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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus phaios et Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada

TAILLE ET TENDANCES DES POPULATIONS

Amérique du Nord

Le déclin des populations de Tétras des armoises signalé dans la plupart des États et provinces n’apparaît pas dans les données du Recensement des oiseaux de Noël ni dans celles du Relevé des oiseaux nicheurs parce que leurs méthodes ne permettent pas de recenser adéquatement cette espèce (Sauer et al., 1994; Peterjohn, comm. pers.). Très peu de ces relevés sont effectués à l’intérieur de l’aire de répartition du Tétras des armoises, et les recensements du Relevé des oiseaux nicheurs ne coïncident pas avec la période d’activité sur les leks (Sauer et al., 1994).

Selon Weichel et Hjertaas (1992), il y aurait eu dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce de 8 à 10 millions de Tétras des armoises à l’époque de l’exploration du continent par les premiers Européens. Cette estimation est fondée sur la superficie des peuplements d’armoises détruits ou altérés depuis, et est corroborée par des données anecdotiques. À Bates Hole, au Wyoming, en 1886, Grinell a observé un troupeau de Tétras des armoises qui, en prenant son envol, a obscurci le ciel de la vallée comme le faisaient les troupeaux de tourtes voyageuses de sa jeunesse (Girard, 1935).

Le déclin du Tétras des armoises a commencé avec la colonisation par l’homme de son aire de répartition. La chasse excessive et surtout la destruction de son habitat due à la conversion des peuplements d’armoise en terres agricoles, ainsi que la fragmentation des habitats restants, ont contribué à son déclin. La population nord‑américaine n’atteignait plus que 1,5 million de sujets en 1970 (Johnsgard, 1973; fide Weichel et Hjertaas, 1992) et ce déclin s’est poursuivi depuis (Wash.Dept. Fish and Wildl., 1995).

 

États‑Unis

Le Tétras des armoises a maintenant disparu du Nouveau‑Mexique, du Nebraska et de l’Oklahoma (Braun, 1991). Les dénombrements réalisés sur les leks au printemps dans d’autres régions ont révélé des réductions d’au moins 50 à 60 p. 100 dès la fin des années 1950 (WSSGTC, 1995). Le nombre de mâles par lek a récemment diminué au Colorado, en Idaho, au Montana, au Dakota du Nord, en Oregon, au Dakota du Sud, en Utah, au Wyoming et au Washington, (WSSGTC, 1995). En 1973, le total des prises de Tétras des armoises réalisées dans l’État de Washington atteignait 1800 alors que la population actuelle dans cet État ne s’établit plus actuellement qu’à 600 sujets (Wash.Dept. Fish and Wildl., 1995). Au Dakota du Nord, la population du Tétras des armoises est passée d’une moyenne de 236 sujets, entre 1990 et 1994, à 111 en 1996 (Trego, 1997). Le WSSGTC (1995) prévoit que l’espèce aura disparu de cinq comtés du Colorado d’ici les 10 prochaines années.

Eustace (1996) a mesuré un déclin significatif (23 p. 100) de la productivité du Tétras des armoises au Montana. Cette productivité est passée d’une moyenne de 263 juvéniles par 100 femelles entre 1962 et 1979 à 202 juvéniles par 100 femelles entre 1980 et 1993 (Eustace, 1996). Cette baisse de la productivité s’est accompagnée d’une réduction comparable des effectifs (Eustace, 1995a). Un phénomène semblable a été observé dans d’autres régions comme le Washington, où on a signalé une baisse du recrutement ainsi qu’une baisse du nombre de sujets sur les leks qui a conduit à l’abandon de certains de ces derniers (Wash. Dept. Fish and Wildl., 1995).

Des observations donnent à penser que les populations de Tétras des armoises auraient tendance à fluctuer comme celles d’autres oiseaux de sa famille (Patterson, 1952). Eustace (1995a) a remarqué que les prises de Tétras des armoises réalisées au Montana fluctuaient selon un cycle de huit ans, avec des pics en 1963‑1964, 1971‑1972, 1979‑1980 et 1987‑1988. En Idaho, il semble que les populations fluctuent selon un cycle de dix ans (Rich, 1985). Les données recueillies en Alberta laissent également deviner l’existence d’un tel cycle dont la période varie de huit à dix ans (Lungle, comm. pers.). S’iI y a bel et bien fluctuation cyclique, 1995‑1996 devrait correspondre à un pic de population selon l’analyse réalisée au Montana.

