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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le jonc de Kellogg (Juncus kelloggii) au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Jonc de Kellogg
Juncus kelloggii
au Canada

Jonc de Kellogg -- Jeanne P. Janish. Reproduction autorisée du dessin paru dans George W. Douglas et al., 2001.

Espèce en voie de disparition 2003

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l'information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer l’auteure); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l'évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l'évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2003. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le jonc de Kellogg (Juncus kelloggii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 14 p.

Costanzo, B. 2003. Rapport de situation du COSEPAC sur le jonc de Kellogg (Juncus kelloggii) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le jonc de Kellogg (Juncus kelloggii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-14.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environment Canada
Ottawa, ON
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and status report on Kellogg's rush Juncus kelloggii in Canada.

Illustration de la couverture

Jonc de Kellogg -- Jeanne P. Janish. Reproduction autorisée du dessin paru dans George W. Douglas et al., 2001.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2003
PDF : CW69-14/330-2003F-PDF
ISBN 0-662-75169-8

HTML: CW69-14/330-2003F-HTML
ISBN 0-662-75170-1

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2003

Nom commun : Jonc de Kellogg

Nom scientifique : Juncus kelloggii

Statut : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : Il s’agit d’une toute petite espèce annuelle discrète, dont le nombre ne dépasse probablement pas 600 plantes. Elle se trouve dans un seul microhabitat humide saisonnier, qui est assujetti aux incidences des activités anthropiques de récréation et d’exploitation au sein d’un parc urbain situé dans un habitat rare à l’échelle nationale de chênes de Garry.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2003. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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Résumé

Jonc de Kellogg
Juncus kelloggii

Information sur l’espèce

Le Juncus kelloggii Engelm. est une petite plante herbacée annuelle de 0,40 à 4 cm de hauteur, de la famille des joncs (Joncacées), issue d’une courte racine fasciculée.

Répartition

En Amérique du Nord, le Juncus kelloggii se trouve en Colombie-Britannique, dans l’État de Washington le long du Columbia dans le comté de Klickitat, en Oregon depuis les comtés de Columbia et de Hood River jusque dans le Sud-Ouest de l’État, en passant par la vallée de la Willamette, ainsi que dans la majeure partie de la Californie, à l’ouest de la Sierra Nevada et aussi loin au sud que le comté de San Diego.

En Colombie-Britannique, le J. kelloggii est confiné au Sud-Est de l’île de Vancouver, où on l’a observé dans une seule localité, soit le parc Uplands, à Victoria. La plus proche population se trouve à 330 km, dans l’État de Washington.

Habitat

En général, le Juncus kelloggii pousse dans les dépressions humides et les mares printanières, partout dans son aire de répartition. On le trouve souvent dans les baissières des champs et des prés.

Biologie

Le Juncus kelloggii est une espèce annuelle qui a besoin de milieux humides à mouillés en hiver et au printemps, mais secs en été. Dans d’autres parties de son aire de répartition, il pousse dans des sols sableux à argileux. La période d’humidité est nécessaire à la germination des graines et à la croissance de la plante, probablement parce que les crues annuelles suivies d’un assèchement réduisent la compétition avec les autres végétaux.

Taille et tendances des populations

Au Canada, on ne connaît qu’une population du J. kelloggii, dans la région de Victoria. Cette espèce n’a fait l’objet d’aucun suivi quant aux tendances de sa population, mais il semble que celle-ci soit demeurée stable, à plusieurs centaines d’individus, entre 1985 et 2001.

Facteurs limitatifs et menaces

Toute activité qui perturbe le régime hydrologique du terrain peut constituer une menace potentielle pour cette espèce. Comme la population se trouve dans un parc municipal très fréquenté par les marcheurs et les cyclistes, le piétinement pourrait poser problème.

Importance de l’espèce

La population de Juncus kelloggii de Colombie-Britannique est une population disjointe. La plus proche population de la même espèce se trouve dans le Sud de l’État de Washington, mais on signale aussi la présence de l’espèce dans le Sud-Ouest de l’Oregon et en Californie. Il pourrait donc s’agir d’une population importante sur le plan génétique, car elle se trouve à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce.

L’espèce ne suscite aucun intérêt particulier, bien qu’elle constitue une composante des communautés de mares printanières, qui sont fragiles et sujettes aux perturbations. On ne recense aucun usage connu de l’espèce par les peuples autochtones, peut-être du fait de sa rareté et de sa petite taille.

