Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEWIC sur le chabot de profoundeur (populations des Grands Lacs - Ouest du Saint-Laurent et population de l'Ouest) au Canada - Mise à jour

Taille et tendances des populations

Lacs intérieurs

Pour la plupart, les lieux où se trouvent des chabots de profondeur n’ont pas fait l’objet d’échantillonnages vastes ou séquentiels et, par conséquent, il est difficile d’estimer la taille et les tendances des populations de cette espèce. Les données sur les populations de chabots de profondeur dans toute leur aire de répartition (y compris les lignées distinctes des lacs Waterton Supérieur et Fairbank), par conséquent, se limitent surtout à leur présence ou à leur absence, et il faut se montrer prudent dans leur interprétation. Dans la campagne menée en 2004 sur le chabot de profondeur dans les lacs intérieurs du Canada, les efforts et les méthodes de recherche ont été adaptés de manière à cibler précisément cette espèce (T. Sheldon, données inédites). Les échantillonnages antérieurs, qui reposaient largement sur le chalutage (Dadswell, 1972), ont eu des degrés divers de succès.

On a mis au point des pièges à ménés carrés et pliants qui, reposant à plat sur le fond, permettent d’agrandir la superficie de capture sur le fond même du lac. De 15 à 30 de ces pièges, appâtés avec de la nourriture pour chien et munis de bâtonnets fluorescents (cyalumes), sont mouillés dans chaque lac pendant au moins 12 heures. De plus, on a mouillé un filet maillant à maille étirée de 1,0 cm et, lorsque les conditions météorologiques le permettaient, au moins deux chalutages de fond de 10 minutes ont été pratiqués dans chacun des lacs. Tout l’échantillonnage a été fait dans les zones les plus profondes de chacun des lacs. Le tableau 2 résume, lac par lac, l’effort d’échantillonnage et indique le nombre de chabots de profondeur capturés à chaque endroit.

Parmi les lacs ayant fait l’objet de l’échantillonnage de 2004, des chabots de profondeur ont été trouvés dans 16 lacs sur 23 où ils avaient été repérés auparavant (tableau 2, figure 9). On n’en a pas trouvé dans 7 lacs où ils avaient déjà été vus, mais on en a trouvé dans 4 lacs où ils n’avaient jamais été signalés (tableau 2, figure 9).

Trente des lacs où le chabot de profondeur a été signalé, mais pas échantillonné en 2004, n’ont fait l’objet que d’un échantillonnage accessoire, et la situation actuelle des populations de ces lacs est inconnue.


Grands Lacs

Il n’existe aucune estimation de la taille des populations des Grands Lacs, mais des programmes assez intensifs de pêche indicatrice menés à long terme donnent une bonne idée de leur abondance relative.


Lac Supérieur

La biomasse du chabot de profondeur dans les eaux canadiennes et étatsuniennes, selon les programmes de pêche indicatrice à assez long terme (figure 7, tableau 4), présente de faibles densités et un léger déclin au fil du temps, particulièrement dans les ensembles de données de plus longue durée touchant les eaux étatsuniennes (Bronte et al., 2003). Selon ces auteurs, les indices sur le chabot de profondeur ne démontraient probablement pas les densités et tendances réelles, car les profondeurs des programmes d’échantillonnage indicateur n’atteignaient que les portions les moins profondes de leur distribution bathymétrique. Néanmoins, le chabot de profondeur semble présent, assez largement réparti, et pris régulièrement bien qu’en faible densité. Des preuves montrent qu’il est un peu plus abondant dans les eaux canadiennes, bien que le programme canadien de pêche indicatrice soit plutôt récent (11 ans).

 

Tableau 4 : Indices d’abondance du chabot de profondeur dans les Grands Lacs d’amont
AnnéeLac SupérieurLac Michigan
kg/ha
Lac Huron
CPE
Eaux étatsuniennesEaux canadiennes
N/hakg/haN/hakg/ha
1973    1,44 
1974    2,89 
1975    7,43 
1976    8,77 
1977    6,76 
19782,370,006  6,23 
19794,450,020  11,25 
19807,580,48  17,95 
19816,700,28  15,77 
19821,820,003  11,68 
19834,400,014  24,55 
19848,010,033  15,17 
19859,500,019  20,43 
19869,890,024  15,97 
19873,580,011  26,28 
19883,780,012  15,96 
19894,360,0253,940,0097,96 
19905,120,0135,870,0247,83 
19911,550,0056,670,0215,14 
19923,280,0087,340,0219,09127,8
19933,010,01511,770,0266,7557,2
19942,610,01510,430,0506,11150,1
19952,670,0066,800,0227,86405,2
19962,750,03013,430,03312,24101,9
19971,180,0069,340,02514,76333,5
19984,230,0138,060,021 3,4
19990,750,0012,770,00812,0678,4
2000    5,55 
2001    10,8950,1
2002    10,5630,4
2003    9,3146,1
2004    7,5363,1