La hausse observée au Montana au cours des années 1960 coïncidait avec les observations les plus septentrionales rapportées en Saskatchewan (Roy, 1996). Selon Eustace, un facteur extrinsèque indéterminé variant selon un cycle de huit ans agirait sur les populations, mais il faudra encore du temps pour vérifier cette hypothèse. Cette périodicité ne signifie pas que les populations de Tétras des armoises atteindront toujours des pics comparables à ceux des cycles précédents. On a observé au contraire que les pics avaient tendance à baisser d’un cycle à l’autre (Eustace, comm. pers.).

 

Canada

Colombie-Britannique

On possède peu de données sur la population de Tétras des armoises de cette province, mais on pense que l’espèce y a toujours été rare (Campbell et al., 1990). Le dernier spécimen sauvage confirmé a été tué par un prospecteur près de Oliver, en 1918 (Cannings et al., 1987). En 1958, on a tenté sans succès de réintroduire l’espèce. Aucune observation confirmée n’a été signalée en Colombie-Britannique depuis 1966 (Campbell et al., 1990)

Saskatchewan

On a procédé sur les leks de cette province à des recensements de trois semaines débutant à la deuxième semaine du mois d’avril en 1988, 1994, 1995, 1996 et 1997 (Harris, comm. pers.). Ces recensements respectaient d’une manière générale les critères établis par le WSSGTC pour ce type d’étude (WSSGTC, 1996). On s’efforce à chaque année de recensement de localiser de nouveaux leks. En 1989, certaines zones jusque‑là plutôt négligées ont fait l’objet de recherches approfondies (Harris et al., 1990). De plus, on a exploré en 1996 les zones comprises dans un rayon de 3,2 km de chaque lek abandonné. Le recensement de 1996 a aussi couvert les sites connus d’observations occasionnelles, de sorte que les 106 sites connus mentionnés dans le sud‑ouest de la Saskatchewan par Weichel et Hjertaas (1992) ont été visités. Les dénombrements ont été réalisés quatre fois sur les leks du parc national des Prairies (Harris, comm. pers.). Certains spécialistes contestent la validité des dénombrements effectués sur les leks aux fins de l’estimation de la population totale puisque les variations du nombre de mâles sur les leks risquent selon eux de donner des résultats biaisés (Banasch, 1985).

L’analyse des données des recensements révèle un déclin de plus de 80 p. 100 des populations de Tétras des armoises entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990. Les dénombrements effectués sur les leks au printemps 1988 ont permis d’estimer à 2000 la population minimale de Tétras des armoises (Harris et Weidl, 1988) alors qu’en 1997, cette population n’était plus estimée qu’à de 250 sujets (Harris,comm. pers.). Les estimations sont fondées sur un ratio mâle/femelle de 45:55, l’hypothèse que seulement la moitié des mâles étaient présents au moment de la visite des leks, et un pourcentage estimé de leks non visités de 15 à 33 p. 100 (Weichel et Hjertaas, 1992).

Kerwin (1971) a observé que les leks de la Saskatchewan comptaient moins de mâles que ceux d’autres régions de l’aire de répartition de l’espèce, ce qui montre que les populations y étaient moins denses qu’ailleurs. Les relevés effectués sur les leks en 1970 et en 1971 étaient fondés sur de nombreux dénombrements effectués le matin et le soir pendant toute la saison de reproduction. Ceux réalisés dans la vallée de la rivière Frenchman ont donné des effectifs moyens de 26,6 mâles par lek en 1970, et de 28,4 mâles par lek en 1971 (Kerwin, 1971). Ces valeurs sont inférieures à celles eux obtenues dans deux comtés du Wyoming (60 et 78 mâles par lek) (Patterson, 1952).

