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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le jonc de Kellogg (Juncus kelloggii) au Canada

Résumé

Jonc de Kellogg
Juncus kelloggii

Information sur l’espèce

Le Juncus kelloggii Engelm. est une petite plante herbacée annuelle de 0,40 à 4 cm de hauteur, de la famille des joncs (Joncacées), issue d’une courte racine fasciculée.

Répartition

En Amérique du Nord, le Juncus kelloggii se trouve en Colombie-Britannique, dans l’État de Washington le long du Columbia dans le comté de Klickitat, en Oregon depuis les comtés de Columbia et de Hood River jusque dans le Sud-Ouest de l’État, en passant par la vallée de la Willamette, ainsi que dans la majeure partie de la Californie, à l’ouest de la Sierra Nevada et aussi loin au sud que le comté de San Diego.

En Colombie-Britannique, le J. kelloggii est confiné au Sud-Est de l’île de Vancouver, où on l’a observé dans une seule localité, soit le parc Uplands, à Victoria. La plus proche population se trouve à 330 km, dans l’État de Washington.

Habitat

En général, le Juncus kelloggii pousse dans les dépressions humides et les mares printanières, partout dans son aire de répartition. On le trouve souvent dans les baissières des champs et des prés.

Biologie

Le Juncus kelloggii est une espèce annuelle qui a besoin de milieux humides à mouillés en hiver et au printemps, mais secs en été. Dans d’autres parties de son aire de répartition, il pousse dans des sols sableux à argileux. La période d’humidité est nécessaire à la germination des graines et à la croissance de la plante, probablement parce que les crues annuelles suivies d’un assèchement réduisent la compétition avec les autres végétaux.

Taille et tendances des populations

Au Canada, on ne connaît qu’une population du J. kelloggii, dans la région de Victoria. Cette espèce n’a fait l’objet d’aucun suivi quant aux tendances de sa population, mais il semble que celle-ci soit demeurée stable, à plusieurs centaines d’individus, entre 1985 et 2001.

Facteurs limitatifs et menaces

Toute activité qui perturbe le régime hydrologique du terrain peut constituer une menace potentielle pour cette espèce. Comme la population se trouve dans un parc municipal très fréquenté par les marcheurs et les cyclistes, le piétinement pourrait poser problème.

Importance de l’espèce

La population de Juncus kelloggii de Colombie-Britannique est une population disjointe. La plus proche population de la même espèce se trouve dans le Sud de l’État de Washington, mais on signale aussi la présence de l’espèce dans le Sud-Ouest de l’Oregon et en Californie. Il pourrait donc s’agir d’une population importante sur le plan génétique, car elle se trouve à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce.

L’espèce ne suscite aucun intérêt particulier, bien qu’elle constitue une composante des communautés de mares printanières, qui sont fragiles et sujettes aux perturbations. On ne recense aucun usage connu de l’espèce par les peuples autochtones, peut-être du fait de sa rareté et de sa petite taille.

Protection actuelle ou autres désignations

  • Classement à l’échelle mondiale : G3
  • Classement au Canada : N1
  • Classement en Colombie-Britannique : S1
  • Classement en Californie : SR
  • Classement en Oregon : SU
  • Classement dans l’État de Washington : S1

L’espèce n’est protégée par aucune loi au Canada.

Résumé du rapport de situation

Le Juncus kelloggii est confiné au Sud-Est de l’île de Vancouver et est observé dans une seule localité, le parc Uplands, un parc municipal situé à Victoria, en Colombie-Britannique. Le jonc de Kellogg est peu commun dans le Sud-Ouest de l’Oregon et en Californie. La population du parc Uplands compte quelques centaines d’individus et est demeurée stable au cours des quinze dernières années. L’espèce pousse dans les dépressions humides et les mares printanières, partout dans son aire de répartition. C’est une espèce annuelle qui a besoin de milieux humides à mouillés en hiver et au printemps, mais secs en été. Ces communautés de mares printanières sont fragiles et sujettes aux perturbations. Cette espèce de petite taille passe souvent inaperçue et peut être confondue avec un jonc annuel semblable, le J. bufonius.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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