Dans le cas du lac Supérieur, les chiffres et la biomasse sont indiqués séparément selon qu’ils appartiennent aux eaux canadiennes ou étatsuniennes.
L’indice de biomasse est donné pour le lac Michigan et les prises moyennes par trait de chalut de 10 minutes sont données pour le lac Huron.
L’indice du lac Supérieur a été fourni par Charles R. Bronte, du U.S. Fish and Wildlife Service, New Franken (Wisconsin); il est décrit dans Bronte et al., 2003.
L’indice du lac Michigan a été fourni par Charles P. Madenjian, du U.S. Geological Survey, Ann Arbor (Michigan); il est décrit dans Madenjian et al., 2002.
L’indice du lac Huron a été fourni par Jeff Schaeffer, du USGS Great Lakes Science Center, Ann Arbor (Michigan).


Figure 7 : Indices d’abondance du chabot de profondeur dans les Grands Lacs d’amont sur 30 ans, de 1970 à 2000

Figure 7 : Indices d’abondance du chabot de profondeur dans les Grands Lacs d’amont sur 30 ans, de 1970 à 2000.

Les indices ne sont pas continus; ce ne sont que des mesures de l’abondance pendant les périodes indiquées. Les ensembles de données sont de durées diverses. Cette figure illustre les données présentées au tableau 4.


Lac Michigan

Le chabot de profondeur semble être beaucoup plus abondant (figure 7, tableau 4) dans le lac Michigan que dans n’importe quel autre Grand Lac. Un programme de pêche indicatrice couvrant la période de 1973 à 2004 a montré que l’abondance du chabot de profondeur avait augmenté, avec un pic dans les années 1980 (de 1983 à 1987) (Madenjian et al., 2002) et décliné à un niveau moindre, mais relativement uniforme, de 1989 à 1995, puis s’était accrue légèrement jusqu’en 2002.


Lac Huron

Les résultats d’un programme récent de pêche indicatrice au chalut, de durée relativement courte, mené dans le lac Huron (figure 7, tableau 4) ont montré que le chabot de profondeur était assez répandu, de 300 à 400 spécimens étant pris par trait de 10 minutes (J. Schaeffer, données inédites). Dans les dernières années (depuis 1999), les prises ont semblé décliner, et l’abondance a pu aller en diminuant. L’équipe d’évaluation des pêches du lac Huron n’a relevé aucun chabot dans ses évaluations depuis 1998 (communication personnelle (2006) de Lloyd Mohr, ministère ontarien des Richesses naturelles).


Lac Érié

Les signalements de chabots de profondeur dans le lac Érié ont été rares et concernaient toujours des larves (jeunes de l’année) (Roseman et al., 1998). Deux spécimens ont été pris accessoirement lors d’un programme d’échantillonnage des larves de poissons mené en 1995 dans les eaux de la partie ouest du lac Érié situées en Ohio. Ils n’avaient que 15 mm et 17 mm de longueur totale. Bien que ces alevins puissent avoir été rejetés avec l’eau de ballast d’un navire ou provenir d’une population reproductrice du lac Érié, le fait que 21 juvéniles de taille semblable aient été recueillis en amont dans la rivière St. Clair en 1990 indique que leur occurrence résulte probablement d’une dévalaison depuis le lac Huron (Roseman et al., 1998). En effet, selon les résultats du programme de pêche indicatrice au filet mené dans le lac Huron, la population d’amont avait atteint en 1995 des niveaux records (figure 7, tableau 4), ce qui confirme l’hypothèse d’un transport depuis le lac Huron. Il faut insister, toutefois, sur le fait que la situation de la reproduction des populations dans le lac Érié n’est pas claire étant donné qu’aucun adulte n’y a été observé.


Lac Ontario

Le chabot de profondeur a déjà été très abondant dans les eaux profondes du bassin principal du lac Ontario (Dymond et al., 1929), au point d’être jugé préjudiciable à la pêche commerciale du touladi au filet maillant. Les échantillons catalogués pour la période de 1926 à 1941, que l’on peut consulter au Musée royal de l’Ontario, confirment cette présence (tableau 5, figure 8). Le chabot de profondeur, cependant, n’a pas été signalé dans le lac Ontario entre 1943 et 1971, et Christie (1973) a indiqué que les derniers spécimens identifiés dans la partie nord du lac Ontario avaient été pris en 1953. De 1953 à 1973, des pêcheurs commerciaux ont rapporté quelques individus à titre de curiosité, et trois poissons ont été pris lors du programme bilatéral de chalutage en eau profonde de 1972 (tableau 5, figure 8). La rareté du chabot de profondeur a amené Scott et Crossman (1973) à le croire disparu de la région. Crossman et Van Meter (1979), cependant, le signalent parmi les espèces présentes de 1972 à 1975, probablement en raison des échantillons pris en 1972, mais précisent qu’il est extrêmement rare et considéré en péril. Jusqu’en 1996, aucun chabot de profondeur n’a été signalé, en dépit des chalutages profonds très limités qui ont été effectués. En 1996, une femelle gravide a été prise dans le bassin de sortie, dans le cadre d’un programme de chalutage en eau relativement peu profonde. Ce spécimen signalait la réapparition de l’espèce après une absence de 25 ans (Casselman et Scott, 2003). La prise de cet unique poisson lors d’un tel programme a encouragé le lancement d’une recherche ciblée en eau profonde la même année. Un chalutage ciblé limité mené dans la tranche d’eau de 90 m à 110 m a produit deux autres spécimens (tableau 5, figure 8).

