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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du fouille-roche gris au Canada – Mise à jour

Biologie

Généralités

Goodchild (1994) ainsi que Scott et Crossman (1973) ont décrit sommairement la biologie du fouille-roche gris. La fraye a lieu au printemps ou au début de l’été; les individus remontent les cours d’eau jusque dans des secteurs où le débit est modéré et le substrat de gravier parsemé de roches lisses. La présence d’un courant modéré est essentielle au succès de la reproduction. La fraye est communautaire; les mâles établissent des territoires autour d’une roche exposée au courant. Les femelles passent d’un territoire à l’autre, s’accouplant successivement avec plusieurs mâles et pondant de 4 à 10 œufs dans chaque nid. Au total, une femelle pond de 350 à 700 œufs. Les géniteurs ne donnent pas de soins à la ponte. On n’en sait guère sur la durée d’une génération de cette espèce, mais on a prélevé des œufs chez des femelles de 1 à 2 ans (Page, 1983). Le fouille-roche gris est sensible aux fluctuations du débit pendant la fraye. Un ralentissement du débit interrompt les activités de fraye, ce qui se traduit par une diminution de la ponte (Goodchild, 1994).

D’après les dossiers de collecte du Ministère des richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), le 21 juin 1999, plusieurs individus ont été capturés dans la rivière Moira, dans de petites fosses peu profondes derrière des rochers situés sur des radiers. Les individus mâles semblaient en période de fraye, car ils étaient de couleur très sombre et la bordure arrière de leur opercule était d’un vert vif. La température de l’eau était de 21 °C, et le substrat était composé de cailloux, de gravier et de sable.

On observe souvent l’espèce aux endroits que fréquentent le fouille-roche zébré, Percina caprodes, et le méné pâle, Notropis volucellus (Goodchild, 1994). Lapointe (1997) note qu’au Québec, le fouille-roche gris est capturé avec le raseux-de-terre noir, Etheostoma nigrum, le fouille-roche zébré, l’omisco, Percopsis omiscomaycus, et le meunier noir, Catostomus commersoni. La compétition avec l'Etheostoma nigrum et le Percina caprodes pourrait restreindre l’abondance du Percina copelandi au Canada, et accroître la probabilité d’une hybridation (Goodchild, 1994).

Vu sa rareté et sa petite talle, le fouille-roche n’a fait l’objet d’aucune étude exhaustive. On sait donc peu de choses sur ses déplacements et ses migrations.

Interactions nutritionnelles ou interspécifiques

Le fouille-roche gris se nourrit sur le fond; il mange essentiellement des insectes qui vivent sur le lit des cours d'eau. Parmi les proies recensées figurent les larves d'éphémère commune et de moucherons, mais le poisson consomme aussi de grandes quantités d'algues et de débris (Goodchild, 1994). Strange (1997), qui a examiné le contenu stomacal de 13 individus récoltés dans la rivière Ohio en 1991, a conclu que leur régime alimentaire consistait en larves et en pupes de chironomes, les ostracodes formant une composante mineure du contenu stomacal. Le fouille-roche gris a des habitudes alimentaires diurnes. Strange (1997) signale que les aliments recensés, provenant d’individus récoltés deux heures après la brunante, pourraient différer des aliments consommés pendant la journée.