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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du fouille-roche gris au Canada – Mise à jour

COSEPAC Résumé

Fouille-roche gris
Percina copelandi

Description

Le fouille-roche gris, Percina copelandi (Jordan, 1877), autrefois connu sous le nom de dard gris, est un petit percidé benthique (sous-famille des Etheostomatinae). En anglais, on l’appelle « channel darter ». Ce poisson est de couleur sable ou olive pâle, avec des mouchetures brunes sur le dos. Des marques en X sont dispersées sur la face dorsale; on observe parfois sous l’œil une tache ou une ligne plus sombre se prolongeant vers le museau. On compte sur chaque flanc de 8 à 18 taches brunes oblongues disposées le long de la ligne latérale et réunies par une mince ligne. Les adultes dépassent rarement 40 mm de longueur totale. L'espèce a été décrite par Goodchild (1994) dans le rapport de situation original, ainsi que par Scott et Crossman (1973) et par Coad et al. (1995).

Répartition

Aux États-Unis, le Percina copelandi est largement réparti, quoique de façon discontinue et en petits nombres. On le trouve le long de la bordure est de la basse péninsule du Michigan, à l'Ouest des Appalaches, et jusqu'en Alabama, en Arkansas, en Oklahoma, au Mississippi, en Louisiane et dans le Sud-Est du Kansas, au sud. On en a capturé des individus dans le lac Champlain, qui borde les États de New York et du Vermont. Des mentions de captures ont également été confirmées dans l’angle Sud-Ouest de l'Oklahoma, dans les ruisseaux East Cache et Medicine, dans le comté de Comanche (Brown et al., 1997).

Le fouille-roche gris était et est toujours une espèce peu commune au Canada; on trouve des populations disjointes en Ontario et au Québec. En Ontario, on a trouvé des individus dans des affluents du lac Ontario ainsi que le long des rives et dans les affluents des lacs Érié et Sainte-Claire. Au Québec, on a capturé des individus dans des affluents du Saint-Laurent, dans les régions suivantes : Chaudière–Appalaches, Estrie, Lanaudière, Mauricie–Bois-Francs, Montérégie et Outaouais.

Habitat

Le fouille-roche gris préfère les fosses et les bordures des radiers dans des cours d'eau de taille petite à moyenne, de même que le littoral des lacs aux plages de sable et de gravier où le courant est lent ou paresseux. Les endroits où on a capturé cette espèce ont été décrits comme des sections de cours d’eau non perturbés aux berges naturelles, situées en milieu forestier ou agricole, et où l’eau est de bonne qualité (Lapointe, 1997). Au printemps et au début de l'été, le fouille-roche gris se déplace sur de courtes distances vers ses aires de fraye, dans des endroits où le courant est modéré à rapide et le substrat, constitué de gravier ou de cailloux. La superficie des habitats de fraye convenables diminue à cause de l’altération du débit des cours d’eau et de l'augmentation de la sédimentation, d'origine naturelle ou anthropique.

Biologie

Goodchild (1994), de même que Scott et Crossman (1973) décrivent sommairement la biologie du fouille-roche gris. Au printemps ou au début de l'été, les individus remontent les cours d'eau vers des zones parsemées de roches lisses où le débit est modéré. Le fouille-roche gris se reproduit de façon communautaire. Les mâles établissent des territoires de reproduction, et les femelles y frayent successivement avec plusieurs mâles. Les géniteurs ne s'occupent pas des petits. Vu sa rareté et sa petite taille, le fouille-roche gris n'a fait l'objet d'aucune étude poussée. On en sait donc fort peu sur ses déplacements ou ses migrations.

Taille et tendances des populations

Selon le rapport de situation original (Goodchild, 1994), moins de 100 individus de fouille-roche gris ont été capturés en Ontario avant 1993. Des biologistes qui sont retournés depuis sur les lieux de prélèvement en ont capturé 57. Depuis la parution du premier rapport, plus de 127 individus du Percina copelandi ont été capturés dans quatre plans d'eau de la province, dont la majorité dans les sites d'échantillonnage de la St. Clair River (65 individus) et de la rivière Moira (plus de 58 individus).

Au Québec, plus de 700 individus ont été capturés avant 1993, dont la majorité en 1964, dans la rivière du Sud (259 individus) et la rivière Bécancour (380 individus). Les biologistes qui sont retournés depuis dans les sites d'échantillonnage originaux en ont capturé plus de 52 individus, mais n'en ont plus trouvé dans six rivières, dont la rivière du Sud. La Bécancour n'a fait l'objet d’aucun nouvel échantillonnage. Depuis la parution du rapport de situation original, on a capturé 102 individus dans six nouvelles rivières de la province, mais à raison de seulement un ou deux individus dans la majorité des cas, sauf dans la Gatineau, où on en a capturé 76, et dans la Kinonge, où on en a capturé 16.

Le nombre de fouille-roche gris a décliné depuis la parution du rapport de situation précédent. Avant 1993, plus de 700 individus ont été capturés en Ontario et au Québec; depuis, on en a capturé 338. Bien que l'espèce soit plus répandue qu'on le pensait auparavant, les nouvelles mentions de captures dans les deux provinces résultent probablement de l'augmentation des activités d'échantillonnage et non d'une augmentation de l'effectif des populations.

Facteurs limitatifs et menaces

Le fouille-roche gris est menacé par la disparition de l'habitat convenable, car il est sensible à la sédimentation et à la dégradation de la qualité de l'eau. En Ontario, les barrages constituent également une lourde menace pour l'espèce (Alan Dextrase, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), communication personnelle). Parmi les autres menaces à peser sur la survie du Percina copelandi figurent les perturbations des activités de fraye. Toute activité qui perturbe ou ralentit le débit de l’eau durant la fraye freine en effet les activités reproductrices. Les obstacles qui bloquent l’accès aux aires de fraye compromettent également le succès de la reproduction de l’espèce. Le gobie arrondi, Neogobius melanostomus, peut constituer une menace pour le fouille-roche gris en Ontario; cette espèce introduite qui s’est établie dans la région des Grands Lacs entre vraisemblablement en concurrence avec le fouille-roche gris pour l’exploitation des ressources.

La tolérance de l’espèce pour un éventail restreint de caractéristiques d’habitat et la quantité limitée d’habitat convenable limitent la taille et la répartition de la population. Au Canada, le Percina copelandi se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition; ses effectifs sont faibles et sa répartition disjointe. Tous ces facteurs mettent en péril la survie du fouille-roche gris au Canada.

Protection actuelle

Au Canada, le fouille-roche gris ne bénéficie d'aucune protection particulière. L'habitat du poisson est protégé en vertu de la Loi sur les pêches fédérale. La Loi sur l'aménagement des lacs et des rivières de l'Ontario offre une protection supplémentaire pour l'habitat de l'espèce. Au Québec, l'habitat du poisson est protégé par la Loi sur la qualité de l'environnement.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce

Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)

Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)

Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea

Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)

Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb

Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec

Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged

Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.