 

Tableau 5 : Chabots de profondeur du lac Ontario (N = 167) archivés et catalogués au Musée royal de l'Ontario ROM), acquis à l'origine et archivés à la station des pêches de Glenora du ministère ontarien des Richesses naturelles, de 1926 à 1996
AnnéeDateLieuLatitudeLongitudeNSource des échantillonsNo de catalogue du ROM
Filet
mail-
lant
ChalutEsto-
mac
192610.29Port Credit43°27’ a79°27’ a21 12753(1), 2554(1)
192707.01Port Credit43°28’ a79°18’ a1313  3792
192707.18Port Credit43°28’ a79°17’ a3939  3628
192708.29Port Credit43°28’ a79°17’ a2626  3790B
192710.01Port Credit43°28’ a69°18’ a3232  2669(1), 3790A(31)
1927 Port Credit43°28’ a79°18’ a392 3720113
192807.12Main Duck Island43°42’ a76°38’ a22  4876(1), 4877(1)
193002.18Port Credit43°28’ a79°18’ a44  6795
1931 Bowmanville43°39’ a78°40’ a11  8125
194109.02Niagara-on-the-Lake43°24’ a79°05’ a11  13321
195308.28Salmon Point43°42’ a77°14’ a11  70625
196108.22Point Traverse43°40’76°45’11  23129
196308.28Salmon Point43°42’ a77°14’ a44  70626b
197206.21Cobourg43°45’,278°08’,62 2 70627
197209.08Cobourg43°43’78°06’,91 1 70627
199606.26Bassin de sortie44°02’,6376°51’,391 1 70628
199609.20Point Traverse43°44’,6176°49’,961 1 70629
199609.26Cobourg43°47’,0378°03’,671 1 70630
Total    171127638 

L’année, la date et le lieu des captures sont fournis, de même que la source de l’échantillonnage, les coordonnées (enregistrées ou estimées) et les numéros de catalogue du Musée royal de l’Ontario.
Les échantillons de 1953, 1961 et 1963 ont été fournis par Stanley Rankin, pêcheur commercial, Salmon Point, comté de Prince Edward (Ontario).
Les données inédites ont été rassemblées par J.M. Casselman, département de biologie de l’université Queen’s, Kingston (Ontario).

a Latitude et longitude estimées d’après le cap et la profondeur.
b Les chiffres d’acquisition de la station de Glenora indiquent que trois spécimens ont été reçus en 1963, mais l’échantillon en contient quatre.


Figure 8 : Répartition du chabot de profondeur dans le lac Ontario d’après les spécimens (N = 167) archivés et catalogués au Musée royal de l’Ontario (ROM), acquis et archivés à l’origine à la station des pêches de Glenora du ministère ontarien des Richesses naturelles, de 1926 à 1996

Figure 8 : Répartition du chabot de profondeur dans le lac Ontario d’après les spécimens (N = 167) archivés et catalogués au Musée royal de l’Ontario (ROM), acquis et archivés à l’origine à la station des pêches de Glenora du ministère ontarien des Richesses naturelles, de 1926 à 1996.

Les échantillons archivés au ROM sont indiqués par des cercles noirs montrant l’origine approximative de l’échantillon, l’année de la prise et, entre parenthèses, le nombre d’échantillons. Les triangles noirs représentent les échantillons archivés d’abord à la station des pêches de Glenora. Les étoiles blanches désignent les réapparitions récentes, en 1996, dans des opérations régulières de pêche indicatrice au chalut (30 m) et les étoiles noires marquent les lieux où ont été pris deux chabots dans le cadre d’un chalutage ciblé en eau profonde effectué en 1996 (à 91 m et 96 m). Données inédites rassemblées par J.M. Casselman, département de biologie de l’Université Queen’s, Kingston (Ontario).


Figure 9 : Résultats de l’étude de 2004 sur le chabot de profondeur comparés aux données historiques.

Figure 9 : Résultats de l’étude de 2004 sur le chabot de profondeur comparés aux données historiques.

