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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le requin griset au Canada

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Requin griset
Hexanchus griseus
au Canada

Requin griset (Hexanchus griseus)

Préoccupante 2007


COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada


COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC 2007.  Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le requin griset (Hexanchus griseus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ottawa. vii + 41 p.

Note de production

Le COSEPAC aimerait remercier Scott Wallace, Gordon McFarlane et Jacquelynne King qui ont rédigé le rapport de situation sur le requin griset (Hexanchus griseus) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Paul Bentzen, coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons marins et Jamie Gibson, membre du Sous-comité de spécialistes des poissons marins ont supervisé le présent rapport et en ont fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel : COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the bluntnose sixgill shark Hexanchus griseus in Canada.

Illustration de la couverture

Requin griset – Source: Compagno 1984.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2007
No de catalogue CW69-14/524-2007F-PDF
ISBN 978-0-662-09327-5

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2007

Nom commun: Requin griset

Nom scientifique: Hexanchus griseus

Statut: Préoccupante

Justification de la désignation: Ce grand requin massif (longueur maximale enregistrée de 4,8 m) est une espèce benthique très répandue dans les plate-formes continentale et insulaire des mers tempérées ou tropicales à l'échelle mondiale. Dans les eaux canadiennes du Pacifique, il se trouve dans les anses et le long du plateau et de la pente continentales, généralement à des profondeurs supérieures à 91 m (de 0 à 2 500 m). En l'absence d'information sur la structure de la population, il est traité à des fins d'évaluation comme une seule population. La taille actuelle de la population et les tendances en matière d'abondance sont inconnues. Le seul indice d'abondance disponible, à savoir les taux d'observation de requins immatures à un site peu profond du détroit de Géorgie, a diminué de manière significative (> 90 %) au cours des cinq dernières années. Il est peu probable que cet indice soit représentatif de la tendance générale en matière d'abondance parce qu'on y observe seulement des requins immatures et que le site est peu profond par rapport à la profondeur préférée. La pêche est la principale menace connue qui pèse sur l'espèce. Ce requin a fait l'objet d'au moins trois pêches dirigées dans les eaux canadiennes, plus récemment à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Il continue d'être capturé de façon accessoire, mais le taux de survie des requins rejetés à la mer est inconnu. Les requins observés par les plongeurs portent parfois des cicatrices qui sont le résultat d'un enchevêtrement dans les engins de pêche. En raison de son âge de maturité tardif (de 18 à 35 ans chez les femelles), il est probablement vulnérable à la surpêche même à de faibles taux de mortalité. L'abondance et les habitudes de déplacement de cette espèce ailleurs dans le monde sont peu connues; par conséquent, le potentiel d'immigration de source externe est inconnu.

Répartition: Océan Pacifique

Historique du statut: Espèce désignée « préoccupante » en avril 2007. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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Résumé

Requin griset
Hexanchus griseus

Information sur l’espèce

Le requin griset (Hexanchus griseus) est l’une des quatre espèces appartenant à la famille des Hexanchidés, que l’on désigne parfois en anglais sous le nom de « cow sharks » (requins vaches). Le nom anglais de l’espèce, « sixgill », fait référence à la présence de six fentes branchiales puisque la plupart des autres espèces de requins n’en ont que cinq. La structure de la population des requins grisets dans les eaux du Pacifique du Canada est inconnue. Aux fins du présent rapport, les requins grisets de l’ensemble des eaux canadiennes sont considérés comme une seule unité désignable.

Répartition

Les requins grisets sont très répandus sur l’ensemble des mers tempérées et tropicales de la planète. Au Canada, on croit que les requins grisets sont bien répartis sur l’ensemble des eaux du Pacifique, ce qui comprend aussi les bras de mer, la plateforme et la pente continentales ainsi que le détroit de Géorgie. Il y a deux enregistrements en provenance des eaux canadiennes de l’Atlantique.

Habitat

Le requin griset est surtout considéré comme une espèce benthique de profondeur qui habite à des profondeurs supérieures à 91  mètres (m), mais on sait qu’il peut se retrouver aussi bien à la surface qu’à des profondeurs de 2 500 m. L’espèce se trouve surtout au-dessus des zones externes des plateformes continentale et insulaire de même qu’aux pentes plus élevées associées à des zones de remontée d’eau froide et de forte productivité biologique. On croit que les jeunes requins grisets demeurent dans les eaux moins profondes de la plateforme continentale et du sommet de la pente jusqu’à l’âge de l’adolescence, période où ils se dirigent vers les eaux plus profondes, plus bas dans la pente.

Biologie

On croit que l’accouplement et la parade nuptiale ont lieu en eaux profondes. Les requins grisets sont ovovivipares, c’est-à-dire que le jeune éclot dans le corps de la femelle avant d’être libéré. Les femelles ont un cycle de reproduction de deux ans et une gestation estimée de 12 à 24 mois. Le nombre de petits portés par les femelles n’est seulement recensé que dans trois comptes rendus crédibles, lesquels mentionnent de 47 à 70 petits d’une taille allant de 61 à 73 cm. L’obtention de données sur l’âge et la croissance est freinée par la difficulté à déterminer l’âge et par le manque de spécimens matures de grande taille. Cette espèce présente un dimorphisme sexuel : les femelles atteignent une plus grande taille que les mâles. Pour les femelles, on rapporte que la longueur à la maturité est de 421 à 482 centimètres (cm). Pour les mâles, elle est de 310 cm. Il est rare de trouver des animaux matures : une seule femelle mature a été enregistrée dans les eaux du nord-est du Pacifique. L’âge de la maturité est le plus souvent de 11 à 14 ans pour les mâles et de 18 à 35 ans pour les femelles et on estime l’âge de longévité à 80 ans. Ces valeurs n’ont toutefois pas été confirmées au moyen d’études valides sur la détermination de l’âge. La longueur maximale rapportée est de 482 cm. Le temps de génération du requin griset est inconnu et la mortalité naturelle n’a jamais été estimée. Aucun prédateur de requins grisets adultes n’a été signalé. Du point de vue alimentaire, le requin griset est généraliste. Il s’alimente surtout la nuit d’une grande diversité de proies. Ses habitudes de déplacement comprennent un déplacement d’individus matures vers des zones nourricières moins profondes afin de donner naissance. Les juvéniles semblent utiliser les eaux côtières moins profondes et demeurent longtemps dans des zones relativement restreintes. Les comportements migratoires relatifs aux saisons et/ou à la latitude n’ont pas été consignés.

Interactions avec les pêches

On sait que le requin griset a été la cible d’au moins trois pêches dirigées en eaux canadiennes. La première a eu lieu au début des années 1920 et s’intéressait à la peau utilisée dans la fabrication de cuir de requin. La deuxième s’est déroulée entre 1937 et 1946 et s’intéressait au foie des requins en raison de la vitamine A qu’il contient. La troisième pêche commerciale de requins grisets a débuté, à titre expérimental, à la fin des années 1980 et s’est poursuivie jusqu’au début des années 1990. Elle a cependant été interrompue en raison de préoccupations ayant trait à la conservation. On a peu de données sur la capture accessoire de requins grisets en Colombie-Britannique. De récentes données d’observateurs montrent que cette espèce est capturée régulièrement par les pêches qui ciblent le flétan et l’aiguillat commun.

Taille et tendances des populations

Il n’existe à ce jour aucun indicateur fiable qui permette de déterminer la situation du requin griset en eaux canadiennes. La taille effective à long terme de la population du requin griset dans le nord-est du Pacifique a été estimée, d’après des techniques génétiques, à environ 8 000 individus. Toutefois, cette valeur demeure très incertaine et ne peut être utilisée pour estimer l’abondance actuelle. D’après une vidéosurveillance et des enregistrements de plongée anecdotiques, les taux de rencontre de requins grisets immatures à un site peu profond du détroit de Géorgie ont diminué de manière notable (> 90 p. 100) au cours des cinq dernières années.

Facteurs limitatifs et menaces

La pêche est la seule menace immédiate connue aux populations de requins grisets au Canada. Une pêche intensive de cette espèce a eu lieu entre la fin des années 1930 jusqu’au milieu des années 1940, mais les prises d’aujourd’hui consistent en captures accessoires non exploitées. Les répercussions de la pêche actuelle sur la population dépendent de la taille de cette dernière, de la mortalité causée par la pêche et des profils démographiques des prises accessoires (à savoir l’âge, la taille et le sexe), qui sont tous des points très peu connus.

Importance de l’espèce

Le requin griset est le plus grand requin prédateur que l’on rencontre habituellement dans les eaux canadiennes du Pacifique. En effet, des requins grisets immatures effectuent régulièrement des incursions dans les eaux peu profondes de certains sites, ce qui permet aux plongeurs de les observer.

Protection actuelle

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a classifié le requin griset dans la catégorie « espèce à faible risque/quasi menacée » (LR/nt) (Shark Specialist Group, 2000). Au Canada, cette espèce ne fait l’objet d’aucune protection officielle.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Notes de bas de page

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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Information sur l'espèce

Nom et classification

Le requin griset (Hexanchus griseus) est l’une des quatre espèces appartenant à la famille des Hexanchidés, que l’on désigne parfois en anglais sous le nom de « cow sharks » (requins vaches). Deux autres espèces de requins à six fentes branchiales composent le genre Hexanchus : le H. nakamurai et le H. vitulus, mais on ne les trouve pas dans les eaux canadiennes du Pacifique. En anglais, le requin griset est aussi connu sous les noms de « sixgill shark », « six-gill shark », « mud shark », « cow shark », « shovelnosed shark », « grey shark »et « gray shark » (Froese et Pauly, 2005). D’anciens documents historiques du Canada font souvent référence à cette espèce en tant que « mud shark ».