Protection actuelle ou autres désignations

  • Classement à l’échelle mondiale : G3
  • Classement au Canada : N1
  • Classement en Colombie-Britannique : S1
  • Classement en Californie : SR
  • Classement en Oregon : SU
  • Classement dans l’État de Washington : S1

L’espèce n’est protégée par aucune loi au Canada.

Résumé du rapport de situation

Le Juncus kelloggii est confiné au Sud-Est de l’île de Vancouver et est observé dans une seule localité, le parc Uplands, un parc municipal situé à Victoria, en Colombie-Britannique. Le jonc de Kellogg est peu commun dans le Sud-Ouest de l’Oregon et en Californie. La population du parc Uplands compte quelques centaines d’individus et est demeurée stable au cours des quinze dernières années. L’espèce pousse dans les dépressions humides et les mares printanières, partout dans son aire de répartition. C’est une espèce annuelle qui a besoin de milieux humides à mouillés en hiver et au printemps, mais secs en été. Ces communautés de mares printanières sont fragiles et sujettes aux perturbations. Cette espèce de petite taille passe souvent inaperçue et peut être confondue avec un jonc annuel semblable, le J. bufonius.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de pagea

Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de pageb

Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de pagec

Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Juncus kelloggii Engelm. [Douglas et al., 2001]

Nom commun :

Jonc de Kellogg

Famille :

Joncacées

Grand groupe végétal :

Monocotylédones

Description

Le Juncus kelloggii est une plante herbacée annuelle à racine courte et fasciculée. Tiges dressées, hautes de 0,4 à 4 cm (figure 1; Hitchcock et al., 1969). Feuilles basilaires, sétacées, à section presque circulaire, effilées et dépourvues de cloisons transversales. Fleurs terminales, isolées ou parfois en groupes de deux, disposées sur une hampe dépourvue de feuilles. Tépales bruns à brun rougeâtre, longs de 2,5 à 3,5 mm, pointus et subégaux. Étamines trois par fleur; anthères longues de 0,4 mm, plus courtes que les filets. Bractées écailleuses et peu visibles. Capsules obtuses et aussi longues que les tépales. Graines en forme de tonnelets, longues d’environ 0,4 mm, non appendiculées, avec cloisons transversales et côtes longitudinales saillantes (Douglas et al., 2001).

On confond parfois le Juncus kelloggii avec le J. bufonius, autre petit jonc annuel. Chez ce dernier, une des bractées involucrales forme un prolongement de la tige, tandis que chez le J. kelloggii, les bractées involucrales sont toutes écailleuses. En Oregon et en Californie, le J. kelloggii peut également être confondu avec une espèce semblable, le J. tiehmii.

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Répartition

Répartition mondiale

En Amérique du Nord, le Juncus kelloggii (figure 2) se trouve en Colombie-Britannique, dans l’État de Washington le long du Columbia dans le comté de Klickitat (Washington Natural Heritage Program, 2001), en Oregon depuis les comtés de Columbia et de Hood River jusque dans le Sud-Ouest de l’État (comté de Josephine), en passant par la vallée de la Willamette (comtés de Marion et de Linn) (Ertter, 1986; Oregon natural Heritage Program, 2001), ainsi que dans la majeure partie de la Californie, à l’ouest de la Sierra Nevada et aussi loin au sud que le comté de San Diego (Cronquist et al., 1977; Swab, 1993; Brooks et Clemants, 2000Note de bas de page1; CalFlora Database, 2001; Douglas et al., 2002).

Figure 1. Illustration du Juncus kelloggii par Jeanne R. Janish. Reproduction autorisée du dessin paru dans George W. Douglas et al. (2001).

Figure 1. Illustration du Juncus kelloggii par Jeanne R. Janish. Reproduction autorisée du dessin paru dans George W. Douglas et al. (2001).

Figure 2. Répartition du Juncus kelloggii en Amérique du Nord.

Figure 2. Répartition du Juncus kelloggii en Amérique du Nord.

Répartition canadienne

En Colombie-Britannique, le J. kelloggii est confiné au Sud-Est de l’île de Vancouver, où on l’observe dans une seule localité, soit le parc Uplands, à Victoria. Cette localité est située à 330 km de la plus proche population de la même espèce, qui se trouve dans l’État de Washington.

Note de bas de page 1

Brooks et Clemants (2000) signalent que l’espèce pousse dans une localité unique au Nevada; c’est sans doute une erreur, car il s’agit probablement du Juncus tiehmii décrit par Ertter (1986).

