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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du fouille-roche gris au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Le fouille-roche gris est menacé par la disparition de son habitat, car il est sensible à la sédimentation et à la dégradation de la qualité de l’eau. La sédimentation causée par l’exploitation agricole et urbaine nuit en effet à la survie de l’espèce. Lapointe (1997) décrit les six rivières du Québec où les biologistes n’ont pu récolter de fouille-roche gris comme des régions où l’habitat a été altéré par l’exploitation agricole et urbaine, qui y a accru la sédimentation. En Ontario, les barrages constituent une importante menace pour l’espèce (Alan Dextrase, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), communication personnelle). Ces barrages modifient en effet le débit, inondent les habitats, provoquent une érosion, fragmentent les populations et restreignent l’accès aux aires de fraye.

Parmi les autres menaces à peser sur la survie du Percina copelandi figurent les perturbations des activités de fraye. Toute activité qui perturbe ou ralentit le débit de l’eau durant la fraye freine en effet les activités reproductrices. Les obstacles qui bloquent l’accès aux aires de fraye compromettent également le succès de la reproduction de l’espèce. La superficie des habitats de fraye convenables diminue à cause de la modification du débit des cours d’eau et de l'augmentation de la sédimentation, d'origine naturelle ou anthropique.

Le gobie arrondi, Neogobius melanostomus, pourrait également constituer une menace pour la survie du fouille-roche gris en Ontario. Cette espèce, introduite dans la St. Clair River au milieu des années 1980 dans les eaux de lest des navires, s’est depuis établie dans la région des Grands Lacs. Le gobie arrondi tolère un large éventail de conditions d’habitat et entre probablement en compétition avec le fouille-roche gris pour l’exploitation des ressources. L’impact du gobie sur le fouille-roche gris est difficile à évaluer; ce dernier continue toutefois de fréquenter la St. Clair River, où on en a capturé 65 individus en 1996.

La tolérance de l’espèce pour un éventail restreint de caractéristiques d’habitat et la quantité limitée d’habitat convenable limitent la taille et la répartition de la population. Au Canada, le Percina copelandi se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition; ses effectifs sont faibles et sa répartition disjointe. Tous ces facteurs mettent en péril la survie du fouille-roche gris au Canada.