Description morphologique

Le requin griset est facile à reconnaître car il possède plusieurs caractéristiques rarement présentes chez les autres espèces de requins (Mecklenburg et al., 2002). Le nom anglais « sixgill » fait référence à la présence de six fentes branchiales puisque la plupart des autres espèces de requins n’en ont que cinq (figure 1). Une deuxième caractéristique notable est la présence d’une seule nageoire dorsale contrairement aux deux que possèdent les autres espèces de requins habituellement présentes sur la côte canadienne du Pacifique. Sur la face dorsale, les requins grisets sont de teinte brun foncé ou gris allant jusqu’au noir, mais cette coloration s’éclaircit vers la face ventrale. Leur tête est large et comprimée verticalement et leur museau est arrondi. Leurs yeux sont d’un vert vif remarquable et sont moyennement grands (Ebert, 2003). Les dents supérieures et inférieures du requin griset diffèrent de façon frappante : les dents inférieures sont très grosses, basses et larges et portent plusieurs cuspides (de 8 à 12) tandis que les dents supérieures sont plus petites et singulièrement pointues (Mecklenburg et al., 2002). L’unique nageoire dorsale est placée loin derrière sur le corps et positionnée au-dessus et entre les nageoires pelviennes et anales de la face ventrale. Comme pour bon nombre de requins benthiques, la nageoire caudale du requin griset présente un petit lobe inférieur.

Figure 1. Schéma du requin griset. Source : Compagno, 1984.

Figure 1. Schéma du requin griset. Source : Compagno, 1984. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 1

La figure 1 est une illustration du requin griset qui met en évidence ses six fentes branchiales distinctes, son unique nageoire dorsale, située bien à l’arrière de son corps, et sa coloration foncée sur la face dorsale, mais pâle sur la face antérieure. La tête est large et comprimée et présente un museau arrondi. L’image montre que la nageoire caudale de l’animal possède un lobe inférieur de petite taille. Une ligne indiquant la longueur maximale enregistrée, soit de 350 centimètres (cm) (mâle) et de 480 cm (femelle), est située au bas de l’illustration.

Description génétique

La structure démographique des requins grisets n’a pas été suffisamment étudiée pour l’ensemble de leur aire de répartition mondiale. Les quelques études entreprises visent surtout les populations du nord-est du Pacifique. Au Canada, une seule étude par marquage (n = 214) a été effectuée le long de la côte ouest de l’île de Vancouver en 1994, mais aucune donnée sur la structure de la population n’est ressortie de cette modeste étude (McFarlane, communication personelle (comm. pers.), 2006). Une étude combinant le marquage et la génétique est en cours à Puget Sound depuis 2001 (Larson et al., 2005). En janvier 2006, on recensait 45 requins marqués d’une étiquette-aiguillon visible en acier inoxydable (Larson et Christiansen, 2003; Christiansen, comm. pers., 2006). Seize des requins marqués ont été vus une seconde fois dans la zone d’observation et un de ceux-ci a été vu à 4 reprises pendant son séjour au large qui a duré près de 700 jours. Des résultats génétiques préliminaires obtenus à partir de 200 échantillons permettent de croire que la taille effective à long terme de la population est d’au moins 7 900 individus (Larson et al., 2005). Il est cependant impossible de tirer des conclusions sur les niveaux actuels d’abondance de la population à partir de l’estimation génétique. De façon générale, la structure de la population est inconnue.

Unités désignables

On ne connaît pas la structure de la population des requins grisets dans les eaux canadiennes du Pacifique. Il n’y a aucun obstacle connu à la migration ou à la dispersion. Par conséquent, dans le cadre du présent rapport, les requins grisets de l’ensemble des eaux canadiennes sont considérés comme une seule unité désignable.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

Les requins grisets sont vastement répandus dans toutes les mers tempérées et tropicales de la planète. Dans le Pacifique Nord on les trouve du Japon, au sud des îles Aléoutiennes, jusqu’en Californie et au Mexique, de même qu’aux îles Hawaï (figure 2) (Compagno, 1984; Mecklenburg et al., 2002). Dans le Pacifique Sud, on signale leur présence en Australie et en Nouvelle-Zélande. Dans l’Atlantique Est, leur aire de répartition est considéré s’étendre de la Caroline du Nord à la Floride et de la partie nord du Golfe du Mexique jusqu’à la portion nord de l’Argentine, en passant par le Nicaragua, le Costa Rica et Cuba; toutefois, deux indivivus immatures ont été capturés au large de la Nouvelle-Écosse en 1989 et 1990 (Gilhen et Coad, 1989). Dans l’Atlantique Ouest, on trouve ce requin depuis l’Islande et la Norvège jusqu’à la Namibie au sud, mer Méditerranée comprise. Dans l’océan Indien, son aire de répartition comprend les eaux au large de Madagascar et du Mozambique.

Figure 2. Répartition mondiale des requins grisets. Source : Compagno, 1984.

Figure 2. Répartition mondiale des requins grisets. Source : Compagno, 1984. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 2

La figure 2 est une illustration du milandre, mettant en évidence la couleur bleu-gris foncée de sa face dorsale qui passe au blanc sur sa face antérieure. Le milandre possède deux nageoires dorsales, et sa nageoire caudale comporte un gros lobe subterminal qui est presque aussi long que le lobe inférieur. Son museau est long et pointu. Une ligne indiquant la longueur maximale consignée, soit de 175 cm (mâle) et de 195 cm (femelle), est située au bas de l’illustration.

Aire de répartition canadienne

On croit que les requins grisets sont bien répartis sur l’ensemble des eaux canadiennes du Pacifique, ce qui comprend les bras de mer, la plateforme et la pente continentales ainsi que le détroit de Géorgie (figure 3). Les données d’observations disponibles dans les bases de données se limitent à de récents enregistrements de captures commerciales (de 1996 à 2005) et à des relevés de recherche. Cela ne permet pas de bien comprendre la façon dont ils sont répartis à l’échelle canadienne (figure 3). Les flottes de chaluts capturent cette espèce à des profondeurs bien différentes (de 20 m à 1 000 m) (figure 4). Les bateaux de pêche aux lignes trouvent des membres de l’espèce à des profondeurs allant de 20 m à 440 m, la plupart du temps à moins de 200 m (figure 5). Dans la documentation, il est mentionné que ce requin peut se trouver à au moins 2 500 m de profondeur (Ebert, 2003). En l’absence d’autres données, on estime, pour le présent rapport, que la zone d’occurrence comprend toutes les eaux canadiennes situées à une profondeur de 20 m à 2 000 m, ce qui représente une zone de 133 139 km2 (figure 6). Un enregistrement de deux individus immatures en Nouvelle-Écosse en 1989 et 1990 indique que l’espèce est également présente dans les eaux canadiennes de l’Atlantique, bien que cela se produit probablement très rarement à cet endroit ou que l’espèce qui s’y trouve est errante (Gilhen et Coad, 1989).

Figure 3. Aire de répartition du requin griset au Canada selon des observations faites lors de pêches commerciales aux lignes et au chalut entre 1996 et 2005. Il est à noter que les enregistrements en amont des bras de mer donnent l’impression de provenir de la terre ferme. Source : base de données PacHarv.

Figure 3. Aire de répartition du requin griset au Canada selon des observations faites lors de pêches commerciales aux lignes et au chalut entre 1996 et 2005. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 3

La figure 3 est une carte qui montre l’aire de répartition du requin griset dans les mers tempérées et tropicales autour du monde. La répartition est indiquée en rouge, mettant en évidence une forte représentation dans le Pacifique Nord touchant le Japon, les îles Aléoutiennes, la Californie, le Mexique et les îles Hawaï. Dans le Pacifique Sud, on le retrouve en Australie et en Nouvelle-Zélande. Dans l’Atlantique Ouest, on le retrouve de la Caroline du Nord et du nord du golfe du Mexique jusqu’au Nicaragua, au Costa Rica, à Cuba et en Argentine. Dans l’Atlantique Est, on retrouve le requin griset de l’Islande et de la Norvège jusqu’en Afrique du Sud ainsi que dans la Méditerranée. Dans l’océan Indien, on en recense près de Madagascar et du Mozambique.

Figure 4. Répartition en profondeur des traits de chaluts commerciaux pour l’ensemble de la côte entre 1996 et 2005 et pour lesquels le requin griset a été enregistré (barres vides) comparativement à l’effort total de chalutage selon la profondeur (barres grises pleines). Les enregistrements qui se trouvent entre les deux lignes verticales représentent l’intervalle de profondeur où 95 p. 100 des observations ont été effectuées. Source : base de données PacHarvTrawl.

Figure 4. Répartition en profondeur des traits de chaluts commerciaux pour l’ensemble de la côte entre 1996 et 2005 et pour lesquels le requin griset a été enregistré (barres vides) comparativement à l’effort total de chalutage selon la profondeur (barres grises pleines) (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 4

La figure 4 est une représentation détaillée de la répartition des occurrences de prises de requins grisets dans les eaux du Pacifique canadien. Elle indique que le requin griset est vraisemblablement bien répandu dans la majeure partie de la région, y compris les bras de mer, le plateau et le talus continentaux ainsi que le détroit de Georgia. L’image comprend des petits points noirs qui représentent les prises enregistrées de l’espèce (plus d’un individu peut être inscrit par entrée au registre) pour chaque endroit, révélant des concentrations autour de Haida Gwaii, du détroit de la Reine-Charlotte et du plateau continental le long de la côte ouest de l’île de Vancouver ainsi qu’à quelques endroits dans le détroit de Georgia.

Figure 5. Répartition en profondeur des calées de pêche aux lignes commerciale ayant capturé du requin griset le long de la côte de la Colombie-Britannique entre 1996 et 2004. Source : base de données PacHarvHL.