Retour à la référence de la note de bas de page1

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Habitat

Besoins de l’espèce

Le Juncus kelloggii pousse généralement dans les dépressions humides et les mares printanières, partout dans son aire de répartition. On le trouve souvent dans les baissières des champs et des prés. Les végétaux qui poussent avec cette espèce en Colombie-Britannique sont la centenille (Anagallis minima), le Centaurium muehlenbergii (espèce figurant sur la liste rouge), l’Heterocodon rariflorum, le Juncus bufonius et le Psilocarphus elatior (espèce figurant sur la liste rouge) (BC CDC HERB database, 2002; Douglas et al., 2002). Altitudes allant jusqu’à 10 m.

Tendances

Au Canada, on ne trouve qu’une population du J. kelloggii, dans la région de Victoria. Cette population compte quelques centaines d’individus (dossiers de l’herbier RBCM; tableau 1). On ne possède aucune mention historique de l’espèce; la première mention date de juin 1985 (BC CDC HERB database, 2002; Douglas et al., 2002). Vu sa petite taille, son occurrence très limitée et son habitat, qu’elle partage avec de nombreuses autres espèces rares, l’espèce est probablement présente depuis longtemps.

Tableau 1. Données sur la population du Juncus kelloggii au Parc Uplands à Victoria (Colombie-Britannique)
AnnéeHerborisateurNombre d’individus
1991A. Ceska
100-200
1993A. Ceska
Inconnu
1999F.W. Lomer
200-600
2001A. Ceska
3

Protection et propriété des terrains

La seule population connue du Juncus kelloggii se trouve dans un parc régional, dans la municipalité d’Oak Bay, à Victoria. À l’heure actuelle, ce parc ne fait l’objet d’aucun plan d’aménagement (L. Middleton, comm. pers.).

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Biologie

Généralités

Le Juncus kelloggii est une espèce annuelle qui a besoin de milieux humides à mouillés en hiver et au printemps, mais secs en été. Dans d’autres parties de son aire de répartition, il pousse dans des sols sableux à argileux. La période d’humidité est nécessaire à la germination des graines et à la croissance de la plante, probablement parce que les crues annuelles suivies d’un assèchement réduisent la compétition avec d’autres végétaux. D’autres espèces annuelles du genre Juncus résistent mal à la compétition et poussent donc habituellement sur des terrains dénudés (Ertter, 1986).

Reproduction

Cette espèce annuelle est en général autogame (Swab, 1993). Dans le complexe du Juncus triformis (au sein duquel le J. kelloggii appartient au « groupe kelloggii »), Ertter (1986) a constaté que les espèces de haute altitude ont besoin du froid pour germer. La germination commençait parfois juste deux jours après le traitement au froid et pouvait se poursuivre jusqu’à deux semaines. Selon Ertter (1986), comme seulement une certaine proportion des graines germe, une partie des autres pourrait rester dans le sol et germer plus tard. Chaque capsule du J. kelloggii contient environ 50 graines (Ertter, 1986). Aucune expérience de germination n’a été effectuée pour le présent rapport.

Survie

Dans les expériences de germination réalisées par Ertter (1986) sur le complexe du Juncus triformis, toutes les graines n’ont pas germé la même année. Il se pourrait donc que les graines ne germent que les années propices. Le cycle biologique annuel, la taille minuscule et le nombre réduit de fleurs du Juncus kelloggii sont autant de facteurs qui peuvent contribuer à sa survie dans un environnement sec (Ertter, 1986).

Physiologie

Les fleurs ont besoin de longues journées pour se former et pour s’ouvrir le matin. Les semis du complexe du J. triformis produisent leurs feuilles et leurs tiges après une période de latence suivant la production des cotylédons. Ce dernier phénomène pourrait cependant être dû aux conditions de croissance artificielles (Ertter, 1986).

Déplacements et dispersion

L’espèce pourrait être dispersée par les oiseaux qui porteraient les graines dans leur pattes et leurs plumes après avoir marché dans l’habitat boueux (Ertter, 1986).

Nutrition et relations interspécifiques

Certains membres du complexe du J. triformis ont besoin de sols acides comme ceux qu’on trouve dans les mares printanières. Le groupe « kelloggii » préfère toutefois les sols sableux ou limoneux (Ertter, 1986).

