin des prises dans certaines communautés vers la fin des années 70. La Société Makivik et Pêches et Océans Canada (MPO) ont aussitôt entrepris des projets de recherche conjoints au Nunavik. Des inventaires aériens réalisés en 1981 ont montré que, vu son nombre, la population de bélugas vivant en été dans les eaux de l’est de la baie d’Hudson et celle de la baie d’Ungava ne pourraient tolérer des niveaux d’exploitation élevés et soutenus. Les inventaires de 1985, de 1993 et de 2001 ont révélé une détérioration de ces populations. Une source supplémentaire de préoccupations est le faible taux de reproduction -- un veau par intervalle de trois ans.

Un autre facteur rend la situation plus complexe encore. Au cours des migrations du printemps et de l’automne, les deux populations se mêlent à la population beaucoup plus populeuse de l’ouest de la baie d’Hudson dans le détroit d’Hudson. Il importe aussi de signaler que cette population mixte est largement exploitée pendant les migrations, de sorte que les chasseurs ne savent pas réellement de quelle population proviennent les animaux abattus.

Il existe de grandes différences dans l’étendue de l’aire de répartition géographique et la taille des différentes populations de bélugas. Les bélugas de la baie d’Ungava (Figure 2 en annexe) sont trop peu nombreux pour qu’il soit possible de fournir une estimation démographique. Il se peut que cette population soit déjà disparue. Mentionnons que des observations de bélugas dans la baie d’Ungava sont régulièrement rapportées sans qu’on sache avec certitude à quelle population appartiennent ces individus. La population de l’est de la baie d’Hudson (Figure 3 en annexe) régresse rapidement et compte actuellement autour de 2 000 individus. Les niveaux de récolte récents pourraient en entraîner la disparition d’ici dix ans. Le COSEPAC a réévalué la situation des deux populations en mai 2004 et a déterminé que toutes deux étaient en voie de disparition.