Figure 5. Répartition en profondeur des calées de pêche aux lignes commerciale ayant capturé du requin griset le long de la côte de la Colombie-Britannique entre 1996 et 2004. Source : base de données PacHarvHL. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 5

La figure 5 est une carte de la répartition du milandre dans les zones tempérées et subtropicales entre les latitudes de 68° N et de 55° S. La répartition est indiquée en rouge et met en évidence une forte représentation dans le nord-est de l’océan Pacifique, de la Colombie-Britannique jusqu’à la Basse-Californie. Dans le sud de l’océan Pacifique, on le retrouve en Australie et en Nouvelle-Zélande ainsi que le long de la majeure partie de la côte Pacifique de l’Amérique du Sud. Dans l’Atlantique Ouest, on retrouve le milandre le long de l’extrémité sud de l’Amérique du Sud, du sud du Brésil à l’Argentine. Dans l’Atlantique Est, on le retrouve le long des côtes européennes, y compris la mer Méditerranée, ainsi que le long de la côte ouest de l’Afrique.

Figure 6. Répartition probable du requin griset dans les eaux du Pacifique au Canada (zone grise) selon la tranche d’eau préférée (de 20 m à 2 000 m de profondeur).

Figure 6. Répartition probable du requin griset dans les eaux du Pacifique au Canada (zone grise) selon la tranche d’eau préférée (de 20 m à 2 000 m de profondeur). (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 6

La figure 6 est une représentation détaillée des occurrences de prises de milandres dans les eaux du Pacifique canadien. L’image comporte des petits points noirs qui représentent les prises enregistrées de l’espèce (plus d’un individu peut être inscrit par entrée au registre) pour chaque endroit. La carte révèle qu’on a surtout pris cette espèce dans les eaux du plateau continental le long de l’île de Vancouver, du détroit de la Reine-Charlotte et du détroit d’Hécate.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Le requin griset est surtout considéré comme une espèce benthique de profondeur qui habite à des profondeurs supérieures à 91 mètres (m), mais on sait qu’il peut également se trouver aussi bien à la surface qu’à des profondeurs de 2 500 m (Ebert, 2003). L’espèce se trouve surtout au‑dessus des plateformes continentale et insulaire de même qu’aux pentes plus élevées associées à des zones de remontée d’eau froide et de forte productivité biologique (Ebert, 2003). On croit que les jeunes requins grisets demeurent dans les eaux moins profondes de la plateforme continentale et du sommet de la pente jusqu’à l'âge de l’adolescence, période durant laquelle ils vont plus bas dans la pente, en eau plus profonde (Ebert, 2003). Les nouveau-nés et les juvéniles peuvent souvent errer près du rivage et se trouvent occasionnellement dans des baies et des ports (Ebert, 2003). Les mâles adultes demeurent généralement en eau plus profonde, où l’accouplement et la parade nuptiale ont lieu. En Colombie‑Britannique, lors d’une unique étude par marquage (n = 214) effectuée dans les bras de mer du long de la côte ouest de l’île de Vancouver, les individus observés étaient principalement des juvéniles mâles et femelles, mais jamais des femelles matures, et les deux sexes mesuraient en moyenne 205 centimètres (cm) de long (figures 7 et 8). Une étude par vidéosurveillance réalisée dans le détroit de Géorgie n’a également permis d’observer que des animaux immatures dont la longueur moyenne était de 240 cm (n = 35) (Dunbrack, communication personnelle, 2006).

Figure 7. Emplacements de marquage (cercles rouges) du requin griset le long de la côte ouest de l’île de Vancouver dans le cadre d’une étude par marquage effectuée en 1994.

Figure 7. Emplacements de marquage (cercles rouges) du requin griset le long de la côte ouest de l’île de Vancouver dans le cadre d’une étude par marquage effectuée en 1994. (Voir description longue ci-dessous.)
Longue description pour la figure 7

La figure 7 est une représentation détaillée des zones de gestion du poisson de fond de la Commission des pêches maritimes du Pacifique (CPMP) à l’intérieur des eaux du Pacifique canadien, le long de la côte de la Colombie-Britannique. Elle illustre la délimitation de chaque zone (3C, 3D, 4B, 5A, 5B, 5C, 5D, 5E) en différents tons de gris.

Figure 8. Distribution des fréquences de longueurs des requins grisets mâles (tableau supérieur) et femelles (tableau inférieur) capturés lors d’un relevé de recherche le long de la côte ouest de l’île de Vancouver en 1994. Source : Pêches et Océans Canada, données non publiées.

Figure 8. Distribution des fréquences de longueurs des requins grisets mâles (tableau supérieur) et femelles (tableau inférieur) capturés lors d’un relevé de recherche le long de la côte ouest de l’île de Vancouver en 1994.

Tendances en matière d’habitat

Il n’y a pas de tendance connue en matière d’habitat pour le requin griset des eaux de la Colombie‑Britannique.

Protection et propriété

Aucun habitat n’a été protégé expressément à des fins de conservation des requins grisets. Il existe plusieurs aires de conservation du sébaste qui soumettent la plupart des activités de pêche à une restriction; on ne sait cependant pas si les requins grisets utilisent ces zones. Il y a eu, dans le passé, de multiples propositions visant la protection de zones connues pour abriter de fortes concentrations de requins grisets et susciter un intérêt pour la plongée touristique, mais aucune n’a été exécutée à ce jour (Harvey‑Clark, 1995).

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Biologie

Les connaissances actuelles sur les paramètres du cycle vital des élasmobranches du Pacifique sont résumées dans une matrice constituée et publiée sur un site Web par le Pacific Shark Research Centre aux laboratoires marins Moss Landing (http://psrc.mlml.calstate.edu/lht.php). La matrice comprend des renseignements actualisés sur la taxinomie, l’aire de répartition géographique, l’âge et la croissance, la longévité, la reproduction, la démographie, les interactions trophiques, l’utilisation de l’habitat, la génétique, le recrutement, la mortalité et le comportement de 102 espèces. Cette matrice a été utilisée comme référence reconnue sur la situation actuelle du requin griset dans le nord-est du Pacifique.

Cycle vital et reproduction

On croit que l’accouplement et la parade nuptiale ont lieu en eau profonde (Ebert, 2003). Bien que ces deux comportements n’aient pas été observés, on croit – en raison de l’apparition saisonnière de cicatrices sur les femelles – que le mâle saisit la femelle près des branchies, des nageoires pectorales et des flancs (Florida Museum of Natural History, 2006). Les requins grisets sont ovovivipares, c’est-à-dire que le jeune éclot dans le corps de la femelle avant d’être libéré. Les femelles ont un cycle de reproduction de deux ans et une gestation estimée de 12 à 24 mois (Ebert, 1990). Le nombre de petits portés par les femelles n’est recensé que dans trois comptes rendus crédibles, lesquels mentionnent 47, 51 et 70 petits d’une taille allant de 61 à 73 centimètres (cm) (Ebert, 2002; Ebert, 2003). Une mention non vérifiée d’un spécimen portant à lui seul 108 petits a été faite par un pêcheur en France au tournant du XXe siècle (Bigelow et Schroeder, 1948). Le requin griset est l’une des espèces les plus fécondes des élasmobranches.

L’obtention de données sur l’âge et la croissance est freinée par la difficulté à déterminer l’âge et par le manque de spécimens matures de grande taille (Ebert, 1986; McFarlane et al., 2002). McFarlane et al. (2002) estime que le requin griset immature grandit d’environ 25 cm par année. Dans la même étude on rapporte que la longueur selon l’âge des femelles immatures (N = 8) va de 130 cm, à l’âge de 4 ans, à 340 cm, à l’âge de 10 ans. Cette espèce présente un dimorphisme sexuel avec les femelles atteignant une plus grande taille que les mâles. On a rapporté des longueurs à la maturité, dans le cas de femelles, de 450 à 482 cm (Springer et Waller, 1969), de 421 cm (Ebert, 1986) et de 420 cm (Ebert, 2002). Une femelle d’une longueur de 405 cm portant cinq petits a été découverte échouée sur le rivage dans le détroit de Géorgie (Comox, Colombie-Britannique) en 2001 (King, comm. pers., 2006). La longueur à la maturité des mâles a été établie principalement à partir de spécimens des eaux sud-africaines et est de 310 cm (Ebert, 2002). On trouve rarement des animaux matures : une seule femelle mature a été recensée dans les eaux du nord-est du Pacifique (Ebert, 1986). Dans le cadre d’une seule étude par marquage effectuée le long de la côte ouest de l’île de Vancouver en 1994, aucune femelle mature n’a été capturée (N = 118) alors que 20 p. 100 de la population de mâles atteignait ou presque la longueur de première maturité sexuelle (N = 96) (figure 8).

L’âge à la maturité est inconnu en raison du manque de spécimens matures. Sur divers sites Web, on rapporte que l’âge de la maturité est de 11 à 14 ans pour les mâles et de 18 à 35 ans pour les femelles, et que la longévité, selon des estimations, pourrait atteindre 80 ans, mais ces valeurs n’ont pas été confirmées au moyen d’études valides sur la détermination de l’âge ni publiées dans la documentation scientifique (Florida Museum of Natural History, 2006). La longueur maximale rapportée est de 482 cm, mais des spécimens de plus de 500 cm pourraient exister (Compagno, 1984; Ebert, 2002). On considère fausses les mentions de spécimens d’une longueur supérieure à 800 cm.

Une relation longueur-poids des requins grisets femelles des eaux californiennes a été établie selon l’équation suivante : Poidskg= -37,5 + (6,64x10-2)(longueur totalecm)+(-3,11x10-5)(longueur totalecm2)+(1X10-8)(longueur totalecm3) (Ebert, 1986). Une étude récente utilisant des juvéniles capturés à Puget Sound a permis de découvrir que la relation allométrique longueur-poids est Poidskg = (7,80X10-7) * longueur totalecm3,38 (Gallucci et al., 2005).

Le temps de génération du requin griset est inconnu et la mortalité naturelle n’a jamais été estimée.