Comportement et adaptabilité

Le Juncus kelloggii peut survivre aux saisons défavorables sous forme de graines tolérant la sécheresse (Ertter, 1986). L’espèce a un cycle annuel qui lui permet de survivre dans un habitat qui se remplit d’eau puis sèche en été, phénomène qui pourrait réduire la compétition avec les autres espèces (Ertter, 1986).

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Taille et tendances des populations

En Colombie-Britannique, cette espèce n’a fait l’objet d’aucun suivi quant aux tendances de sa population, mais il semble que celle-ci soit demeurée stable, à plusieurs centaines d’individus, entre 1985 et 2001 (A. Ceska, comm. pers., 2002). Son effectif fluctue énormément d’une année à l’autre, selon les précipitations saisonnières.

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Facteurs limitatifs et menaces

Toute activité qui perturbe le régime hydrologique du terrain peut constituer une menace potentielle pour cette espèce (Washington Natural Heritage Program, 1999). Comme la population se trouve dans un parc public très fréquenté par les marcheurs et les cyclistes, le piétinement pourrait poser problème. L’habitat a été altéré à cause de l’entretien des bornes-fontaines; on a transporté du gravier dans certaines partie de la mare printanière pour combler les ornières laissées par un camion de pompiers (A. Ceska, comm. pers.). Le terrain est une aire ouverte dans un pré à chêne de Garry; le Symphoricarpus albus, le Cytisus scoparius et des graminées non indigènes empiètent en bordure du parc, mais l’humidité éphémère du terrain pourrait empêcher ces espèces d’envahir ces zones basses. La Municipalité d’Oak Bay n’a aucun plan d’aménagement pour le parc (L. Middleton, comm. pers.).

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Importance de l'espèce

Les espèces apparentées qui sont menacées en Colombie-Britannique sont le Juncus arcticus ssp. alaskanus, le J. confusus, le J. oxymeris, le J. regelii et le J. stygius, qui figurent tous sur la liste bleue de la Colombie-Britannique, sauf le J. confusus, inscrit sur la liste rouge. Ces espèces ne poussent pas dans le même habitat que le J. kelloggii (BC CDC Tracking List, site Web, 2002; Douglas et al., 2002). La population de Juncus kelloggi de Colombie-Britannique est isolée de la plus proche population de la même espèce, située à 330 km, dans le Sud de l’État de Washington; on signale toutefois la présence de l’espèce dans le Sud-Ouest de l’Oregon et en Californie. Il pourrait donc s’agir d’une population importante sur le plan génétique.

L’espèce ne suscite aucun intérêt particulier, bien qu’elle constitue une composante des communautés de mare printanière, qui sont fragiles et sujettes aux perturbations.

On ne recense aucun usage connu de l’espèce par les peuples autochtones (N. Turner, comm. pers.).

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Protection actuelle ou autres désignations

À l’échelle mondiale, l’organisme The Nature Conservancy des États-Unis a classé le Juncus kelloggii « G3? », c'est-à-dire comme espèce vulnérable à cause de son extrême rareté et de son caractère localisé dans l’ensemble de son aire, ou parce qu’on ne l’observe que dans une aire restreinte (même si elle peut être abondante en certains endroits), ou parce que certains facteurs en font une espèce particulièrement sujette à disparaître entièrement (NatureServe, 2001).

Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique a inscrit le Juncus kelloggii sur la « liste rouge », soit comme taxon menacé ou en voie de disparition (threatened / endangered) (Douglas et al., 2002). En Colombie-Britannique, ce taxon est classé « S1 », c'est-à-dire comme espèce très fortement menacée à cause de son extrême rareté ou à cause de certains facteurs qui la rendent particulièrement sujette à disparaître entièrement ou à disparaître de Colombie-Britannique (en général cinq sites ou moins, ou très peu d’individus restants [<1,000]) (BC CDC Tracking list, 2002; Douglas et al., 2002). Douglas et al., (2002) classent l’espèce « G3 » à l’échelle mondiale.

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Résumé du rapport de situation

Au Canada, le Juncus kelloggii est confiné au Sud-Est de l’île de Vancouver et n’est observé que dans une seule localité, le parc Uplands, un parc municipal situé à Victoria, en Colombie-Britannique. Le jonc de Kellogg est peu commun dans le Sud-Ouest de l’Oregon et en Californie. La population du parc Uplands compte quelques centaines d’individus et est demeurée stable au cours des quinze dernières années. Son effectif fluctue énormément, le plus grand nombre d’individus étant présents lorsque l’humidité est adéquate. L’espèce pousse dans les dépressions humides et les mares printanières, partout dans son aire de répartition. C’est une espèce annuelle qui a besoin de milieux humides à mouillés en hiver et au printemps, mais secs en été. Ces communautés de mare printanière sont fragiles et sujettes aux perturbations. L’espèce pourrait passer inaperçue à cause de sa petite taille et de sa ressemblance avec une autre espèce annuelle, le J. bufonius.