Le taux de fréquentation des leks a diminué depuis l’époque où Kerwin réalisait ses travaux, au début des années 1970. Un examen des données recueillies sporadiquement depuis 1970 montre que les effectifs de l’espèce auraient apparemment atteint un sommet en 1987‑1988, pour ensuite décroître par la suite (Weidl et Harris, 1987; Harris et Weidl, 1988; Harris, données inédites).

Le nombre de mâles par lek fréquenté a diminué au cours des années 1990, comparativement à celui du milieu des années 1980 (tableau 2). Le taux d’abandon de leks a atteint en moyenne 7,2 p. 100 par année entre 1987 et 1997.

Tableau 2. Sommaire des relevés du Tétras des armoises réalisés en Saskatchewan (voir aussi l’annexe 1)
AnnéeNbre de leks visitésNbre de mâlesNbre de mâles/lek fréquenté
19874552216,8
19884367022,3
1989129413,4
199447787,8
1995481068,2
1996531077,6
199727616,1

Alberta

On a estimé que les effectifs du Tétras des armoises en Alberta se situaient entre 3000 et 6000 sujets en automne 1968 (Vriend et Gudmundson, 1996). Les relevés printaniers effectués depuis cette date indiquent que ces effectifs, bien qu’ils puissent fluctuer cycliquement, sont en déclin. En 1968, on a compté sur les leks 613 mâles actifs. Au cours des années 1970, il y en avait en moyenne 256 par année. Cette moyenne annuelle est passée à 306 au cours des années 1980, pour ensuite diminuer brutalement à 136 depuis 1990. Les relevés réalisés au printemps de 1997 ont permis de dénombrer 122 mâles actifs sur les leks albertains.

Le nombre de Tétras des armoises actifs sur les leks est en baisse (tableau 3). Le nombre de mâles observés sur les leks semble varier d’une manière cyclique, mais l’amplitude des oscillations diminue graduellement. Au cours des années 1990, on comptait en moyenne 13,5 mâles par lek fréquenté, comparativement à 23,3 entre 1968 et 1989. Par ailleurs, ce qui est peut‑être plus important, le nombre moyen de leks fréquentés a lui aussi diminué, passant de 21,3 entre 1968 et 1989 à 10,0 au cours des années 1990, une baisse de 51,3 p. 100. En 1997, on comptait en moyenne 15,3 mâles par lek fréquenté, c’est‑à‑dire un peu plus que la moyenne des années 1990, mais il n’y avait plus que 8 leks fréquentés, soit 61,9 p. 100 de moins qu’en 1968, ce qui représente un taux d’abandon annuel moyen des leks de 2,1 p. 100.

Tableau 3. Sommaire des relevés du Tétras des armoises réalisés en Alberta (voir aussi l’annexe 2)
AnnéeNbre de leks visitésNbre de mâlesNbre de mâles/lek fréquenté
19682161329,2
19891234428,7
19948708,8
1995121109,2
19961113612,4
1997812215,2

La désertion des leks est préoccupante. Le nombre de leks fréquentés connus en Alberta est passé de 21 en 1968 à seulement 5 en 1997, ce qui représente un taux de désertion de 76,2 p. 100. Certains des sites abandonnés étaient restés fréquentés de 1968 à 1991, soit pendant 24 ans, avant d’être désertés. De plus, sur l’ensemble de l’aire de répartition albertaine du Tétras des armoises, le nombre connu de leks fréquentés est passé d’un maximum de 21 en 1968 à seulement 8 en 1997, ce qui représente un taux de désertion annuel moyen de 2,1 p. 100. Gudmundson (comm. pers.) a indiqué que certains leks principaux qui étaient utilisés depuis 30 ans par environ 50 mâles sont aujourd’hui désertés. Il serait risqué de s’appuyer sur ces chiffres pour estimer la population à cause des efforts limités consacrés à la recherche de nouveaux leks et de la variabilité du taux de fréquentation des leks. Toutefois, ces résultats révèlent une tendance semblable à celle observée en Saskatchewan.