Herbivores/prédateurs

Les requins grisets adultes ne semblent pas avoir de prédateurs. Leur vie en eau profonde ainsi que leur grande taille limitent probablement leur potentiel à être des proies. Étant donné la taille importante de leur portée, la mortalité naturelle des jeunes requins grisets est probablement assez élevée. On croit que d’autres élasmobranches s’alimentent de requins grisets juvéniles mais un seul compte rendu le confirme, à savoir une prédation par le squale bouclé du Pacifique (Echinorhinus cookei) (Varoujean, 1972).

Déplacements et dispersion

Les connaissances relatives à la dispersion et aux déplacements du requin griset dans le nord-est du Pacifique se fondent uniquement sur des études localisées. La seule étude effectuée dans les eaux de la Colombie-Britannique a, en 1994, occasionné le marquage d’environ 214 individus. De ce programme, une seule recapture a été effectuée, soit une femelle de 170 cm qui avait été relâchée près de Tofino, qui a été recapturée près du même endroit par un pêcheur en 2000, et dont la longueur a été estimée entre 275 et 300 cm (McFarlane, comm. pers., 2006).

À Puget Sound, l’Aquarium de Seattle a mené un petit projet de recherche comprenant un marquage in situ et l’observation vidéo de requins grisets à partir d’une seule station (Larson et Christiansen, 2003; Larson et al., 2005). Depuis 2001, 45 requins ont été marqués par une étiquette-aiguillon visible en acier inoxydable Floy VM69. Seize de ces requins ont été revus au moins une fois, dont un individu qui a été observé durant quatre périodes d’observation distinctes au cours des 699 jours qu’il a passés au large (Christiansen, communication personnelle (comm. pers.), 2006). En 2005, sept requins ont été marqués d’émetteurs radio. Des résultats préliminaires issus du programme de marquage par étiquette visible et du programme de marquage par émetteurs radio portent à croire que les déplacements sont limités puisque certains de ces requins sont restés à proximité immédiate de l’endroit où s’est effectué le marquage (Christiansen, comm. pers., 2006). De manière générale, les requins semblent plus nombreux pendant la période de juillet à septembre.

Le Fish and Wildlife de Washington se joint aux efforts en participant à un programme de marquage de quatre ans à Puget Sound (de 2003 à 2006) (Bargmann, comm. pers., 2006). Environ 200 requins ont été capturés jusqu’à maintenant et tous sont des juvéniles (Gallucci et al., 2005). En 2005, on a marqué les individus capturés par des étiquettes classiques et placé des émetteurs radio sur 20 requins juvéniles. Des premières données non publiées permettent de croire que les juvéniles ont un domaine vital restreint (Bargmann, comm. pers., 2006). Les efforts investis dans le cadre de l’étude pour capturer des individus matures dans les eaux plus profondes de Puget Sound ont été vains.

Une troisième étude actuellement en cours aux îlots Flora (49°30,9′N, 124°34,5′O) du détroit de Géorgie, en Colombie-Britannique, s’effectue à partir d’une seule zone d’observation où, selon la saison, les requins grisets sont présents en grand nombre (Dunbrack et Zielinski, 2003). À l’aide de la vidéosurveillance, Dunbrack et Zielinski (2003) ont remarqué que les requins fréquentant leur site de recherche n’avaient été observés que du 28 mai au 16 octobre et que la période de plus grande abondance se situait entre la mi-juin et la mi-juillet. Tous les requins observés sont des individus immatures (Dunbrack, comm. pers., 2006). Dunbrack croit que le détroit de Géorgie, de même que d’autres zones situées à proximité du rivage de la côte de la Colombie-Britannique, sont principalement des zones nourricières et que les animaux matures se trouvent surtout au large, dans les eaux plus profondes (Dunbrack, comm. pers., 2006). Cependant, une femelle mature (longueur = 405 cm; portée de cinq petits) a été découverte échouée près de la région de Comox, dans le détroit de Géorgie, en 2001. Cela porte à croire que certains des requins grisets présents dans le détroit de Géorgie seraient matures (King, comm. pers., 2006). La tendance générale des déplacements proposée par Dunbrack rejoint celle proposée par Ebert (2003) pour d’autres régions. À partir des marques de cicatrices, Dunbrack (comm. pers., 2006) a étudié le temps de résidence de quelques individus pendant une période d’une semaine. Généralement, les animaux demeurent quelques jours au même endroit, puis cèdent la place à d’autres.

Aucune étude de suivi à long terme n’a été effectuée sur le requin griset. De façon générale, les habitudes de déplacement comprennent une migration d’individus matures vers des zones nourricières moins profondes afin de mettre bas. Les juvéniles semblent utiliser les eaux côtières moins profondes et demeurent longtemps dans des zones assez restreintes. Le comportement migratoire relatif à la saison et/ou à la latitude n’a pas été consigné. Dans le détroit de Géorgie et à Puget Sound, le nombre de requins trouvés dans les eaux peu profondes augmente durant les mois d’été.

Relations interspécifiques

Du point de vue alimentaire, le requin griset est généraliste, s’alimentant surtout la nuit d’une grande diversité de proies, notamment des céphalopodes, des Crustacés, plusieurs espèces de poissons osseux (p. ex. du merlu, du hareng, des espèces de poissons plats, de la morue, des maquereaux et du sébaste), des requins et des raies ainsi que de la charogne de mammifères marins comme des marsouins, des dauphins et des otaries (Compagno, 1984; Ebert, 1986; Ebert, 1994; Ebert, 2003). Lors d’une étude effectuée sur la côte ouest de l’île de Vancouver, on a examiné le contenu stomacal de 56 requins grisets juvéniles. Quarante-huit des estomacs examinés étaient vides, sept contenaient du saumon et un contenait du calmar (Benson et al., 2001).

Adaptabilité

Lerequin griset compte parmi les espèces de requins possédant la plus vaste aire de répartition dans le monde (Compagno, 1984; Ebert, 1986). Leur forme corporelle ressemble beaucoup aux formes fossiles présentes il y a 200 millions d’années (Florida Museum of Natural History, 2006). Cette espèce peut vraisemblablement s’adapter aux fluctuations naturelles ayant cours dans l’environnement comme les changements dans le type et dans la disponibilité des proies. On ne sait pas dans quelle mesure le requin griset peut s’adapter aux modifications environnementales d’origine humaine ou aux modifications dues à la mortalité par la pêche dans la structure de la population.

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Interactions avec les pêches

On sait que le requin griset a été la cible d’au moins trois pêches dirigées en eaux canadiennes. La première s’est tenue au début des années 1920, à proximité des eaux de l’île Mayne, dans la partie sud du détroit de Géorgie, et s’intéressait à leur peau, utilisée dans la fabrication de cuir de requin (voir l’annexe 1). On ignore la durée de cette entreprise et le nombre de requins capturés. Des articles de journaux de cette période font mention d’une pêche expérimentale qui a permis de capturer 357 requins en 24 jours (Times, 4 mai 1922, p. 13).

La deuxième pêche destinée à la capture de ces requins a eu lieu de 1937 à 1946 sur l’ensemble du territoire de la Colombie-Britannique. Elle s’intéressait principalement aux foies de requins pour en extraire la vitamine A. La pêche s’effectuait à des profondeurs allant de 20 mètres (m) à 100 m au moyen de palangres munies de 300 à 500 hameçons (Sunderland, 1937). Les statistiques sur les quantités débarquées de cette espèce ne figurent pas dans les documents gouvernementaux jusqu’en 1942, où elles sont rapportées sous l’en-tête « mudshark livers landed » (foies de requins grisets débarqués). Entre 1942 et 1946, 276 tonnes de foies de requins grisets ont été mises en marché en Colombie-Britannique (tableau 1).

Tableau 1. Quantités débarquées de foies de requins grisets ayant été consignées dans les statistiques gouvernementales sur les prises entre 1942 et 1946 et nombre estimé de requins en supposant une taille de foie moyenne équivalant à 72 kg. Source : Statistiques sur les pêches du Canada.
AnnéeLivres de foiesTonnes de foiesNombre estimé de requins
1942
124 219
56
776
1943
245 444
111
1 534
1944
140 800
64
880
1945
84 200
38
526
1946
15 100
7
94
Total
609 763
276
3 810

Des publications non-scientifiques de l’époque mentionnent qu’un foie de taille moyenne pèse 72 kilogrammes (kg) (160 lb) (Anonyme, 1943). Le foie du requin griset représente entre 10 p. 100 et 20 p. 100 du poids brut de l’animal (Bailey, 1952). Si l’estimation de 72 kg est juste, la grosseur moyenne du requin serait de 360 à 720 kg environ, ce qui correspond à une longueur approximative de 370 à 450 cm d’après l’équation longueur-poids Poidskg = (7,80X10-7) * longueur totalecm3,38 (Gallucci et al., 2005). (Il est à noter que cette équation est dérivée d’animaux de taille inférieure). Cette plage estimée de longueurs est élevée si on la compare aux autres longueurs connues observées dans les eaux du Pacifique du Canada, qui sont d’environ 200 à 250 cm (Dunbrack et Zielinksi, 2003; section « Habitat » du présent rapport). Le poids estimé du foie de 72 kg par requin semble élevé, à moins qu’on ait pu pêcher de façon constante des adultes ou des gros juvéniles.

On peut calculer de façon approximative le nombre de requins capturés en divisant le poids total des foies (276 t) par le poids moyen rapporté du foie (72 kg), ce qui revient à une capture modérée d’environ 3 800 animaux (tableau 1) de 1942 à 1946. En supposant que le ratio de poids du foie par rapport au poids corporel est exact, entre 1 380 et 2 760 tonnes de poids brut de requins pourraient avoir été débarquées au cours de cette période. Si le poids du foie a été surestimé, le nombre de requins capturés au cours de la pêche (tableau 1) aura alors été sous-estimé.