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Résumé technique

Juncus kelloggii

jonc de KelloggKellogg's Rush

Répartition au Canada :

Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Zone d’occurrence (km²) :

25 

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.

Zone d’occupation (km²) :

25 m²

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

En déclin à cause du gravier qu’on a déchargé sur une partie de l’unique site.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.

Nombre d’emplacements existants :

Un

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Sans objet

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

On a noté une certaine réduction de l’effectif.

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

Un an

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

3-600

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Stable

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Sans objet

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Oui

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de  < 1 individu/année)?

Un seul site minuscule

Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

Fluctuation de 3 à 600 dans une seule localité

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Non

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Changements hydrologiques.
  • Piétinement de l’habitat par les randonneurs et les cyclistes.
  • Activités d’entretien du parc.

Effet d’une immigration de source externe

Faible

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

Pas au Canada; Washington, Oregon et Californie

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

  • WA: S1
  • OR: SU
  • CA: SR

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Peu probable.

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question?

On ne sait pas.

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question?

On ne sait pas.

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Remerciements

Je remercie le Conservation Data Centre du British Columbia Ministry of Sustainable Resource Management (Terrestrial Information Branch) de m’avoir fourni les renseignements de sa base de données concernant cette espèce. Je tiens également à remercier Adolf Ceska et George W. Douglas pour leurs observations et leur précieuse contribution à ce rapport.

Ce projet a été financé par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique.

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Ouvrages cités

BC CDC HERB database. 2002. B.C. Ministry of Sustainable Resource Management, Terrestrial Information Branch.

BC CDC Tracking List. 2002. B.C. Ministry of Sustainable Resource Management, Terrestrial Information Branch.

Brooks, Ralph E., et Steven E. Clemants. 2000. Juncaceae,in Flora of North America, North of Mexico. Vol. 22. Magnoliophyta: Alismatidae, Arecidae, Commelinidae (in part), and Zingiberidae. New York.

CalFlora Database, 2002. Information on California plants for education, research and conservation.

Cronquist, Arthur, Arthur H. Holmgren, Noel H. Holmgren, James L. Reveal et Patricia K. Holmgren. 1977. Intermountain Flora. Vascular Plants of the Intermountain West, U.S.A. Vol. 6. The Monocotyledons. The New York Botanical Garden, Columbia University Press. New York. 584 p.

Douglas, George W., Del Meidinger et Jenifer Penny. 2002. Rare Vascular Plants of British Columbia. B.C. Ministry of Sustainable Resource Management et B.C. Ministry of Forests. (sous presse)

Douglas, George W., Del Meidinger et Jim Pojar. 2001. Illustrated Flora of British Columbia. Vol. 6. Acoraceae through Najadaceae. B.C. Ministry of Sustainable Resource Management et B.C. Ministry of Forests. 361 p.

Ertter, Barbara. 1986. The Juncus triformis Complex. Memoirs of the New York Botanical Garden 39:1-90.

Hitchcock, C.L., A. Cronquist, M. Ownbey et J.W. Thompson. 1969. Vascular Plants of the Pacific Northwest, Part 1: Vascular Cryptogams, Gymnosperms, and Monocotyledons. University of Washington Press, Seattle (WA). 914 p.

NatureServe. 2001. An online encyclopedia of life.Version 1.5. Arlington, Virginie, États-Unis : Association for Biodiversity Information.

Oregon Natural Heritage Program. 2001. Rare, threatened and endangered plants and animals of Oregon. p. 59.

Swab, Janice Coffey. 1993. Juncaceae, in Hickman, J.C. 1993.The Jepson manual: higher plants of California. University of California Press, Los Angeles (CA). 1400 p.

United States Department of Agriculture, Plants Database. 2001. Natural Resources Conservation Service.

Washington Natural Heritage Program et U.S.D.I. Bureau of Land Management. 1999. Field Guide to Selected Rare Vascular Plants of Washington.

Washington Natural Heritage Program. 2001.