Un programme de chalutage plus profond mené dans les eaux étatsuniennes par le United States Geological Survey (USGS) a tiré de l’eau un chabot, en 1998, à une profondeur de 150 m dans le cadre du programme d’évaluation du gaspareau mené au large de la pointe Thirty-Mile, dans le lac Ontario (Owens et al., 2003). Ce chabot de profondeur, pris au large de la rive sud-ouest, constituait la première observation depuis 1942 de ce poisson autrefois abondant dans les eaux étatsuniennes (Stone, 1947). Un échantillonnage ciblé en eau profonde a produit trois autres exemplaires en 1999 et un en 2000 (Owens et al., 2003). En dépit de ces occurrences récentes, nombre d’intéressés persistent à considérer l’espèce comme disparue du lac Ontario (p. ex. Eshenroder et Krueger, 2002). Ce n’est toutefois pas le cas. En fait, un seul spécimen a été pris en 2004 et 13 en 2005, lors de programmes réguliers de chalutage menés par l’USGS pour l’évaluation du gaspareau et l’étude des eaux pélagiques.

Depuis la réapparition récente de trois poissons dans le lac Ontario en 1996, on a recueilli au total 19 spécimens. On pourrait arguer que ces observations sont liées à la hausse de l’effort de chalutage, mais ce n’est pas le cas pour le spécimen pris en 1996, car il a été capturé dans le bassin et lors d’un programme régulier de chalutage lancé au début des années 1960. L’apparition de ce spécimen a été interprétée comme le reflet d’une hausse de l’abondance du chabot de profondeur en eau profonde, aussi un programme ciblé de chalutage en eau profonde (de 90 à 110 m) a-t-il été lancé immédiatement; deux spécimens ont été pris. Au contraire, les pêches relativement profondes menées dans le bassin est, dans la tranche d’eau de 60 m, au début des années 1990 dans le cadre d’un programme de pêche indicatrice des touladis juvéniles, n’ont produit aucun chabot de profondeur (J. Casselman, données inédites). En fait, les spécimens observés en 1996 et 1998 appartenaient aux classes de 1994 et de 1995 (Casselman et Scott, 2003). Selon Casselman et al. (1999), il s’est produit au début des années 1990 un changement substantiel dans la communauté ichtyenne pélagique, du moins dans le lac Ontario. La réapparition du chabot de profondeur s’inscrit donc dans un ensemble complet de changements survenus dans la population et dans la communauté.

Il semble bien que le chabot de profondeur n’ait pas disparu du lac Ontario. Sa présence, bien qu’en très faible nombre, au fil des années 1950, 1960, 1970 et, plus récemment, 1990, suggère que son actuelle résurgence est attribuable au succès reproductif accru de la population restante plutôt qu’à la colonisation par des juvéniles ayant dérivé depuis le lac Huron ou au transfert, par les eaux de ballast, de larves provenant des Grands Lacs d’amont. Le transport vers l’aval des larves, cause probable de l’apparition de larves dans la partie ouest du lac Érié en 1995, n’explique pas pour autant la présence de chabots dans le lac Ontario, bien que, pour Roseman et al. (1998), une telle explication soit plausible.

Les quelques individus trouvés dans le lac Ontario sont gros et occupent un habitat approprié. La baisse de l’effort de pêche en eau profonde survenu pendant les années 1980 et au début des années 1990 peut expliquer que l’on ait supposé l’espèce disparue. Le chabot de profondeur est néanmoins présent, mais en très petit nombre. Malgré leur grande rareté, des individus adultes gravides ont été observés, et ils semblent croître en nombre, particulièrement selon un échantillonnage mené en 2005 dans les eaux étatsuniennes (13 spécimens). Un certain nombre de classes d’âge ont été identifiées au moyen de l’évaluation de l’âge et tout récemment, en 2005, de petits spécimens ont été pris assez fréquemment dans les eaux étatsuniennes. Bien que la poursuite de la colonisation ne puisse être définitivement exclue, l’apparition de femelles gravides et de jeunes de petite taille, et la présence accrue de classes d’âge récentes constituent des preuves circonstancielles convaincantes de la hausse de l’abondance et du succès de la reproduction.


Activités de sauvetage

Les possibilités de retour d’une population saine de chabots de profondeur dans les eaux canadiennes, dans des lacs se trouvant des deux côtés de la frontière canado-étatsunienne, sont élevées. S’il arrivait toutefois que la population canadienne disparaisse et que la population étatsunienne persiste, les conditions influant sur l’espèce d’un côté de la frontière pourraient aussi avoir des effets de l’autre côté, ce qui diminuerait le potentiel. Qui plus est, il n’existe pratiquement aucune possibilité d’immigration ou d’introduction du chabot de profondeur dans les lacs intérieurs si ces populations disparaissaient.