Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le requin griset au Canada

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le requin griset (Hexanchus griseus) est l’une des quatre espèces appartenant à la famille des Hexanchidés, que l’on désigne parfois en anglais sous le nom de « cow sharks » (requins vaches). Deux autres espèces de requins à six fentes branchiales composent le genre Hexanchus : le H. nakamurai et le H. vitulus, mais on ne les trouve pas dans les eaux canadiennes du Pacifique. En anglais, le requin griset est aussi connu sous les noms de « sixgill shark », « six-gill shark », « mud shark », « cow shark », « shovelnosed shark », « grey shark »et « gray shark » (Froese et Pauly, 2005). D’anciens documents historiques du Canada font souvent référence à cette espèce en tant que « mud shark ».

Description morphologique

Le requin griset est facile à reconnaître car il possède plusieurs caractéristiques rarement présentes chez les autres espèces de requins (Mecklenburg et al., 2002). Le nom anglais « sixgill » fait référence à la présence de six fentes branchiales puisque la plupart des autres espèces de requins n’en ont que cinq (figure 1). Une deuxième caractéristique notable est la présence d’une seule nageoire dorsale contrairement aux deux que possèdent les autres espèces de requins habituellement présentes sur la côte canadienne du Pacifique. Sur la face dorsale, les requins grisets sont de teinte brun foncé ou gris allant jusqu’au noir, mais cette coloration s’éclaircit vers la face ventrale. Leur tête est large et comprimée verticalement et leur museau est arrondi. Leurs yeux sont d’un vert vif remarquable et sont moyennement grands (Ebert, 2003). Les dents supérieures et inférieures du requin griset diffèrent de façon frappante : les dents inférieures sont très grosses, basses et larges et portent plusieurs cuspides (de 8 à 12) tandis que les dents supérieures sont plus petites et singulièrement pointues (Mecklenburg et al., 2002). L’unique nageoire dorsale est placée loin derrière sur le corps et positionnée au-dessus et entre les nageoires pelviennes et anales de la face ventrale. Comme pour bon nombre de requins benthiques, la nageoire caudale du requin griset présente un petit lobe inférieur.

Figure 1. Schéma du requin griset. Source : Compagno, 1984.

Figure 1. Schéma du requin griset. Source : Compagno, 1984. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 1

La figure 1 est une illustration du requin griset qui met en évidence ses six fentes branchiales distinctes, son unique nageoire dorsale, située bien à l’arrière de son corps, et sa coloration foncée sur la face dorsale, mais pâle sur la face antérieure. La tête est large et comprimée et présente un museau arrondi. L’image montre que la nageoire caudale de l’animal possède un lobe inférieur de petite taille. Une ligne indiquant la longueur maximale enregistrée, soit de 350 centimètres (cm) (mâle) et de 480 cm (femelle), est située au bas de l’illustration.

Description génétique

La structure démographique des requins grisets n’a pas été suffisamment étudiée pour l’ensemble de leur aire de répartition mondiale. Les quelques études entreprises visent surtout les populations du nord-est du Pacifique. Au Canada, une seule étude par marquage (n = 214) a été effectuée le long de la côte ouest de l’île de Vancouver en 1994, mais aucune donnée sur la structure de la population n’est ressortie de cette modeste étude (McFarlane, communication personelle (comm. pers.), 2006). Une étude combinant le marquage et la génétique est en cours à Puget Sound depuis 2001 (Larson et al., 2005). En janvier 2006, on recensait 45 requins marqués d’une étiquette-aiguillon visible en acier inoxydable (Larson et Christiansen, 2003; Christiansen, comm. pers., 2006). Seize des requins marqués ont été vus une seconde fois dans la zone d’observation et un de ceux-ci a été vu à 4 reprises pendant son séjour au large qui a duré près de 700 jours. Des résultats génétiques préliminaires obtenus à partir de 200 échantillons permettent de croire que la taille effective à long terme de la population est d’au moins 7 900 individus (Larson et al., 2005). Il est cependant impossible de tirer des conclusions sur les niveaux actuels d’abondance de la population à partir de l’estimation génétique. De façon générale, la structure de la population est inconnue.

Unités désignables

On ne connaît pas la structure de la population des requins grisets dans les eaux canadiennes du Pacifique. Il n’y a aucun obstacle connu à la migration ou à la dispersion. Par conséquent, dans le cadre du présent rapport, les requins grisets de l’ensemble des eaux canadiennes sont considérés comme une seule unité désignable.