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L’auteure

Brenda Costanzo est titulaire d’une M.Sc. (Botanique) de la University of Victoria. Elle a été conservatrice adjointe à l’herbier de cette université (UVIC) de 1989 à 2001. Brenda, qui a fait des travaux poussés sur le terrain dans le domaine de la botanique, travaillait dernièrement à la rédaction de feuillets d’information sur les végétaux en péril dans les écosystèmes du chêne de Garry et les écosystèmes associés, pour l’Équipe de rétablissement du chêne de Garry (GOERT). Elle est également présidente du groupe d’action pour le rétablissement des végétaux en péril dans le cadre du GOERT.

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Experts consultés

  • Anne Bradley. Regional Botanist, USDA Forest Service, Pacific Southwest Region, 1323, prom. Club, Vallejo (CA) 94592.
  • Florence Caplow. Botanist, Washington Natural Heritage Program. Department of Natural Resources. C.P. 47014. Olympia (Washington).
  • Adolf Ceska. Program Community Ecologist. Conservation Data Centre. B.C. Ministry of Sustainable Resource Management, Terrestrial Information Branch, Victoria (C.-B.).
  • Steven E. Clemants. Herbarium, Brooklyn Botanic Garden, 1000, ave. Washington, Brooklyn (NY).
  • Beth Corbin. Botanist, Bureau of Land Management, Eagle Lake Field Office, 2950, prom. Riverside, Susanville (CA) 96130.
  • George W. Douglas. Program Botanist. Conservation Data Centre. B.C. Ministry of Sustainable Resource Management, Terrestrial Information Branch, Victoria (C.-B.).
  • Barbara Ertter. University and Jepson Herbaria, University of California, 1001 Valley Life Science Building 2465, Berkeley (CA).
  • Mike Foster. Forest Botanist, Mount Pinos Ranger District, Los Padres National Forest.
  • David F. Fraser. Species Specialist. B.C. Ministry of Water, Air and Land Protection, Environmental and Stewardship Division, Biodiversity Branch. 2975, ch. Jutland, Victoria (C.-B.).
  • Steve Gisler. Oregon Department of Agriculture-Natural Resources Division, Botanist, Plant Conservation Biology Program. Oregon Dept. of Agriculture-Natural Resources Division 635 Capitol St. NE, Salem (OR) 97301-2532.
  • Claire Hibler, Botanist and IWM Coordinator, Salem District Office, Bureau of Land Management, 1717 Fabry Road SE, Salem (OR) 97306.
  • Lawrence Janeway. Curator, Biological Sciences Herbarium (CHSC), California State University, Chico, Chico (CA) 95929-0515.
  • Edward Lorentzen. California State Office, Bureau of Land Management, 2800 Cottage Way, Pièce W-1834, Sacramento (CA), 95825-1886.
  • Lorne Middleton. Oak Bay Municipality. Parks Department. 1771, rue Elgin, Victoria (C.-B.).
  • James D. Morefield. Botanist, Nevada Natural Heritage Program. Department of Conservation and Natural Resources. 1550, prom. East College, Pièce 145. Carson City (Nevada) 89706-7921.
  • Kristina A. Schierenbeck. Associate Professor, Herbarium Director, Editor, Madroño, Dept. of Biological Sciences, California State University, Chico, Chico (CA)  95929-0515.
  • Scott Sundberg. Coordinator Oregon Flora Project., Dept. of Botany and Plant Pathology, Oregon State University, Cordley Hall 2082, Corvallis (OR) 97331-2903.
  • Nancy J. Turner. Professor, School of Environmental Studies, University of Victoria.
  • Susan Vrilakas. Botanist/Data Manger, Oregon Natural Heritage Program/The Nature Conservancy. 1322 SE Morrison Street, Portland (OR) 97214.
  • John Willoughby. State Botanist, Bureau of Land Management, 2800, prom. Cottage, Sacramento (CA) 95825.
  • James C. Zech. Dept. of Biology C-57, Sul Ross State University, Alpine (TX).

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Collections examinées

  • Royal British Columbia Museum (V#177119 et V183745). Récoltés dans le parc Uplands par Adolf et Oluna Ceska, le 17 juin 1985, et par Adolf Ceska, le 8 juillet 2001.
  • University of British Columbia, Herbier (site disponible en anglais seulement). Aucune mention pour le Canada.
  • University of Victoria (UVIC), Dép. de biologie, Victoria (C.-B.). Aucune mention pour le Canada.

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