Les Tétras des armoises peuvent utiliser les mêmes leks pendant très longtemps. Certains leks albertains sont fréquentés depuis 1968, soit depuis 30 ans. En Idaho, certains leks seraient utilisés depuis 90 ans; toutefois, les leks plus petits sont désertés lorsque les populations sont faibles (Dalke et al., 1963). De nombreux leks autrefois fréquentés en Alberta et en Saskatchewan sont aujourd’hui abandonnés.

On considère qu’une population de Tétras des armoises inférieure à 500 sujets n’est pas viable à long terme, surtout du fait qu’ils sont répartis dans trois régions distinctes (Braun, comm. pers.). Selon des études récentes, une population de 500 Tétras des armoises ne suffit pas, et il faudrait au moins 5000 sujets pour assurer le maintien de la population étant donné que seulement 10 à 15 p. 100 des mâles s’accouplent (Anon., 1996).

 

CHASSE

Historiquement, le Tétras des armoises dominait toutes les autres espèces de gibier à plume pour le nombre de prises dans neuf États, mais dès 1935, cette domination n’était plus limitée qu’au Montana, au Wyoming, à l’Idaho et au Nevada (Girard, 1937). Bent (1932), s’inquiétant déjà du déclin des populations de cette espèce, affirmait que pour sauver cet excellent gibier de l’extinction face aux pressions de la civilisation, il convenait de raccourcir la saison de chasse et de limiter le nombre autorisé de prises par chasseur, et que, même avec ces précautions, il n’était pas certain qu’on puisse préserver l’espèce en dehors des zones protégées. La construction de nouvelles routes facilitait l’accès aux habitats du Tétras des armoises, et on les chassait sans s’inquiéter des besoins particuliers de l’espèce (Patterson, 1952). La plupart des entités politiques ont suivi les conseils de Bent, Girard et Patterson. Des périodes limitées de chasse et des contingents de prises ont été établis pour protéger l’espèce pendant la saison de reproduction. Certaines entités politiques en ont même interdit définitivement la chasse.

La chasse réglementée du Tétras des armoises a été autorisée de nouveau en Alberta et dans 11 États américains au cours des années 1960 par suite du rétablissement des populations (Weichel et Hjertaas, 1992). Les chasseurs avaient prélevé jusqu’en 1970 environ 250 000 oiseaux sur un effectif total estimé à 1,5 million en Amérique du Nord, soit 16,7 p. 100 (Johnsgard, 1973; selon Weichel et Hjertaas, 1992).

La Saskatchewan a interdit la chasse du Tétras des armoises à partir de la fin des années 1930 (Kerwin, 1971), et cette interdiction est toujours maintenue aujourd’hui. Après plusieurs décennies de protection, on a rétabli la chasse réglementée de cette espèce en Alberta de 1967 à 1995 pour l’arrêter à nouveau en 1996, suite à des préoccupations quant à la situation des populations.

On possède peu de données fiables sur les prises de Tétras des armoises en Alberta. À la fin de la première saison de chasse, un sondage réalisé auprès des chasseurs a révélé que 408 chasseurs avaient abattu 272 oiseaux (Vriend et Gudmundson 1996). Les données recueillies de 1983 à 1987 aux points de contrôle ont permis d’amasser des informations sur le nombre de prises et l’effort de chasse, mais elles ne permettent pas une estimation fiable du nombre total de prises puisque les déclarations étaient volontaires. Cette enquête indique cependant que 230 chasseurs ont abattu environ 250 Tétras des armoises en 1983 (Vriend et Gudmundson, 1996). Depuis 1988, on réalise en Alberta un sondage téléphonique annuel auprès d’échantillons représentatifs de chasseurs. Toutefois, à cause de la taille limitée des échantillons, les données recueillies ne fournissent pas un aperçu fiable du résultat réel de cette chasse.

Des enquêtes réalisées auprès des chasseurs ont servi au Montana à déterminer les tendances des populations de Tétras des armoises. La comparaison des données recueillies entre 1958 et 1979 à celles recueillies entre 1980 et 1991 a révélé un déclin significatif de ces populations (Z = 0,0002) (Eustace, 1995a). Eustace (1995a) a également observé que les prises réalisées au cours de huit des dix dernières années étaient très inférieures à la moyenne de 36 094 sujets calculée sur 34 ans. Au Montana, les chasseurs ont ramené 99 138 Tétras des armoises en 1964, mais le nombre de prises n’était plus que de 7 716 oiseaux en 1993 (Eustace, 1996).