Des pêches semblables visant le foie de requins grisets se sont tenues dans les eaux de l’État voisin de Washington au cours de la même période (Bargmann, comm. pers., 2006). On n'a jamais examiné l’effet conjugué à long terme des deux pêches sur la population du nord-est du Pacifique. Si la structure de la population durant les années 1930 et 1940 était similaire à celle que l’on observe aujourd’hui en eau peu profonde, les prises effectuées par les pêches d’alors se composaient surtout d’individus juvéniles. La ségrégation entre adultes et juvéniles pourrait avoir offert une certaine résilience étant donné la longévité supposée de cette espèce et l’effort de pêche relativement bref (dix ans). Cependant, si la pêche comportait à la fois la capture de requins matures et juvéniles, l’incidence sur la population et sur son rétablissement subséquent aura sans doute été beaucoup plus importante.

La troisième pêche commerciale de requins grisets a été amorcée à titre expérimental à la fin des années 1980 et s’est tenue jusqu’au début des années 1990. Elle a cependant été interrompue en raison de préoccupations ayant trait à la conservation (McFarlane et al., 2002). Entre 1985 et 2005, 75 tonnes (t) de requins grisets au total (désignés « cowshark » et « sixgill » dans les registres) ont été consignées dans les bases de données fédérales sur les prises des pêches – 1985 aura été l’année la plus abondante avec 14,6 tonnes (figure 9). Le détroit de Géorgie et la côte ouest de l’île de Vancouver totalisent 75 p. 100 (55,7 t) des prises consignées (figure 10; annexe 2).

Figure 9. Prises déclarées de requins grisets dans les eaux canadiennes du Pacifique pour l’ensemble de la côte de 1984 à 2005. Source : base de données PacHarv.

Figure 9. Prises déclarées de requins grisets dans les eaux canadiennes du Pacifique pour l’ensemble de la côte de 1984 à 2005. Source : base de données PacHarv.

Figure 10. Prises déclarées de requins grisets dans les zones de gestion 3CD-Côte ouest de l’île de Vancouver (graphique supérieur) et 4B-détroit de Géorgie(graphique inférieur).Source : base de données PacHarv.

Figure 10. Prises déclarées de requins grisets dans les zones de gestion 3CD-Côte ouest de l’île de Vancouver (graphique supérieur) et 4B-détroit de Géorgie(graphique inférieur). Source : base de données PacHarv.

Tout au long de l’histoire de la pêche commerciale effectuée sur la côte de la Colombie-Britannique, les requins grisets ont été capturés en tant que prises accessoires, alors que d’autres espèces commerciales étaient visées par la pêche à la palangre principalement et, dans une moindre mesure, par la pêche au chalut. Les prises actuelles (de 1996 à 2005) consistent exclusivement en des prises accessoires et, par conséquent, les quantités consignées sont fonction des systèmes de déclaration des prises accessoires en place dans les différentes pêches. La répartition géographique relative des prises déclarées est montrée à la figure 3.

Depuis 1996, le chalutage commercial de poissons de fond fait l’objet d’une présence d’observateurs en mer de 100 p. 100 et, par conséquent, les prises de requins grisets déclarées par ce type de pêche sont tenues pour exactes. Un total de 10,8 tonnes a été déclaré entre 1996 et octobre 2005, soit 1,1 tonne par année. Le nombre de requins que cela représente est inconnu. Si nous supposons une taille moyenne de 205 cm (~ 50 kg) tel que déterminé au cours de l’étude par marquage effectuée le long de la côte ouest, environ 22 requins grisets par année seraient alors capturés par les engins de chalutage. Un plus grand nombre de prises est effectué dans les zones 3C/D de la Commission des pêches maritimes du Pacifique, le long de la côte ouest de l’île de Vancouver. Ces prises totalisent environ 40 p. 100 de toutes les prises (tableau 2).

Tableau 2. Prises par chalut commercial (kg) et nombre de requins grisets trouvés dans les eaux de la Colombie-Britannique de 1996 à octobre 2005 selon les zones de gestion de la Commission des pêches maritimes du Pacifique. Le nombre de requins est estimé en supposant un poids moyen de 50 kg.Source : base de données PacHarvTrawl.
AnnéeZone et prises (kg)
3C
Zone et prises (kg)
3D
Zone et prises (kg)
4B
Zone et prises (kg)
5A
Zone et prises (kg)
5B
Zone et prises (kg)
5C
Zone et prises (kg)
5E
Total (kg)Nombre estimé de requins
1996
 
82
 
252
23
 
 
357
7
1997
107
34
 
84
130
 
 
355
7
1998
1 816
14
14
11
408
 
2 268
4 531
91
1999
308
34
 
194
38
 
581
1 155
23
2000
14
50
91
 
91
 
 
246
5
2001
794
248
441
68
 
 
 
1 551
31
2002
57
136
68
 
231
544
 
1 036
21
2003
103
576
193
27
291
 
 
1 190
24
2004
 
68
 
23
68
91
45
295
6
2005
 
 
65
 
 
 
 
65
1
Total (kg)
3 199
1 242
872
659
1 280
635
2 894
10 781
216

Ce n’est que depuis 2001 que les pêches aux lignes, dont les pêches à l’aiguillat commun, à la morue-lingue, au sébaste, au flétan et à la morue charbonnière, sont suivies par des observateurs en mer avec, généralement, une présence par flotte allant de 10 p. 100 à 15 p. 100 (MPO, 2003, 2004, 2005a). En plus des données d’observateurs en mer, on dispose également des données de quelques pêcheurs qui ont consigné des captures de requins grisets dans leurs journaux de bord. Le programme d’observateurs en mer a enregistré 7,2 tonnes de 2001 à 2004 (tableau 3) tandis que les journaux de bord de pêcheurs ont enregistré 4,7 tonnes de 2001 à 2005 (tableau 4). Puisque les pêcheurs n’étaient pas dans l’obligation de rendre compte des captures de requins grisets dans leurs journaux de bord, la capture réelle ne peut être déterminée, mais serait plus élevée. La pêche au flétan et la pêche à l’aiguillat commun (aussi nommées Annexe II) ont entraîné la capture de la plus importante quantité de requins grisets (annexe 3).

Tableau 3. Prises de requins grisets consignées par des observateurs selon les zones de gestion de la Commission des pêches maritimes du Pacifique et résultant de la pêche aux lignes en Colombie-Britannique. Le nombre de requins est estimé en supposant un poids moyen de 50 kg. Source : base de données PacHarvHL.
AnnéeZone et prises déclarées
(kg)
3C
Zone et prises déclarées
(kg)
3D
Zone et prises déclarées
(kg)
4B
Zone et prises déclarées
(kg)
5A
Zone et prises déclarées
(kg)
5B
Zone et prises déclarées
(kg)
5C
Zone et prises déclarées
(kg)
5D
Zone et prises déclarées
(kg)
5E
Zone et prises déclarées
(kg)
Inconnues
Total (kg)Nombre estimé de requins
2001
18
 
363
 
 
 
 
295
 
676
14
2002
 
2 267
37
562
141
 
95
 
 
3 102
62
2003
262
295
1 031
 
182
113
91
286
 
2 260
45
2004
45
816
104
 
 
 
 
 
181
1 146
23
Total
325
3 378
1 535
562
323
113
186
581
181
7 184
144

 

Tableau 4. Données de prises déclarées (kg) de requins grisets dans journaux de bord de pêcheurs selon la zone de gestion de la Commission des pêches maritimes du Pacifique. Le nombre de requins est estimé en supposant un poids moyen de 50 kg.Source : base de données PacHarvHL.
AnnéeZone et prises déclarées
(kg)
3C
Zone et prises déclarées
(kg)
3D
Zone et prises déclarées
(kg)
4B
Zone et prises déclarées
(kg)
5E
Zone et prises déclarées
(kg)
Inconnues
Total (kg)Nombre estimé de requins
1986
 
 
 
 
67
67
1
1989
 
 
 
 
240
240
5
1990
 
 
 
 
186
186
4
1992
 
145
 
 
 
145
3
1996
 
 
 
 
13
13
0
2001
548
 
110
 
 
658
13
2002
 
 
2 631
987
329
3 947
79
2003
92
 
 
 
 
92
2
2004
14
 
 
 
 
14
0
2005
 
 
18
 
 
18
0
 Total
654
145
2 759
987
835
5 380
108


Il n’existe aucune méthode fiable permettant d’appliquer les données d’observateurs de manière à en dériver une capture réelle. L’application des données relatives aux espèces moins fréquemment capturées comme le requin griset doit se faire avec prudence; néanmoins, ces données offrent un point de départ pour déterminer la capture réelle. On convient aussi de noter que le niveau de présence des observateurs dans le domaine de la pêche aux lignes n’est pas réparti en nombre égal selon le type de bateau (c’est-à-dire que les bateaux plus petits ne peuvent transporter de personnes supplémentaires), ce qui entraîne une source d’erreurs additionnelle puisque les bateaux plus petits sont portés à pêcher dans des eaux mieux protégées et moins profondes. Dans l’hypothèse où les prises de requins grisets observées sont directement proportionnelles à la flottille dans son ensemble, la capture réelle, établie en fonction d’une présence d’observateurs de l’ordre de 15 p. 100, pourrait plutôt avoir été de 12 tonne par année (~ 240 requins) entre 2001 et 2004.

Une autre méthode qui permet d’estimer la capture accessoire réelle est de considérer le ratio de requins grisets observés comme une proportion de l’espèce cible prélevée. Dans le cas de l’aiguillat commun et du flétan du Pacifique, les ratios de requins grisets observés sont respectivement de 7,0 kg et de 1,9 kg par tonne prélevée (annexe 4). De 2001 à 2005, environ 4 100 tonnes d’aiguillats communs et 5 100 tonnes de flétans du Pacifique ont été prélevées annuellement en Colombie-Britannique. Cela aura entraîné une capture estimée possible de 38 tonnes de requins grisets par année (~ 760 requins) (annexe 4).

