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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus phaios et Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada

Résumé: du Rapport de situation de 1998

Tétras des armoises

Centrocercus urophasianus

Le Tétras des armoises a pour nom scientifique Centrocercus urophasianus, ce qui signifie « faisan à queue épineuse ». Ce nom lui vient de la longue queue effilée que le mâle déploie en éventail pendant la parade nuptiale sur les leks. Le Tétras des armoises est un vrai tétras et non un faisan, comme le laisse supposer son nom scientifique.

Cet oiseau, le plus gros de sa famille au Canada, présente un dimorphisme sexuel : la femelle mesure environ 56,1 centimètres (22,1 pouces) de longueur et le mâle, 74,7 cm (29,4 pouces). Il un plumage brun grisâtre, avec un abdomen noirâtre, une queue noire et blanche, et le dessous des ailes blanc. Le mâle a une bande blanche à la gorge et, sur la poitrine, un grand plastron blanc dissimulant des sacs aériens jaunâtres qui peuvent être gonflés pendant la saison de reproduction, au printemps. Le plumage des femelles et des jeunes mâles est semblable à celui des mâles adultes, mais sa coloration est davantage cryptique.

Le Tétras des armoises habite l’écorégion de la Prairie mixte dans le sud‑est de l'Alberta et le sud‑ouest de la Saskatchewan, près de la frontière du Montana. Son habitat de nidification et d’hivernage doit renfermer de l'armoise (Artemisia tridentata ou A. cana), et on ne le trouve pas au‑delà de l’aire de répartition de ces plantes. Les Tétras des armoises sont polygames et se rassemblent à la saison des amours sur les leks, situées en terrains relativement plats près des vallées des petits cours d’eau.

La femelle pond en moyenne sept œufs dans un nid habituellement dissimulé sous une armoise. Les poussins se nourrissent principalement d'insectes et de plantes herbacées à feuilles larges, qu'ils remplacent graduellement par l'armoise au cours de leur développement. La sélection de l'habitat reflète cette évolution des préférences alimentaires. Ainsi, les poussins fréquentent des endroits où les insectes et les herbacées à feuilles larges succulentes abondent, alors que les adultes sans petits préfèrent les peuplements d'armoises.

Les facteurs qui influent sur les populations de Tétras des armoises sont les parasites, les prédateurs, les conditions météorologiques, les pesticides et l’altération de l'habitat. L’Aigle royal et le coyote sont d’importants prédateurs du Tétras des armoises. Le mauvais temps peut également nuire à la reproduction lorsqu'il persiste. Les insecticides organophosphorés sont toxiques pour le tétras; on a établi qu’ils pouvaient entraîner un taux de mortalité supérieur à 60 p. 100 chez cette espèce. Les tétras peuvent également être tués par des voitures. D'autre part, l'appauvrissement et la conversion des habitats ont aussi largement contribué au déclin des populations de Tétras des armoises, surtout aux États‑Unis.

Les populations ont tendance à fluctuer, mais la validité des méthodes de surveillance a été mise en doute. Toutefois, les relevés de surveillance des populations selon le nombre de mâles par lek, l'abandon des leks et les prises des chasseurs ont permis de déceler une tendance à la baisse significative dans toute l'aire de répartition. Le Tétras des armoises a maintenant disparu du Nebraska, du Nouveau‑Mexique, de l'Oklahoma et de la Colombie-Britannique. En Saskatchewan, ses effectifs sont passés de plus de 2000 au printemps 1988 à environ 400 dans la même saison en 1996. Un déclin similaire est peut‑être en cours en Alberta. Le nombre connu de leks utilisés par le Tétras des armoises au cours des années 1990 y a chuté à une moyenne de 10,0, comparativement à une moyenne de 21,3 pour la période 1968‑1989, ce qui représente une baisse de 51,3 p. 100. Au printemps 1997, seuls huit leks étaient fréquentés, ce qui représente une baisse de 61,9 p. 100 (2,1 p. 100 par année) par rapport aux 21 leks fréquentés connus en 1968.

Gibier à plume en Alberta, le Tétras des armoises a été chassé chaque automne de 1967 à 1995. Cette chasse est interdite depuis 1996 dans cette province. De son côté, la Saskatchewan a classé le Tétras des armoises dans la catégorie des espèces menacées en 1987 et en interdit la chasse depuis les années 1930. En Alberta, pendant la saison de reproduction, les activités reliées à des projets d'aménagement sont interdites dans les sites où se trouvent des leks, mais il peut arriver que de tels projets aient lieu en dehors de la période de reproduction. En Saskatchewan, de nombreux leks sont protégés par la Wildlife Habitat Protection Act, ou se trouvent dans le parc national des Prairies. Les plans d'aménagement concernant ces terres font l’objet d’un examen et peuvent être rejetés.

Cette espèce sont protégés et la plupart des habitats jouissent d'une certaine protection, qui demeure insuffisante dans les deux provinces. Les leks et les aires de nidification ne sont pas tous pris en compte lorsqu’on élabore des projets de mise en valeur ou de modification des terres qui risquent de rendre ces habitats inutilisables par l’espèce. La conversion de l'habitat du Tétras des armoises en pâturages et en terres cultivées se poursuit, quoique plus modérément.


 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

 

EspèceToute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.
Espèce disparue (D)Toute espèce qui n’existe plus.
Espèce disparue du Canada (DC)Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.
Espèce en voie de disparition (VD)*Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.
Espèce menacée (M)Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.
Espèce préoccupante (P)**Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.
Espèce non en péril (NEP)***Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.
Données insuffisantes (DI)****Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.
  
*Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
**Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

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de la faune            Service

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Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.