Au Montana, la diminution des prises a été nettement plus importante que la baisse de l’effort de chasse. Entre 1975‑1979 et 1989‑1993, on a enregistré une baisse du nombre de chasseurs de 34 p. 100 et du nombre de jours‑chasseurs de 49 p. 100, alors que le nombre de prises diminuait de 70 p. 100 (Eustace, 1996). Le nombre moyen d’oiseaux abattus chaque jour est passé de 1,4 à 0,8 entre 1975‑1979 et 1990‑1993 (Eustace, 1996). Ce déclin général au Montana est également corroboré par une réduction du nombre de chasseurs ayant abattu quatre oiseaux ou plus (Eustace, 1995a).

L’impact de la chasse sur les populations de Tétras des armoises est mal connu. Crawford (1982) et Braun et Beck (1983) n’ont pas réussi à établir un rapport entre le nombre d’oiseaux abattus et la population présente le printemps suivant. On pense qu’un taux de prises de 30 p. 100 ou moins permet à la population de se maintenir, mais qu’un taux supérieur pourrait entraîner un déclin (Autenrieth et al., 1982; fide Vriend et Gudmundson, 1995). Pourtant, l’examen de la littérature par Bergerud (1983) montre que les taux de mortalité naturelle ne varient pas en fonction de la pression de la chasse, et que la chasse peut conduire à une hausse de la mortalité des populations de ce type de gibier de 25 à 27 p. 100. Selon Weichel et Hjertaas (1992), on ne peut s’attendre à ce que les chasseurs évitent de prélever les oiseaux les plus gros et les plus robustes, c’est‑à‑dire ceux qui auraient normalement le plus de chance de survivre et de se reproduire avec succès. De fait, on a déterminé que 72 p. 100 des chasseurs albertains chassaient de préférence les spécimens les plus gros pour en faire des trophées (Banasch, 1985).

CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES

Il semblerait qu’un temps chaud et sec pourrait nuire à la productivité et à la survie du Tétras des armoises. Eustace (1996) a démontré l’existence d’une corrélation significative entre la productivité de l’espèce mesurée au cours d’une année donnée et la pluviosité totale de l’année précédente. On observe une production plus élevée au cours des années qui succèdent à des années de plus fortes précipitations (Eustace, 1996). Wallestad (1975) a indiqué que la productivité était réduite si les précipitations printanières totales ne suffisaient pas à assurer une bonne croissance des plantes. Dans de telles conditions, les zones humides s’assèchent et les plantes se dessèchent et croissent mal, ce qui donne lieu à une dégradation de l’habitat d’alimentation, de nidification et d’hivernage du Tétras des armoises.

Par contre, un temps frais et humide coïncidant avec la période d’éclosion risque de réduire substantiellement le recrutement automnal (Patterson, 1952). Cependant, Wallestad (1975) ne relève aucune corrélation entre la productivité et la température ou les précipitations pendant la période de l’éclosion. Par ailleurs, une couche de neige épaisse risque de compliquer la recherche de nourriture et de rendre certains sites inutilisables par le Tétras des armoises en hiver (Wash. Dept. Fish and Wildl., 1995).

Des périodes de sécheresse prolongées peuvent contribuer au déclin des populations de Tétras des armoises, et on peut penser que des précipitations abondantes survenant à certaines périodes critiques auront le même effet. On a observé des précipitations annuelles inférieures à la normale au cours des années 1980 et du début des années 1990 tant en Alberta qu’en Saskatchewan. La sécheresse aurait aussi contribué à une baisse des prises des chasseurs albertains (Banasch, 1985). Les précipitations enregistrées en juin dans le sud‑est de l’Alberta était de 1,5 à 2 fois plus élevées que la moyenne à long terme de 57 mm au cours de cinq des six années qui ont précédé 1994 (Vriend et Gudmundson, 1996).