De façon générale, on en sait très peu sur la capture de requins grisets en Colombie-Britannique. De récentes données d’observateurs montrent que des requins grisets sont régulièrement capturés par les pêches qui visent le flétan et l’aiguillat commun. Depuis 2006, grâce à la surveillance électronique (vidéosurveillance), la pêche aux lignes fait l'objet d’une observation en mer de 100 p. 100 qui aidera à déterminer la capture accessoire réelle de requins grisets. Ces données n’étaient pas encore disponibles au moment de rédiger le présent rapport. Par ailleurs, il se peut que des requins soient capturés mais qu’ils soient en mesure de se libérer de l’hameçon avant d’être amenés à la surface. La mortalité rattachée à la capture accessoire de requins grisets n’a pas été étudiée. Selon un pêcheur d’aiguillats communs, il peut arriver que l’on trouve un requin griset mort dans la ligne-mère s’il s'enchevêtre dans la ligne, mais généralement les requins sont ramenés vivants à la surface et, une fois libérés, ils ont tendance à s’éloigner en nageant vigoureusement (Edwards, comm. pers., 2006).

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Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Au cours de la préparation du présent rapport, les auteurs ont consulté des experts ainsi que des établissements de recherche sur les requins établis le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord. Il n’existe pas d’indice à long terme de l’abondance ni d’estimations de l’abondance absolue du requin griset. Les pêches qui utilisent des chaluts de fond ou des lignes dormantes ne capturent pas assez souvent le requin griset pour permettre de répertorier ses populations dans les enquêtes indépendantes standard qui s'y rapportent. Nous avons étudié l’inventaire 1994-2004 sur les lignes dormantes de la Commission internationale du flétan du Pacifique (six enregistrements), l’inventaire triennal sur le chalutage de fond du National Marine Fisheries Service (un enregistrement issu des eaux canadiennes) ainsi que plusieurs inventaires sur le chalutage du ministère des Pêches et des Océans (un enregistrement). Aucune de ces enquêtes ne permet l’indexation des tendances dans l’abondance ou une estimation de l’abondance absolue au moyen d’une extension.

Abondance

La taille effective à long terme de la population a été estimée, par le biais de techniques génétiques, à environ 7 900 individus (Larson et al., 2005). Cette estimation a été établie en examinant la diversité génétique au moyen de sept marqueurs d’ADN microsatellitaires d’environ 200 individus juvéniles sur lesquels une biopsie a été effectuée à Puget Sound (de 2001 à 2004). Étant donné le faible nombre de marqueurs, les hypothèses relatives aux taux de mutation et la zone géographique restreinte dans laquelle les échantillons ont été recueillis (au centre et au sud de Puget Sound), il est peu probable que cette estimation soit exacte et elle pourrait ne pas tenir compte des changements récents dans l’abondance de la population. De plus, on ne connaît pas l’étendue géographique de la population reproductrice. Si les tendances soupçonnées en matière de dispersion et de déplacements du requin griset sont exactes, la population reproductrice réside alors probablement le long de la plateforme continentale de la partie ouest de l’Amérique du Nord. On ne connaît pas l’étendue de la dispersion et des déplacements latitudinaux.

Fluctuations et tendances

Une étude par vidéosurveillance ayant cours sur un petit récif rocheux peu profond à proximité des îlots Flora (49°30,9′N, 124°34,5′O), dans le détroit de Géorgie, et décrite précédemment dans le présent rapport est le seul indice d’abondance disponible pour les requins grisets en eaux canadiennes (voir la section « Déplacements et dispersion »). Des résultats non publiés tirés de cette étude montrent un déclin constant et graduel dans la fréquence des observations de 2001 à 2005 (figure 11; Dunbrack, comm. pers., 2006). Il est important de noter que les requins ne peuvent généralement pas être différenciés des autres; l’indice pourrait donc ne pas dénoter l’abondance mais plutôt le comportement au site. Le déclin observé est par ailleurs corroboré par un déclin similaire dans les taux de rencontre au cours de plongées autonomes récréatives, qui vont d’une moyenne de 1,8 requin par plongée en 1999 à 0,1 requin par plongée en 2005 (Heath, comm. pers., 2006; annexe 5). Les données de plongée n’ont pas été normalisées pour tenir compte de l’effort réel (c’est-à-dire le temps passé dans l’eau, le nombre de plongeurs) et sont donc considérées anecdotiques.

Figure 11. Fréquence relative d’observations de requins grisets au moyen d’une caméra de vidéosurveillance continue aux îlots Flora, dans ledétroit de Géorgie. Les observations ont été enregistrées durant le jour. Dunbrack, comm. pers. (2006), données non publiées.

Figure 11. Fréquence relative d’observations de requins grisets au moyen d’une caméra de vidéosurveillance continue aux îlots Flora, dans ledétroit de Géorgie. Les observations ont été enregistrées durant le jour.Dunbrack, comm. pers. (2006), données non publiées.

Le site d’étude des îlots Flora est unique au monde puisqu’il existe très peu d’endroits où il est possible d’observer régulièrement des requins grisets en eau peu profonde. Considérant la nature atypique de ce site et la présence d’un seul point de surveillance, les interprétations faites à partir de la tendance observée doivent être examinées avec prudence. Aucune cause évidente, par exemple le début d’une pêche commerciale, ne peut expliquer le déclin dans le taux de rencontre. La seule activité de pêche tenue dans le détroit de Géorgie connue pour capturer des requins grisets est la pêche à l’aiguillat commun au moyen de la palangre. Cette pêche est active dans le détroit de Géorgie depuis plusieurs décennies et montre différentes quantités de prises (figure 12). Depuis 2002, les quantités débarquées d’aiguillats communs ont augmenté dans tout le détroit de Géorgie. Il est improbable, même dans l’hypothèse où la mortalité du requin griset a augmenté, que cela soit suffisant pour expliquer la quasi-disparition des requins grisets au site des îlots Flora.

Figure 12. Quantités débarquées (t) d’aiguillats communs capturés à la palangre dans la zone 4B : détroit de Géorgiede la Commission des pêches maritimes du Pacifique. Source : base de données PacHarvHL.

Figure 12. Quantités débarquées (t) d’aiguillats communs capturés à la palangre dans la zone 4B : détroit de Géorgiede la Commission des pêches maritimes du Pacifique. Source : base de données PacHarvHL.

Parmi les autres causes plausibles, il y a la modification des conditions environnementales comme la température de l’eau, qui pourrait influencer la répartition en profondeur des requins. Aucun des requins grisets observés au site des îlots Flora n’a montré de comportements de reproduction ou d’alimentation. Par conséquent, Dunbrack et Zielinski (2003) avancent que la présence locale de requins grisets au site d’étude pourrait être due à la couche de fond du détroit de Géorgie qui est profonde et thermiquement stable et donc similaire aux eaux froides de la pente continentale (où se trouve la plus grande partie de la population de requins grisets). La station hydrographique de la Marine située au large de Nanoose Bay, dans la partie centrale du détroit de Géorgie (à ~ 50 kilomètres (km) du site d’étude), enregistre les profils profondeur-température depuis 1969 (figure 13). En 2004, la température à 10 mètres était la deuxième température annuelle la plus élevée depuis 1970 tandis que la couche de fond (395 m) a présenté les températures les plus chaudes (Ministère de pêches et océans Canada (MPO), 2005b; figure 13). Cette tendance de températures chaudes a persisté jusqu’en 2005 (MPO, 2006). Il est possible que cette hausse observée dans les températures se soit étendue vers le nord jusqu’au site des îlots Flora et, de ce fait, qu’elle ait eu un effet sur les taux de rencontre vidéo de requins grisets à cet endroit.

Figure 13. Emplacement de la station hydrographique de Nanoose Bay (NB) et du site d’étude des îlots Flora (carte de gauche) et profils de la température de l’eau moyenne annuelle (à la surface, à 10 m et à 395 m) de 1969 à 2003 enregistrés à la station hydrographique de Nanoose Bay (graphique de droite). Sources : MPO, 2002; MPO, 2005b.

Figure 13. Emplacement de la station hydrographique de Nanoose Bay (NB) et du site d’étude des îlots Flora (carte de gauche) et profils de la température de l’eau moyenne annuelle (à la surface, à 10 m et à 395 m) de 1969 à 2003 enregistrés à la station hydrographique de Nanoose Bay (graphique de droite). Sources : MPO, 2002; MPO, 2005b.

Sommaire des tendances et situation actuelle

Il n’y a actuellement aucun indicateur fiable qui permette de comprendre la situation du requin griset en eaux canadiennes. Une pêche intensive de cette espèce s’est déroulée entre la fin des années 1930 et le milieu des années 1940, puis une pêche expérimentale de faible envergure a eu lieu entre la fin des années 1980 et le début des années 1990, sinon la capture de cette espèce s’est toujours limitée à des captures accessoires. On ne sait pas à combien se chiffre la capture accessoire, mais on a estimé dans le présent rapport qu’elle représentait entre 12 tonnes et 38 tonnes de requins grisets par année, pour un pourcentage inconnu de requins tués. L’incidence sur la population de la mortalité par la capture accessoire dépend de la taille de la population, très peu connue à ce jour, et du profil démographique même de la capture accessoire (c’est-à-dire la taille et le sexe des individus capturés). La seule estimation de l’abondance reposant sur des techniques génétiques donne à penser que la taille effective à long terme de la population dans le nord-est du Pacifique serait d’environ 8 000 individus (Larson et al., 2005), mais la relation de cette valeur avec l’abondance absolue actuelle n’est pas clair. D’après les données de vidéosurveillance et les enregistrements anecdotiques au cours de plongées, les taux de rencontre de requins grisets immatures à un site peu profond du détroit de Géorgie ont diminué de manière notable (> 90 p. 100) au cours des cinq dernières années (Dunbrack, comm. pers., 2006; Heath, comm. pers., 2006). Il est peu probable que la pêche soit la cause de ce déclin. Les données environnementales, bien que limitées, expliquent peut-être cette tendance à la baisse.

