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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus phaios et Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada

ÉVALUATION ET STATUT PROPOSÉ

Avec son habitat limité, son aire de répartition réduite et son utilisation de leks pour la reproduction, le Tétras des armoises pourrait être désigné « espèce préoccupante », mais ses populations sont trop faibles et trop instables. De plus, l’espèce connaît actuellement un déclin sérieux sur l’ensemble de son aire de répartition et a déjà disparu de trois États et d’une province. C’est au Canada qu’on relève actuellement les problèmes les plus graves de dépopulation et de désertion des leks.

La fréquentation des leks est en baisse, par rapport aux niveaux historiques, tant en Alberta qu’en Saskatchewan. En Alberta, le nombre de mâles présents sur les leks fréquentés s’établissait en moyenne à 13,6 au cours des années 1990; il a atteint un creux historique de 8,8 mâles par lek en 1994 pour remonter ensuite à 15,2 en 1997. Le taux de 1994 représente une baisse de 62 p. 100 par rapport à la moyenne de 23,3 mâles par lek établie pour la période 1968‑1989, tandis que la moyenne établie pour la décennie 1990 représente une baisse de 42 p. 100. Les leks fréquentés de la Saskatchewan accueillaient en moyenne 28,4 mâles chacun en 1971, comparativement à 6,1 mâles en 1997. En plus d’accueillir moins d’oiseaux, les leks fréquentés sont de moins en moins nombreux. Le nombre de leks fréquentés en Alberta est passé de 21 en 1968 à seulement 8 en 1997, ce qui représente un taux de désertion moyen de 2,1 p. 100 par année. Plus récemment, ce nombre est passé de 12 leks fréquentés en 1989 à 8 en 1997 (réduction de 33 p. 100), ce qui représente un taux moyen de désertion de 4,2 p. 100 par année au cours des 8 dernières années, soit le double du taux de désertion à long terme. En Saskatchewan, le taux annuel moyen de désertion des leks s’établissait à 7,2 p. 100 entre 1987 et 1997.

Le tétras des armoise a aujourd’hui disparu de la Colombie-Britannique. Les populations de la Saskatchewan ont connu une baisse de plus de 80 p. 100 depuis 1987‑1988. Les recensements effectués au printemps sur les leks de l’Alberta indiquent assez clairement que l’espèce a connu un déclin important dans cette province. On ne possède pas de données fiables sur la population totale de l’Alberta, mais elle pourrait être bien inférieure à 1000 oiseaux. Si les tendances se maintiennent, de nouvelles baisses sont à prévoir tant en Alberta qu’en Saskatchewan.

Les conditions météorologiques (liées à la dégradation de l’habitat), le piètre succès de reproduction, les activités humaines, la prédation, les accidents et la maladie semblent être parmi les principaux facteurs influant sur les populations de Tétras des armoises. D’autres problèmes encore inconnus pourraient également avoir un impact sérieux sur les chances de survie de cette espèce au Canada. Les effets de tous ces facteurs sont d’autant plus sérieux que l’espèce se trouve au Canada à la limite nord de son aire de répartition et que l’armoise argentée y est beaucoup moins abondante que l’armoise tridentée comme élément de l’habitat et source de nourriture.

Compte tenu des informations présentées ci‑dessus, il est recommandé que la population du Tétras des armoises des Prairies (Centrocercus urophasianus urophasianus) soit désignée en voie de disparition et que la population de la Colombie-Britannique (Centrocercus urophasianus phaios) soit inscrite sur la liste des espèces disparues du Canada.