Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Tétras des armoises (Centrocercus urophasianus phaios et Centrocercus urophasianus urophasianus) au Canada

FACTEURS LIMITANTS

On ignore toujours les raisons précises du déclin des populations de Tétras des armoises et de la réduction de son aire de répartition. On sait déjà que la dégradation et la conversion de l’habitat, les perturbations anthropiques, les activités de développement, le mauvais temps, la prédation, le parasitisme, la chasse et les collisions avec des automobiles sont des facteurs qui limitent la reproduction, la survie et l’expansion de certaines populations de Tétras des armoises. Il est en outre possible que d’autres facteurs toujours inconnus aient un impact important.

 

Habitat

Selon Eustace (1995a), la conversion de l’habitat du Tétras des armoises en terres cultivées est une des principales causes du déclin des populations de l’espèce et de la réduction de son aire de répartition aux États‑Unis. Entre 1937 et 1967, on a ainsi détruit de 2 à 5 millions d’hectares de peuplements d’armoises dans ce pays (Schneegas, 1967).

L’élimination des armoises à l’aide d’herbicides dégrade les habitats et limite l’aire de répartition du Tétras des armoises. Dans une étude de la répartition des Tétras des armoises entre un champ non traité aux herbicides et un autre quatre fois plus grand, mais traité, on a observé que 96 p. 100 des oiseaux préféraient le premier au second (Martin, 1970).

 

Pâturages

Certaines pratiques de gestion des pâturages peuvent nuire au Tétras des armoises. En laissant le bétail paître tout l’été, on réduit la repousse et le volume des résidus végétaux, ce qui peut nuire au succès de la nidification des oiseaux (Anon., 1996). Le pâturage intensif élimine la végétation qui sert de nourriture aux Tétras des armoises, dissimule ses nids et sert d’habitat aux insectes. Patterson (1952) a compté un nid par 3,6 ha dans un pâturage utilisé modérément, alors que cette densité n’était plus que de un nid par 9,5 ha dans un pâturage surutilisé. Le surpâturage prolongé fragilise les prairies et devient particulièrement nuisible en période de sécheresse (Abouguendia et Coupland, 1985).

 

Perturbations anthropiques

L’exploitation pétrolière menace le Tétras des armoises et son habitat en Alberta (Dubé, 1985) et en Saskatchewan. On a effectué au cours de l’hiver 1984‑1985 du forage et de la prospection sismique à l’intérieur ou à proximité de trois leks en Alberta et, en 1994, on a foré un puits près d’un lek en Saskatchewan. Aucune recherche n’a été effectuée pour déterminer les causes exactes de la baisse observée de la fréquentation de ces leks, mais il est clair que la circulation accrue, la construction de routes et les autres perturbations découlant des activités pétrolières et gazières réduisent les chances de rétablissement de l’espèce (W. Harris, 1995).

Il arrive que des Tétras des armoises se blessent, parfois mortellement, en heurtant des clôtures, des pylônes électriques et des véhicules de ferme (Wallestad, 1975). En Saskatchewan, des Tétras des armoises juvéniles ont été tués par des faucheuses (Kerwin, 1971).

 

Prédation

Les effets de la prédation dépendent de la taille des prédateurs présents et de l’abondance et de la répartition des autres populations de proies. L’Aigle royal (Aquila chrysaetos) est le principal prédateur ailé des Tétras des armoises sur les leks (Hartzler, 1974). Le Tétras des armoises évite de s’approcher à moins de 0,8 km des lignes de transmission électriques puisque ces dernières servent de perchoirs de chasse aux oiseaux de proie (Anon., 1996).

Le renard véloce (Vulpes velox) récemment réintroduit (Carbyn, 1996) est un prédateur possible des jeunes Tétras des armoises (Vriend et Gudmundson, 1996). Toutefois, cette prédation n’est toujours pas confirmée et fait actuellement l’objet d’une étude plus approfondie (Moehrenschlager, comm. pers.). Le lynx roux (Lynx rufus) (Hartzler, 1974), la belette (Mustela arizonensis), le chat domestique (Felis domesticus) (Girard 1935) et le coyote (Canis latrans) chassent également le Tétras des armoises (Harris et Weidl,1988).

Une étude réalisée au Montana (Eustace, 1995) n’a révélé aucune corrélation entre le nombre de coyotes et le nombre de Tétras des armoises. Guthery (1995) a lui aussi conclu que la prédation par les coyotes avait peu d’effet sur le recrutement chez le colin de Virginie (Colinus virginianus) et le dindon sauvage (Meleagris gallopavo). Toutefois, dans l’État de Washington, on a déterminé que la prédation était responsable de 50 p. 100 de la mortalité chez le Tétras des armoises et qu’elle limitait la croissance de la population (Wash. Dept. Fish and Wildl., 1995). Selon Vriend et Gudmundson (1995), les prédateurs, comme le coyote, pourraient entraîner des fluctuations à court terme, mais importantes, des populations de Tétras des armoises.

En Alberta, le nombre de coyotes a augmenté de 135 p. 100 entre 1977‑1989 et 1995‑1996, et le gros de cette croissance est survenu au cours des années 1990 (Gudmundson, 1996). Les populations de spermophile de Richardson, d’antilope d’Amérique, de lièvre de Townsend et d’autres espèces qui forment la base du régime alimentaire des coyotes sont réduites. Il est possible que le coyote chasse le Tétras des armoises au Canada par manque d’autres proies.

On connaît mal les effets de la prédation sur les populations de Tétras des armoises au Canada, mais certaines populations de prédateurs comme le coyote ont beaucoup augmenté. L’impact de la prédation pourrait être plus important dans les milieux où le couvert végétal est réduit que dans les milieux à végétation dense, les prédateurs devant probablement déployer dans ces derniers plus d’efforts pour trouver un nid, un jeune ou un adulte.

 

Autres facteurs

Il semble que les pesticides ne jouent pas un rôle important puisqu’ils ne sont pas utilisés à grande échelle dans l’aire de répartition du Tétras des armoises au Canada. Par contre, des études effectuées au États‑Unis ont démontré que les insecticides comptaient parmi les causes de mortalité et de morbidité chez le Tétras des armoises. En particulier, les insecticides organophosphatés de contact et systémiques sont très toxiques pour les oiseaux (Ali, 1996). Dans une étude de l’exposition des Tétras des armoises au diméthoate (un insecticide organophosphaté), on a obtenu un taux de mortalité variant de 30 à 64 p. 100, et les survivants ont affiché une baisse de l’activité cholinestérasique cérébrale, un des symptômes typiques de l’empoisonnement aux organophosphatés (Blus et al., 1989).

Le parasitisme peut également influer sur la survie des Tétras des armoises. Le parasite le plus important des juvéniles en Saskatchewan est le cestode Raillietina centrocerci; l’examen de juvéniles trouvés morts a révélé qu’il comptait parmi les causes de 59 p. 100 de ces cas de mortalité (Kerwin, 1971).