Effet d’une immigration de source externe

À ce jour, l’abondance globale et les habitudes migratoires entre les populations du Canada et des États-Unis sont inconnues et, par conséquent, on ne peut tirer de conclusions sur l’effet d’une immigration de la population américaine dans la population canadienne. L’abondance de cette espèce dans les eaux de l’Alaska est inconnue car les individus sont rarement capturés par les pêches commerciales et n’apparaissent pas dans les enquêtes alieutiques (Courtney et al., 2004).

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Facteurs limitatifs et menaces

La pêche représente la seule menace immédiate connue des populations de requins grisets au Canada. Cette espèce est régulièrement capturée au moyen d’engins à la ligne et, dans une moindre mesure, au moyen d’engins de chalutage. Bien que la capture réelle ne soit pas connue de façon précise, deux estimations de la capture à la ligne, dérivées de données d’observateurs utilisant des méthodes différentes, font état de 12 tonnes et de 38 tonnes par année pour la période de 2001 à 2004. La majorité des poissons capturés sont probablement des individus immatures (voir la section « Interactions avec les pêches »). Entre 1996 et 2005, les prises issues des pêches commerciales au chalut se chiffraient en moyenne à environ 1,1 tonne par année. On ne sait pas dans quelle mesure cette quantité de captures a une incidence sur l’ensemble de la population. Dunbrack et Zielinski (sous presse) ont montré que, des 35 requins qu’ils avaient observés, le tiers portait des cicatrices qui correspondaient à un contact avec un engin de pêche. Aucun des sept requins de taille supérieure à 280 centimètres ne portait de cicatrices, ce qui porte à croire que les animaux de plus grande taille ne viennent pas en contact avec les engins de pêche ou qu’ils sont plus aptes à s’en libérer sans se blesser.

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Importance de l'espèce

Le requin griset est le plus grand requin prédateur régulièrement rencontré dans les eaux canadiennes du Pacifique. Le rôle de ce requin dans l’écosystème est très peu connu, mais il est probablement le prédateur de niveau trophique supérieur (niveau trophique d’environ 4,2) sur la plupart des plateformes continentales de la planète (Froese et Pauly, 2006). Dans les eaux canadiennes du Pacifique, les requins grisets immatures font souvent des incursions dans les eaux peu profondes d’emplacements choisis, ce qui permet aux plongeurs de les observer.

 

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Protection existante ou autres désignations de statut

L’Union internationale pour la conservation de la nature a classifié le requin griset dans la catégorie « espèce à faible risque/quasi-menacée » (LR/nt) (Shark Specialist Group, 2000). Au Canada, cette espèce ne fait l’objet d’aucune protection officielle. En Colombie-Britannique, il est interdit de retenir ou de vendre des requins grisets capturés à la ligne, que ce soit par les pêches commerciales et récréatives. Dans les eaux de Puget Sound, il y a une fermeture permanente sur la pêche récréative et commerciale de requins grisets depuis 2001. Depuis avril 2006, toutes les pêches commerciales aux lignes en exploitation dans les eaux canadiennes du Pacifique sont l’objet d’une surveillance en mer de 100 p. 100 assurée par la présence d’observateurs et la surveillance électronique (vidéosurveillance). Cette surveillance permettra éventuellement de faire des estimations très fiables de la capture d’espèces non visées, dont celle du requin griset.


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Résumé technique

Hexanchus griseus

Requin griset – Bluntnose sixgill shark

Répartition au Canada :

Océan Pacifique

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) au Canada:

133, 139 km²
Fondé sur la zone représentant l’intervalle de profondeur préférée signalée dans la documentation (de 20 à 2 000 m).

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue). :

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

Peu probable

Superficie de la zone d’occupation (km²)

Inconnue. Non calculée en raison du manque de données.

Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

Peu probable

Nombre d’emplacements actuels connus ou inférés.

Inconnu

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue)

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu, peu probable

Tendances en matière d’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Inconnues

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

Inconnue, aucune estimation fiable relative à l’âge ou à la mortalité

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

Inconnu

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Inconnue

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Note : Étude menée à l’intérieur d’une petite zone géographique et sur une courte période de temps (5 ans).

Très peu connu, une seule étude démontre un déclin de plus de 90 %

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu, peu probable

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

Inconnue, peu probable

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

Inconnu, peu probable

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

La prise accessoire du requin griset durant les opérations de pêche commerciale à la palangre au flétan et à l’aiguillat semblent être la menace la plus importante dans les eaux canadiennes du Pacifique. La pêche commerciale au chalut de fond permet la capture d’un petit nombre de cette espèce chaque année. Par le passé, la pêche dirigée (durant les années 1930 et 1940) pourrait également avoir eue une incidence sur l’abondance générale.

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

États-Unis : La situation des populations dans les compétences adjacentes des États-Unis est inconnue.

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Possible, inconnue

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Y a-t-il suffisamment d’habitats disponibles au Canada pour les individus immigrants?

Inconnu

La possibilité d’une immigration de populations externes existe-t-elle?

Inconnue

Analyse quantitative

L’analyse quantitative n’a pas été entreprise.

Statut existant

  • Comité sur la situation des espèces en péril au Canada : espèce préoccupante (2007)
  • Union internationale pour la conservation de la nature : faible risque / quasi menacé

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce préoccupante

Code alphanumérique : s.o.

Justification de la désignation : Ce grand requin massif (longueur maximale enregistrée de 4,8 m) est une espèce benthique très répandue dans les plate-formes continentale et insulaire des mers tempérées ou tropicales à l’échelle mondiale. Dans les eaux canadiennes du Pacifique, il se trouve dans les anses et le long du plateau et de la pente continentales, généralement à des profondeurs supérieures à 91 m (de 0  à 2 500 m). En l’absence d’information sur la structure de la population, il est traité à des fins d’évaluation comme une seule population. La taille actuelle de la population et les tendances en matière d’abondance sont inconnues. Le seul indice d’abondance disponible, à savoir les taux d’observation de requins immatures à un site peu profond du détroit de Géorgie, a diminué de manière significative (> 90 %) au cours des cinq dernières années. Il est peu probable que cet indice soit représentatif de la tendance générale en matière d’abondance parce qu’on y observe seulement des requins immatures et que le site est peu profond par rapport à la profondeur préférée. La pêche est la principale menace connue qui pèse sur l’espèce. Ce requin a fait l’objet d’au moins trois pêches dirigées dans les eaux canadiennes, plus récemment à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Il continue d’être capturé de façon accessoire, mais le taux de survie des requins rejetés à la mer est inconnu. Les requins observés par les plongeurs portent parfois des cicatrices qui sont le résultat d’un enchevêtrement dans les engins de pêche. En raison de son âge de maturité tardif (de 18 à 35 ans chez les femelles), il est probablement vulnérable à la surpêche même à de faibles taux de mortalité. L’abondance et les habitudes de déplacement de cette espèce ailleurs dans le monde sont peu connues; par conséquent, le potentiel d’immigration de source externe est inconnu.

Applicabilité des critères

  • Critère A (Population globale en déclin) : Bien que les tendances soient inconnues, un déclin est soupçonné en raison de pêches dans le passé, des présentes interactions avec les pêches et de l’âge de maturité tardif.
  • Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Ne s’applique pas car la zone d’occurrence et la zone d’occupation dépassent les valeurs limites fixées pour la catégorie « menacée ».
  • Critère C (Petite population globale et déclin) : Ne s’applique pas car la taille de la population est inconnue.
  • Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Ne s’applique pas car le nombre d’individus matures est probablement supérieur à 1 000 et que la zone d’occupation dépasse 20 km².
  • Critère E (Analyse quantitative) : N’a pas été effectuée.

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Remerciements et experts consultés

Les rédacteurs tiennent à remercier Vanessa Hodes de la Station biologique du Pacifique qui a réuni la majeure partie des données nécessaires à la préparation du présent rapport; Mark Wilkins du National Marine Fisheries Service qui a fourni les données de l’inventaire triennal et Claude Dykstra de la Commission internationale du flétan du Pacifique pour avoir fourni les données de l’inventaire relatif aux lignes dormantes. Robert Dunbrack de la Memorial University nous a généreusement partagé des données non publiées. Merci à Amanda Heath du club de plongée Hornby Island pour avoir fourni ses carnets de plongée.

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Sources d'information

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Springer, S., et R.A. Waller. 1969. Hexanchus vitulus, a new sixgill shark from the Bahamas, Bulletin of Marine Science 19(1): 159-174.

Sunderland, P.A. 1937. Gear and bait for grayfish and sharks, Fisheries Research Board of Canada Progress Reports 34: 16-17.

Varoujean, D. 1972. Systematics of the genus Echinorhinus blainville based on a study of the prickly shark Echinorhinus cookei Pietschmann, these de maîtrise, Moss Landing Marine Laboratories, California State University Fresno.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Scott Wallace (Ph.D.) est un expert-conseil indépendant établi sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Il s’intéresse aux meilleures pratiques de gestion et à la viabilité des pêches dans le Pacifique. Gordon (Sandy) McFarlane (Ph.D.) est un scientifique du ministère des Pêches et des Océans (MPO) à la Station biologique du Pacifique, en Colombie-Britannique, où il étudie la biologie et la répartition des requins et des raies. Jacquelynne King (Ph.D) est une scientifique du MPO à la Station biologique du Pacifique, en Colombie-Britannique, où elle étudie les paramètres d’âge et de croissance de la raie biocellée et du pocheteau long-nez, les méthodes de détermination de l’âge pour les requins à six fentes branchiales de même que la répartition et la migration de l’aiguillat commun.

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Annexe 1. Références relatives au requin griset dans d’anciennes publications non scientifiques

Références relatives au requin griset dans d’anciennes publications non scientifiques.
DateTitreCommentairesSource
1920Shark Fishing About to Start (La pêche au requin sur le point de débuter)Usine de transformation installée sur l’île Parker, près d’Active Pass. Surtout axée sur les produits de cuir de requin. Aussi commun que le chien de mer. Cent brasses ou plus. Pêche en juin. Requins de 12 à 14 pieds de longueur.Times, 14 mai 1920, p. 14.
1921Shark Industry Being Developed on Coast (L’industrie du requin en développement sur la côte)500 requins grisets en deux mois. Entre l’île Galiano et l’île Mayne.Times, 21 juin 1921, p. 8.
1921Shark Fishing Industry to be Located on Alberni Canal (Une industrie de la pêche au requin s’installera sur le canal Alberni)Fait référence aux requins grisets qui produisent jusqu’à 10 gallons d’huile chacun. Fait référence aux requins grisets trouvés principalement dans le golfe de Géorgie. La partie la plus payante du poisson est la peau.Port Alberni News, 31 août 1921.
1921Shark Industry to be Developed on Large Scale (L’industrie de la pêche au requin sera développée à grande échelle)Détails relatifs à une expédition : 21 jours passés dans le golfe de Géorgie. Les requins pèsent chacun 225 livres en moyenne (total de 40 tonnes).Times, 25 août 1921.
1922Sharks to Yield Big Money, Says Industries Head (Selon un dirigeant industriel, les requins rapporteront beaucoup d’argent)Détails relatifs à une seule expédition de pêche : 24 jours de pêche, un jeu d’équipement, 357 requins, 965 gallons d’huile, 225 peaux. Valeur totale des ventes : 1 023,40 $Times, 4 mai 1922, p. 13.
1938Vitamin Tucked Away Wins Mud Shark Place Among Useful Fish Products (Vitamine : le requin griset reconnu parmi les produits de la pêche utiles)Mention de 25 000 à 30 000 livres de foies de requins grisets capturés autour de Prince Rupert.Fisheries News Bulletin, janvier 1938, p. 2.
1942Stuart Island (Île Stuart)Les requins grisets sont abondants dans le bras Loughboro.The Fisherman, 31 mars 1942, p. 4.
1943Killing Mud Sharks for Livers Nets Tidy Return, Protects Salmon Too (Tuer des requins grisets pour leur foie rapporte de jolies sommes, et ça protège le saumon). Fisheries News Bulletin, 1943
1943Mud Shark (Le requin griset)

Diète : de 7 à 15 saumons rouges dans chacun des estomacs des requins capturés par les pêcheurs.

Un total de quelque 500 requins capturés au cours de cette seule saison. Environ 160 lb de foie/requin.

Western Fisheries, juin 1943, p. 45.
1943Mud Sharks Now Valuable for Liver Oil-Big Bottom Feeders can Move Fast (Les requins grisets sont maintenant convoités en raison de l’huile contenue dans leur foie- Les gros mangeurs de fond sont rapides)Référence semblable à la précédente : diète composée de morue-lingue, de saumon rouge et de phoque commun. Ennemi de la pêche au saumon.Canadian Fisherman, juin 1943, p. 19.
1943Prices for Dogfish Liver Oil and Mudshark Liver Oil (Prix de l’huile de foie de chien de mer et de l’huile de foie de requin griset)De 8 à 10,4 ¢/lb selon la teneur en vitamine A.Canadian Fisherman, juillet 1943, p. 25.
1944Dogfish, Mudshark Liver Settlement (Règlement des foies de chien de mer et de requin griset)Le foie de requin griset est à 19 ¢/lb.The Fisherman, 6 juin 1944, p.2.
1945Soupfin, Mud Sharks (Milandre, requins grisets)N’est généralement pas plus long que 10 pieds bien qu’on ait vu quelques spécimens deux fois plus longs.The Fisherman, 16 octobre 1945, p.3.
1971Sharks Lurking in Georgia Strait (Des requins se cachent dans le détroit de Géorgie)Entrevue avec un vieux pêcheur. Fait la description d’une zone très peuplée en requins : fosse océanique à environ 3 milles au large de la partie est de l’île Mayne. Les requins grisets de petite taille se trouvent le long de la rive ouest de la fosse. Ceux de grande taille se trouvent en profondeur.Province, 26 août 1971, p.33.


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Annexe 2. Prises déclarées de requins grisets par les pêches dans le Pacifique du Canada

Prises déclarées de requins grisets par les pêches dans le Pacifique du Canada. Les données comprennent le chalutage (données d’observateurs) et la pêche aux lignes (données de journaux de bord). Source : bases de données PacHarvTrawl et PacHarvHL.
AnnéeZone et prises déclarées (t)
3C
Zone et prises déclarées (t)
3D
Zone et prises déclarées (t)
4B
Zone et prises déclarées (t)
5A
Zone et prises déclarées (t)
5B
Zone et prises déclarées (t)
5C
Zone et prises déclarées (t)
5D
Zone et prises déclarées (t)
5E
Zone et prises déclarées (t)
Inconnues
Total
Total
10,5
13,9
31,4
1,7
4,3
2,1
0,6
4,3
6,8
75,6
1984
 
1,1
1,1
 
 
 
 
 
 
2,2
1985
0,2
0,3
11,3
0,1
2,7
 
 
 
 
14,6
1986
0,1
0,5
4,2
0,0
 
0,1
 
0,0
 
4,9
1987
2,2
0,2
2,8
0,6
 
0,7
0,2
 
 
6,7
1988
0,3
0,2
2,9
 
0,0
0,4
0,1
0,1
 
4,0
1989
 
 
0,3
0,1
 
0,1
 
 
 
0,5
1990
0,1
0,1
0,1
0,0
 
0,2
0,3
 
 
0,8
1991
0,5
0,2
 
 
 
 
 
 
 
0,7
1992
0,0
0,1
0,1
0,0
 
 
 
 
 
0,2
1993
2,4
5,2
0,5
 
 
 
 
 
 
8,1
1994
0,4
3,0
0,0
 
0,1
 
 
0,0
 
3,5
1995
0,1
0,1
0,5
0,1
0,2
0,0
0,0
0,0
 
1,0
1996
0,0
1,7
 
0,3
0,0
 
 
 
4,0
6,0
1997
0,1
0,1
 
0,2
0,2
 
 
 
 
0,6
1998
1,9
0,1
0,0
0,0
 
 
 
 
 
2,0
1999
0,0
0,0
 
0,2
0,4
 
 
2,3
0,6
3,5
2000
0,3
0,1
0,1
 
0,1
 
 
0,6
0,4
1,6
2001
0,8
 
0,1
0,1
 
 
 
 
0,1
1,1
2002
0,8
0,2
7,2
 
0,2
0,5
 
1,3
0,9
11,1
2003
0,2
0,6
0,1
0,0
0,3
 
 
 
 
1,2
2004
0,1
0,1
0,0
 
0,1
0,1
 
 
0,5
0,9
2005
0,0
0,0
0,1
0,0
 
0,0
 
0,0
0,3
0,4

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Annexe 3. Prises de requins grisets consignées par des observateurs dans les eaux canadiennes du Pacifique de 1999 à 2004 en fonction du type de pêche

Prises de requins grisets consignées par des observateurs dans les eaux canadiennes du Pacifique de 1999 à 2004 en fonction du type de pêche. Source : base de données PacHarvHL.

 Somme des prises (kg) en fonction du type de pêche
AnnéeFlétantAnnexe IIZNTotal
1999
318
 
 
318
2000
91
 
 
91
2001
313
363
 
676
2002
313
2 551
544
3 408
2003
748
1 451
68
2 267
2004
261
1 002
 
1 263
Total
2 044
5 367
612
8 023

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Annexe 4. Capture réelle estimée du requin griset par les pêches commerciales

Capture réelle estimée du requin griset par les pêches commerciales à l’aiguillat commun et au flétan selon des ratios empruntés aux données d’observateurs appliquées aux quantités débarquées dans le cadre du Programme de vérification à quai.
AnnéeDonnées d’observateurs (kg)
Requin griset
Données d’observateurs (kg)
Aiguillat commun
Données d’observateurs (kg)
Flétan du Pacifique
Quantités débarquées au cours du processus de vérification à quai (t)
Aiguillat commun
Quantités débarquées au cours du processus de vérification à quai (t)
Flétan du Pacifique
2001
676
62 087
566 399
3 198
4 582
2002
3 408
232 047
1 422 023
3 823
5 298
2003
2 267
421 785
1 521 024
4 711
5 258
2004
1 397
394 590
650 302
4 585
5 428
Total
7 748
1 110 509
4 159 747
16 317
20 566
Ratio (kg de requin griset par tonne prélevée de l’espèce ciblée)
 
7,0
1,9
 
 
Moyenne de quantités débarquées par année
 
 
 
4 079
5 141
Capture réelle possible de requins grisets (kg)
 
 
 
28 460
9 576
Capture totale annuelle estimée (kg)
 
 
 
 
38 037

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Annexe 5. Nombre de plongées récréatives et nombre de requins observés par année

Nombre de plongées récréatives et nombre de requins observés par année aux îlots Flora, dans le détroit de Géorgie, en Colombie-Britannique. Ces données sont anecdotiques. Source : Heath, comm. pers., 2006.
AnnéeNombre de plongées aux îlots FloraNombre de requins observésNotes
1996
2
3
Enregistrements incomplets
1997
6
11
Enregistrements incomplets
1998
28
45
Enregistrements incomplets (complets pour la saison, mais ne comprennent pas les périodes d’observation où aucun requin n’a été vu)
1999
86
158
Première année d’enregistrements complets
2000
35
37
Nous avons effectué très peu de plongées autonomes au cours de cette année car nous disposions de véhicules sous-marins
2001
74
37
 
2002
36
25
 
2003
66
28
 
2004
52
4
 
2005
42
3
 

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